‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 63 sur 92 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Pour traiter ce chapitre, nous avons adopté, dans notre tome premier, une méthode rapide, strictement chronologique, à laquelle, exclusion faite le plus possible de tout commentaire, nous croyons devoir faire id, une fois de plus, appel. Ne s'agit-il pas, somme toute, et avant tout de marquer im à un les coups heureux des Allemands, dans cette joute d'influences politiques et économiques où ils cherchent à nous désarçonner, chez les neutres, par tous les moyens, les plus louables, à leur point de vue, et souvent les pires, au nôtre?

En fin septembre 1920, l'Association des parlementaires nationalistes allemands adresse à la Société des Nations un mémoire pour se plaindre de l'oppression dont se disent victimes les citoyens allemands de Tchéco-Slovaquie. Et la presse tchèque réclame l'ouverture d'une « enquête impartiale » pour que l'inanité des réclamations allemandes soit étalée au grand jour. En réalité, les Allemands de Bohême jouissent d'une liberté bien plus large que celle qui leur était accordée par le traité.

Novembre, — Le i^, le pape reçoit les pèlerins allemands conduits par l'ambassadeur d'Allemagne et l'archevêque de Cologne qui parle en italien. Le Souverain Pontife est remercié pour « son œuvre de fraternité et de paix ». Le pape Benoît XV bénit ensuite tous les catholiques allemands. — La puissante Deutsche Uberseische Electricitatsgesellschaft qui possède ime grande usine à

Buenos- Aires, des tramways électriques à Montevideo et à Valparaiso, des chutes d'eau et des tramways à Mendoza, une centrale électrique et des tramways à Santiago de Chili, s'est convertie en société espagnole, sous le nom de <( Compania Hispano-ÂmericanadeKlectricidad» au capital de 100 millions de pesetas-actions. Son siège est à Madrid. — On fait observer, le 21, que la récente attaque contre notre nouveau poste de Rihana, au Maroc, est le résultat de la propagande faite par les chefs Âmana et Bélcacem, auxiliaires actifs de TÂllemand Kuhnel qui, pendant la guerre, dirigea l'agitation antifrançaise sur la frontière du Maroc espagnol.

Décembre. — Le ministre des Finances bavarois se rend en Suisse et y négode, pour le compte du gouvernement bavarois, un emprunt destiné à permettre l'achat de denrées alimentaires par la Bavière. — La Hollande ouvre un crédit de 180 millions de florins à l'Allemagne, pour l'achat de matières premières. La s<Hnme est remboursable en dix ans, au taux de 6 %.

Janvier 192Î. — A Berne, se réunissent trois ccmiités de secours suisses, en faveur des enfants de l'étranger. Parmi ces enfants, place est faite à la jeunesse allemande, qui soufiFre de privations, x>ar suite des difficultés économiques que traverse le Reich. — Dans toute la Suisse, la propagande germanique par le livre bat son pleip. Les mémoires de Ludendorff, de Hindenburg, de Bettimann- Hollweg sont envoyés, gratuitement, à un grand nombre de Suisses allemands. Le centre de cette action est à Bâle. — L'Allemagne exporte en Amérique du Sud un film, La Mort de Moia-tiari, où la danseuse espionne est présentée comme une héroïne admirable. A la fin, l'officier français commandant le peloton s'incline vers, le cadavre et baise la « victime » sur la bouche. Mata*Hari est comparée à miss Cavell.

Février, — Par les soins de la Banque Germano-Sud- Américaine (filiale de la Deutsche Bank), l'Allemagne achète des gisements de minerai de fer en Amérique du

a $8 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

Sud (Chili) ; elle négocie des achats analogues à Porto- Âlegre (Bré^), — M. Simons insiste, devantlaComtoission des Affaires étrangères du Reichstag, sur l'importance de l'étude de la langue espagnole, et st^gèie l'idée de la création en Âllems^e d'un institut spécialement affecté à l'Espagne et à l'Amérique latine. — Une société Orieità est fondée à Berlin pour le commerce avec les États baltiques. L'Osteuraische Handels Uoyd et la Dresdner Bank sont derrière cette affaire, laicicée au capital de 50 millions de marks.. — Accentuation de la campagne progermanique en Suisse. De nouveaux ouvrages sont envoyés gratuitement, dont la biographie du kaiser et celle du kronprinz. — A Copenhague, le gouvejrnement allemand achète, 405.000 coxironnes (environ 5 millions de marks-papier), un. immeuble, pour y installer les services de la légation. — L'Allemagne acquiert de vastes espaces de terrain en Amérique latine, et, malgré les stipulations du traité, elle exporte du matériel de guerre en République argentine ^

Mars. — Des terrains sont acquis, au Chili, par l'Allemagne, pour rétablissement d'une fabrique de matériel de guerre, sous le masque d'un S3rudicat métallurgique allemand qui ne prétend vouloir créer au Chili qu'une fonderie de minerai de fer. — Il se publie en Danemark des livres plus qu'indulgents sur l'attitude de l'AUems^e pendant la guerre, et à Berlin, on commence l'édition d'un journal de propagande en russe poiu: l'Burope orientale, ainsi que des feuilles en turc et en persan, pour l'Asie. — Les mensonges photographiques sont innombrables; on signale, le 25 mars, celui qui, provenant â^AQemagne, fut inséré par la revue hollandaise H$i Leven, et où l'on voyait le docteur Simons reçu aux Chequers par M. Lloyd George, fait inexact. •— Le 26 mars, le parti bourgeois du Wurtemberg et l'Asso-

I. I^ République argoitine, Invitée à prendre des mesures pour empêcher ce tfAflc, répondit aux Alliée, le 18 février z^ax, « qu'elle n'était pas iatéreaaée dans les stipulations d'un traité conda entre les autres nations ». C'était un refus d'acoéàcr à la requête des Alliés.

dation des paysans adressent au gouvernement de Stuttgart une motion où il est dit :

I^ ministre â'!État est prié d'intervenir sans délai auprès du gou- Tcmement du Reich afin qu'tme propagande intense soit commencée dans riatéiienr du pays comme à Tétranger, tendant à démontrer que r Allemagne n'est pas responsable du dédanchement de la guerre mondiale ou de son prolongement.

I/e 30 mars, la Epoca, en Espagne, attire Tattenticm des Alliés sur rintensiûcation des exportations allemandes vers la péninsule. I/' Allemagne crée des dépôts réexpéditeurs et des usines où Ton transforme les produits ailemands importés, pour les réexporter vers les pays de l'Entente, à l'état de produits finis. — L'Institut allemand pour l'étranger organise de plus en plus des cours de langues, des cours commerciaux, des conférences géographiques, destinés aux émigrants. Il a créé un fichier photograpliique des pays étrangers. — Le consortium Stinnes projette l'organisation, en Hollande et en Suisse, des bureaux d'informations pour la presse, excdlent moyen de propagande. — La Société cinématograpbique Vf a se spécialise dans la fabrication du film propagandiste.

Avril. — Les Allemands reprennent leurs menées au Maroc. L'agent Kuhnel reparaît à El Ksar et à Tétouan. Il renoue des intelligences avec les tribus situées en bordure de la zone espagnole. Il en résulte une certaine agitation sur le front d'Ouezzan. — On répand en Espagne des suppléments illustrés de la GazeUe de Munich, écrits en castillan, illustrés dé portraits de personnalités espagnoles, et destinés à établir, par leur texte habile, des liens entre l'Allemagne, l'Espagne et tous les pays latins d'Amérique. On s'y efforce de montrer avec quelle perfection dans les méthodes l'Allemagne travaille. — On signale qu'il s'est constitué : à Munich pour le Mexique, à Fribourg pour le Paraguay, à Berlin pour le « Sud und lifittélamerika», à Hambourg pour les « Langages et la cultuxe romane, l'Ibérie et l'Amérique », des instituts de

propagande. — Une troupe allemande vient de donner, au théâtre royal de Madrid, une suite de représentations des principaux opéras de Richard Wagner, A cette occasion, l'ambassade alleniande a reçu toute la haute société madrilène ^ — Après divers pourparlers et informations contradictoires, il est définitivement acquis que la Hollande ouvre à l'Allemagne un crédit de 4 millions de marks. — Il se découvre que la concession accordée par le Chili aux Allemands, pour l'établissement d'une usine (150.000 hectares, dans la province de Llanquihue, riche en minerai de fer), est effectivement attribuée à la firme allemande Krupp.

Mai. — I/' Allemagne fait distribuer au i^^ bataillon du 4® régiment étrangers (Maroc) un numéro de la BerUner Morgenposi, contenant un article intitulé : « Martyrs allemands de la légion étrangère. I^es souffrances dans le nid de fièvre marocain », et farci de fausses lettres que l'on prétend signées par des « engagés repentants ». D'euxmêmes, les Allemands de la Légion répondent au journal berlinois qu'il a imprimé des sottises. Voici un pittoresque extrait de ces rectifications :

Ce que vous cherchez à faire croire à vos lecteurs, écrit le soldat Hi B., est inimag&iable. Je vous plains sincèrement si vous croyez ce que vous écrivez... Je veux vous donner quelques indications sur le traitement que subissent, en réalité, les soldats du régime du Grand Déserteur appelé, grâce à Dieu, WUhehn von HohenzoUern. Moi, ancien adjudant de Tarmée allemande d'avant-guerre et qui ai combattu quatre ans sur le front allemand, je vous d& qu'à la légion étrangère chacun est traité sans exception selon sa conduite. Von fait ici mieux que dans Tandenne armée allemande pour contentet chacun... Ceux dont vous puUiez des lettres sont des bons à rien, des voyous dans toute Tacception du mot, des salopards (I^ausbuden, I^ehrbuden, Bengels), des enfants auxquels a manqué TéducaUon d'un père mobile. Remerciez le gouvernement français s'il prend ces ratés pour rendre des individus S£dns à la société humaine et à l'Allemagne. I^e dressage des recrues en Allemagne est bien plus terrible. Votre article sur le nid de fUore nous a tous fait rire.

A la fin de mai, doit se réunir à lyisbonne une Conférence parlementaire internationale du Commerce. La

(x) Bu mars X933« on jouera CmrmiHt de Biset, ea allemand^ à Madrid.

Stiisse, les États Scandinaves, la Hollande font savoir qu'ils n'y participeront pas, puisque TÂlleniagne n'y est pas invitée. — Une édition spéciale hebdomadaire de la Gazette de Munich est tirée, à Madrid, en espagnol, et on la trouve dans tous les kiosques. Elle est envoyée sans frais aux hôtels et aux cercles, ainsi qu'aux pensions de famille où se réunissent les étudiants. Barcelone seule en absorbe 50.000 numéros. En de nombreuses villes, des musiciens allemands donnent des concerts de leur musique nationale. I^es commis voyageurs allemands pullulent dans la péninsule. A la foire de Barcelone, les Allemands ont tenu la première place, occupé la plupart des stands (déjà en 1920, ils s'y étaient particulièrement distingués).

— I<e marché sud-américain est inondé de livres d'origine allemande par la société « Sodedad Nuestra Senora de las Angustias », qui a sa fabrique de papier dans la province d'Almeria (Espagne), et est subventionnée par Stinnes. — Dans le monde entier, l'Allemagne répand un factum de 16 pages où la France est représentée comme « le danger de l'Europe ».

Juin, — Thyssen équipe et développe les industries textiles et autres de l'Argentine. , — Au Brésil, les Allemands « financent » des agences qui informent tendancieusement les journaux, forgent des tél^ammes, et sont largement soutenues, en capitaux, par la Métropole. La France est accusée d'impérialisme et de militarisme; on dissèque le traité de Versailles pour le démontrer inexécutable. — Stinnes exporte les minerais de fer que l'Union RJiein-Elbe a acquis, dans le Minas-Geraes. Partout s'installent des banques allemandes. La Deutsche Zeitung reproduit des articles dithyrambiques du Correio da Manhâ sur l'Allemagne et l'immigration allemande au Brésil. Ruy Barbosa écrit : « On dirait que le Brésil de 1921 tendrait aujourd'hui à répudier le Brésil de 1917 ! »

— Et, puisque nous avons signalé cette action allemande en ancien pays allié, disons épisodiquement ce qui se passe en Roumanie.

Juillet, — La Roumanie, depuis 1919, a incorporé deux grands groupements allemands : ks 200.000 Saxons de Transylvanie et les 400.000 Schwabe du banat de Temesvar. Ces derniers sont d'irréductibles pangermanistes. Us servent de toutes leurs forces la propagande pro-Deutsch* land. I/'ÂUema^ne cherche à attirer les étudiants roumains dans ses Universités. BUe envoie à Sibiu des professeurs de Berlin et d'Iéna, chargés de c cours de vacances ». Â Bucarest, il y a des frères ignorantins allemands qtii dirigent des écoles. Le Uvre allemand est d'un extrême bon marché, les nôtres sont chers. On cherche à tout prix à renouer les relations économiques entre Roumanie et Allemagne. Les représentants des hommes d'affaires parcourent le pays, préparent l'avenir ^ On s'efforce de reconstituer les banques allemandes. L'agitateur Steré, ami de Lénine, veut créer un parti révolution*' naire, germanophile et fédéraliste. — On placarde à Montevideo une affiche célébrant le 50* anniversaire de la fondation de l'Empire allemand. — A Barcelone, en quelques jours, « les Allemands recueillent des millions de pesetas pour construire un immense lavoir mécanique, destiné à blanchir le linge des hôtels de la ville dont on s'est, au préalable, assuré la clientèle ». Une grande agence a été créée pour que les nations de' langue allemande fassent la publicité en Espagne. Elle a acquis un immeuble et s'est assuré la propriété d'un grand journal de Barcelone. Les Allemands possèdent déjà, à Madrid, la Nacion et El Dia. D'autres journaux, soudoyés par l'Allemagne, vitupèrent chaque matin contre notre action au Maroc ^.

Août. -— Une Commission allemande cherche,- dans la

X. I^ 34 s^tembre, on signalera l'arrivée, à Bucarest, d'agenttdeHugoStinncs chargés d'étiuliei; la situation économique en "Bnumanie. Us partiront v^ter toutes les régions du royaume, se mettront en relati(m avec d*autres agents indigènes qui préparent Tinfiltration allemande et qui déjà vendent des produits allemands, accessibles au commerce roumain, à cause du change. Cest un fait entre mille.

3. D'après M. Emmanuel Brousse. Ifi Journal, 2z juillet 1931.

région de Httelva (Espagney, tm point de la côte où il soit possible d'établir une « base » pout zeppelins destinés à voyager vers T Amérique du Sud. -^ Les Allemands sont allés voler à Java, où ils ont installé deux missions de propagande. A Batavia, leurs aviateurs montent quoti-. diennement plusieurs appareils. Ils se proposent d'ouvrir en cette ville une grande école d'aviation civile, contrôlée par trois officiers de l'armée des Indes néerlandaises. — Les Allemands fournissent à une certaine presse danoise les pires calomnies sur le rôle des Français dans l'Allemagne occupée. Le journal PolUiken est le mieux stylé, le plus nettement germanophile et antipolonais.

"Septembre, — Dans la Deutsche Revue de Stuttgart, le prince Max de Bade préconise Toffensive morale allemande, par une vaste propagande soigneusement préparée, pour démontrer l'innocence allemande quant aux origines de la guerre et obtenir, de ce fait, la revision du traité. Il propose, pour cette action, la création d'un institut spécial qui centraliserait les initiatives jusqu'alors dispersées : « Il faut remettre en honneur dans le monde la parote du peuple allemand. » — Le 22 septembre, à Kiel, cérémonie de « réparation » pour les deux vapeurs argentins coulés pendant la guerre par des sous*marins allemands. — Les germanophiles assurent, dans toutes les villes d'Espagne, que les Espagnols ont été battus par les Maures au Maroc, parce que des Français déguisés avaient pris place parmi les rangs des tribus rebelles. — A Barcelonei un prédicateur de l'Église de Bethléem, sur la Rambla, avoue qu'il a reçu de l'argent pour dénigrer les Français du haut de la chaire.

Octobre, — El Heraldo de Hatnburgo, paraisscmt à Madrid, intendfie son tirage. — Dans l'Est africain, les missions évangéliques allemandes réclament, en leurs prêches, le territoire de Nyassaland. — La colonie allemande mexicaine organisant une « journée allemande », propose à Mexico une statue de Beethoven. — Au Guatemala, on constate vf'^ ''' '"'•^n des compagnies

allemandes. — Au Venezuela, les commerçants du R^ch sont les neutres du marché. — Au Pérou, ils ne se connaissent pas de rivaux, pour un bon nombre d'articles. — Au Chili, ils battent les prix français, anglais et nord-américains. Dans l'armée chilienne, dans les transports, dans diverses administrations d'État, les Allemands abondent. Mêmes constatations en Argentine, au Paraguay où l'emprise est complète. — En Uruguay, le Cercle allemand rouvre ses portes.

Terminons ce chapitre par quelques constatations annexes et qui ont leur utilité.

Il y a, bien entendu, une ardente propagande allemande aux États-Unis. On imprime, en octobre 1920, que la maison Zeppelin a décidé de transporter aux États- Unis la fabricaticm des ballons dirigeables interdite en Allemagne par le traité. Ce n'est peut-être qu'un « ballon d'essai», mais il définit un état d'esprit et laisse entre voir une possibilité. — Le 22 octobre, le correspondant du Daily TeUgraph à New- York annonce qu'un ^oupe de banquiers américains élabore lui ^projet permettant à l'Allemagne d'obtenir un crédit de ^00 millions de livres sterling. I^es biens allemands aux Etats-Unis, — encore sous séquestre, — serviraient de base pour ce crédit. — Les Allemands ont soutenu, depuis la signature du tr^té, dans tous les milieux américains, la thèse que leur pays ne pourrait jamais payer les indemnités réclamées. Trop de gens ont eu la faiblesse de les croire et trop de journaux leur donnent rai^n. — Le iS décembre, M. Madden déclare, à la Chambre des représentan;ts d'Amérique, qu'une proposition sera prochainement faite au Congrès pour la concession à l'Allemagne d'un prêt d'un milliard de douars destiné à subventionner le commerce avec les États-Unis. — Au début de janvier 1921, les agents de la propagande allemande font cofirir le bruit que la France

l'aj,i,emagne et lk^ neutres 265

se prépare à envahir le bassin de la Ruhr. Le gouvernement français dément cette fausse nouvelle. — « Pour l'Allemand, la guerre n'est pas finie; privé de ses armes, il a maintenant recours à un engin bien plus redoutable : sa propagande a la force d'une armée gigantesque et, de cette force, il sait faire usage auxÊtats-Unis,àun point qui va bientôt provoquer le d^oût des Américains... lue point de vue français n'est pas représenté. Les intérêts français ne sont pas défendus aux États-Unis. Une contreoffensive s'impose ^ .» — L'Allemagne est très désappointée du message du nouveau président Harding, et dit, par sa presse hypocritement affligée, qu'elle n'a que très peu à attendre des États-Unis. — I^e 30 avril 1921, le Sâiat américain vote la résolution Knox, par 49 voix contre. 23 : résolution constituant une simple déclaration marquant la fin de l'état de guerre entre les États-Unis et l'Allemagne. — Les films allemands propagandistes ne sont pas toujours bien accueillis par le public américain. Il est fréquent qu'on réclame leur suppression du programme. Les plus acharnés à demander leur interdiction sont les anciens soldats américains qui ne tolèret^ pas d'y voir les Français insultés et calomniés. — h* American Légion oppose une vigoureuse résistance à cette offensive d'un genre nouveau. — Le 8 septembre, VEvening Standard annonce qu'un plan important pour l'ouverture de crédits à l'Allemagne est en projet aux États-Unis. — « L'Allemand n'a pas besoin d'être poussé à conspirer, il est un consjHrateur né », affirme M. Robert Underwood Johnson, ancien ambassadeur des États-Unis en Italie. (Xe Matin, !«' septembre.) — Dans l'État de Nebraska, les Allemands cherchent à s'emparer des écoles; les professeurs parlent l'allemand en classe, les prêtres utilisent, en chaire, la langue allemande. La Platte DetUscher Verein, de Papillion, refuse de modifier son nom (octobre). Au Japon et en Chine, active propagande allemande.

t. Freaee amèrlcal

— Le 2 octobre 1920, à Tokio, le chargé d'àflfaires d' Allemagne prononce un discours dans lequel il élève une protestation violente contre le traité de Versailles. — On excite par les pires moyens Tanimosité du Japon contre les États-Unis. — ^ On exploite habilement le courant des idées pacifistes pour attiser les rivalités des partis. — L'Allemand docteur Soif est l'un des principaux i^ents de la propagande, surtout dans les masses populaires. On se demande, à l'entendre, « si vraiment l'Allemagne a perdu la guerre », on quête, sur son conseil, en faveur de l'Allemagne appauvrie. Un magnat de Tokio verse 100.000 yens en or « pour sauver la science allemande persécutée ». — On aigrit la -discussion nippo- américaine concernant l'attribution des câbles allemands et celle de l'île de Yap. — A Shangh^, les Allemands construisent une école d'ingénieurs, y installent tout le personnel expulsé du Chan-Toung, au début de la guerre, par les Japonais et, dès avril 1921, y accueillent 800 élèves. — Le 20 mai,. un arrangement sino- allemand met fin officiellement à l'état de guerre entre les deux pays. Cet acte restaure les relations commerciales sur le principe de la réciprocité : le gouvernement chinois cessera la liquidation des biens allemands séquesttés, remboursera le produit des biens liquidés et abolira la réglementation concernant le commerce avec l'ennemi. Sur ces bases, et de leur propre aveu (presse berlinoise, 22 juin), lies financiers et hommes d'affaires allemands entrevoient la possibilité de prendre un jour, sur le marché chinois, la place des commerçants américains et anglais.

En septembre, les Allemands, employés, avant la guerre, dans les douanes, postes et écoles* chinoises, réclament leur réintégration et prétendent toucher leurs appointements pour la période durant laquelle ils ont été suspendus. Les plus âgés se croient en droit d'obtenir des pensions du Trésor chinois.

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