CHAPITRE XIX
JyC cabinet Tdeki, depuiq la Conférence de Bruxelles (^4 septem]>re 1920), connaissait des difQcultés $ans îlopibre. Nous avons vu (tome I^r). que gon président du Conseil remerciait la Frapcç d'avoir soutenu la Hongrie
désirait entretenir avec die les rapports les* tnejlleurs. Intérieurement comme à l'extérieur, la Hongrie cherche la stabilisation, l'accalmie. Elle souligne cette disposition d'Mprit p^ des act^ significatifs qui aboutissent, pa? ç^^çmple, en décembre, à^ h signature d'un décret d'am»
nûstie pour les délits politiques. Toute p^aonne condamnée ^ moins de cinq ans de prison pour participation au3ç troubles de la révcduticm Karolvi et du ré^[imfi bôlehûi viste, est absoute. Hors les frontières, on imite la Tchécoslovaquie attentive à se solidariser, par de bons traités commerciaux, avec les peuples voisins*. On n'y réussit
I. I<e 2 janvier 1921, le général Balicska, ministre de la Défense nationale, fera les dédarations suivantes au sujet de prétendues préparations de guerre de la Hongrie :
< Je peux déclarer catégoriquement qu*il n'y a pas un mot de vrai dans les nouvelles qu'on fait circuler concernant la mobilisation de la Honipie et l'occupation de la «me neiftre roumaine par nos troupes.
« En ratifiant le traité de Trianon, l'état hongrois a donné la preuve de son désir de vivre en paix. Je suis fermement décidé à exécuter les obligati<»s qui nous sont imposées par ce traité. D'ailleurs, les miasl<»s militaires alliées, qui sont à Budapest ou qui circulent dans le pays, peuvent toujours se convaincre de l'inanité de semblables rumeurs. H n'est donc pas moins insensé de parler de préparatifs militaires ou d'intentions t>elliqùenses au moment où l'État hongrois fait un suprême effort
LA HONORIIg 3)9
pa« toujours auBsi bien. Pourtçmt, avec le De^sch^ Umk» on renouvelle un tt^% (Je comm^çe rt, du eôt4 4e l'Eu» tente, on s'efforcer^, de plus çn plus, dit k comte Teleki, . de créer et de mainteiiir de boue repport». Le 13 novenibre, * l'Assemblée nftti^ftle bongroi3e a décidé, bien qu'avec rérignation, de ratifier le traité d^ Trifuion, tout œ le disant arbitraire et injuste. C'egt la soumission d'un peuple de 7.300.000 âme», d'un pays dont la eaF4taIe seule compte 1.500.0Q0 habitants. Le démembrement est réeent : il reste cuisant. On à souffert du Jc^plyigme, des soviets de Bêla Kun, et de }a régence Hortby. On accepte le traité parce qu'il s'impose, et ne peut être sérieusement diseuté. En aparté, on sent que ravenir peut apporter d'heureuses surprises, La République est un mot, la Royauté est un fait. C'est à ee fait que l'on croit. On est royaliste ^ Hongrie \ en se donnera, un jour, le prince désiré, quil s'appelle Charles IV ou porte un autre nom. Mais, pour le présent, la nation paraît lasse de ses luttes intestines. A peine a-t-elle l'énergie de discuter la question de principe, dans l'éventualité d'une restauration. Le ^ décembre, la majorité du parti gou» vememental se prononce doue pour la royauté nationale hcmgroise. Elle marque eette nuance que l'on ne sera pas tenu de respecter là pragmatique sanction de 1733 qui contraint la Hongrie à donner la couronne à un prince de la maison des Habsbourg. Les légitimistes font des réserves fort vives sur cette « innovation ». Ils ménagent tous leurs droits, toutes leur» convictions invétérées. Ce n'est pas seulement pour elle une « attitude de fidé< lité », c'est aussi im « moyen de eombat ». CHi s'en sert,
le 4 décembre, pour faire tomber le cabinet Teleki, sur un vajgue projet de loi relatif aux banques ft caisses d'épargne. Chrétiens nationaux, chrétiens aoeiau^, grands et petitg agrariens {bloc national) tendent \ se dissoder.
La crise ministérielle pourrait porter en elle une crise
pQOr rétablir son éqiiDibre i^^s^sr «t éepptmaqiiii *t vm t^roârt m 9Ç0«Pa* tions d'avant-guerre. *
parlementaire et présager la dissolution de l'Assemblée, élue pour deux ans, âgée de dix mois^ On dit partout, à Vienne, à Rome, que les cercles politiques magyars préparent le redressement du trône. Charles I^*IV serait invité à reprendre la couronne de Saint- Etienne et, aussitôt après, on proclamerait l'union de la Hongrie et de l'Autriche. I^'historien Sosmoski s'applique, jusque dans la Moffiing Post, à démontrer la nécessité de cette restauration. Il appelle la renaissance de la Vieille Autriche (Autriche, Bohême, Illyrie, pays croato-slovènes, yougoslaves et Transylvanie). Le BerUner TagéblaU fait entendre un autre son de cloche : La Hongrie se préparerait à attaquer... l'Autriche. Notons qu'en Autriche, et par réciproque, le chancelier Mayr déclare que la Hongrie occidentale est terre autrichienne. Il évoque ainsi ces trop fameux comitats qui font alors l'objet des délibérations de la Conférence des Ambassadeurs. Délibérations qui aggravent à l'extrême l'amertume hongroise. On s'attend à im déboire cruel, le 6 janvier 1921, et le dépit est avivé par les manœuvres de la propagande allemande qui tâche de persuader l'opinion publique, en disant : « La France manifeste à la Hongrie toute sa malveillance. L'Allemagne aura la volonté et le pouvoir de restaurer votre pays dans ses droits. » On ne vit, en attendant, que sur les racontars des journaux : « Le Conseil aurait décidé, assurent-ils, de transférer à l'Autriche les parties de la Hongrie occidentale enlevées aux Magyars par le traité de Trianon. » Ce n'est pas la vérité. Il a été entendu, au contraire, que, sitôt l'entrée en vigueur du traité, les Hongrois mettront lesdits territoires à la disposition des puis-
z. On dit que ladédaion du adécembre aété provoquée, en grande partie, par la déclaration du ministre Ssabo de Nagyatad qui fit savoir qu'il tenait de source certaine que Ifs Alliés, aussi bien que les voisins de la Hongrie, s'opposeraient formellement au retour des Habsbourg, et que toute tentative de restauration du roi Charles constituerait un casui btUi contre la Hongrie. (VOpifùon, 25 décembre Z930.)
1> a janvier Z931, est publié un accord italo-yougo-slave, ayant pour objet de concerter une action commune contre la Hongrie au cas, de pltu en plus probàUe, de la restauration des Habsbourg et de la reconstitutian d'une seconde monarchie dualiste austro-hongroise.
sances alliées et associées. Il est vrai que ces puissances, dois, remettront les territoires à TÂutriche. Mais y a-t-il exaction, « abomination », comme on le prétend à Budapest? Un tel transfert est opéré sur la base du droit des gens; il est conséquence logique et prévue du traité. Et il n'exclut pas la possibilité, pour les parties intéressées, de négocier à l'amiable sur des délimitations appropriées aux besoins de chacun. On le voit, la nuance est appréciable. I,es bruits malveillants s'efforcent de détruire la valeur apaisante de ce distinguo. Ils n'y parviennent qu'à demi. Dès le 12 janvier, en Hongrie, on apprécie plus sagement les faits. « On a maintenant une impression favorable, dit M. Gratz, envoyé hongrois à Vienne, parce qu'on y voit que l'Entente, et spédalement la France, est prête à appuyer les efforts de la Hongrie pour régler la question d'une manière amicsde avec l'Autriche ^ » Cette affaire des comitats a son importance, — et l'avenir le prouvera bien, — mais la préoccupation majeure, la hantise, pourrait-on dire, du pays hongrois, c'est le Roi. Ce sujet prime tpus les autres. Il agite les partis, inquiète l'étranger. Les Tchéco-Slovaques veillent, tout particulièrement, et pour cause. On donne un sens secret, prophétique, à des actes tels que l'offre, par les Hongrois, d'ime épée d'honneur au maréchal allemand Mackensen. On associe ce cadeau à certains billets mystérieux, colportés sous le manteau, et coptes d'tm prétendu autographe de l'ex-empereur Charles : « J'entrerai en mars à Budapest, coûte que coûte.» On se refuse à écouter les conseils qui viennent d'autres pays. Timidement, on nie le péril. On oppose de vagues démentis, lorsque le Corriere délia Sera (8 janvier) imprime : « Nous dénonçons, depuis l'armistice, le danger de cette restauration. Nous nous y opposerons par tous les moyens. »
X. I<e 33 ma», une grande assemblée populaire aura lieu à Sopron ((Bdenburg) : on y adoptera une résolution disant que « la population de la Hongrie occidentale reste fidèle à la patrie millénaire, proteste contre toute annexion forcée et revendique une antre décision sur son sort ». — M. Gustave Gratz devait être nommé ministre des ABabn» étrangères, le 19 janvier 1921.
Qui fégnera? Telle est Tiaterrc^ation Intime ou avouée de tous les Hongrois ? Chariee, son fils ôthon, les archidues Albert ou Joseph, voire même Morthy, ù, à tout prix, on veut une couronne? Ou bien le comte Ladislas Szechenyi, le prinoe Louis Windisc^aets, le comte Ândrassy, le comte Crouy, descendant des Arpad? Ou eneore le due de Teck, marquis de Cambridge, le duc de Connaught, le duc de Gênes, le prince Cyrille de Bulgarie, ou même le second fils du roi Albert de Belgique? Autant de noms qui sont prononcés pour f^re diver^on. En fsût, Charles I^ serait préféré. Il n'a pas abdiqué. On répand sa photographie. Il y paraît, près de sa femme Zita, entouré de ses enfants. On le montre, à Frangins, lisant les philosophes, dans une maison silencieuse : le silence de Conrart, lye 6 février, le parti gouvernemental hongrois vote une nouvelle motion portant que la pragmatique sanction est considérée comme éteinte et que le principe de la libre élection royale est adopté en Hongrie ^ Le 7, le comte Apponyi soutient qu'il ne peut être question de choi^r un autre souverain, tant que vivra le roi qui a porté la couronne hongroise. Il s'honore d'avmr réeem^ m^it porté, à Frangins, ses hommages au « roi couronné de Hongrie ». Est-ce tenir tête à la volonté des Alliés? Non point, mais simplement façon de parler et qui, à en croii^ M. de Frasnowsky, ministre de Hongrie à Faris, n'entraîne pas à ci^séquenee ^.
I^ HDftjgroJs ne sont p^ répi}bl|p9|tis, et je ne croîs pas qu'ils acquièrent ja)n^ l'esprit républicain, |ls aiment le régime iï)onarclii(|ue et déaifcnt un rei. Mais p e^t faux de conclure de là qi^e nous désirens le retour ^ If^bslxjmrg W mtoe que nous y s^gao^. Çettis qi|çst|eQ doit être aujourd'hi|i rdéguée au second plan, t^ c^uçstÎQn dynastique sera réglée un jour par un accord avec les Alliés. '
Il ne faut donc paii s^ét^mer non plus de v^ Iç geu-^ vemement hongrois faire en Angleterre de grandes com-
X. c I««8 légiHmistM eompteat uae majorité 4*4Bivirmi 30 voix à l'AsMablée. » fPesi€ii Uoyà.)