‹ Histoire du Bas-Empire: Avec une introduction: [Coup d'œil sur la naissanceChapitre 2 sur 11 · DU UOTEII ÂGE. XX · texte numérisé non relu

DU UOTEII ÂGE. XX

diat f «t relevant seulement de la protection de Tempereur, en Allemagne et en Italie.

Après avoir ainsi pourvu à leur défense exlé«* Heure par des ligues , par des traités ^ par Torganisation d'une force militaire composée de ci-toyens soldats ; et, après avoir garanti la paix civile f au dedans de leurs remparts formidables , par d'excellentes institutions, modèles éternels du vrai gouvernement municipal, ces villes libres tournèrent toute leur activité du côté du commerce et de rindustrie.

C'est donc au sein des cités italiennes du moyen âge, que la véritable civilisation moderne a recommencé; c'est là que semble s'être faîte la première révélation de ce grand principe de la nouvelle société humaine 9 c'est-à-dire, la puissance DV TKAVllI»

En effet; affranchies par le travail, ces fameuses cités s'élevèrent encore par lui au plus haut degré d'opulçnce. Elles créèrent des arts nouveaux , cultivèrent les sciences , multiplièrent dans leur sein les travaux de tout genre, et firent seules le commerce de la Méditerranée et des mers voisines. A l'époque des croisades , ou les vit huniilier les rois en leur prêtant des sommes immenses, et en couvrant la mer de leurs vaisseaux. I#es souverains forcés à faire tin triste retour sur eux-mêmes , commencèrent- à comprendre que le pouvoir absolu n'était pas le* principe générateur de l'opulence , et que l'industrie ne prospé* rait qu'à côté de laliberté« Dès-lors, ils furent plus fortement invités à j&voriser les bourgeois aux dépens de l'aristocratie.

Telle furent l'énergie etla vitalité dusystèmesu^ lequel reposaient l'existence et la prospérité de ces villes , que , pendant plus de deux siècles , les guerres acharnées qu'elles eurent à soutenir contre les seigneurs , ou celles' non moins tu-

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rieuses qu'elles se firent entre elles^ ne seitiblè'rent pas même les affaiblir.

LMmpulsion et Texemple donnés par les villes dltalie n*avait pas été perdu pour l'Allemagne , qui avait alors avec cette belle contrée de si étroites relations. Ces communications fréquentes avaient apprivoisé les rudes Germains avec les Jouissances du luxe et Tes douceurs des arts. L'industrie de l'Allemagne était alors presque entièrement bornée à l'exploitation de quelques ntines, et à la culture des vignobles du Rhin. Mais de nouvelles routes s'ouvrirent devant une émulation d'autant plus ardente , qu'elle avaîl à la fois pour mobile Tamour de l'indépendance «et celui de la richesse.

Le bien-être dont on jouissait dans ces cités uouyelles, et la facilité d'y être admis au nombre des bourgeois membres de la communauté 9 engagèrent beaucoup de nobles à y fixer îpur résidence. Ces hôtes superbes ne tardèrent même pas à se montrer avides de remplir les fonctions-» noruuicipales : c'était une suite de l'esprit de commandement et de leurs habitudes féodales. Mais les comnrimes manquèrent deprudenceen les admcfttant; car on vit bientôt leurs compétitions tumultueuses 9 et leurs rivalités acharnées au sujet de ces emplois ^ remplir les villes de troubles et de désordres.

C'est donc ainsi que le principe d'association vint balancer l'esprit d'isolement et la confiance orgueilleuse dans la force individuelle. Ce principe d'association était éminemment républicain; et on remarquera qu'il demeura tef, malgré Valr liauce des communes avec le pouvoir royal, qui commença pliis tard â porter des fruits positifs dans les autres parties de l'Europe. Car, dans ce mouvement, l'Allemagne et l'Italie, comme nous venons de le dire, s'étaient mises en marche les

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premières , let le« villes de ces deux vastes codtrées étaient déjà terribles même aux emperears» lorsque le reste de rEurôpe gémissait encore 8009 le fou^ de la tyrannie féodale. Il faut ce* pendant convenir que certaines provinces du cnidi s^étaient également signalées par cette prè^ cocîté poittiqae : ainsi, dans TAragon, portiob orientale de raDcienneCeltibérie, letiers^état^en d'autres termes ^ la nation s^était constituée et or* ganîsée dès Taurore du douzième siècle, et iàl-^ sait respecter ses droits avec la plus grande vl-» gueur.

Au commenoemeol^ *du treizième siècle , les villes unies aux barons en Ahtigleterre (par IHIffel de circonstances différentes sous quelques rapports, de celles qui entouraient communément Fessor de Taffranchissement populaire dans le reste de TEurope), arrachaient au pouvoir royal la grande charte si justement célèbre et le fonde-^ ment de l'existence politique et de la longâe prospéHté de la Grande-Bretagne, puisque c*e»t la goiiree première de son admirable éonstitotioo.

En France, laJTormatîon des communes et la pratiqué des concessions d'affraiichissemei^t^ fa« rent un peu plus tardives , et étirent , pour cause occaraonnelle, rambition éclairée de deux prio*» ces, Louis 4e-Gro8 et Philippe -le^Bel ^ qui m montrèrent jaloux de retirer le pouvoir royal de l'avilissement où il était tombé entre les maios des enians de Louis - le - Débonnaire; mais les oommmies de France et d'Angleterre ne parvis* rent jamais à la puissance de celles d'Italie et d'Allemagne. Dans ces deux contrées seulement f Les communes formèrent des ligues et des États qui s'élevèrent à un degré de prospérité et de puissance auquel des villes isolées ne pouvaient jamais atteindre. En Italie, la ligue lombarde;

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en Allemagne, celle ded. villes anséatiques ou Grande-Hanse (i). La ligue rhénane, celle de Souabe, fournirent de vastes agrégations politiqnes.^Tous tes arts et tous les genres d'industrie 7 prospérèrent à la fois, de même que toutes les théories et toutes les applications intellectuelles proportionnées aux lumières du temps; et tels furent les grands développcmens de la civilisation à cette époque, qu'il ne paraîtrait que juste de leur faire honneur de tous les avantages et de tous les trésors dont s^enorgueillit celle d'au« jourd'hui. Voilà quel fut le résultat prodigieux de ces^ institutions ieurgeoisês, rempart élevé contre^le débordement et les excès d'une oi^anisatton aristocratique que le temps ou la nature ménie des choses avaient précipitée dans la phis extrême corruption.

Les constitutions de ces pays de communes et de ces ligues étaient, à bien des égards, semblables à celles de queljjues États de l'antiquité ; elles en reproduisirent même souvent tçs mœurs et l'esprit. Les vices et les vertus d'Athènes, de Sparte et de l'ancienne Home» éclatent à chaque

(i) Les premiers fondemens de cette assoclacion célèbre vrajent été jetés par la Tille de Brème 5 mais elle s'accrut et fleurit principalement dans le treizième et le quatorzième siècles : le nombre de ces vUIes montait h. soixante-douze, selon d'autres à quatre-vingts. Anvers, Rotterdam, Bruges, Ostende et Dunkerquë dans les Pays-Bas ; Calais , Rouen , Saint-Malo, Bordeaux, Baïonne et Marseille en France $ Barcelonne, Séville et Cadix en Espagne 5 Lisbonne en Portugal ^ Livourne, Naples, Messine en Italie j ^ndres, Hambourg , Brdme , Lubeck , Dantzîck, étaient Tes ville* les plus puissantes et qui avaient le plus d'influence dans la. ligne. La Hanse avait choisi quatre bureaux principaux TKMir l'adresse et l'expédition des marchandises; Londres , Bergen , Novgorod et Bruges. Les seigneurs hasardaient rarement d'attaquer les propriétés des villes anséatiques ; elles se faisaient respecter et craindre des s^^iirerains eux-* mômes*

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