‹ Histoire du Bas-Empire: Avec une introduction: [Coup d'œil sur la naissanceChapitre 8 sur 11 · L5ZO»E DU BAS-EIIPIIUS · texte numérisé non relu

L5ZO»E DU BAS-EIIPIIUS

1^8 coups d'uu traître en 591 9 au moi^eot où sc« vertus faisaient bénir à ses sujets i*aurore de son règne. Ce traître était Arbogaste qui, après avoir «i puissamment contribuée la défaite de Maxime, en avait été récompensé par le commandement général des armées gauloises. Ce misérable , qui ne pardonnait pas à l*empereur d'avoir essayé de «e soustraire à la dépendance où le retenait un .serviteur insolent, le fit étrangler dans son iit. Il chercha , néanmoins, à nier son crime ; le corps de Talentinien reçut tous les honneurs funèbres dûs à son rang, et Tartificieux Argobaste, trop prudent pour s'asseoir sur le trône qu'il venait de rendre vacant , y fit monter le rhéteur £ugène qui, à cette époque, était ministre d'état.

Théodose n'apprit pas sans indignation la mprt de Yalentinicn et la perfidie d' Arbogaste; cependant il envoya les ambassadeurs d'£ugène aveo une réponse évasive , et employa deux ans entiers à faire ses préparatifs de guerre. Enfin il se mit en marche avec les généraux Stilicon et Thomas et plusieurs corps auxiliaires d'Ibériens , d'Arabes et de Goths. Parmi ces derniers était le fameux Alaric, qui faisait avec eux ses premières armes et se formait à l'art de la guerre.

Arbogaste^ qui régnait sous le nom d'Eugène, D^essaya pas de défendre les provinces de l'empire d'Occident, et concentra toutes ses forces aux confins de l'Italie. Théodose ne fut point intimidé

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par la supériorité numérique de son adversaire ; il ordonna Tattaque. En fête de ses légions il avait placé les bandes alliées 5 peut-être dans l'espoir ' secret que les chances de la guerre le débarrasse- ' raient de ces troupes dont l'exigence devait lui être importune : quoiqu'il, en soit» la lutte s'engagea et Théodose fut repoussé; le lendemain le xombat recommença , mais la fortune n'était plus du même côté ; un détachement considérable qui, envoyé par Arbogaste pour forcer i-empereur d'Orient dans ses derniers retranchemens 9 déserta la causé de l'usurpation , et une tempête violente qui, en effrayant les superstitieux Gaulois 9 leur persuada que le ciel se déclarait contre eux» décidèrent la victoire en faveur de Théodose. Eugène eut la tète tranchée , et Argobaste, après «voir erré quelques jours dans les campagnes 9 se donna la mort pour n'être pas obligé de s'humilier devant le vainqueur.

Après la morl d'Eugène , tout l'empire se trouva soaiàis à Tautorité de Théodose; mais bientôt les symptômes d'une h3rdropl5ie avertirent cet empereur da sa fîn procliaine ; il partagea l'empire entre ses deux (ils, qu'il avait associés ^ de son vivant 9 au pouvoir souverain. Arcadîus» Tafné 9 eut le trône de Constantinople, et Honoriu» celui d^Occident. Après ces dispositions 9. il expira le 17 Janvier 395.9 à Milan ^. dans la cinquantième

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année de son âge et la seizième d'un règne pros père. :

€e fut sous Théodose t]\ie s'éteignit le paganisme dans l'empire romain ; be fut aussi sous lui que les soldats dégénérés quittèrent le» pesantes ar-; mures qu'ils avaient constamment portées depuis la naissance de Rome; il n'est pas inutile de remarquer cette circonstance 9 en s'exposant sans défense aux coups dés Barbares, ils favorisèrent les succès de ce» dermers et accélérèrent la chute de l'empire.

Avec Théodose finit la prospérité de l'empire romain ; cependant le souvenir de ses vertus s'étendit jusqu'à ses fils» quiy malgré leur jeunesse 9 furent unanimement reconnus pour empereurs d'Orient et d'Occident. Les provinces de Thrace, dei'Asie-Mîneure , de l'Assyrie et de l'Egypte, ainsi que les diocèses de Dacie et de Macédoine 9 avec la ville de Constantinople, échurent à Ar-* Cad lus , âgé de dix-huit ans saulement. Honorius 9 n'en avait que onze, hérita de rjlàlie, de l'Afrique 9 des Gaules , de l'Espagne et de la Grande- Bretagne 9 avec la Pannonie et la Dalmatfe. Dans ee pantage de l'empire. Théodose avait balancé ti;è8-exactement la force, la richesse et l'étendue du territoire de ses diverses possessions.

' L'élévation de Rufin , dont l'histoire n'oâTre qu'une série de crimes, a attiré de graves reproches à Théodosé. Né dans un coin obscur des

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,Gaulo89 ce favori de la fortune devint premier imiiistre^ et 9 dans cette plaèe, ses talens lui concilièrent ^amitié de son souverain , qui ignorait toute la perversité de son âme. Rufin, armé, d'un pouvoir terrible , en fit le plus cruel visage : qtiiconque /liû déplaisait était voué à la mort. Promolus, général de l'infanterie, qui le méj^risant, avait refusé. de lui faire bassement sa cour 5 périt ^ victime des artifices de ce scélérat. Il se défit éga* letnént, de là manière la plus atroce, du préfet de Tempire, dont il convoitait Templol, et du préfet de Constantinople » dont la puissance lui faisait ombrage.

La mort de Théodose ne fit qu'affermir davan* iTige l'autorité de Rufiu , en lui permettant de ft^émparer do l'esprit d'un prince jeune et sans expérience. 11 en vint jusqu'à lui persuader d'é* pouser sa fille , . et ce mariage allait se conclure . lorsque son active méchanceté l'appela hors de (Constantinople. Lucien, à qui il avait vendu sa protection à prix d'or , trop vertueux pour un tel patron , avait refusé de commettre une injustice qu'il lui avait ordonnée ; irrité d'une telle déso-» béissance, Rufin fut plus pressé de la punir que dPunir sa fille à Arcadius : il courut à Antioche, et le malheureux Lucien, traîné devant son tribunal , fut condamné à une mort lente et cruelle éous les yeux dfun peuple indigné de l'arrêt qui leirappait. Après l'exécution, Rufin revint, en

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toute hâte, à Gonstantinople, poui* terminer ral<*> liance ilhia^re qu'il méditait; mais, tandis qu'il s'était occupé d'assouvir sa vengeance contre Lu-, cien , ses ennemis avaient su profiter, de son absence* Eutrope, chambellan de l'empereur, à la tête des eunuques, avait juré la perte du favori,

certain qu'Arcadius ne se sentait pas une trèsvîve inclination pour la fille de Rufin , il chercha à faire naître une passion plus réelle dans le cœur du jeune prince. H lui peignit^ sous les couleurs les plus séduisante» , la beauté d*£udoxe> fille d'un général des Francs, qui , depuis la mort de ^n père, demeurait chez les fils de ce Promotus dont Rufin avait causé la mort. Arcadius vit Eudoxe et en fut épris, cependant il sut dissimuler avec le ministre qui annonça W peuple de Coostantinople l'élévation fc^ture de sa filW, et qui eut la iportificationde voir une étrangère^ élevée dans la niaison. de ses ennemis les plus implacables, s'asseoir, en sa place, sur le trôlae d'Orient. Le mystère avec lequel on avait conduit cette intriguf jetait un ridicule inêfi*açable sur les prétention^ de Rufin; il résolut^ d'employer à se venger ses richesses mal acquises , et sans doute Il eut fait repentir Eutrope d'avoir osé lui nuire, b| le sort ne lui eut suscité mu adversaire plus redoutable dans la personne de Stilicon, général de l'armée d'Occident.

C|e héroE^ qui avait été si long-temps le »oii«

" l4«^ HISTOIRE D0 BAS -EXPIRE.

tien d^uii empire chancelant , était issu des sau-* vages Yandales. Sa force extraordinaire Tavait fuît distinguer de bonne heure dans le métier des armes 9 et ses talens éminens lui avait acquis Fa- '^mîtié de Théodose, qui récompensasses services par la main de Taimable Séréna , fille de son frère. C'était à Tinflucnce de cette princesse que le général avait dû son salut au milieu des em* bûches que lui tendait Rufin , qui le haïssait à cause de ses vertus. Stilicon avait accompagné dans la dernière guerre , Théodose y qui , en mourant y lui avait recommandé ses fils et légué le toin del'Ëtat. Il avait, en conséquence^ reven* diqué l'administration de rémpire pendant la minorité des jeunes princes. Hotiprius et ses sujets avaient reconnu la justice de ces prétentions; le liiaure Gildo, qui avait levé Tétendard de la. révolte , en Afrique^ et le ministre de. Gonstantlno^ 'pie, qui soutenait avoir un droit égal à l'empire d'Orient « avaient seuls osé résister à ion autcK f fté.

Aprè« avoir repoussé les entreprises des Germains au delà des Alpes, Stilicon se préparait à ramener en Orient les troupes que Théodose en avait tirées pour marcher contre Eugène, quand Rilfiu . alarmé de ce re^viur, lui fit signifier, à Thessalonique , de la part de l'empereur, qu'il M rendrait suspect s'il continuait d'avancef . !• flânerai fit preuve de soumission en se retirant;

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mais î2 chargea de sa vengeance Gainas , officier Goth , qui pfossédalt sa confiance et à qui il remit le commandement de rarniée, ne tarda pas d'arriver auprès de Constautinople ; alors , selon Tusage, J'empereur, accompagné de son minîs«tre, veut la passer en revue; mais Rufin n'eut pas plutôt paru que Gainas, par une manœuvre habile, l'enveloppa toût-à-coiip et donna le si-

gnal de sa mort. Rufin fut massacré so^js lés yegic d'Arcadius, et son corps fût livré aux insultes de la populace; sa femme^et sa.iille^ redoutant un sort pareil, se réfugièrent dans un temple ju^qu'À ce qu'il leur fût permis d'aller vivre à Jérusalem.^

'StlKcon^ après la mort de son rivcU , se vit frustré des avantages que son ambition s'en était peut-être promis. L'empereur préférait, à la rudesse d''un soldat étranger , la basse adulation d« l'eunuque Eutrope^ qui s'attacha Gainas par la place de général de l'armée d'Orient. Ces mêmes troupes , qui s'étaient dévouées à la cause de Stiiicon, se préparèrent à une agression dirigée contre lui. Le sénat de Constantinople déclara la mari de Serena ennemi de l'empire et confisqua ses biens. Ainsi, au moment où l'union des deux empires semblait plus nécessaire que jamais, ils s« trouvèrent en état d'hostilité l'un contre l'autre, et l'on vit, dès-lors , commencer la véritable scission qui en fit deux nations distinctes.

Stilicon^ abandonnant Arcadius à ses indignes

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iavofîs, s^occupa de punir la révolte de Giidi^t qui s'était placé sur Je trône d'Afrique. Il y j^aiy vint avec l'assistance du propre frère de l'usurpateur, qui avait à venger la mort de ses- deux en-, fans^ inhumainement massacrés par leur oncle. ' Gildo, trahi par ses troupes et retenu prisonnier par les habitans de Tabraca, où U s'était réfugié après sa défaîte, se donna la mort pour échapper au sort qui lui était réservé. Au retour de l'expédition d'Afrique, StiiicOn, afin d'ajouter encore à l'ascendant qu'il avait pris sur l'empereur Ho- QoriuB, fit épouser sa fille Marie à ce prince in-^ dolent, et travailla à repousser les Goths qui menaçaient l'Italie. ^

Ces peuples Y guidés par l'intrépide Alaria, .avaient, du vivant même de Rufin , étendu leurs ravages dans toute la Dalmatie, et étaient vent^ jusqu'au pied des murs de Constantinopl^s. Cette ville résistait, il est vrai, à Içùrs efforts, mais Alaric était maître de la Phocide, de la fiéotie et de tout le Péloponnèse. Dans des conjonctures si critiques, il ne restait plus d'espoir qu'en Stilicon qui vint, en effet,, à la tête d'une armée nom*brcuse et débarqua près des ruines de Coriothe, en 397. La lutte fut longue et la victoire quelque temps incertaine ; mais enfin le talent du général des Romains l'emporta ; Alaric fut cerné dans son camp et menacé de la famine ; cepend£|nt il 6aisit l'instant où son adversaire, as3uré du suc-

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oès, fvVtait relâché de Ra vigilance, et à travers ' mille pbsUcles il s'échappa avec tous ses gons. Ce coup hardi lui permit de eonclure un traité avec la cour de Bysance; alors* Slilicon se retira*, respectant 9 dans l'ennemi des Romains, le caractère d'allié de l'empereur d'Orient.

Parce traité, Alaric fut îtivesti du -gouvemcvment de l'illyrie, et les villes qu'il avait précédemment ravagées le reçurent comme délégué du souverain légi^in(ie. Il commença par dégarnir les magasins de toute la contrée pour fournir dos armes à ses soldais et pbligea les malheureux iia>' bitans de travailler eux-mêmes à leur perte. Ses succès lui avaient gagné Testime de ses codcitoyens qui le nommèrent, d'un accord unanime, roi des Yisigoths. Placé sur les frontrères de l'Italie, il fut bientôt tenté par la «beauté, de Cette contrée si favorisée de la nature ; l'appdt ^ des richesses accumulées dans Rome, depuis tant de siècles, enflamma sa cupidité. Il s'avança jus* qu'à fllilan.et vit fuir devant lui l'empereor des Uoniains ; celui-.ci , vivement poursuivi , allait' être obligé de capitujler, quand l'arrivée de Stilîcon, desceiidu des Alpes avec toutes les forc^ qu'il avait pu rassembler dans les Gaules /où il se trouvait au moment de l'invasion d'Alaric, changea la face des affaires. Les Goths , .pressés à leur Jour, furent sur le point de battre en retraite » mais la ferm^eté d'Alaric s'y opposa ; il leur

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dit qu'il était veuu chercher en Italie un royaume ou -un tombeau.

Cependant, Stilicon 9 ayant attaqué à Timproyiste, le camp de Tennemî en fit un grand carnage et s'empara de plusieurs prisonniers parmi lesquels était la femme d -Âlaric. Le chef des Yisiîgoths se sauva à la tôte de sa cavalerie; et, ayant traversé les Appenins, il s'avança vers Rome, bien résolu d*cn faire la conquête ; mais le vigilant Stilicon fit échouer ce dessein ; et, usant avec modération de sa victoire, il offrit à son ennemi de lui laisser effectuer sa retraite. Aiarîc fut forcé, par son peuple, de profiter de celte offre. Il s'éloigna avec Tarrière pensée d'aller s'emparer des provinces de Gaule en passant par là Germanie. Stilicon , qui entretenait des intelligences dans le camp d'Alaric, en fut instruit assez à temps pourFempécher d'accomplir scfti projet. Les Goths, battus près^^dè Vérone, éprouvèrent encore une perte considérable.; et^ comme à la suite de leur précédente défaite, ils obtinrent encore de leur' vainqueur la permission, de se retirer.

A cette époque^ le siège de l'empire d'Occident fut transféré à Raveune, ville très-forte et plus en état que Milan de résister aux attaques des peuples barbares qui semblaient regarder l'Italie comnie leur proie. Peu de temps après, l'invasion de Radagaise à la tète des Suèves, des Vandale* et des Bourguignons^ chassés de leur pays par

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les Huns, justifia cette précaution. Dans cette circoustance» ce fut encore à Stilîcon queFItalie dut son salut; mais la mort cruelle du monarque vaincu souilla la gloire du triomphateur. Cet habile général commit alors 'une grande faute. Les restes de rarmée de Radiigaise s^élevaîent encore à plus de cent mille hommes en armes. Stilîcon , qui crut qu>près avoir assuré la tranquillité nonseulement de Rome et de l'Italie il ne lui restait plus rien à faire 9 ne mit aucun obtacle à leur départ/ mais encore il le facilita ; plus tard ces mêmes hommes exécutèrent ce qu^Âlaric avait projeté. Ils fie répandirent dans les provinces de la Gaide qu'ils ravagèrent, et poussèrent leur marche jusqu'au pied des Pyrénées.

La nécessité de repousser l'invasion d'Âlaric avait fait retirer de la Grande-Bretagne les garnisons romaines qui l'occupaient. Un soldat obs- cur, nommé Constantin , profita de leur éloigne ment pour s'emparer du pouvoir dans un pays livré sans défense aux factions* Constantin , proclamé empereur, sentit bientôt le danger dé laisser dans l'inaction les troupes qui l'avaient placé sur le trône et qui pouvaient l'en précipiter ; il chercha, eu<2onséquence , de l'occupation pour leur esprit remuant , et résolut la conquête des Gaules. Il débarqua en 407 à Boulogne , et força les Germains à contracter une alliance avec lui. Mais, en s'avançant vers le midi, il rencontra les troupes

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impériales qui lui o{{posërent une forte résistance. Il les obligea cependant de se retirer au delà des Alpes j qui formèrent la ligne de démarcation entre ses domaines et ceux d'Honorius. I<a soumis- «iôn de r£spagne affermit encore son autorité, malgré les efforts réunis de quatre frères 9 parens de Tempereur Tbéodose, qui,^ avec leurs esclaves arniés, lui disputèrent le passage des montagnes pyrénaïques. Le souverain de la Grande-Bretagoe et des Gaules ne put venir à boutde les réduire 9 mais il trajta avec eux 9 et vit ainsi se terminer une guerre qui menaçait sa récente fortune. Malgré les pertes qu'avait essuyées Alaric, il avait* déployé tant de génje, même dans ses rbvers, qu^l voyait accourir^ sous son étendard , l'éHte des guerriers des nations barbares. Stilicon fit une alliance avec lui, et rengagea à renoncer à celle dci'empereur d'Orient. Après la défaite de Radagaise, le général d'Honorius annonça rinteiitioii de marcher contre Constantiuople 9 et somma Alaric de se joindre à lui 9 apparemment pour éloigner celui-ci- d'Italie qu'on supposait .qu'il convoitait toujours en secret. Ce motif n'échappa point au roi des Yisigoths 9 qui, après avoir suscité divers délais , finit par exiger, à titre de sUbifildes9 des conditions si exagérées, que l'extrémité où se trouvaient l'état et l'autorité de Stilicon, parut seules les faire accepter. Cette transaction onéreuse contribqa à la chute de ce dernier. On

HlâTOlis DU , BJLS-EVPIEB. l55

i*accusa de partialité pour les Barbares^ et cette' partialité déplaisait sur-tout aux soldats qui pranaient encore le titre de Romains ; on lui imputa des malheurs qui notaient lé fruit que de la corruption du siècle; ses ennemis, parmi lesquels se trou vaient des hommes qlii lui devaient tout, anl« mèrent la jalousie de Tempereur contre lui, et supposèrent que le général songeait à placer le diadème sur la tète de son fils Euehèrius.'Honorius prêta l'oreille à ces discours. Dans. une revue de ses troupes, qu'il passa «^ Pa vie, .les amis de Stilicon et l'élite des oiïîcicrs de l'armée, furent massacrés à la suite d'une proclamation de l'empereur. £n apprenant cette trfste^^iiouyelle, Stilicon , alors à Bologne , prévit le sort qui l'attendait. Il assembla les chefs confédérés, qui, d'une voix unaiHme , demandèrent de courir à la vengeance; mais il ne put se résoudre à les armer contre l'Italie; ceux-ci, indignés de ses refus, l'abandonnèrent. Après avoir échappé au poignard des assassins, il se rendit à Ravenne, où commandaient ses ennemis, et s'y réfugia dans un sanctuaire; mais il en fui arraché par leurs ruses, et à peine mettait-il le pied hors de l'enceinte sacrée, qu'on lui signifia son arrêt de mort. Il répirima le zèle de ses amis qui voulaient essayer de le défendre, et sesouniit, aveè résignation » au coup qui trancha sa vie le a3 aodt 408. Sa famille

i55 BiSTOiak DU bas-empire.

' fut enveloppée dans sa disgrâce ; son fîls Euefacrius Youlut fuir, mais il fut arrêté et mis à mort;. Th^rmance y sa seconde fille , qui avait succédé à sa sœur Marie en épousant l'empereur, subit Thuiniliatien d*un divorce. Telle fut la fm de Thomme qni f tant de fois, avait sauvé Tétat.

Pendant que TOccident était agité par ces convulsions politiques, Tempire de Gonstantinoplc n^était guère plus tranquille. Nous avons vu, api'ës la mort de Rufin , Teunuque Eutrope s^emparef de la faveur du faible Ârcadius. Les préjugés des Romains (car les sujets de Tempire d'Orieiit persistaient.à con^rverce lîlré qui n'était plus qu'un vaiii mot) s'indignèrent de voir un eunuque occuper lé consulat , bien que , jusqu'alors., ils eussent supporté les rapines et la tyrannie de cet esclave. Plusieurs personnes, au nombre desquelles se trouvaient les auteurs de son élévation, furent tour-à-tour ses victimes, et leurs biens passèrent dans les mains de nndjgne parvenu.

Cependant, il fut alarmé de la haine qui s^aggrandissait autour de lui; il en craignit les effets, et fit promulguer une loi par laquelle le crime de haute- trahison ne se bornait plus aux ennemis du souverain, mais s'étendait jusqu'à ceux qui conspiraient contre les ministres; le même édit sévissait également contre les intentions et les aetions, et les enfans des coupables étaient dé*

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(^aréft incapables d^héritercon-seulemcnt de leurs père et mère 9 mais encore d'un parent éloigné , ou niôme d'un étranger I

Malgré la consternation où cette loi tyran nique jeta ce peuple sans énergie 9 TOstrogoth Tribigîld osa résister au favori. Cette nation belliqueuse ,~ que Théodose avait établie dans les fertiles cantons de la Phrygie, faisait sans cesse la compa^ raison des lents produits de Fagriculture avec les riches et rapides dépouilles que procure la guerre. Tribigîld, leur chef, fut mécontent de l'accueil peu amical qu'il avait reçu ^ans lé palais de Constantinople en l'année 599. Il arma pour se venger ; aussitôt les pajs entré le Marsyas et le Méandre 9 devinrent le théâtre de la guerre ; les habitans épouvantés s^enfuirent sur les rives de l'Hellespont. On dépêcha vers Tribîgild pour les engager à rentrer dans l'obéissance ; mais son obstination à rejeter toute proposition d'accomodément força Ëutrope à assembler le conseil. Le Gotb Gainas 9 qui avait trahi une fois son bienfaiteur Stiiîcon , fut chargé de défendre la Thrace ; le commandement de l'armée d'Asie fut confié à un officier nommé Léon. Ces deux hommes faci- Mlèrent également la victoire aux rebelles quoique d'une manière bien^différente. Léon avait été surnommé TAjax de l'Orient à cause de son énorme stature et de sa stupidité. L'ardeur imprudente des Oi^trogot^s les avait entraînés, cntr«

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