l'année suivante , sur la nouvelle que les Turcs étoient
entrés en Pamphylie , et qu'ils assiégeoient Sozopolis. Ses filles, dont il étoit tendrement aimé, ne le quittèrent qu'avec beaucoup de larmes, comme si elles eussent prévu qu'elles ne le reverroient plus. Arrivé à Attalie , il apprit que les Turcs s'étoient retirés , et il s'arrêta quelque temps dans cette ville pour mettre ordre au gouvernement de ses nouvelles conquêtes. Près de la ville d'Icone , occupée depuis long-temps par les Turcs , étoit un lac fort étendu , nommé Pasgusa, semé de petites îles peu éloignées l'une de l'autre. Dans chacune de ces îles s'élevoit une forteresse , qui sembloit être un ëcueil au milieu des eaux. Les anciens habitans s'y étoient maintenus; mais^ détachés de l'empire, ils n'en avoient conservé que îa religion , et ne reconnoissoient d'autre maître que le sultan d'Icone, où ils alloient et d'où ils revenoient le même jour. L'empereur, campé au bord du lac, leur fit signifier qu'ils eussent à recevoir de sa part un gouverneur et des troupes, ou à sortir de leurs demeures ; qu'il leur laisseroit libre le chemin d'Icone. Ils se moquèrent de ces ordres; et l'empereur, piqué de ce mépris, résolut d'employer toutes ses forces à conquérir ces îles, quoiqu'il vît bien qu'il lui seroit impossible de les garder. Il fit construire à la hâte des barques , en attacha plusiet^rs ensemble , et les chargea de machines pour aller foudroyer ces forteresses. Il y réussit , malgré les orages qui s'élevèrent sur le lac , et qui détruisirent plusieurs fois son armement. Après des f fforls auxquels ce prince, d'ailleurs prudent et sage ^ n§
s'oLstina que par un point d'honneur vain et frivole, il mit garnison dans ces places. C'étoient des soldats perdus, dont le sort est ignoré, mais qui, après le départ de l'empereur, ne tinrent sans doute pas long-temps dans ces postes isolés.
Jamais il ne s'étoit vu à la tête d'une si belle armée, Nicet.c.io^ Presque toutes les forces et les trésors de l'empire mar- cin.Lx^c. choient à sa suite. Il se proposoit de faire la conquête Tyr. de la Syrie entière, d'aller à Jérusalem déposer sa cou- /. s, c. 19, ronne sur le Saint-Sépulcre , pour la recevoir ensuite ^ SanSt. L 3. comme de Jésus-Christ même, et de chasser les musul-^^'^'' ^ ^ ^' mans de toute la Palestine. Mais il cachoit avec soin Chron. Sti, tous ces desseins, et feignoit de n'avoir en vue que de Alberic.chr. répondre aux sollicitations du prince d'Antioche, q*ji^Q^/^°* p^^i^ l'invitoit par des lettres fréquentes à venir au plus tôt/. 28. exécuter le traité fait entre eux quatre ans auparavant. gest.^'"^Frid. Raymond, qui n'avoit guère plus de prudence que de ^j'^'^- ^bonne foi, se flattoit qu'après ce qui s'étoit passé, i'em- Du Cange., pereur ne seroit plus tenté d'entrer en maître dans An-*^^'"* tioche , et qu'il ne songeroit plus qu'à lui procurer un brillant état par la conquête des quatre plus grandes villes de Syrie. Jean , qui avoit bien d'autres pensées , méditoit encore un projet important. Manuel, le plus jeune de ses fils , étoit le plus chéri. Il lui trouvoit plus d'esprit , de valeur , de ressemblance avec lui-même. Il vouloitlui faire un royaume de la Pamphylîe, de la Cilicie, d'Antioche et de l'île de Cypre. Il ne désespéroit pas même de le faire empereur au préjudice de ses trois aînés. Jean, occupé de tous ces desseins, étoit retourné à Attalie, pour se disposer au voyage d'Antioche, lorsqu'il perdit Alexis, son fils aîné, qu'il avoit depuis long-temps associé à la dignité impériale. Ce prince mourut d'une fièvre ardente, et sa mort fut aussitôt suivie de celle de son frère Andronic, qui portoit le titre de sébastocrator. L'empereur, craignant pour le troisième , qui commençoit à ressentir quelque atteinte,^
le fit partir pour transporter à Constantinople les corps de ses deux frères et leur rendre les devoirs funèbres. Il retint Manuel auprès de lui; et, ayant en diligence traversé la Gilicie , il arriva à la vue du château de Turbessel , à huit ou dix lieues en-deçà de l'Euphrate , sur les terres du comte d'Edesse , qui ne l'attendoit pas.
Joscelin s'étoit trop mal conduit au siège de Shizar pour se flatter d'être bien voulu de l'empereur. Il craignoit une invasion contre laquelle il ne pourroit se défendre. L'empereur, qui de son côté avoit sujet de se défier de ce prince, lui demanda des otages, et le comte ne tarda pas à lui envoyer sa fille Isabelle. Assuré de sa fidélité par ce gage précieux, Jean prit la route d'Anîioche , et arriva le 25 septembre à un château nommé Gast, à quelques lieues de cette ville. Il dépêche de là des courriers à Raymond, et lui renouvelle les mêmes demandes qui , dans son premier voyage , avoient fait trembler le prince et soulevé tout le peuple. Il les appuie des mêmes motifs. Le prince , se trouvant dans un grand embarras, délibère avec son conseil. Pour le dégager de sa parole , on fut d'avis de le désavouer , comme ayant passé son pouvoir dans le traité qu'il avoit fait. On députa donc les plus nobles de la ville, qui déclarèrent à l'empereur, au nom du. patriarche et des habitans, qu'ils ne se tcnoient pas pour engagés par la parole de Raymond ; que ce prince n' avoit aucun droit sur l'héritage de sa femme ; que sa femme même ne pouçoit en aucune manière disposer de ses domaines sans le consentement des autres seigneurs et des habitans ; que, si le duc et la duchesse persistaient à en trafiquer ainsi ^ selon leur caprice ^ au détriment de leurs sujets, on les hanniroit eux-mêmes de tout le territoire. L'évêque de Gabale , qui se trouvoit alors dans la ville comme légat du pape Innocent II, se joignit à ces députés, et signifia à l'empereur, de la part du saint-siége, qu'il eût à s'abstenir d'entrer dans Antioche , et de susciter aucun trouble aux
Latins établis en Orient. L'empereur, irrité de ces oppositions, permit à ses soldats, sous prétexte qu'ils manquoient de vivres, de ravager le territoire d'Antioche. Ils usèrent de cette liberté avec tout Temportement d'une soldatesque effrénée. Non contens de piller les moissons et les fruits, ils coupèrent parle pied les arbres fruitiers, brûlèrent les habitations et les granges, et firent un horrible dégât, qui ne pouvoit être réparé de plusieurs années. Quelques-uns s'emportèrent à un tel excès de fureur , (ju'ils massacrèrent les ermites des environs , et réduisirent en cendres leurs cellules. L'empereur demeura chargé de tout l'odieux de ces barbaries, qu'il ne put arrêter lorsqu'il eut une fois lâché la bride à cette fougueuse multitude.
Pour ne pas s'éloigner d'Antioche, dont il vouloit s'emparer , il lui vint en pensée d'aller passer l'hiver à Jérusalem. Mais il ne montra que le désir de visiter les saints lieux. Il envoya donc des officiers de distinction en ambassade à Foulques , roi de Jérusalem , qui vivoit encore, et ne movirut que le i3 novembre de cette année. Il lui mandoit qu'il désiroit ardemment de se transporter dans la ville sainte pour y honorer les vestiges du Sauveur , et pour offrir aux chrétiens son secours contre les infidèles. Le roi, craignant une dévotion si bien armée, de l'avis de son conseil, envoya Anselme, évêque de Bethléem, avec deux autres seigneurs, porter sa réponse à l'empereur, et lui dire, qu'il tiendrait à grand honneur de le réceçoir dons sa ville ; mais que dans un état aussi borné que le sien il ne pourrait trouver de quoi faire subsister une si grande armée ; que les soldats grecs et ses propres sujets seroien t en danger de mourir de faim : que cependant , si sa majesté voulait ne prendre av>ec elle que dix mille hommes , il irait au-devant délie avec tout son peuple ; qu'on la recevrait avec des transports de joie , et qu'on lui rendrait les hommages dus au plus grand prince du monde. Ce re-
fus , assaisonné de tant de politesse , ne plut pas à l'empereur; il crut qu'il n'étoit pas de la dignité impériale d'aller se montrer en Palestine si peu accompagné. Il rendit au roi les mêmes protestations d'amitié qu'il en avoit reçues , et renvoya les ambassadeurs comblés de présens. Il retourna passer l'hiver en Cilicie prèsd'Anazarbe , bien résolu de rentrer en Syrie dès que la saison le permettroit , et d'y signaler sa puissance par quelque exploit mémorable.
Ait. 1143. Un accident funeste renversa tous ses projets. Il ainioit la chasse et y passoit une partie du temps que lui laissoient les opérations militaires. Campé dans une vallée entre deux hautes montagnes qu'on appeloit les nids des corbeaux j il sortit avec son équipage ordinaire; et, s'étant engagé dans un bois plein de bêtes sauvages, comme le sont toutes les forêts du mont Taurus , il vit venir à lui un furieux sanglier poursuivi par ses chiens, ïl attend la bête de pied ferme, et lui plonge son épieu dans le corps. Au milieu des violentes secousses de ce vigoureux animal , le carquois du prince , rempli de flèches empoisonnées, s'étant renversé , un de ces traits meurtriers lui perce la main et y fait une profonde blessure. Pour arrêter le sang , il se sert d'un topique aussi bizarre que frivole , mais apparemment alors en usage parmi les chasseurs. C'étoit de s'enlever une peau du talon , et de l'appliquer sur la blessure , qu'on bandoit ensuite fortement. Il retourne le soir au camp, soupe à son ordinaire , et passe assez tranquillement la nuit. Le venin , dont on avoit fermé Tissue , eut le temps de se répandre dans les veines , et le lendemain Tenflure de sa plaie , accompagnée d'inflammation et de vives douleurs , l'obligea d'avoir recours aux médecins. Ils levèrent ce ridicule appareil ; et , ayant appliqué un emplâtre qui ne fut pas plus efficace , ils en vinrent à l'incision , qui ne procura aucun soulagement. L'enflure s'étant communiquée au bras tout entier, on fut d'avi&
de. lui couper le bras, sans être cependant assuré si cette opération cruelie lui sauveroit la vie. L'empereur n'y voulut point consentir, disant que ce n'étoitpas trop de deux mains pour tenir les renés de V empire. Il se détermina donc à mourir , et le seul regret qu'il témoigna fut de n'avoir pas accompli le pèlerinage de Jérusalem, auquel il étoit tellement résolu , qu'il avoit fait faire une lampe d'or du poids de vingt livres pour l'offrir au Saint-Sépulcre. Le jour de Pâques , qui tomboit cette année au 4 avril , il reçut le saint viatique. A l'heure du souper, il fit ouvrir les portes de sa tente, permettant à tous les soldats d'entrer et de lui présenter leurs requêtes. G'étoit par le conseil d'Axuch, cet estimable ministre, qu'il voulut donner à ses sujets cette dernière marque de sa bonté. Il en fit autant le lendemain ; et^ s'étant fait servir le souper ordinaire , il en distribua les viandes aux assistans. La nuit suivante il survint un si violent orage, que les torrens qui tomboient des montagnes emportèrent le lit où reposoit l'empereur. Dès qu'il s'étoit vu menacé de la mort , il avoit fait venir auprès de lui un moine de Pamphylie, célèbre par sa sainteté, pour implorer la miséricorde de Dieu par des prières continuelles.
Le 6 d'avril, se sentant près de sa fin, il fit appeler les principaux officiers de l'armée. Les voyant autour de son lit, il rassembla tout ce qui lui restoit de forces, et , paroissant seul insensible à ses maux , il leur parla en ces termes : « Mes amis , vous savez que les princes « regardent leurs états comme un patrimoine , et qu'ils « les transmettent à leurs enfans selon le droit de pri- « mogéniture comme les particuliers disposent de leurs « maisons et de leurs terres. C'est ainsi que j'ai reçu « de mon père le droit de commander aux hommes, et « vous pensez sans doute que j'en userai de même à l'é- « gard de mes enfans. Il ne m'en reste que deux , et « vous ne doutez pas que la prérogative de l'âge ne dé-
<^ termine mon choix. Mais l'amour que j'ai pour voUs « est si vrai et si désintéressé, que, si ni l'un ni l'autre « de mes fils ne méritoit l'empire , je chercherois un « successeur hors de ma famille. Un pilote qui , par « ignorance , se perd avec son vaisseau , meurt couvert « de honte, et n'en laisse pas moins à celui qui lui a « confié le gouvernail. C'est se déshonorer que d'élever '< en honneur un liomme qui n'en est pas digne. 3e n'ai
que des grâces à rendre au maître des souverains pour « les deux fils qu'il a bien voulu me laisser. Ils ont tous
deux d'excellentes qualités ; je les aime également , et « s'il ne s'agissoit pas de l'empire , je suivrois dans la
distribution de mon héritage l'ordre qu'a suivi la na- « ture. Mais la succession à Fempire n'est pas un pré- « sent ; c'est un fardeau dont un père doit charger celui » de ses enfans qui est le plus capable de le porter. La « Providence a pris soin de désigner mon successeur. ' C'est Dieu qui nomme le premier à tous les emplois; « les qualités de celui qui en est digne sont la voix de « Dieu même , qui en est l'auteur^ C'est aux hommes « à l'écouter ; je ne fais qu'énoncer son suffrage. Jugez- <( en, et voyez si Manuel mérite de vous commander. « Son courage s'est montré devant Néocésarée; nous lui « dûmes la victoire. Vous connoissez sa prudence et son « esprit de ressources. Vous n'ignorez pas que dans les « conjonctures les plus épineuses je me suis plus d'une « fois bien trouvé de ses conseils, et qu'il m'a tiré des « plus grands périls. Combien de preuves n'a -t -il pas « données de l'étendue de son génie , de l'élévation de « son âme, de sa fermeté, de son discernement , de son « détachement de tout intérêt personnel et des plaisirs u de son âge, de son application aux affaires sérieuses, « de sa bonté et de sa compassion pour les malheureux !
.le destinois Alexis à l'empire ; mes vues ne s'accor- « doicnt pas avec les desseins de Dieu , il me l'a enlevé. " Averti par ce coup si sensible à ma tendresse , je n'ai
« pîns voulu prévenir son choix. C'est lui qui m'inspire « dans ce dernier moment, où s'éteignent toutes les af- « fections humaines. Je touche à cet instant où je n'aurai plus ni trône ni famille, mon dernier soupir est « pour le bien de cet empire. C'est à vous à y répondre « par votre suffrage. Songez qu'Isaac fut le cadet d'Is- « maël,, que Jacob ne vint au monde qu'après Esaii , que Moïse étoît plus jeune qu'Aaron , et que David « étoit le dernier de tous ses frères. » Dès qu'il eut cessé de parler, tous les assistans , fondant en larmes, s'écrièrent d'une voix mêlée de sanglots : ISous acceptons Manuel ; que Manuel soit notre empereur. Manuel, insensible à toute autre chose qu'à la perte de son père , la tête baissée , baignoit la terre de ses pleurs. On le revêtit de la pourpre , on lui ceignit le diadème , on le porta dans la place d'armes , où tous les soldats assemblés le proclamèrent empereur. Il étoit âgé de vingt et un ans. C'étoit Axuch qui, sur la comparaison du caractère d'Isaac avec celui de Manuel , avoit déterminé l'empereur à cette préférence si dangereuse d'ailleurs , et si propre à troubler la tranquillité des états. Mais il voyoit dans Manuel une supériorité si généralement reconnue, qu'il n'en craignit pas les suites, qui n'eurent en effet rien de funeste.
Jean ne survécut que deux jours , et mourut le 8 avril, à l'âge de cinquante-cinq ans, après un règne de vingtquatre ans , sept mois et vingt-quatre jours. Ce prince , héritier du courage , de la prudence et des autres grandes qualités de son père , le surpassa encore par une vertu sans mélange d'aucun vice. Il eût été digne de naître dans les beaux jours de l'empire romain ; c'est le Marc Aurèle de Constantinople. Assis sur un trône déjà ébranlé , il l'affermit par de brillans succès. Il entra d'un pas ferme dans la route glorieuse que son père lui avoit ouverte, et ouvrit lui-même à son fils un chemin à de nouvelles conquêtes. On peut dire que le règne de
4B HISTOIRE DtJ BÀS-ÉMPIRiÉ.
ces trois princes fat pour l'empire un repos où il s^ar-' rêta dans sa chute. Pieux , régl« dans ses mœurs , attentif à retenir ou plutôt à renouveler l'ancienne discipline , il bannit de son palais le luxe des habits et des tables; il proscrivit la licence , donnant lui-même l'exemple d'une simplicité auguste , d'une noble frugalité, d'une exacte décence. Ce n'étoît pas en lui médiocrité de génie ; il avoit l'âme plus grande encore que là fortune. Il étoit libéral , et même magnifique , mais sans profusion ; persuadé que les grandes largesses sont de grands brigandages, et qu'un prince n'enrichit ses favoris qu'en dépouillant ses autres sujets. Tout le palais prit bientôt le ton du maître ; la vertu étoit devenue le moyen de plaire , et le vice cessa d'être courtisan. Sà manière de vivre n'avoit cependant rien d'austère ni de triste. Sa conversation respiroit une gaîté honnête ; il avoit des amis , et leur donnoit une sage liberté. Plein de douceur et de clémence , il ne condamna jamais personne à la mort ni à la perte de ses membres. Il ne se forma contre lui d'autre conjuration que celle d'Anne Comnène , la première année de son règne. On eût dit que le crime avoit fait trêve avec Thumanité pour tout le temps de son gouvernement. On ne peut reprocher à ce grand et vertueux prince que trop de passion pour la gloire des armes. Mais ses guerres furent ou défensives, on entreprises pour reconquérir les provinces qui avoient appartenu à l'empire. Il vécut moins dans un palais que dans un camp ; vaillant , intrépide , infatigable , mais aussi incapable de témérité que de peur , il fut l'âme de ses armées , et ne se laissa jamais emporter à cette fougue impétueuse qui confond le capitaine avec le soldat.
Du Canget Outre ses deux fils, il laissa trois filles; Marie, qui étoit jumelle d'Alexis, fut femme de Roger, de la fa-
»^>' mille des princes de Capoue. Ce prince, dépouillé de
ses biens par Roger , roi de Sicile , s'étoit réfugié à
iHSTOIRE DU BAS-EMPIRE. 49
Constantinople. Il y fut honoré du titre de César, et épousa la princesse ^ qui mourut dans les premières années du règne de Manuel. La seconde fille fut mariée à Etienne Conlostéphane , que Manuel décora du titré de grand-duc, et qui fut tué au siège de GorfoU en ri6o. Sa veuve reçut de Manuel le domaine de l'île dé Corfou. Elle avoit eu plusieurs enfans, dont nous aurons occasion de parler dans la suite. Le troisième épousa Théodore Vatace, qui fut un des généraux de Manuel. Théodore Balsamon rapporte que , quelques années après la mort du prince Alexis, qui étoit décédé du vivant de son père, sa veuve, étant tombée dangereusement malade , eut recours à fies magiciens qui lui promettoient la santé. Il en coûta la vie à plusieurs de ses domestiques, qui furent la victime des forfaits de ces infâmes charlatans. Mais enfin les magiciens, bien payés disparurent, et la princesse expira dans de longues et cruelles douleurs^
ki&T. DU BAS-EMP. TOM. IX .
5o HISTOIRE DU BAS-EMP1B.Ë.
vvvvvvvwvvvvx^vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv^ ^^^^^