byz,p. (icrhabitans d'Ântioche, qui avoient reconnu r^n^l
reu; grec pour seigneur suzerain, avoient renoncé 41 vasselage de l'empire par un effet de leur inconstaD| naturelle, et étoient venus faire hommage à Baudoinfl qui les avoit reçus pour vassaux. Amauri , plus circoÇ spect que son frère , voulut sonder à ce sujet les dispé sitions de l'empereur : il lui demandoit en même te0i| l'honneur de sa bienveillance. L'empereur lui répari dit qu'il lui accordoit volontiers son amitié; mé
HISTOIRE DIT BAS-EMPIRE. l6i
^Antioche apparienoii h l'empire ; et que , tant qu'il
ni , il ne souffriroii pas qu'elle reconnût d'autre
"€ ,: qu'il ferait bientôt sentir à cette ville infidile
jB quoi elle s'exposoit en s'écariant de son devoir,
laari , pour s'appuyer du secours de Tenipereur,
les projets qu'il formoit sur TEgypte, cherchoit à ^
'mur étroitement avec lui. La cinquième année de son
le, ayant répudié Agnès, sa première femme, il
isa Marie Cqpinène , fille de Jean Comnène, neveu
|idc l'empereur. ,
Un autre prince, plus puissant et plus ambitieux Ah. ii65. lit de vives inquiétudes. Manuel craignoit moins Cinn.LS, Turcs et toutes les forces de TOrient qu'il ne re- ^'^y^-^^^ ^ . 'ïôaloit Frédéric, empereur d'Allemagne. Frédéric at-c. i..
|aoit alors Tltalie , dont il voulolt se rendre maître, [iavoit pris Milan, subjugué la Lombardie, et faisoit îmbler Rome , d'où le pape Alexandre , chassé par ll'anti'pape Victor, avoit été obligé de se réfugier en ^France. Les progrès de Frédéric faisoient craindre qu'ar ^.près avoir conquis ritalie, il ne portât ses armes en rrèce, et que l'empire ne reçût de sa part les mêmes atitciotes qu'il avoit éprouvées de la part des princes normands sous le règne d'Alexis. Manuel s'efiForçoit donc .d*animer les Italiens contre Frédéric, en le représentant comme un tyran ambitieux, dont Tavidité insakble n^aspiroit qu'à s'enrichir de leurs dépouilles, et à réduire au plus malheureux esclavage. G'étoient là discours qu'il répandoit par ses émissaires à Gênes, iPise, à Venise, à Ancône, et sur toute la côte de la fcmcr Adriatique. Il mettoit tout en œuvre pour se conseiller ces peuples, les traités secrets, les caresses, les lar- ^'gesses, le bon accueil qu'il faisoit à ceux d'entre eux :qni venoient à Gonstantinople. Les Milanois, encou- I- rages par ses conseils, relevèrent leurs murailles i*asées .par les Allemands. Il entrctenoit des espions dans toutes les villes, et par ce moyen il étoit instruit de tous les
flIST. DU BAS-EMP. TOM. IX. 11
l6d BISTOIHE DU BIS-SIIFIRE.
desseins du parti oppose. Venise , Padoue , Cr^moM ^ Gènes, et la plupart des villes de Ligarie, seliguèrefll avec Tempereur grec. AncAne ëtoit le rendez-Tons de êH émissaires. Frédéric , irrité contre cette ville • fait maiM cher une armée pour l'assiéger et la détruire, si elh refuse de livrer les envoyés de Manuel. Les habitaotl pleins de courage, soutiennent toutes les attaques : kî fatigues d'un long siège , la disette à laquelle ils sont réduits, ne peuvent les forcer à une trahison. Les agensda Fempereur grec les assemblent , et leiy demandeht s'îll ^nsentent à recevoir des troupes, qu'on pourra faire entrer parla mer, la ville n'étant assiégée que du cAté de la terre. Ils répondent qu'ils y consentiroient volanliers, mais qu'ils n'ont pas de quoi les payer. iV'Msoyez pas inquiets, répliquent les Grecs; l'empereur se charge de toutes les dépenses plutôt que de vous laisser en proie à de cruels ennemis. La jpropositioot étant acceptée , on fait venir des secours suffisans qui obligent les Allemands à lever le siège. Manuel, pour récompenser des alliés si fidèles, leur envoya dés sommes d'argent fort au-delà des frais de la guerr^ , et leur ac-* corda tous les droits et les privilèges des citoyens de Constautinople.
m, l. 5, Cependant Etienne l'oncle, devenu roi de Hongrie ^ sfppuyè de la protection de Manuel , crut pouvoir im^ punément vexer ses sujets : prince maladroit , qui ne savoit pas que nulle force intérieure, quelque mena-çante qu'elle soit, nul appui étranger, ne peuvent suppléer à l'amour des peuples. Les Hongrois perdirenl patience; leur mécontentement, renfermé d'abord dans le secret des familles, éclata enfin en insultes. La crainte devint plus fulbic que la colère, et ils alloient se dé* faired'Ëtienne, lorsque celui-ci, averti du danger, prit le parti de se sauver et de se réfugier auprès de son protecteur. Ils replacèrent sur le trône Etienne le jeune. Manuel s^ crut engage d'honneur à rétablir sa créa-
BISTOiaE DU BAS-EMPIRE. l63
tnre* Il vint avec une anmée à Philippopolb , et de là il .envoya une partie de ses troupes , commandées par Con- I • toitéphane , avec le roi fugitif. Les Hongrois , qui n'étoîent pas alors en état de soutenir la guerre , plijbrent d'abord et parurent se soumettre. Manuel , croyant le prince fermement rétabli , se retira ; et dès qu'il fut éloigné, la nation se révolta de nouveau. Le prince s'en* fait encore , et vint chercher son asile ordinaire auprès de l'empereur , qui étoit alors à Sardique. Manuel , aussi obstiné à le soutenir que les Hongrois à le rejeter , lui donna de Targent et des troupes , et le fit reconduire encore par Constostéphane , avec ordre cependant d'employer la douceur pour regagner les esprits plutôt que d'agir à force ouverte. Il s'avança lui-même jusqu'à Naïsse.
Cette ville l'approchoit de la Servie autant que de la Cinn, /. Hongrie. Le trouble n'éloit pas moins grand dans ce 'x^iêet. i, piys , et l'autorité de l'empereur n'y étoit pas plus res- ^' ^' pectée. Désès, parvenu à la sou veraineté , s' étoit remis en possession de la contrée qu'il avoit cédée pour l'obtenir. Ligué avec Frédéric , il avoit pris une épouse en Allemagne. Il ne tenoit compte des ordres de Tempereor, qui luj^mandoit de venir le joindre pour la guerre de Hongrie. Mais dès qu'il apprit que Manuel marchoit pour tirer raison de sa désobéissance, il vint avec les leigneurs de sa cour lui faire de très-humbles excuses. L'empereur, irrité, refusa d'abord de l'écouter. Il s'apaisa néanmoins , et lui permit de retourner dans son -pays, après lui avoir fait prêter un nouveau serment. Mais ce serment n'étolt que sur ses lèvres. Avant que de sortir du camp des Grecs , Désès prit de nouveaux engagemens avec les^éputés hongrois, qui étoient venus •|de la part d'£tienne le jeune faire à l'empereur des propositions de paix. L'empereur , instruit de cettç nouvelle perfidie , le traita comme un criminel selon les formes juridiques , et lui donna des commissures pour
l64 niSTOIKE Dt 1BÀS-£ltPIE]è.
le juger. Il fat accuse , convaincu par témoins, et cott^' damné à une prison perpétuelle. On l'enferma dadin une tente environnée de palissades , et peu de jours aprfii' il fut transféré à Cônstantinople , pour être gardé danii^ la prison du palais. ^
I. /. 5 , Les propositions des députés hongrois furent rejetées , \eu /.5, et ils eurent ordre de sortir du camp. L'empereur mar-* ; /.4* c. çj^ji à Belgrade, qu'il avoît entièrement rebâtie. Conte- * Stéphane ne pouvoit vemr à bout de regagner le cœur des 9ongrois. Leur aversion pour Etienne Tonde étoît ' si opiniâtre , que ni l'argent ni les insinuations les plas ' adroites ne pouvoient le réconcilier avec eux. Quoiquc'*^ Manuel ne renonçât pas encore à le protéger , cepen- ' danl, n'ayant que peu d'espérance de maintenir sur le"*' trône un prince si détesté, quand même il réussiroità^ l'y rétablir, il conçut un projet plus conforme aux inté- ' rets de l'empire. Il n'avoit point d'autre enfant qufe"" Marié, fille d'Irène, et il destinoit sa succession à l'é- ' poux qu'il donneroit à cette princesse. Etienne , fils de * Géisa , et roi de Hongrie , avoît un jeune frère nomm$ ^ Bêla , qui , selon la loi du pays, devoit lui succéder. Il possédoitdéjà une contrée que son père lui avoît donnée '^' en apanage. Ce fut sur ce prince que Ménuel jeta les yeux. Les droits que Bêla, devenu empereur, auroît sur la succession de son frère, dévoient un jour réunir la Hongrie à l'empire. Pour réussir dans ce dessein , il retira ses troupes , et retourna à Constantinople. De là il envoya en Hongrie le sébaste George Paléologufe pour proposer le mariage de sa fille avec Bêla. Les Hongrois , se croyant par ce moyen délivrés de la guerre , y consentirent ; ils cédèrent même à Bêla en toute propriété les terres de son apanage. Lte jeune prince et la princesse n'élant pas encore en âge, furent fiancés ave* grand appareil dans l'église de Blaquernes. Manuel cîian* gea le nom de Bêla en celui A' Alexis , et le décora de la qualité de despote. Ce litre, qui signifioit maître et'
lâgneur ^ ëtoit conféré par les empereurs à ceux de leurs parens qu'ils voulolent singulièrement honorer. Jean , oncle de Michel Calaphate , en avoil été revêtu le premier. Manuel déclara son gendre Alexis successeur à Fempire avec sa fîlle Marie; il leur fit jurer fidélité par tons les ordres de Télat , entre les mains du chancelier Slypiote, qui reçut à celle occasion un riche présent de l'empereur.
Une fonction si brillante et si flatteuse pour la vanité Nirei. l, s, de Stypiote fut la dernière cause de sa perte. Il avoît ^* ^' poar rival dans la favetir de l'empereur un certain Ca-* nutère, intendant-général des postes, encore plus méchant que lui. C'étoit un de ces hommes nés pour plaire |ox princes, qui préfèrent ceux qui les amusent à ceux iles servent. Un esprit souple, une éloculion "légère enjouée, assez de science pour se faire admirer des* orans , et le don si précieux des talens frivoles, étoient >re relevés par une taille avantageuse et quelque Qtation de courage. C'éloit le plus beau danseur et le illeor musicien de la cour. Nicétas raconte des merîlles de ses exploits de table. Indomptable buveur ? se ressentir des vapeurs de Tlvresse , jamais il n'attplus de raison que quand tous ses convives Tavoient ue, et Manuel se diverlissoit à lui proposer des effrayans, dont il sortoit toujours vainqueur. Style raéritoit bien d'être supplanta par un homme de caractère. Pour y réussir, Camatère n'eut autre chose &ire qu'à copier Stypiote même. Il s'insinua dans son lié comme avoit fait celui-ci à l'égard d'Hagiothéoîle. Confident de tous ses secrets , il y cherchoit deois long-temps de quoi le perdre. Dès le temps que empereur étoit en Cilicie, le traître avoit fait une tenive qui n'avoît pas réussi. La guerre de Sicile duroit :^e; et Stypiote, dans ses entretiens familiers avec atère, blâmpit beaucoup l'empereur d'avoir en me teoips entrepris deux guerres si difficiles. Le per-
^l66 UISTOIKE BU BàS-EMPIAS.
fide ami alla rapporter à Manuel les discours pen rel
pectueux de son chancelier; et, pour Ten convaincre,!
lui proposa de se tenir lui-même caché dans une chain
bre où ils dévoient s'entretenir. Manuel s'y rendit , el'
sans étrevu , il fut témoin de la conversation. Mais hetl^
reusement Stypiote, quoique provoqué par la malioi
de Camatère , ne se trouva pas ce jour-là d'humeur I
dire du mal de son maître ; et cette épreuve ne touriA
pas à son désavantage. Camatère prit patience , ton^
jours jaloux des distinctions dont son rival étoit honora
Enfin 9 après les fiançailles de Marie , ne pouvant plusWï
tenir son dépit , il s'avisa d'une fourberie qui porta le deill
nier coup au chancelier. Il supposa un modèle de letti^
que Stypiote devoit écrire au roi de Sicile» par laquclki
^l'exhortoit à recommencer la guerre , et lui proniettdl
fidèle correspondance. Il inséra cette lettre dans le cahil
du chancelier, lorsqu'il alloit travailler avec l'empl
reur , qu'il eut soin d'avertir aussitôt. Manuel , s'étfl
saisi dû cahier; trouva cet écrit, et sur-le-champ, trâM
porté de colère, il fit crever les yeux à Stypiote. Sa m
gnité fut la récompense du dénonciateur. Ce fut aiB
que Camatère vengea Hagiothéodorite , et nn grain «
sable peut-être vengea Stypiote. Le nouveau parvéB
tomba malade peu de temps après ; et, près de m(/arS
tourmenté par ses remords, il fit venir Stypiote. Alorî
le baignant de ses larmes , il lui demanda avec des sn
pirs et des sanglots pardon de sa perfidie, et le secod
de ses prières. L'histoire s'afflige du récit de ces hfe
reurs; et, de même que le siècle qui les^vit naître, ri
ne se console qu'en les voyant punies.
r. 1164. Les deux Etiennes, qui se dîsputoîent le royaume *
nn, l 5, Hongrie, ne pouvoient demeurer long-temps en pâi
L'oncle, mécontent de l'accommodement fait avecS^
ennemi , s'étoît relire à Anchiale , sur le Pont-En
De là il trayailloit à ranimer son ]^arti;'et dès
eut rassemblé quelques troupes , il rentra dam IS^J
lU.neveQ se mit en défense ; il chercha des secours en lagne et en Bohème , et , avec une armée déjà ip plus forte que celle de son rival, il commença se saisir de la contrée cédée à Bêla , et marcha lire son oncle. A la nouvelle de ces mouveniens, ipereur reprit les armes , tant pour recouvrer Tapade son gendre que pour défendre son neveu d'al* , qui s'étoit engagé témérairement sans avoir des suffisantes. Il envoya promptement à son secours grand corps de troupes légères sous les ordres d*Anlie Contostéphane , qui arriva à pi^ppos pour tirer prince de péril. Dès que le gros de Tarmée grecque •assemblé. Manuel marcha lui-même eiyliiigence , fMa la Save. A son arrivée , la terreur saisit les igrois; toutes les villes lui ouvrent leurs portes. Les et tout le peuple sortent au - devant de lui en ioé ; Tempereur avance jusqu'à Posséga ; Té- 9 suivi des habitans, vient lui présenter les clefs ih ville. Etienne le jeune fuyoit devant lui , et , n'osant venir à une bataille , il avoit déjà passé le Danube se sauver dans Tintérieur du pays. Manuel s'apdu Danube. Arrivé à Pitricum y aujourd'hui Waradin , il écrit au roi Etienne en ces termes : l'ne suis pas venu pour faire la guerre aux Honnis , mais pour les obliger à restituer à votre frère fia l'héritage qui lui appartient , et dont vous lui rez fait vous-même une concession authentique. Un tre motif ^ qui vous intéresse encore plus que moi , met les armes à la main ; c'est de rétablir la paijc centre vous et votre oncle. Si vous voulez faire justice sur ces deux articles , la guerre est finie ; autreit , je ne la finirai qu'après avoir effacé ces deux iltes faites à Tempire. »
)^ attendant la réponse , Manuel passa le Danube ^ îians cette occasion un accident fit admirer sa force m humanité. Une des barques ^ plus chargée que
i66 HISTOIRE DU bàS'-empiee;
les autres f eut à peine quitté le rivage , qu^elle pend d^un côté ; Teau gagnoit le bord , et elle étoit prèi || périr. Le reste de Tarmée , ne s' occupant que de ^^ propre passage , personne ne se mettoit en peine de4 sauver. Manuel se jette dans l'eau ; et , malgré la vtt molle et profonde , malgré la rapidité du fleuve 9 atteint la barque ; il relève et soutient de ses épauleiii bord déjà submergé, et donne le temps de venir an 9 cours. Il va camper à Titul, sur la Teïsse. Cependafl le roi de Hongrie reçut - les renforts d'Allemagne et ^4 Bohème. Ula4|slas , roi de Bohème , conduisoit a troupes en personne. Ce prince avoit reçu de Temperefl Conrad le titre de roi , et c'étoit , selon les Grecs , m entrepris?! llégitime : à les entendre , le titre d'emp reur et le droit de faire des rois n'appartenoit qi3 leur prince. Les historiens grecs de ce temps-là donne aux Bohémiens le nom de Zeques , qu'ils portent i e£Pet dans la langue esclavonne , parce que Zéchusfl le chef de la colonie des Slaves , qui vinrent au septièfl siècle s'établir dans le pays des anciens Boïens et ^ Marcomans. Uladislas étoit un prince juste et générea Manuel lui envoya secrètement un exprès pour lui iS présenter qu il servait t injustice en soutenant le roi ^ Hongrie , usurpateur et du trône et du patrimoim^ son frère Bêla, Uladislas répondit que , pour le trône ^ appartenait légitimement au jeune Etienne ; que S* oncle , après Ven avoir dépouillé par violence , (W^ lui-mime mérité de le perdre par la tyrannie quOlesgé çoit sur les Hongrois ; que ^ pour le domaine de Bétà son frère étoit prêt à le rendre et à réparer toutes -l fautes qu'il avoit pu commettre contre sa majesté i^ périale. Manuel , content de cette déclaration , envo^ des députés pour s'assurer qu'elle étoit siiicère, et po' la faire confirmer par serment. Uladislas ne balança pi D'auxiliaire d'Etienne il devint médiateur entre I deux partis. Etienne rendit les terres de Bêla , et su|
Tempereur d'engager soo oncle à poser les armes , da moins de ne le pas secourir. Manuel promit do ses efforts pour porter Tonde à se désister de ses intions ; et après cet accommodement précipité , il le Danube.
La difficulté étoit d'engager Toncle à renoncer an le de Hongrie. En vain Manuel lui représenta qn'il avoit de la folie à vouloir gouverner malgré elle une lion iSère et courageuse. Comme il ne pouvoit lui perler qu'il étoit détesté des Hongrois : « Il est ( lui dit -il ) un moyen sûr de vous en convaincre. Vous avez un neveu , fils de votre frère Âlmus, qui porte le même nom que vous , et qui vous ressemble si parfaitement y qu'il est difficile de vous distinguer tous deux. Mettez-le à la tête de ce que vous avez de Hongrois , et envoyez - le contre l'ennemi. Tenez - vous caché pendant ce temps-là. Le traitement qui lui sera fait vous montrera ce que vous avez à attendre pour voDs-méme. » Etienne y consentit; il se tint dans le barque au bord du Danube, tandis que son neveu,* la tête de sts troupes, alla chercher le roi de Hongrie. lis, avant que les deux armées fussent en présence,, les lats du faux Etienne se saisirent de lui, et le conduitirent au roi. Il n'évita la mort ou la prison qu'en se int connoître. Le succès de celte épreuve suffisoit ir convaincre un esprit moins opiniâtre de l'inutilité its efforts. Il ne convainquit pas Etienne ; et l'emereur, désespérant de le ramener au parti de la raison, sépara de lui pour retourner à Constantinople, Cendant , pour ne le pas entièrement abandonner., il lui baissa Nicéphore Caluph , un de ses généraux, avec un corps de troupes.
Le roi de Hongrie , apprenant que sou oncle s'obsli- An. u6>:. Doit à rester dans le pays, résolut de le pousser à bout, et marcha pour lui livrer bataille. Au bruit de sa marché , !ous les Hongrois de son oncle désertent , et vont se
170 UISTÇIRE 1>U BÀS-CMPiaS.
rendre au roi. Caloph conseille an vieux Etienne da(| retirer au voisinage de Sirmium , qui apf>artenoilri| Tempire, où il seroit en sûreté; et comme Etienne M Técputoit pas , il s'y retire lui-même avec ses tronpoi sous prétexte d'un ordre de Tempereur. Etienne , alMpfl donné , est bientôt obligé de le rejoindre ; et les eùU4 mis paroîssant disposés à le poursuivre jusque sur h terres de Tempire , Manuel envoie en diligence un réa fort de troupes pour défendre l'entrée de ses états. G nouveau secours étoit commandé par Michel Gabmi qui venoit d'épouser Eudocie , nièce de Manuel. Geli princesse , autrefois concubine d'Andronic, séparée-d lui depuis qu'il étoit en prison , avoit donné sa maiv Michel Gabras , et celui-ci , plus curieux de sa fortuii qiie de son honneur , avoit reçu de l'empereur le tîtï de sébaste , pour couvrir la honte de cette alliance , adfli méprisable qu'elle étoit illustre.
rm. l.s, Andronic étoit alors occupé de tout autre soin. En ctt. l. 4 .fermé depuis douze ans dans une tour du palais » il a ^' songeoit qu'aux moyens d'en sortir. Sa première éfii
sion ayant été sans succès , il prit de plus justes mesurei On lui avoit laissé pour le servir un petit esclave , qd avoit soin de lui porter sa nourriture. Andronic , pM diminuer la défiance de ses gardes , feignit d'être ma lade. L'esclave adroitjf t intelligent , qui s'étoit familia risé avec les gardes en les faisant boire , trouva m moment pour prendre en cire le modèle des clefs de 1 chambre d' Andronic, et Manuel, fils d' Andronic, e fit faire de pareilles , que Fesclave porta à son maitr avec un paquet de cordes au fond d'une amphore plan de vin. Tout étant ainsi préparé , Ife prisonnier sort d la chambre pendant une nuit , descend de la tour à Taid de la corde , et se tient caché tout le jour dans des bui sons et des broussailles , dont le pied de la tour éto rempli. Il falloit encore passer une muraille assez bass entre la tour et le bord de la mer ; il l'escalade la nu
BlêTOim DU BA8-EMPIR1. 171
lol€. Surpris dans cette opération par iftie senti-^ l^ne le connoissoit pas, il lui fait accroire qu'il ni prisonnier renfermé pour dettes , et le persuade k don d'un bijou d'or qu'il avok sur lui. Une cha- «rattendoit au rivage; il se fait porter à sa mabon* étoit sur le port , se délivre de ses chaînes , sort de ille, et trouve aux portes*des chevaux tout prêts, le portent à Anchiale. Pupace , revenu , pour je ne quelle raison, sur les terres de l'empire, habîtoit I dans cette ville. Il avoit servi sous Andronic , qui t loovenf récompensé sa valeur ; il le fournit d'ar^ : et oe guides , qui lui font passer le Danube , et le luisent vers Galiza, en Tauroscythie ; c'est aujouriHalicz, dans la Russie, polonoise, sur le Niester. (irochoit de cette ville , et se croyoît hors de danger , [D'il est reconnu et repris par des Valaques , qui imènent vers Constantinople. Entre les mains de arbares , se voyant sans ressource , il en emprunte iS ruses. Il feint un cours de ventre qui l'oblige lemment de descendre de cheval. Apres y avoir ac- Hné son escorte , se voyant la nuit suivante au d'une forêt 9 il descend appuyé sur un bâton,* à de sa prétendue foiblesse, s'écarte de quelques pas, e en terre le bâton , qu'il revêt de ses habits; et , nt sa dépouille à sa place , il s'enfonce dans i'éîur du bois , et reprend une autre route. Les bar- , trompés par cet objet qu'ils ne distinguent pas avers des ténèbres , s'aperçoivent enfin du strata- . Ils courent en vain après lui ; il gagne Halicz m autre chemin. Il est bien reçu par le gouverrusse , qui l'envoie à Kiovie, résidence d'Hiéroslàs, es ducs de Russie. Andronic , propre à prendre sorte de mœurs, devient bientôt l'ami inséparable roslas. Cependant on amenoit à Constantinople ce , convaincu d'avoir favorisé Andronic. Il fut
té dans les carrefours de la ville , la corde au cou ,
1^2 HISTOIrRE DU BÀ9-£MP|M-
un héraift criant devant lui : Cesi ce que mérite Gi gui a reçu dan^s sa maison et aidé dans sa fuite ti nemi de V empereur : ajoutez, s'écrioit le brave Papi aussi haut que ie Jiéraut , qui est assez scélérat pi avoir^^ assisté son bienfaiteur au lieu de le trahir, i nn. i. 5, Etrenne ne se croyoit pas en sûreté tant que | icet, /. 4, oncle seroit dans le voisinage de ses états. Il se dîspOif '* donc à entrer dans le territoire de Sirniium. L'emperi
lui manda qu'il ne devoit pas avoir déjà oublié des f messes toutes récentes; qu'il déçoit même se somi des désastres que les guerres, de son père açoient eau dans son pays ; que son inconstance allait les rem vêler y et qu'en mettant le pied sur les terres de tempi il en allait attirer toutes les forces. Etienne ne t compte de ces menaces que pour se procurer de ni veaux alliés. Il entama une négociation avec Uiérosl qui devoit lui envoyer une nombreuse cavalerie , et, donner sa fille en mariage. Ândronic s'ofiroit à condt ces troupes dans le cœur de Terapire. Malgré les forC d^ Ândronic, l'empereur conservoit pour lui un fond bienveillance. C'étoit à regret qu'il l'avoit si long-ter tenu dans les fers. Il aimoit sa gaîlé, sa hardiesse admiroit son esprit de ressources; «on libertinage nu ne lui déplaisoit pas. A cette inclination naturelle joignoient des raisons politiques de le rappeler, j dronic étoit en grand crédit auprès des princes rus il pouvoit ou se servir de leurs forces pour nuir l'empire , ou les attirer à une alliance avec Man L'empereur lui envoya donc une amnistie authenliq et Andronic , ayant juré de sa part qu'il ne s'écarte jamais de la fidélité qu'il devoit à l'empereur., revij la cour. Pendant ce témps-Ià le roi de Hongrie av çoit dans le pays. Il défit Gabras, assiégea Zeugmi et fit son oncle prisonnier. Pour se défaire d'un enn si incommode , il se servit du ministère d'un chirurg qui 3 dans une légère maladie survenue à ce prince
ntSTOIRE DU BàS-ËMPIRE. 1^5
la avec une lancette empoisonnée. On insulta à son vre, qu'on laissa long-temps sans sépulture. Zeugt se rendît aux Hongrois.
[annel, irrité d'un si noir forfait, résolut de pousser C(nn. /. 6, al le jeune Etienne, de dét^ter de lui les Russes , Vu cwe, nouveaux alliés, et de soulever contre lui toute./^?- ^*-/'' emagne. 11 envoya en nussie un de ses parens (mé Manuel comme lui, homme habile et insidC, qui s'adressa d'abord à deux princes de Russie, nislas et Rosislas , déjà l^és d'amitié avec Tempereur. Q obtint aisément des troupes. Il alla ensuite à rie porter à Hiéroslas une lettre de Tempereur qui reprochoit son inconstance d'avoir, sans aucun ! de plainte, rompu son alliance aveà l'empire, son radence d'avoir promis sa fille à un lâche parricide , h -traiteroit non pas en épouse légitime, mais en tve. Hiéroslas, frappé de ces horreurs , retira sa le, se déclara ennemi de celui qui devoit être son Ire, et promit d'aider les Grecs de tout son pouvoir, léric, empereur d'Allemagne, pour des raisons polies que nous expliquerons dans la suite, et Henri, âier duc d^Âutrrche, qui avoit épousé Théodora, le-fille , par sa mère , d'Isaac , frère de Manuel , en- BDt dans cette ligue contre, le roi de Hongrie. Le iCe de Servie , Azzedin lui-même , selon le traité fait 'loi, promirent des troupes. Uladislas, autre prince lussie, abandonna son pays, et emmenant avec lui itome, ses enfans, ses soldats, vint s'établir en-deçà Ehinube , dans la contrée qu'on appelle aujourd'hui ^Tudzie. Manuel y avoit déjà donné des établissemens le colonie russe conduite par un prince puisant mé Basilicas. Les Vénitiens, ayant renouvelé les ens traités, promirent une flotte de cent vaisseaux. ?fut cette année, selon Albéric, que le PrêtreJean j!benc.chr. fila difFérens rois de la chrétienté, et envoya ^ J^j^l^^^ iculier des ambassadeurs aux empereurs Manuel et p. «y.
1^4 HISTOIRE DU BÀS-mpfyLic.
D*Herbeiot , Ffëdéric. Il donnoit à Manuel le titre A^esceiiâni mot Vti^ supérieur à tous les rois de la terre par sa puis ou Avenk. ^q vertu , et il se vantoit d'avoir pour tri soixantë-dix rois. On a ci*u long-temps que le Jean étoit le i^oi des VByssins. Cette opinion a < vaincue de fausseté. Mais il n'est pas aisé de dire étoit véritablement. Les uns prétendent que c'i prêtre nestorien qui s'empara d'une partie des I qui eut plusieurs successeurs. D'autres ne conv pas que ce prince, chef d'une dynastie indienne prêtre; ils pensent que le nom de Prêtre- Jean o Prêtejean^ n'est que celui à^ Prestegian , qui«r persane, disent-ils, signifioit un roi chrétien ; et princes prirent ce nom comme professant le c nisme et s'en déclarant défenseurs. Un auteur tn dans la littérature orientale dit que ce nom fu par les Européens à Ungkhan ou Âvenkkhan, des Mogols , à cause qu'il étoit chrétien , ainsi que grande partie dé ses sujets , et qu'il régnoit dansi la plus orientale de PAsie en tirant vers le nord; tribu de Mogols qui portoit le nom de Kérit; il que son empire s'étendoit dans la grande Tarta qu'aux confins de la Chine. Tons ces écrivains se sent à dire que cet empire fut détruit par Gengi au commencement du treizième siècle. .
Air. 1166. La perte de Zeugmine affligeoit l'empereur. Cinn, i. 5, de reprendre cette place, il assemble ses troupes so. clique Tannée suivante , et avance vers la Sa^
rfs^^* '" ^' Hongrois bordoient le fleuve pour défendre le p Manuel laisse vis-à-vis d'eux le gros de son arm à Iji tête d'un détachement , il marche vers Be Les ennemis font le même mouvement; et, lors ainsi divisé leurs forces , il revient pendant la t joindre son armée , et se jette le premier da barque. Animés par son exemple, les siens le et forcent le passage. Cooime la barque de l'em]
«mTOIRE DU. BÀS-IMPIRK. l'jS
t par la vase, ne pouvoit aborder. Manuel, sautant p loin sur la terre, se donna une entorse, qui ximoda beaucoup pendant tout le siège , sans ir son activité. Il passa trois jours à détourner un qui port oit à la ville Teau de la Save, et à re- !r les habitans, qui, par de fréquentes sorties, s^efent d'interrompre ce travail. Mais, dès que Manuel Dtroit, saisis d'efifroi, ils fuy oient en désordre et loient leurs murailles. Alors, devenus hardis, ils iigeoient avec insolence , et faisoient des décharges ites leurs machines. L'enipe;^*eur avoit cependant les assiégés des intelligences qui TinstruisoieQt tat de la place par des billets lancés de nuit au l'une flèche. On combla le fossé, on établit quatre ies , d'où partoient <^s pierres d'une énorme ur. Manuel , poussant son cheval jusqu'à une de la place, y enfonça sa javeline. On eut beaude peine à l'empêcher de monter lui-même au d^ine tour de bois, construite à la hauteur des .lies , pour combattre à coups de main et sauter nmr. On apprit qu'Etienne venoit à la tête d'une nte armée, grossie des troupes de tous ses alliés. npart des officiers pensoient qu'il falloit lever le pour aller le combattre. Manuel ne fut pas de cet 1 redoubla ses efforts. Ândrouic répara en cette on ses fautes passées; ce fut , après l'empereur, celui signala davantage. Il comraandoit à la principale le, et ouvrit une large brèche. L'empereur, entre actions de hardiesse , apercevant sur le haut de la llle un ennemi dirigeant sa flèche sur un de ses i, qui, portant sa vue ailleurs, alloit être înfi^illi- Ht percé, accourut, et reçut le trait sur son bou* Enfin , après trois assauts soutenus avec vigueur , bilans demandèrent à capituler. Manuel leur act la vie, à condition que le gouverneur Grégoire principaux officiers sortiroient la corde au cou, la
176 HISTOiaE DU BÀS-EMPin»
tête et pieds nas ; ce qni n'ayant pas été accepté , Tal que riKconimença. Dans un dernier assaut, Andro Dncas, montant à la tête d'une troupe de soldats,- 1 chelle se rompit, et il fut porté à terre avec teusc qoi le suivoient. Froissé d'une chute si rude , il pift aussitôt une autre échelle , monte de nouveau , ei
placfe est emportée. Grégoire, pour fléchir le vainqclc
demanda comme une grâce de se soumettre à Tigpi
minie qu'il avoit refusée, et l'empereur ne lui laisM
vie qu'aux instances de Bêla. La ville fut abandon
au pillage ; tout fut passé au fil de l'épée. Un riche 1
hitant , voyant sa femme entraînée par un soldat , cou
à elle y et lui sauva l'honneur en lui plongeant un p
gnard dans le sein. On trouva dans les prisons un sol
grec, renommé pour son ^dresse à tirer de l'arc. Ayk
été pris dans une sortie, on voulut l'obliger à tirer 1
ses compatriotes. Il obéit; mais comme on vit que ti
ses coups portoient à faux , on l'avoit enfermé à desi^
de le faire mourir lorsque le siège seroit levé. Madj
laissa dans la ville son oncle Constantin l'Ange, a^
ordre de la réparer et de rétablir toutes les places (Ml
frontière. ' *•
Cinn, l. 6, Le roi de Hongrie, consterné de la perte de ZeÉ
mine, qu'il avoit regardée comme imprenable, fl
manda la paix. Il offroit à l'empereur Zeugmine,
niium et la Dalmatie. Manuel ne put s'empêcher^
rire : eh quoi, dit-il aux députés, voire maître a
encore une seconde Zeugmine , une autre Sirmiï
une autre Dalmatie? car je possède ^deux villes et
province de ce nom-là. En effet , la Dalmatie avoit-
conquise depuis peu par Jean Ducas; il s'étoit
maître , soit de force , soit par composition , de
quante-sept places , dont les principales étoient Tï
Spalatro, Sébénico, Scardone, Salone,. Dîoclée;'
Nicéphore Caluph en étoit établi gouverneur. L'ei
reur , après s'être moqué de ces propositions illuscdl
ttiBTOIRE DU BAS-EMPIRE. 1^7
que cependant, pour épargner le sang chrétien , oit bien leur accorder la paix ; et , aprèsjeur avoir éter serment au nom de leur maître» il partit Gonstantinople. Il y rentra en triomphe. Pour r à cette fête un éclat extraordinaire , on avoit ré au prince un char d'or massif. Mais ^ dès qu'on attelé de jeunes chevaux qui dévoient le traîner , lonnèrent de si violentes secousses, que peu s'en qu'il ne fût mis en pièces. Le prince n'y monta I avoit même d'abord refusé d'user d'un si pomippareil , qui montroit du moins autant d'orgueil e magnificence. Il apprit peu de temps après q|ae mgrois et les Serves faisoient de nouveaux mouis, et il se préparoit déjà a retourner contre eux. dès que ces peuples en furent avertis, ils rentrèrent e repos.
illaume , roi de Sicile , mourut cette année ; et si RomuaUL n veut croire l'auteur de la chronique de Salerne, •S^u/mx. chi\ el envoya des ambassadeurs à Guillaume ii , son our lui otTrir le renouvellement de la paix, et le ige de Marie , sa tille unique , qui devoit porter ire à son mari. Cet écrivain ajoute que l'ambasîàt bien reçue , qu'on envoya de part et d'antre éputés , et que la paix fut confirmée de nouveau ; que plusieurs difficultés empêchèrent la conclu->du mariage. Ce récit ne s'accorde pas avec ce que avons raconté, d'après Nicétas et Cinnamc, du ige arrêté entre Marie et Bêla , qui fut regardé le rhéritier présomptif de Manuel jusqu'à la naisdu prince Alexis. Ainsi, ou le chroniqueur s'est 'ement trompé sur cette proposition de mariage, faut la renvoyer après Pannée 1169, dans laquelle it Alexis. Mais alors Marie n'avoit plus aucun droit accession impériale.
j actions de courage d'Apdronic au siège de Zeug- a». nC;.^ avoient fait oublier à l'empereur ses forfaits pas- ovw. /. 5 ,