LA RÉPUBLIQUE TCHÉCO-SLOVAQUE
établit à la Chambre que les relations avec l'Âllemagiie ne peuvent être basées que sur Tapplication des traités (28 janvier), et qu'en ce qui concerne la Hongrie, la restauration de Tempereur Charles constituerait un casus belli. L'amélioration des rapports tchéco-polonais les affile, autant que les pourparlers commerciaux entre la Roumanie et la Tchéco-Slovaquie. Ils se passionnent pour la victoire allemande en Haute-Silésie et ne cachent pas qu'ils ieront tous leurs efforts pour empêcher Tinternationalisation de rOder. Ils voient d'un mauvais œil le voyage de M. Benès à Rome \ les Conférences austrotchèques pour un traité de commerce entre les deux pays (mars). Le 8 mars, ils sont tous derrière Lodgmann, chef du parti pangermaniste, qui, une fois de plus, invoque le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et réclame, en termes ambigus, le rattachement des Allemands de Bohême à l'Allemagne ^. Ils ne veulent pas reconnaître qu'ils sont une minorité distribuée, en lots dispersés, sur le territoire de la République. A les croire, des villes comme Znaïm en Moravie sont entièrement allemandes : un recensement ne leur accorde que 35 % de la population. Il leur semble, en avril, particulièrement intolérable que, de quelque façon que ce soit, la Tchéco-Slovaquie puisse participer aux sanctions douanières contre l'Allemagne. A ce propos, leurs journaux engagent une véhémente campagne et le Venkov doit dénoncer avec énergie la prétention des Allemands à exercer une influence prépondérante sur la politique étrangère du pays. « La presse allemande de Prague, disent les dépêches du 17 avril, interprétant la décision de la Commission des Réparations de reconnaître la Tchéco-Slovaquie comme État belligérant seulement à dater du 28 octobre 1918, voudrait suggérer à l'opinion
X. Au sujet de ce voyage, les sénateurs allemands (xo mars) affirment leur solidaxité arec rAllemagne et blâment le ministre. — ]> 23 mars, à Rome, est signée une convention économique entre l'Italie et la Tchéco-Slovaquie. — la convention commerciale avec l'Autridie est signée le 20 mai.
2. I^ député Iiodgmann reprendra la mime thèse, à Carlsbad, le 24 mai, devant les mbiJatres du OoDgrès du parti national allemand de Tchéco-Slovaquie.
publique d'en faire usage comme baae juridique contre radhésipn au9: saxLCtions, » Far manière de chantage, des banques allemsuides, qui avaient accordé des crédits en Tcbéco-Slovaquie* font savoir que ces crédits seront dénoncés ^ . Berlin a d'actifs porte-paroles dans la presse de Bohême et de Moravie ; ils déo^ntrent que, particqmnt aux sanctions, la République court à sa ruine économique et sort de la neutralité» soulignent que plus de 40 % des importations proviennent d'Allemagne, sous forme de matières premières indispensables et de charbon. Us annoncent la chute de la couronne tchéco-slovaque aussi bas que le mark allemand, la hausse de la vie. Ces avis peuvent être relativement fondés : ils ne remontent pas pourtant le courant de Vo^^nion- 1/^ agitateurs le sentent et passent à l'injure : « Prague, quand il s'agit de montrer à la France la soumission la plus omiidète ne veut être derrière persoxme quant i la servilité. Benès e^ le symbole de cette attitude. )> (Bohêmia,)
Le résultat du plébiscite haut-siléden ne peut que susciter un peu plus les passions. Ici, c'est une doulou^ imxse surprise et, là, une joie disproportionnée. La Bohemia constate : « La situation en Haute-Silésie ddt faire douter, pour 1^ première fois, les Tchèques de la puissance de rSnt^te. Fuissent ces événements leur servir de leçon. »
Feu après, il est question d'un a^ccord tchéoo-polimais analc^e à l'accord roumanp-yougo*slave qui vient d'être conclu et qui cimente un peu plus les liens d'amitié de la petite l^ntente, renforcés par la toute récente alliance
z. Cette menace est liée, dit-on, à l'imvitfttioii faite paf l' AUemagne à la Tdiéœ- Slovaquie de fcrvir d'intenuédialrc entre Berlin et l'Bntente, pour la txansniiafAan d'ia nouveau projet allemand de réparations. Cette nouvdie sera démentie : c'était une manœuvre pour faire naître des dissentiments entre la Tdiéco-^ovaqnie et les Alliés. I«a maladresse allemande eut pour effet de rallier tous les partis t^éooslovaques à la nécessité de prendre une part effective aux mesures de coerdÔoo édictées pv l'Bntente. « V AUemogne combat la paix de Versaflles. Pas un T^éque ne voudrait venir «a aide k ce paya. » (Député HahQ, Con^te de la 4^i&Qcr»tic nationale de B<^ème>Pragtte, s6 avril.) « Souvenons-nous que la France a dcmné Indépendance à la TdiécQ-âlonrtqiiM- » (Cnknimwêkê fUtuéHè^ lo avril.) Sans ^Ûçut«j p«r<l«^poqf| m$ IWlgtioa». » /NmM lUtjf.}
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défensive romnano-tcbéco-slovaque ^ . Ou songe de même à la couclusiou d'un traité de co^^nerce avec la Rn^e qui vient d'envoyer une mission à Prague à cette intention (juin 1921), De même, la Tchéco-Slovaquie cherche à s'entendre avec le gouvernement de Budapest pour écouler ses produits sur le marché hongrois : une Conférence a lieu, dans ce but, à Marienbad. Ce que Ton souhaite, par-dessus tout, c'est l'établissement de relations économiques normales entre les nouveaux États. I^e 8 juillet, la Praget Prsss^ proteste contre les insinuations des journaux de Vienne suivant lesquelles la di^omatie tchécoslovaque travaillerait ccmtre le crédit à accorder à l'Autriche. « Notre gouvernement fut des premiers à soutenir une politique de crédit à l'Autriche : sur cette question, il participera officiellement aux travaux de la Société des Nations. » Par contre, on ne ca^che pas à l'Allemagne la méfiance qu'elle inspire. Les écoles supérieures du Reich ont refu^ les demandes d'immatriculation des élèves tchéco-slovaques de nationalité slave; on a àéxmhé à Libérée une organisation seorète des Allemands de Bohême. Un député allemand, à la Chambre, a déclaré, en quittant la salle, que « des Allemands n'avaient rien à voir en cette compagnie ». Le Reich montre une vive colère en apprenant la signature du traité d'alliance roumano-poloQais, qui rei^orce le traité roumano-tchèque. I«e pangermaniste Brunar prophétise en plein Parlem^t que les Allejnands de Tchéco-Slovaquie se réuniront bien un jour à letu: vraie patrie. La presse du Reich insinue qixt les Tchéco-Slovaques massent des troupes à la frontière haut-silésienne (fin juillet). Autant de provocations qui s'ajoutent aux essais tentés par Hugo Stinnes d'acquérir des usines (Vilkovice et Larich), aux incidents pro-allemands de Aussig, suscités par les députés pangermanistes (meetings tumultueux), à l'armement clandestin de la population allemande du district silésien