‹ Histoire du Bas-Empire: Avec une introduction: [Coup d'œil sur la naissanceChapitre 3 sur 11 · W! M0TB9 À6Ë. XXV · texte numérisé non relu

W! M0TB9 À6Ë. XXV

pas dans l^histoire de ces peiites républiques d'I- ; talie. Elles étaient placées sous rinflucnce desr * mêmes causes locales et du ciel brûlant qui avait si puissamment agi sur les autres, quinze siècles auparavant. Le talent de la parole y fut cultivé , de môme 9 comm« le moyen naturel de parvenir aux plus- grands emplois, à' la plus haute faveur populaire; ce talent y reproduisit aussi ses abus, mais il accéléra la formation de la tangue nationale.

Là aussi les afiections nationales les plus exaltées enfantèrent riiéroîsme* De pareils excès d^ambiiîon^&s rivalités, des haines non moins ardentes et profondes, préparèrent des révolutions égalenicnt soudaines et fréqnenles; enfin, une émulation semblable fit concourir tous les arts au perfectionnement de la vie sociale.

Ce génie ardent et fongueux, moi^ile de tai^t de grandes chose» » celte trempe de fierté et d'audace, dont las historiens même de ce temps sont tout imprégné», dévaientnécessairamënt enfanter des homnftes supérieurs , mais dangereux pour les. républiques. Ainsi > triste cercle vicieux que. parcourent les choses humaines, la liberté était menacée de nouveau de périr par ses propres fruits 1 Des ambitieux qui devaient au lait de ses ^ fécondes maoïelles la vigueur dont ils jouissaient, menacèrent de rensevelir sous les ruines de la patrie^ Les lois. municipales, tombées eu désué^ tude ou dominées pardes influences individuelles devenues trop poissantes, demandaient le Recours d'iastifutions «ouveUes. Cette nécessité donna naissance aux diverses corporations ào» arts^et métlera. La résistance à rôppreston trouva d'à* bord les élément d*tine organisation plus facile dans les rapports qui naissaient de Texercice de la méiBe pn^baiiflOy do mênie métier , et entuita

XXV) COUP 11 os;ii sua i.£3 i9&tit étions

^QS atiiocîations particulières fi*afiiKèi%nt les uaes aux autres (i).

Ces corporation» s'i^taicnt soumises à desrèi^tene»s très-rigeureuix. Moins la masse dos moyens de résistance était iniposaute, plus rassocîaliou devait être intime et TorganisaHoB pariaite. Le principe feAdameutal de ces corf^orations était le noviciat on apprentissage auquel était soiimis celui qui aspirait à devenir membre de la corpo^ ration et à exercer son état.

Ces corporations étaient déjà devenues si puissantes à la fin du quatorzième siècle, qu'à leur tour, usurpant sur la noblesse Tadmini^lration pubiique, elles dominèrent dans les villes. Mais la possession du pouvoir fut aussi pour elles le signal de la décadence; les maximes de l'institution s*altèrèreut et il devint aisé de se dispenser de tout ap{)ren tissage et d'arriver de plein saut à ta maîtrise en la payant*

La noblesse , jetée en dehors d'un ordre de dioses créé par Tindustrie et non par les armes, relevé, rétabli par l'industrie et auquel elte B*a^ vait pas contribué, chercha égalehieiH une g»ranftic de conservation dans des moyens d*associatiou pitis forts et plus inthnes. De là natpifrefit Tes sociétés de familles et les ligues des châleaux'fbrls contre les villes. Ainsi, Tesprît d'association et de corporation dominait la soctété tout entière; il eut peut-être été impossible de trottvcr alors des hommes d'un même état qui ne fussent pas Kés entr'eux par cette sorte de fédération mystérieuse. Les sciences etles-iméme» furent oUigées de se soumettre à cet esprit, et peur ar^

(i) Quelques hiitoriem .«^w admis qu6 les c^orporations Qaciairent avçcles viUcs i-t furent unfriiit du. premier essor (le Vindustiîc, et non pas un repaède aux dangers qui uvcitacaitnt les cotH^tiétes â[tt^elle oviilr^j^ fiti«e«r

^V ViOXm AGE. xxvij

l'îverà ri»efeîcdd*u»e fHiof«v»iiiett libéral^^ on dut né«6sftair«mciit p9^9»er. par.plusievirs degrés ftcadémiqueti. £i)fi^5. Twaglpâtioa, dataa ses caprijces leK |)U)§ fVivQb»^ ^c vit co^tfiaîn te de se plier au joag de U ti^ie^r ^ l'on ne pu| p»s chanter sans en avoir aQquÎ6 le droit »-c'ej>i>-à- dire 9 sansétre deveiàu ui^ «orte dç docteur ou tnaitrei:-èê^ariê' Mais eet. ai»^éti6&ement e^ oas forn^a» jpédftsiteflqiiçii>.i)kiii4ifi9i»ticaoHdéraJ;>leai«Di àJL'^lan des arb ea^énéralf et particulièrement à ceM qui oui la pe^éek«pour docfiaifteet la pairole pour ui&yen. Le r^ïspeet 4u moUf qui a^yait présidé à la formatioi:! des eorporations^ «urvécut longrleinps à l'ép^qu^ êe^leur utilité réelle, et cette. inatitation^ coMune toutes les choses qui se trouvent âépU*^ eée»9 fui,. dans la suite» beaucoup plus miiàble qu'avantageuse à la société..

'i^'tatsmotioQ.la pte(S. remarquable de celle époque < la ebe^^aleric^ d'orîfiufe toute geitaiADiq;uey ^if que<Fea recrée oaniniiuiitéiâent eouime la piiii».beUe fleur .qui ait graïkdl.sur te. terrain du maycsMge^ ^iNÛt égalemeqit.piiis t^us. les carac* tèi*«S]d\uaèc«rpofftlîon. L^guecre était le métier de lanoMesee : celui qui u^était'poiul chevalier ne pouvait pas commaudisr des cavaliers , et le )im«>è;AfifûiantaiU|;raâeftimUtàîre«i de <|aelque sa^g qtilUfût issu^ étaitobli^ède semrir plusieim auoéfeuir camine vai!left..ou.ficujriir pour devenir chevalier. Dans Torigine, le varlet, Técu^^r et le ehevdiîâl ifAkM aeoiplîe du xnéme .esprit d'hoa- Dieur, ée fierté ^ d'ametur et de piété, rtiigieuae* Deut eultes se pai^eaienti'âmiB du chevalier : odiUd&llîeu et celui -des dames. Ce dernier te« luiàtam {respect et à riulérèt. qu'inàpueent la ûiiUease^- antaai qu*à radmicatioQ passionnée de la beauté. L'empire de la religion sur ceète posiéaièé^ bdlîittesAaetdes hoaimea dû nord, s*ex« pliipie par la goût qui. hML^iorlait' verftoin mjrsti-

XXviij GOCP D^QEiL 8CR LES IKStlTUTlOirS

eisme merveîllent; et qnnnt aa respect pour ]es femmes 9 il était profondément enraciné daoff les antiques m<£ur8 des nations germaniques.

Tout ce qu'il y a à dire sup ]a chevalerie est assez connu ; mais ce que l'on ne saurait trop remarqiTer pour faire comprendre l'esprit d'une certaine période du moyen âge, c'est i'ënergje du sentiment religieux qui la domina. C'est cet etkthouslasme-mystique qui pyécipita par miilievs dans les pénitences du clotlre ou dans les austé-térités de la vie ^rémilique, des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe. Rien de plus ordii^aire alos» que les pèlerinages lointains , nu-pieds et en ob- ^rvant toute la rigueur du jeûne. On en voyail^ qui traversaietit les niers seulement pour aller i^pattre leurs yeux de la vue du tombeau du sel*- ^eur et pour Tadorer.

Les croisades, qui commencèrent à cette épo^^ que 9 sont à I4 fois la plqs forte preuve et le plus ^tonnanl preduit de cet enthousiasme religieux* Sans doute 9 la politique des papes, le fanatisme individuel de quelques cénobiies, et d'autres cir* cpnslances 9 purent y. contribuer ; «nais .qu'aux r«ient fait les exhortations pontificales et les ék»-» quentes prédioations des Paint Bernard et des Pierre-l'Ërmlte» si les élémens de cette combus^ tton qui parut enflammer toutes les tètes, u'ar vdient pas préexisté dans les dispositions universelles des peuples?.

dette tendance reiigicusd eut divers effets. Le premier dut être d'adoucir ^ par de hautes idées st^ai^dre-^ de justice et de bienfaisance, l'usage de isL force inhumaine et fougueuse qui plaçait I4 source ^tt droit dans Tépée. LemotdelanalisnMt tnoEj^ eaeelii^v^niènt pris en n»aùvaise part chez iHNMf peut signifier une disposition de l'Âme géiiéreuse et utile. Mais comme le fimatlsme màfiT que de lumière et de mesure piéme 4aiis |e bien

bu MOtEn ÀGB. XXIZ

qu^il peut produire, il eêt toujours dangereux. Des kommes dévorés de cupidité, d*auibftiou, s'emparèrent de ce levier redoutable à l'époque dont nous parlons; et c'est par lui qu^àrraicbant i* Europe entière à ses fondemens , iU parvinrent à la lancer 'Sur les contrées do TAsie.

De ce criminel abus de la tendance relîgieute dos peuptes, résultèrent de grands maux : la proscription des hérétiques^ des juifs; la doctrine de la supréoaiatie absolue du pape» le scandale de son excessh'c puissance et le lûxo monstrueux, dis la cour de Rome. L» hiérarchie eccléslcj^tiqua» comme un dragon immense ,- enveloppa éeêeê replis tout le monde-civilisé. Les papes donnèrent im penditntà la féodalité par rétablissement de leur vaste puissance. La crédulité et la stupidité humaines furent inféodées par eut à divers diBn grés. De leur couronne sacrée relevëi^ettl d'io-^ nomhrables vassaux sous Icsnoms d'àr^bevèques» d-'évèques, de curés , mais, sur-tout de géuérauie d'ordre» monastiques, de provinciaux, d'abbétfet de moines.. Cette ar»4e immensef , muiiie d'armes spirituelles d'un effet infaillible sur les consciences d'alors, devait soumettre les dynasties et 1^ peuples aux suceesseurs de saint Pierre 9 et c'est ce qui arriva. Les rois et leurs sujeli croyaient que le vicaire de Jésus-Christ pou^vail décider du bonheur des hommes dans ce monade, et de leur salut ou de leur damnation dans l'autre.. Ifet cro3*aient qu'il» avaient la mission et le pouvoir terrible de lier ou d'absoudre pour rétemité. Ces opinions ofit péri « elles oont dé-* truites; mais^telle est leuri«ffîcacité terrible, que sf une cause quelconque pouvait leur rendre sur l'esprit des peuples leur crédit perdu , le ntonde entier serait de nouveau prosterné aux pieds de la chaire papale.

^Tousles rois occidentaux reconnurent Vévèque

XXX GOVF D^œn. «DU LB8 iSr^riTUTlOBIS

de Rome po»r le rej^réseutant et le vicaire vivant de Jést»«'€l)vi9t. beaucoup d'ecitr'eux ne déciarèrent l^umblenient; vassattic du Salnt-^Siége, et' la plupart ne purent du tnokis é<}bafpper à k condition de $estribcitaire8« Ceux qa^ osèrent luiler contre cette foiriaikla)>le puissance., comme rem*p6reur Henri lY , furent persée^itës et malheureixx:. Les papes ponvâtent alors fêter da^s Tétat d'isolemcBt le plus absolu le prince le plus piii^ sant, en nofettant son royaume en int^dit et en déliant "^s sfifetS' du serment de fidélilé; ansM , usèren^iis soisvent de ce moyen terrible Cette inlevveiition du Saint-Siège soulagea que^qnefkifs les peuples en modérant rarrogance des princes; en tenant en bride lemrs iiicllnatioilsdespoiiquo^; Il faut bien convenir que c'eût été uii grandel ma'^ jostueuRc spectacle que Rome devenue le tribunal d^appel de toute la cliréllenté, et réparant, par la f oix et la loi de la religion 9 les infustiees de la poUtî^pie , les fautes des peuples et de^ rois ! M^ Il ùojA aussi ravQuef^.Roîne fut pré^qtie ton* )oQMrraUi4^40la forée puissante; pai>^tout où elle obtint crédit 9 les cbatnés de la servitude furent j^tts fortement rivées. De très^grauds hommes^ des princes paternels montèrent^ par intervalles sur la ehai^ de Saint- Pierre; cependant Tesprit générai des doetrines professées par les papes ne &t favorable ni aux progrès des lumières, ni à la Hl^Hé des nations.

' (Hyseurcîr^ aveugler pour asservir, tel fut corfstammanit le plan de Rome et l'esprit de mn milices deprns le chef suprême , depuis le pontife, )nsq«*au m(rîndre frère quêteur. An i^iilieu des ténèbres qui couvraient les droits des nations, les princes de TÉglise s'abandonnèrent à tons tes excèsdii kixe, dola débsucbe, de la rapine et de la cruauté. Ce sont les vices de Rome, il faut ravoueo; c'est lât dégradalloii et le scandale pré-

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parés par elle aa MÎn de Téglise du Chnst, qxxi snut restés comme ntie tache « comme une Houti* ' lure încfTaçahlc sur le moyen âge, et ont, pour ainsi dire, iinpi-îmé le cachet de la réprobation sur une «'poqne dont l'aurore avait vu éclater de kI grandes vertus et présagé de si beaux déydoppei riens de civilisation et de prospérité cher le» nations occîdent^ilcs ! Les efTorts de quelque» hommes génércuî»ement imbus de Tesprît de ré* forme, furent vains contre ce torrent de corruption. Arnaud de Bresi^e, Picrf-c de Vaido-, leelief desYaudoîs, ViclefT, Jean Hus, Jérôme de Pra»- ^ue et K:urs disciples, tous cent qui tentèrent de rauicner TÉ^Usc chrétienne à sa simplicité ef àla pureté primitives , et voulurent renverser la hié*rarchie, ne parvinrent qu'au supplice. C'est pair le bûcher que Rome se vengea de leur litidace^ Ces hommes , trop en avant de leur siècle, furent laissés en chemin par des contemporains qui ne IcB entendaient pas.

Cependant Rome, épouvantée de cette fK^ried^ennemis qui commencèrent dès>lors à se due-* céder contre elle , sentit le besoin de renforcer les remparts de son autorité et le nombre de ses défenseurs. Elle institua, les ordres mendia n$ et rinqulsition. ^

L'inquisition naquit pour ajouter toute l'énergie d'une police matérielle ten-îhie, à la puis*sance spirituelle de Rome «t pour refouler dans» les ténèbres quelques rayons lumineux qui cfommençaienl à faire voir Tabsurdîté des fdées d'où partaient les foudres et les excommunications. Cependant, il fallut à l'esprit liumaîn detit sièeles de plus d'études et de travaux, poiir dompter un si vivace fanatisme, et ce ne fut qu'au sortir du moyen âge, c'est-à-dire, au sciziètnc siècle» qu'un réformateur plus hardi et sur-tout phts heureux 9 put viclorieusemfnt proclamer que lu

X&XÎ) i^OVT D'gBII. sur £E8 INATITCTIOM

«ociélé , 6n Europe , était enfin sorlîe de lu«ell* ^ qu'elle avait atteint Tâge de sa majorité.

La poésie de l'époque qvie nous venons de décrire 9 de ce moyen âge si plein de mouvement et d'illusions 9 si vivant de passions et de croyances, si empreint de liberté, dans Torigine, d'entliousiasme^ d*amour et de piété, puis d'orgueil et de superstition, cette poésie dut être féconde, variée, naïve et pass>ionuée; ello eut effectivement tous ces caractères, mais c'est avec des instrum<;n8 encore biep imparfaits qu'elle exploita de si riches ressources, et de là vient qu'en examinant au^urd'hui les divers monument poétiques de l'époque, nous n'y trouvons pas tout ce que leurs auteurs ont voulu y mettre» et sûrement tout ce qu'Us y ont mis.

La langue ramane^ fille défigurée du latin, dans laquelle ils chantaient, adoucie dans le midi par ses affinités avec des dialectes plus mélodieux, mais moins heureuse du côté du nord , ne commença à prendra une forme régulièrement grammaticale que Sous saint Louis.

JLcs principaux de ces poètes ont été du nombre de ces chevaliers dont toute l'existence, consacrée à la guerre et à l'amour, s'écoulait dans la douceur des fêtes et dans les sanglahs plaisirs des combats. A partir du douzième siècle , la brillante liste de ces belliqueux rapsodes devient si considérable, qu'il* semble que tout homme qui a ceint l'épée ait nécessairement su manier la lyre, et il faut croire en effet que, dans une époque si essentiellement poétique , tout homme de condition libre et de profession libérale, a possédé, dans un degré quelconque, le talent de peindre et d'exprimer ses affections.

C'est la France méridionale qui fut le premier berceau de la muse du moyen âge, et c'est là aussi que la chcvakTÎe avait d'abord signalé sou

HT BIOTEH AGE. XXXÎlj

existence. Les troubadours provençaux qui, lea premiers , chantèrent à la cour de Bérenger , comte do Toulouse , furent les pères de cett^ poésie. Les Trouvères français et lesi Minnesênger ( chauleurs d'amour) , allemands , ne peuvent être regardés que comme les imitateurs ou la postérité littéraire des premiers. L^Italten, ne comptant pas encore assez sur les ressources de sa langue vulgaire , adopla ridiôme provençal. Les Normands 9 conquérans de TAnglcterrCt gardèrent le français, monument delà résistance et des malheurs de la nation saxone ; mais les Min^treis anglais y ne taidèrent pas à se faire une poé* sîe toute nationale. Plus tard , les Italiens furent redevables au génie singulier de quelques hommes, de la création d'une littérature qui, sans être nationale par le choix des sujets , reçut au moins un caractère indélébile d'originalité vigoureuse.

En Espagne, fleurissait la poésie catalane identique avec la poésie provençale. C*était la même école , les mêmes sources et les mêmes auteurs. Mais les poètes castillans et portugais se resseiiitirent plus du voisinage immédiat des Arabes, et une teinte orientale, une tendance à Tejtagération des passions et des images, resta leur caraotère dominant, comme la naïveté piquante était * celui des premiers.

Ainsi, dans les cours de France, d*Allemagne ' et d'Espagne, on cultivait généralement alors la poésie chantée ou lyrique.* La peinture du sentir, ment et des effets de Tamour était comme le motif général de cette poésie et dominait dans ses inspirations, et la musique était sa sœur inséparable. Mais l'union de ces deux arts cessa d'être indispensablcmcut intime lorsque, un peu plus tard, naquit l'épopée. L'épopée, chez certains* peuples, a marqué le second degré du dévelop- ,' penient de la faculté poétique et le premier chea

XXXir COUP D^œiL sua les INSTlTliTlOSrs

d^autreB; chez tous elle eu a signalé la plus gi*ande élévation et crt devenue la pripcipaie colonne de la Irtlétaf ure poétique.

L'épopée fut belle au moyen âge ,; sans avoir préctsémeift les imposantes proportions que lui afvatt données Tautiquité. Mais le caractère patit-' entier, composé de sublimité et de mysticiKina

Îui la distingue) autorise et oblige à la classer ans un rang à part , de toutes les littératures , et sous le nom de romoâfitique.

Trois systèmes de fables ou mythes servent d*alhnentet d'appui à la poésie épico-romantîqne du moyen âge. La fécondité de cette triple source explique le nombre immense de poètes et de*pnidtsctions de cette époque, dont malheureuseiaeiift un grand nombre s'est perdu.

Le premier s}'stème est national allemand absolu; c'est celui des histoires 4es Nibelungen et de tout ce qui s'y rapporte; de Siegfried, Etzel QUI Attila; Dicfrich de Berne ^ Wolf, ainsi que d'autres héros du temps de la grande migration dcfS nations germaniques.

Le second système , qui pst de la même antiquité, est celui des histoires^du roi Arthus et des chevaliers delà table ronde. Ces tradîttous furent aussi ehantée&on France et imitées en Allemagne d'après d'anciennes traditions cymriqucs.

Le troisième système se composait des fables of'iginairement françaises de Charlemagne et de ses pairs, de Roland, des quatre fils Aymou et de leur cousin Maugis,

Les Italiens n'empruntèrent aucime des fables dépendantes de ces trois sources différentes. Dante fut leur idole exclusive , et , à la vérité , sa poôsio est d'un ordre bien supérieur à toutes ces fictions, bien que par sa tendance à l'exaltation do 'l'amour et de la piété, il rentre d'ailleurs' parfaitement dans le caractère d^ Tépoijuc.

Les &sf»gniiè« y malgré la Thradlé de leur inia«; gî nation , »Vtnreat pour épopée romantique <|a' Amadi» de Gaules , el les.^ nombreux roraans de olie^alerie né» de «elln^là.

La poésie du moyen i^, sortant par fnteiTalle de son domaine paiileulior) ftt aussi quelques Incursions sur le lérraia historique 9 sellde i'an* tlquHé, sett sui» eelui «les époques contemporaî* n^s; elle 'essaya de chanter les croisades et ics exploits d*Aiexandre->k*Gvand ; elle fit des em^» pronts à la Bible de même qu'aux outrages de Virgile et d'fiomère. Mais dans ces diverses ten« tatives, cette muse romantifit^^ contrainte dé porter le }oug de l'imitatton f perdit son caracière particulier sans-atteitiidre jamais à la liauteur de ses modèles.*

Les^domiers temps da tnoyen âge ne furent fiiillement heureux peur la poésie ; Tétat de dé-* jfradMm anarelnquodans lequel gémiseait TEurope^dot tarir la soufce de toutes les inspiralione tiraillée et' graeleuses ; ou peut-être iaut«il dire

Se y dana ro»dre de la^nature, o*e#t assex pour Eique^Age ^ue la peo^ et rimagniation , le beau , riAtellectuel^ s'y cfei^loppent et y flcunV sent une foin. Remarquons d'ailhfturs que la ehe^ Talerie , cette mèfpe briilante des compositiras poéllq<ies, dépérissàil : on ne chantait plus 9 et Tâge ^h*ie«ix s\ipproeiia4t à grands pas.Cependant, îm vit natt^ en Italie el au commencement do <ff^ht^ftftiè«te siècle^ >on Boeaee; en Angleterre^ un Cliaucer; mais les trois systèmes de tradi4ions dont tretts Tenons de parler ne servirent plue de ntotlf à aucune composition remarquable, et le quaroTKÎènie siècle parut aussi stérile que le treizième avait été fécond. L'art tomba ; le dieu ireut pluH de prêtres et le culteplu» de secta(eurs. Les chevaliers» luttant contre une réaction que

xxxf] COUP D*aBii» sva lbs mmTVTions

les excë» de la tyrannie féodale avaient pàr-touf provoquée, ne furent plus aman» et peète^t protecteurs généreux de la faiblesse et éc la beauté^ mais des brigands couverts de fer cembatiant pour le maintien de leurs cruels pd viléges%

Alors les romans en prose vulgaire cottimenoè^ rent à remplacer les composHîons épiques«des anciens ; et les^ traditions dont les poètes du douzième et du treizième siècles avaient su tirer un si' heureux partie furent ioipiieyabi^aient altérées. En France et en Allemagne, le genre lyrique pessa dans les mains des maîtres chanteurs (meistcrsaonger) , qui formaient une corporation spé^ étale. Dès-lors, il n'exista plus que d'iitfornies débris de la poésie du moyef) àg^.

Le quinzième siècle, plein de mmivedaientt politique et portant en lui-même- le f^me de grandes révolutions , acheva lo dfecriédîl des contes merveilleux et de la. poésie popukire qal arment enchanté les deux «ièeles précééea^^ Lorsc|u*Arioste, un peu plus taffd, ^Khunift'oet traditions et les haAils laits des* preux, de Char-t lemagne, il eut besoin, pour ne pas sembler <ri>« diculei de toute la pmssauce de son talent etj sur-toui, du soin qu'il prit de se moquer, tout le premier, des sujets qu'il traitait (i y. Enfin »'ac* complit cette révolution dans les idées qued'on est généralement convenu d'appeler la renai»setice des lettres , et qui fut un effet de la chute de l'empire grec; alors ces traditions et ces récits pG^ques, première littérature du moyen Age, périrent ; la littérature classique gréco-romaine, ortajit de ses décombres, reprit le sceptre encore une fois , et produisit la poésie conventionnelle

(i^ Oa Mit ic mni du eûrdinal Bcfnt)o : D<h>c messer tÀtioslo m*clc pi(^liate tante eogiionetie ?

DIT UOrCH ACE. xxx?iî

oo d*im&lfltioo. Maû l'originalité du génie el la franchise dés inspirations semblèrent éteintes. A la vérité 9 quelques hommes privilégiés restèrent eux-mêoiei 9 ^ créèrent en Italie 9 en Espagne et en Angleterre une poésie dramatique libre , à bien des égards» du Joug de Ttintiquité ; touteibis 9 'il existait ches leurs deraneiers' une exquise naïveté 9 un ebarme «nlralnant qu^ils ne pouvaient {los reproduire» Les S^haLcspcare» les Lopez de Véga» les Cervantes et Le Tasse sont déjà des poètes émiotemmeiit ré fléchisseurs ; ils ont dé^à atteint Vâge de ia méikncaiie' et du regret (1) ; ils attristesit parée quMIâ fpnt penser; tin trouve en eux l'usage de toutes oes formes de langage qui sont de Thomme très-civiUsé, détrompé et vieilli. Les chansonniers innocens du moyen âge 9 au contraire 9 avaient pris le monde tel qu'il était sans s'inquiéter de ses misères et de ses vices , et moins encore poètes que les organes de la poésie nationale jet dÀ sentiment universel 9 ils sentirent phss qu'ils ne raisonnèrent; et ils provoquent encore aujourd'hui plutôt la sympathie que la réflexion du lecteur. (Jnegcàce inimitable anime leurs, incorrects écrits ; le mélange de galanterie et de. piété qui caractérise plusieurs de leurs poèmes; l'audace effrontée de leurs satires» licencieuses jusqu'à l'obseéDité, ces traits divers de leur physiimomîe poétique^ sont tous dominés par une inimitable vérité de ton et de couleur; par unis abondance de naturel et une- verve d'originalité que nécessairement ne peut niéconnattre tout lecteur familiarisé avec le mécarusme de leur idiome. On sent que ces hommes, tout

plus trisu ^ai ait jamais exUté. '

3(xiLviî| * coip D oeil. Sri leh institutions

ioiiluict , co^nl.8veo cbalew les mmnwé 'jfivat^ t^ qu'ils ont sou» leR yeiix.

Parmi les arts plaftiques da movtm âge^ Ifar-* çhiteeture mérite sur-lottt d'èlre renuirqiiée ^ à cause de son caractère si imposant^ ri mjslérleus' et «i siiigalier. Dai» les monumens -le« pioe célèbres de rarchitectare antique , noÛ6récooinal«*^ sens ridée et |a forme prnnitiire de la. demeure que i*lM)mme dut se^èAHr dès qu'il Qes8a4'had)i-^ ter le« antres des forêts el fes ereiux des roclier>i Quels que soient les diver» degnés de tràiislbr^ mattoii et d^mlielU»)emem qise la oa<baQe mh snbis pour devenir un palais, dans le «jstèBie grec VicSée de la cabane^ d'un a»ilecaleulé pour lé befsotn se dégage et sorVit fefpélueliealeMt m% elTorts de l'aT<% j / .:

Mais une pensée pins hante ^ pinx alFrteincliie de tonte û$8<icialion ave€ Viéèe du lieM^nv nu seu^' timeiit pluà va«le et moins, fhiriy senublmt mmr présidé à rinrentioa 4le rarebittetmpe'da snoyeti ége. Les4^maiBs, si libres et si fiem 4aAS lenits. belles forêls, dormaient sons> l0s ointvet m^je^ tneui qvfo ievraaionl les épaisiet ▼ek'ds nimea«x« des l>ètre»cldes^€héno»anflqnek. Lartohess^vd^^^ cette végétation magniliqae 9 la 'gr&ce ^^rimne des etmes des grands arbres, ^afncé^s dans les airs et retÔnYbant en ares surbaiffisés et en coupoles légères, sembl^it^volr été les mo#les de ees maîtres famenx qui créèrent les dônaes de Milan etHle Cologne, de Munster, de Strasbourg et r^bbaye de Westminster à Londres. On pour-* tait mêr»ie trouver une idée plus profonde encore dans réneni^té de la masse et le fini minutieux des détails; cette réunion architectaniqtte^ cette o|){>oftltiou harmonieuse^ n'eat-^ce psfs comme uue image emblématique dum^wEide entier où la mainde Tonvrlev éternel qui a jeté les bases des pics granitiques, a dessiné itreo tant de soin. la

BU MOT£!f AGI. ^nU

lige d'une plante et ui^ancé avec tant de^élkm-* ivsse le calice d*iuie ileur (i)?

Les aiiLres arts plastique» ou di^peadant du dessin « qui aux qualorziàme et quinu^mc sii^cles, viurent de la («L-èce dans rôccideiil $ étaient encore daun reodaiice aa moyen à^; mais le vàié le phis faible de Tépoque fui encore le douiaiue scientifique. Les sciences supposent k'qê* prit d'analyse et la vie sédentaire; or, le& honuBoea diï moyen %€« dans leur vie tonte de mouvement et d^iifestinct^ croyaient que vivre c'était agir, et ils ue f«ouvaieut pas se livrer à dos études abstraitement sévères. Les elTartsde Cbarlemaguo pour riipaudie le goût des sciences et la sorte de civilisation qui en est le fcuit , eurent un résultat évidemment faible et borné au règne d^ ce grand prince* Lang-temp« encore le guerrier germain ue couniU et ne conçut d'autre art no|>io et utile que .celui de manier sa lance et de guider son coursier; dans la décadence du moyen âge, l'ignorance fut même si grande que irarement un laïque savait lire et écrire. Celui qui, par exception à la rt'gle générale, avait quelques connaissances, sur-tput dau& les science^ d'observation,

(i) Il ^mblc m^me qae les consume liona da moyeu â^c étaient le produit fVan syètème tout plcinde l'esprit de ce cwlle druidique qui ^c rattachait peuuétre aux anciens rites d^isis. Les biieteiis ÉgyptieoaaTaîeat «doré Pimmcnsiié iByiit«tieose de la oAture soa» le nom de octtfe difesM, et 1« méiac idce avait proliablement conduit les druides ceitiqaes et gaulois à n^uvoir pour temples que de vastes et majestueuses forêts. Les Grecs avaient perdu etde'truit cette idée dans cm système de proporiiatis pfcin dVféganco, mtfis aiiî*

3uefiient iiitatéii«<|, o^ riea ne rév«Uit le seAAiraent pcofond e J^iofini. Tout homme bien ôrf^oist sentira la justesse de ces iflées en comparant ses impressions en présence des deilx systèmes, et , sur-ionl, tout homme instruit se gardera d'adopter f ineptie dç ceux qui tie Toieul, dans f^archrtectare ^tkiqœ, qu'on, miîlangç barbare dfs difl^rens systèmea çiMsi^ue». ou <4nq ordres rcd^iera d« l^ami^ité.

XI COUP D GSIl sua LES IKSÎITUTIOITS

en malhématiqtiefl, en physiologie, en médecine, risquait souvent d^étre brûlé comme sorcier. Les moines, forcés à l'étude par liv solitude et l'ennui, de même que par le besoin d'avpir quelque connaissance de la langue latine, afin de comprendre le rituel, eurent seuls, dès-lors, queîqus teinture de lettres et seuls les enseignèrent au profit exclusif de quelques écoles formées dans le sein des monastères. Quoiqu'il en soit, leurs travaux littéraires se sont bornés, pour la plupart, à la transcription de quelques auteurs de l'antiquité el sur-tout des pères de TÉglise. Quant à leurs productions personnelles, elles ne sont, comme l'on sait , que des chroni(|UCS sèches, sans art, et qui ne représentent nullement les idées et l'esprit de l'époque; car des moines, vivant renfermés dans des monastères, 'ne pouvaient pas rendre avec fidélité la vie et les impressions variées des hommes du monde civil et réel. Accordons à ces bons moines qu^îls nous ont sauvé les restes précieux de l'antiquité littéraire ; mais voilà tout, et nos comptes sont réglés avec eux. A la vérité, leurs clironir|ues suppléeivt au dé£iut d'autres mon umcns de Icin* époque ; cependant il faut bi^n se persuader qu^elles n'en offrent qu*une image très-altérée et souvent totalement faus&e.

Tel fut ce moyen âge que nous croyons avoir caractérisé avec justesse en le nommant l'âge de Tadolescence et de l'imaginatioii.

Celle prédokninance de Timagination sur la ré^ flexion fut sentie par les hommes mêmes qui, dès leosxîème siècle s^étaient efforcés de donner, par la culture des sciences, une direction plus sérieuse et plus positive aux idées de leurs temps. Le goût des sciences, sorti des cloîtres, et plus encore féveitlé par une naturelle analogie avee l'activité industrieuse des bourgeois , obtint de

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