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I«e Maim: < Bn avant du mur », Rayxnond Poincaré

44 HISTOIRE DES ViOLÀtlONS DU TRAltÉ DE PAIX

të|)oUssfe tmè t>rèpt)sitiofi des îildépendâiits qui sfe tràmim ^al me Ûip^liè ^ÛpfiémJèûtoM Ae 6 âilUâMâ 8ÔÔ ftiilUoAë pâi: ftô. ^ Le 12, lèfe fohctlôôiiaires, bien qtiê vëite, prbiàettfent, datife iiiie rétihioh dé lëùt Ligue, à Bëtlih, dfe iië t)âs faiire Usage du droit de gi:êVe. Cepehdaut. les chétiiiiiDts sfetilblèiit disposés â la tésistance. Le gduvfertieiùeût décide deis |)oursiiite3 contre tout emt>loyë qui abâhdoiliieta son t)Oste. Otl eraiiit une girêve des télégtat)liistës-téléphonistes. Les fonctionnaitës soiit pté- Veiius que tout gréviste sera renvoyé sans retôUr. — Le 23 décembre, des manifestatidas cotfthlutiiâtes éclatéiit en Allemagne. Aux meetings de Berlin, les orateurs réclaiiént lé payètîietlt immédiat de l.oDô niarks aux chômeurs» aiilsi que l'exemption des frais de loyer, d'éeîaiirâgë, de cHaUffage. — UU tibUvead gbUveineUieiit, purement soeiaiistej vient d*être constitué en Saxe : les indépendants y tiéunetlt trois pottefeuillés\ — Le 24, lés communistes échouent dahë leur tentative de participer à la cbmmissiDU des syndicats berlinois (vote de l'Union dësOUvriêtà liiëtàilUirgiàtëë ëh f àveUi dés iildépëudàiits).

— Le 25, îe président de la Ligue des syhdicats» Cari Rudolff Legien, décède dans sa soixantième année. — Le 10 janvier 1921, à Berlin, une manifestation des communistes, au nombre de 15.000, est dispersée par le mauvais temps. — Le 13, le parti démocratique allemand publie, à Toccarion de la campagne électorale à la Diète prussienne, im appel oû il déclare s'opposer à tdute suprématie de classes et vouloir l'égaUté des citdyeils pour « créer une Prusse eapable de faire des conquêteë morales ».

— L'amnistie est accordée au lieutenant Vbgel, l'un des assassins de Rosa LUxeiiibourg. — Le I5, anniversaire de la mort de LieWcnecht et de Rbsa Luxembourg, mailifestation commuiiiste et conflit avec la police. — Le

X. I«a première âéailte du Pariemçnt saxon 9era tmnti] tueuse, et il s'ea teudra de, peu que les maUifestants de la nie a'eiiTahissent la salle. A cette séttuoe; le président du Con^l Butk sera félldté, dAns les cottlcûrs, pour avoir écrit : c je désire la revl^on du traité et espère que le sadisme politique de la France cessera bientôt. >

même jour, le parti populiste allemanâ tient à Potsdam son Cougràs pour la Prusse. Il y est dit : a l,e but du parti est 4e défendre la Prusse contre toute tentative 4^ dén^embrement. Une Allemagne utilitaire M peut se former qu'autour d'une Prusse vigoureuse. Ayons l'esprit de Frédéric le Grand et de Kant. Marchons sous l'aigle no^re ! »

Cette énuméràtion de faits parait fastidieuse. Bile ne l'est pas. BUe marque les prodromes d'un mouvement plus ii^portant et qui déjà laisse deviner son approche rapide. Les communistes exploitent l'exaspération des sans-travail. Le jour des Rois, ils ont réussi, i l'hoitel de ville de Berlin, à chasser les conseillers de la salle des Séances. Ils disent volontiers à leurs adversaires : % Bientôt les Russ^ viendront vous coller au mur. A Plauen, les sans- travail désarment la garde. A Dresde, ils viennent jusque devant les députés exiger une gratification (!) de éee marjcs. — l^s février, le comité central de l'association des syndicats allemands, comprenant des sociar listes rnajoritaires et des indépendants, adresse une pro? clamation au monde ouvrier international l'invitant h protester contre les exigences de la Conférence de Paris : « Le peuple allemand s'est déclaré prêt à réparer les dommages causés, dans le cadre de ses moyens, mais il n'est pas disposé à se ruiner au profit du capitalisme international, a — Le 6, on découvre à Magdebourg tm complot des socialistes extrémistes contre la sûreté de l'État (prér paration 4'nne révolte ouvrière). Ce même jout, le docteur Simons a une entrevue avec 200 délégués représentant toutes les grandes fédérations de synmcats ouvriers du Reich. Les délégués approuvent entièrement le point de vue gouvernemental vis-à-vis des exigence de l'Entente. — Le 20, à Alton^-H^bourg, l'ex-chanc^er Scheidemann assure à un auditoire ouvrier qu'il ne faut pas trop espérer en une aide des socialistes étrangers.

^Et, à partir de ce mom^rt, le§ Imts ^ Pîfeipiteftt. C'est ainsi que le 13 mar^ les socialistes indépendants

organisent, à Berlin, neuf réunions publiques» à la sortie desquelles on crie : « Â bas les commissions de l'Entente ! Chassez ceux qui ont violé la paix ^ » — I^e i8, on s^ale, de la région de Merseburg, de nombreux vols, pillages, tentatives de soulever les ouvriers. — Le 19, les ouvriers catholiques et les S5mdicats chrétiens d'Allemagne adressent aux catholiques du monde entier un appel leur demandant d'intervenir « au nom du Christ, en faveur de la revision du traité sous lequel l'Allemagne succombe ». On le voit, l'action est multiforme et part de tous les dans. Cette action tend moins à la lutte des classes qu'au machiavélique désir d'agiter le spectre révolutionnaire pour intimider l'Entente, à l'heure des sanctions. Si nous avons accumulé ainsi les circonstances énumérées sans lien, c'était pour les grouper le plus possible sous les yeux du lecteur et lui donner une facile vue panoramique de cette nouvelle manœuvre allemande. Nous allons la voir se développer au grand jour. — Le 20 mars, le journal berlinois Rote Fahne, par un article intitulé : « Une réponse nette », invite les ouvriers à prendre les armes. Simultanément, le Vorwaerts répond à un discours où M. Briand faisait allusion à la coïncidence des mouvements ouvriers en Allemagne et des difficultés du gouvernement d'Empire : « Il est faux que le gouvernement ait incité les ouvriers à la révolte, puisque l'appel du président d'Empire recommande le calmé. » La belle raison! Entre temps, l'agitation s'accentue à Eisleben, à Mansfdd, à Rodowitz. — Le 23 mars, à Hambourg, après un choc entre la police et les émeutiers, on compte trente morts. La fraction prussienne du parti populiste demande au président de la Diète de convoquer d'urgence cette assemblée. On signale des bombes à Auerbach (Saxe), à Leipzig, à Dresde. « Ce n^ouvemcnt est-il sérieux, se demande-t-on en France, ou veut-on

I. I«e mCme jour, à Munich» a lieu une énorme manifestation contre les sanctions des Alliés. Nous étudions, groupés à part, les laits bavarois contemporains de cette période, octobre zgao-mars 1931.

lVllemagne devant le traité 47

nous faire revoir le spectre bolcheviste? » Devant le problème des réparations, celui de la Silésie, veut-on à plaisir troubler un peu plus l'atmosphère? L'état de siège est proclamé à Hambourg. A Berlin, les ouvriers non communistes réprouvent les désordres. Le Temps du 25 mars diemande sans préambule : « D'où vient l'argent? » H ne vient pas des syndicats ouvriers. Faut-il donc chercher le a Pactole » à Moscou... ou à Potsdam? Hambourg est troublé au moment où le Reichstag vient de voter une loi assurant de considérables travaux aux chantiers navals ! « La Saxe est la proie de bandes d'agitateurs, va dire l'Allemagne, et vous voulez nous retirer nos derniers fusils? ! » Le Temps conclut que les révolutionnaires ont touché des deux mains; l'argent des Soviets vaut celui des réactionnaires allemands. Ludendorff et Lénine ont collaboré et, de loin, regardent. Les révolutionnaires, au reste, paraissent déjà fatigués. L'insurrection s'apaise à Eisleben, à Ettstedt, dans la région de Halle et en Thuringe. Essen résiste au communisme. La Freiheit, le 27 mars, déclare : « La masse des travailleurs condamne le mouvement actuel, qui est l'œuvre d'une minorité égarée. Mais si les nationalistes, les gens de Stiimes et les Kappistes, se figurent que leur moment est venu, ils éprouveront la même déception qu'en mars 1920. » Les fêtes de Pâques ne se passent certes point dans un calme absolu (échauffourées de Dortmund, Essen, Duisbourg, Elberfeld, Burghof, Magdebourg), mais, le 29, le ministre prussien de l'Intérieur croit pouvoir dire : « C'est la fin du mouvement. » Des tribunaux exceptionnels sont institués pour connaître des faits d'ordre révolutionnaire ^ Quelques explosions d'une colère tardive sont encore si^alées çà et là (Berlin, léna. Halle, Erfurt, Dresde) ; ce ne sont plus que des foyers locaux qui jettent leurs dernières lueurs. Le travail reprend en Saxe, le i®' avril ^.

X. I^m aodajistet indépendants et communistet protestent contre cette juridiction, n 7 a ^500 inculpés pour Berlin seulement.

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