X. I«a convention ftoa aigUiU le 2 iuUlet
d'Opava, sur la frontière, à la découverte de 7.000 fusils, à Coska-Lipa, apportés dans le pays par les émissaires du Rdch. On considère les chiffres des Allemands de la République et on les juge hors de proportion avec les ennuis qui résultent de ces 3.300.430 turbulents citoyens (24.6 % de la population). On leur a accordé le maximum de faveurs et ils ne sont pas encore satisfaits : Us peuvent se servir de leur langue devant la justice, dans les écoles, ne pas apprendre le tchèque s'ils sont employés et ont plus de vingt ans de service. Or, ils réclament que TAllemand soit la langue officielle : ils voudraient l'imposer d'abord au Parlement. Du haut des pupitres, leurs professeurs, dans leurs institutions secondaires et primaires, prêchent la haine du Slave ^ Dans leurs sociétés de g3rmnastique, de sport, de développement cultuel, ils mènent le même furieux combat. Leur situation est privilégiée : ils se considèrent comme des esclaves.
La Convention militaire yougo-dave-tchéco-slovaque d'août 1921 ajoute à leurs aigreurs : tant d'accords entre les peuples qui n'aiment pas l'Allemagne leur sont autant de blessures cuisantes. Ces alliances constituent des blocs bien cimentés dans le mur dressé entre le Reich et les Balkans. Berlin est à 200 kilomètres de la frontière nord de Bohême. Aussi, les nationalistes manœuvrent-ils pour la réduction du nombre d'hommes sous les armes ^, souhaitent-ils une future incorporation de la jeune République à la Hongrie, favorisent-ils les entreprises perturbatrices des révolutionnaires, alimentent-ils une presse répandue d'autant mieux qu'ils ont affermé les kiosques de journaux, un peu partout. Les agences allemandes
1. Un de nos amis nous racontait l'histoire suivante : « Son père était mineur, n vivait heureux de son travail, avec ses trois enfants, dans sa petite maison, n possédait une vache et une chèvre, n envoya son fils aîné dans une école tchèque. Immédiatement, il fut appelé devant Tautorité municipale : « Si ton fils continue « à fréquenter l'école tchèque, si tu ne l'envoies tout de suite à l'école allemande, « tu ne pourras plus faire pattre tes bètes dans le pAtmafle communal. De ptus, c tu seras renvoyé de la mine. ■ (hc Tempt, zo août 1931.)
2. I«e 30 août, le général français Spire sera nommé au commandement des troupes de Slovaquie» en remplacement du général Foumlcr.
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ttompent la confiante pcesae tcbàque par de quotidiensieB fausses nouvelles, provenant notamment de l'agence centrale Berliu'^Genève.
Mais les Tchéoo^Slovaqués restent les yeux grands ouverts. « Jamais, dit le Temps du 23 Mût; cette nalicni n'a été {dus unie que maintenant ccmtre les violences pai^ermanistes... La poussée tchèque ne fait que s'accentuer... L'opinion tchèque est exagérée... Les aunorités tchèques du nord de la Bohême ont derrière elles tous les Slaves de la République. Les organisations nationales tchèques sont décidées à soutenir énergiquément leurs minorités de la Bohême du Nord. Tousles dimanches, des centaines, parfois même des millieis de 6okols et de citoyens tchèques de toutes classes et dé tous partis se rendent dans les centres germanisés pour y faire s^itir aux minorités tchèques qu'elles peuvent compter sur l'appui de tous leurs frères de race et pour y affirmer qu'en Bohême le slavisme ne reculera plus devant le germanisme. Le gouvernement de Prague, ému par les derniers événements, est d'ailleurs résolu à imposer énergiquément le respect de la légalité et du droit des Tchèques à se sentir partout chez eux dans leur État. »
En septembre, la Tchéco-Slovaquie va se donner un nouveau personnel parlementaire. La majorité sur laquelle on compte comprend les partis agrariens, populaires catholiques, sociaux-démocrates, socialistes nationaux et démocrates nationaux. L'organe des Allemands, Sûziaidemokrcii, voit dans l'adhésiot^ des sociaux-démocrates une alliance élargie de tous les partis tchéco-slovaques contre les Allemands. M. Benès forme un cabinet de coalition ^
X. A rezdualoa des oonununistes. — Composition du nouveau cabinet :
Présidence du Conseil et AfEaircs étiangèrcs : M. H. Ben^.
Intérieur : M. Cemy.
Défense nationale : M. Udrzal.
Travaux publics : M. Tucny.
Agriculture : M. Stanek.
Instruction publique ; M. ^obar.
Finances : docteur Novak.
Oommerce : ingénieur Novak.
Prévoyance sociale i M. Habnnann.
« pour présenter un front unifié à l'ennemi intérieur »« dit le Tifnes du 28 septembre^ La presse allemande se tient sur la léserve. Ce n'est, bien évidemment, qu'une trêve. L'obstruction ne se considère pas comme vaincue. En peu de jours, eJe aura repris le mauvais combat, celui de la désunion, de la guérilla à outrance, pour la àéssffégation d'un édifice qui se construit malgré elle, et qu'elle a bien juré de renverser un jour.
Mlaistie pour la Slofvaqvie : M. MIcuia. Conmumicationi : M. Sramdc.
PoBtcs et xaviteUlcmcnt : M. Srba.
Jvstloe : M. Dolanikf.
Uidftoatkm : M. Derer.
Hygiène : M. Vrboiakj.
I«cs AlUmwiartt et Hongrois n'ont pas de rqNiésentants dans oe ministère. — I«e inremicr acte du président du Conseil est de déclarer que la Tchéoo-Slovaqme agira toujours en coBiplet accord avec ses Alliés de la Grande et de la Petite- ^tente. --^ I«e x8 xïctobre, M. Benés prononce à la Oiambre son discoors-pro* gramme :
« Oonsolidatioc financière et économique de l'fitat par l'introdnctioa d'mle stricte économie dans les services publics, eztenstoa des relations oommeccialcs avec l'étranger et lancement à l'étranger d'un emprunt au sujet duqod des pourpartcrs sont c^. cours. I«e gouvernement présentera un projet de loi sur les aàsuranccs et les retraites, hAtera l'application de la réiorme agraire et réglem les rapports entre les églises et l'mt par l'entente mntndle profitable à l'^t comme aux âgUses n^émes. I^e cabinet réformera l'adminisuatioa et réalisera, avant la fin de 19SS, l'organisation départemental de la Skyvaquie.
« Bn politique étrangère, les relations avec les grands alliés, la France, l'Angletcrre, l'Italie et les Btat^lTnis, sont cordiales et vont se resserrant. I,a Petite- Entente avec la You^o-Slavle et la Roumanie repréKnte dans l'Europe centrale un facteur puhsant et paix et d'organisation, auqud personne ne pourra porter atteinte. I^ relations avec l'Allemagne sont stabilisées, les r^yports avec l'An* triche sont ezcdlents. I,e gouvernement eq»ère qu'^»rès la solution de la question du Burgenland, les rapports avec la Hongrie s'amélioreront. Tout en gardant l'expectative envers la Russie, la Tcbéoo-Stovaquie fait preuve d'initiative dans l'aide à la Russie. I<es pourparlers engagés récônment avec la Pcdogne ne sont dirigés contre aucun des voisiiis de celle^i ou de la Tcliéco<81ovaquie; les rapports entre les deux pays se sont sensiblement améliorés et les négodations abontiroot à un accord économique et politique garantissant la paix européenne. » (Iwe Ttmps, 19 octobre xçax.)
I«e vote d'un ordre du jour de confiance est adopté, moins les voix des germa* nophilcs et des eommuntotcs.