EXTÉRIEUR
Les planches I à IV représentent l'animal tel que l’a laissé la mer en se retirant. ILest couchésur le dos, latête enfouie dans le sable jusqu’à la fente buccale. La langue énorme git hors de la gueule et paraît encore plus démesurée par le fait qu'elle a été en partie arrachée et qu'ayant perdu toute tonicité, tiraillée par la mer , elle s’est étendue en surface aux dépens de son épaisseur. Elle forme au-devant de la tête une nappe de chair de 5 m. de long sur près de 2 m. de large.
Ses deux nageoires pectorales sont presque au ras du sol : leur extrémité appuie sur le sable.
Le pénis, en exsertion aussi complète que possible, pend sur les flancs, et sa pointe touche la terre.
De l'extrémité dela mâchoire inférieure jusqu’à l’ombilic se voient les sillons et les plis parallèles caractéristiques du genre. Ils sont à demi ouverts parsuite du ballonnement du ventre.Les jours suivants, les gaz développés par la putréfaction ayant augmenté de volume, le ventre a achevé de se déplisser.
La longueur totale du corps, mesurée sur une parallèle à l'axe, du bout de la symphyse du mentonau milieu du bord postérieur (1) de la nageoire caudale, est de 18 m. 80.
La partie la plus volumineuse du corps est au niveau des nageoires ou un peu plus en arrière. En ce point, la demi-circonférence du côté ventral, d’une nageoire à l’autre, est de 4m 70. En avant des nageoires, sous la gorge, le contour longitudinal est déprimé ; mais
cela tient à ce que, la langue ayant abandonné la cavité buccale,
(4) Dans toutes les descriptions, nous supposerons l'animal couché horizontalement sur le ventre : antérieur signifiera du côté de la tête ; postérieur, du côté de la queue ; supérieur, du côté du dos ; inférieur, du côté du ventre.
le plancher de la bouche s’est affaissé. De même en allant vers la queue, au point où finissent les stries, il y a un ressaut, mais anormal et produit par le ballonnement du ventre. A l’état d’intégrité, le contour doit être continu, montrant sa partie la plus renflée entre les nageoires pectorales et l'ombilic, s’arquant assez brusquement vers la tête, très lentement vers la queue (pl. XVIII, fig. 1).
Dans le sens transversal, le contour est très arrondi vers la partie moyenne du corps (pl. IT), un peu aplati en dessous au niveau de la tête, caréné au delà de l’ombilic et de plus en plus à mesure que l'on se rapproche de la queue (pl. IV).
Le contour dorsal a été difficile à apprécier, parce que nous n'avons pu retourner l’animal et que nous ne l'avons vu de dos que par troncons.
Cependant nous avons pu remarquer que, dans la partie moyenne du corps, il est très légèrement convexe; que la tête est très plate en dessus, avec une petite bosse enavant des évents ; et que, un peu au delà du niveau de l'anus, il devient de plus en plus caréné jusqu’à la queue. En arrivant à la nageoïire caudale , cette carène se perd en haut comme en bas , en une nervure fine sur la surface aplatie de cette nageoire (pl. V, fig. 2et 3).
En résumé, le corps est plus large que haut et à peu près elliptique, des nageoires pectorales à l'ombilic; il est beaucoup plus large que haut et aplati surtout en dessus, au niveau de la tête ; il est plus haut que large de l’ombilic à la nageoire caudale , et la prédominance relative du diamètre vertical sur l’horizontal devient de plusen plus marquée à mesure que l’on se rapproche de cette dernière.
Sur les côtés de la queue, en arrière de l'anus commence un sillon superficiel, une sorte de pincement longitudinal de 0" 20de largeur environ, qui a son maximum de profondeur à { ou 2" delanaissance de la nageoire caudale (pl. I, IL, IV et XVI, fig. 1).
Les nageoires pectorales, en mesurant sur une parallèle à l'axe du corps , sont à 7 m. 30 de la symphyse du menton et à 1 m. 50 du
milieu du bord postérieur de la nageoire caudale, et par conséquent. à très peu de chose près, àlaréunion du second cinquième avec le suivant :end’autrestermes, lapartiesituée en avant desnageoiresaun peu moins des 23 de la longueur du reste du corps. Les nageoires sont évidemment situées fort en avant du centre de gravité.
Un moulage de leur faceinférieure a été pris par M. EupEs DESLONG- CHAMPS.
Leur forme est allongée etcomparableà un triangle très aigu dont un des longs côtés serait courbe. La base représentant l'insertion de la nageoire mesure 0 m. 85. Le sommet est dirigé en arrière. Le bord postérieur, sensiblement rectiligne, mince, souple, presque tranchant, a 4n. 60delong. Le bord antérieur, ferme et épais, surtout à labase, a 2 m. 48 de longueur. Ensomme, la nageoire est fort petite. Le point où elle se dégage du corps correspond exactement à l'articulation du coude. L'humérus est entièrement noyé dans les chairs , sous les téguments. Comme l'articulation scapulo-humérale est seule mobile, le centre de rotation de la nageoire est donc situé plus profondément
que son origine apparente au ras de la surface.
Lanageoire caudale (pl. II, IV et V, fig. 2 et 3) a un grand développement et constitue par ses dimensions , par sa forme et, comme nous le verrons plus loin, par sa structure, un instrument d’une puissance extraordinaire. Sa forme est triangulaire ; son bord postérieur mince a une longueur de 4" 08 et représente la base du triangle. Le sommet tronqué, situé au point où la nageoire s’unit au corps, n’a que 0" 40 de large. La hauteur , du miliéu de la base au milieu dela troncature, est de 4" 22. Une encoche de 0 m. 20 de profondeur divise la base en deux moitiés symétriques ; les lèvres de cette fente sont un peu renversées en dessous.
Le bord postérieur est mince, tranchant, souple ; les bords latéraux sont très épais et arrondis à leur naissance, et vont en s’amincissant de plus en plus vers les angles , qui sont minces et souples comme le bord postérieur.
HISTOIRE DU BALÆNOPTERA MUSCULUS. 13 La nageoire dorsale (pl. V. fig. 1, etpl. XVII, fig. 1) est très peu
élevée, mais fort étendue en longueur, car ellese continue insensiblement à sa base avec la longue carène qui s'élève sur la partie postérieure du dos de la queue. Le milieu de sa base est à 3 m. 40 en avant du milieu du bord postérieur de la caudale. Sa situation est à l'union du dernier sixième de la longueur du corps avec l'avantdernier : elle est donc très reculée vers l'arrière.
Sa forme est celle d’un triangle, en partie curviligne. La base inférieure, horizontale, longue de 0 m. 70, est seule enligne droite ; elle se perd insensiblement sur la carène dorsale de la queue, carène qui n’est en réalité qu'un prolongement de cette base. Le bord antérieur, fortement recourbé en arrière et convexe, a 0 m. 80 de long. Le bord postérieur, plus court que le précédent, est fortement excavé. Du fond de la concavité au bout de la nageoire, la distance est de 0 m. 25. Une ligne courbe représentant la médiane du triangle et par conséquent la saillie réelle de la nageoire mesure 0 m. 38. Enfin il est utile d'ajouter que, sous la base de la nageoire, la carène dorsale est épaisse, élevée, et se continue insensiblement avec elle. La nageoire elle-même est fort épaisse à la base, très mince le long du bord postérieur et au sommet, tandis que le bord antérieur, très épais à son origine, s’amincit graduellement vers la pointe.
La nageoire, de même que la carène dorsale, est formée, comme
on sait, uniquement de tissu adipeux.
Sur la ligne médiane, on trouve, d'avant en arrière, en fait d’organes dont la description extérieure appartient à ce chapitre, l'om-
bilic, le pénis, les mamelles rudimentaires et l'anus.
L'ombilic est une dépression longitudinale peu profonde. Il marque la limite postérieure de la région des plis. Il est (sur une parallèle à l'axe du corps) à 10 m. 86 de la symphyse du menton et à 7 m. 94 de l’extrémité de la nageoire caudale. Sa situation est donc
telle que si l’on divisait le corps en 7 parties égales, 4 d’entre elles seraient en avant de lui et 3 en arrière.
A2 m. 64 en arrière de l’ombilic se trouve l'anus. Il se voit sur les planches I, IT et XVIIT, fig. 1, où il est représenté par une petite saillie, un peu en arrière de la base du pénis. La figure 2 de la planche XVII le représente d'après un moulage de M. EuDEs DESLONGcamps. Cet orifice est à 5 m. 95 du bord postérieur de la queue, en mesurant le long de la ligne ventrale. Mais, en projections sur l'axe, cette distance se réduit à5 m. 80. Del'anus à la symphyse il ya donc 43 m. 50, en sorte que si l’on divisait le corps en 7 tronçons égaux, 5 seraient en avant de l’anus et 2 en arrière. É
L'anus a la forme d’une fosse ovale de O0 m. 18 de long sur 0m. 087 de large, entouré par un rebord légèrement saillant. Mais ces dimensions sont celles de la fosse anale et non celles de l’orifice proprement dit. En cherchant à pénétrer avec le doigt dans l’orifice, on constate que celui-ci est fort petit, qu'il admet à peine l'index, et qu'il est relégué à l'extrémité antérieure de cette fosse. Ses bords rapprochés et froncés le laissent à peine entrevoir. Le conduit dans lequel il donne accès plonge à 45° en avant et en haut. Tout le reste de la fosse anale est occupé par une grosse papille ovale de consistance ferme. Un sillon bien marqué sépare cette papille convexe des
bords plus élevés de la fosse.
Entre l'anus et l’ombilie, à 0 m. 70 en avant du premier, commence le pénis (pl. I, IV et XVII, fig. 4); mais comme celui-ci a Om. 32 de diamètre à la base, son centre est en réalité à 0 m. 86 de l’anus. Dans notre individu, le pénis était entièrement dévaginé, autant qu'il peut l'être sans doute dans l’état d’érection. Sa longueur, mesurée le long de son bord postérieur, était de 2 m. 54 et lui permettait de toucher 12 sol après avoir contourné lesflancs de l'animal. Il est vrai que celui-ci était un peu enfoncé dans le sable. Il était
fléchi en avant et retombait sur le côté gauche. Assez souple, il se
laissait facilement reporter d’un côté à l’autre ou même renverser en arrière; mais il revenait sans cesse vers sa position primitive en vertu de son élasticité.
Sa forme est assez régulièrement conique : il mesure 0 m. 93 de tour à la base, 0 m. 67 au milieu, 0 m. 45 au commencement du 3e tiers et 0 m. 05 près du bout. L’extrémité est terminée par 3 petits lobes, dont 1 postérieur et 2 antéro-latéreux (1). L'orifice uréthral admet seulement le bout du doigt.
A la réunion du tiers inférieur avec le tiers moyen, au point où le contour est de 0 m. 45, se voit, sur la ligne médiane postérieure, une sorte de petit lambeau charnu, rougeûtre, donnant l’idée d'un frein préputial qui aurait été rompu.
Sur les coupes, le pénis n'est rond que vers l'extrémité. Vers la base, il est comprimé latéralement. Au point où il sort du ventre, il est entouré d’un sillon limité par un bourrelet peu accentué. Il semble surgir d’un orifice ovalairequesa base remplit tout entier. On sait que lorsque le pénis est rentré, il disparait tout à fait par cet orifice
dont les bords se rapprochent et simulent une espèce de vulve.
Entre l'anus et la base du pénis, mais tout près de ce dernier, se trouvent les mamelles rudimentaires. La figure 1 de la pl. XVII représente cette région réduite à 4110° d’après un très beau moulage fait par M. Eupes DESLONGCHAMPS.
On voit que le pénis (p) se prolonge en arrière, entre les mamelles, par une sorte de cordon saillant(rp)large de 0 m. 03. Cette sorte deracine du péniss'avance à 0 m. U5audelà des mamelons. Elle estlimitée ‘de part et d'autre par deux sillons (sp) qui s'avancent en divergeant vers la base du pénis, qu’ils contournent un instant, puis se perdent insensiblement dans le sillon péripénien. En dehors de ces deux sillons, s’en trouvent deux autres (sm) qui appartiennent proprement
aux mamelles. Ils ont la forme de deux incisions. Je ne saurais mieux
(1) Le pénis supposéramené en avant le long du ventre. Le bord antérieur est celui qui, dans cette situation, est en contact avec l'abdomen.
les comparer qu'à la solution de continuité produite dans une substance élastique par un coup de bistouri FROPREN en deux queues, comme disent les chirurgiens.
- Ces deux sillons mammaires sont légèrement convergents d'avant en arrière. Leur écartement est de 0 m. 20en avant et de0m. 06 seulement en arrière. Leur profondeur au centre est de 0 m. 015 et se réduit à rien vers les extrémités. Ils commencent en avant sur les côtés de la base du pénis, séparés du sillon péripénien par une distance de 0 m. 02, et se terminent à 0 m. 10 en arrière de la terminaison postérieure de ceux-ci. Leur longueur totale est de 0 m. 34 pour celui de gauche et Om. 38 pourle droit.
Un peu en arrière de leur milieu, au joint le plus profond, s'élève un petit tubercule blanchâtre (m), long de 0 m. 022, aussi haut que long et très aplati transversalement (largeur, 0 m. 009): c’est le mamelon. Son bord libre est très irrégulier et conformé comme une tête de chou-fleur. Dans son ensemble , la région mammaire ne foune point une saillie appréciable sur les téguments. 4 <e
La région plissée du corps s'étend en longueur de la symphyse à l'ombilic et en largeur del’uneàl’autre nageoire pectorale. Bien que les plis empiètentun peu sur la peau qui recouvre le maxillaire inférieur, on peut dire que leur limite antérieure est marquée par le bord inférieur de ce maxillaire. Au delà de la commissure dela bouche, cette ligne suit un instant la même direction ; mais comme en continuant elle viendrait passer au-dessus de la racine de la nageoire, elle s’infléchit un peu vers le bas, de manière à s'engager sous l’aisselle. Les plis les plus voisins, au nombre de 3 ou 4, suivent ce trajet sinueux et s’entassent un peu les uns sur les autres dans la région axillaire.
La limite postérieure de la région des plisest une ligne sinueuse qui va de l’aisselle à l’ombilic. Les plis se terminent tous à une petite distance d’un sillon léger qui sépare le corps en deux parties , l'une
antérieure, splanchnique , l’autre postérieure, musculeuse, motrice.
La ligne qui forme la limite postérieure de la région étant très oblique en haut eten avant, la longueur des plis se trouve être très inégale. Les latéraux ont à peine la moitié de la longueur de ceux de la région médiane.
Leur direction est parallèle à l'axe du corps, sauf quelques sinuosités insignifiantes, dont la plusimportante est l’inflexion déjà mentionnée que forment les plis extrêmes pour venir s’engager sous l’aisselle, au lieu de passer au-dessus de la nageoire.
Leur largeur est à peu près la même dans tout leur trajet. Aussi,
pour garnir la région qu'ils occupent, dont la largeur est très variable selon les points, ils modifient non leur diamètre, mais leur nombre. C’est ainsi que par le travers des nageoires, là où le corps est le plus renflé, on compte 70 plis, tandis qu’en arrière, il n’y en a plus que 44. En avant, leur nombre diminue de même. Ces modifications de nombre se font par le moyen d’anastomoses et de divisions. e Ces plis sont formés par une alternance desillons et de bandes en relief. La largeur des bandes est de 0 m. 05 ; celle des sillons varie dans des limites étendues selon l’état de distension du ventre. Dans les conditions normales, elle est nulle, les plis étant tout à fait fermés ; quand la peau est tout à fait distendue, leur largeur atteint Om. 08 à 0 m. 10. Iei le ventre étant ballonné, leur largeur égale celle des bandes en relief. La différence de niveau entreles bandes et le fond du sillon varie naturellement en sens inverse du déplissement. Ici, elle est de 0 m. 10 environ ; mais lorsque les plis sont tout à fait fermés, elle atteint 0 m. 03.
Les côtes ne sont nullement anguleuses. Leur face libre est plane, et lorsque les sillons sont fermés, leurs bords latéraux*tombent à pic en formant un angle droit avec la face superficielle.
La peau est très adhérente sur les côtes ; elle est plus large et finement plissée de cannelures secondaires dans les sillons. Les cannelures, taillées carrément comme les plis principaux, ont envi-
ron 0 m. 001 de largeur. Sur les côtes, on en trouve parfois de sem-
ARCH. DE ZOOL. EXP. ET GÉN. — 20 8ÉRIE. —T. 111 Dis, suPPL. 1885, 1er Mém. 2
blables, mais rares, superficielles et mesurant 9 m. 004 à O m. 006
au moins.
Comme nous l'avons vu, le dessus de la tête est très plat et à peine mouvementé par la saillie d’un cône des évents très peu marqué. Cette saillie se trouve en avant des évents et est déterminée par les puissants muscles dilatateurs quise trouvent à ce niveau.
Les orifices eux-mêmes des évents (pl. VI) ont la forme de deux virgules adossées par leurconvexité. Un sillon médian assez marqué les sépare. Leur description complète sera donnée plus loin.
La commissure labiale est dans le même plan transversal que l’extrémité postérieure des évents. Elle se trouve au-dessous et en avant de l'œil, à 0 95 environ de celui-ci. Lalongueur de la fente buccale, mesurée du bout de la mâchoire supérieure à la commissure, en projection sur l'axe, est 3" 60. Cette fente est rectiligne dans la plus grande partie de son trajet, et sa direction est telle que, prolongée, elle viendrait passer au-dessus de l'œil (pl. IX et XVII, fig. 1); mais, à Om 40 de sa terminaison, elle s’infléchit vers le bas, en formant avec sa direction primitive un angle de 35° environ, et vient
passer au-dessous de l'œil.
Passons maintenant à la description de la couleur de l'animal.
D'une manière générale, le Baleinoptère est noir en dessus, blanc en dessous ; mais la ligne qui sépare les deux couleurs ne suit pas régulièrement le contour latéral du corps. Cette ligne (pl. I à IV et XVII, fig. 1), examinée d'arrière en avant, suit à peu près le bord antérieur de la nageoire caudale, empiétant cependant sur la face inférieure de plus en plus au fur et à mesure qu'elle se rapproche de l'insertion. Elle gagne ainsi presque la ligne médiane, en ne laissant sous la queuejusqu'à l’anus qu'une bande blanchelarge de10à 12centimètres seulement. À partir de ce point, la ligne s’infléchit peu à peu vers le haut, passe à 0" 45 de la ligne médiane au niveau du pénis,
et continuant son trajet obliquement ascendant rejoint la région
des plis à moitié chemin environ, entre la racine de la pectorale et l'ombilic, à peu près à égale distance des lignes médiane, dorsale et ventrale.
Dans la région plissée, les côtes saillantes sont partout blanches. Dans les sillons, la couleur n’est pas la même des deux côtés, Elle est blanc-rosé au voisinage de l'ombilic sur une longueur d’environ 2. Mais en se rapprochant des parties latérales, la région rosée diminue rapidement d'étendue, et finit par se réduire à presque rien. Au delà de cette région rosée, lessillons deviennent noirs etrestent tels du côté gauche jusqu’à leur terminaison. Mais àdroite, après s'être montrés noirs pendant quelque temps, ils deviennent blancs et restent blancs jusqu’au menton. La ligne qui sépare la partie blanche de la partie noire est fortement oblique en avant et en haut, ensorte que les sillons les plus latéraux restent noirs, même à droite, jusqu'à leur terminaison.
La peau qui revêt les maxillaires inférieurs est noire ; mais, sous la symphyse, elle est blanche surun espace en forme de demi-cercle ouvert en bas (pl. II).
Les nageoires pectorales sont noires en dessus, blanc grisâtre en dessous ; le bord antérieur a la couleur de la face dorsale.
La dissymétrie de couleur est encore plus accentuée dans la gueule : les lèvres inférieures (si tant est que l’on puisse donner le nom de lèvres aux bourrelets dont je veux parler) sont entièrement noires ; la lèvre supérieure est noire à gauche dans toute sa longueur, mais, à droite, elle est noire en arrière et blanche en avant, sur une longueur de 1"20. La ligne de séparation des parties noires et blanches n’est pas exactement médiane ; le noir empiète de quelques centimètres sur le blanc. Cette même ligne est en outre irrégulière de forme et la transmission est tout à fait brusque. En remontant vers le dos de la tête, la teinte blanche de la lèvre passe au noir brusquement et suivant une ligne très irrégulière.
Dans toute la région où la lèvre est blanche, les fanons sont d’un
blanc jaunâtre, entremêlé cà et là de bandes longitudinales noires.
Partout où la lèvre est noire, les fanons sont d’un noir bleuâtre, entremêlé çà et là de rares bandes longitudinales blanches. Ces variations s’observent surtout dans la zone de transition.
Tous ces caractères de coloration se voient bien sur les planches VIT, VIII et IX.
En dedansdes fanons, le palais est recouvert d’une muqueuserosée, dont la nuance tendre est vive et délicate. La langue est d'un ton
plus grisâtre et devient tout à fait grise à certains endroits.
Ainsi que je l'ai fait remarquer déjà, l’animal n'ayant pu être retourné, il a été impossible de prendre, par une vue d'ensemble, une idée nette de sa configuration extérieure. J'ai cherché, cependant, à le restaurer pour ainsi dire, avec ses couleurset sa forme normales, dans un dessin fait avecle soin Le plus scrupuleux, d'après les mesures prises. C’est ce dessin que représente la figure 1 de la planche XVIIT ; il est fait à l'échelle de 11100. Après l'avoir exécuté, J'ai été frappé de la forme allongée, en cigare, de l’ensemble du corps, de l'extrême aplatissement de la tête et de l'insertion dorsale des nageoires. Ce dessin ressemble peu, il faut l'avouer, à ceux que l'on trouve habituellement dans les ouvrages. Cependant, je le répète, il est le résumé de toutes les mesures prises au mètre sur l'animal lui-même.
Je ferai remarquer en outre que les dessinateurs, pour augmenter l'effet imposant du monstre, s'arrangent en général de manière à montrer des raccourcis. Dans mon dessin, l'animal est vu entièrement de profil. Si on veut bien le comparer à la photographie de la planche I, on verra que l'allongement au fuseau n’a pas été exagéré, car, au moment où la photographie de la planche I à été prise, l'animal
était fort peu enfoncé dans le sable.
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