‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 59 sur 92 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

« I^ temps n'est plus où quelques hommes âiscntaient entre eux les problèmes de la politique et réglaient le sort des nations. Dans la dernière guerre, les peiqtlcs ont été engagés tout entiers. I«es paiements que rAJlemagne nous doit ne sont pas de ceux qu'un âtat peut faire avec de i'or ou des liasses de billets ; il s'agit de sommes si grandes qu'elles épuisent la capacité d'un peuple entier, fût-il, comme le peuple allemand, le plus prospère et le plus riche, n n'appartient à aucun gouyemement de livrer les milliards par centahies. Ce n'est pas l'œuvre d'un gouvernement, mais d un peuple, de travailler pour se libérer d'une dette semUable. H faut que tous les Allemands se vouent à cette tAche, comme ils se soat voués, pendant quatre années, sous l'uniforme gris, à creuser des tranchées et à se battre. »

(Ifax I<BXANNOXS, la Revue hadomadaire, i6 avril 1921.)

Pour la période septembre 1920-novembre 1921, Tétude de l'Âllenu^e économique, dans ses rapports avec le traité de paix, nous est fort simplifiée par l'examen préalablement fait de la vie politique allemande, de la question des indemnités, voire même de la question des armements. Le terrain se trouve déblayé devant nous et la forêt est largement ébranchée où nous aurions dû nous guider dans la plus extrême confusion, si nous n'avions déjà tracé plusieurs larges voies qtd nous permettront d'avancer avec aisance dans le domaine économique. C'est qu'en réalité, ce domaine projette dans tous les autres de vastes enclaves, si parfaitement insérées dans les domaines adjacents qu'0 est souvent bien difficile de délimiter de justes bornages. On a vu que le traité, d'abord inexorable sur le fait des paiements en argent et à dates précises, a

évolué vers la possibilité de ces paiements en nature, sans lesquels les ÂÛiés couraient le risque de ne voir jamais s'acquitter le vaincu. Le paiement en nature n'est pas, — on pourrait presque dire n'est pas encore, — le seul à percevoir; les espèces sont prévues pour l'avenir, comme moyen de remboursement des dommages et comme indemnités : on ne renonce pas à cette contribution, on continue à en fixer les échéances. Mais, il s'est produit tm fait capital dont nous aurons à ^gialer, mi détldl, l'importance : l'accord Loucheur-Rathenau a, indirectement mais certainement, retouché le traité, l'a conduit sur le plan économique et, sans qu'on puisse rien affirmer concernant sa valeur dans l'avenir, on peut croire, alors, qu'il ja apporté, pour le règlement de la paix, des possibilités mal prévues à Versailles, capables, éventuellement, d'interptétations et d'extensions considérables.

Les questions économiques devenant dès lors étroitement, et plus étroitement que jamais, liées à nos droits de créanciers, il est évident qu'à les considérer, nous pouvons épargner au lecteur bien des détails qui seraient des redites. Néanmoins, ce chapitre XI garde dans notre œuvre ime importance essentielle et l'on pourrait nous reprocher de trop le réduire, si nous ne lui donnions pas tous les développements qu'il comporte.

En fin septembre 1920, les délégués allemands, à Bruxelles, sont venus dire : « La situation économique du Reich est désespérée. » Pourtant, le sous-secrétaire d'État aux Finances, Bergmann, a consenti que « l'Allemagne retrouve lentement le chemin de l'ordre et qu'on y constate un renouveau de l'ancien esprit travailleur». Nous en étions avertis par des observateurs attentifs, tel le sénateur R.-G. Lévy, qui écrivait alors : « Nous avonsl'impression que le peuple allemand organise une sorte de conspiration pour fsdre le silence autour des chiffres de sa

production, afin d'apitoyer Tétranga:... » Cette méthode de rapitoiement ne sara pas abandonnée dans la période qui nous occupe : ce sera même Tune de celles dont on jouera avec le (dus de talent, c Que pouvons-nous faire, se lamentera-t-on, le i6 octobre içao» avec 131 nùlliards de dettes ? » (Dette de TEmpire à ume échéance indéterminée et dont la presse nationaliste s'empresse de grossir la dette générale, afin de faire mieux entrer dans les esprits l^idée de l'insolvabilité de l'Allemagne) ^

Par de tels arguments et par d'autres, on veut déxnontrer la pauvreté de la nation, justifier ses retards de livraiscm, pour le charbon notamment, dont nous devons recevoir 1.550.000 tonnes par mois '. Quand nous disons : « Payez 1 », on répond : « Aidez-nous à nous relever. » Déjà, on nous suggère l'hypothèse de cette faillite allemande qui sera bientôt tm des leitmotiv de la résistance. Quelques Allemands, — rari fiantes, — estiment ces procédés ridicules. « Les moyens, par lesquels nos hommes d'État essaient de prouver que le fardeau des réparations est intolérable, sont cxtraordinâirement grossiers. " (M. Alfred Lansburg, financier, rédacteur de Ùiô Bank,) On n'en continue pas moins de criera Isl Kapiialnot, Au printemps, le mark a monté, et les exportations, conséquemment, se sont rg^lenties d'autant qu'elles furent chargées de taxes trop élevées. Or, les industriels étaient largement approvisionnés en matières premières achetées à l'étranger. A échéance, ils ont dû payer avec le mark relevé. Essayant de vendre leurs produits à l'intérieur, il^ ont échoué pour cause de cherté. Aussi, nombre d'indus-

z. V Avenir, 19 octobre zgao. C^tè «omme étant consacra à indemniser les Allemands ^yant des biens à Vétranget, de la confiscation de ces Meos et les com^ nagnies de navigation de la perte de leurs navires. Ces créances étaient comptées a la valeur de 1914 en marks-or. ^Allemagne, avant de les paver, en déduirait les impôts de guerre, d^acq-oissement de la fortune et de détresse de l'Empire : ainsi le chiffre de 131 milliards serait sensiblement réduit.

s. Premier semestre de l'année xçao, production du charbon de terre en Prui^se t 686.060 tonnes au lieu de 639.000 pour la même période en 19x9. Nombre d'ouvriers en X919 : 96.000; en 1930, zsS.ooo. ^augmentation' de production, en Z920 sur 19x9, s'élève à sj % (Rhénanie-WestphaUe), li % (Haute-Silésie), 13 <>/• (AUemagne centrale).

trids souhahent une nouvelle baisse du mark : eQe se produit, mais aussitôt la trésorerie du Reich s'inquiète. 11 faut payer des céréales» des graisses, à l'étranger pour 1.500 millions de florins, dans les douze mois à courir du 15 août 1920. Comment acquitter cette somme avec un mark déprédé? Il faudra donc fabriquer l'équivalent, en pa^Àer. D'où élévation du prix de la vie, réclamations de plus hauts salaires par les ouvriers, élévation de prix des denrées, et arrêt à l'exportation, puisque l'étranger reculera devant les nouveaux prix : cercle fatal. De ces arguments, on ne manque pas de faire état, pour nous prouver les « sombres difficultés » de l'Allemagne. Certes, une situation si confuse est à considérer, mais nous ne pouvons ignorer la présence des capitaux allemands à l'étranger, ni les bénéfices considérables réalisés par de grandes entreprises allemandes ^ Nous savons que le Reich pro-

I. 1m Société Pkàmi* (mineB) dédafc, le 4 octotxe 1920, un bénéfloe aet de 47 mlllfain», contre 3 millioas Donr rczerdoe préoédcRt. Bile diitribae des dividendes de ao %. — I^es Tubtt Mênnetmann, de Dnascldarf, le 30 octobre, reoonnaissent van bâéflœ brut de 104 millions contre 26 pour renrcloe «ntérieiir : le capital est de 86 millions de marks. — I^es Lamineriêsde Wtstpkëlie {gtoapc Stbmcs) réalisent im bénéfice brut de ax million contre 3 mUttans précédemment. — I«e x8 décembre, les Usines i?rw^ déclarent wi bénéfice brut de 139 milllans de marks, contre x1.700.ooo en X9X9. I«e bénéfloe net est de 79'9oo.ooo marks. — A cette date, la Compagnie is mmifaHon Hambmi'Amerih» a l'intention d'aogmenter son a4>ital de xoo millions de marks, ce qid le portera A aSs millions de marks. -^ Krupp, en janvier X9ax, £sit savoir que le nombre de ses onvriecs a sQsmenté de 30 %* — I«es gants de fabrication allemande sont importés à profusion sur le morché britannique.

Ektxalt de la statistique du port de Hambourg :

Mouvement des navires de mer à Hambourg en 19x9. — Entrés : 2.234 navires (ensemble x.543.000 tannes nettes). Sortie : 2.706 navire» (ensemble x««5o.ooo tonnes nettes).

Mouvemeni en 1920. — Entrés : 4.880 navires (ensemble 4*337.000 tonnes nettes). Sortis : 5.130 navires (ensemble 4.381.000 toimes nettes).

Communiqué de l'agence rhénane d'information, en janvier X92X :

t II s'était formé pendant la gucfre, sons les ■■spiÎM.i. rlii gouvernement alUmand, une société au capital de 500.000 marks chargée d'aUmqiisr en matière^ textiles les manufactures de l'intérieur, ainfl que celles de la coalitioB et de certains pays noflres. A l'armistice, die s'est transformée en compagnie privée qui canânae ses afiaires avec les filatem^ allemands et avec l'étranger. Bile vient de sluoMxcr un bureau dxargé des adiats de cot<m brut et prend une extension formidable. A l'heure actuelle, ses magasins renferment pour 60 à zoo millions de marks de marchandises et ses crédits s'élèvent à x million de marks. *

I^ 13 janvier X92Z, la Deutsche Uberseeisehe Bank verse A ses actionnaires 30 % de dividende, au lieu de 6 au précédent exercice.

Recommandation du Rddisverband de l'Industrie, à Berlin, en Janvier, X9az •

« Un Verband qui nous est allllié attire notre attention sur le? conséquences djKsastreuscs que peuvent avoir pour nous à l'étranger nos rapports trop optimistes

duit plus qu'il ne consomme, nous apprécions sa fortune en immeubles et outillages; on construit, dans la grande

sur notre titiiatioa économique. Nous faisons surtout allusion à la publicité que Ton donne aux dividendes élevé% à la possibilité de trouver des dftonchés à l'étranger, à un relèv«ment général de nos affaires, etc., etc. I^ question est d'autant plus d'actoalité que, dcmièrenicnt, un ministre allemand se plaignait des oommentaires que la presse étrangère faisait sur les cliffFres élevés des dii4dende<. allemands. Aussi nous prions le ReêektwwtsckaftminiêUtium de tenir compte de nos observations et particulièrement dans la rédaction du bulle^ qu'il publie : MitUilimgtn ous den WUrUck^ftammisUrnim, I«c8 nouvdles pid>liées par les divers ndnistâ-es allemands sont lues à l'étranger avec une grande curiosité et bcauooiq) d'attention* Des déclarations quelque peu imprudentes peuvent indter nos anciens ennemis à prendre certaines mesures qui généraient âionnément le développement de nos albircs, sans parler des conclusions que la presse s'empresserait de tirer sur la capadté de paiement d'indemnités de l'Allemagne. *

Die Btmh, le 25 janvier 1931, signale que les banques allemandes ont bénéficié d'apports de capitaux s'élevant à 7.97s millions de mail» pour les otute premiers mois de l'année 1*930, contre x million pour la même période en 19x9. I^es augmcntations de oai(^tal des sociétés financières ont atteint 6.403 millions contre soc^millions en X9X9. 1«a création de sociétés nouvdles a absorbé un capital de x.s73 mil* lions. Parmi les sociétés t>énéfidaires de ces apports de capitaux, l'industrie métallurgique figure pour x.364 millions de marks, l'industrie minière pour 771, l'industrie âectrique pour 663, l'industrie cbimique pour 585, les affaires d'alimentation pour 51 x, tes banques pour x.067 millions. — I,a fabrique des Produits Bayer distribue, en janvier, tm dividende de x8 %. I«a grande fabrique des Papiers de Reiskols fournit le même dividende. — I«e x*' mars X93x, Hugo StinneS acquiert les usines métallurgiques de CantigHone pour x. 900.000 livres sterlfaig. — Bn janvier X93X (relevé du x*' mars), les caisses d'épargne allemandes ont encaissé x.6oo millions d'excédents. — I,e nouveau port fluvial de Berlin .a un développement de quais de plus de a kilomètres et x6 de voies ferrées. Les magasins à grains ont xo étages et eontiennent 29.000 tonnes. — Le x6 mars, le Rcidistag vote tm projet de loi poiff indemniser les firmes de navigation allemandes : 4 milliards 700 millions de marks sont alloués pour 4a construction de 2.500.000 tonnes.

La Porsellanfabrâc, de Hohent>erg-sur-r£ger, augmente son capital de 4 millions. La Deutsche Industrie und HandelsverHnigung Aktiengesellsdiaft, de Berlin, de 4<mJaiions également. La lfegdd>urger WerkseiigmasdiincttfBbtik porte le sien de 5 À xo. La Waggon und liasdiineni^bdk, de Bautzen, l'augmente de 3,5. I^ Konsolidterten Alkaliwcrke Westeregdn veulent émettre 30 millions de marks d'<4)ligations et 8 de nouvelles actions. Le mupc Stixmes adiète à la Sodété italienne Fiat 200.000 actions de la société, autridiiennc Montana au prix de i.ooo marges l'action. La Bonner Bttgwdus und Rûttenverein p«te le sien de 3 millions à 6,6. La Gcestcmfinder, de 2,5 à 5. X^ Wcacrwerke Kakao und 8du>kolade lait un' appel pour 3 millions et demi de f<mds nouvearac. — Dividendes versés par diverses sociétés : x8 % aux Verelnigten Schuli^briken Bemeis-Wessds; 14 % à l'Hjdrometer Breslauer Wassermesserfabrikf 24 % à la BraunkoUcn und Brikettwerké^Roddergrube; 30 % à la Hartwig und Vogel de Dresde; 25 % à la Stralauerglaslifitte; 25 % à la Sowag (Seechsische Ofen und Wandplatten Werke) ; 25 % à la Lange de Hambourg; X5 % à l'Usine de ciment de Schwancbeck; 24 % à la I4nke Hofmann Werke de Breslau; 20 % à la Federstahlindiistrie de Cassel; X5 % à la Hûta Hoch und Tiefbau de Breslau ; 7 % seulement à rAktiengesellsdiah fur Rheinisrh WestfaeMacfac Industrie: 12 % à la Tfandelshank de Berlin, etc. <Si9plénients commerdanx du Berliver TëiebUM^ X5 et x6 mars X92X.)

Le x** avril, Stitmes faitlanœrà Haxpbourg son navire Ludendorff (xa.ooo tonnes). — L*État accorde à la municipalité de Berlin une subvention de 300 militons pour l'adièvement de la vgie notrd-sud du Métropolitain :

« Dqmis longtemps, il ne se passe pas une semaine sans que le public allemand n'apprenne qudquc nouvel exploit de M. Stinnes : tantôt, M. Stinnes prend une participatioa dans une société de docks suédois, tantôt il devient le maître de toute

224 HISTOIRE DES YIOLATIOt^S DU TRAITÉ DE PAIX

cité hanaéatiquej des navires, en grand nombre. L'excédent des dépôts sur les retraites dans les caisses d'épgrgne a été de 4.940.000.000 de marks pour les htiit premiers

«nt tétie 4c bains de a«r allrmméi; à HamtxMi», il iooât va coaiptoir d'czpor* tation «oâvcncl; en Pnutc oriaital^ il t'cmpart dt la omêtmotioa de auMÀfairs; •on damier c:Q»lgit est l'acqulaiticm de U êodéié autrichicMlie « l'Alpine «.

a On vient d'apprendre qu'il cbcfcfaait à l'entendre aTerI«énine au sujet de oonoeisions en Russie. Aucune préoccupation, même nationale^ ne le gtat, •

(l4t Vontmêrtêt 8 avril z^ax.)

M. 9dmoad Rumplcr, directeur d'UBiuM, achète aux ^tato-Uoid, et paye oomp* tant, des machines et des marduujdises pour x milliard 350 millions de frênes («5 âvrll).

I^ Société' d'Alten (capital 9 millions) diéttfbue x6 % de dividende côàtre to, l'année dernière. I«a'8odété Bennigsen (x.eoo.oôo) ddnne 25 % contre rs. I<a Sodéti Prankcnthal (27.600.000) donne 14 % contre o. I^ Sodété Froebeln (4.500.000) donne as % contre x7 */$• "^ Sodété Olausig (xs millions) donne al % contre x8. I«a Sodété de Halle (15 millions) donne S3 % contre ao. I^ Sodété de Mafdebonnr (s millions) donne so % contre lè. I/i Sodété Ncuwerk (4.500.000) donne 24 % contre x6 Va* ^ Sodété Oifetein (9.300.000) ddane aS % contre X3.'l«a Sodété Neustadt (750.000) donne ao % contre 10. I^ Sodété de Stettin (7.300.000) donne 25 % contre 15.

(DU Dmittehe ZuekèHniuttfiê, mai igai.)

En mars 1921, l'Allemagne a imp<»'té d*Améri<me plus de coton que n'en ont importé les autres pays du monde, ^t X05.7SS balles exactement. Sa production en lin est alors 5 fois plus grande que cetle dé 19x4.

Hugo SUimes dirige, à l'heure aotudie, x.340 compagnies dont le oiqiital rqxé*

sente une somme évaluée à vim^ #*#i9is miUwdê tfoia emU eittçuàntêmiUkms â* framu.

Il possède 890 usines, 330 mines deefaarbOo, t6o banques, des hôtds, piwqué tous

les joumaun influents, des fabriques de papier^ des usines de produits chimiques, etc.

« (VOpmtêH, 16 juillet X9ai.)

Les grandes banques allemandes traversent sans exception une période de prospérité tdle qu'on n'en coiinût Jamaiis dans l'histoire de la banque allemande. I^ chi£Fre d'afbîres, même celui des établissements qui n'ont pris aucune eztenrion, a été en moyenne doublé au cours de l'année dernière, è( 11 se. trouve décuplé par rapport au chiflte d'avant-cucrtc.

lies dépôts gérés bar les banques s'élèvent, fin loao, à plus' dé .62 milliards <le marks... alors qu'i» s'élevaient A environ 37 milliards rannée précédente et à 4 milliards 8 en 19x3. J^es fonds, dont les banques tirent bénéfice, ont donc augmenté de X.200 % en sept ans et, cpmme en regard, l'accrdssement du capltal'nominal n'est oue de 57 %, il en résulte un pourcentage de bénéfices si élevé que les banques, dans rétablissement de leur bilan, sont obligées de recourir à tous les artifices pour ramener ces bénéfices à une mesiue décente. • '

, (Dit Batik, numéro de. juillet.)

D'après l'anden directeur du Nord^Deutscher-lioyd, U. Heincdcen, la production allemande annudle doit atteindre sous peu 700.000 à 800.000 tonnas, oe qui rq>résenterait 200.000 tonnes de plus qu'avant la guerre* âl les prévi^ons de M, Hdnecken sont exactes (et dles doivent l'être), l'Allemagne aura, avant doq ans d'id, une marine aussi puissante (]tue cdlc qu'dle possédait en 19x4.

(MoHiUur dé PêxpfUUion, aoiU xfai.)

lA Ncekar'AktlengeMlsdmft de Stuttgart fait un empnMt garanti par le Reich allemand pour la constructioa du canal du Necliar, qui ooAtctn a milliards de marks. Cet emprunt Tappoirtera net 4, %.

Au cours des six premiers moi» de X98X, 14 nouveaux bâtiments de commerce, jaugeant ensemblQ>i4a.eoo tonnes, ont été oonstruita à Hambonig* ^^ Résultats pour les six premiers mois de X9ax de la pécha maritime en AUctnagne : mer du Nocdi 65 millions da Ulos de poisson, valant xé8 aUlUçM de »ail»} mm Ralttqnc»

moi» de 1930. Nous pe pouvoïis guère nous laisser attendrir par les chiffres de Demburg, établissant que la guerre a réduit dç 60 % la fortune aUemande, par la dé^éciation des usines, des maisons et des routes, « alors que la diminution de la fortune nationale française n'est que de S % » ( ') Bt ç<mmwt accueillir conune parole d'évangile les propos de M. Urbig, directeut de la Disconto-Gesell&chaft : « Limitez les frais d'occupation d^is les pays rhénans, restituez-nous une partie importante de notre flotte marchande. » Quand T Allemagne crie : « J'ai faim! », nous lui montrons ses statistiques 4'abâts, de 1913 i 1918 :

Bêtes abattues. Bœufs.

Et nous lui mettons sous les yeux l'état de son cheptel au 1^ juin 1920 :

Bêtes à cornes, i" mars 1912 : 16.444.723; 2 juillet 1919 : 16.381.605; i«' juin 1920 : 16.981,522 têtes.

Moutons (respectivement aux mêmes dates) : 6.241.726; 6.162.794; 7.021.342.

Porcs : 8.610.796; 9.430.268; 11.656.813.

Chèvres : 5-78i.75o; 4.679.419; 4967.537*.

x8 millions de kilos vendus 53 millions de marks. I«a pêdie au hareng produit 13 millions de kilc6 valait 26 millions. Total : 96.000 t(nme8 de poissoa qui ont fiif porté 346 milUcips de maiks. I^es marins d'eau douce n'ont paê dbÊmé i dans le seul lac de ConstaaGe, les filets ont ramené X02.000 kilos de poisson valant X.824JO00 marks. >— I^a gare de Stettin va être transformée em gare de gcand tfsfic, axmoace-t-on le 12 octobre. Cette très onéreuse entequrise attfi, mise en œuvre aous peu, malgré le défidt de l'exploitation des chemins de fer.

z. I«e z8 octobre, le ministère de la Reconstruction allemande mettait la dernière main à tm mémoire pour prouver à l'Entente qu'il était impossible de livrer les quantités de bétail prévues au traité de paix, notamment les vaches laitières dont nous rédamons 8zo.ooo. Nous n'en avons encore « toudié » que 6*|.56o< I<a tl^ése allemande est Mutcnue, le 3 novembre, à la (Siambre des Conuttun^, pyr le germanophile lieutenant conunandeor Kenworthy, ejt refutée aussitôt, en France, par une note du ministre des Réglons libérées état^i^s^iit que la sltuatloB du dieptci'alleaw^ad est pl^ biiUaate que celle du nt^ et rap|>elant ^uc

Veaux et

Taureaux.

VsLcJiee.

jeunes bceuis.

La déclaration du président de la Compagnie générale d'électricité, M. Walter Rathenau, nous laisse sceptiques : « ly' Allemagne consomme actuellement «es derniers tissus de réserve, ses dernières graisses. Son épiderme s'écaille et s'en va. I^'industrie, malgré ses bénéfices, use ses machines essentielles. » A certains égards, il n'est peut-être pas très loin de la vérité, mais il l'approche bien davantage, quand il dit :

n est possible d'organiser rationnellement ce travail, d'en tirer des ressources qu'elle supporterait. Tant que le travail allemand n'a point de but, ignore ses tftdies précises, il reste encore médiocrement productif, n serait urgent qu'on délimitât ces tâches, qu'on tentât d'estimer le rendement du travail allemand, de le financer, d'intéresser l'étmnger et les neutres à cette opération destinée à libérer progressivement l'Allemagne à l'égard de ses créanciers.

Ce qui est certain, ce qui nous retient de croire à la « complète détresse » de l'Allemagne, ce sont ces signes probants : « La récolte en fourrage a été excellente », (déclaration du ministre Hermès, novembre 1920); la récolte en céréales a été très satisfaisante :

(^ tonnes) 1920. i9i9>

Blé d'hiver i. 061. 407 1.094.022

— d'été 229.721 157.474

Seigle d'hiver 71 .918 54*032 lîi

orge d'hiver 137.668 150.921

— d'été 959*638 901.212

Avoine 3.273-860 3.022.166

Pote 143*382 92.368

Haricots 118.475 86.806

Pommes. de terre ao. 435. 547 14.902.403

Betterave à sucre 6.071 .702 4 .642 .304

— fourragère 12.077.271 10.176.685 ]

(Statisiische Korrespondenz.) k

rinvadon nous a coûté 835.000 bovins. I^ journaux allemands publient des )\i

articles ai:pc titres émouvants : « I<a détresse de nos enfants. Sauvez les petits! J '

Nos enfants meurent I » I«a GaxeUa de Francfort recoonalt qu'ont le tort d'abattre ^ a^

trop de vaches laitières en Allemagne, pour ne pas les livrer aux Français. I«e j'

x«r décembre, T Allemagne autorise la reprise des exportations de lait à destinatioB ^^

du Danemark. ^

l'allebiagne économique 227

« La marine de commerce allemande rendt. » (KoU nische Zeitung,) « Il faut donner le goût de l'épargne au peuple allemand. » (Congrès des banquiers, à Berlin, novembre 1920.) « Dans la première quinzaine de novembre, le nombre de tonnes extraites par jour, dans la Ruhr, s'éleva à 312.000 contre 300.000 en septembre. L'approvisionnement en vivres et en vêtements des mineurs a fait des progrès appréciables. » (Discours du ministre de l'Économie publique Scholtz, au Reichstag, 29 novembre.) L'aviation commerciale, nous l'avons vu, se développe intensément.

Il apparaît vraiment singulier, nous apprâid M. I^ansburg, que TAllemagne ne soit pas en état d'importer la quantité relativement faible de cér6Eàles étrangères qui assureraient à sa population du meilleur pain... Cela semble encore beaucoup pltis étrange quand on voit exposées, dans les rues des villes et des villages allemands, et accumulées dans les boutiques, par exemple, ^e& quantités de chocolat fabriqué avec du cacao sud-américain, et qui indiquent une consommation très supérieure à celle cP avant- guerre. I^'étonnement augmente quand on fframlne les vêtements de Ibl population allemande, à la viUe et à la campagne. Jamais encore le luxe n'a été poussé si loin en ce qui concerne les chaussures, dont la plus grande partie est faite avec du cuir exotique. On ne oonst&te nulle part, bien au contraire, pénurie de linge fait avec du coton américain^ ni de vêtements de dessous fabriqués avec de la laine provenant de F Australie et de V Argentine,., On peut à peine imaginer un apprenti de seize ans sans sa cigarette anglaise, I^a prétendue disette de benzine et de caoutchouc n'empêche pas qu'il n'y ait aujourd'hui, à Berlin, environ deux fois plus de magasins de vente d'automobiles qu'avant la guerre. I<e nombre des parfumeries, des magftRJus de comestibles, des cabarets chic ne permet pas de conclure à une diminution quelconque de la consommation des articles de luxe étrangers. Or, comme tous ces articles ne nous sont pas livrés à crédit, mais sont payés par nous avec du travail aUemand, il faut bien que les choses n'aillent pas si mal qu'on le prétend en ce qui concerne la capacité de production de l'Allemagne.

(Die Bank, novembre 1920.)

Est-ce bien le moment pour l'Allemagne (15 décembre) de se refuser à payer les sommes dues, pour ce mois, aux offices de compensation fonctionnant en Angleterre, à Strasbourg et en Belgique? Ce sont là des obligations d'avaût-guerre, et dont l'article 296 du traité spécifie l'acquittement indiscutable. Or ,on joue, une fois dé plus sur les mots, et l'on prétend différer sine die le paiement

de 700.000 livres sterling, de 24.706.000 francs (Alsace- Lorraine) et de 2 millions (Belgique). On dit espérer une modification de la procédure des paiements mensuels. Entre particuliers, cette attitude appellerait tme déclaration de faillite. Que dit TÂUemagne pour se défendre ?

A la stiite de la déprédation du mark, la somme de maiks-papier à employer diaqae semaine, pour effectuer le paiement des vivres indispeosabies, % dépassé le cbièie susmentionné de 700 millions. Pendant l'ensemble de l'exercice s*étendant depuis le 15 août 1920 jusqu'au 13 août 1921, la seule importation des vivres contrôlée par le gouvernement demande, en dehors des avances accordées à valoir sur la livraison de charbon, une somme de : marks-or 3 milliards. £n basant le calcul sur une cote du dollar de 70 marks, cette somme de marks-or représenterait une somme de marks-papier d'environ 51 milliards, c'est-à*dire d'environ i milliard par semaine. H est absolument impossible de placer, sur les marchés de devises à l'étranger, des sommes tellement exorbitantes de marks. C'est pourquoi il faudra, en tout état de cause, forc^nent réduire le programme des importationis qui avait été fixé en ne visant que le strict tni^imum des b^ins. Mais, dans le cas où les "versements destinés pour les transactions de compensation s'y ajouteraient, le programme s'effondrerait complètement.

(Note du X9 novembre 1920.)

On néglige d'ajouter que, pourtant, on encaisse des devises étrangères, des dollars, des florins. On ne tient pas compte des ressources perdues pour le Reich, du fait de sa négligence à se faire livrer les céréales par les cultivateurs, ce qui l'oblige à importer excessivement ^ On sait bien trouver de l'argent quand le ministie des Postes décide (30 décembre) la construction d'un réseau téléphonique souterrain qui réunirait les grandes villes de l'AHemagne et permettrait d'obtenir les çonmxunications en quelques minutes. Ce réseau coûterait 5 milliards de marks. On «a parie très sérieusement, sans avoir peur de la somme, échelonnée sur quatre ans.

A Bruxelles, les Allemands rééditent leur programme : « Faites-nous travailler, nous vous paierons. » C'est la

X. I^CÊ Uvraiscms laissent beaucotxp à désirer, tfi service des céréales du Rekli n'a pris posieesioa, jitsqu'an i** déccnilsre 1920, q«r de 6sx-<&B towscs 4e eécialc» à p^, au lieu de z. 1x7.000 tonnes l'an ééxmer. (MouvtmgfU dàtis VëssmibUt,) hn Uvipiioas d'odotae se sont élevées à 34«.«oe teones, contre ^40^000 «n octobre 19x9.

pédaratloii du ministre Hermts au Hddistâc, 6 décembrr.)

thèse des prestations en nature : elle fera son chemin. Le but de nos débiteurs est de donner une eittension plus grande aux méthodes qui ont permis aux nations alliées et associées de recevoir, depuis la mise en vigueur du traité, les produits dont le tableau suit :

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A ces chiffres, il faut ajouter ceux qui correspondent, pour la France et la Bdgique, à l'axtide 238, et dont la valeur ne doit pas être portée au compte des réparations.

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