‹ Histoire du Balænoptera musculus échoué sur la plage de LangruneChapitre 12 sur 49 · IV. — Ossicules de la muqueuse palatine · texte numérisé non relu

IV. — Ossicules de la muqueuse palatine

En fendant la muqueuse palatine dans le sens de la longueur, à égale distance des bords interne et externe de chaque plateau de fanons, j'ai trouvé une série de petits corps durs semblables à des os, dont la présence tout à fait inattendue m'a causé une grande sur-

prise. Ces ossicules ont une forme assez constante. Leur contour

est un peu irrégulièrement ovale, une face est presque plane, l’autre est convexe. Ils sont couchés horizontalement, leur grand axe dirigé d'avant en arrière, la face plane tournée vers le haut. Les plus grands mesurent environ 0" 05 de longueur, Om 025 de largeur, et leur épaisseur, plus variable que les autres dimensions, peut s'élever à 0® O1 ou descendre à 0m 004. D'ailleurs, comme je n’ai pu les recueillir tous, il est possible que leurs variations de taille soient plus considérables. Ils sont disposés tous sur une même ligne longitudinale correspondant au milieu du plateau. Chacun d’eux est logé dans une cavité close de la muqueuse. Les figures 8, 9 et 10 de la planche XVIII en représentent un sous ses trois aspects ; la figure schémalique 11 de la même planche en représente, en place, deux qui sont censés se trouver dans la coupe.

Frappé de leur aspect, de leur forme, de leur situation, de leur disposition assez régulière, je m'étais demandé d’abord si ces productions ne représentaient pas des dents qui, au lieu de se résorber sur place, auraient été expulsées de l’alvéole et seraient tombées dans la fibro-muqueuse gingivale, où elles seraient restées à l’état de corps étranger soumis à une très lente résorption. En y regardant de plus près, j'ai dû abandonner cette idée.

Un de ces ossicules, séparé en deux moitiés longitudinales par. un trait de scie, m'a montré une structure tout à fait différente de celle d’une dent. Il n’y a ni cavité centrale, ni substances différentes enveloppées les unes dans les autres. L'aspect, uniforme, est celui d'une matière friable et très poreuse, un reticulum de trabécules délicats, très irrégulièrement ramifiés et entre-croisés, limitant de petites cavités remplies d’une substance molle et onctueuse. L'examen microscopique confirme ces premières données, Les trabécules sont formés par du tissu osseux avec des ostéoplastes incontestables, mais sans canaux de Havers, parce qu'ils sont trop petits. La matière molle qui remplit les cavités est facile à reconnaitre, malgré son altération, pour de la graisse formée de grosses cellules adipeuses

contiguës, sans interposition d'éléments conjonctifs. En un mot, la

structure de l’ensemble est celle du tissu spongieux des épiphyses des os longs, avec cette différence que la moelle est remplacée par de la graisse pure, ou peut-être dégénérée en celle-ci.

La surface de l'os ne diffère pas des couches profondes. Elle est rugueuse et irrégulière. De fins trabécules, probablement conjonctifs, se portent de cette surface à la paroi de la cavité muqueuse.

En fendant la muqueuse dans d'autres points, on constate qu'elle est criblée de cavités semblables à celles qui contiennent les ossicules en question, mais plus petites, pouvant descendre au volume d’une tête d’épingle et constamment vides ou occupées seulement par une petite quantité de liquide épais produit sans doute par la putréfaction. .

On peut admettre, d’après ce qui précède, que ces osselets dentiformes sont des productions du périoste gingival, formées sur place ou provenant de la face inférieure du maxillaire, et en voie de lente résorption.

L'existence de ces ossicules n’a rien de bien remarquable en elle même ; mais ce qui est singulier, c'est leur forme régulière, leur situation fixe sur la ligne médiane du plateau, leur orientation constante dans la loge muqueuse. Malheureusement, rien ne permet de

soupconner la cause de ces particularités.

F. — Œsophage et rectum.

Les parties moyennes du tube digestif ayant été complètement détruites par la putréfaction, voici les seules choses que j'ai pu constater. é

L'æsophage fait suite au pharynx, est infundibuliforme, et n’a que 0% 10 de diamètre derrière le sternum. Il descend accolé à la colonne vertébrale en s’'inclinant un peu vers la droite. Son calibre reste uniforme Jusqu'à la partie postérienre du thorax. Au delà, il est tapissé d’une muqueuse rosée plissée longitudinalement,

L'extrémité postérieure du tube digestif était également conservée.

Le rectum est semblable à l'œsophage par son diamètre et par l’épaisseur de ses parois ; mais sa muqueuse est plus rouge.

L'anus (fig. 2, pl. XVII) a été décrit avec l'extérieur de l'animal Le sphincter externe est très développé.

Page 1