‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 49 sur 92 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Intimement lié à plusieurs questions traitées dans cet ouvrage, tout particulièrement dans les chapitres des Indemnités et de L'Allemagne économique, iepiohlèjne de la reconstitution des régions dévastées ne saurait être traité ici, sans guperfétation, si nous prétendions en suivre les développements, rigoureusement et pas à pas. Notre intention est donc, pour éviter des redites, — ce qui, d'ailleurs, ne nous est pas toujours possible, — ■ de ne rassembler, dans ce chapitre VIII, que les éléments suffisant à montrer la. progression de la question jusqu'en novembre 1921, en mettant en valeur tout le retard qui y fut apporté par l'attitude générale de nos ex-ennemis, en présence de leur dette.

NouSi-avons signalé {tome I«', page 121) qu'au début de juillet 1920, la délégation allemande à la Conférence de Spa remettait aux Alliés un plan de reconstitution des régions dévastées. Il y était proposé de faire procéder à la reconstitution par une vaste entreprise internationale de « colonisation intérieure " dont la direction serait confiée à un syndicat international d'entrepreneurs. C'était une suggestion qui ne fut pas accueillie, mais qui devait, dans la suite des temps, se manifester encore, sous des modalités diverses. Nous en tiendrons compte à leur heure.

Pour le présent, au moment de la Conférence financière inttmationalé de Bruxelles (septembre 1920), les répara* tions de la France ravagée restent le grand X de demain. La thèse de faire de TindUstriel allemand le fournissent du sinistré français n'est pas abandonnée par des esprits que n'aVèugle pas un patriotisme exclusif et inconsidéré. On la soutient, mais avec une vigueur toute rdative, car on sait qu'elle n'est pas agréée par la majorité des Français. On a peine à faire accepter, comme le propose ÏEUfVpe nouvelle, en décembre 1920, que « désormais chaque sinistré resterait libre de placer lui-même ses commandes en AHems^e, débattrait les prix, les délais de livraison, etc; Du coup, est^il expliqué, seraient supprimés les inconvénients liés à l'intervention de l'État ou des organismes créés sous son égide, dans le vif des échanges ». Il faudrait « constituer en Allemagne une sorte de Crédit national pour le paiement des réparations en France. Si pareil S3rstème avait l'avantage de faire gagner du temps, ce setait une raisoil suffisante pour qu'il méritât d'être examiné ». Lorsque a lieu, en décembre, la seconde Conférence de Bruxelles ^ , le Matin espère que nos délégués ne laisseront pas fixer la dette allemande à un chiffre inférieur au ihontant réel de nos dommages de guerre, car, dédare^t-il, en signalant la détresse de nos dévastés, « ce n'est pas notre budget qui ferait les frais du sacrifice^ mais les Sinistrés eux-mêmes ». Depuis combien de temps, répète-t*on que la France des sans-abri ne peut plus souffrir? Pourtant, elle Souffre et souffrira. On entend M. Betgmann, délégué allemand à Bruxelles, dire cyni«> quement que l'Allemagne serait bien heureuse de reconstruire les pays en ruines, mads Qu'elle n'a pas les moyens de faire ce geste réparateur et qu'elle doit, d'abord, reconstituer ses propres forces. I^' Allemagne ne se semble pas engagée, par le traité, à servir sans discuter en valûfes casuistiques, cette œuvre de restauration. Elle a oublié

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