LIVRE QUATRE-VINGT-HUITIÈMl
w. Il 5a. JL)ans rintervalle de ses guerres, Manuel y préparci '^'^'^^ ses troupes par des exercices continuels. Dès le con niencenient de son règne , il avoit fait de grands chaa gemens dans Tarmure des Grecs. Au lieu de leurs ros daches légères et des flèches qui faisoient toutes leia armes offensives > il leur fit prendre de grands boucliei et de longues javelines. Mais il s'attacha surtout à fonaj une bonne cavalerie. Il étoit lui-même toujours à cheval et faisoit exécuter à ses cavaliers toutes les évolutions usage dans la guerre. Partagés en deux corps , ils repi sentoient des combats ; et Manuel à leur tête , port; une javeline plus pesante et plus longue que tonl les antres, leur donnoit les leçons et l'exemple p( attaquer et pour se défendre. Raymond , prince d\ tioche, lorsqu'il vint à Constantinople, fut témoin ces exercices. Il passoit pour le guerrier le plus vigoui de son temps ; on l'appeloit t Hercule tïAniioche* ne put cependant manier qu'avec peine la javeline et bouclier de Manuel. \
nn, L 5 , Géisa , roi de Hongrie , attendoit la décision de l'eOH f^t. /.3^ pereur au sujet de la paix qu'il avoit demandée. Manndt '• pour toute réponse, porta la guerre dans son pays, é
vint lui-même à Sardique se mettre à la tête de M troupes. Cependant Géisa , à force de prières, détounw Torage ; il obtint encore une trêve qui ne devoit pas étrt de longue durée , et Manuel tourna ses armes contre lei Serves. Il leur inspira^nt de terreur , qu'ils renoncèrefii à leur alliance avec les Hongrois , et reconnurent poul seigneur suzerain l'empereur grec. Ayant congédié utU partie de son armée , il se retira avec le reste dans b
■ IBTOIUS BU BAS-XMFIAE. III
gonie. Les plaines fertiles de celte contrée ëtoient ces à faire subsister sa cavalerie. C'ëtoU d'ailleurs position commode pour veiller sur le^nonvemeng Hongrois , dont le caractère remuant le tenoit en mce. Quoique dans les joutes qui se faisoient tous ^mrson ne se servit que de Javelines sans fer, ou 1 la pointe étoit garnie d'un bouton , il arrivoit assez lent de fâcheux accidens. Jean Comnène , neveu de nel, et fils de défunt Ândrouic, jeune prince trèsable et parfaitement beau , eut un œil crevé par un lalier italien. Pour le consoler de cette disgrâce, le Ke loi conféra la charge de protovestiaire , et bientôt bil réleva au rang de protosébaste.
a&veurs piquèrent la jalousie d'Àndronic, fils Nicet.LZ, ne, oncle de Manuel. Il faisoit alors la guerre en^* '' âe. Avec tous les talens capables de séduire , c'étoit e la plus vile et la plus corrompue. Bienfait de sa nne , d'un courage de héros et d'une force d'athlète, nçant avec facilité et avec grâce ^ nourri , élevé avec iel, il Taccompagnoit dans tous ses exercices, il isoit par son humeur enjouée , et ne lui plaisoit que par la conformité de ses mœurs. Tous deux débaujusqu'à rioceste, tandis que Manuel entretenoit dora , sa nièce , Andronic vivoit publiquement Endocie , sœur de Théodora , et , dans cet accord iinations scandaleuses, il se van toit d'être plus rér que Manuel , parce qu'Eudocie n'étoit que sa ne. Cette plaisanterie libertine n'étoit pas du goût anuel; elle choquoit encore davantage Jean le protiaire, frère des deux princesses concubines, et Canlacuzène, qui avoit épousé Marie , leur &œnr. gissoient de concert pour perdre Andronic; mais -ci, aussi adroit que méchant, se debarrassoit aiîot de tous les pièges c{ue lui tendoicnt ces deux leurs , beaucoup plus honnêtes gens que lui ,. mais inférieurs en génie. ^
i4i 1 Tavèit envbvë eh Cilicie. Ce pays ëtoit alors a; grands troAles, et l'empire couroit risqué de
lia HISTOIRE BV BAS-KMPIftC
'Snn. Lit Avant ^tie de paHir pour la Hongrie, Tem
iavi
tout le fraii dès Victoires que Tempèreur Jean 3 l^iiiportées. Thoros, nomme Théodore par les prince â* Arménie , ctdt atdit succédé à son frère èôrtit des défilés du mont l^auriis , et , comptant propre valeur, et st^r celle de ses troupes endure fatigués par une vie presque sauvage^ il entré conquête de la Cilicie, que les princes d' Antioche i iong-terops disputée aux Grecs , èi dont ils regre là perte. Thoros étôit personnellement animé lés Grecs; il a voit été pris autrefois dan^ lès guè Tempereur Jeah ; et ^ ajant été conduit à Con nople, il s'étoit échappé dé prisdn. De retour eh ( it né rèspiroit qtle vengeance; il avoît battu plu jbis les comraandans des troupes grecques. An( malgré sod grarid coitrâgev ne fut pas plus b< Ayant appris que Thoros étoit dans Mopsueste , i assiéger ,et , laissant à ses lieutenans la conduite di il passe le temps aVec des ferhmés, à table , au t s'étani fait suivre d'une troupe de coniédlens, faisoit plus de cas que de ses officiers et de ses Thoros, qui n'efltendoit rien aux pièces de t ruais qui savoit la guerre, et ne dormoit pas to nuits, un ayant observé une très-obscure, dans 1 il tomboit beaucoup de neige, fait ouvrir les pc la ville, sort avec toutes Ses troupes, fond sur Tei renverse , terrasse tout ce qu'il rencontre, et met en fuite. Andronic , réveillé par le fracas èl les cri sur son cheval , prend ses armes , court an brr entend , donné des preuves sanglantes de son c( mais, bientôt enveloppé, il s'ouvre un passage ; de lance ; et , ne voyant aucun moyen de rai troupes , qtie l'épouvante avoit dispersées, il fi mpme et gagne Aniîoche. Dans celte nialheurec
HISTOIRE DU D4S-EMPinE. 1 l5
'prise périt Théodore Confostëphane , honore^ du litre ' desébaste. Il fut tné, non par un ennemi , mais par un officier grec , qu'il a voit desservi auprès dt* Temperenr , I It qni prit ci^lte occasion d'une basse et criminelle vengeance. And ronic, qui dcvoit ^Ire couvert de confusion, i l'habitude dp la débauche n'émoussoit pas tout sen- 4îinent d'honneur , revint à la cour, en Pc^lagonie, aussi pi et aussi fier qu'il en ëtoit parti, faisant lui-même des plaisanteries de Taffront qu'il avoit reçu. Manuel ^ tkycàtc, voulant alluiblir ridée de la perle qu'on JvoitfaîtCy afTecta de lui faire un bon accueil ; il continua de 1 honorer publiquement de sa familiarité; il i donna même le duché de Naisse, de Branisoba et ,deCastorie; niais en particulier il lo réprimanda viveibent de sa négligence, et de cette pernicieuse mollesse isacrifiuit au plaisir non-seulement sa propre gloire, luis même Thouncur et le salut de l'empire.
Eudocie lie quittoit p<'is Androuic. Elle l'avoit suivi Aifct.l.z; tn Cilicie, elle revint avec lui en Pélagonie. Celte prin- ^^-./,)., / 3 ^ tesse aguerrie n'avoit alors d'autre demeure que la c, 17 , i^. kuîfi d'Andronic. 1^ conduite dissolue de Manuel ne tai faisoit pas perdre le droit d'arrêter ce désordre, mais ai en ôtoit la hardiesse. Les deux seigneurs intéresses ircprinier un scandale qui les rendoit la fable de toute 'amiée résolurent d'en venir aux extrémités , et penaint une nuit iU vinrent se poster avec une escorte rmée à la porle de la tente (rAudrfnic, pour le tuer lès qu'il sortiroit. Eudocic, plus vigilante, entendit le mut des armes; et, s'étant instruite de l'embuscade, îlle réveille Andronic, lui conseille de prendre les babils d'une de ses femmes , et do se sauver à la faveur de ce déguisement. Andronic rejette ce conseil; il ne veut ^, dit- il , être tué ou traîné à l'empereur en habit dé ^femme. Il prend ses- armes, coupe à coups de sabre la ioile de sa tente, saute par-dessus une haie <lont elle êtoit bordée, et se sauve à la vue des assassins^ qui de-
HIST. DU BÀS-EMP. TOM. IX. ô
Il4 HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. i
meurent confus. Manuel n'en fit que rire. Il aima Ândronic ; mais il eut bientôt sujet de reconnoitre qu" airooit le plus ingrat de tous les hommes. Ândrom mëditoit le plus noir de tous les forfaits ; c'étoit de fata ^përir Manuel et de prendre sa place. Dans ce dessei étant en Cilicie, il s'ëtoit lié d'amitié .avec- le roi Jérusalem et le sultan des Turcs pour les mettre dfll ses intérêts. Â son retour en Pélagonie^ il voulut enccz s'appuyer d'un secours du côté de l'Occident. Dès qam iut revêtu du duché ^e Branisoba et de Naïsse jflt savoir an roi de Hongrie que, s'ilvouloit l'aider ds son dessein, il lui cëderoit ces deux places. Mais, ers gnant que l'empereur ne découvrit cette intrigue , il M en fit une fausse confidence , et lui dit que , par txi feinte intelligence, il alloit attirer dans le piège les pn miers seigneurs de Hongrie et les lui mettre entre le roains^ L'empereur étoit mieux instruit qu'il ne perf soit. On avoit intercepté quelques-unes de ses lettres Créisa qui dévoiloient toute la trahison. Manuel, le mieux convaincre, feignit de le croire , et Texh même à' continuer sa correspondance. Andronic profil de cette permission pour conclure son traité avec Géis^ et pour nouer une nouvelle intrigue avec Frédéric, enfl pereur d'Allemagne, qui venoît de succéder à Gqnraa Ces deux princes dévoient lui envoyer des secours loi*l qu'il en deinanderoit pour l'exécution de son projet.
Ses pernicieux d^eins étant découverts, il étoit veiUl de trop près pour y réussir. L'arnjée grecque étoit canb pée près d'Héraclée , dans la Lyncestide, contrée de II Macédoine, qui dans ce temps-là , selon Cinname , m soit partie de laPélagbnie. L'empereur, passionné pod la chasse , passoit le temps dans^ les forêts à poursuivri les ours et les sangliers; et, comme ri avoit autant dl force €]ue de hardiesse , il se plaisoit à combattre à piedj un épieu à la main, ces terribles animaux. Souvenî même il faisoit planter sa tente au milieu du bois , et f
HISTOIEC DU BAS-EMFiaS. 1 iS
U U nuit pour être en chasse dès le point do jour, onic, averti du lieu où le prince campoit, s^ porte pendant la nuit avec ses gardes bien armés ; entdes barbares qu'il a voit amenés d'Orient, et i*étoient aveuglément dévoués à son- service. H les '■ en embuscade dans la forêt , et ieur laisse son che- [ail avoit choisi le plus vite à la course. S'étant vêtu e casaque italienne pour n'être pas reconnu, il apbe de la tente de l'empereur sans autre arme qu'un lard. Jean Comnène , le frère de sa maîtresse ,4ftit emiér à le reconhoitre ; il en avertit la garde qui lit autour du prince , et qui mit aussitôt Tépée à la .Andronic, se voyant découvert, se retire, et retourne mp. Il fit encore une autre fois la même tentative , ot pas plus de succès. Comme l'empereur revenoit mp pour éviter de pareils attentats, il entendit re lui de grands cris ; loin de fuir , il retourne It sur ses pas. C'étoit Jean Comnène , attaqué par iienx sanglier. Manuel tue l'animal et regagne le. U fut assez maître de lui-même pour ne faire i Andronic aucune défiance. U s'en falloit bien dronic fut aussi prudent. U pansoit lui-même , m soiu extraordinaire, le cheval dont \t viens de '. Un jour que l'empereur le vit dans cette occupaingulière : Pourquoi donc , lui dit*il , cei animal est' il si cher ? Cest , répondit-il , qu'il rvH servira saucer quand fautai abattu la tête de mon plus l ennemi. C'étoit Jean Comnène, ou peut-être ereur même. Manuel feignit de n'y rien entendre, contenta de faire observer toutes ses démarches |u'il fut dans ces contrées. Mais l'année suivante , n'il fut de retour à Constantinople , «il le fit entr dans la prison du palais.
pendant le roi de Hongrie, peu instruit de ce qui c(nn. 1. 1, ssoit auprès de Manuel , vint attaquer Branisoba. ^'j^]^^^ |, j, ael p moins surpris de cette rupture de la trêve , ç. i-
Il6 HISTOIRE DU BAS-EMPI&E.
parce qa^l ëtoit informé des manœuvres d'Androa marche vers le Danube; et, pour engager les habita de Branisoba à se bien défendre ^ il leur envoie la p messe d'un prompt secours dans une lettre portée ^ un soldat, qui devoit la faire passer dans la ville par moyen d'une flèche. Le soldat ayant tiré de trop Xohm la flèche avec la lettre tomba entre les mains des H»^ grois^ qui, prenant l'épouvante comme si Manuel déjà été sur eux, brûlèrent leurs machines, décanr~~ rent en diligence, et gagnèrent le Danube , pour me le fleuve entre eux et Tempereur. Mais , le trouvant enflé par les pluies , ils tournèrent vers Zeugmine, ils avoient une faction en leur faveur. L'empereur, formé de la levée du siège , ne se pressoit pas der poursuivre. Apprenant que le prince de Bosnie, ^ s'étoit joint aux Hongrois , retournoit dans son pay il donne à Basile Zinziluc \\n détachement de ses mei leures troupes pour aller l'attaquer en chemin. Basiloi se trompant de route, se met à la poursuite des H(MP grois ; et , les ayant atteints, il y jette d'abord le désordnp parce qu'ils s'imaginèrent que c'ét^t l'empereur inêaM qui leur tomboit sur les bras. Plusieurs se noyèrent c( voulant passer le Danube. Mais , lorsqu'ils eurent rH connu que ce n'étoit qu'un détachement, et que l'eaif pereur étoit encore éloigné, ils se rassurèrent, tooi nèrent visage , et taillèrent en pièces les troupes 4| Basile, qui fut asses^ heureux pour se sauver. A cel|j nouvelle Manuel fait partir Cantacuzène pour recueilli les débris de la défaite, enterrer Içs morts, et s'assuii(| de Zeugmine. Il se met lui-m éme à la poursuite àà Hongrois; mais ils étoient trop avancés. Cantacuz'^ lui ramena chargés de fers les habitans de Zeugmi qui étoient d'intelligencç avec les Hongrois , et Mam distribua ' ses troupes en quartier d'hiver près de B en Macédoine. i
. 11$?;} Les ayant rassemblées au printemps^ il se met é
rcbe, résolu de pénétrer jusqu'au centre de la Hon- !.llétoit^déjàau bord du Danube avec toute son arî, et quantité de vaisseaux qu^ii avoît fait venir de istantinople étoient prêts pour le passage, lorsque isa, se voyant menace d'une ruine prochaine, lui oya (les députés , otTrant de rendre les prisonniers, 'otin Jes armes, les chevaux, et à la place de ceux étoient morts , autant de chevaux hongrois. Manuel !(a d'abord ces propositions. II s'adoucit ensuite , et traité mit (îu pour quelque temps à nue guerre plus DÎâtre que dangereuse.
flanoel. ne perdoit pas de vue le dessein qu'il avoit Ak. 1154. né de Feutrer en Italie. Aussi présomptueux que ^"*"- i*"^ lantet infatigable, il se croyoit né pour réparer les Mcet. /.'a,« « de ses prédécesseurs. Il ne se proposait rien moins ^' ](omuald. d'arracher aux princes normands toutes leurs con- Saltm. cUr^ es, et de rendre à l'empire la Fouille, la Calabreet elle. Le choix qu'il avoit fait d'Âxuch, grand homme lerre, mais peu instruit dans la marine, avoit fait 1er la première entreprise. Pendant qu'il se prépa- I une nouvelle expédition , le roi de Sicile lui dela la paix. Roger venoit de mourir. Guillaume, Is, qui lui succédoit , ne se croyoit pas assez affermi ses états pour soutenir une guerre. Il offroît à Mala restitution de tout ce que les troupes siciliennes nt enlevé dans rincursion qu'elles avoicnt faite en î. Il promettoît de plus telle satisfaction que Tcmr jugeroit à propos d'exiger. Une si humble souon ne fut pas capable de désarmer Manuel. Il rensans réponse les ambassadeurs , travailla à ihettre tte en état de tenir la nter ; et , avant qu'elle fût *ement équipée, il fit partir les vaisseaux qui se èrent prêts, les premiers, sous le commandement A oncle Constantin l'Ange, avec ordre d'attendre te sur la côte de Laconie. Avant son départ, Manuel, «piété des visions de Tastrologie , fit consulter lu
U8 HISTOIRE DU BAS-£BtPIRS.
posirion des planètes pour prendre le moment le p
fs^vorable; et quand sa flotte fut sortie du port, éti
averti qu'il y avoit eu erreur dans cette importante ^
ration, il la fit revenir, et ne la laissa remettre s
voile qu'après une scrupuleuse observation qui pronc
toit un succès infailli^ble. Constantin , secondé d'un I
vent , arriva en peu de jours au port de Monembasîe
y attendoit le reste des vaisseaux , lorsqu'il décoo
une flotte sicilienne qui revenoit d'Egypte chargea
richesse. Ne pouvanf retenir son avidité , aialgré-
ordres de l'empereur qui lui avoit expressément défe .
d'engager aucun combat avant la réunion 4e tout<
flotte , il vogue à toutes voiles vers l'ennemi. Les S
liens fuient d'abord en bon ordre ; mais, se voyant po
suivis eh confusion , et s'apercevant du petit nouib
ils revirent de bord. En même temps le vent change^
devient contraire aux Grecs. Nicolas l'Ange, frère.i
l'amiral , prend la fuite avec la division qu'il commu
dcMt. Tout se disperse. Constantin , abandonné et eau
loppé, est pris avec son frère. On les conduit en Sic3
et Guillaume les fait mettre en prison. Manuel fut aq
surpris que honteux de cet échec ; les planètes lui avoif
manqué de parole; mais il trouva des raisons pour
excuser, et elles ne perdirent rien de leur crédit suri
esprit.
:inn. L 4, L'espérance d'un puissant secours que devoit lui pi
/"^•^^ yy^ curer Talliance de l'empereur d'Allemagne le consi
>!' *^V/' ^'^ '^ perte qu'il venoit de faire. Frédéric , nevea
igest,Frifi. successcur de Conrad , avoit fait dissoudre son maria
3> ao, 23, p^yp raison de parenté, et cherchoit une épouse ai
Upsper^, la naissance pût faire honneur à la maison de Siil
Ayant appris qu'on ëlevoit à Constantinople une )él
princesse fort belle , nommée Marie , fille d'Isaac^
nièce de Manuel , il la fit demander en mariage , f
mettant d'aider Manuel de toutes ses forces pour la A
quête de l'Italie méridionale, et de tenir la parole qu
avoit donnée Conrad à son retour de Palestine. Manuel tfçut avec joie cette proposition , et , pour arrêter les auditions du traite , il députa trois des principaux v^enrs, Michel Palëologiie 9 JeanDucas, et Alexandre, comte de Gravina. Ils trouvèrent Frédéric dans la ville ffAncône. Mais ce prince avoit déjà changé d'avis. Il Mgodoit on mariage avec Béatrik , fille de Renaud , comte de Bourgogne ; et son année se trouvant en trop dUBvaisAat pour rien entreprendre en Italie, il étoit tolepoiât de repasser les Alpes. Il fallut donc se passer ie ion secours.
• On en trouva un , moins puissant à la vérité , mais Cinn. i. 4 , ^telide, dans iin prince ennemi irréconciliable du %u'caiisè, ' ^^' Sicile. Robert de Basseville, comte de Loritelle , de Roger , avoit été chéri de son oncle , qui semxi même le préférer à son fils. Guillaume en conçut jalousie qui éclata lorsqu'il fut sur le trône. Robert, ktojant menacé de perdre son comté, se ligua secrèllieot avec Frédéric' et avec Manuel contre Guillaume. hinqn'îl vit une flotte grecque sur les côtes d'Italie, et le armée dans le pays, il leva l'étendard de la révolte f se joignit aux Grecs. Paléologue s'étoit déjà rendu littre de plusieurs places ; il assiégeoit Bari par mer -'gar terre, lorsque Robert vint le joindre avec un rand nombre de troupes que son crédit lui avoit fait lÉembler de la Fouille et de la Calabre. Les assiégés rdéfendoient avec vigueur , et le siège duroit depuis Meurs jours sans aucune apparence de succès. Pour lucre ropiniâlreté des habitans , le comte de Gravina , K étoit sur la flotte , s'avisa d'un moyen plus sûr et iift fort que toutes les machines de guerre. Il se charge lir autant qu*il en peut porter , et se fait descendre sur ^rivage. Là, déployant sa casaque*, et montrant à toi qui bordoient le haut des murs l'or dont elle étoit Éiplie , il s'écrie : Que tous ceux qui veulent de l'or 70 liberté viennent ici; ils trouveront Fun et t autre.
A l'appât de ce métal séducteur , une foule d'habîL éblouis sort de la ville ; ils se jettent avec avidité su trésor qij'on leur présente , et crient : Vwe , vii^e V pereur Manuel! nous sommes h lui ; plus de gu^ Les Grecs entrent dans la ville-; mais la garnison, éloit nombreuse 9 se sauve dans la citadelle, qu'il f= assiéger. Paléologue s'en rendît encore maître pa stratagème grossier, qui cependant lui réussit. 11 y ^ dans cette place une église de Saint -Nicolas en gr^ vénération dans le pays, tjne troupe de suldats ,guises en moines , se présentent de grand matin porte de la citadelle, demandant avec instance A introduits pour satisfaire à leur dévotion. On leur o un guichet^ et, des qu'ils sont entrés , ils tîren f épées cachées sous leur froc, massacrent les sentine! et, maîtres des portes, ils introduisent l'armée. Le5 bilans , mécontens du roi de Sicile qui les accabi d'impôts, détruisirent eux-mêmes cette citadelle, ni gré les prières de Paléologue , qui auroit désiré de conserver.
ynn> i. 4 , Les Grecs s'étoient divisés en plusieurs corps pc tcJv^e. ' embrasser une plus grande étendue de pays. On n'avi tiio fiis.de p3s ^ combattre de grandes armées : les seîs2;neurs ,' 2j c. 2^j. deles a Guillaume , avoient arme leurs vassaux ; caiO toîent que des pelotons de deux ou trois mille honim qui se jetoient dans les places pour les défendre, ou ( cberchoieut à surprendre quelque détachement de l'i mée grecque. Cp qui rcndoit les succès des Grecs p rapides, c^étoit le mécontentement des seigneurs et( peuples, qui, désirant depuis long-temps d'être déliv de la tyrannie des rois de Sicile, se donnoient volonti à leurs anciens maîtres. Une fourberie politique aîd encore à leur faire ouvrir les portes des villes par partisans de Frédéric. Les députés envoyés à ce prîi «voient surpris des lettres de cet empereur, sur 1 quelles ils avoient pris l'empreinte de son sceau. Rc
HTSTOTBE DU B.iS-EMPfRE. lâl
nus dans la Pouillc, ils publièrent que FréJc^ric cédoit aux Grecs le droit qu'il avoîtsiir Icscoritrc^es maritimes; (Dcquils prou voient par des lettres scclldes du sceau de tt prince. A ce mensonge ils joignoient Targent pour corrompre les principaux, et , par ce double moyen , ils .'tvuient disposé une grande partie du pays à se donner à fui. Ils avoient déj:i pris Tranî et Juvénacc, près de 'Bari, et marchoient à Barlette, où s'étoit renfermé ■Richard , comte d'Andrie , place forte de la terre 1 d'Oîrante. Ce comte ctoit un homme cruel , qui , pour la pins légère ollensc, faisoit couper les pieds et les niains, et arracher les entrailles. A Tapproct^ de Jean iDucas, qui n'étoit suivi que de six cents chevaux et de '^Iqne infanterie,* il sort de Barlette à la tête* de dix- ■ hif cents chevaux, et d'une infanterie beaucoup plus 'Nombreuse que celle de Ducas. Il est cependant battu pt/brcë de rentrer d;ms la place. On dit que , dans ce rCDnibât , Ducas tua de sa main trente cavaliers. Richard, nw voulant pas se laisser assiéger dans Barlette, qui n'e'toit pas capable d'une longue résistance, se retira , et gagna le fort d'Andric. Ducas , joint au comte Robert , le poursuivit, et Richard, qui se piquoit de valeur, lortit de la place et se rangea en i)ataille. Le combat fut ^if et opiniâtre. Richard se croyoit déjà maître de la îctoire, lorsqu'un prêtre de Traui , qui se trouvoil dans 'armée de Ducas,' l'abattit d'un coup de pierre qui lui ompit une jambe. Le comte, se roulant par terre en lisant d'horribles imprécations, reçut un autre coup [oi le laissa presque sans vie. Le prêtre accourt, lui arache son épée, lui ouvre le ventre, et en tire les enrailles, dont il lui frappe le visage, exerçant sur cet mpitôyable tyran une cruauté égale à la sienne. •La guerre ne s'étoit faite jusqu'alors que par des déta- cinn, l. 4^ hemens. On attaquoit, on emporloit des châteaux ^^%u'ca^i!^ es places. Les combats n'étoient que i\vs sorties de garisons , qu'on repoussoit sans beaucoup de peine , ou
1^2 HI&TOIBE DP BAS-EMPiaX.
des TencoBtres de petits corps de troupes où les G
avoifsot ordinairement l'avantage. Le roi de Sicile,
avoit déjà beaucoup perdu , fit pas^r en Italie une
mëe; et en rnêroe temps il arriva aux Grecs un nom
renfort. Jean TAnge , troisième fils de Constantin VA
et de Théodore Comnène, débarqua en Italie avec
troupes ; et Jean Ducas s'étant joint à lui , ils allé
assiéger un château dans la ferre d'Otrante. Anscc
chancelier du roi de Sicile, et général de ses trou
marcha pour les combattre. Il étoit beaucoup pins
en nombre, et ses troupes étoient mieux armées, (le
rage des Grecs répara ces désavantages. Le combat, c
mencé au point du jour, se soutint jusqu'à midi ave
égal acharnement ; et la victoire balançoit encore, Ion
les Siciliens, par un dernier effort , firent plier les G
En ce moment Jean Ducas, rappelant tout son cour
et animant par ses paroles et par son exemple ses troi
particulières, se jette tête baissée au travers des et
mis. Le combat se renouvelle avec plus de fureur.
Grecs, enfin vainqueurs, taillent en pièces un gi
nombre de Siciliens; et, après les avoir quelque te
poursuivis , ils retournent au château qulls assiégeoi
le forcent , y trouvent quantité de provisions don
avoient besoin, et se retirent. à Bari.
:inn.l.\, Cette victoire les rendit maîtres d'un grand n
"' bre de places, et, entre autres, de. Gravina , qui
rendue au comte Alexandre. Le roi de Sicile pei
peu à peu ses possessions dltalie, et Tempire recou'
soxir ancien domaine , lorsqu'il fit une perte plus im
tante que celle d'une bataille. Paléologue, qui pai
génie et son expérience étoit l'âme de toute cette e
dition, mourut de maladie à Bari. Ce guerrier , ;
pieux que vaillant , se voyant près de rendre les deri
soupirs , voulut mourir dans l'habit monastique , s
la dévotion de ce temps-là, et recommanda la condui
la guerre à Jean Ducas^ qui lui rendit les derniers dev
HISTOIEE DU BAS-EMPIB.E. 125
Robert de Bassevilie , mécontent de Palëologue, Cinn.i. 4«
'•^éoit sépare des Grecs. Ducas s'empressa de regagner ' ' ' ' paries libéralités Tamitié de ce cpmte puissant, dont la courage et les tronpes étoient très-utiles à Tempire. fiakrt alla donc se rejoindre à Ducas. Ils prirent en- ^
4aDbiePolymile,*Molisse, IVlasafra , et battirent à une Keoe de Tarente Tarmée sicilienne , commandée par Fhniog, qui se sauva dans la ville. Ce général , trèshaidi dès qu'il avoit perdu de vue Tennemi , piqué des liiHerieg des Tarentins , sortit en fanfaron , donnant panie qu'il alloit réparer son honneur , et reçut un nouvel affront. A peine se vit- il en présence des Grecs» fK la peur le prit encore ; il tourna le dos , fut rA>n- Aat dans Tarente par quelques escadrons, qui n'épii|Dèrent pas la queue de son armée. Les Grecs Mnient volontiers attaqué la ville ; mais l'entreprise faorparoissant trop difficile , ils se contentèrent de rava- (ff 11 campagne. L'abondance régnoit dans ce pays fertile; et le soldat grec y trouva«unesi glande quantité de Inopeanx ^ qu'il donnoit un bœuf ou treize moutons fnronécu de notre monnoie. On tira des fers qnan-
}}» Inéde prisonniers grecs détenus dans les châteaux. On ^ensuite assiéger Monopoli, ville maritime entre wiet Brindes. Les habitans se défendirent d'abord avec vpBiâtreté, dans l'espérance d'un secours queFlaming kir promettoît. En effet il s'avança jusqu'à une lieue
ti ^ia ville. Mais , comme il n'osoit approcher de plus f>bi les assiégés, indignés de sa lâcheté, se rendirent. I^Grecs coururent aussitôt à' Flaming , qui n'eut pas fios tàt aperçu les étendards de l'empire plantés sur les ■ors de Monopoli , qu'il se sauva le premier à toute Ue, laissant derrière lui ses troupes , qui furent fort Mkfaitées.
fiucas, comblé de gloire^ passa l'hiver à Monopoli. An. nss. lâvoît sans doute à se féliciter d'un début si heureux. Cinn. L 4* ce guerrier , aussi prudent qu'il étoit brave , ne