X. G««vain. Journal des Débuts, 3 janvier
a. t nfaut fa^ilinaiçttre yç/mçBiiixm m^^ Ml^tmP^ «t F«ançe. • (I^d^ig Haisaqmug. Dm Neui Europa, 3 pmvitr 1921.) « I«e bon sens et la loyauté nous oonaandent de nous entendre avee la France. Noos sommes ses déUtcors. Nous dfvwt fmmmMn «ttw dctt*. » (âotteur Klaiftld, mai||lif« du parti àémoamtt. TMgiétMti de Cologne, 38 janvier.)
(voit le Chapitre des Indemnités) *. On voit se constitaer en France on ministère Briand, et l'on cherche les moyens de lésiner avec Briand comme on a épilogue avec Leygues. Le nouveau ministre déclare que son pays ne poursuit pas de vues impérialistes. Les journaux allemands traduisent : <t On ne doit pas oublier que Briand suivra la voie qui lui a été tracée par Millerand. » (Deutsche AUgemjine Zeitung.) « Barthou sera le levier qu'on fera jouer contre l'Angleterre, et Loucheur celui qu'on dirigera contre l'Allemagne. » (Deutsche Tageszeitung) « Briand s'est entouré de nationalistes avérés. La classe ouvrière allemande peut voir par là ce qui l'attend » (Varwaerts,) Il faut gagner du temps» pense tout Allemand, fût-il de ceux qui aiment fort peu la Prusse. A chacun il plaît d'entendre dire que « le pas de l'oie (Paradeshrikt) a appris atix hommes à se sentir les coudes » (Congrès monarchiste de Potsdam, janvier). Le pas de l'oie, c'est, à le bien regarder, un pas boiteux, et c'est celui de l'Allemagne devant le traité. Il est x>ossible que l'on se dispute et que l'on se batte au Reichstag (26 janvier) entre socialistes majoritaires et députés bourgeois' : on se retrouve ouvertement ou secrètement d'accord pour mettre, par des votes compacts... et platoniques, le traité en échec. Les associations secrètes pullulent à Berlin et ailleurs. Leur centre, dans la capitale, s'appelle « Direction du mouvement de protestation contre le traité de Versailles ». Le gouvernement prête à ces associations un appui clandestin.
La Conférence de Paris (voir plus loin) permet au docteur Simons de se faire applaudir par l'unanimité du Reichstag, le i^ février 1921, lorsqu'il déclare que les dédions prises rendent impossible l'exécution du traité. On le supplie dé ne pas démissionner : « Nous ne pouvons
I. Ainsi «lae, dans le tM^éfcnt diapitre : Oonfénncei de Bruzdlcs (t*) et de Paxis.
a. Diicuflaloii du budget du ministère de la Justice. Nofmrdle bataille, le aç, pour le budget de la MÛdat.
consentir à discuter sur ces bases », dit la TaegUsche Rundschau. La Deutsche Zeitung parle des « folies de Paris »\ Tous Icfs États allemands protestent. Munich ferme vingt-quatre heures ses Universités en signe de réprobation contre les < exigences malhonnêtes de l'Entente ». Les ouvriers d'Bssen partagent la volonté du gouvernement de ne pas céder aux décisions de Paris. « L'Allemagne a parlé », atteste la Germania, Ainsi, dans ce duel financier, TAllems^e recule dans Tespoir de nous épuiser. C'est sa tactique sur tous les terrains. Après la Conférence de Paris, on se hâte de préparer des contrepropositions, pour l'entretien de Londres, spécialement en vue de l'abrogation de la taxe de 12 % sur lés exportations et de la réduction du nombre des 42 annuités
I. La nge allemuide, mptès la Conférence de Faiis, le traduit par des titres tyrimMA, dam les oommentairet de la presse : « Le triomphe de la Démence. — La Partie de Poker de Paris. — Paris jûbUe I » (Deutsche AUgtmHns Zeitung.) — « 4a ans de servitude financière. — La sentence de mort de Paris. — L'esécuteur des hantes œuvres. » (Kàlnisehe Zeitung.) — • L'Allemagne et Carthage. ■ (SekwiMacker àferkue.) — « Le crime mondial de Paris. -— Les bourreaux de l'Buope. • (Poet.) — « Le bluff colossal de Paris. » (Deutsche Tageueitung,) ~ € Le plan de spoliation de l'Allemagne. » (Kreusseitung), — « La Valse des milliards. ■ (Ffënhfurter Zeitung). — • Le monde rmversé. • (Vonmerts.) — • Faisons comme pour la liste des coupables. Répondons non », oonseUle le Courrier de Hanovre. Ccst dans tout le Reich une ezplosioa d'injures : € Fms furieux, usuriers, soldats des Dragonnades I Fumeurs d'c^ium IMattrcs-chanteuis 1 Négriers 1 T<ia^tMiA> I ■ : ce ne sont la «lue q^^ques-uncs des éplthéte^ qui nous sont déconées. « Nous ne vonkms pas devenir une nation de cooIks diiaois ; écritle d^té Wcllhausen, dans le GeneetU Anseiger. Par contre-coup, on se reprend à détester les Anglais et les Italiens. M. Ll<^ George est un « faux bonhomme » et le comte Siona est « le digne minbtre de cette Italie qui a trahi l' Allemagne en X9r5 ». Les boutgeois de Berlin conspuent une commission belge. Le 7 février, à Munidl&, le colonel von Xyland^ fait répéter aux gardess civiques ce cri : « Plutôt la mort que l'esclavage t » A Ld^ig, von Lcnner prêche la résistance devant un immense auditoire. A Mayence. Tassodation des fonctionnaires s'élève contre 1* « absurdité du programme de Paris ». Les journaux de Ccdogne font un appel à l*unité nationale contre l'ultimatum du 31 janvier. Les chambres de oommeroe adhèrent au mouvement et votent des résolutions énergiques. Les syndicats socialistes et dir^ens dénoncent l'Intente aux ouvriers du monde entier; Us sont soutenus par les ligues et orgai^tions professionnelles. Le prince Max de Bade constate : • Des oonditiflns impossibles nous sont imposées afin que les sanctions dont on nous moiaoe soient mises à exécution. Plutôt rentrée des Français dans la Ruhr que l'obligation de léguer à nos petits-enfants les chaînes dont nous sommes chargés. » La ligue des importateurs de la Hanse décide de boycotter tous les produits français. — Le X4 février, la Deutsche Zeitung (Berlin) reproduit une page d'un historioi allonand relatant les Vêpres siciliennes et le massacre général des Fiançais en SicUe en xsSs. Le même jour, A Magdebourg, Heinse, vIceKshancdlcr du Rcich, s'exclame dans une réunion électorale : « Le moment est anivé où Ton ne peut plus continuer A observer le traité de paix ». On le volt, toute rAllcmagne conjugue le vcbe schimpien, se mettre en colère.
2è HlSTOIliE DP6 VIOI^ATIONS DU TgAïTé pË PAIX
(voir pour 1^ détail», portérieuf ^jnent) . Aux acrimomes, o^ mêlçi le seatimeot : le tniiiiftre dç Jlntérieur prie 1&. PQpvilaticm de xmoîxcm atuç fêtes du qjiruaval, « car la situation du P^ys a^ trè3 grave 9. C'e$it dans ces dispositionp d'esprit qu^ TAUeroagne reçoit l'invitation offiqjçlîe ^ là CouWreupe dç ïyondre» (21 février) . Aux violences du premier iurtant succède l^ thèse que rAUemagne doit aller à I^ndres pour discuter les propositions des AlKés sur un pied d'égalité. Notous qufe, cette fois, la France semble pouvoir bien augurer de la bonne volonté de M. Woyd George. I^e 5 février, à girmingbam. il établit, en substance, qui^ ^ la France a le drpit d'être payée, l'Allemagne est capable de payer, les Alliés ne permrt^ tront pas que l'ex^ennen^i retourne à la politique de 1914 ». Le blufï allemand n'en continue pas moins. Nationalistes et revanchards font vme belliqueuse propagande. l,e% meetings se mulripUeut. %i^ comte von groelçdorff.
Rantzau, interviewé par le Poliiiben (danms), s'exprime ainsi : a. Les classes ouvrières allemandes ont compris que Jes conditions des Alliés auraient pour conséquenes de les réduire à la misère. Notre peuple est tout entier derrière le docteur Simpns. Or, Simous ^cepte d'aller h Jvpndres ^ rmet au net ses cpntre-prtroositions. il espère,
dit-on, que les Êtat6*Unis mettront des bâtcms dans les roues et contrarieront les vues alliées. Quoi qu'il eu spit, il proclame qu'il ne cédera p^§ « d'nn iota >», Néanmoins, on baisse le ton. « Chacun sait en Allemagne, avertit la Tae^Usche Rundschau, qu'on ue peut pas, dans les circonstances préseutês, esquiver un certain payement. Pourquoi ne point le reconnaître? » La montagne accoueberait^etle d'une souris? Serait-^ce un revirement? Non certes, mais J'beure est revenue de ftwasser, et la tempête s'éloiçne. On se risque encore à dire : « Nous n^rous à Londres que sous la réserve expresse qu'oi;x négociera nos coutîreprpposirions, » Le tout eîjt.df? savoir ce qu'elles seront : « Ce que nous offrirons ne serapas peu de chose ^, révèle énigmatiquement le docteur wirtb, ministre d'Empire
des Finances, dans uù discours qu'A pîDûoïice à Btêtne, le II février, tandis que M. Sifflons entreprend une tournée et prend la parole en diverses agglomérations, où il Ctitique las décisions de Paris, pour se faire la voix*.
Le 13 février, M. Beîgmann, secrétaire d'État allemand, apporte à Paris une « communication relative au paiement des réparations ». Au moins le croit-on : ce n'est qu'une fausse joie : il ne vient que « pour affaires courantes ». On ne saura rien des propositions Simons avant la conférence.
Entre temps, ont lieu les élections à la Chambre prussienne. Elles manifestent un glissement vers la droite, tant dans les partis ouvriers que bourgeois. La Deutsche Tageszeitung constate « le désir d'tine politique d'ordre » et « le début d'un assainissement du peuple prussien ». Le parti nationaliste gagne du terrain. Indépendants et communistes battent en retraite. Centrfe et démocrates conservent leurs positions. « Le prolétariat allemand s'est détourné de la révolution » (Gazette de Francfort^),
La Conférence de Londres commence le 21 février. Nous en exposons les débats, par ailleurs. Mais avant d'aborder les Conférences, faisons place ici à un incident asse2 remarquable. Il date des derniers jours de janvier 1921. A ce moment, M. Hans Wehberg, qui fut délégué allemand à la Conférence de la Haye, publie une brochure intitulée Wider den Aufruf der 93, histoire du fameux manifeste des 93 jugé par ses signataires. L'auteur, qui est professeur de droit public, prend position, avec courage
I. Le disQoim de Stuttgart contenait ces i^irases coupantes : « J'ai dit au Reidistag que les propositions de nos adversaires ne peuvent pas être discutées en Allemagne. Je «n'en tiens là. Après mare réflexion, je dia : « De cette façon, ■ cela ne va pas ». I^es dédsions de Paris doivent être remplacées par des dispositioas meilleureB. » Mais xUaintenant, la plupart des joumaïuc d'outre-Rhin craignent les effets d'une attitude trop intransigeante. Us s'efiralent visiblement quand rotateur déclare, à Carlsruhe, qu'il soutiendra sans défaillir l'assaut des Alliés et ajoute : « I«es dédaions de Paris portent atteinte à la Constitution alle^ mande. » ^
3. tfi nouveau X^andtag pryssien comptera 491 députés : majoritaires : 1x3; démacrates : a6; centre : 90; populistes : S7: nationalistes : 73; parti éoonoifaique : 4; Indépendante : 28; comtnunistes : 30. .
30 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TKAITi DE PAIX
et dignité, coi^tre le manifeste mensonger. II a rkiaiiifl^ aux signataires encore vivants quels étaient leurs sentîntots' actuels concernant ce qu'ils avaient écrit et approuviâ^ Seize seulement déclarent n'avoir pas changé d'opinion : le musicien Siegfried Wagner est parmi ces irréductibles menteurs. Certains reconnaissent avoir signé par surprise, tel le théologien Schmitdlin qui condanme ce « maJheureux et absurde document » au pied duquel il a laissé ajouter son nom. D'autres ont agi par unique souci de donner à leur pays une marque d'attachement. Le chef d'orchestre Félix von Weingartner dit qu'il a souscrit « innocemment ». Tels encore parlent des erreurs du « délire patriotique ». On est loin du catégorique Es ist nicht wahr de 1914. Chez ces rares Allemands, touchés d'un certain repentir, la voix de la conscience s'est substituée à l'autorité du mot d'ordre.
Conférence de Bruxeixes. — Invités à y participer, les Allemands ont dit : « Nous n'irons qu'à la condition que la discussion des experts soit uniquement une préparation en vue de la Conférence de délégués munis de pleins pouvoirs, qui doit avoir lieu à Genève. » I^'objet essentiel de la réunion est l'examen du problème des réparations : fixation du montant de la dette allemande et modalités de paiement de l'Allemagne. Comment serons-nous payés? Nous allons prendre connaissance des propositions de Berlin, si l'on veut bien nous en faire qui soient suffisamment concrètes, ce qui semble peu probable, à en juger par les « réserves » que l'on oppose à la discussion avant même l'ouverture des débats. On criera évidemment misère : c'est un refrain connu. Nous devons nous attendre aux arguties de détail. Le 16 décembre, M. Schrœder, secrétaire d'État, présente en effet un exposé de la situation financière allemande, puis le président de la Rdchbank, M. Havenstein, fait de son pays un tableau lamentable au point de vue économique. C'est la politique du pire, jouée devant un coffre-fort vide. M. Bergmann, chef de la délégation, assure que son
pays est. dans l'impossibilité d'effectuer deè paiements en espèces, mais s'dOforcera de « réparer en nature >\ Bt déjà, en France, on objecte que l'invasion des produits fabriqués allemands nuira à nos industries nationales. D'autres répondent : « Préférez-vous n'être pas payés du tout? » C'est une question qui prendra beaucoup d'ampleur, dans le cours de 1921. En tme autre partie de cet ouvrage (U Allemagne économique) nous la mettrons en pleine lumière. Le 21 décembre, on semble, à Bruxelles, être arrivé à une sorte de mise au point d'un plan d'ensemble. On parle d'un plan ingénieux qui ferait participer les Alliés aux réparations, tantôt en nature, tantôt en espèces ou aux deux à la fois : méthode facilitant les exportations allemandes et propre à aider au relèvement de son change. Mais rien n'est encore précis. L'Allemagne, ayant paru montrer un peu de bonne volonté, demande aussitôt une compensation, timidement réclamée il est vrai : restitution des biens séquestrés et d'une partie de la marine marchande, traitement de la nation la plus favorisée, réforme des offices de compensation. C'est beaucoup d'exigences. Le lendemain, on y ajoute : réduction des frais d'occupation. Avant de conclure, on se sépare, pour réfléchir de part et d'autre. On se réunira, dit-on, le 10 janvier 1921. Dans l'intervalle, les spécialistes des deux camps prépareront des argtunents. Mais un ajournement surgit : les experts allemands ne peuvent terminer leurs rapports pour cette date*. Conférence de Paris ^. — La question des répara-
X. Ta CoaSéxoïOt techaiqac de Bnscdles ma les réparations fut flualemcnt ûioaxaét au lendemaiB de la Conférence de I^ondres, après avoir été différée du ro janvier au 7 février. Ainsi restait en suspens la question de la proportion des paleoMnts en espèces et des paiements en nature, dans les réparations allemandes Dans Topinion de l'expert germanique Bexgmann, il était difficile de discuter ces modalités avant de s'entendre sur le paiement lui-même : U convenait donc tooint de vue allemand) de se réunir à Z^ondres, tout d'abord, pour essayer d'adoudr les « rigueurs » de la Oooféreaoe de Paris.
s. I^ jour de la première réunipa des déléi^iés {24 janvier xpsx), le journal VŒuvre imprime en manchette : « Void plus de vingt mois que fat signé le traité de Versailles. Les Alliés se coocerteat de nouveau ce malni pour essayer d'en tirer enfla quelque chose. » Dés l'ouverture de ses travavi; la Conférenec de Paris décide la rtualoa à X^oadsn, à uae date très prockaiae d'une OoaférMei de
tions, « la plus urgeûte et la plus délicate », écrit le Tiitus, figure au ptogrammê^ ; « c'est maintenant que doit être fixé le montant à payet par TÂllemagne ». Et le fflorûent est venu de régler la façon dont elle doit l>ayer. D$s les premières discussions, appardt une tendance â exiger de l'Allemagne une somme globale d'environ loo milliards de francs en un certain nombre d'anntdtés : cfe serait l'adoption du système forfaitaire. tJne solution ftançaise tendrait plutôt à fixer le montant de l'indemnité et les modalités .de paiem^ent, dans le cadre d'tm système d'annuités extensibles en fonction du relèvement de l'Allemagne. M. Lloyd George reste partisan très résolu de l'évaluation forfaitgure. Le 28 janvier, on s'accorde sur ces données : L'Allemagne devra verser :
2 annuités de 2 milliards, 3 annuités de 3 milliards,
3 annuités de 4 milliards, 3 annuités de 5 milliards, 31 annuités de 6 milliards, soit 226 milliards, plus une taxe de 12 % sur ses exportations. Les délégués aUemands entendront bientôt, à Londres, cette décision et seront invités à y souscrire. Préalablement, ils auront été convoqués à Bruxelles pour procéder à la mise au point de détails pratiques non envisagés à Paris.
On a lu, dans les pages pr^édentes, le récit des fureurs allemandes et les véhiéments commentaires Sur les « folies de Paris ». Le i^^ février, le gouveriiement et lé Reidhstàg repoussent le projet de concordat arrêté à Paris erltre les Alliés et l'Allemagne, Mais M. Simons, lui aUssi, tempérera ses colères, quelque appui que lui donnent la presèe et l'opinion en son pays ^.
délégués alliés, avecla paftidpaticm de représentants grecs et tttfcs, en vue d'aboutir au Kglement des qneiitions â*Orient<
X. ttà. question du désarmement y lut, de même, étudiée. (Voir Annexa.)
a. Les récriminations d'outrcliliin trouvèrent un retentissant édio en Grande* Bretagne. M. J.-M.,Kéynes, éccnomiste toitanMqtie, publia, à propos de la Conférence de l^aris, un long facium dans le Manchester Guardian^ sous le titre : « Variations absurdes sur un dbilEre impossible ». A entendre l'aldeur germano|>hilë, la taxe de Z2 % était ridicule. I^es iUlemands avaient le devoir de &e défendre énergi<|uemâit, kX/mâfts, contre 1' « inintelligible jargon de cauchemar », que coiistituaU, daik sop ensemble, ladèdston de Paris^ (»multanément, Keyfteà publie aux ^ts-Unis un retentissant aHide intitulé Le iraUé mort, 6û û s^apitôye sur
CoHFÉHBîJCE DE LoNEiiUîS. — Elle g'puvTe U 91 téynts 1921 (cmqnième anniveiEaire de l'attsgiw des AUetnands davant Veidun) et die a un double o^et : légler la situer tion orientale' ?; résoudre la question des réparations. Sur ce second pqjnti ^'-^^^WflPi^ ^ l^t coqnaitre (*fW pt çrbt qu'elle ne s'inçl)nerait pas devant les décisions de Paris. Après examsi des qiiestiftus gr^o-turques, la. Cpiwnisr sion des RfEaf^tions commi^iiqqe un t^l^leau résumant les Téclamatioiis de dommages airêtées définitivement au 12 février 1921 (voir 4»Wf^)- Ce dactiflieut; intervient à propos ail moment où l'Allemagne s'apraéte à téagii contre la décision de ses juges en matiàre de lépa* rations. La délégation ^lepta^èe compTend wne sajx^; taine de meffllîre^ : elle est présidée par le p' Simons, ministre des ASaires étrangàres, qui vient de fulminer encore devaat le CflRseil écopopiiqtte du Rejcli. A la Conférence, le ministre ^leptand arg^e le « cas d'ifppp&t sibilité », demande qu'on ramène a trente années les délais de paieîpept, estJqip qw? l'ÀUem^giiB »y^t 4éj4 payé 20 milliards, ne redoit plus que 30 milliards. Il propose un en^pnint international de S milliards, — |)our cammencer, — doot l'Allemagne assurerait les garanties et l'aaiqrtissement. Ces propos singuliers font sourire. Le texte officiel des contie-piopositioiis stupéfie par son impudence (voir vlanearas, lésiuné des contie^pTOPPàr tions alleRiapdes] . M. Ijloyd George traduit l'impression unanit^e en disant : u Si on laisse continuée Simons, dans
cinq minutes, c'est nous qui devrons de l'argent aux Allemands. » Les contre-propositions ne seront même pas soumises atix experts Ml va falloir frapper vite et fort :
X. Xft. commission des cxperti foit ressortir l'absurde prétention du gouverne ment allemand de capitaliser au taux de 8 % les annuités fiâtes de l'arrangement de Paris, alors qu'U n'hésite pas à proposer en même temps que, sur le montant de sa dette envers les AlUés, l'intérêt à servir par lui soit fixé à 5 %• I^ commission conclut : « Dans ces conditions, te dette extérieure altemande, qui est restreinte à l'obligation de riparer, n'atteindrait qu'un faible pourcentage des dettes extérieures que les Alliés ont dû contracter pendant te guerre. »
I^ Tm$Ps du 2 mars fait, du règlement laôposé par l'Allemagne, une cntique lumineuse que nous croyons devoir reproduire intégralement :
« Combien l'Allemagne ofire-t-dle de payer? . « Fendant chacune des cinq premières années, elle verserait :
« X» Uine annuité équivalente à un milliard de marks-or, payable principalement en nature;
« 2« Vintérêt d'un emprunt qu'elle contracterait dés maintenant, pour se procurer un capital de 8 milliards qui serait remis aux Alliés. , ^^ «^
« En supposant que l'emprunt en question soit émis à 8 % et au pair, les intérêts annuels s'élèveraient à 640 mllUons. Pendant une première période de dnq années, l'ensemble des versements allemands n'atteindrait donc qu'tm milliard 640 millions de marks-or par an.
« Au bout de ces dnq années, U s'agirait de savoir comment l'Allemagne paierait le reste du capital (30 milliards de marks-or) dont M. Simons a parlé; 8 milliards étant déjà versés, die demeurerait redevable de 22 milliards encore. En outre, ces 22 milliards ayant produit un intérêt annuel de 5 % pendant dnq ans (soit x.ioo millions par an) et l'Allemagne n'ayant payé sur ces intérêts qu'une somme annudle d'un milliard, la dette allemande se serait accrue de 100 millions par an, pendant cinq ans, sans intérêts composés. EUc s'élèverait donc, en tout, à 22 milliards }^ de marks-or.
« Supposons que l'Allemagne verse aux Alliés, le i" mai 1926, le produit d'im nouvd emprunt qu'dle contracterait : emprunt de 10 milliards, émis au pair portant intérêt à 6 % et amortissable en vingt-cinq ans. Supposons que 1 Allemagne commence également, à la même date, l'amortissement en vingt-cinq ans de son premier emprunt de 8 milliards à 8 %. A ces diarges, ajoutons les intérêts à 5 % des 12 mUliaids % qui resteraient dus aux Alliés. Vaddition faite, on trouve que le total annuel des versements à effectuer par l'Allemagne (intérêt et amortissement des deux emprunts émis, plus intérêts du capital restant à payer) n'atteindrait eûcore que 2.187 millicais de marks-or.
• Admettons maintenant que l'Allemagne, dont le crédit se relèverait évidemment d'une manière rapide, emprunte à 5 %, le i»* mai 1931, 12 milliards % qu'dle verseral,t aux Alliés pour achever de s'acquitter envers eux. I, emprunt, Âmw au pair, serait amortissable en vingt ans. Quel serait le total des sommes à payer par l'Allemagne, pendant chacune de ces vii^t dernières années, pour l'intérêt et l'amortissement des trois emprunts qu'dle aurait contractés? Elle paierait 2.535 millions de marks-or par an. , x. j
« Récapitulons : dnq versements annuds de x.640 millions, dnq autr^ de a.157 millions, et enfin vingt autres de 2.535, voUà qui fait en tout 69 milli^ds et 685 millions. Encore, n'avons-nous pas adopté des suppositions particulièrement avantageuses pour l'Allemagne (nous aurions pu imagina:, par ex^ple, que l'emprunt 8 % serait converti après qudques années, de mamère à réduire la charge des intérêts). M. I/judicur disait hier après-midi, après un examen sommaire, que les propositions allemandes n'atteignaient pas le quart « ce <nie les Alliés attendaient de leur concordat du 29 janvier. I*es chiffres qui précèdent ne contredisent p<^t ce jugement.
• Pendant les trente années où le Rddi allemand {60 à 80 mUUons d'h^itahts) verscratt ahisi ses modestes annuités de x.640 à 2.535 millions de marksor4 a France (quarante et qudques millions d'haWtaats) aurait à r^)arer ses
les sanctions vont jouer. On dit, dès le soir du i®' mars, qu'elles porteront sur les points suivants :
1^ Fxéièvement de 50 % du prodtiit des ventes de TAlleinagne dans les pays alliés. (Ce moyen de contrainte aurait été préconisé par M. I^loyd George);
2^ Etablissement d'un régime douanier spécial qui séparerait, au point de vue économique, la rive gauche du Rhin et le reste de TAUcmagne;
3<> Occupation des ports charbonniers de la rive droite du Rhin.
Quant à la saisie des douanes en Allemagne, on n'y aura recours qu'en dernier ressort.
Un prochain avenir démçntrera si ces pronostics sont tout à fait exacts : on verra alors la part qui sera faite aux sanctions militaires. La presse allemande soutient le ministre, et la Deutsche Zeitung en S5axtliétise le ton sous cette formule lapidaire. « Jamais un peuple n'a essayé avec plus d'abnégation et d'esprit de sacrifice d'expier les péchés des autres peuples »(!!).
Le 3 mars, M. Lloyd George fait savoir que « l'exposé allemand constitue un défi très net aux conditions fondamentales du traité de Versailles et ç[u'il doit être envisagé
dommages aux biens (valeur totale au jour de la destruction : plus de 34 milliards >^ as, &ancs'<v; valeur de remplacement, une fois et demie ou deux fois autant, toujours en francs-or). I^a France aurait à porter la charge des allocations déjà payées (13 milliards de francs-or). Glle aurait à acquitter les pensions (dont la capitalisation représente 60 milliards de francs, à cours variable) et à payer encore quelques autres milliards pour des charges incombant à l'Allemagne, — sans compter natturellement les frais de guerre proprement dits, qui ont entrsdné une énofrme dette extérieure. En somme, pendant trente ans. Ton assisterait à ce contraste : le peuple allemand, qui fut l'agresseur, s'avancerait porteur d'un très modique fardeau, tandis que le peuple français, qui fut la victime, cheminelait péniblement sous une charge colossale. Ce serait un spectacle bien encou* rageant pour tous ceux qui ont envie d'attaquer leurs voisins et de préparer des guerres « puniques » contre l'Angleterre.
« Après les trente années, si la paix résistait jusque-là, le contraste serait encore plus scandaleux. I<a France, bien entendu, serait toujours chargée de dettes et notamment de dettes extérieures. VAllemagne, au contraire, serait vogelfrei, « libre comme l'oiseau ». Déjà, elle aurait été débarrassée de toutes restrictions commerdales, dés le x«' mai 1921, et déboute occupation militaire depuis le i"' mai X93Z. Ba centre, tous les empnmts qu'elle aurait cjsntractés pour ^ réparations seraient amortis le i"' mai 1951. Elle aurait conservé la Haute-Silésie, province que les grands métallurgi.<ttes aliemands, dans un mémoire rédigé pendant la gnerre» ont bitn recommandé à leur gouvernement de n'abandonner en aucun cas, paxoe qu'elle est l'arsenal indispensable pour toute nouvelle guerre que TAUe* magne entrêprendrait. Délivrée de sa dette. Intacte dans sa puis»Baice industrielle et militaire, rétablie peur trente lùmées de ménagements, rAllemagoe serait la maîtresse du continent eoropéen. »
36 HisTomp Rç:? yiqlatiqnç du tbaité de paix
^ Qpnséqu^pe ». Suit uu tîagiqw rt trop védique tableau de la F^a^cç ravagée, de la Bdgique rumée. S^ Ton écoutait l'Allemagne, « ce seraient les vainqueurs qui paieraient les domn^ages. Je ne puis comprendtç aujourd'hui la psychologie d'un pays qui osa la guerre la plus dévastatrice du mcMide s. Après une ferme déclaration au nom des Alliés, M. Lloyd George (séance du 3 qiai's) défiuit la nature des sanctions :
lo lycs villes de Duisbourg, de Ruhrort et de Dusseldorff, sur la rive droite du Rhin, seront occupées;
2° I^es 4Ui^ den^anderont è^ leur ?2^rlej^eut respect îe§ pouvoirs nécessaires ' pour obtenir de le^s ressortissants qu'As paie;it |L leurs différents goùv^mexae^ta une certaine proportion de tous les paiemei^ts du9 ^ rÀUçmagne §i;r ^es i^a^ch^dises a^emandes, çe^te proportion aevai^t être retenue dans Içs pays au compte <ies réparations. Cela s'applique aux mardu^dises allemandes aclbetées dans ces pays 91^ dans ^o^ le^ p^s a^és;
30 te montât des taxes encaissées par les postçs douaii^ers allemands sur les frontières extérieur» des territoires occupés devra être versé à la Commission des I^éparatious.
Ce§ taxes çt drpits cont^uero^i ^ ^Up perçus d*açcord avec les autorités allemandes.
Une ligne de postes douaniers sera établie provisoirement sur le ïOun o^ ajix li;nitçs des têtes de ponts, occupées p^r ks Alli^. I^ t^ à percevoir sur cette ligne douaiiière, tant à rentrée qu'à Ta sortie, sera fixé par la haute commission interalliée des territoires rhénans, d'accord avec les gouvernements alliés.
I^a parole est aux armées. Toute rAJlem^gHP frémit de haine et nous maudit parce que nous n'avone pas pris ppur Purple d'Évangile la ni^o4orante incongruité de Th. Wolff, dans le Berlin^r TqgeblqiL « I^'oÇ^^ q^e ;^qv^9 faisons n'est cependant pas une m... de chien ^ » Certains se félicitent de l'événement. « Si le^ AUiés, disent-ils, passent d^s menaces ê^ux actes, c'est VannnHtiQn 4u traité, et nous reprenons notre pleine liberté de dédsion. » (Deuisck^ ^eitumJ Mai^ Pn ïie cache pj^ une désiUusïon : on ^^ei^4^i* ^W^ H^ Êtsits-Unis fissent de^ repr^§f nt^tip^s
X. TliépâQr Wol^ U 3 mars, s'^^oiai^ À des comparaisons liistariques : « Oç fut ddoa cç mli^e VsM^ ^ Sai^t-J^mès, oi^sç tient ^\ijQurd'hùi la Çcopl^rçnce dé i<onâres, que se <u^ia> ea xftx4» H ^ort de U^ France, ^p^I» diut^ 0^Mapoi^^ . I<a Frusse, ^ki^s, se montia te {dus a!6v4re d'«ntre tea^eonânis'de I^Bmipereut. Ce fut die qui exigea que la dette des vaincus fât portée à aQ7 BilUena. -»
L'ALLEMAGNE DEVANT Lfe TRAITÉ 3?
pour s'opposer à roccûpation de ûotivéâUk territoires; PbtfTtant WàsMngtoâ se tàît, et 11 gréSlàferit Hàrdiôg Eê prend ^aà ptirti^ Iv'Allémâgrié dblt foUmif Uhé rèpoti§ê définitive, car on lui a lai^ Uii délai t)OUr réfléchit. Simons consultée Berlinj où le cHaticelièr Fenrtabach resté dans une prudente réserve. CbUrt ëhtt'atte. Là piresèe alleniande hésite et semble espërét Uii àrràiigeihëtit de la dernière hetirë. Le 7 mars, là délégatiôh suggère It cothpromis suivant : 2 milliards dé tiiârks-or pfeiidant chacune des deux î^reiniètes anuéfes et 3 miliiâtdè pendant les trois années suivantes, avec acceptation, po\ii cette pëliode limitéci de la taxe de 12 % SUr les ëx^kittatioris. Là Haiite- Silésie resterait attribuée à TAllemagne. Le régime de la liberté et de l'égalité en matière économique serait rétabli. Les Alliés, conciliants, avaient préparé ce « moyen terme ».
1° Des annuités fixes de 3 milliards de marks-or pendant trente ans, au iîéti des 42 afanûités préviiès i)âr Taccord de i'arisj
30 I^ ptâèvWtifent par léé pays îihpoHàlëtirs d'unb taxé de 30 % sur les exportations allemandes, avec un minimum fixe et garantit! t[iiii celte taxe pôiirràil produire, après cinq ans, dç 6 à 8 milliards:
^0 Efa cfe qui cbiifciériie Ife soldfe, la diiférëncfe entre le total des aniiUités fixes prévues pAf raccord de Paris (226 milUatds markâ-or), plus 12 % siir Ifes exportations, et le total des 30 annuités fixes que prévoit le noiivèàii tndjcfc plus 30 % èm les expoilations, oii laisserait à là Commission â& R^ûurations, cDHfbtmémait à TarUblë 254 du traité de Versailles, le soin de fixer la valeur des comi)ensation3 nécessaires pour t^ar^Eiire le mbnt^tit dés chiltrés dé taris, après que le total des dommages dus aui Alliés dura été détërtnliié par elle.
On ne tJOiivait donb s'énténdre. 11 n'était plus, pour ilbUëi (Jtife de |)réhdrè des gagés. L^ 8 liiârs, i'occtipatioîi était effective: Le ptésideiit d'fempire afcctisait les Alliés de violer ouvertement le traité, et le chancelier allemand boiitestàlt le foildetneiit juridique des sahictiôîis - (voir chapitre : La Sarft tt les pays fhénans). Les délégués
i. 1^ ioiJËssâgë présidentiel, prèd^ênlelit toublié à ce iiiénië ndoîtieiit, xiè contiéiil iJffif txne pirâfee d'oô i'AllfeCi&pife pui^e tiret là ptetitê que lé nouveau gouvernailât de Wiàkliiiistûii ait pâà à tâche dé là soutenir ààxïè ses dérobades.
.,i, % jt^'ÉaienteA commis Uae.^oiation du drait » (Vwitaèru.) • te traité dfe Versailles est déchiré. » (Dtuts^ ZeUuni,)
alliés» à Londres, décident que les sanctions cesseront seulement lorsqu'elles auront abouti à un règlement satisfaisant pour les réparations, le désarmement et les coupables. On revient à l'exécution pure et simple du traité qui exige (art. 235) le paiement, par TAllemî^e, de l'équivalent de 20 milliards de marks-or avant le !«' mai 1921. Sur cette somme, les Alliés ont reçu 8 milliards. Comment vont-ils recouvrer la différence? C'est ce que nous étudierons par ailleurs. I^ docteur Simons rentre à Berlin où on l'accueille chaleureusement. M. Briand, en revenant à Paris, déclare : « Nous avons maintenant en mains des gages dont nous saurons nous servir^ ».
Pendant que le traité était ainsi remis en question à Bruxelles, en Allemagne et à Londres, voyons ce que furent, en France, certains événements dont ce même traité était, en quelque sorte, la clé de voûte. Cette courte revision n'est pas inutile en un moment où notre politique nationale voit ses actes et son avenir si intimement liés aux problèmes internationaux de la paix. Les noirs pessinustes, au spectacle des conférences, ne cessent de répéter que la faillite du traité est manifeste. La formule : « Sommes-nous vainqueurs? » apparsut fréquemment sous leur plume désabusée. « Notre paix est précaire. Nos droits s'effritent », dit-on par ailleurs. Du haut de la tribune, le ministre de la Guerre, André Lefèvre, jette un
I. En tenuinant id un rapide examen des trois ccmférenoes de Bmxdles, Paris et I«ottdres, nous tenons à faire observer qu'il nous a été absolument inévitable de traiter, dans ce chapitre : 1,* Allemagne devant /«/ra»/^, des questions dont la place eût été au Chapitre des indemnités. On comprendra qu'il ne pouvait en être autrement puisque ces questions financières dominaient alors toute la politique des Alliés vis-à-vis de rAllemagne. Cette pénétration des sujets apparedtm plusieurs fois au cours de notre oeuvre, et nous préférons, pour la clarté d'une étude si complexe, nous exposer à des répétitions, plutôt que de nous en tenir, avec ime rigueur systématique, à tm « cloisonnement » des sujets, qui, en réalité, s'enchevêtrent souvent jusqu'à n'en plus constituer qu'un seul, autour de cette interrogation, centralisatrice de toutes les autre» t ■ V Allemagne paiera-t-elle? >
cri d'alanne. Le i6 décembre 1920, il résigne ses fonctions. <x Ce n'est pas sans angoisses, dit-il dans sa lettre au président du Conseil, que j'éprouve la crainte de voir grandir et se rapprocher le péril qui s'annonce à l'Est et auquel vos collaborateurs et vous ne croyez pas au même degré que moi \ » Â la suite de cette démission, un grand débat s'engage à la Chambre sur le désarmement de l'Allemagne. « Il faut en finir avec sa force militaire », réclame le général de Castelnau. Le président du Conseil répond : « Le pays peut être rassuré : il ne court aucun danger. » En janvier 1921, on n'en continue pas moins à récriminer contre « la paix boiteuse et mal assise », à constater le « temps perdu*» : « Triste bilan, celui d'une année défunte... Pendant plus d'une année, nous aurons été bernés par l'Allemagne... La Justice dormira-t-elle éternellement du sommeil du juste? » 1,' Action française maintient une rubrique ouverte sur le « Sabotage de la Victoire ». M. Barthou, dans les Annales, juge « l'année 1920, tombée dans l'Histoire. » « Je ne la regrette pas : elle fut confuse, incertaine et moUe, sans que la France y ait trouvé le prix de sa victoire. » M. André Tardieu, dans l'IUustraHon, dresse le tableau des clauses qui n'ont jamais été exécutées par l'ex-ennemi :
1^ Clauses générales et politiques
— Renonciation par les Alliés à la mise en jugement et à l'extiadition de rez-emperettr et des Allemands coupables de crimes cootre les lois de la guerre.
2^ Clauses militaibes
— Violation par l'Allemagne des termes (10 mars et xo avril 2920) fixés par le traité pour son désarmement en matériel et en effectifs.
— Acceptation de ces violations par les Alliés de mars à juillet 1930.
— Prolongation, par Taccord de Spa, des délais de désarmement déjà dépassés par l'Allemagne.
— Non-livraison des armes détenues par la population civile.
X. M. Flaminitia lUiberti, député des Alpes-Matitiiiies, est akfs appelé par M. G. IfCygues à la fonction de ministre de la Guerre. U a été vlce-ptéâdent de la Commiasiati de l'armée et rapporteur général du budget de la guerre.
3. Raymond Polncaré. I«e temps perdu. I,e Matin, 3 janvier 1921.
40 HISTOIRE bES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX
. — Ifon-dia^olitlion et nôn-âésatmemi^tj de Jaà^er I décembre igso, des gardes d'b^bitaàls.et formations dé DoUce, dont M. Clemencecm,
m ^i ndté dh 18^ aéeê&Bfè {^t$, ^^m, âh ftbffi ai Am&, exlil
la dtii){tttâsi0li pôhr l*êiiiKh 61 fiiii€tt^ dU ttftitê.
— Noh-ezéçutipn des engagements pris nu: rAUemaone en vue de ce dêsàHnemeht et aè celte dfesolùtioii. par l*accord dé Spa.
-^ Ndh-aptmcatioii tiar lêâ AUiié â^ saàctiënh aiiâbMêééé 6 &^ (oçctti^tlon de la Ruhr) pour lé cas où cette dlssoluticm ne èerait pas immâilatement accomplie.
3» CiftUSÊS PtshtXiÈkÈB Bt ÊcoHOtdQtms
•^ Absence, de la part dé l'Àllemag^, dé krilté inèàbré pioprë ft traduire éx acte le pUTiiege de preàder rang assuré aux répèrat^dns par le tnité sur tous les biens et ressources de l'Empire et des ^tats allemande.
— Ptfliti^ue fiscale et éd:)tidbiicttiè alBânandé Vendant ft éUiâér pwtt l'avenir, sous toutes les formes, le service de la créance privil^ée dés réparations.
— Abséîicë, de là paH déi gotiVéhiemèiiié ailiéd et dé la Cofiiifiissibfi d<^ RépAtatiOttS} de tdute ittitiafiye propre à faire, tâpecter ce pci^: vilége, notamment par la modincation, oue le traité leur permet de prdvo^Uer, des décrets et régleineiits ci Vîètleiif ëh Àilenia^:
— Non-ét&bUsséinent) par la Commission des Réparations; du dompte exact des paiements allemands, soit en espèces, soit en nature.
~ Abéeticé dé toUt tônirôfe sûr la prôductloii, la consoinMtib& et les etportâtioiis de l'AUéinagiie; iiHtKissiUiité, pA suite, dé rottfigët à exporter pour payer.
— Absence dé toiiie politique fatioiiiiëllë des paièihénts eii nature (les seuls qiii éqûivaiUent à dés pàièmétttâ en br};
, -r- Non-liquidatibn, au profit des AUiéS| des atbirs aUéMands à l'étranger (valeur : 12 à 15 milliards).
— AboUtion, par l'accottTdfe Spar, tiii iiioyefi de tiàièinènt ôsdttië institué par le dbarbon : les primes et avances consenties par cet accord obligeant les Alliés à décaisser par an, pour une valeur de charbon fixée par le traité à i.Ô8o millions, ùné soixiine de 4.170 millions.
— Déprédation^ par le même accord de Spo, du nto^eii de peltment important constitué par les bateatt± idlemands{ cette dépiéclatlott résultant de l'évaluation trop basse (consentie, coutialreiiiettt an traité, par la France à l'Angleterre) du tonnage allemand cédé.
— Non-recours aux saticUbns iziscrites au^ articles 17 et 18 de l'annexe II de la partie 8 du traité, sanctions qui peuvent être^ d'apiés ces articles) financières^ économiques ou de toute autre nature*.
z. i<és ciàiisës éféctiiSés au io jàiivier 1921 âotil les fttiivaiiiëS :
z« Clanses territoriaies et politiques,
— Restitution à la Fraàce de î'Âlsace et de la I/xrraine quittes de toutes dettes et charges.
. — Création du gouvememeot de la Satre» tout la souveraineté de la Société dte Nations) avec uh p^dent français. .. .....
— Restittttipa à là BeltiqUe des cantons walloas d'Eupen^ Mahaé^X 1^ MoreueV.
— Suppression de tous liens p^tiqiies et économiques entre rÀllemagne et le giand-dudiè de tiiiémbonfi^.
I^ 3 février, M. Aristide BHand, à là tête du cabinet q^ ^m^efcee le câinistèFe ô: îi^gues^ lit le tl^tte de sa dédarâtioâ devant les Chambres; h Le front de paix est consolidé) dit-il» et il àtira raison de toutes tes résistances. » he 4 février* M. A* Tardieu, devant les déJ)UtéSi prononce cette phrase amère : « I*e traité de Versailles est inain-
— Restitatif^ au Df^anàric dja SlesVig se|>tentrioiial.
— Création aè la Rèpmmque tchéco-slovaquc. -^ CtSItibti aë là lU$tlbllqtte tldlbdAisë.
— Restitation à la Pologne de la Fosnanie et d'une partie de la Prusse ocd*
— Création de l'fitat libre de Dàntzig,
— dtcupation de là. Haute-Silésie par les Alli^ en vue du plébiscite qui statttfcra kuf sbii tort.
— Maintien,, par dfivx votes du Rdchsr^th de Vienne, de l'Autriche indépen» dâiite et sQwrée de rAllHnàfenfe, tellb qiie le triité l'a âéék.
— ItétabUssepient, en exécution du trait^j de là légation de Francç à Munidi.
— Cession aux puissances alliées de toutes les colonies allemandes.
~ Reiiltitlfàtt à Ift France de Ik {idrtlé du Congo cédée t>àr dlb à rAllâttàgttfc en 19^1. ^ .A
— AlttfUtttioÀ à la francè Ûèè irois qtiàrtâ du Càihérouil ti dxx Togo.
— Abdi^ioa de |*lijpothéque àllcsKiande sur le Blaroc et sur l'Êgsrpte.
— Constitution de la Société des Nations. i^Àllemagne n'en faisant point partie.
— t3onstitùiioâ du Bùrëiu iâiiemational dix Travail.
2» CtàUsâi mitUêirés H it gahiniie.
— lleibrtlctioil ^i leà cbûiiidèsioiis alliée) dfe contrôlé dès chars d'iàssdut, avions de guerre^ canons lourds de. campagne, engins toxiques^ ain^ que de ^S.ood QBScnls di^^eb, x6o.ooo imtrailieuséd, 1.700.000 fuèilâ et dé routidlâ^é servant A. ces tlbricati0ns..(l<es destructions cootinhent.)
-r Réduction de la Reidiswdir à zso.OOo hommes. {Lfl. réduction à 100.000 il'ttt ^ àcqÛse éucôre.)
— AbcAition de Id conscription. , ,
^ 0ëiiiîiiitdttÀëht de iotitâ fottéf^SSéS âitu^ ft Vùû^i d^nnb Ughb tracée à ^6 kSï^mttm à l'est du Is^hiû. i
— Interdiction aux troupes allemandes de dépasser ladite ligne.
-^ pâdëàfiemai et ^éUebla&d a dô forttftcâUdiS dU candi dfe Kiél.
— Destruction de la flotte de gyeirc allemande.
— DccUpàtida, pat lô trôtiiiô alUéeS, de la rive gauche dti khin et des têtes et pDttt.
3* Clauses financières et économiques.
'— OrganisatioB de la Commission des Rtoarations.
— itâtltniiah ft lldentique dies biens et valebrs saisis par les armées àllëniandes (soit, pour la France seule, o milliards de francs récupo^).
•^ Fftieinënt ^ i*Àliémagne, en espèces oà tô nature; & titfë de fëpâitttibhs pour l'ensemble des Alliés, d'ime sopune évaluée, au 30 juin 1920. par M. Frdiiçoiâ^ftknSal, ft ià milliards or ei représëntdiit, en décembre 1920^ de 12 â 14 milliards or. ,
~ Remise k\ïk Alliés At âétdc bohs aix bt»rthifi l'uh de 20 inilliards dé matltsor, Tautre de 40 milliards, que ta Cominisâoii deé kêparationis mettra éh drcûlitk» dès qu'elle itigehi l*Alliextuu{ttë capable d'en assurer le icoixpon.
^ tLmitit âàoc<e dé là flbtte de coihmëftè allemande (430.000 tohàës ft la France et des cflbles sons-marins.
-^ môèmA % li éé^iktAé êcdàoffiiqkë tiaiMséë ft la RtUicb par le t»lté de PnUicf ort;
tenant une matière à revisions continues \ Depuis treize mois, les Alliés ont accepté une longue série d'amputations qui, toutes, avaient été envisagées par les négociateurs avant la signature de la paix et avaient été repoussées. » Et M. Briand de convenir : « I<e traité, idéalement, est ms^ifique. Il y a tout. Il est parfait; il ne lui manque qu'une chose; comme la jument célèbre, il n'est pas vivant. Pour lui donner la vie, nos efforts ne doivent pas cesser. » M. Ellotz, à la séance du 8 février, exprime un vœu bien lé^time : « Nous voulons être assurés que ce n'est pas le contribuable français qui supportera le poids du paiement des intérêts pour Jes sommes dues à la France par le vaincu. » Le 9, la Chambre, par 363 voix contre 114, renouvelle sa confiance au gouvernement après un débat relatif à l'accord de Paris, en « constatant l'étroite solidarité des Alliés. » Pendant la conférence de Londres, et au premier signe que les Allemands vont provoquer la rupture, peu nombreuses sont les voix françaises qui s'élèvent dans la presse pour un régime de sanctions totales : c'est-à-dire y compris l'occupation de la Ruhr. Lysis (Démocratie nouvelle) ne trouve qu'un écho de peu de portée, lorsqu'il propose, fe 3 mars : « Nous voulons la Ruhr parce qu'il nous la faut pour nous sauver. » L'écho d'une réputation d'impérialisme, répandu dans le monde en ce qui concerne la France, impose des visées moins larges à la majorité des chroniqueurs politiques et miUtaires. Mais l'approbation est tmanime lorsqu'à la Chambre, M. Briand établit, en termes nets,
— Franchise douanière assurée pour cinq ans à l'Alsace-I^orraine en Allemagne, sans réciprocité pour celle*d.
— Union, pour sept ans, du port de Kehl au port de Strasbourg sous un directeur français.
— exclusion des intérêts allemands de l'exploitation des potasses d'Alsace- I<orraine et autres exploitations d'intérêt général.
■ — Cession à la France, en toute propriété, des mines de charbon de la Sarre (production de 17 millions de tonnes en 19x3).
— Union douanière entre la France et le territoire de la Sarre.
— Mise en marche des ofiices de compensation pour le r^lement des dettes entre particuliers.
— Mise en vigueur du nouveau r^;ime relatif aux transports internationaux.
I. Variante sur le mot de M. Poincaré : « I<e traité est une création continue. »
sa ferme volonté d'agir. Chacun se réjouit de voir le traité redevenir la base normale des relations entre l'Bntente et le Reich. lorsque M. Briand> le i6 mars, rend compte de sa mission à Londres, il est acclamé : « Nos soldats, à Ruhrort, à Duisbourg, à Dusseldorff , par leur présence, rappellent à l'Allemagne qu'il s'est passé quelque chose depuis 1871. » Le 21 mars, M. Raymond Poincaré jette un regard sur l'avenir dont nous allons bientôt nous occuper ici même*, et déduit de l'épineux labeur que vient d'ofirir aux diplomaties alliées la triple conférence Bruxelles-Paris-Londres :
Reprenons avec nos Alliés Tentretien commencé et efforçons-nous de faire définitivement concorder nos idées et nos méthodes, Vaccord de I<ondres nous a mis dans la bonne voie. Mais, quelles qne soient les mesures d'exécution que nous prenions^ il y a malheureusement les plus grandes chances pour qu'elles n'aient, par elles-mêmes, qu'un rendement insufiSsant. Ce n'est ni le cordon douanier de la rive gauche, ni le régime auquel vont étrr soumises les importations allemandes et dont M. Briand a si bien fait apparaître la complexité, qui nous assureront la rentrée rapide de notre créance. Nous n'obtiendrons rien que par des astreintes assez fortes pour briser la mauvaise volonté du Reich. I<e jour où nos voisins auront la conviction que leurs créanciers demeurent imis et résolus, ils s'empresseront de changer de ton et de manières*.
Le 3 décembre, a lieu, à Stuttgart, le Congrès des socia* listes majoritaires badois : une motion est proposée pour la fusion du grand- duché avec le Wurtemberg, la Hesse, et le Palatinat bavarois. — Le 6, s'ouvre à Berlin le Congrès des anciens partis communistes : près de 500.000 membres y sont représentés : on y veut opposer, au programme démocratique, celui de la dictature du prolétariat. — Le II, au Reichstag, on aborde la question du traitement des fonctionnaires. Le gouvernement
I. Après être rentré en Allemagne pour y oonridérer Tattitude des groupe* mcnts de fonctionnaires et surtout celle des partis ouTiiers dans la p<Modc qui s'écoula depuis la première séance de la Conférence de Bruxdles.