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Dommages divers subis dans les régions envahies

Habitations et montmients publics 29 .000.600.000 >

Agriculture 16.249.000.000 •

Chasse et pèche. 88.000.000 »

Hydraulique agricole 46.000.000 »

Bois et forêts x. 400. 000. 000 *

Chemins de fer d'intérêt général 3 . 156.000.000 »

Voies ferrées d'intérêt local et tramways 468.000.000 .

Voies n^gables 276.000.000 »

Ports maritimes 78.000.000 s

LA RECÔNSTITUtlON DES RÉGIONS DÉVASTÉES I7I

liâids 34 millions 270 mille francs environ; si on lui applique le coefficient 4, on obtient 248 milliards 137 millions. Et l'on n'y compte ni les dommages commerciaux, ni la perte des valeurs et espèces, ni des dommages accessoires de toutes natures ! Pourrait-on jamais réaliser la dette allemande, sur ces bases formidables ? On ne saurait l'espérer, mais le bilan établi par l'Allemagne est dérisoire, et il est, par ailleurs, bien pénible de voir, en Angleterre, un économiste distingué, M. Keynes, réduire au-dessous de toute vraisemblance les justes prétentions françaises, en estimant, — pour ne citer qu'tm exemple, — que la somme de 2.500 millions est déjà extravagante pour couvrir les dommages causés à la terre (point de vue agricole et bâtiments ruraux non compris) , dans les régions dévastées ^

Nous passerons ici sur les innombrables difficultés d'ordre intérieur que rencontrent les sinistrés pour redresser leurs foyers. Il faudrait faire l'historique de l'administration aux multiples réseaux, aux formalités exaspérantes, montrer le jeu compliqué de tous ces rouages où l'architecte, les experts, les chefs d'entreprise se heurtaient aux prescriptions inextricables, aux

Routes et ponts z. 218.000.000 »

Postes, tél^:iaphes, téléphones. 290.000.000 »

Impôts et contiibutions de guerre 2 . 500.000.000 a

Total 54.769.000.000 »

iîvaluation des dommages industriels et miniers :

Nord !'• sect. de roflice de R. I. 2.223.023.08955

Nord 2» — 1.116.975.20252

Nord 4« — 447.985.6755a

Aisne 3« — 593.*o5.365 61

Ardennes 5» — 488.883.867 »

Vosges, Mense et M.-et-M. 6« — 547.976.54* ■

Pas-de-Calais y — 333.276.634 »

Somme. 8» — 325.243-327 »

Obc 9» — 57.262.97792

Marne. io« — 204.576.86065

Paris ii« — î. 259. 914 77

Hooillércs 920.000,000 »

Total 7.260.269.456 54

z. Voir AmuM», l'étude de VExpamUm économique (février-mars 1921) sur la véritable étcudiie dca dommages csuiés A la FMace.

comnûssions communales et cantonales, aux barèmes de prix, aux coefficients, aux retards des matériaux» à la paperasserie exigée pour les av^mces d'espèces, aux diffi^ cultes de la main-d'œuvre» au va-et-vient des dossiers, à la lenteur des rapports. Il faudrait parler des emprunts départementaux, des emprunts des villes et communes, de la méfiance des intéressés contre les agents du gouvernement, les entrepreneurs» les directeurs de chantiers, les architectes parmi lesquels se mêlaient des aventuriers. Et ce ne serait encore là qu'un des moindres côtés de la question, romanesque et tragique. Notre mission ne s'étend pas jusqu'à composer ce tableau, ou plutôt cette fresque immense à laquelle on pourrait donner pour titre : « Attente» déceptions, suspicion» bureaucratie et piétinement. » Ce ne sont partout que revendications. Pour en donner une vague idée, écoutons l'appel de Reims, en fin janvier 1921 :

n y a 4 miHiards de dommages, sur lesquels les liabitants ont touché fort peu. I^^hôtel de viUe, 24 écoles, les lycées, la Botuse de ttaTail, les asiles de bienfaisance, etc., ont été détruits, ainsi que 150 Idiome très d'avenues, leà dnietières, le* jardins publics. Malgré cââ, plus de 75.000 liabitants vivent dâtis ces ruines.

li faut reconstruire la villes au plus tôt. Pour cela, il est indispensable de donner aux travailleurs des habitations. C'est pourquoi la ville a fondé un immeuble municipal de logements ouvriers poiu* lequel l'appui ministériel est indispensable; en outre, il ne faut pas d'inégalité enUe les sinistrés de diverses régions; enfin, la réduction de rarmée inn(Hn- ' bràble des fonctionnaires s'impose.

« Que Reims fasse un emprunt ! répond le ministre I/)ucheur, à bout d'arguments, et surveillez de près les fraudetirs qui vous font payer les matériaux trop cher. » De ville à ville, de bourg à bdurgj les réponses aux requêtes varient, mais elles peuvent être toutes ramenées à cette litanie : «Ah ! si les Allemands payaient ! » Eu févtiêr, Berlin déclare que nos affaires de reconstitution ne sont pas si mal en point, et que nous sommes mal venus à nous plaindre. « 90 % des voies ferrées sont reconstruites, ainsi que 66 % des chemins de fer de campagne et des tramways, 80 % des pontSi 20 à 30 % dés chemîââ ruraux, la

moitié des canaux, 60 % du terrain ^ été déblayé dont 50 % rendu à la culture; 16 % des mines sout à nouveau en état d'eiçploitation, et 30 à 40 % des fabriques. » Qu'avQusruous lieu de géxmx ? Certes, zilz% des maisous ont été reconstruites, mais on â Tg^venir devant soi et l'on ne peut exiger l'impossible. D'ailleurs, nous sommes des gens entêtés et qui ne voulons rien comprendre. « La Frauce ne désire à aucun prix qu'il soit procédé à la reconstruction des régions dévastées, parce qu'dles constituent un moyeude propagande auti-allemande et... une source de recettes par i'affluence des touristes. î) (Deutsche Tage^z^ifféng, 15 février 19^1.) Indignés des « retards fi:auçai$ », les sinistrés bondissent de rage en lisant de telles déclarations. Ouvriers, petits propriétaires, devant leurs ruines lamentables, s'irritent à la fois des faiblesses des Alliés, de la ruse germanique, du terrible coefficient de reconstruction qui rend si malaisée à chacun d'eux la tâche d^ relever leurs murs. On leur avait promis tant de milliards ! Maintenant, on parle de 43 annuités pour faire rentrer l'argent du vaincu. Pes générations vont^elles attendre que ^ient achevées^ ces opéiations de Trésorerie, avant que les petits enfants puissent naître autre part que sur la paille? « Ne saurait-on, dès maintenant, mobiliser la créance des Allemands? » disent-ils, en se souvenant des déclarations si catégoriques de la Confé* rence économique d^ Paris :

PtodamaHt leur solidarité pour la restauration des pa3^ victltnes de destructio]i9, dç spoliations ou de réquisiUoiis de vivres, les AUiés décident de reciercher en commun les moyens de faire restituer à ces pa}^, à titre privilégié, ou de les aider à reconstituer leurs maUéres preifi})èx«8, leur outillage industrid et agricole, leur flotte marrhanfie.

Quelle valeur prêter désormais à un texte comme celui qui fut élaboré, en 1919, par le Conseil suprême des Alliés?

Kn 1919, le mémorandum élaboré par le Conseil suprême des Allié disait :

c En ce qui concerne les régions dévastées et plus spécialement celles du nord de la France, leur restauration est de plHÉ6^JMM|||nce

pour le rétablissement économique de TEuiope et le retour à des conditions commerciales nonnales. Ce travail de restauration, qui érige de grands capitaux qv^on ne peut demander aux revenus courants, ne peut être ajourné jusqu'au payement par l'Allemagne des sommes stipulées par le traité de paix. C'est pourquoi le Conseil suprême reconnaît que les capitaux requis pour la restauration des régions dévastées I>euvent être trouvés au moyen d'empnmts émis sur le marché et garantis par les indemnités de réparations à obtenir de l'Allemagne, en exécution du traité de pcdx. »

N'est-il pas temps de lancer, dans le monde, un grand « Emprunt pour les régions dévastées »? Quelle espérance fonder, en mars, sur les nouveaux projets Mûller, secrétaire d'État au ministère de la Reconstruction^ ? Le gouvernement français se méfie de ces offres et les écarte, la main-d'œuvre étrangère étant toujours, dans le Nord et dans l'Est, considérée comme indésirable^. « Puisque la population ne veut pas supporter la présence des entrepreneurs allemands, dit M. Simons, nous allons chercher un autre terrain d'entente. » Notre décision est-elle opportime ou regrettable ? « Mieux vaut encore voir les maisons rebâties par les Allemands que ne point les voir reconstruire du tout. Voilà le raisonnement que tiennent un certain nombre d'habitants des départements libérés'. » Mais ce n'est pas sans motif gue nous craignons cette méthode : nous n'obéissons pas qu'à tm point de vue sentimental. La crise économique sévit en France. Le chômage n'y est que trop général. Le danger révolutionnaire qu'entrdne l'emploi des ouvriers allemands est aussi à considérer. L'internationalisme prêché, en terre française, par ces ex-ennemis pourrait porter des fruits détes-

1. M. Mûller, le 19 mars 1921, soumet à l'appréciation d'experts allemands, — dont M. Rathenau, — trois conceptions distinctes :

i« Projet créant. une organisation centrale où l' Allemagne aurait les drc^ts d'un entrepreneur général et où il serait constitué un sjm^cat international de constructirâ;

3* Projet prévoyant une participation de l'Allemagne en qualité de soitsentrepreneur;

3« Projet se txjmant à un programme de fournitures par l'Allemagne.

2. Parmi les protestations, signalons celles de la fédération industridle et coin merdale de Roubaiz-Tonrcdng (21 mars 1921).

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