LA DESTRUCTION DES MOYENS DE COMMUNICATION
I^a destruction des ligrus de chemins de fer a, atteint une longueur de 2.950 kilomètres sur le réseau du Nord et de 1.445 kilomètres sur celui de l'Est.
Si on ajoute aux lignes détruites les lignes plus ou moins abîmées, le total s'élève à 5.587 kilomètres qui représente la longueur du réseau de la Suisse. Pour se faire une idée de la répercussion de ces destructions sur le trafic, il suffit de considérer que, potu: le seul réseau de l'Est, sur sept lignes réunissant Parié à l'Alsace-I^orraine, tme seule ligne, celle de Pari^-Nancy-Strasbourg, était accessible au trafic lourd en mars 1919.
Aux 4.425 kilomètres de voie normale qu'il a fallu remettre com-
plètement en état, il convient d'ajouter 2.386 kilomètres de chemins de fer départementaux et de tramways, sur lesquels, à la fin de mai 1920, Z.350 kilomètres étaient réparés.
250 stations de chemins de fer ont été complètement détruites, sans compter ceUes qui ont été bombardées, sur le réseau du Nord. I^ des* tniction s'est étendue non seulement aux voies, mais aux ponts, aux tunnels, aux systèmes de signaux, aux aiguillages, aux dépôts de locomotives, etc.
Un effort prodigieux des deux compagnies intéressées a permis de rétablir en un an, à de très grands frais, la circulation sur tous les points, pour les grandes lignes. Mais elles ont à surmonter les difficultés qui résultent d'un matériel insuffisant et terriblement usé. En dépit des restitutions exigées par l'armistice, les prises de l'Allemagne, lors de son attaque brusquée, ses vols avant la déclaration de guerre, les nécessites des réparations, laissaient la France, à la fin de 191 9, avec un déficit de 41.000 wagons, sur les disponibilités de 1914.
Pour les routes, les diiffres sont encore plus impressionnants. 58.210 kilomètres ont nécessité des réparations. 3.223 ponts ont été détruits. Sur ce point, nous sommes beaucoup moins avancés, puisqu'en mai 1920, on n'avait encore pu re£aire intégralement que 20.265 kilomètres et en c retaper > 17.759. 1^' Allemands avaient, en effet, apporté un soin méticuleux à la destruction. I«es entonnoirs creusés par les explosions à la dynamite atteignaient parfois jusqu'à 20 et 30 mètres de dia^iètre et 8 à 10 mètres de profondeur. On peut se faire tme idée de l'immensité de la tâche qui consiste dans la réfection des routes, en observant qu'il a fallu 1.550.000 tonnes de matériaux pour les 1.500 premiers kilomètres de routes reconstruites en 1919. I^a difSculté est d'autant plus grande qu'on ne peut pas trouver sur place tout le ballast nécessaire.
Ifis canaux, dont le réseau était si important dans les régions envahies, ont été également extrêmement endommagés. lyC seul canal de Saint- Quentin, un des plus éprouvés, voyait passer 8 millions de tonnes de marchandises par an.
Dans une unique phrase, d'une concision lapidaire, M. Keynes a entassé pêle-mêle le système des transports, les meubles, les machines, les mines de charbons et plusieurs autres de moindre importance, et en a conclu que ces pertes, si sérieuses qu'elles aient été, n*ont pu atteindre en valeur plusieurs millions de livres sterling, étant donné qtCil s'agit d^une partie si petite de la France.
M. Brôiier demande en toute confiance au peuple britannique si les destructions opérées sur les moyens de commimications n'atteignent pas à elles seules plusieurs millions de livres sterling.