TOZ&L
Matériel accole, industriel (machines)
— industrid (tonnes)
— roulant : locomotives . . .
— — wagons
xa.897
a Ce qui risque de nous faire périr, dit M. Walter Rathenau (Gazette de Voss, i*' janvier igai), c'est le manque de marchandises destinées à payer l'étranger. Guérissons donc notre anémie de production, dût-on, temporairement, enfler la circulation du papier- monnaie. » Il ajoute que la fortune allemande réside surtout dans ses trentedeux milliards d'heures de travail annuel. En France, M. André Tardieu nous propose de tenter deux efforts :
I^ premier est d'ordre économique : il a pour objet de fixer à l'Allemagne la politique de production (aussi bien que de restriction à l'importation et à la consommation) qui, seule, peut la rendre capable d'effectuer à la fois des paiements en nature et des paiements en espèces. I^ second est d'ordre financier : il a pour but de rétablir, dans le budget allemand, les règles du sens commun et ta loi du traité et devrait, en cas de r^tance, aUer jusqu'à la mise en faillite d'un débiteur frauduleux. Tant qu'on jouera petit jeu, tant qu'on ne regardera pas le problème dans son ensemble, tant qu'on se bornera à envo3rer des listes incdhérentes réclamant des livraisons au hasard de demandes fragmentaires, l'Allemagne ne paiera pas. H y a un système économique et financier à créer.
(L,* Homme libre, 22 janvier 192 1.)
lycs décisions financières prises par les Alliés à la Conférence de Paris font « hausser les épaules des Allemands ». (Berliner Tageblatt,) « Elles dépassent de beaucoup la f orttme de l'Allemagne. » (Gazette de la Croix, ) « L'Allemagne peut payer, » répond M. Poincaré dans la Revue des Deux Mondes.
Le dévd^ipemeut gènétal des acpoitatàtma permettra à l'AUeniaeiie de se pTOcnrs des lessouices, à l'aide desqaelles elle pointa nous payer. A même qu'die exportera davantage, sa cspadté de paiement a'accaottia... Que l'AUemagne cesse de crier misère I Qu'elle ne se pose plus en diUtenr insolvatde l Qu'elle jette le masque de la faim et de la pauvreté 1
Elle n'hésite pas à demander à l'Office du commerce eritérieni des États-Unis, si l'on peut lui livrer 2 milliards de yards de drap kaki, 500.000 capotes et 500.000 unilormes; elle invite ses commerçants (7 février) à maintenir leui argent dans les banques étrangères; son Reichstag vote, le 3 février, t milliard 500 millions de marks pour la construction d'habitations nouvelles. Ses banques souscrivent la moitié de l'emprunt lithuanien de 60 millions de marks allemands. EUe se félicite du rendement de ses impôts. « L'impôt en faveur de la détresse de l'Empiie accuse 393 milUons de plus-value; l'impôt SUT les contrats de sociétés, 502 millions, et la taxe sur les exportations, 523 millions de marks. » (Gazette de Voss, 23 février.)
A ce propos, il ne nous est pas inutile de procéder à une rapide revision des questions ânancières depuis octobre. C'est alors qu'une conférence de banquiers et d'industriels s'est réunie pour étudier l'organisation d'un crédit en faveur de l'industrie allemande (notamment, crédits pour l'achat de vivres à l'étranger). — Le Reichstag examine un projet d'emprunt forcé, remède exceptionnel « pour éviter le glissement au régime des assignats n. (M. Havenstein, président de la Reïchsbank), M ultime ressource », dit le Berliner Tagebtalt. — Le 19 octobre, le ministre des Finances prussiennes fait, des finances de l'État, un sinistre tableau. Pour l'année, le dificit, en Prusse, est de 3 milliards de marks '. « L'excédent des dépenses à prévoir, ajoute-t-il, est de 15 milliards. « — En ce qui concerne le Reich, le Conseil
d'Empîtè prodtdt un déficit t<rtal de 67 milliards 700 millions. -^ Le 15 novembre, le Conseil adopte le projet de loi traitant le recouvrement de l'impôt « sacrifice à la défense de l'Empire » et de l'impôt sur raccroîssement des fortunes. — Le 2 décembre, à la Commission fiscale du Reichstag, le président de la Reichsbank propose un emprunt forcé à 40 ' % qui rapporterait environ 20 milliards. — Le contrôle des finances allemandes, envisagé par les Alliés àla Conférence de Bruxelles, provoque dans l'opinion une grande inquiétude. — Le 15 janvier 1921, le gouvernement allemand déclare à l'Entente qu'il V espère enrayer rémission croissante de papier-monnaie, — 2 milliards 1/2 de marks par mois, — grâce à une meilleure rentrée des impôts \ Il tentera, par l'économie la plus stricte, d'endiguer l'accroissement de la dette flottante. Il émettra des bons du Trésor jusqu'à ce que la consolidation de cette dette soit possible ». — Le ler février, le Conseil d'Empire déclare que, revision faite des comptes et y compris les crédits supplémentaires, le déficit du budget atteint maintenant 79 milliards de marks (papier). — Le 6 février, augmentation considérable des impôts sur le sucre, l'eau-de-vie, le timbre du Reich, le timbre d'assurance, les conversions d'emprunts. (Exemple : l& sucre : accroissement de 14 à 100 marks par quintal^.)
Entre temps, on continue à rogner les écus par tous les moyens, dès qu'il s'agit de payer. Le 26 février, nous devons réfuter la prétention du docteur Simons qui estime à 20 milliard? de marks*or la valeur des prestations effectuées par l'Allemagne à notre profit. Les troupes françaises, anglaises et belges occupent Dusseldorf , Duisbourg et Rubrort (après les propositions inaccep^
X. I«e produit tottl d«t Impôts et taseï t'était élevé à 4.876.000.000 en X9i3-X4' Il a atteint 45.202.000.000 en 1920.
2. Ce n*cst là qu'une stricte énumération des faits d'ordre financier établie parâUéleaiMit à l'espoté de U situatkHi économique. Cette nooMBdatuie, aéo»saire à la clarté de notre sujet, sera reprise, postérieurement à février igsr, duM le cours de ce chapitre.
tables qui nous sont faites à ta Conférence de Londres). Les sanctions économiques produisent aussitôt un malaise dans les finances et le commerce d'exportation. La saisie des douanes s'opère sans difficultés, mais la hitte commence contre la taxe prévue de 50 %\ On conseille aux exportateurs allemands d'ajourner la conclusion de leurs contrats commerciaux. « La grande industrie préférera fermer ses usines, plutôt que de céder à l'oppression. » (Presse allemande.) — Pour soustraire aux taxes les unes et les autres, la Rhénanie se vide de ses marchandises et s'emplit de produits demi-ouvrés venant d'Allemagne non occupée. Le 21 mars, le Comité directeur de la Fédération Commerce-Industrie invite les chambres de commerce allemandes à ne plus acheter dans les pays de l'Entente, en même temps que le ministre d'Empire de l'Économie publique publie : « Les mesures prises contre la vie économique de l'Allemagne ne sont pas légales. » Trois jours plus tard, le Conseil économique adopte une motion invitant le ministère de l'Économie publique à :
i^ Empêcher rentrée des marchandiscB étrangères inutiles; t° faciliter la sortie des marchandises allemandes pour lesquelles les offices de contrôle allemands ne servent qu'à contrôler les prix; s^ empêcher la sortie par ToUest des marchandises allemandes dont rexportation est interdite; 4* supprimer éventudlement la taxe d'expoftatloii sur les marchandises encore soumises à un couttOk; 5« indemniser, au moyen des ressources fournies par les droits d'exportation, les maiaotis allemanâes auxquelles les sanctions économiques auraient porté préjudice.
Et, comme il n'est pas de petits bénéfices, le 26, le prix des télégrammes à destination de la France est porté de 80 pfennigs à 2 marks 30 par mot. Rien n'est dédaigné de ce qui peut fournir à l'Allemagne tm moyen d'esquiver la loi du vainqueur. Les commerçants hambourgcois veulent interrompre les services maritimes avec les pays
I. Bn illi avilir tulvant l'acemplB britàniii«ine, le gouvernement fiBUçait mW» le Farldmait d'un ptojet de loi établiiiant un prélèvemeat pouvant attdtidre 50 % «tir la mutdiandlMi allemandes faaportèm en Vnmet • pour Tacquittement des obligations prévues par l«s parties vm et IX du traité >.
alliés et intensifier le commerce avec les neutres d'Europe et de l'Amérique du Sud. Le gouvemem^t de Berlin décide la création d'un sous*se<^rétaire d'État pour les afiairee rhénanes. Sa fonction occulte sera d'empêcher les exportations qui, de janvier à septembre 1920, ont été, — d'après l'Ofiice de statistique berlinois, — de 2 milliards 710 millions (marks-papier) pour l'Angleterre, de i milliard 710 pour la France, de i milliard 480 pour la Belgique, et de I milliard 380 pour l'Italie. Ces effets de la campagne d'opposition se font promptement sentir. I^ 10 avril, on écrit en Allemagne que, depuis l'application des sanctions économiques, les chiffres du commerce extérieur ont dépassé de 20 % ceux de l'année précédente, à même date. On observe justement, en France, que si notre pays n'achète plus en Allemagne, il devra s'approvisionner dans des pays à change élevé : nous supporterons, en fait, la charge infligée à notre mauvais payeur. Tout l'avantage sera pour l'Angleterre ^ . Pourtant, la Chambre française adopte le projet de loi à une forte majorité. Et l'Allemagne nous prévient que rapplication de la taxe n'ira pas sans obstacle.
Comme il fallait s'y attendre, la réalisation pratique de la nouvelle barriéie douanière élevée par les Alliés se heutte à de grosses difficultés. I^ surveillance de la frcmtière exige un personnel considérable. D'autxe part, TBntente n*a à sa disposition qu'un petit nombre de fonctionnaires parlant Fallemand. Or, comme Ta déjà annoncé la Gazette de VosSy il sera interdit aux douaniers allemands, par le gouvernement
X. Dés les denden jours de novembre 1920, la Grande-Bretagne a Inlonné rAllemagne qu'elle n'avait pas Tintention d'exercer les droits que lui oonféiait le paragraphe x8 de l'annexe II de la partie Vin du traité. I«e8 biens allemands, marduûidises ou espèces, se trouvant en Grande-Bretagne ou dans ses ooloaies ne seront donc pas confisqués. Cette décision, qui exauce le vœu des banques allemandes, surprend considéraUement la France. « C'est encourager l'ex-enoemi à la résistance. > Vindustrie allemande remporte dès lois d'iniportants siKsoès en Angleterre. En décembre, elle prend notamment une commande de moteoxs pour 400.000 livres. TJn accord anglo-allemand est signé pour la restitution des biens des ressortissants allemands en Grande-Bretagne (31 décembre). En février et mars 1921, la loi sur les 50 % a une très mauvaise presse en Angleterre. On prévoit que l'Allemagne dirigera ses produits vers les pays neutres. La loi est pourtant votée le 22 mars. I^ xo avril, le gouvernement britannique fait savoir que les Indes anglaises ont adhéré à l'accord du 31 décembre X920. — - I«a Bd*
g que, die aussi, renonce à la saisie éventuelle des Mens des particuliers allemands lotlfication du 5 février 192 1; vote du Fariemcnt belge, le 24 mars).
du Bddt, de se mettre au service des Alliés. Dans ces coaditions, on se demande comment r£>itente pourra appliquer avec £ruit cette sanction éoonoDiique, qid nécessite la survdUance douanière d'tme frontière de 500 kilomètres.
(Goutte de Cologne.)
La Bourse de Berlin, d'abord émue, se ressaisit. On annule des quantités de contrats. Le mot d'ordre est : « Boycottons ! » Les Allemands, pour briser notre loi, ont tout l'enthousiasme qui nous manque pour la faire appliquer. « C'est avec plus de résignation que d'enthousiasme que la Chambre a voté le projet de loi qui lui était présenté », écrit M. Maurice Bokanowski, rapporteur général adjoint de la Commission des finances, le 23 avril 1921, dans VOpinion, Outre- Rhin, on estime que ces « vexations » ne juguleront pas l'ambition que l'on a de conquérir le monde^ la facture à la main. Des milliers de courtiers allemands parcourent la terre. Suède, Finlande, Hollande sont inondées de produits germaniques. Il en va de même de la Pologne, des républiques sud-américaines, des ports de l'Extrême-Orient où l'arrivée de i.ooo barils d'indigo allemand vient de jeter la consternation dans l'industrie japonaise! Que la ligne douanière du Rhin fonctionne bien ou mal, c'est, non pas à Paris, mais à Hambourg, que l'on a raison, lorsqu'on dit (2 mat) : « Dans dix ans, la marine marchande allemande sera supérieure à celle d'avantguerre. » Qu'au 5 mai, les Alliés signalent tme recette perçue de 150 millions de marks-papier, les navires de Stinnes n'en courent pas moins les océans, sous pavillon noir, blanc, rouge. A partir du 31 mai, on interdira en Allemagne l'importation des vins français^ , malgré l'article 264 du traité, pendant que la candide France répète : « L'Allemagne paiera. » On s'arrange pour que l'entrée des lainages, draps fabriqués ou demi-fabriques, venant de France, soit pratiquement impossible, grâce à des
X. Bn Allemagne, les taxes sur les boissons sont 43 fois plus faibles qu'en Angleterre et 6 fois plus qu'en Pnmce, les tarifs sur les alcools 30 fois moins élevés qu'en Angleterre et 4 fois mdns qu'en France. — A- Dresde, le petit v|Bk^^ cognac £raaçais va coûter 75 marks.
surtaxes (Jtd constituent une mesure de prohibition. Chaque jour, on proteste contre les sanctions, par actes ou par paroles et à grand renfort d'articles. Le chancelier les qualifie de « mesures antidémocratiques ». Rathenau dit : « La guerre continue », au moment même où il va rencontrer M. Loucheur, notre ministre des Régions libérées, à Wiesbaden^ On fabrique de grossières imitations des produits français, et on les expédie en Europe centrale. On livre à la France du bétail atteint de fièvre aphteuse (22 juin). On proclame, pour 1921, tm déficit de 9 milliards 1/4 sur les chemins de fer, afin de bien prouver que TAllemagne est à bout de souffle. « Nous n'omettrons rien de ce qui peut mettre en lumière notre bon droit,» dit, le 30 juin, M.Rosen, minjistredes Affaires étrangères, au Reichstag. On s'exaspère, en juillet, parce que l'Entente saisit 150 bateaux rhénans «appartenant à Hugo Stinnes, afin d'assurer la livraison des bateaux prévue par le traité. On fait état de l'accroissement des faillites {1.573 pendant le premier semestre de 1921, contre 447 pour la période correspondante en 1920^). On crie tant et si bien qu'en août, le Conseil suprême envisage et admet la possibilité de la levée des sanctions économiques, à ces deux conditions :
1° Qu'à l'échéance du 31 août le premier milliard de marks-or soit payé; 2° que des mesures, déjà acceptées d'allleuis par l'Âllemagiie, soient prises pour que le gouvemâment allemand, dans les pays occupés, ne boycotte pas les produits alliés par le refus de licences d'importations.
(Dédaration de M. Briard, 13 août.)
« La guerre commerciale franco-allemande sur le marché
1. L'entretien portera, d'une part» sur le programme des réparations en nature et, d'antre part, sur la possibilité de substituer d'autres ressources au prélèvement de 36 % sur le montant des exportations allcmandts, qui constitue alan V»nnuité variole à acquitter par le vaincu. — Convenais que M. Rathenau a eu le courage de déclarer que l'Allemagne devait, pour son honneur, « payer sa dette >. I<a première entrevue I<oucheur-Rathenau n'est qu'un essai de dâ[>layage. « Nous devons transformer les prestations en or ou devises ai prestations en nature •, a dit le ministre allemand.
2. Mais il y en eut 4.490 en 19x4, et 5.379 en 19x3 pour le mène semestre t
rbénau coauneoce à s'apaiser, » constate le Vorwa^rts. Pourtant, le^ sanctions éconotniqufis ne semnt pas encore levées le 15 septembre, comme il avait été prévu, les Allemands s'étant refusés à donner suite à cette décision du Conseil suprême :
L'AIlnnqgnp acceptera la constitution d'un organisme intéressé qui collaborera avec les autorités allemandes compétentes à l'examen de la délivrance des Uceaces d'importation et d'exportation des marcbandises à destination ou en provenance des nrmes établies dans les territoires occupés... le seul but de cet organisme étant de s'assurer et de contrôler que le fonctionnement du système allemand n'a pas pour effet d'états des discriminations contraires aux dispositions des articles 264 à 267 du traité de paix, en ce qui concerne les territoixes occupés.
Nos douaniers resteront donc sur le Rhin comme nos soldats à Dusseldorf, malgré les récriminations de la Gazette de la Croix :
Tfi gouvernement allemand ne pouvait naturellement pas se prêter aux manœuvres consistant à lui arracher des concessions dans le domaine de la politique commerciale au moyen 4e^ sanctions qui ont été établies en letu: temps poiu: un autre objet
Quoi qu'il en soit, on a l'impression que TÂllem^^ne ne tardera pas à être moins intransigeante. On négocie. En quelques jours, l'affaire est entendue. Les sanctions seront levées le 30. Le milliard-or est payé : une commission mixte d'experts alliés et allemands est créée. N'avonsnous pas « lâché notre gage, la proie pour l'ombre »? demande VEcho de Paris. Oui, si le boycottage douanier des f»<oduit6 français continue, quand di^arait notre barrière douanière du Rhin. Le traité stipule (art. 264 à 267) que TAllemagne ne peut établir, dans sou régime commercial, aucune différenciation s'exerçant au détriment de l'un quelconque des États alliés. Les experts y veilleront donc. Nous avons donné là ime nouvelle preuve de notre^1>onne volonté : nous allons voir si Ton nous en saura gré. Pour le présent, la presse germanique se déclare satisfaite et marque un succès, « une pren^^ étape ».
dit-elle exactement ^ « Ce n'est qu'ime gracieuseté de plus à l'adresse du Reich, » rectifie M. Poincaré. (I^e Matin, 4 octobre 1921.) Et il ajoute, pour l'avenir :
I<a première précaution à prendre, 6i nous ne voulons pas que notre déûteur s'emicfaisse peu à peu à nos dépens, c'est de donner au Comité des garanties les pouvoirs qui lui manquent ou de permettre enfin à la Ccmunissiondcs Réparations, en Tappuyant au besoin par la force, d'exercer, sur tous les biens et ressources de l'Empire et des états allemands, le privilège de premier rang que l'article 248 du traité a établi en garantie de la cr^nce alliée. Un droit dépourvu de sanction n'est qu'une ombre insaisissable. C'est à nous de nous faire paj^er*,^ comme c'est à nous de contraindre l'Allemagne à désarmer.
Saurons-nous tirer parti des fameux » accords de Wiesbaden », dont nous avons à considérer les débats et les conclusions? Nous les avons vus naître, en une première entrevue Loucheur-Ratbenau, au cours de juin. Un plan de travail a été établi, qui a conduit à un accord de principe sur les livraisons en nature et les prestations en travail. Des experts ont collaboré, latéralement. M. Rathenau a plusieurs fois soutenu sa thèse au Reichstag.
Pour les hommes d'État français, ce sera un mérite d'avoir, contrairement à maintes suggestions de l'opinion publique, reconnu que ce ne sont pas des fleuves d'or venant d'Allemagne, mais seulement le travail allemand qui peut servir à la reconstruction,- notamment à celle de la France, qui est un problème européen.
(Reichstag, 5 juillet 1921.)
Le ministre est souvent attaqué par les monarchistes, qui le traitent de « juif soviétique de Berlin ». Il revient à la charge, explique le « mécanisme des réparations en nature ». Aux derniers jours d'août, il reprend la conversation avec M. Loucheur, pour un accord qu'on dit définitif. De l'entretien, se dégage le projet de formation de deux sociétés privées, française et sdlemande, devant servir d'intermédiaires entre industriels allemands et
X. I^es sanctioas économiques avaient été instituées le 7 mais xgix.
2. Z^ mark baisse alors de jdur en jour. Un mois a|>rès la publicatioa de cet article, il s'iascrin, à New^York, à 0,47, la parité étant 23,83.
sinistrés français. Entre-t-on dans l'ère des réalisations pratiques? Un nouveau statut des réparations est*il créé? L'Allemagne s'engage à admettre l'importation d'une série de produits à déterminer. Elle nous livrera, dans les huit mois, 120.000 tonnes de matériel industriel neuf, choisi par nous dans ses stocks et dépôts. Nous recevrons 62.000 chevaux, 25.000 bovins, 25.000 ovins, 20.000 ruches. On nous promet d'autres « avantages * ». Ce qui est net et précis, c'est que la valeur totale des livraisons pourra atteindre 7 milliards de marks-or, jusqu'au i®^ mai 1926, sans préjudice des paiements en espèces. Certes,.notre industrie nationale va souffrir, mais il est dit que le sinistré ne fera appel au produit allemand que s'il y trouve avantage. « C'est la subordination économique de la France à l'Allemagne, » proteste pourtant Lysis. (Démocratie nouvelle, 30 août^.) Généralement, la presse allemande continue à se méfier de M. Rathenau qui lui répond, le 27 septembre, au Congrès de la Fédération de l'industrie allemande :
Les bons signés par V Allemagne sont impossibles à mettre en circula' lion ; ce moyen de financer les. dettes mondiales a fait faillite ; on n* accepte pas ces bons, même pour la moitié de leur valeur nominale.
I^ seule voie qui reste ouverte est celle des pourparlers intelligents; c'est cette voie que j'ai cherché à suivie avec la Fiance et il ne faut pas confondre ces pourparlers avec des transactions politiques... Napoléon a dit à Goethe : « I«a vie politique, c'est la destinée des peuples. » On verra d'ici peu s'il faut transformer ce mot ainsi : « I^es conditions économiques sont la destinée des peuples. »
Le 3 octobre, le gouvernement du Reich procède à la ratification de l'accord de Wiestaden. Le. protocole est signé le 5, dans cette ville, par MM. Loucheur et Rathenau, au nom de leurs gouvernements respectifs '. « Cet accord,
X. Voir Annenes du tome III. Projets de forfaits de substitutioa.
2. A ce moment, Serbie et Roumanie songeât à adopter avec l'Allemagne des méthodes de réparations ep nature axialogues & celles qui sont examinées à Wlesbaden. • Ainsi, dit la Démocratie nouvelle^ les réparations vont être pour l'Allemagne une prodigieuse affaire. » « ColonisatLoa allemande temporaire 1 » s'écrient d'autres inqidets.
3. De sévères critiques furent élevées, en Angleterre, contre cet arrangement . On objecta que l'accord n'était pas ooaflnrme au traité de Versailles, n se oonçol t
déclare M. Ratheoau, a pour moi toute la valeur d'un symbole. J'y vois le début de la recpustniction écQuomique de TEur^pe. » De même, sigue-t-ou des waémoraodums anue^es, eutre autres le nP z, relatif au charbou ^ .
qu*iui tel an»i>geBi<iit oc pouvait êtrt agrCé^avoe cnHioiifliamfte par rAnstelore cqKVtatiice : en cette dicoostance, on alla mCme jusqu*4 imaginer, outre Hanche, la poHiblUté de grandi trusts fraaeo4lleinandS, oonuac oonséquenoe do l'acoûrd de Wicsbaden. </n dit que l'arnuigemeut I<oucheur-Rat)ieqau nous constituait un droit de priorité dissimulée. Après les signatures, la presse voulut t>len pourtant reppoMltrc que « tout déoonoertant que puisse être cet accord, quelque ofmosé qu'il soit aux dispositions du traité, il donne à la France ce à quel die a droit : la faculté de Toir ses rasions dévastées reconstituées de la seule façca possible. • (WtftmintUr GuftUf 8 septembre 1921.)
X. Ir'occasion nous est opportune pour résumer ici qudques précisions sur la quastian diaiboaniére, dcpwê oet6bre' 1930. A cette époque, le bruit court en Alkva^^pxt que la Ftanct Uvre à TAngleterre le charbon dr la Ruhr : le gouvermapcat allemand rassure les mineurs par un démenti. — I^a question de la socialisation des mines inquiète les 90s industriels et Hugo Stlaocs, leur « dief », qui, le 14 novembre, présente au Conseil économique d'Empire, un projet réduisant la sodaliiation à une rimi^e partidpation aux bénéfices. I^a PédéiaUoB des mineurs proteste contre ce qn'dle appdlc la « Stinnarisatton » des mines. — I«e is novepsbre, le docteur Simons, parlante Dussddorf, dédare que la production miiùére française a attdpt, en cbaiboa, son rendement normal I I<e ao, la GêttUt 4$ Voss pousse le cynisme plus loin encore :
> Si la France se plaint de la nécessité dans laqudle die se trouve d'importer du charbon anglais dont les prix sont élevés, nous- ne pouvons que faire remarquer qu'dle importtdt de même, avant la guerre, un million de Umncs de charbon cm^lais par mois. I^ stipulations du traité de paix ne laissaient en aucune iaço|i prévoir que la France avait llntenUoa de se libérer de cette nécessité avec l'aide de l'Aile-
I«e 28 novembre, le gouvcmament allemand prodoit une note dédarant que, par suite de la baisse anonnaie du Bhin, les liviaisoas de cbarbcn ne pourront pas atteindre, pour Le mois en oouis, las d^Sres fixés par raooovd 4a Spa. Vn antre obstade est le manque de wagons et l'enoombrcment des vdes ferrées en France et eu Belgique. — I^e 29, le ministre d'I^canomic d'Empire,' au Rddxstag, prétend que la France accumule des stocks énormes de diarbon, ôoat die n'a pas besoin. — Bxpéilttatis de diaiben allemand cm octobre 1930 : France, 1.530.334 tonnes; Italie, 373.864 tonnes; Bdglque, 365.^0 tonnes; lAixesiiboaig, i}fijooo toones (rdevé publié le 30 novembre). — On signale en France de nombreuses explosions de briquettes de lignite contenues dans le charbon provenant de la Ruhr (décembre) . — Expéditions de diaibon allemand en novembre r9ao : France, t.343.974 tonnes; Italie, 2i7>6o6 tonnes; Belgique, 325.351 tonnes: Luxembourg, xsfiJSjs tcainpi' — Le 6 janvier 1921, l'Allemagne fait savoir à la Irance que, non seulement eùe est hofs d'état de livrer les s.aoo.ooo tonnes prévues pour février et mars, mais qu'elle ne peut même pas exécuter en totalité les livraisons assumées à Spa. (La Commission des Réparations avait Cedt remarquer ladimiautiondans le total des livraisons prévues et notifié qu'à partir du 1" février les livraisons mensudles devaient être portées à 2.200.000 tonnes au lieu de 2 millions.) — Le 19 janvier, protestation de la Fédération des mineurs allemands contre la demande de l'Bnteate. Les usines Xrupp préviennent les ouvrisra qu'dle» devront «Mmer d l'AUmnagne cède •nr ce point — Le s février, le 0DwvemenM»t allemand psopoee de Uvicr, pendant six mcis, x.8oox>eo tonnes par oMis. — Expéditions de diarbon nllcawid en ianvierrt^f : France, z.oéo«o75 tonnes ;I!taUf,9is*»oxx tonnes ; bdglque »744>étonaf(» : Luxembourg, 130.113 tonnes. — Production du diarbon allemand en iàmiiêt : RvJjT, 8.J7f-8po toutes; Bauie-Silésie, 2.811.904 tpfmes. — Le ?9 W8^* l'Alle- CU4g0f se plaiÀt à la Coq mission dg» Repaya tions que la France revcAd une pvtje
Il nous reste à conclure en notant quelques « indices n (deuxième résumé) sur la situation des finances de l'État allemand depuis février 1921 :
I<e budget de 1921 contient, sans compter les chemins de fer, les postes et l'imprimerie du Rdch, tme dépense totale de 87 milliards 1/2. I^ budget ordinaire est en équilibre apparent, avec un montant de 47 milliards, mais il contient en réalité un déficit de 3.200 millions, à cause d'un chapitre qui apparaît comme recettes de Tadministration générale des finances, et qui devrait comprendre des revenais provenant du rdèvement d'impôts existants, de la création de nouveaux impôts et de l'élévation des tarifs de chemins de fer.
Dans le budget extraordinaire, il y a 40 milliards 1/2 de dépenses, dont Z0.600 milUons doivent être couverts par des reçûtes extraordinaires, tandis que le déficit de 29.900 millions doit être couvert par un emprunt. Mais les 10.600 millions de recettes extraordinaires comprennent 7.800 millions fournis par l'impôt extraordinaire sur les patrimoines (Reichsnotopfer). l/t pxxxluit de cet impôt est donc employé immédiatement à couvrir des dépenses courantes, et nous vivons sur notre capital, comme a dit le rapporteur.
I^ déficit de 29.900 millions, pour lequel on demande un emprunt, est accru par les subventions de 11.700 millions pour les chemins de fer et de 2 milliards pour les postes, subventions qui doivent être prises sur les ressources générales du budget. Dès maintenant, par consé-
du charbon livré. — En avril, le Vorwaerts publie la liste des entreprises dont Stiimcs a le contrôle. Parmi elles, figurent, rien qu'en charbonnages :
Administration des fosses Stinnes : Mathiaa Stinnes. Graf Beust, Eniestine, Friedrich Bmestine, CBroltis Magnus, Victoria Mathias, Vcrehiigte Welhelim, Schwarze Jun^.
Bockumer Verein fur Bergbau und Gusstahl Fabrik A. G. : Emschcr Friedrich, Friedrich dcr Orosee, Verelnigte Teutoburgia, Vereinigte Bngensburg, Vereinigte CaroUncn GlAck.
Deutseh Luxémburgisehe Bergwerks A. G. : Sophia Friedricka, Cari Friedrich I^bstollen, Bridchauso: Tiefbau Amatus, Raakenmulde, Ghiédcanf Tieibau, Hafenwinkel, Trcmonia tz Kruegcr, Julius PhUIpp, Damicnbaum und Eolenbaum, Fri«dlidier Nachbar, Kaiser Friedrich, Prins Rcgent.
Gtlsenhirchener Bergwerk A. G. : Brin, Castrop, Zoltcm i und zx, Westhausen, Vereinigte Hambrug und Franciska, Thies, Vereinigte Rheinelbe und Alœa, Stdn ond Hardcnberg, Pluto, Monopol, Grimberg, Vereinigte Germania, Hansa, Verginigte Boolfacius, Grille, Wilhefanine, Zecfae Diergaaxdt. (Reproduit par Bonsoir^ le Z3 avril zqsz, qui ajoute : « 1^ eoUei de l'Allemagne, c'est son diarbon. »)
Pin juillet, la Commission des Réparations établit que les Alliés auront droit, en charbon, à la même proportion de produits classés que les Allemands, eux-mêmes, et qu'ils pourront Caire des échanges pour les qualités dont ils estimeront avoir le plus besoin. — ]> z6 août, la Commission réduit provisoirement les livraisons de charbon pour tenir compte d'un déficit momqitané dans la production. Bile décide qu'il sera effectué, en première urgence, une livraison de z.ôoo.ooo tonnes à la France et au I^uzemboôrg (à répartir)*
qaent, le nouveau budget de 1921 oomporte un déficit qu'on doit estimet à 46 milliards 800 millions de maiks.
(1a Temps, 6 mars 1921.)
Eji avril, en xqiai, le goùyemement élabore de nonyeatix gfpj^s fisc^fix. ]^HJlë JxypoJ:hè$es iupp^^sisltante^ sopt publiées. — Le 24 mai, il est dit que les fecette§ de l'Empire (exercice 1^ avril 1920-31 mars 1921) ont ^Xj^t 45 milliards spp mi^ip^s cU ;^arks. — Le 2|5 vçLai, on çnvisage l'achat, en marks-papier, des bijoux et objets d'Qj: liéten^s par l/es paftfpffhejrs, aix^si que deç YSÎ^i^s mobilières; la création d^une taxie de coosommatioa sais le c4ïarbp|i, rinpt|t^tio^ ou le jrpj^y^igfst .4'ijfl.pôt|s ip4irects. — Le 20 juin, le Consdl d'Empire vQte ïS milUwds 4^ crjljdifs sijpçîén^ent^ires pouf l'exercice 1921. La situation devient donc : déficit tot^ du l)udgjet d» 1:92;» ppn cpmpris les çhemius de fer et postes, 49 milliards de marks. L^ u^puta^t d^ r|êpai:ationp ^^ p^r l'ultij^^tf^fp, soit 3 milliards 1/2 de marks-or, représente 53 milliards de iftarjcs-p^pier au cours du jpuf . Si I'qu ^iputé i piiUjaf d 1/2 de marks (obligatio^tis de paiement courantes eiiverç rpl^teute ei §i l'pi} tient cqmpte 4ç l'îiisîiffisance des exportations, on obtient : défiât total de 159 milliards de n^arks-papier, au cpuirç du jour, ppuf l'exercicp î*^ s^yril 192^-31 îU^rs 1922. — L'Allemagne achète de l'or : lelle paye tme pièce de 20 marks, 30Q iàiarks-papier (2S juin). — Le 6 juillet, le cbanc^ie^ Wi^h e^Rps^ §es p^rojets fiscaux: impôts sur le sucre, la saccharine, les esfiix-de-yie; taxes de consommation sur bières, allumettes, tabacs; drpits de dpuau^ çu? fruits, caf^s, tjiés, p|ipcp}at^, pbjets
(impôt î^wauié), \^ trauçaptipr^^ fiu^pi^rçs, s^f VaçÇ^Q^sejnent du capital, ^p. « Ç^s ;^ç|uveat{x impôts doivent rendre, dit-îl, 193 pailliards de mark^. » — L^ presse
combat §^^§ pitié pès prqjpt^ fisc^v^^, PU ivHet et qpôt.
(c Çpu^ qui pnt sigué l'ultimatum sont responsables de ces impôts monstrueux. » (Gazkie de h Cxoi^i 2q mv,%i)