BISTOIBV f^n BA.S-EMPinB
la rivière de Mêlas et rEurymëdon j dans une position désavantageuse où les paysans pamphiliens les serraient de près ; mais l'arrivée de ràrmée impériale les sauva ; et Léon , par négligence , faillit même se laisser surprendre daiis son camp par Tedtreprenant Tribigitd. Quand à Gainas , irrité de la tj?op grande puiss2<nce du vil Eutrope^ au lieu 4e combattre- sérieusement 9 il calcula toutes ^es manœuvres de manière à laisser tout ravaudage aux rebelles ; et il finit par annoncera la coût de Gonstantinople qu'il ne comptait pas sur la victoire. Il sollicita, en même temps. Tautorisation de négocier la p^ix^tdont unedes pretnières conditions fut la demande de la tête d'Euirope.
Cet^ impérieuse requête. de-Tribîgild fut ap* puyée par' les larmes de Timpératrlce Eudoxe', qui se plaignit à son mari d*un affront que sestnfans avaient reçu du fcivori. (A. 599*) Arcadius consentit à signer Tarrêt de mort d'Eutrope/qui se déroba à sa condamnation^ en se retirant dana l'asile respecté du sanctuaire ; saint Jean Chrysostôme prit alors la défense du ministre, et sbw éloquence fit commuer le châtiment en une sen- ' tence d*exil dans ^rîle de Chypre; mais à pein6 en toucha-t-il les rivages qu'il fut rappelé et'exé-* cuté dans les faubourgs de Chalcedon.
Sur ces entrefaites. Gainas s'était ouvertement révolté coQtre Tempire» et s'était joint à ïnbigad
HISTOIRE xDO BlS-BMPlllE. iSg
sur qui SÇ9 talens supérieurs lui donuaieni 'do rastcendant. Les deux conijédérés s'avancèrent iusqu'du Bosphore. Arcadius fut contraint; do cpauer sa persoan^e et son autorité» à la parole ' djun Barbare , et l'on choisit , poi^r Tentrevue , une église près de Chalcédon. Les- consuls Aurélius et Saturniuus.se virent menacés d'une mort imniédi^te à la demande du farouche Gainas ^ qui consentit enfin à leur accorder un répit temppraire. Les Qotlis passèrent en Europe, et leur chef 9 qui accepta' le titre de général de l'empire d'Oriietnt 9 remplit Constantinople des troupes qui lui étaient dévouées. Gainas exigea qu'une église fut affectép au culte, des Ariens , ses religionnaires; les catholiques virent, avec horreur, l'hérésie publiquement tolérée; bientôt les citoyens opulens redoutèrent cette multitude de Barbares qui portaient des regards avides sur les riches bouti-' ques de la capitale; à chaque instant, dans tous les quartiers de Constantinople , il y avait des' scènes de tumulte et de désordre; exaspérés, tous les habitans de la ville prirent les armes. Pendant l'absence de Gainas 9 sept mille Barbares furent massacrés, et il apprit à la fois que l'élite de son armée était détruite, qu'il avait été déclaré enno- ' njii de l'état', et que son compatriote Fravitta, hoJtme loyal et dévoué à Tempirc , était ciiafgé de. le combattre par mer comme par terre. Après quelques tentatives infructueuse^ sur le$ villes dé
l6o BlSTOli^E ÙXi BA9-EMPt&E.
Thrace y le chef rebelle , pressé par la famine ^ ▼oulut forcer le passage de rHellespont: mais il en fut empêché par le vigilant Fravitta ; la flotte impériale détruisit les radeaux sur lesquels lei Goths s'étaient embarqués , et leurs débris couvrirent l'HeUespont. Après avoir ainsi perdu plusieurs milliers de ses plus braves soldats, Gainas renonça à soutenir plus long -temps cette lutte eontre Tempire , çX résolut de reprendre le genre de vie de ses sauvages ancêtres. A la tète d^n corps de cavaliers 9 il échappa aux poursuites de Fravitta et s'avança rapidement vers le Danube; mais là 9 il rencontra un plus redoutable ennemi \ Uldin 9 roi des Huns 9 s'opposa à son passage avec des forces' supérieures 9 et le fugitif fut tué avec ses compagnons 9 en essayant de se frayer un chemin dans les rangs de ses adversaires 9 le 5 janvier 401.
Arcadius, une fois délivré des appréhensions où Tavait tenu cette rébellion 9 s'abandonna aveuglément Ik la direction d'£udoxe. Ce qu'il y eut de plus remarquable pendant la durée du pouvoir de cette impératrice 9 ce fut la persécution de Jean Chrysostôme qui avait encouru sa haine en s'exprimant trop librement sur les vices <[u'on attribue à cette princesse. EUeie fit exiler; mais le peuple de Constanlindple se souleva et la força d'ordonner son rappel auquel eHe consentit d'autant plus volontiers, qu'un tremblenient de
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terre ; qui survint alors fort à propos , lui persuada que<le ciel prenait la défense de Tévêque. Ce prélat ayant cependant récidivé quelque tenais après, l'impératrice lui fit sentir de nouveau le poids de sa contre, mais elle eut auparavant la précaution •de faire entrer un corps de troupes dans la ville. Jean Ghrysostôme fut banni, et la vengeance d'Eudoxe le poursuivit plusieurs années jusqu'au inoment de sa mort, occasionnée par les mauvais traitemens qu'il eut à subir. La génération suivante rendit justice aux vertus de cet homme, et trente ans après qu*il eut cessé de vivre 9 ses restes furent transférée à Constantlnople où l'empereur Théodose, le jeune, implora publiquement le pardon du saint pour ses persécuteurs.
Eudoxe, encore dans la fleur de l'âge et de la beautéj» descendit dans^la tombe. Son époux fut plus affligé de cette perte qu'il n'avait pu l'être des révoltes, de ses sujets, des incursions des Barbares , des tremblemens de terre y des incendies et des famines qui avaient presque, sans relâche, désolé toutes les époques de sou règne. II ne sur-^ vécut que trois ans à l'impératrice et expira dans ^ son palais de Ck)nstantinopie , dans la trenteunième année de son âge et la quatorzième de .son règne, 4e i*' mai 4oB. Il laissa un fils qui n'a* vaitqiie sept ans, et trois filles, Pulchérie , Arca»dÎG et Marine. . ^ ~
L'hislQrien Procope, prétend qu'Arcadius cou-
l6â HistOliite bu frÀ8^EM#iAlt.
fia la tutelle de son fils àJesdegard, roi de Perse f et que cdui-ci s'en acquitta plus loylsilement qu'on ne pouvait Tespérer du chef d'une nation si longtemps rivale de l'empire. Maiftle silepcedes écrivains contemporains sur un fait si ren^arquable , nous permet d'en douter. Il parait, au contraire» que ce fut le préfet Anthemius. qui s'empara des rênes du gouvernement qu'il garda pendant sept 'aus,^et que 9 grâce à sa prudence et à sa fermeté, Ja miaorité^ du Jeiine Théodose fut plus avantageuse que fatale à l'empire. Uldin, campé en Thrace avec toute son armée 9 après s*être refusé à toutes les propositions d'accommodement» fut forcé de repasser le Danube ; GonstanJinople vit s'agrandir son enceinte et s'élever, peiur sa défense» de nouvelles fortifications; l'on forma en même temps le projet de tenir une flotta de deux deux cent cinquante vaisseaux sur le Danube pour en .protéger les rivages.
A. cette époque 9 l'Occident était en proie à des calamités produites d'un côté par J'amjaition » de l'autre par l'Imprévoyance. Les auxiliaires étrangers, attachés à Stilicony n'avaient £siit qiCajourner leurs projets de vengeance. L'impolitique atrocité des 'ministres d'flonarius qui avaient ordonné le massacre général de leurs femmes et de leurs enfans, gardés conmie en étage dans Ibb villes fortifiées d'Italie» livra» à Un implacable ressentiment» trente mille hommes les j>lus bra-
HISTOIBE DU -B AS-ÉMPIRte* ^65
vés de rarmée. Ils confièrent à Àlaric le soin ilc panjr cette violation manifeste des droits de Thospitallté. Celui-ci épiait avec soin, depuis lon,'^temps, rînstant favorable pour tenter l'invasion qu'il méditait. La négligence deia cour de Ra- ^venne» à remplir les conditions des traités antérieurs, lui donna Toccasion d"'en réclamer l'exécu- Ifon ; il le fit avec une telle modération que Tinstnsé Honorius, la prenant popr de la faiblesse, votilut en tirer avantage et lui fournît le prétexte qu'il déRiraît pour rompre ouvertement. Rome qui, depuis six cent dix-neuf ans, n'avait pas vu Tennemi s'approcher -de ses murailles, fut assiégée "pai* les Goths; mais Rome était peuplée de citoyens pervertis pac lejuxe et livrés à tous les vices; au lieu de repousser l'ennemi, ils assou-* prissent leur rage sur l'innocente veuve de Slîlicon qu'ils accusèrent d'avoir appelé Alaric. Bientôt les horreurs de la famine vinrent le^ assaillir, et ils se tinrent trop heureux d'obtenir, du roi dc« ^ôths, la levée du siège 1 des conditions pluA qu'exorbitantes. Mais ce ne fut qu'un couH répit; lès fautes des ministres de l'empereur attirèrent ^e nouveau, sous les murs de Rome, Alaric qui, ^tte fois, contraignît les habîtans à se soustraira \AsL domination d'Honorius et à élire Attale leur préfet pour empereur. Toutes les >v^illes d'Italie, 4 l'exception de Bologne , suivirent l'exemple de f ancienne maîtresse du monde ; Honorius, stu*
l64 HISTOIBE Dt . BÀS-EMPIAE.
péfaît, se préparaît à abdiquer yolontairement «ie9 droits, quand le nouvel empereur qu*un caprice avait créé , fui renversé par un autre caprice de r^orgueilleux conquérant qui restitua la pourpre à Honorius comme un gage de paix et d'amitié. Cependant ce dernier ne sut pas profiter xle ces bonnes dispositions; un léger avantage que remporta sur les Goths la garnison de Ra venue , Taveugla au point de le porter à.déclarer ouvertement uue inimitié éternelle à Alaric qui s'en vengea en mettant, pour la Irpisième fois, le siège devant Rome^ Le 24aQût 4io, les Goths pénétrèrent dans cette superbe capitale et la ravagèrent par le fer et le feu ; ses principaux citoyens furent faits esclaves; quelques sélpiateurs seulenieut se sauvèrent sur les côtes d'Afrique où le comte Heraclîen^ qui y commandait, leur fit presque regretter d.e n'étrepas tombés dans les mainsd'Alaric.
La mort arrêta le vainqueur dans ses projets de conquête jsur la Sicile. Son beau-frère , Athaulphe, qui avait été déboutes ses expéditions, fut élu en sa place à T unanimité des suffrages. Celuiei, d^ caractère plus pacifique, rechercha l'amitié d^Honorius dont il épousa la sœur Placidîe, et à qui il rendit de gratids services en faisant rentrer sous sa domination les provinces méridionales des Gaules.
Tandis que Rome et Tltalie se remettaient lentement du co^p que leur avait porté TambitlOn
RlSTOiaB SV BÀS-EMPIftB. l65
d'AIarîc, leur tranquillité fut de nouveau troublée par les tentatives du comte Héraclien qui, ayant pris le titre d'empereur 9 vint d'Afrique avec une flotte nombreuse. Repoussé par les troupes de Tenfipereur , Héraclien abandonna les siens et s'enfuit sur un vaisseau qui aborda à Carthage; mais l'Afrique ^ pendant son absence, avait secoué son joug et était rentré sons les lois d'Honorius. L'usurpateur fut décapité et ses richesses devinrent le partage du vaillant Constance, qui venait de renverser Géronte, en Espagne, et Constantin, à Arles. Ce dernier, se voyant perdu , s'était rendu à un vainqueur dont la grandeur d'âme lui était connue 9 sur la promesse que sa vie serait respectée ; une barbare politique s'y opposa, et quoique Constance eût donné à son prisonnier une forte escorte pour le conduire en Italie, il fut assassiné en route.
L'histoire des contrées d'Occident ne présente, à cette époque, qu'une série rapide d'usurpations et de crimes. Jovin et son frère Sébastien s'emparèrent du tr^ne , à Metz ; ils sont défaits par Athaulpfae, qui marcha contre eux à Tinsligation de sa femme Plaçidie. Athaulphe est lui-même assassiné peu de temps après par un traître qui s'était introduit à son service pour venger la nxort de Sarus, son patron, qu'il avait fart périr. C'est le frère même de Sarus 9 qui est nommé pour lui succéder. Le premier acte de son règne est de
l66 BlfiTOtllE DC 0i.S-filirPIBB.
•^emparer de Placidie et de faire mourir Ic^ mx enfans qu'elle avait eus du .prince ^oth. Mais son autorité fut de courte durée ;'le septième )our il est assassiné. Watlia lui succède; celui ci veut d'abord poursuivre les projets de conquête qu^'avait formés Alajrîc ; il se dispose à passer en Afrique; les vents et les flots lui opposent des ob»taciés qui , aux yeux des G oths. superstitieux, sont des avis du ciel. Décoiirag;é, it accède aux propositionîs d*Honorius, lui rend sa sœur et lui pro« met de i'aidei: de son bras. £n effet, il fit rentre^ tous robéissaiice de Tempère ur d'Occident les provinces d'Espagne envahies par les Barbares f et, conformément au traité qil'il avait fait avec lui , il repassa les Pyrénées à la tête de son armée victorieuse, et vint s-'établîr dans la belle et riche province d'Aquitaine , qui comprend les pays si* tués entre la Garonne et la Loire.
Les Boui^ut gnons et les Francs obtinrent aussi des établissemens permanens dans les Gaules; ils y jetèrent les fondemens de leur indépendance future, quoiffu^ils affectassent de reconnaître toujours l'autorité d'Honorius et de ses successeurs, et que leurs rois sollicitassent le titre de généraux de l'empire. Quant à la Grande-Bretagne^ depuis qu'on en avait retiré les troupes pour les employer à la défense de l'Italie , elle se trouvait abandonnée aui attaques des pirates saxons et des sauvages habitans de l'Irlande et de la Calédonîe. Les
Bretons 9 sYtant armés pour les repousser, ne purent reprendre qu'incomplètement Thabitude de la soumission , et Honorius fut le premier à reconnaître l'émancipation d'une province trop éloignée du -centre de l'empire.
L'indépendance de la Grande-Bretagne et l'esprit de révolte qui se manifestait dans TArmori^ que, amenèrent des changemens importans dans l'administration des contrées plus soumises des Gaules. Ce fut après cet événement que l'empereur Honorius fît paraître , en ^iSy uo édit qui convoquait chaque* année l'assemblée des sept provinces. C'était à Arles , siège du Gouverne* ment, que se tenaient ces assemblées eoniposées du préfet des Gaules » des sept gouverneurs provinciaux » des magistrats et des évêques de sor-< Xante cités et d'un nombre indéfini de grands propriétaires. Elles étaient chargées d'interpréter les lois du souverain, de porter au pied du trône les doléances des sujets , de régler le taux des impôts et de délibérer sur les intérêts des ses pro« yioces. Mais ces concessions du' pouvoir ne furent pas reçues comme on aurait pu le supposer , et l'empereur Honorius exprimait souvent sa surprise d'être oblige de contraindre par la violence les provinces à accepter les privilèges qu'il voulait leur accorder.
Pulchérie, sœdr aînée de l'empereur Tbéodosole-Jeune, n'avait que deux ans de plus que lui.
l6B EISTOIRB DC bas-empiak:
Lorsqu'elle atteignît sa seizième antiée elle reçut le titre d'Augusta ou dMmpératrice et continua > pendant quarante ans , à gouverner l'empire , presque sans interruption, soit eiî son nom 9 soit en celui de son frère ou de Marcian , qui ne por« tait que le nom de son mari. Cette femme illustre avait fait vœu de célibat et persuadé à ses deuxsœurs Arcadîe et Marine/ de l'imiter; mais jamais la haute dévotion de Pulchérie ne nuisit à l'attention qu'elle apportait à la prospérité de Tempire y et seule 9 de tous les dèsoendans du grand Théodose , elle montra qu'elle avait hérité de ses talens et d€t son courage. On a refharqué , à la gloire de l'administration de cette princesse que, quoique sur la fin du règne de son frère ^ TEurope tout entière ^fut ravage par les armes d'Attila, l'empereur n'eut jamais à punir la rebellion d'un de ses sujets. ^
En 42 1 9 Théodose ayant atteint sa vingtième année, la judicieuse Pulchérie lui choisit pour femme la célèbre Aihénaîs, fille du philosophe athénien Léonidas. Celle-ci, après I9 mort de son père, avait été forcée,. par des frères avares et jalouK, de s'adresser à Pulchérie pour en obfenir justice contre eux. Les talens et l'esprit d'Athénaîs la firent remarquer de la princesse, qui n'eut p^s de peine à l'engager à renoncer aux er— TCurs du paganisme et à recevoir le bapléme.
Elle changea alors son nom pour celui d'Eudoxîe.
B10TOIEE tltJ BAS-BMPI1LB« 169
Bieat6t sa protectrice trouva Toccaslon de la faire paraître devaat le >eune empereur qui 9 frappé de «a beauté ^ Quoiqu'elle eût , à cette époque , vîiigir liui^ ans, Tépousa en 431. Cependant Tadroite Pulcliérie.ne lui ]ais3a prendre k tit^e d'impératrice x]u'aprè8 qu'elle eut mi^ au monde upe fille qui, quinze ans plus tard, fut donnée en mariage à l'empereur d'Occident.
Ëudoxie , après son élévation , pardonoa à ses frères leurs mauvais traitemensà son .égard; elle fit pLuSf elle les fit monter au rang de cQcfôuls et de prélats. Au milieu du faste qui l'environnait, elle ne négligea pas nQ^ plus ces études auxquelles elle était redevable^ en quelque sorte, de sa grandeur actuelle. Des écrits qu'elle laissa , et qui furent applaïudis de ^on temps, ne sont pas sans mérite aux yeux de là critique impartiale. Mais son ingratitude envers sa première protectrice p dont elle chercha à renverser la puissance » empreint d'une tache son caractère. £llp eut la ' dessous dans cette lutte , et s'aperçevant qu'elle Tenait de pari|re sans i«.U>|ir l'affection de l'empereur, dominé par sa &œur, elle demanda la periiaiasion d'aller ^ Jérusalem, le ressentiQiai^t do IJulchérie la poursuivit ^ans sa retraite;. Sa* tuniin , grand officier du palais, eût ordre de . faire mettre à mort deux des serviteurs favoris
d'JEludoxiey qui s'en^ vengea par le meurtre de Saturnin ; Théodose, irrité de cet acte arbitraire,
170 BMTOlfiB DU BAStEMPIUE.
lui efileva les honneurs et les privilèges d*impé« ratrice. Le reste de sa vie se passa dans la déTOtion , et 9 après seize ans d'exU , elle mourut à Jérusalem dans sa soixante-septième année, protestant solennellement, à ses derniers instans, 'qu'elle n'avait jamais été infidèle à l'empereur;
car il parait que c'était sur-tout par une telle imputation qu'on, était parvenu à lui aliéner le cœur de Théodose. -
' Théodose , d'un naturel doux et paisible , ne chercha point à troubler la tranquillité des états voisins. Cependant, il eut à soutenir, en 43^9 une guerre contre la Perse, au sujet de Fasîle que' 'trouvèrent, sur le territoire de Tempire, quelques 'fugitifs échappés aux persécutions que Bahram, 'roi de ce pays, dirigeait contré les chrétiens dont le zèle indiscret avait essayé de détruire le culte du fèu. Bahram redemanda les fugitifs, qu'ion refusa de lui livrer; la guerre fut déclarée entre ces deux puissances rivales, mais il ne se passa rien de mémorable pendant deux canipagnés' successives. Les hostilités se terminèrent par la 'eonvention d^une trêve de cent ans qui séinain- Hfnt pendant près de quatre-vingts,' malgré les troubles survenus en Arménie dans -'-cet' intervalle. •**
'* Au commencement du cinquième siècle ce
pays était en proie àdeâdéchiremens-intérieun;
* divisé en deux parties, il était soumis à deux Da<>
BISTOUE DU BAS-EUPIIIS. lyi
lions difféareates. A l'Orknt , Gbosroës régnait coBunc vassal de la Perse; rOcoident, sous l'antorité d'Arsaces, reconnaissali-la suprématie <1(3 l'empire. A la mort d'Arsaces, les Romains voulurent supprimer la royauté dans cette contrée et • réduire leurs alliés à la condition de sujets; mais les nobles 9 indignés, se mirent sous la protection de la Perse et reconnurent Chosroês pour leiir squverain. Trente ans après, le successeur de Chosroês.s'étant attiré ^ leur in imittë, ils solilci-^ tèrent, de Bahram, d'être réunis à. la Perse et •administrés par uu gouverneur au lieu d'un monarque héréditaire. Le roi de Perse y consentit, TAriliénie fi^t déclarée simple province de ses états, et les droits de la fiimille royale des Arsactdes: furent annulés. L'empire, ne vit «pas ceHe disposition sans jalousie; mais les contestations s'appaisèrent à leur naissance par le partage du ci-devant royaume d'Arménie. ■ y .'
PMcidie 5 fille du grand Théodose et veuve d'Athaulphe, avait épousé Constance, le vainqueur de Constantin et de Gérante. Ce .vaillant général; devenu le beau-frère de son souverain , fut associé par lui à l'empire d'Italie, tl ne vécut que sept mois après avoir été élevé à cette nou- ; velle. dignité ; sa mort ne diminua cependant en rien le pouvoir.de sa veuve , qui ayait acquis unô influence c^s^traordinaire sur l'esprit de son frôre Honorius; mais tout-à-coup leur intinûté s'étant
1^3 AiSTOIBB BU BA.S-CltP(.ftB.
changée en une haine mortelle , Placidic prît la fuite et aiTÎva'^vec Kes eofans à ConstMntitiople > peu de temps après le naajriage de Théodose , qui Jeujr Ht un bon accueil.
Quelques mois après, on reçut la nouvelle de la mÀrtd'Honorius. Pendant que la cour de Gonstaiiliuople perdait son temps en vaines délibérations ^ le trône vacant fut usuipé par un étranger . C*était Jean , qui occupait auparavant fa plaoe de principal secrétaire. La prompte soumission de ritalfe et Tespoir d'une alliance àveo les Huns l'encouragèrent à faire partir pour Constantin jiople une ambassade chargée de faire reconnaître ses droits prétendus;: mais lorsqu'il apprit que Tbéodose avait refusé de dbnner audience à ses envoyés y il so prépara à soutenir ses préteations les armes à la main. L'enipereur d*Orient confia la conduite de la guerre à Ardabure et à soîi fils Aspar. Le premier s'embarqua avec Finfanterie ; TauU-e; à la tête de la cavalerie y conduisit Placidie» avec son fils Yalentinteny le long des rirages de b mer Adriatique 9 et s'empara de la ville d'Aqtu'lée. Mais la joie de ce triomphe ne fut pas de langue durée : il apprit bientôt que la flotte d'Orient avait été dispersée par une tempête, et son père pris et conduit à Ra venue. Ce fut pourtant celte circonstance qui facilita la conquèle de l'Itulie ; Ardabure 9 à qui l'usurpateur laissait la liberté, en profila pouç, gagner les soldats et rani- ,
y sat que Boulface, dont la conduite îiisqu'alors savait été si loyale , venait d'attirer, dans les pays qu*il aurait dû protéger 9 une horde de Barbares dirigée par Un chef ambitieux et féroce. Le^ par-, tûans de rimprudent gouverneur lui ménagèrent , avec Placidie, une entrevue où la fraude d'Aêttut fut découverte. Boaiface et la princesse déplorèrenV leur erreur mutuelle ; il voulut la réparer, mais il n^était plus temps; le rot des Vandales se refusa à toutes les propositions d'accommodement^.et dévasta la contrée. Boniface » malgré le« renforts qu'il reçut de Coustaotinople où. Placidie avait demandé du secours , fut vaincu par Gense? rie et obligé de quitter F Afrique qu'il laissa ^ri^oq pouvoir. Il se retira à Rome, et fut accueilli ^^ver beaucoup d.'égards, par Placl/lie qui avait trop d& r6proches;à se faire pour ne pas pardonner .- Elle l'éleva même au rang de patricien et de commandant général des armées d'Occident. Mais Aëtius^ furieux de la promotion de son* rival et de la découverte de ses intrigues, accourut à la tète-d'un corps de Barbares. La faiblesse du gouvern^ement était ,télle, quVn peimit aux deux antagouistes de vider leur différend dans une bataille sanglante. Boniface fut vainqueur; mais^il reçut dans l'action une blessure de la main de son ennemi ;, et en moui'Ut au bout de quelques jours. Malgré .ie pardon généreux qu'il accorda à son adversaire, Placidie déclara celui-ci rebelle et traître à l'état;
I y6 . BfBTOIftB DIT Bi.$«^eXPIK8. ''
et r^après quelques efforts iâfruQlueux , il f«rt tàééé de se réfugfier en Pannonie dans ie camp des Huns clie2 qui il avait passé sa jeunesse conmte
Les Ifcins oçeupaiefit les pays qui ferment au* îoarjl*hui la Hongrie. Après avoir embréssé le parti de ru>urpateùr Jean, à rinstigaliotf d^Aé^ tius , ils reçurent la Paimonie à la condition de se Hfîrer, et tournèrent leurs armes contre Templre 4*Qrieut. La mort de Rugila , leur roi 5 arrêta le» négoeiaf rbm de la paix que Théodose eberekait à ol»tenlr. Attila et Bleda, neveui ëjt successeurs de Rugitas, «consentirent à -une entrevue avec les: mlnistpès de Tempereur. Ce fut dans une plaine spaq^use 9 près de la ville de Mai^u^ , que .ces deux eh^s dictèrent des conditions insultantes auxqùellcs^on souscrivît. Le tribut annuel qujon leur payait fut doublé; on leur compta huitpièces d'or pour chaque 'esclave prisonnier romain éohappé.à son maître; tous ceux- qni s^é« laient réfugiés sur le lenitoire de Tempire leinr fureiitrendu^^ et Théodose s'engagea solennelle'* nkent à renoncer à raliiance des ennemis des Huns. Ce fut ainsi que ce faible empereur acheta > par Ter et parle sacrifice de sa gloire , un repos précaire ; rambitieux Attila déclara ensuite la guerre aux tribus rebelles ou indépendantes de Scythte et de Germanie. >
Ce farouche baii>are avait Tcxtérieur difforme
de la race sanivage dont il descendait et dont on retrouva encore de nos jonrs les prhfcipanx traiti citez lés Cafmoivks. La guerre était son' occupailion fûYorîte ; cependant ce fut son génie plus que son bras qoi fit la conquête du nord de TEu-^ rope. Un paysan ayant trouvé 9 dans les ch^hups^ une épée antique qui était enfouie sous un buis.-' son , en ût présent à Attila. Celui-^ci la reçut avec de grandes démonstrations de respect 9 disant que c'était' Vépéede Mars, et que son possesseur avai^. droff à Tempire de Tunivers. Le preioîe»^ à qu c^ette arme redoutable, dans les malu9 d^AttUa, ' détînt fatale 9 fotsoDf frère Bleda, qui renaît sur tnte portion considérable de la Batioa^ etirqul fut forcé âtabandonner à la fois et son sceptre etia \ie. Attila se vit donc matire des deux royau!nie»do Scytbie et de Germanie^ Son empire s*étendalt« depuis le Ddnube jusqu'au Volga. Parmi les nattions soumises à ses lois, les Gépides et les Ostro- ^tbs étaient plus favorablement (raftésque les autres^ car leurs rois Ardaric et Walimir étaient - admis au conseil et dans Tintlmité dp monarque * dos Huns ; ib tratna|t à sa suite une multitudq d^iulres rois; mais ils n^étaient, à proprement parler, que les gardes et les domestiques de ce| honime» qui conduisait , avec lui, six à sept cetit uiiUe guerriers.-
Sous le règne de Tempereur Afcadîus, un corps d'avanturiers II uns avait côtoyé la mer Caspienne,
passé le Tigre ^ TËuphràte, ravagé la Cilioie et, menacé les- murs d'Antîoche. Uiie secoade incur-^ 'sion sur le tei'rltoîre persan avait été repo^ssée.
' pluis récemment» et la cour de Constantiaôple se flattait que cette contestatation, entre la Perse et^ les Huns » mettrait l'empire à Tabri des, tcnt^tives de ces derniers ; mais cette illusion fut de courte durée. Les deux souverains de TOrient et de rOcoidcut s'étaient coalisés pour aller reconquérir TAfrique; déjà les forces militaires et navales de Théodose remplissaient les divers ports de Sicile. L'adroit'GènseriC} pour parer au coup qui le n>ena<çait, sut persuader au roi des Huns, d*altaquer l'empire d'Orient. Atlila prétexta un larcin qui lui avait été fait, et demanda que Téyéque de Margus, qu'il en accusait, liii fut livrée Le refus qu'on en fit devint le signal des ho$tili-. tés ; Yimiuiacum et les autres villes de Mésie furent détruites par les Barbares, et l'évèque n'obtint gràcc de son ennemi, qu*cn lui ouvrant les poi tes de 5iargu8. Toute la ligne des forteresses^ qui protégeaient les frontières.derilljrrie, devint
' la proie des Huns , qui mirent à feu et à sang Sirmium, Marclanopolis, Naissuset Sardica; des milliers de Barbares se répandirent depuis le Pont- .Kuxin jusqu'à lamcr Adriatique. Toutes les troupes ileslinéesà l'expédition dlAfrique furent rappelées, toutes les frontières de Perse furent dégarnies de leurs garnisons] mais des généraux sans expé-
rterice et des soldats sans discipline 9 ne pouvaient opposer une forte résistaoce, et l'armée inipé^ riale fat vaincue dans trois affaires successives. Les ravages. d^AttîIa s'étendirent jusqu*aux fan^ bourgs de Constaiftiuople. Théodosc et sa cour se trouvaient, il est vrai, à Fabri derrière les muH de la ville y mais ces ihurs avaient beaucoup souffert depuis peu par un tremblement de terre; et, quoique le doinmage eût été aussitôt réparé , le penchant des habitans à la superstition, les portait à croire que le ciel les abandonnait et livrait aux Scythes la capitale de Tempire»
L^-empire d*Orient n'ayant aucun secours à espérer de la politique timide et vacillante de TOctDÎdent , Théodose se vit réduit à implorer la gérosité du vainqueur, qui lui imposa les conditions les plus humiliantes. Les Huns obtinrent une étendue considérable de territoire ; le tribut annuel qu^on-lcur payait fut encore augmenté d'un tiers^et il fallut leur adjuger une somme considérable pour les frais de la guerre ; l'empereur rendit tous les déserteurs qui s'étaient réfugiés dans ses états; et tout prisonnier, qui-avait brisé sa chaîne, dut payer douze pièces d'or pour sa rançon. Par ces dernières clauses, Théodosc avouait son impuissance à protéger ceux qui cherchaient un asile à Tombre de son trône, ou môme ses propres sujets, contre le pouvoir du roi des Huns.
l8o ^ BtSTOfftK 09 BlS-ElUPl&t.
Ce fut en 446 qoe Tbéodose sous^srivtt à eet (MMiditlofDi. Pendant, ce temps, comme pour I« {atiieroog;tr de sa làehe condescendance » une obs* eure vtUe de Thrace opposait aux Huns une ré* flklame opiniâtre; Azyme ^ c'était le nom decttte cité; renfermait dans ses murs ulie jeunesse éaér« gl^pe et belliqueuse. Les Huns furent vigoureusement repoussés dans plusieurs sorties, et Taceueil quejeurs déserteurs recevaient dans la vîHe, où on les employait à renforcer la garnison, semblait devoir prolonger cette lutte. Attila , irrité d*^n tel obsta^e , déclara qu'il romprait la paix qu'il avait accordée à Tempire, si les Azymiens no subissaîent la loi qu'il avait dictée à leur souver'^a; et il somma Tfaéodose de lès contraindre à la soumission ; cetui ci répondit qu'il croyait n'anoir aucune autorité sur un peuple qui venait de défeûdre, avec tant d'héroïsme , son indépendance; eC le puissant' roi des Huns se vit obligé de Irailer, d'égal à égal, avec une poignée de citoyens. Il fallut que les Huns attestassent, sous la foi du serment, qu'ils n'avaient aucun prisonnier azymien, avant que les assiégés leur t>endlssent deux Huns qu'ils retenaient comme étage; Attila se contesta de l'assurance que les déserteurs avaient été renvoyés et que les prisonniers avaient été nus à mort.
Si la fermeté des Azymiens assurait leur tranquillité et les couvrait de gloire, la faiblesse du
§oi>f«nieiiient impérial semblait pmvoqaer de
nowreUes^ iasuUes. Attila dépêchait, Mfip mxt
coup, des ambi»8ad^ à ConataBtwople pont vé^
damer J^exécution du deroier traité et danuuiéer
<}o'on lui liviât les fugltift ; les fiavoris eu roi har«
bare étaient chai^ de ees misaîcnis et t'snriohis-
«aleot aux dépens de leur ennemi, il^ila 6X%ea
que Tempereur 9 à son tour, lui envoyât des sobi^
iMsaadeurs; son orgueil voulait de plus qutls
^fussent tirés de la première classe des ditoyens et
revAU» des principales dignités de Teii^iffOy et SI
«nnonça4iu*il allait s'avancer jusqu'à Sardîea pour
les ivcevoir. On éluda de loi donner ^ceMe salis^
faclion en alléguant l'état miséraUe de oeMe deri-
nîère ville^ et en .prometteol 4e no manqaoir à
aucun des égards dus au monarque des Siq^es.
En 448 , Maximhi , seigneur de la cour de Bysm-
ce f aooepta Toifice d'idier apaiser ce bariMure
4rrfté; fl partit à regret peur se rendre prêt do^
lui.y et fut acp(Mnpàgné de TigîUus qui devait lui
servir d'intçrpr^te» et ^ui jenl connaissait le vé»
rîlable but de cette mission. Les ambasmdeura
d'Attila retournèrent vers leur m^tre; c^élall
Onoste et Ëdeoon dont les enfiins fouèrent » par la
suite 9 un grand rèle, car le fils d'Oreste lut le
dernier encreur d'Occident, et le iils d'fidecon»
Iv premier roi barbare qui s'établit ein Italie*
L'envoyé de l'eniplfe ayant traversé avec- toute 84 suite les pays montagneus de la Servie, de»*
iBs BfSTOIftE DO BiS-ElUPIBB.
c«ndil-dans \çs plaines marécageuses qui 8*éten« dent jusqu'au Danube. Il passa le fleuve , mais il •ne |uit obtenir une audience d^Attila, et fut obligé d^entceprendre une longue route, par le caprlbe hautain de^ ce barbare qui voulut recevoir, damIeméme«ndroit, les ambassadeurs des«deux empires d'Orient et d'Ocôident. M ximin s'ache- -niîn;i donc lentement vers la capitale d*un état où . S*on ne reneon trait pas une seule <ville dans un espace de plusieurs lieues. Cette capitale était» selon toute apparence , située entre le Danube et' les moots &arpathes; elle n*avait été dans Porigine qu'un -simple carnp, dont la résidence prèsque cfiâEitbiùelle.d*Attiia avait fait un gros bourg. On n*y voyait d'autre édifice de pierre que des Jbains. construit par un archite)cte romain [lour un des lavoris d'Attila. Les habitations les plus -oemmànes étaient en chaume et en toile ; celles *^d«s' grands étaient bâties en bois, ainsi que celle du souverain qoi ne se distinguait que par de plus grandes dimensions. Mais à cela seul se bornait la supériorité de la demeure royale; Attila laissait à ses sujets cette vanité qui les portait à étaler les richesses qu'ils avaient acquises à la guerre 9 et uemetttiit son orgueil qu'à conserver la siippii* ^ité primitive des Scythes ses ancêtres. Lé coihquérant du Nord n'avait de luxe ni dans l'ameubiement de son- palais, ni dans son costume, ni dans SCS armss. Sa vaisselle n'était que de bois.
ttlSlOlRE DV^ BAS~EMPiaS. l85
sa nourritcife june viande grossière et apprêtée sans art; à ses yeux le pain était une superflaîlé.
'Au milieu des ébats grossiers des gfands de sa cour, il gardait un sérieux imperturbable 9 et ne se relâchait de sa gravité qu^en voyant Imac^ son plus 4eune fils, paur qui il avait une sorte de prédilection fondée sur Fassertion de ses prophètes qui annonçaient qu^Iniac serait un jour le soutien de sa famille et de Tétat.
Lorsqu'Attfla reçut les ambassadeurs, il était entouré d'une garde nombreuse. Son air sévère, ' son ton brusque déconcertèrent Maximién ; mats le traître Yigilius se crut perdu lorsqu^il entendit
' le roi déclarer que , sans son respect pour le droit des gens, il traiterait Tinsidieux interprète comme il le méritait. Cependant cet emportement s'apaisa par degrés; il renvoya les ambassadeurs le troisième jour^ après avoir inis en liberté plusieuirs
^ptifs. Maximien , eu- retournant à Gonstantinople, se flattait d'avoir contribué à raffermir la paix entre les deux nations. Mais Ignorait les desseins cachés de sa cour, et il était loin de supposer que sa mission n'ait été qu'un vcrfle -spécieux. L'eunutpie Glirysaphe, qui- gouvernait l'empereur et l'empire, avait eu précédemment une entrevue secrète avec Édeeon à qui il avait proposé d'assassiner Attila. Édeeon avait feint de prêter les mains à ce complot concerté par Vîgi- -
' ïmp et approuvé par Thêodose. Mais à peine éiait-il
de retour auprès de «on maître, qu'il a*était exa' pressé de tout lui révéler. Quand on est instruit ,do ce fc^itf on ne peut y.empêeher d^admirer la modération du roi barbai*e^ gui renvoya le per * itde interprète sans lui faire subir un juste châtiment. On n'est pas moins surpris de la témérité de Tigiliûj^yqui^ après avoir si heureusement échappé
à ce danger, osa retourner, avec son ûls, au Camp» chargé d'une bourse destinée à récompenser £di3con et à corrompre la fidélité des gardes du roi. Mais cette fois il fut arrêté, et ne racheta sa tète qu'au prix de cinq millions d'or.
Ce fut contre les instigateurs du complot qu'Attila dirigea principalement sa colère. Il envo]fA Eslau et Oreste, à Gonstàntinople, avec la bourse qui avait été. destinée à récompenser Tasisaasia. Dans le palais, Oreste la suspendît à son cou; Chrys^he était auprès du trône; on lui demanda i'Il reconnaissait ce témoignage de son crime ; cnftuite/SsIau , s'adre^ssant graved'un air à Temperpntp lui dît : c Xhéodose est le fiU d'un homme > ij|lt|»tre .et puissant; Attila descend égalemeni » d'une JDoUe famille, et, par ses actions, a sou-: » t^na. dignement Fhonneur du diadème que^cii M père lui a légué ; mais Théodose a déshonoré^ia ».riioo dont il sort, et s'est dégraijLé jusqu'à la
• condition d'un esclave en consentant à payer
• un tribut. Il devrait donc respecter celui que Iç
• sort et son mérite ont mis au dessus de lui , au
HISTOtRB DU BASEMPlRlf^' lB5
» lieu de conspirer sourdement contre un mat- D tre. » Le fils d'Ârcadius demeura confondu enentendant 9 pour la première fois, le langage sévère de la vérité. II se hâta d'en voyei* une ambassade pour appaisér le roi des Huns, et il parvini à le calmer autant par ses présens que par Téloquence de ses ambassadeurs. Attila consentit à pardonner à Temporear, à Teunuque et à Tinterprète ; il relâcha plusieurs captifs^ abandonna les réclamations qu*il formait sur les fugitifs, restitua une portion, de territoire après l'avoir épuisée d'hommes et d'argent. Mais les sacrifices qu''exigea ce nouveau traité , s'élevèrent plus haiit^ cpie n'aurait pu coûter la guene la plus longue , et les sujets de l'empereur se virent accablés d'îm^ pôt» pour racheter la vie d'un indigne favori.
Le[28^uin 45o, et peu de temps après la con- . clusion de ce traité déshonorant , Tempereur Théodose^ie* Jeune mourut d'une chute de che« val. Il avait alors cinquante ans et en avait régné quarante* trois. Sa sœur Pulchérie lui succéda au Irtoe. Le premier acte de son autorité fut de pu^ nlr le coupable Chrysaphe. Cette princesse, qui s'aperçut que, malgré la force d'âme dont elle était douée, son sexe était un obstacle à Taccomplissement de ses vues pouf le bien de l'empire, résolut de se donner un collègue dans la personne de Marcien, sénateur, âgé de plus de soixante ' ans. Elle en fil son époux , et le revêtit de la pou4'-
pre impériale le 5 août 45o'. Le nouvel empereur était né en Thrace : dans «a jeunesse îl s'était vu c?ïpo»é aiix atteintes dû iilalheur et de la pauvre-j té. Ayant suivi Ardabure et son fils Aspar dans le» expéditions de Perse et d'Afrique, il avait oblenn, par leur crédit, le rang de sénateur, et ses vertuM' ajoutaient la sanction de Texelnple aux lois par lesquelles il s'efforça de réformer les mœnrs d© ses sujets.
Marcien opposa vuie courageuse fcnnelé aux demandes impérieuses d'Atlila. Il lui signIGa de cesser ses insultes à la majesté de Tènipire , en prétendant en exiger un tribut. Il lui déclara qu\)n ne redoutait plus ses attaques, et qu'on* avait, pour les repousser^ des soldats, des armes cl du courage. Le monarque Scythe jura de faire rc])enlir de sa témérité le successeur de Théodose; et envoya, aux deux empereurs de TOrient et de rOccideiit , ce message insolent r « Attila , » ton maître et le mien , l'ordonne de lui prépâ- » rer un palais pour le recevoir. » Tandis que le monde attendait, en tremblant, le résultat dû celte xléclaratîon hostile , U alla attaquer l'enipire xVOccident, affectant de regarder celui d'Orient eomme trop au dessous de son attention et de sa colère; mais le véritable motif-^de cette préférence était la situation où se trouvaient les états de Valentinien.
Après la- mort de Bonifae*, Aôtius s'élait retira
l&lSTOiRF. DU BJL8-EUPIRB. 187
€lie£ les UuQs et avait contracté des liaisons avetf Attila. Ail moyen d'un si puissant auxiliaire, il avait ^obligé Placidie à lui pardonner et à lui ac-< .•oorder tous, les honneurs qui pouvaient tenter son ambition. Il fut investi du commatidement de toutes les forces de rempire, et ce fut à ses talens que Valentinien^ enseveli dans ]a mollesse et le luxe de l'Italie , dut la conservation d'Oii éiat chancelant. Il était passé dans les Gaules , avec son armée y pour s^opposer aux tentatives de Théo* doriC) fils du fameux Alaric, qui, avant succédé à Wallia, roi des Goths^ cherchait à étendre les limites de son royaume , et avait mis le siège de- . vaut Arles. Aelius et Théodoric . ét.aient en pré» Si ace avec leurs troupes qui n'attendaient que 1« ' signal d'en venir aux mains, quand ces deux c'hefs-y également habiles , également redoutables, jugèrent à propos de faire la paix, La fille . de Théodoric avait épousé le Hls de Genseric qui régnait en Afrique; elle venait d'éprouver d« »on cruel bes^u-père, un traitement indigne qui, sur. le soupçon d'une conspiration conti;e sa. vie, Tav^t renvoyée à Toulouse après lui avoir coupé le nev et les oreilles. Comme père et comme roi, Théodoric ne devait pas laisser cet affront impuni ;" afin d'en pouvoir tirer vengeance, il s'allia donc avec Aétius, qui avait, à.sa disposition , les iorces et les trésors d'Italie ; mais Genseric , de /60U côlé, craignant que celle alliance no lui de-
lS8 niSTOIAS DV BAS-BMFIRK.
Tioi Cutale, engagea l'ambitieux AUiia à eiitre'«preadra riiivasiîûo des Gaulés cl à le délianaaseï^ de ses ennemis^
Les Francs s^étaient établis dans la partie septentriofiale de ces contrées, et s'étaieot étendus depuis le Rhin jusqu'à la Somme. Uiruréet <p)i doona son nom à la famille des Mérovingiens et qui régnait sur eux diaprés le droit d'hérédité quMls avaient proclamé, sollicita et obtint la pro* tectioii des Romains ; mais son frère avait fait alliance avec Attila à qui il promettait de faciliter le passage du Rbin. Le pt*étexte de l'invasioa de ce dernier fut les prétentions qù^îl forma sur la main de la princesse Honoria, soeur de Valentinien. Cette princesse , que le rang d'Âogusta ^ où on Tavait élevée j mettîiit irop au dessus de tous eeux qui auraient pu songer a Tépouser, n'avait d*autre perspective , au milieu de sa grandeur^ qu'un étemel célibatjL et venait d'être exilée à Conslandnoplè après la découverte d'une intrigue qu'elle avait eue sfvec le cbambiE^llan Eugène. Là^ Tennui et le désli^ de se venger lui inspirèrent une réso-* iution désespérée. Elle avait souvent et^tendu parier d*Attila; elle lui envoya un anneau y et conjura ce formidable ennemi de son pâiys et de ^a famille 9 do la réclanver pour épouse. Cette proposition ^ qui s'accordait avec les vues ambi* lieuses et intéressées du roi barbare, fut aceep* tée; il fit^ en foârme, la demande de la princesse
Ht^TOlXiB BÛ B^S'BMPtRE. I'Sq'
et de la moitié de Tempire pour sa dof. Ses ambassadeurs rerinrent avec un refus; Honoria fut rappelée en Italie et condamaée à une prison perpétuelie. Le roi de§ Huus , encouragé par GenserîG et par be frère de Mérovée^ rassembla une armée nombreuse et se t|*aDsporta rapidement du ceutre de )a Hongrie aux rives du Rhiu et du Necker où le dernier vint se joindre à lui avec les Francs dont il pouvait disposer, il parvînt jusqu'à ^léans, marquant son passage par le earnage et rin'ceudier, lorsque Tarrrvée d*A6tius et de Théodorie l'obligea de rétrograder. Aprrës une marche où il essu^^a des pertes dans de fréquentes escarmouches, il s*arrèta ' dans les plaines de Châlons. Ce fut là que se livra une des j)lus sanglantes batailles dont Thistoire fasse men» lion. Théodorie j fut tué; mais Attila fut défait et obligé de repasser le Rhin.
Cependant ce revers n'avait pu diminuer ni son courage, ni son orgueil. L'année suivante ^ il renouvela la demande de la princesse Honoria et de sa dot. 11 essuya un nouveau refufs; alors il tourna ses aiines contre l'Italie. Après un sîégo de trois mois, Aquilée fut prise d'assaut , et ne resta pas le moindre vestige de cette vilhe ; pîusietTT» autres eitès éprouvèrent le même sort; Milan et Pavie n'y échappèrent que par une prompt^î soumission. Ce fut à cette époque que les Vénè!es cherchèrent un refuge contre sa fureur dans les
IgO BIêTOIBS DU BàS-BMPIH.
tiots de là iner Adriatique ; el ce fut au féroce orgueil d'Attila, qui se vantait que Therbe ne pouvait croître là où son cheval marchait 9 que Venise dut rçxjstence. Ainsi Tennemi du genre humain, le. dévastateur du monde, a été, eu ^quelque >orte ;r le fondateur de cette république qui fit renaUre ei.ileurîr en Italie les arts, le commerce et ljindustrie«
Les Gotfa)» ayant, refusé de marcher au aecoun de ritalie^ Aêtius^ isolé, ne pouvait rés[$ter à Attila» qui: s'avança jusqu'à l'ancienne ville des Césars. Mds Valentinien in^plora la clémence du conquérant par l'organe de Léon , évêque de Home. La délivrance de l'Italie fut achetée au prix 4cs trésoxs qui devaient revenir à Houoria; il est vrai qu'une maladie qui désolait le camp des Barbares, contribua à disposer leur chef à la miodératîon; d'ailleurs, ce guerrier, inaccessible à la crainte de tout danger , n'était pas exempt de «upersiition ; ses amis et ses enneuiis lui répétaient sans xesse qu'Alaric n'avait pas survécu longrtemps à la prise d'une ville spécîalçment favorisée du ciel} et l'on a supposé qu'il obéit, eu >c retirant, à l'apparition menaçante de Sa rut- Pierre et de Saint-Paul.
Cependant /en levant le siège U annonça qu'il revisndrait, disposé à ne faire aucun quartier, si la princesse Houoria n'était pas remise enti*e ses iiiaitis, dans le délai fixé par le traité. Ce ^qu'il
RtSTOIllE DU BAS-BlltPIft«. 10 1
âêVait à son îiinstro fiancée ne l'empêcha pourtant pas d'ajouter à la liste, déjà nombreuse, de ses femmes, la belle Idlîco; mais, au milieu des fêtes nuptiales, la mort vint le surprendre, un vais^ seau se rompit dan^^n corps et le sang Tétouffu, 'en 453* Avec Attila périt ce redoutable empire , qui si souvent avait- commandé à l'Europe. La discorde se mit entre ses enfatis ; les rois qui obéissaient à ses lois et marchaient sous son étendard, en profitèrent pour recouvrer leur indé- ^ pendaujce et se partager ses états; des trois fils 'que haïssait le conquérant, Tatné fut tué en combattant les Gépides;'le second^ repoussé par les -esclaves de son père jusque sur le territoire de l'empire d'Orient, succomba dans une bataille, et sa tête fut exposée à Constalitinople ; le dernier, Irnac, sur qui Attila fondait sesr^spérances, se retira , avec quelques fidèles amis , dans le cœur de la Scytfaic, où il fut exterminé quoique temps après par une nouvelle incursion de peuples barbares.
- Aëliiis ne survécut pas long-temps à Attila. Le faible él pusillanime Vàlcutinien fut jaloux de la gloirs de son général, et l'eunuque HéracUuseut soin d'eutrctenir sa haine contre l'homme qui avait été vingt ans le soutien de l'empire. Dans itnc entrevue j Yalcntînicn , irrité de la noblo «assurance d'Âëtius, lui plongea dans le corps »on épée , que jusqu'à ce jour il n'avait [n\i encore
lu» BtSTOlBB DU fiAS-EHrxaS.
tirée du fourcçau. Ses satellites s'empressèrent
d^achever le héros", qui tomba percé de coups. Le
meurtre des amis dagéuéral» qu'on attira un à un
dan» le palais, vîntaiouter à Thorreur qu'inspira-
le monacque qu'on s'était jusqu'alors contenté de
mépriser (45^4)* .
Les vices dont Valeatiuîeu s'était soifillé furent
cause de sa tnort. (Jn riclie sénateur^ nommé Pétroue Maxime, dont il avait lâchement désho^noré 'la femme^ iura de se venger de cet affront H apQsta deux ..soldats attachés à la mémoire d'Aètius ; ces derniers, qui s'étaient fait recevoir parmi les gardes de l'empereur , tombèrent un )our sur lui à. l'improviste et le poignardèrent ^ aitisi queJ*eunuque Héraclius , sans que pcrsonnir ' tentât de s'y opposer. Ce fut ainsi que se termina la vie du dernier prince de la famille de Tlléodoee,eIl4^^- J^axime , qui monta sur le trûne d'Occident
après la mort de Yalentinien , ne régna que trois mois; il fut tué dans une émeute au moment oîk il proposait de fuir devant Genseric, nn des Vandales, qui, à l'instigation de l'impératrice* Endoxie, veuve de Valentinlen, venait d'effectuer une, descente en Italie. Maxime, après la mort de sa femfme, avait fércé Eudoxie à recevoir sa m^ain et lui avait indiscrètement révélé que o'étaitJui qui avait fait périr son premier mari. Eti* doxie, furieuse, appela Genseric en Italie; mais
BlfTOIBB DU BAS-^nplBB. Iq5
ette étH' Itéa- de se i^pcmtir dé âoik imprudeûce.^ Doranft qaatûirce joitra, Genséric, pias bàrbàri ^'Attila» Uvra Rome au piDage et à la craauté deH VaûdflléSy a:u mépris de là promesse ^u*îl «Tait faite à l*évèque Léon d^en respecter les mb ' fiumeos et d'éparigncSr les malheureux eitoyeiM. U «'en i^elouma enànkék Gai^faage, emirreiiâti^l caplives rimptératricè et'ses deux filles. Ponr avait un nfolif d'élever dés prétentions à Pempii^o, il eonlateignit l'atuéè de ces princesses d'épDuser «0B!fils Huimeric. Après sept ans- d'esélavàge ^ ia {due jeuifes aiitiû qtie«a làère, dut lia âéltfrânce àiaiiléitia<ioBf.del^eâiplifeur d'Oviènf^ lérstiâ^H traitade tapMxav66;Geii$ei1odobt les floftëft;déio>* Ji^tat lestïdlcB de^ étMs; D*âpi%fii Péner^e avee lâf|Uellé Marolea «v«it seeoiié h Jbtrg d'Attila > bil l^aiitûftre'fsijlitirisfpi'ft SBiTOlliabals^ à des nëgo^ «iali^AS^ aU lieu df Tepons»^ pà!r la' force les pirateries d'un BaHnn^^ <i§lFangef à^l%o9itièU¥ <$t à la logriaHJté; taiaM pôttif'ju^fiflef éèltë l^ilt^lé^è « il .adHtfi0;tetiiifi««elelwe]^romeilt^qu*ft^)Av^^^ ÎÀUbi pendant qu'il était prisontiter deGenseric» dé éè pnàtit pertertosr armes 'edntfe lu!. Dbi^edte, il ^éplèya daiiÀradicimtif^ratlbn de Ifempii^e, dpnt il ^nJ&mnk'd'^Up xduufé :4pr«» là «fort ^e ^nlràMhàit^i jfetUévfkèmt ^rtiden^e ^t des méa&es tft^ ia9#:fi|ài £ktmiat làilidMiiigliéF.pflt mit^ ftfuAtrè ^laqiMve&4fuiiju8liâfdenrV«os êU^âii^fï. Kp*kê
194 RISTOIKB DU BâS-Slfrt»;
M mort laissa le trône vacant Le palriciénrAspar aurait pn aisément l'occuper s'il eût vouiii souscrire au symbole de Nicée ; il en disposa en faveur an, thrace Léon j tribun militaire et l'un des principaux officiers de sa maison. I| croyait régnet sous le nom de ce dernier et n'imaginait pas que tenant le scçptre de lui, il ôsdt se soustraire à son influence; il se trompait-, Léon s'opposa avec une fermeté invincible , quoique modérée^ à toutes lôs iprétentions exagérées de son bienfaiteur. Celui-ci 9 irrité, reprocha à l'empereur de manquer aux promesses qu'il avait faites ;.« il ne 6on- » vient pas, lui dit*il. avec- insolence, que rhomr
> me revêtu de la pourpre s'avilisse à mentir.t^ c U convient encore moiiis, répliqua Léon , q«*Qn » prince soit oblîjg;é de manquer à ce que Tuitérèt
> de l'État et son pi^opre jug^ofient lui prescri-
> vent, pour satisfaire auxcaprices>d^an sujet. • Cependant ils se réconcflièrent ensuite ; mais cette réconciliation ni» pduyait être iMca itiocère entre un monarque. offfonsé et un. sujet méc«ei<» tent. . ■ ?
Léon , jc^ les yeux sur la malhenreofe Ite* lie, dévastée par les Vandales et agitée piur I*ambitipndù capricieux Riii^imei*, qui» sous te* titre de patrioe, la. gouvemUit à soagré, Qomauuat des empereurs qu'il détrènifit aussilAt Avit^ , Hajorien et Sévère avaieui «oup-à-toup abdaqué le ceptre par lavolontéd»r«ivfueilàsQKtBatnoç» ^
finit par se sentir incapable de repotîssçr les iii»< vasions réitérées des Vandales sans le concours dé Tempereur d'Orient. Mais, pour prix de Tass&tance qu'il demandait à celui-ci , il fallut quMl consentit à recevoir de sa main un ma! tre.
' Ce maître fut Anthétnîus, gendre de Tempe- Yêur Marcien ; et , à ce titre il aurait pu disputer à Léon le trdne de Cronstantinople, il reçut de 00 dernier Tempire d'Occident, en Tan 467. Il se concilia Ricimer en lui faisant épouser sa fiUe un an après, et la tranquillité, momentanément •rétablie dans un pays en proie depuis quelques aiottées aux convulsions politiques, sembla d'un bon aog;ure pour le succès de l'entreprise concertée contre les Vandales par les deux empereurs, lues premières opérations de la campagae furent heureuses ^ ces barbares furent chassés de l'Ile de SardAigne, et l'on se prépara k les poursuivre îusquè sous les murs de Carthagc.
Une flotte dé onze cent trente vaisseaux montée par plus de cent mille hommes, tant soldais que ' matais, lit voile, de Gonstantinople, pour exé«cuter ce plan. Le commandement en fut confié à Basilisciks, frère de l'impératrice d'Orient, qui ternit dans cette expédition la gloire mihtaire . qu'il s'était précédemment acquise.
Les., troupes débarquèrent au cap B6>i, â quelques lieûas de Carth^ge. Les Vandales furent dé- Aits.4ans pl u s ioy s affaires contre les fb^oes réu-
IQÔ BlftTOlftS DIT ^AS^EMntE.
nie» de TOneat et 4e8 gén^ravix fiéraoUus et Karcellit]. Si BaBilîscus eût, i^ ^ne^té, afiaiéçé la ville , eHne a'atxraît pu pcian^t^ de se reiidre ; mats il «e laissia preodre aux «ir lificeB ef peut-être à Tor de Geuserie , et lui -aecorda nue trêve de ciiiq jours. Dam) ce c<»urt espaeedetemps^ le vçnt changea et (|6vint favorite au Vandale» il plaça ses Qieilleures troupes sur ses vats^seaiuc?. ^ ddDf la nuit, ayant lancé contre la flotte impériale iden barqfues. ran^ties de matins enfiamuiéet , Il Taltaqua au mMieu du désordre ou la jetait TiiM^eii'- ,die. Basîlicus, doni le raisateati «e trouvais le (^s éloigné da danger, prit ki fuite dès le eomttien*eenaent de rajction et rentra à -Gohstantûio^e', ayant perdu pkis de la moitié de la floUe et de Farauée. Le crédit de «a «œur , l'Impératrice Yerina,^iî fîtoJ^tenirson pardon. Mais les Vandales, après avoir dispersé le resto de lewrs ennemis , recommencèreni avec pkis d'ardeur. qu'auparavant à ravager leecdtes d'Itaiif^ deCïrèce et d'Asie. L'accord d'AnlliefUiu^: et :de Rieimerne pi»«-' vait durer long-^teni^s. Ce dernier ne si^pporlaut iqu'ave£ pet»e l'autorité de l'emp^reikir 9 tropjciste et^rop'ierme pourcondesc^cidre à toutes le«volontés d'un factieux, rompit ouvertement avec lui. L'évéque de Pavie essaya. pourtant de les réconcilier ensepatble et crut y avtur réussi; mais le remuant Uiciiâer avait juré la chute d'Aathemitis. 11 Qffirîty'soas mâiu^ le diadètt|e à^OlIbrius, qm
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av«Mt épousé la pHticesse Haeidrâ, fille de Valentinieii , après qu'elle eut été nil^ en iibcrlé par Oen^cf lo^ Oiil^rîusy tenté par cette offre et cédant? au:^ instaiieef de 9a femme., cfuUta C(m«taiitîiio{>le e«vil>tiliébar<|Cle^à Ravenne où Ricimer le reçut et le salaa 4u titre d'empereur. Comme tout avait été p^é¥a ayant de lever Félendard de la gU6>r€t ervile^ le» efforts d'Ânthemins, qu^i avait pour lui la- maii^riti^ du peuple et du sénat , ne servirent qu^à prolonger cette lutte pendant trois mbij^. Le riésaltat en fut fatal à Rome, que Ricimer abaudonna À la rage du soldat vainqueur. l\ se souilla du meurtre d*Anthemius, que la qualité de père de sa femme aurait dû rengager à re»jpecter, et afouta ' le uom de cet infortuné à la Hste nom* breuse des iUustres-yîetimes de son ambition^ Riciimr n\ourul quarante )ourë après, laissant le commandefuent de l'aormée daus li^a mains de[ son neveu Gundobald^^prince bourguignon. QH-^ brius ne sui'vécut que sept mels à son éiévation ; i^epeudant, sa mort, qui eut lif u en 47^9 parait avi;ir été naturelle.
L'empereur Léon voulut alors faire monter siu^ le trône d'Occident Jules Nepos, mari d^uiie de» nièces de rimpératrice Yerina et neveu de Mar-. celli^i , qui lui avait laissé la principauté de Dal^ matio. Pendant que la cour de Bysance s'occupaU de. cette afiaire avec la lenteur et Thésitation qui car^ctérisaieut toutes ses démarches^ Gun-
IqS ' H16TOI&B DQ BA6-EMPlEfi.
dobaid revêtit dû la pourpre un soldat obscur nommé Glycérius, mais des^ troubles suryei^u» eu Bourgogne 9 ayant obligé Gundobald de repasser les Alpes 5 son protégé ne put conserv^ir le sceptre et consentît à récbanger Contre révèclié de Salone. Népos fut donc universellement reconnu comme seul, empereur d'Occident. L'au*. rore de son règne fit d'abord concevoir de grandes espérances ; en moins d'un an , l'opinion <ju'on. avait de lui cbangea par la cession qu'il fît de la province d'Auvergne aux Vislgoths; bientôt après» la révolte d'Orestes, qui. s'avança ^ à la tète d'un corps de Barbares 9 contre Ravenne, consomma la chute de Ncpos. Au lieu de résister à son enr nemi.9 il s'embarqua et se réfugia en Ddlmatie où^ cinq ans apr^s^ il fut assassiné par ce mèaie Glyceriiis qui lui avait cédë i'enîpirê, et qui fut porté à ce crime par la promesse' de rarchevê*»' elle de Milan.
Cet Orestes est le même qu'on a vu arriver à Coustantinople comme ambassadeur d'Attila.
Après la mort de ce dernier, les diverses nations réunies sous ses lois s^étaîent séparées , comme nous l'avons dît, en se partageant les vastes contrées dont le conquérant Tartare avait réuni les destinées dans sa main. Beaucoup de jeunes gens 9 au nombre desquels se trouvait Orestes, avaient préféré le. service de l'empire d'Occident à cdui de leurs alliés. et s'étaient enrôlés dans ce corps
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de confédéréB» qui fit'si long-temps la terreur et k la fois la sûreté de Tltalie. Oresles s'était rapidement avancé sous les successeurs de Talenti* men : il avait été nommé général et patricien par ee même Nepos qu'il détrôna ensuite. Après Tab-»^ , dioalion de cekii-ci, Orestes refusa la^oouronne^ qi|e les confédérés lui offraient^ et fit nomnaer empereur son Als Augu^ule; mai^ c'était toujours lui qui gouvernait sous, le nom de ce dernier. Il HC tarda pas à s'apercevoir,, néanmoins, que le maître de Tltalie n'avaitque le choix d'être Tés- ^ ^lave ou la victime de -ces ba'ndes indisciplinées dont il s'était servi pour usurper le pouvoir. Ayant' refusé de leur accorder le tiers àé^ terres de l'empire, quHls lui demandaient pour prix de leurf' aervices , il s'attira leur liaine , et fut mis à uiort . par Odoacre, fils de son ancien collègue Ëdecon, * qui marcha contre lui à la tète des mécontens.
Avec Orestes périt l'empire d'Occident , car Odciacre obligea le faible Augustule à abdiquer la çourojQne impériale, et dédaigna de la porter QU de nommer un Êintôme d'empereur sous le nom. de' qui il aurait pu lui-même régir l'état.' Quoiqu'après la mort d'Orestes, les confédérée eussent salué leur chef du titre de roi, celui-ci évita de s*en prévaloir, et, à son instigation , lÀ sénat écrivit à Zenon , qui avait succédé à Léon %urJe trône. de Constantinople, pour luivannoii-^ cer la renonciation d' Augustule, ajoutant qu'il
90Q QfSVOmE on BAS<-£IUI»B. .
était i«utfle de donner un autre empereur à TI* taliet t^ puissant monarque de CensUaiiaoplê pouvant étendre à la fois ta pvoteotion sur l'Orient et $ur l'Occident. « La républM{ue) i éfaitn U/dtt ei^suite» por&uadée dcui, vertus et 'des » talena militaires d'Odoaore^ supplie humble- » ment Ueiiipere^r de vouloir bien lui accorder A le titre de paUice çt radminiatratlon des» pro- » rincés. d'Italie, a Zéuoa, après avoir quelque temp% hésité > eut la pmdenoè d^ consentir; îfr accepta leaiasig^nes'de Tempire qu^on lui envoya ^ et entretînt les relations les plus^ amicales avec le pa€riùiefi Odoaore.
On doit dire à U louange de ee dernie}*, que 901» admuiîsf ration fit presque oublier là manière dont . il a'éiait emparé de Tautoritlé; Soigfiieux de se caaciiier ses ^Ufcts, îl recédait jusqu^à* leiirar. pré|ug;és4 H rétablît à IBlome Ib censurât, et îem hoifpqieA, qu!il nomma à ceU^ di^icé, forent to^JQUivq dos g€»tK% aussU recommkndables par leur mérite que pair-leur naissance. Sa conduite envers Augustnle annonce 9 d'ailleurs^ qu^il n*^ait pa^ déçi^i^rvM Âe générosité ; malgcé les nombreus ex/QknpICA dont U eût pu s'autoriser, il lui laissa la vîe et lui aisura. une existence lionorablc et douce. Mais m sa prudence, ni sa valeur, ne pi* rent rétablir entièrement la prospérité d'un étui dépeuplé, ruiné par tant de révolutions, déferres civiles et étrangères, de décbiremeas et do
HitfromB DIT BÂs-EiiiriRft- sot
convulsions politiques , qui l'avaient par degrés démembré et eonsidérablement réduil. Les rPches moissons de l'Egypte et de l'Afrique étaient au pouvoir des Vandales. Tandis que lesVisîgotlis s'établissaient en Espagne et dans une partie des Gaules, les conquêtes de Clovis, roi des Franes, achevèrent d'enlever à l'empire le9~provinces qu'oïl possédait au delà des Alpes > et l'Amérique était envahie par les Bretons qui s'y étaient réfugiés aprëïla descente des Saxons eu Angleterre. Odoacre ne pouvait s'opposer au mouvement qui rér fanait autour de lui ; il crut done agir sagement en le paralysant par des traités d'allîane& avec ces états do&t il reconnut l'indépendance.
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