‹ Histoire du Bas-Empire, commençant à Constantin-le-Grand (volume 3)Chapitre 12 sur 23 · HI8T0IKE DU BAS-EM^IK£. 37I · texte numérisé non relu

HI8T0IKE DU BAS-EM^IK£. 37I

H^ritoife de Philippopolis , de Triadize, et s'avàn- ^rent jusqu'auprès d'Ândrinople. Les troupes grecques e montrèrent que de la foibiesse; et si elles se hasarèrent quelquefois à combattre , ce fut avec peu de accès.

L'annëe suivante fut encore plus malheureuse. Alexis ^^* *'94* akiide et Basile Vatace, furent défaits près d'Arcadio- ^'««•'•5» >olis. Guide se sauva avec peine ; Vatace y pérît avec â plus grande partie de ses troupes. Isaac résolut de ûEiarcher en personne. Il passa Thiver à lever une grande Ifttiée , et soudoya un grand nombre de troupes auxiliaires. Il eut recours au roi de Hongrie , qui lui promit un puissant secours. Il tira de son trésor quinze Dents livres pesant d'or , et six mille d'argent ; et , suivi fune nombreuse armée, bien fournie de toutes les munitions nécessaires, après avoir recommandé à Dieu le succès de ses arme^, il partit au mois de mars , résolu de ne revenir qu'après avoir terminé la guerre et ruiné cttâèrement ces opiniâtres ennemis.

Ce prince pensoit n'avoir à craindre que les Bul- âr. 1195. gares et les Yalaques. Mais il conduisoit lui-même un NicecL 3, «nnemi d'autant plus dangereux, qu'il le chérissoit ^* i^i„,\ i>, •rec plus de tendresse. C'étoit son frère Alexis , qu'il ^<»W«*«o- ^« avoit retiré de captivité et qu'il admettoit dans sa Sanuul.'S, plus intime confidence, partageant avec lui ses biens, ^'*' n, c. aon pouvoir , ses plaisirs , et ne se réservant que le ^'*«"*<? <?^titi^ d'empereur et l'autorité souveraine. Il lui Sk\oit Ah. chr, lAmné le palais de Bucoléon à condition qu'Alexis le ^^^^^^^J^Z kisseroit jouir du péage du port voisin , qui rendoit Cassm. chr, *bas les jours à l'empereur quatre mille livres d'argent, tius, afiectëes à la dépense de sa table. Ce perfide, jaloux ^^^"*''*^" ^t voir son cadet sur le trône, résolut de lui arra- Nansischr. 4ier la couronne. Il pratiqua secrètement les seigneurs p. a6, 37. ïu'îl savoit mal disposés pour Isaac, et il a voit déjà ^" ^^/^' fetmé un nombreux parti, lorsqu'on en avertit Yexn-hard,p,%^o^ piireur. Isaac rejeta cet avis comme une calomnie ^FfULMous-

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Sahellicus. inaligneïnent inventée, pour le séparer d'un frère III. qu 11 regardoit comme son soutien le plus assure. Arrivé i

Crusius in^ Rhédeste, il y célébra la fête de Pâques, et toujours cià. L7. entêté des chimères de la divination, il fut curieux BU^o,c,\'s, de voir ""^ devin fort accrédité parmi le peuple. C'étoit H^^^ ^*un charlatan de nouvelle espèce, qui ne répondoit

JcropoUt, que par des sauts, des gambades et des mouvemei» \ ^'Gunteriust cxtravagaus mêlés de sons mal articulés, que de vieilles L ^•J' femmes interprétoient aux consultans imbécilles. La

fam. /».io4, figure de lempereur et oit peinte sur le mur de sa loge. ao5^ai5,a59. Lorsque Isaac fut entré, le devin, après l'avoir envisagé, et fait ses folies accoutumées , effaça du bout de si L baguette les yeux de la figure, .et parut vouloir lai ^ enlever son ornement de tête. Si le fait est tel que le rapporte Nicétas, il falloit que ce charlatan fût instruit du complot par qiielqu'un de ses espions, comme il est assez ordinaire à ces sortes de gens. Le prince n'en fit que rire et marcha à Cypsèles^où il s'arrêta pour mettre ses troupes en ordre ^ et attendre celles qui le suivoient. Cependant la noblesse conja- ^ rée nuirmuroit en apparence du mépris que Tempe- .' reur faisoit de ses officiers, et du désordre des affaires; .^ mais en effet elle préparoit les esprits à une révolution !' dont elle se promettoit de grands avantages. Isaac, qui n'étoit nullement instruit de ces sourdes manœuvres, ,, monta à cheval pour aller à la chasse, et fit inviter . son frère à Taccompagner dans ce beau pays peuplé |^ de gibier. Alexis s'en excusa sur une indisposition qui !. le tenoit au lit. Dès que l'empereur fut parti, les! conjurés enlèvent Alexis comme malgré lui, le trans- | portent dans la lente d'Isaac, et le proclament em- " pereur. Les chefs du complot étoient Théodore Branas, George Paléologue, Constantin Raoul, Michel Cantacuzène, tous parens d'Isaac et courtisans d'Alexis. Au premier bruit de cette nouveauté, toute rarmé* va se ranger auprès d'Alexis; les domestiques d'Isaac

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eux qu'il avoit combles de ses bie^faito , ses ministres oémes , s'empressent âe faire leur cour au nouvel empereur. Isaac, apprenant ce soulèvement, revient sur ses »as ; et comme tous Tabandonnoient pour courir à sa ente , dont son frère s'ëtoit emparé, il lève les yeux au iel,, et tirant de son sein une image de la sainte Vierge [u'il avoit coutume de porter, il la supplie de le sauver l'un si grand danger. Voyant accouriiç. à lui fine troupe trmëe dans une contenance menaçante, il tourne bride, 1 monte sur un puissant cheval; il traverse un torrent, t prend tant d^avance sur ceux qui le suivoient^ qu'il arrive à Stagyre en Macédoine, à plus de cinquante lieues ivant qu'ils aient pu l'atteindre. Là , accablé de fatigue, x>mme il prenoit quelque repos, il fut livré par son lôfe , et ramené à Gonstantinople. Alexis lui fit crever es yeux dans le faubourg de Péra. Le chagrin de son nfortune, joint à la douleur de ses plaies , lui fit passer l^lusieurs jours sans prendre aucune nourriture. Après l'avoir tenu quelque temps enfermé dans la prison du palais, on le transféra dans une tour située dans un iiutre quartier de la ville. On ne lui donnoit chaque jour Ç|u'une petite mesure de pain et de vin , telle qu'on la donnoit aux plus vils esclaves. Il avoit régné neuf ans et huit mois, et n'avoit pas encore quarante ans accomplis.

Il avoit eu deux femmes. On ignore le nom de la première, qui mourut avant qu'il fût empereur. Il en avoit eu un fils et deux filles. L'aînée des filles prit le voile de religieuse. La cadette, nommée Irène, ou Marie selon quelques auteurs, et Cécile selon d'autres, fut d'abord mariée à Roger , fils de Tancrède, roi de Sicile. Roger étant mort avant son père , et l'empereur Henri vi s'étant rendu maître de la Sicile en iigS, elle fut donnée en mariage à Philippe, duc de Suabe; auquel Henri son frère céda la Toscane et l'héritage de la comtesse Mathilde. Philippe, étant devenu empereur, fut assassiné

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en I ao8 ; Irène «aourût la même année, et int enterrée au monastère de Lorcha, près de Tubingen, ditfis le duché de Yirtemberg. Isaac, ayant perdu toute espérance, avoit * adopté Philippe son gendre, et Tavoit déclaré héritier de n l'empire, que son frère lui avoit enlevé. Il espéroil du secours de Henri pour le recouvrer. Le fils d'Isaac, nommé Alexis, qui n'a voit que douze ans lorsque son père perdit la Couronne , s'échappa des mains de son oncle. ! Nous raconterons dans la suite le rest^de ses aventures, j^ La seconde femme d'Isaac fut Marguerite, fille de Bélt roi de Hongrie, et d'Agnès d' Antioche. Elle n'avoit que ^ dix ans lorsqu'il la demanda à son père; il l'épousa lorsqu'elle fut nubile, et changea son nom en celui de Marii, aelon l'nsage des Grecs, Après la mort d'Isaac elle épousa Boniface, marquis de Montferrat et roi de Thessaloniqoe, Isaac en avoit eu plusieurs enfans, entre lesquels on ne «^ connott que Manuel, qui, comme nous le verrons dam jjt la suite, reçut le titre d'empereur du marquis de Mont-* ferrât , second mari de sa mère.

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