VII. — APPAREIL CIRCULATOIRE
Pour les raisons expliquées précédemment, la base du cœur a seule pu être conservée et étudiée. C'est heureusement la partie la plus importante. Les figures 6 et 7 de la pl. XVIIT représentent ses deux moitiés ouvertes par la face postérieure.
Les deux cœurs ne sont pas tout à fait situés dans le même plan: le droit est un peu en avant du gauche. L’aorte et l'artère pulmo-
naire sont soudées sur une longueur de 0 m. 30 environ.
a) — Cœur gauche (fig. 7). — La paroi du ventricule mesure vers la base O0 m. 05 à 0 m. 10 d'épaisseur. Elle est sillonnée sur la face intérieure par de très nombreuses colonnes charnues, dontles plus développées ont 0 m.40 à 0 m. 45 de longsur 0 m. 02 à0m. 03 d'épaisseur. Elle forment un relief très accentué, et sont, pour la plupart, adhérentes dans une partie de leur parcours, libres dans le reste de leur étendue. Les dessins qu’elles forment sont élégants et variés; on observe souvent une forte bande saillante dessinant les 3j4 d’un anneau un peu aplati, dont les deux extrémités remontent en divergeant à l’intérieur de la concavité, tandis que le reste de la surface est occupé par des colonnes moins saillantes. En approchant de la région des orifices, les colonnes charnues deviennent moins éten-
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dues, moins élevées, plus rares, et, près des valvules, la paroi du cœur devient tout à fait lisse.
La valvule mitrale forme une sorte de voile membraneux dont le ‘ contour mesure 0 m. 83. Son bord adhérent, à peu près continu, montre à peine, par quelques légères inflexions, des indices de divi-
sion. Le bord libre, extrêmement découpé, donne naissance à à
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groupes très inégaux de cordages tendineux ; un d'eux compte cordages, le suivant 1, le troisième 3, le quatrième 2 et le dernier 4, La hauteur de la valvule est en moyenne de 0 m. 10. On voit, d'après ces nombres, que la mitrale, même complètement relevée, ne pourrait fermer l'orifice, ce qui ent évidemment à un relâchement dû à la putréfaction commencante.
En passant le doigt sous la valvule, on rencontre trois points d’adhérence à peu près équidistants, un postérieur et deux antérolatéraux. Bien qu'elles ne s’'avancent pas, tant s'en faut, jusqu'au bord libre, ces lignes de soudure semblent indiquer que la mitrale est formée de trois parties; les découpures du bord libre sembleraient en indiquer cinq. Sous le rapport de la configuration, cette valvule ne mérite donc point le nom de mitrale ou de bicuspide. Mais ces particularités sont sans importance.
L'oreillette gauche mesure, de l'orifice auriculo-ventriculaire à l'embouchure des veines pulmonaires, 0 m. 45. Surla partie moyenne de sa face antérieure, on remarque un groupe unique, mais très saillant, de belles colonnes charnues, qui occupe presque la moitié de la surface totale. Au sommet de l'oreillette se trouvent les orifices des veines pulmonaires, au nombre de deux seulement, Entre eux existe une dépression limitée par un bord saillant, qui semble conduire dans un troisième orifice, mais qui n’esten réalité qu'une dépression en cul-de-sac. Un repli venant de la paroi antérieure monte à son intérieur et se divise en deux branches qui se portent, l'une à droite, l’autre à gauche, en décrivant une forte courbure, de manière à limiter sur la paroi antérieure du cul-de-sac deux autres
orifices plus petits. Ces derniers mesurent cependant 0 m. 04 de
diamètre. Ils conduisent l'un et l’autre dans un petit cul-de-sac. L'utilité de cette disposition singulière me paraît difficile à saisir. Peut-être le sang, en s’engouffrant dans ces culs-de-sac, pendant la systole auriculaire, les gonfle-t-il de manière à effacer au moins en partie la cavité des veines pulmonaires qui en sont très rapprochées. 1 y aurait là une fonction valvulaire accomplie d'une manière détournée. Mais je me garde de rien affirmer.
L'orifice aortique mesure O0 m. 48 de tour. Il est pourvu de trois valvules sigmoïdes conformées, comme d'ordinaire, en nid de pigeon. Voici quelques dimensions : Distance entre les deux points d'attache de la valvule, 0 m. 16 ; longueur de son bord libre, 0 m. 35; hauteur, 0 m. 15. Ces valvules sont extrêmement minces et cependant très solides. Sur le milieu de leur bord libre, on n’observe pas ce renforcement fibro-cartilagineux connu sous le nom de nodule de Morgagni ou de corpuscule d’Arantius. 11 y a seulement une sorte d’épaississement en forme de crête verticale, sans grande consistance. Sa longueur est de 0 m. 02 environ. Il est relativement assez saillant au niveau du bord libre, etse perd peu en descendant verticalement sur la paroi de la valvule. |
L'aorte a des parois épaisses de 3 112 centimètres, formées d’un tissu élastique jaune, non mélangé d'éléments musculaires, d’une souplesse et d’une résistance admirables. Son calibre est à peu près le même (0 m. 16) à l'orifice ventriculaire et 4 m. environ au-dessus, point où elle se trouvait coupée. Mais dans l'intervalle se trouve une forte dilatation qui fait saillie du côté droit. Au niveau de la partie la plus large, le contour intérieur atteint 0 m, 75, ce qui correspond à un diamètre de 0 m.à 23. Le point le plus large de cette dilatation està O0 m. 50 de l’orifice. Le vaisseau commence à se dilater dès sa naissance, etàa0 m 90 plusloinil areprisson calibre normal. En somme, Fe volume de cette sorte de réservoir est insignifiant relativement à la taille de l'animal, et la réserve de sang artériel qu'il peut contenir ne doit pas avoir une grande influence sur la faculté de plonger.
Immédiatement au-dessus des valvules sigmoïdes, à des hauteurs
légèrement différentes, séparés par un intervalle de 0 m. 15, se trouvent les orifices de deux artères coronaires. Ils admettent le bout du petit doigt.
AO m. 35 plus haut, sur la face antéro-latérale droite, un peu audessous du sommet de la dilatation, se trouve un orifice artériel de 0 m. 08 de diamètre: c'est évidemment celui du tronc brachio-céphalique. La présence de cet orifice isolé dans ce point est à remarquer. L’aorte était coupée à 0 m. 30 environ au-dessus de lui, et aucun autre vaisseau ne se dégageait d’elle dans ce troncon terminal. L'artère brachio-céphalique est donc séparée par une distance d'au
moins 0 m. 50 du vaisseau le plus rapproché, c'est-à-dire de la carotide gauche.
b) — Cœur droit (fig. 6). — Le ventricule droit a des parois un peu plus minces que le gauche.
La valvule tricuspide est plus haute que la mitrale; son bord libre est plus déchiqueté, parce que les cordages tendineux qui s’y insèrent sontmoins groupés; ces cordages sont aussi plus longs. La valvule est divisée en deux parties par deux lignes d’adhérence situées, l’une à la partie antérieure, l’autre à la partie postérieure de l’orifice.
Dans l’oreillette droite, on observe, comme dans l'oreillette gauche, un groupe de colonnes charnues, offrant une disposition analogue, mais moins développées.
Les orifices veineux ne possèdent ni valvules ni dispositions spéciales capables de régler le cours du sang.
Les sigmoïides pulmonaires sont identiques aux sigmoïdes aortiques.
L'artère pulmonaire a une épaisseur et un diamètre à peine différents de ceux de l'aorte. Cependant son calibre est un peu plus fort, et son sinus, égal en grandeur absolue à celui de l'aorte, se trouve en conséquence relativement moins développé. Son contour au niveau de l’orifice ventriculaire mesure en effet 0 m. 57, ce qui
donne un diamètre de 0 m. 18, tandis que son sinus offre seulement
HISTOIRE DU BALÆNOPTERA MUSCULUS. 147 Om. 73 de tour, ce qui donne Om. 23 de diamètre intérieur. L'origine des deux artères pulmonairesest à 0 m. 50 de l'orifice ventriculaire : leur diamètre est de 0 m. 11, et leurs parois ont une épaisseur correspondante à celles de l’artire commune. Le faible diamètre des artères pulmonaires droite et gauche relativement à la pulmonaire commune est à remarquer. Ges artères s'ouvrent précisément au sommet du sinus de celle-ci, et ce sinus prend naissance sur les
parois du vaisseau plus brusquement que celui de l'aorte,
c) — Système artériel. — Pour ce qui concerne les autres parties de l'appareil circulatoire, je n’ai presque rien à mentionner. La dissection des vaisseaux eût demandé beaucoup plus de temps que les délais accordéspar l'Administration de la marine ne permettaient d’en, dépenser. J'ai pu seulement constater que l’aortese termine en une artère caudale qui passe au-dessus de la bifurcation des corps caverneux et s'engage dans le canal des os en V. Ces os en V sont donc véritablement le représentant de l'arc hœmal des vertèbres des poissons. Au delà des os en V, on retrouve jusqu'au bout l'artère caudale sous la forme d’un petit vaisseau étroitement accolé aux vertèbres. Sous les arcades des os en V, la caudale occupe une situation médiane et est accompagnée de deux veines satellites. L'artère se distingue des veines, sans parlèr de sa position centrale, par l'épaisseur et la fermeté de ses parois quilui conservent sa forme arrondie. Elle mesure, sous le 2° os en V, 0m. 02 de diamtre, tandis que les veines aplaties mesurentO m. 01 de large sur 0 m. 03 de hauteur. Lereste du canal hœmal es! occupé par un
tissu conjonctif chargé de graisse.