‹ Histoire du Bas-Empire, commençant à Constantin-le-GrandChapitre 3 sur 13 · le remplir^de vos trophées , de rétablir l'empire dans · texte numérisé non relu

le remplir^de vos trophées , de rétablir l'empire dans

« Les faiu , c'eit-i-dire l'élët alion tère & cet acte ; la suppression dans

4c Matlûea sur le trône ; le sacre les prières publiques du nom de

ki^ Cantacnzéne se dépêche de pro- Palèologue pour le remplacer par

r^uer et de faire; l'eipnlsion de celui de Mathieu» peurent serf ir à

'CriUzte qui aime mienz perdre le t appréciation dt Û Inuidiise- du

fMriarefaat que de prêter son mioiir GÛtacu^f •

10& HISTOIRE J»U BÀS-BHPIRt.

«( son ancienne splendeur. Mais s'il n'y a point âe « renceentrt songer en dormant à toutes ces pros| «« et se les promettre étant éveillé, ponrquoi se «t en peine de ce qui n'arrivera jamais? Pour moi^ « voue que je ne pois comprendre pour quelle rfhl « vous aimez mieux demeurer dans une prison pcà^ « tuelie que de quitter la dignité impériale. Car, si ^ « ne faites ce que Tempereur désire, il faut que « mourriez dans les chaînes ou que vous trouviez mt « d'en échapper , et de vous rétablir sur le trône. Si * fort douteux que vous puissiez faire l'un ni l'ai « mais il est certain que vous ne sauriez recomi « la guerre civile sans soulever les peuples contre" «t légitime souverain , sans appeler les étrangers; ct:^ «r ne se peut faire sans vous couvrir de confusion.! «e qu'il est incertain que vous puissiez venir à bout « que vous prétendez, et qa'il est évident que voi «r* le sauriez entreprendre sans encourir une in) «r éternelle , ne vaut-il pas mieux y renoncer ? Il est ti N difficile, répondit r^m/^^r^i/r Mathieu , de vivre « une condition particulière après avoir possédé V\ « rite souveraine, et de se réduire au rang des pei « ordinaires après avoir reçu les respects et les ad< « tions des peuples. Si je suivois mon inclination , j^ « merois mieux passer toute ma vie dans l'obsi «' d'une prison que de consentir à un si étrange chaii « ment. >» Après cet aveu le prince déclare^ son qu'il cède à ses désirs, quand même tou^jj^^^ilk^ « seroient le prix de son obéissance. jj^^^B

L'empereur Cantacuzine ^ s'empressaV||pR^à CoH stantinople faire part à Paléologue de cette résolulim « Le traité fut fait aux conditions suivantes : que Ml «c thieu renonceroit au titre et aux marques extérieur « de l'empire; que , néanmoins, il précéderoit les enf« .«< de l'empereur , excepté Ândronic , et que jamais il )

f Cette dénomination échappe au moine Josapbat.

HISTOIKE I>U BAS-Sl|PIRfi% lùj

idroic les armes contre eux. Mathieu jara ces ;les à Epibate, en présence des empereurs, dts ératrices, de Gallixte,* patriarche de Conslanti-^ le, de Lazare, patriarche de Jérusalem, et dt leurs autres prélats. Le patriarche Gallixte pro* ça ensuite une sentence d^excommunication irontre si jamais il violoit son serment. L*empereuf fologue demeura quelques jours avec Mathieu son i-frère, qu'il consola par les discours les plus geans, Fassurant qu^l seroit autant son ami qu'il it été son ennemi, et leipriant de ne point trop liger d'avoir été privé des marques de la dignité lériale, parce qu'il les lui rendroit lorsqu'il le Toit à propos. Il lui permit aussi de porter tels Requins qu'il lui plairoit, pourvu qu'ils ne fussent it d'écarlate. Il accorda à ses deux fils les plus (ids honneurs qu'il y eût parmi les Grecs, en dé^ aot Jean despote, et Démétrias sébastocrator, et tes mettant à sa table. Mathieu ne changea rien eA habits, et continua de se servir de brodequins ses comme il s'en étoit servi dans la prison. » Étacuzène s'embarqua peu de temps après pour la î, avec son fils et la famille de ce prince, qu'il lisit chez Manuel , despote de c^tte province. Celuiigaoit que son père n'exigeât de^lui la cession de son irnement en faveur de*son frère aîné. Dans cette le en se détachoit difficilement des biens de ce e. Manuel tenoit à ses dignités. Ses inquiétudes it causées par des avis qu'il recevoit depuis quelsmps sur l'intention de son père. Cependant Canme le tranquillisa, l'assura qu'on le calomnioits n'avoit jamais eu le projet qu'on lui supposoit » et t qu'il lui amenoit Mathieu pour qu'ils demeurasseqt able. Après un séjour d'une année avec ses enfans, icuzène retourna dans son monastère. Ainsi fut née la guerre enl^c Paléologue et Mathieu. L'hora^

ïuage que rend rhîstorien à la conduite an pfemii laissa aucun doute sur la vérité des détails que çuzène avoit peu d'iutérft à faire conpoitre. C'i motif pour lequel nous avons présenté son récit» Nous avons réuni dans le chapitre précédent U qui étoit relatifs la guerre civile, ainsi que les.di Mances qui, comme les troubles de Servie ^.cai|se,< catastrophe de Mathieu, avoient quelque liaison cette guerre. Il est nécessaire de ne point passer; silence , quelque infructueuse qu'elle ait été , la five. que fit Paléologue ppur la réunion des deux Les offres , les sacrifices auxquels il consentoit prdc qu'il sentoit l'importance de cette question » et qui il siégeoit sur 1^ trône de Tempirc un prince çonsidéroit sous son véritable point de vue. Pal i&voit, à ce qu'il paroit ^, séjourné pendant l'esi deux années environ dans les cours de plusieurs 4' Allemagne et d'Italie, sans qu'on ait des renj jmens certains sur ses occupations. Peut--étre séjour prit-il sur la religion des Latins des cpi sances positives qui le firent revenir de ses prévei Peut-être, à la distance où il étoit de Constantin! vit-il cette capitale et le trône sous un nouveau', et saisit-il l'ensem^^le des rapports de ce vaste em| soit avec les barbares, et particulièrement avec les Ti qui le menaçoient et commençoient à l'envahir ,^ avec les puissances de l'Europe sur lesquelles il at tant d'intérêt de s'appuyer, et dont le schisme.; l'isolant, le réduisit à ses propres forces, ou plutôtj foiblesse. En voyant le mal il aperçut peut-être Ici mède. Ce mal étoit la décadence de l'empire, qui s'a? çoit rapidement ve^'s sa chute. Les causes de ce pou voient être réduites à une seule, dont les ai

• D'après les témoignages de plu- jouni Paléologue à file de Ti sieurs historicDs, entre autres celui ou dans les enviroDs. de Duçai. Gaatacu«ène tient tou-

ttidtoi&E Dû Hà^-eicptee. 109

aloient on qni les absorboit toutes; et cette cause [ue ëloit le schisme des églises grecque et latine : ce ume désastreux avoit prodoit à la fois deux effets, t Tua serobloit devoir être exclu par l*autre : c*ëtoit iéoer de Tempire ses plus anciens et ses plus utiles is, et d'irriter ses plus dangereux ennemis^. Rien x>avoit adoucir la haine religieuse de ces derniers; lloit donc s'occuper du soin de ramener les autres le réunir en une seule les deux plus nombreuses unuoiôns du monde chrétien. Ce qui nous fait pré-* ter que Jean Paléologue jugea bien de la situation 'empire, c'est Tétendue des sacrifices auxquels il se gna pour opérer celte réunion ^. Il avoit entamé des Dciations secrètes avec le pape Innocent vi', qui, dans emps qu'il n'étoit que cardinal d'Ostie, avoit été rgé de légations difficiles, au succès desquelles il dut réputation. Ce pape travailla long-temps avec zèle à réconciliation d'Edouard m et Philippe de Valois, ique aussi difficile que celle de Rome et Constanti-^ lie y et vécut dans une parfaite intelligence avec les aces chrétiens.

ïes deux circonstances, qui prouvoient l'esprit conciil do souverain pontife , déterminèrent probablement léologue dans sa démarche. Résigné à tous les sacrii , il étudia les causes qui avoient toujours fait ooer les efforts tentés avant lui ; il vit que , comme les mières, elles parloient d'une source commune, et il devoit commencer par apaiser l'amour -propre té, bien sûr qu'en y parvenant, le principal obstacle i réconciliation seroit levé. Se faisant rendre compte ce qu'on avoit exigé d'un côté, refusé de l'autre;

Gibbon indique cette cause à Xi en fit plud encore par la {luite,

ip. 60 ), qui avoit sa source daos comme on le verra. 11 en diminua

(MisJedes deux pontifes de Rome le mérite en faisant voir qu'ils ne lui

e Constantinople. Le premier coûtoient rien , et prouva sa parfaite

Ht la suprématie , et le second indifiorencc en mutîèrc de religion. ité.

lia HISTOIRE ï>tJ JbÀS-«£HPIRE.

particulièrement , parce qu'ils ont trouvé qde leur pereur se couvroit de honte par ces propositions, ont niées comme injurieuses à la majesté de leur prti Mais quelques observations peuvent être faites à ce soj| Il ne faut ni confondre avec Thumiliation l'humil prêchée par la religion aux grands de la terre^ ni ji des idées et des opinions d'un siècle avec les opîi et les idées d'un autre. Paléologue a pu voir , c< no4is l'avons supposé, la véritable situation de son pire , la rapidité <lu penchant qui Pentratnoit i\ chute, et chercher à ioui prix les moyens de l'en server. Enfin ^ dans le caractère et la conduite de| prince on trouve, comme on le verra , et la vrai blance de cette bull« ^, et plutôt encore sa confirmât tS'il se permit des démarches plus réellement honte que celle-là, il en a démontré la probabilité. Inn< répondit à Paléologue en des termes qui prouvoienl satisfaction et son désir de remplir les conditions if posées; car il ne faut pas oublier que tant de concej qui ri'étoient coûteuses que pour l'amour-propre, sous tout autre rapport imaginaires , teudoient à avantage réel , des secours contre les ennemis et lessoji révoltés. Le saînl-pcre envoya ses dépêches par Vu Thomas, évêque de Patti, accompagné d'un autre n< Thomas étoit religieux de l'ordre des frères mine ses vertus le firent élever sur un siège épiscopal, etl^ talens oratoires choisir par le pape Innocent po| remplir diverses missions diplomatiques. Outre la Ictljj

« Quant aux autorités qui «n par- cucit des Boliandîstes, p. iQoo.Gi

lent, nous indiquerons i° Oderic tacuzène avoit fait antéricureiari

Bainaldi, qui a continué les annales beaucoup d'avances au prédécesMl

de Baronius depuis Tan 1199 jus- d'Iac^ent. Gibbon dit à cette 0

qu'en 1667. f^ojr. Tan i555, n* 54* ca&i«ji^ch. 66), et à propos du m

2" Luc de Wadinc, récollet irlan- de ce prince, qu à travers les loiM

dois, qui, dans scj Annales des gcs qu'il prodigua à sa prop

l'rères mineurs , en fait mention à vcrlu , il trahit l'inquiétude d'u

propos de Thomas , tom. 8. 3» Le conscience coupable^ deuxième tome du volumineux re-

HISTOIRE DU BÀS-EMPIRI. Il3

fil devoît remettre à reniperenr, il en avoit pour le itrîarche Callixte, quoique non-seulement il n'eût pas TÎt au pape , mais qu'il blâmât au contraire la déiiarche du prince. D'autres lettres, pour les supérieurs les monastères et les principaux membres du clergé ^ prouvoient que le saint-père croyoit que Tempe- ^r étoit certain de l'assentiment de son église. Innocent écrivoit en particulier au prince Gatéluzio, à qui raléologue avoit fait épouser sa sœur et donné la souteraineté de Lesbos, conformément à ses promesses, et |Knir le récompenser de l'important service qu'il lui bvoit rendu en l'introduisant à Constantinople. Ce prince engageoit son beau-frère à rentrer dans l'église hnnaine. Innocent le remercioit de son zèle; niçois ces kttres arri voient sans secours, et Ton avoit plus de besoin ne soldats que de nonces. Jean répondit en confirmant bes promeses, et s'engageant à faire déposer Callixte, si t% patriarche continuoit à s'opposer à la réunion. Innobent fit de nombreuses et d'inutiles tentatives pour rem* Uir les conditions que l'empereur met toit à ses pro- ■Oesses. Dépourvu de moyens par lui-même, ce pontife ndia, mais vainement, d exciter le zèle des princes de M chrétienté. Il ne fut pas plus heureux auprès des

jénois et des Vénitiens, ni des chevaliers de Saint-Jean Jérusalem. Ces derniers reçurent de lui les reproches plus amers sur leur paresseuse indifférence pour la

nse de la religion , et l'oisiveté dans laquelle, ils lan-

issoient. Il les menaça même de leur enlever Tile de odes pour les établir dans un lieu de la terre-ferme

tué de manière à ce que, pour leur propre sûreté, ils

t sans cesse dans la nécessité d'avoir les armes à

main. Cette idée étoit une conception heureuse, et

peut-être le moyen le plus efficace d'arrêter , dans les

Wconstances où l'on se trouvoit , les progrès des Turcs.

Cet ordre militaire ne déployoit jamais tant de vertus

héroïques que lorsqu'il étoit au milieu des dangers et

Il4 HI5T0IEE1>U BAS-EMPIRE.

environnés d'ennemis. Il falloit, pour exécuter cetuUl^ projet , une influence et des ressources qu'Innoceal n'avoit pas. Les chevaliers laissèrent sans réponse Ict menaces comme les prières.

La mort de Callixte , arrivée dans le même temps ,j

diminuoit les obstacles du côté des Grecs. Paléologots

avoit envoyé ce patriarche en ambassade à Phères a

près de la veuve du crâle, pour proposer à cette print

de terminer leur différend à l'amiable, et de réunir

leurs armes contre les barbares qui désoioient la Thra

 peine arrivé , Callixte fut , ainsi qu^ ceux qui Tacco

pagnoient , attaqué d'une maladie dont il mourut en

de jours. La princesse lui fit rendre les plus grands h

neurs. L'empereur convoqua le clergé pour faire éli

un patriarche. Tous les évêques furent d'avis de remet

Philothée sur son siège. Paléologue, qui savoit que

prélat s'étoit retiré de lui - même pour apaiser les troa

blés de l'Eglise, et qu'il menoit une vie exemplaire^!

envoya le prince Ândronic, son fils aine Manuel,

poste , et les principaux dignitaires , chercher en pompel (

Philothée, qui fut ainsi rétabli sur le trône patriarchaL' ^

L'empereur auroit trouvé dans ce pontife plus de doci

lité que dans son prédécesseur pour seconder son prcyj

de réunion , mais ce projet resta sans exécution ,

qu'il y eût de sa faute ni de celle du saint-père. Po

se distraire, ce prince marcha contre Alexandre , roi

Bulgarie^ qui s'étoit précédemment emparé de plusieoi

places. Paléologue reprit Ânchiale. Il assiégea Méseï

brie par terre et par nier. Il construisit une tour p

dominer sur la ville et pour empêcher les habitans

venir puiser de l'eau dans la seule source qui leur en*:

fournit. Alexandre envoya des troupes pour forcer le

prince à lever le siège, mais elles furent complètement».

battues, et le roi des Bulgares, étant forcé de conclaM*^

la paix, l'empereur revint à Constantinople.

C'est par ce dernier événement et par le rétablisse*^

fllSTOlRE DU BÀS-EMPIEEà ll5

toent de Philotfaëe , que Cantacozène termine son hiskkre. Comme il ne doit pins reparottre dans celle-ci, ions croyons devoir , avant de nous séparer de ce fersonnage , qui , pendant long-temps , y a rempli la pemière place , le suivre danis sa retraite , et rendre tompte des diverses opinions dont il a été Tobjet. Nous Favons cité le plus souvent possible , afin que le lecteur |iât juger par lui-même.

Après-avoir passé une année avec ses enfans dans la Morée, dont son fils étoit gouverneur , il revint à Man- |atie ,et, de ce monastère, alla se confiner dans un courent du mont Âthos, sous le nom de Josaphat Chrisfo- Iule. Un médecin françois ayant visité , un siècle environ iprès la mort de Cantacuzène , cette montagne , et donne Wt les pieux établissemens qu'elle coiitenoit une desoption qui n'est pas sans intérêt, il nous semble i'antant moins inutile d'en offrir quelques fragmens, qoe, dans le cours de celte histoire, il en est souvent i|iiestion. «c Cette montagne ( dit notre voyageur ^) est ■> nommée en grec Athos) en italien Monie-santo, Il est m d^étrange façon ,^ qui a été écrit premièrement par ^Hérodote , que Xerxès le fit entailler par le pied pour « faire passer ses vaisseaux , ce me semble être totaleî%ment faux : toutefois je n'ose bonnement assurer. Si est-ce que quand je passai par là j'y prins garde tout ^expressérhent \ mais je n'y ai point trouvé de vestiges |i d'entaillures. Les poètes et historiens ont grandement p rendu cette montagne illustrée : aussi a été de tout ^ temps dédiée pour les religieux grecs qui sont appelés * taloyers. Nul Grec n'y puisse habiter s'il n'tîst caloyer* « il y a dans ladite montagne vingt-quatre grands mo*

* Pierre Belon , dans ses obser- talent de bien observer. Nous avons

ndons de plusieurs singularités tûché , à son article dans la Biogra-

I choset mémorables trouvées en phie universelle , de donner une

Çrèce, Asie , etc.» un vol. in -4° » ic^^c de ses connoissanccs et de set

y^l , feuillet 54 et suivant. Ce më- travaux. C'est eo 1 547 V^'^^ visita le

^cÔD a beaucoup Toyagé. Il avoit le mont Atbos*

ir

« mêmes les cousent. Fault que chacun mette la inmr « à la paste. De là vient qu'ils ne s'amusent li'à étudier « n'a escrire , et ne savent pas seulement apprendre 1 « lire en leur langage : ainsi sont en merveilleux règne « d'ignorance. » On voit l'énorme différence qil'il y avoit entre les religieux qui habitoient le mont AthosF' en i54o et ceux qui lesavoient précédés. Si l'on jugeon des occupations de ces derniers par les rêveries de qucl-^ ques-uns sur la lumière incréée et leurs recherches do rayon ombilical, on seroit obligé de convenir qu'on emploie mieux le temps h filer sa chemise , faire Us souliers des autres , et b4pher sa vigne.

Ce fut au monastère de Vatopédy que se retira Cantacuzène. Si ce couvent n'étoit pas le plus important des vingt-quatre par ses vastes constructions et ses do^^ tations , au moins Bélon le met-il au nombre des troî^** premiers. Il y avoit deux cent soixante caloyers lorsqu'il le visita. Situé près de la mer, au pied de la montagne, f et dans l'endroit où l'abordage est le plus facile ctlcj plus sûr, Vatopédy devoit être le plus fréquenté de cdétabiissemens. « Ce lieu , dit notre voyageur , est séant î" «< à gens solitaires, digne d'être comparé à un paradis f « de délices pour gens qui aiment à se tenir aux champs. » Cantacuzène employa son temps dans sa solitude à écrire . pour la défense de la lumière incréée, dont il s'est occupé constamment dans les diverses situations de sa vie. Il attaqua les Juifs et les mahométans. Neuf discours contre les Juifs et quatre contre les mahométans, dont plusieurs ont été traduits en latin et -imprimés, sont autant de preuves de son zèle. Nous laisserons de côté ces pieuses productions , devant nous attacher particulièrement à son histoire , que Jacques Pontanus a traduite en latin, et le président Cousin en françois. Elle s'étend de 1820 à i357,et présente toujours sur la scène du monde Cantacuzène, qui eu est à la fois le héros et l'historien. Il fournit ainsi sur lui - même des données

HiSTOIKE BU BAS-EMPIRE. II9

diaprés lesquelles chacun peut le juger. Avant d'en faire on court €i rapide examen , il faut savoir quelle fut la destinée de l'auteur depuis le moment où, descendant du trône, il se retira de la cour et du monde, jusqu'à celui de sa mort. Il paroîtroit qu'il anroit survécu longtemps à sa célébrité, et qu'on l'oublia totalement, puis- •qu'on ne sait point quand il a cessé de vivre. Ducange et Lambécius ^ le font mourir en i4io, conséquemment à 116 ans, puisqu'il étoit né en 1294* Michel •Ducas place sa mort en i38o, ce qui est plus vraisem- -blable. Le témoignage de ce dernier paroit d'autant -plus digne de foi que, son aïeul et son père ayant eu des relations avec Cantacuzène ^ , il a du nécessaire- -nient avoir sur ce prince des renseignemens certains. En se retirant au monastère de Vatopédy , Cantacuzène laissoit dans le monde six enfans. i.® Mathieu , qui ne put trouver que dans le cloître des consolations sur la perte d'une couronne usurpée. Il s'occupa comme son père , et l'on a de ce prince une discussion sur le cantique des cantiques. 2.® Thomas, dont l'histoire n'a conservé que sa résistance au sultan Âmurat. 3.® Manuel , successivement gouverneur de la Morée et duc de Sparte : il avoit perdu un autre de ses fils en i348. 4*^ Marie, épouse de Nicéphore Ducas, qui , comme nous l'avons va , s'enferme dans le couvent de Sainte-Marthe , après - la mort de son mari. 5.» Théodora, que sou père sacrifia pour la donner en mariage au prince Orchan. G'étoit payer cher la victoire. Orchan fut plus d'une fois infidèle. Prétendant que la qualité de gendre de

' f^ox*. Du Gange , fam. byiant. > Michel Ducas, aïeul de Thisto-

p. a6o* Lainbécîus, qui, aia»i que le rien de ce nom , étoit du nombre

précédent , vivoit dans le dix- sep- de ceux qui échappèrent au massacre

tième nëcle, parle de la mort de qu'on fit après la mort d*Apocauque.

'Gantacuxène danf ses recherches sa- Il 8e déguisa en moine , et se sauva

▼aates sur le curopalate Godinus, chez Jessé , tjran d'Ephèse. f^ojr,

mHtvAicB animaduersiones ad Codini l'histoire de Michel Ducas > chap. 5. origines constantinopoUlanas,

laO HISTOIRE DU BÀ8-EMPIRS.

Tempereur lui donnoit des droits sur des provinces Tenipire , il agit en conséquence , et Ton peut ac Cantacuzène d'avoir été tout à la fois la cause et V sion du passage des Turcs et de leur établissement Europe. S'il ne s'étoit pas révolté , l'impératrice An ne les eût pas appelés à son secours. Cette alliance étoi à la fois odieuse et honteuse. Cantacuzène en est con* venu , et l'expression de ses remords * n'est point éqaî voque. Avant de la conclure , il chercha de tous les cet des avis et des approbations, et le compte qu'il en re est terminé par celle d' Amir , autre sultan qui ne de-^« voit pas être difficile. 6.^ Hélène, mariée à Jean Pal logue. C'étoit , de la part de Cantacuzène , un trait haute politique , en ce qu'il concilioit tous les intérêt Mais il falloit qu'il apprît à son gendre à régner au li de régner lui-même, et qu'il le fit agir au lieu de tenir dans une inaction dont le jeune prince devoit t ou tard s'ennuyer. Avant l'époque où Paléologue se ré« voila , son beau-père ne parle jamais de lui qu'une oa iz deux fois, pour lui faire faire les honneurs d'un dîner ^\r et cela , dans l'espace de six années , tandis qu'il délë- c guoit une partie de son pouvoir à Mathieu , qui goti- > vernoit une portion de l'empire. Si jamais la jalousie -. fut excusable et motivée , c'est celle que sans cloute ^ éprouva Paléologue en se voyant préférer son beau-frère. • Il devoit sentir qu'on vouloit le mettre à sa place. Dans cette supposition, Hélène auroit encore été une victime ' de l'ambition , un leurre pour inspirer une fausse sécn« rite , puisqu'on auroit eu l'intention d'éloigner soa mari du trône, ainsi que ses enfaus.

Les sentimens dont Cantacuzène est l'objet se ressentent des diverses positions dans lesquelles il s'est trouvé, et de l'influence qu'il exerce en les racontant. Jetons un coup d'oeil rapide sur ces situations. Le dévouement

' ycyy, hist. de Gant. Ht. 3 , ch 96 , et dans cette histoire Taniiéa

HI5T0IEE DU BA8-SHPI1IB. Mf

montre an jeune Andronic, qu^il défend contre leul, prévient d'abord en sa faveur, parce que le \ndronîc, en préférant un bâiard à son petit-fils; jlant mettre, sans raison suffisante, sur la tête du ier une couronne qui devoit appartenir au second, celui-ci d'autant plus intéressant, que celui qu'on éfère ne le vaut pas. Il commet gratuitement une i choquante, qui ne fait qu'ajouter à la masse tressions défavorables causées, presque sans inter* 3n , par une longue série d'actes insignifiant. L'inpour le jeune prince et son ami s'accroit pendant 3is guerres civiles, dans lesquelles le premier rend fois le trône à son aïeul, qu'il pou voit facilement liller. Régnant à son tour, Andronic veut associer i empire Cantacuzène , qui n'en veut pas. On ne qu'applaudir à la générosité de son refus. Il est idant nécessaire de faire remarquer que lui seul

et de l'offre et du refus; qu'aucun autre historien fait mention; que nous sommes obligés de le croire arole, et que, prévoyant combien un pareil désinsèment est difficile à persuader, il prend le ciel à in de sa véracité. Ce refus se renouvela à la mort da iaiteur, qui vouloit que son ami prît les rênes de )ire. Jusqu'ici l'intérêt pour Cantacuzène s'est sou-

L'on applaudit à la généreuse modération dont il preuve , en se contentant du titre de régent du urne. Il part pour combattre les ennemis de l'état; liens profitent de son absence pour le calomnier et user. Révoltés de cette injustice, ses amis le pressent ; revêtir des marques de la dignité impériale, et entent cette démarche comme \eseul moyen de salut. !S de foibles objections et cette molle résistance que écence commandoit impérieusement , il se laisse :Iamer empereur , fixe lui-même le jour de son sacre, i de son couronnement, ainsi que toutes lesforma-

prescrites pour ces cérémonies. Il est désormais

témoignage pour croire qu'il a. refusé deux fois la co ronne que vouloit lui donner le jeune Andronic, conduite quand il tient cette couronne , et ses manier envers le fils de son bienfaiteur, peuvent jeter quelq lumière sur la sincérité de ce refus et la valeur de témoignage.

Il y a sur la scène du monde des rôles qui deraanden nécessairement ou de brillans succès et la gloire, 01 Féclat d'une chute inattendue , parce que ceux q remplissent ces rôles, pouvant choisir , ils doivent m surer leurs forces. Personne n'est obligé d'être usurp leur; mais quand on a fait choix de ce rôle, il y a cei tains devoirs rigoureux dont on ne peut s'affranchir, certaines vertus auxquelles il faut renoncer. Des prétei tions à la délicatesse ainsi qu'aux scrupules de consciei paroitront toujours singuliers dans un homme qui pre les armes pour conquérir un trône; et Cartacuzène affici sans cesse de pareilles prétentions. Ma par le respect homain , il en est esclave au point de ne pouvoir faire un . pas sans être inquiet de Topinion , sans être occupé du pé- 1 nibic soin de chercher des excuses à ce qui lui paroit à lui* même être sans excuse; de persuader qu'il veut prendre^ pour rendre; qu'il enlève au fils de son bienfaiteur la moitié de son trône pour qu'il l'ait tout entier ; et que c'est pour faire passer ce trône aux enfans de Paléologue qu'il y fait asseoir à côté de lui son propre fils, qui, de son côté, a des enfans! Le craie rompt l'alliance qu'il a conclue avec lui, viole les traités, lui dresse des emr { bûches, le fait attaquer, enfin lui déclare la guerre. Cantacuzène, qui faisoit venir des Turcs, écrit à ce prince afin qu'il mette ses terres à l'abri du pillage de ces barbares, auxquels il abandonne celles de ses compatriotes. En ayant soin de faire remarquer celle poiiiesse envers Etienne devenu son ennemi, l'historien dit que, si le cràle manquoit à ses sermens, ce n'étoit point une

HISTOIRE DU BÀ8'*>E1CPIEI. IflS

lison poar qa'ii violât les siens. Ce qu'il ne dit pas, ^est qu'il espëroit qu'en ménageant le prince de Servie, ' le ramèneroit dans son parti.

Cantacuzène a lui-même écrit son histoire ; et , par plus étrange abus de la manie des parallèles on « Ta emparé à César, avec lequel il n'a, ni comme général li comme historien, aucune espèce d'analogie. Quand se résout à raconter les événemens dans lesquels on ire comme principal personnage, conséquemment, à ijours parler de soi. Ton doit soigneusement éviter écueil dangereux, parce qu'on y est toujours entraîné les courans : c'est de se donner à soi-même des jes..Les faits ont un langage énergique; et quand le ros en fait le récit, Il doit leur laisser le soin de le ippeler sans cesse, et prendre celui de se faire oublier, «ésar, qu'on ne peut se lasser de lire, est un modèle en e genre. « Soigneux d'éviter ( dit le plus fidèle de sfi% i"* traducteurs ^) jusqu'à la plus légère apparence d'un « retour complaisant sur lui-même, il semble avoir été

* plutôt simple spectateur que principal acteur des évé- ^ nemens ; et , si l'on ne le savoit d'avance , on ne devi-

* neroi t guère que l'auteur écri voit ses propres mémoires. » Quant à t empereur Cantacuzène , il s'est donné de garde de suivre cet exemple : le retour complaisant sur lui- Knéme ne souffre point d'interruption , et l'on est forcé

' Le président Cousin. Je croit pagne. Ganlacuzène fit son récit de

foe ce 6mn président ( ainiti traité sa retraite , et dans Tintcntion de

far Ménage ) oublioît que le héros vous montrer cette retraite comme

«I rbistoritn éloient le même per- ayant toujours été l'objet de ses dé-

•oonage* sirs. Dès le commencement il in-

^ 11. Le Dfcist de Botidoux , t. i , dique du doigt les monastères de

>€. La traduction de cet écrivain Mangane et de Vatopède, en disant

tst accompagnée de recberchc^ in- à sou lecteur : C'est là que je veux

tércasantes et d'obM>rva(ions eu- me rendre après m'ê Ire assis en pas-

rieuses propres à éclaircir le texte sant sur le trône que je rencontre

par l'explication des usages. Il pa- en chemin , et d'où je me propose

folt probable que César écrivit une de descendre après un instant dt

ftrtie des événemens chaque soir, repos, et l'autre à la fin de chaque cam-

126 HISTOIRE DU BÀS-EMPIRS.

d'avouer qu'il est difficile à l'amour-propre eh AéUt d'inspirer d'expressions plus extravagantes que CeWé dont il se sert, soit en parlant du rare effort de sa stà blime vertu, soit en donnant des éloges à sa prudence à sa modération, dignes en e£Fet d'être louées par toul'lij inonde , mais non par lui. Nous avons eu l'occasiÔD^ d^ns le cours des événemens de son règne , de parler di l'exactitude des faits, de la longueur de ses nombreasQ harangues, et de prouver que le reproche qu'on lot faisoit de réticences et d'omissions volontaires étoill fondé. !

D'après cet exposé, l'on voit que nous tie partages point l'opinion émise sur Cantacuzène par des écrivaii dont nous sommes loin du reste de contester le méril Nous devions rendre compte de nos motifs ; nous l'avi fait pour qu'on nous juge. Ainsi nous ne pensons poil qu^on ne saurait faire trop d'éloges « de ce prince^ qu'il est au-dessus de Vidée quil donne lui-même A ses éminentes qualités ^ ; qu'il soit au rang des plui grands hommes que l'empire romain ait compté, el qu'il étoit digne des plus beaux /ours de cet empire ^, Plui modéré dans nos expressions , formant notre opinion d'après lui-même, la lecture de ses mémoires, et d'aprèi les résultats de son gouvernement, nous convenons san peine de l'étendue de ses connaissances, de la sagessi de ses conseils, de l'équité de ses jugemens ( en général ) de la fidélité de son amitié , de sa modération et d téminence de sa piété ^ ; nous reconnoissons qu'il avoi des t&Iens militaires , qu'il savoit se faire aimer di soldat; qu'à l'exception de la fermeté de caractère, i étoit doué des qualités nécessaires pour bien gouverner enfin que , s'il eût reçu le trône par droit de successioi

A Ânquetil, histoire universelle , ment p. i. tom. 5 , p. 278. «• Biographie uniiferselle , (4tid

* Hist. de Constantinople , par le Cantacuzène , par M. L. S. E. président Cousin , tom. 7 , avertisse- ^ Le président Cousin , ibid.

HISTOIRE DU BÀS-EMPIRS. I a^

is des temps ordinaires, l'empire grec eût ëtë florisous son règne , et Cantacuzène bon prince lëgi- "; mais il ëtoit trop honnête homme pour se faire latenr, et pas assez pour renoncer à ce rôle auas duquel il fut. Voltaire a , d'un seul trait , indiqué 'il pensoit et ce qu'il falloit penser de ce person-

^, « Cantacuzène ( dit - il ) , ne pouvant plus der Tempire qu'un autre lui disputoit , s'enferma is un monastère. Un empereur, beau-père d'un :an et moine , annonçoit la chute de l'empire. >» m Paléologue étoit devenu paisible possesseur de »ire par la retraite de Cantucuzène et celle de lieu; mais si, dans l'intérieur, il n'avoit plus d'ens, il en étoit environné de tous côtés. Les Turcs fit de tous le plus à craindre, parce que, profitant d'une guerre civile à laquelle les Grecs, divisés

eux, eurent l'imprudence de les faire participer, i recueilloient tout le fruit. Le souvenir qu'ils conient d'un vaste pays dont ils venoient de traverser surs provinces et de parcourir les autres , ne poujue leur inspirer le désir d'y reporter leurs armes, roient vu de près la foiblesse des Grecs, la possit de les asservir, et leur empire étoit à leurs yeux )roie aussi facile qu'avantageuse. Orchan la regarromme certaine. Ce prince avoit considérablement

la finesse des aperçus, Télé- Plus ingénieux qu'exact, Fauteur

du stjle supplëoient à la foi- part d'un fait supposé dont la faus-

des raisons , l'opinion que seté est démontrée. C'est que Paléo-

om battons seroit victorieuse logue , ramené par Gâté Iueîo dans le

I plume correcte de M. le palais de ses pères, y régua de con-

de Ségur ^ dont le tome 9 de cert avec Cantacuzène , et que tous

\re universelle nous est mal- deux réunirent leurs efforts pour bien

«ement parvenu trop tard. 11 gouverner. Ce fait %^X faux d'après

Cantacuzène un grand hora- le récit de Cantacuzène , témoin i/ré-

ne lumière brillante ^ et pré- cusable^

ue son tourage téleua sur le * Essai sur les mœurs et l'es-

^ue son liabileté l'y maintint^ prit , etc. , cbap. 87, sa sagesse V en fit descendre*

128 HISTOIRE DU BAS-rEHPIlLC.

étendu les bornes de la puissance fondée par son Othman ; père lui-même d'un fils qui profitoit d exemple et de ses leçons, et connoissoit encore n d'obstacles que lui , il faisoit faire à cette puissan* rapides progrès. Il ouvrit l'Europe à ses succès après s'être emparé de tout ce que les Grecs possédi en Asie. Une certaine pudeur, les égards qu'ils devi à son beau-père, le retenoient et lui faisoient désav hautement les expéditions qu'il ordonnoit en se Mais il ne crut point que le moine Josaphat ChristG eût les mêmes droits sur lui que Cantacuzène. I garda donc plus de mesure, et dès qu'il apprit la ret du père de sa femme, il fit publiquement de gr préparatifs pour envahir des provinces grecque planter solidement le croissant en Europe. Bientôt flotte considérable fut équipée. Il en confia le comi dément à Soliman, son fils aîné, et suppléa à Tine rience de ce jeune prince , d'un caractère bouillant mettant auprès de lui trois généraux exprimentés devoit consulter pour ses opérations. En peu de U il eut repris toutes les villes que précédemment il ; restituées à Cantacuzène. La principale étoit Galli qui , par sa situation , est comme la porte ^ du de sur lequel elle domine. Les Catalans, qui pendant I temps luttèrent dans cette place contre toutes les f des Grecs , leur en auroient dû faire sentir l'importe c'étoît , d'après ce fait , un point facile à défendre , e devoit fixer l'attention des empereurs ; mais aucu s'en occupa , pas même Cantacuzène. De ce momei

« «Gallipolî, grand village assis « veulent sortir de ce dëtroit.C

«sur un petit cousieau , est l'en- «navire se doit tenir ancrt

« droit où la Propontide finit, et où « jours durant : d'autant qu<

« la bouche de rHellcspont coin- • une clef et Tun des plus j

« mence. Tous vaisseaux sont con- « passages de Turquie : à cette

« traints de 8*arrêler et parler à ceux « ils y font bonne garde. » JE

« de la garde de GalHpoli» quand ils vopge cité , p. 78.

HISTOIRE BU BÀS-EMPIRC. I a^

iffarcs ont an pied dans l'empire; quoiqu'ils se soient

nissë monientanément enlever Gallipoli, ils se main-

liorent dans lenrs antres conqnétes. Nous allons les voir

l'avancer ra|ydement pour envahir et renverser le plus

«cien trône de l'Europe. Lieur histoire va faire partie

et celle de Constantinople, jusqu'à la catastrophe qui

in rendit maîtres de cette seconde Rome, que nous

toyons depuis long -temps si mal gouvernée, et que

ttous verrons au moins glorieusement défendue par un

prince chargé de venger l'honneur de sa famille, et de

payer pour elle.

^ Pendant que Soliman reniportoit des succès , qu'une iKiort prématurée devoît arrêter tout à coup, son frère Ikmurat, réservé à de plus hautes destinées, commen- (oit le cours de ses exploits. Orchan , pour assurer ses Conquêtes en Europe, avoit levé des troupes qu'il mit fcauj les ordres de ce prince. Amurat conmieiiça par ^'emparer de cette forteresse d'Ëpibate, réputée impre- ■■able, d'après les travaux faits par Apocauque, qui ^nnptoit y braver toutes les forces de l'empire. De ce Sort, le vainqueur se porta sur Chiorla, entre Andri- ^ople et la capitale. Irrité de la défense vigoureuse que 4lt cette place, le fils d'Orchan , après avoir perdu beau- ^op de ses soldats , la détruisit de fond en comble, épouvantes de ce traitement , les habitans d'une ville voisine désertèrent leurs foyers. Amurat y mit garnison , l^ct retonma dans l'Asie. Son frère assiégeoit Aiidrinople, ^ 'yii ne tarda pas à se rendre. La couqiiête de celte ville ransporla Soliman de joie. Il tourna ses regards vers jonstantinople , qui devint l'objet de son anjbition. jflais la mort l'attendoit en chemin. 11 eulevoit rapidement toutes les places de la Chersoncse, lorsqu'il rcncentra son oncle Manuel Cantacuzène, près de THexamilion. Ils en vinrent aux mains. Soliman fut lue dans Ve combat, ce qui rendit la déroule de se$ soldats conx-*

l3o HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.

plète. Michel Ducas ne donne aucun détail sur cet

affaire «. C'est la seulie fois qu'on voit figurer dans m

histoire Manuel Cantacuzène. La mort de Soliman fi

pour son père un coup fatal. Dans l'intention de i

distraire du chagrin qui le consumoit , il prit de noa

velles mesures pour augmenter ses conquêtes, et dona

des ordres pour qu'on s'emparât de Didymotique. L'o

des généraux qui avoient suivi Soliman fut chargé d

l'expédition. Comme ses troupes étoient diminuées,!

ne voulut point faire une attaque ouverte, et sut habi

lement remplacer la force par la ruse. Le gouverneo

de la ville crut que la conservation de cette place dé

pendroit de la promptitude des moyens dont il feroil

usage pour la metire à l'abri de l'invasion, et ce fi^

l'excès de ses précautions qui la fit échapper de ses maiai^

La double enceinte de murailles dont elle étoit enii*

ronnée étoit négligée depuis long-temps, et, dans phHT

sieurs parties de son développement , elle auroitcédéiff-

moindre effort. Le gouverneur voulut non-seulemenfrA

faire les réparations nécessaires , mais augmenter im

fortificationé. Il cherche de tous côtés des ouvrien.-ft

s'en présente un grand nombre. Pressé par le temps, il,

les prend sans examen et sans choix, et les emploie sot

travaux. Le commandant turc a voit fait rassembleriez

gens de sa nation , qui vinrent s'offrir au gouverneur de

Didymotique. Enchanté de pouvoir terminer en peu de

temps ses préparatifs de défense , il les accepta. Ils étoienl

trois ou quatre cents. Us travaillèrel^t avec ardeur kl

premiers jours, et le gouverneur s'applaudissoit deJâ

prévoyance , lorsqu'il fut cruellement détrompé. Ces

Turcs feignirent entre eux une dispute dans laquelle

les autres prirent parti. Dans le désordre inséparable

^ Gibbon le fnit mourir d'une trc les Tartares. Nous fiiivoai Mi* chute de cheval. Suivant d'nutrcs il chd Ducas , ch. «o. fDonmt en Asie en combattant con-

HISTOIAK DU BAS-EMPIAB. l3l

i'une querelle entre gens de cette classe, on certain pomhre se réfugient vers le magasin des armes, situé près d'une porte de la ville, y pénètrent de force, et ouvrent ensuite la porte à nu détachement de Turcs qui altendoit cet instant. Didymotique fut prise sans coup »lérir. Les habitans, surpris avant de songer à se dé- ^fendre , ne firent aucune résistance.

Orchan fut insensible à cet événement. En proie à ia h douleur, il y succomba , et ne survécut pas plus d^Kiia ( mois à son fils. Il mourut à soixante-dix ani, apiWen j ivoir régné trente-cinq. Quoique sa mémoire soit chargée I de plusieurs crimes, les annales turques font un grand

f éloge de ce pfince, sans doute parce que c^est Tun des fondateurs de leur empire. 11 fit venir Amurat dans Ses derniers instans, lui donna des avis sur l'art de régner, • l'exhortant à gouverner avec équité , lui recommandant *fi'étre toujours un religieux oliservateur de sa parole, peut-être le remords d'avoir violé la sieUne, et le traité rjlliance qu'il avoit conclu avec Cautacuzène , lui fai-* il-ils envisager la mort de Soliman comme une puiïtion de son crime. Mais le dogme de la fatalité, l'une des bases de sa religion, rend cette conjecture peu vraisemblable. Quoi qu'il en soit , son fils profita plus de sei conseils que de son exemple. C'est ce célèbre Amurat que nous avons déjà vu préluder à l'invasion de l'ernpire, et qui désormais va fixer notre attention. Il nous humiliera plus d'une fois dans Paléologue» qui, pour conserver le trône et la vie, consentit honteusement k se reconnottre pour son vassal. Mais n'anticipons point, I et voyons ce que firent ces deux rivaux, l'un pour as* servir , et l'autre pour échapper à sa domination. Amurat parott avoir réuni les qualités les plus essentielles dao> Vart de gouverner les hommes, et c'est à ce prince qu'on peut attribuer raccrotssement et ia prospérité de la puissance .ottomane. Il en réunit tous les élémenspar on lien qui , de parties éparses , incohérente» , fit bientôt

x5» msToiHE 0ir bas-empire.

une niasse irrésistible. Il imprima le mouvement à cetfè niasse, et lui donna une direction uniforme, un bnt*, et sut mettre habilement on intérêt commun à la placé lie rintérét individuel. Il créa cette milice invincible qui , après avoir décidé de la victoire et glacé renneroi d'effroi, fut plus d'une fois la terreur des sultan». Avant cette armée permanente, les trorupes turques n'avoienl point de discipline ; il étoit difficile de les rassembler, et plttft encore de les maintenir. Ce redoutable corps de jaiffisaires fut une des causes de la supériorité des Turcs^ parce qu*à cette époque aucune puissance n'entretenoit , sous les armes un corps régulier de troupes. Voici leur . origine. Amurat, ne voulant plus avoir à combattre j lorsqu'il se seroit emparé de Tempire grec, cette muUt« ' tude de tribus, qui depuis long-temps, insultoientàceC ' empire, les attaqua tour à tour et les vainquit. C'étoient . les Bulgares, les Bosniens et les Albanois. Leur pays . n'offroit rien qui pût dédommager des sacrifices faits pour le conquérir. Mais les naturels étoient renomi par leur vigueur , leur énergie et la beauté de II forme. Leur valeur sauvage en auroit fait de précieux' soldats en les soumettant au joug de la discipline. Un de ces ministres habiles à profiter des circonstances, heureux dans leurs combinaisons , songeant à la prospérité de leur patrie, au moyen de robtcnir, rappelle au sultan Amurat une disposition de la loi du grandprophète qui accordoit au souverain la cinquième partie des captifs. Il ajonta qu'on pourroit établir à Gallipoli des préposés vigilans , qui lèveroient ce tribut au passage, et choisiroîent .parmi les enfans des chrétiens les plus beaux et les plus robustes. Cet avis fut ausiitôt adopté que donné. £n peu de temps des milliers de jeunes captifs européens furent élevés dans rislamisme et dans l'exercice des armes. Le premier principe qu?oi> leur apprît fut que leur vie appartenoit au sultan ; leur fo/ictio(i éloit de combattre, et leur devoir de mourir

HISTOIRE BU BAS-EUPTRC. OJ

pour lui. Le premier , le plus considéré d*entre les pontifes en fît un bataillon sacré, en prononçant avec ses bénédictions ces paroles': « Que leur nom snlit jaiiis* « saires (yengi chéri, nouveaux soldats) ; que leur valeur 1 ne cesse jamais d'être brillante, leur épée tranchante « et leur bras victorieux ! Puissent leurs lances être [J^toujours suspendues sur la tête de Tennemi, leurs traits 1^ l'atteindre ! Puissent -ils toujours revenir de leurs f expéditions le visage blanc ( c'est-à-dire n'ayant nié- « rite que des éloges)! >» Cette phalange fnt invincible pendant long-temps, et par son institution religieuse, et parce que long-temps elle fut seule ; circonstances qui contribuèrent beaucoup aux victoires d'Amurat.

Ce prince sentit qu'il faut quelquefois metire à la place de la force la ruse et la négociation , même dans la certitude du succès, en employant la force. On le voit faisant usage de ce principe dans sa conduite avec les princes de TAsie mineure. Leur union entre eux ctoit dangereiise pour lui. Celte union n'existoit pAs, mais la terreur qu'il inspiroit pouvoit la créer A\m\ moment a l'autre; il falloit donc en empêcher la possiliiiilé. Il sut adroitement semer entres ces princes des germes de divisions, ménager leur amour-propre, et gagner leur confiance , au point que la plupail o(Trir.rnt d'eux* mêmes de le reconnoitre pour leur seigneur suzerain , et de tenir leurs états comme une espèce de fief des empereurs ottomans. En considérant Tensemhle des opérations d'Amurat, et des institutions qu'il a créées, on est forcé de le mettre au nombre des grands princes, parce qu'il fut juste , sévère , religieux. Il ne laissa jamais le crime impuni, et nous verrons que $iit^ propres enfans ne fureut point à l'abri de sa rigueur. Ne compter que sur soi , n'avoir point recours à d'autres, tel paroît ^voir été le principe constant de sa conduite. Si Ton étudie avec attention la marche qu'il suivit , on découvre SOD but : c'étoit d'établir le siège de son empire à Conr

J54 niStOI&E ou Bjkft^EMFIâS.

stantinople. D'un conp-d'œil il aperçut la facilité ié cette conquête, mais il falloit la rendre éternelle. iH falloit dompter cette troupe de barbares qui n'ëtoienP'^ forts que de la foiblesse de Tempire grec, et dont IX' force reUtive disparoissoît totalement du moment ow% les Turcs, cessant d'avoir les mêmes intérêts, devien- " droient possesseurs des provinces de cet empire, et deV fendroient cette proie commune au lieu de la ravagerJ^ 11 fût incontestablement arrivé à son but , si la mariné^ turque lui eût seulement présenté des moyens de trans^'^ port. Constantinople alors n'auroit point été défendaet^' comme elle le fut depuis, par im héros qui s'ensevelitl- 60US ses ruines, et donna un exemple sublime qui n^ÉT point été renouvelé depuis , et dont il n'a voit point ^^ trouvé de modèle.... Si nous opposions aux moyens prii^ par Âmurat contre Jean Paléologue ceux dont s'occupi celui-ci pour lui résister, nous aurions Tair de faire ^ une critique sanglante du prince grec: les événemeni'mettront sa conduite au grand jour. Elle paruf prouvei* que Tempereur ne comptoit ni sur lui ni sur les siens; qu'il fie songea pas même à voir si Tempire avoit encore quelques ressources, et que dès-lors il regarda sa caose comme désespérée. Son seul espoir est dorénavant dans les échecs que pourront éprouver les Turcs, soit pai^ leurs divisions, soit de la part de leurs ennemis, qu'il ne peut seconder que par des vœux impuissans. Maisî sous un prince comme Âmurat , peu d'ennemis se font craindre, et tout germe de discorde, s'il n'est étouffédès sa naissance , est bientôt arrêté dans son dévelop-' pemenh

L'occasion ne tarda point à s'en présenter. Le sultan ^ faisoit rentrer dans leur devoir des seigneurs servions et bulgares, qui, mettant à profit la mort d'Etienne, vou-^ loient accroître leurs petits états aux dépens de leur sou* verain. Amurat, s'attribuant les droits de ce souverain ; termina la querelle, soit en confisquant les possessions des

BI8T0IR£ DU BlS-EliPIRl. i39

tnis, soit en rendant les autres ses tributaires. Pendant ^*il s'occupoit de ce soin , il apprend que ses propre»

tels, cenx qu'il avoit en Asie, sont en révolte ouverte.

U plus grand nombre des émirs qui gouvernoient ces vinces sons ses ordres, instruits de la mort de Solî«

>ttn et d'Orchan, supposant que le nouveau sultan au* it assez d'embarras à maintenir les conquêtes nouveU ent faites sur les Grecs, jugèrent que le moment ^^it favorable pour secouer le joug, qu'ils ne portoient [fi'împatieniment , et s'assurer l'indépendance. Au pre* mîer bruit de celte révolte, Amurat vole en Orient^ Sprès avoir eu l'inutile précaution de faire conclure à Paléologue un engagement par lequel le prince grec devoit respecter les conquêtes faites sur l'empire. Amurat kavoit bien qu'il n'oseroit y toudier; mais il voulut toîr s'il seroit assez vil pour le lui promettre. Cette circonstance, légère eu elle-même , ne laisse pas d'avoir Bon importance. Elle explique ta conduite du sultan Knvers l'empereur; et pourquoi, se contentant de l'honorer de son mépris, il ne le dépouille pas entièrement. II. lui suffisoit de pouvoir compter sur lui dans l'occasion , et d'avoir la certitude que, lorsqu'il eu auroit fixé l'époque. Constant inople seroit remise.

II manquoit aux révoltés un homme comme celui qui venoit les châtier. Dès qu'il parut , ils déposèrent les armes. Son absence dura peu, mais quelque courte qn'çlle fut, les Serves et les Bulgares en profitèrent pour se liguer contre lui avec le roi de Hongrie et k prince de Valachie. Un prince plus actif ou moins timide que l'empereur auroit pu tirer parti de cette ligue et s'y joindre. Quelque promptitude que mit Amurat dans sa marche, il lui falloit des moyens de transport pour amener son armée d'Asie eu Europe. Il en avoit si peu , qu^l eût été forcé de diviser ses troupes en petits détachemens, et de leur faire traverser succèslivernent le détroit; ce qui eût exigé beaucoup de temps

l36 HISTOIRE BU BÀjS-ËMPlRE.

et fait epurir aux Turcs de granids dangers^ :par la lité de s^opposer à leur débarquement. Mais Theui Âmurat trouva dans les Génois des traîtres qui , [ soixante mille pièces d^or, fournirent des vaisseau^i nombre suffisant : ainsi l'événement justiBa Paléolo Le projet des confédérés é(oit de reprendre Phil polis, située sur les bords de THèbre, et consid comme le boulevard de la Bulgarie de ce côté. Le snl qui s'en étoit emparé précédemment , avoit à la fois i mente ses fortifications et mis ses soins à Tembe Âmurat marche au-devant des alliés, et les renco dans les plaines d'Ândrinople. Les Turcs n'avoient p à combattre des hommes efféminés comme les Gr mais des soldats aussi robustes, aussi barbares q Tétoient eux-mêmes. La victoire fut disputée, et le r bat long et sanglant. Âmurat, vainqueur, fit fain carnage horrible des confédérés. Les historiens turcs célébré cette victoire avec leur exagération accontui Ils mettent de la partie une troupe d'anges envoyés Mahomet <*. La prise de Sy ros et de Nyssa fut le frui

« Nous cîcrnTis faîrc remarquer le prince Cantcmir, il scroît di

que, pendant plus d'un d( mi-siècle, de combler cette lacune. Mais e

nous sommci ^ans guides certains ont- iU vécu, l'un dans le scizi

pour le récit des événemens. Nous et l'autre à la lin du dix-sep

n'avnns plus d'historiens ^acteurs et siècle , cooséqueniment long- 1

témoins comnne Orégoras et Gunta- après le temps dont nous nous

çuzène. Pbranza , Ducas , Ghalco- pons. C'est Aur leur critique , c

cendylc , n'écrivirent qu'après la près l'examen qu'ils ont fai

prise de Gonstantinople. Leur tëmoi- événemens dont ils offrent le

gnage offre en général , sur les faits que s'établit la certitude bistoi

qui précédèrent immédiatement ou et nous verrons par la fuite <

suivirent cette castatrophe , tous les prince Cantemire , digne de

degrés de certitude qu*on peut dé- fiance surtout ce qui concert

ifirer. Mais plus les faits remontent moeurs, les usages, les cou

au-delà de celle époque , plus cette des Turcs , n'en mérite aucui

certitude doit nécessairement s'af- un grand nombre d'événemcni

foiblir. Michel Ducas se tait presque a pris dana les traditions d'un j;

entièrement sur Amurat; et nous qui n'a pRnt d'historiens, parc

sommes oblige d'avancer pendant les auteurs de leurs annales , n

quelques années avec circonspec- sans cesse la fable à la vérité , n

tioD. Sans le savant LeuncUvius et ritept pas ce uom»

HISTOIRE BU BAS-EMPI1IE. f^'J

hrictolre/ C'est cette même année ( 1 363) qu^ Anilrinople b déclarée la capitale des possessions turques en Eu* wpe. Prise d'abord par Soliman, elle fut probablement vacuëe après la mort de ce prince , puisqu'on voit enirïte Amurat envoyer son grand-visir l'assiéger, et le sivre lui-même avec l'élite de son armée. Quoiqu'il ftt des forces suffisantes pour s'en emparer , il n'en sut oint faire nsage, et , pour ménager ses soldats , se servit ^ne ruse qui, pour être connue et dirigée contre le «opte le plus fécond en ruses , n'en eut pas moins de accès. Chaser-il-beg, un des plus intimes confidens l'Amurat se présente seul à l'une des portes de la ville, m criant vengeance contre Soliman. Se plaignant avec unertume du traitement qu'il en a reçu , il demande à fervir sous le commandant de la garnison d'Andrinople.Il est introduit dans la ville, accompagné de quelques Turcs, qui demandoient pareillement à servir contre les tyrans. Ce nouveau Zopyre, plus heureux que l'annen , parce qu'il n'eut pas besoin de se mutiler pour inspirer de la confiance, se rendit maître d'une porte par laquelle il introduisit ses compatriotes. On fit main liasse sur les hafaitans. Amurat ayant fait sur les Grecs assez de conquêtes pour en former un royaume , créa Jxn beglerbeg, on vice -roi de Romélie , qui a conservé *ma rang et sa primauté ^.

: A mesure que le sultan agrandissoit son empire , il ^cn assnroit la durée par de sages institutions. Pour éta- ^Uir dans ses troupes une discipline juste mais sévère, il

créa la charge de cadiiesker , ou juge d'armée. Il accorda

* Le Beglerf>eHc de Romclic est pas la capitale. IlpnroitquelcsTurc»

le premier ea ordre , en étendue et ont voulu conserver , en se permct-

; co forces de tous les gouvernemens tant seulement de l'agrandir , cette

\ géoéranz de l'empire turc. 11 ren- vice - royauté , la première qu*iU

; ferme toute la Grèce > la Bomanie, aient possédée en Europe, comme

Il Bulgarie et la Bessarabie. Quoique un monument de leurs picmièreft

Cooslanlinople soit dans l'étendue conquêtes.

^cc gouvcmemcoty elle n*cn est

l38» HISTOIRE DU BAS-^BMPimK.:

de cette manière aux soldats un privilège qui flattôil h amqur propre sans les exempter d^aucnne punition ; leinent ils ëtoient }ngés par leurs ofBciers. Les fonciii du cadile&ker ont de l'analogie i*vec celle de grand-] vàt, excepté que celui'^ci n'avoit d'autorité que pendant] guerre, tandis que Tautre, en guerre comme en pai9{ juge souverainement de tout ce q^I concerne les mil taires. IL perfectionna les spahis, institués par OrcI C'étoit un corps de cavalerie qui se recrutoit dans, lesi rails du grand-seigneur. Leurs armes étoient la lam Tare et le sabre. Il en porta le nombre à doute mil mais, le trouvant insuffisant, il en forma un autre , culant les moyens de l'attacher à sa personne, de biner leur intérêt et le sien , et de concourir ainsi puâ samment à Texécution de ses grands projets. Dans but il assure à chaque cavalier une portion de teri prise sur les nouvelles conquêtes, l'en constitue propiil taire , à la charge d'être toujours prêt à monter à ch( pour servir dans les armées. On appela zaims et ta riois les possesseurs de ces terres , qui se sont multiplk à mesure que les Turcs ont étendu leurs conquêtes. Enl il promit aux ministres de Talcoran la.ciaqiiième pai de tout ce qu'on prendroit sur Tennemi. Par ces iDe<(| sures, chacun ayant intérêt d'envahir et de piller ^noM seulement Âmurat ne trouvoit point d'obstacle dans M volonté de son peuple, mais il avoit quelquefois l'air 4l| se laisser importuner pour obtenir de lui ce qu'il désiti roit plus que personne. Ce sont, comme Ton voit, aiH tant de préparatifs pour l'invasion de l'empire. Celle du la Natolie, la prise de Bathé^ que les janissaires enle« \'èrent de vive force et dans un assaut, la reddition dt Zagara, de Gunurgina, et de plusieurs autres places.| prouvèrent bientôt la justesse de son calcul. Il jeta siil ribar ( THèbre des anciens) un pont qu'il fit construiri à Philippopolis; en peu de temps Ândrinople vit s'é* lever dans s^ murs un palais magnifique], ainsi qu'uni

HISTOIRE DU BAS«EHFIRC^ iS^

-lie mosquée. La Béotie , Thèbes ; les villes du Pé*' koèse ne firent aucune résistance. Paléologue , tremit dans sa capitale , iravoît plus à craindre Tattaque iScrviens ni des Bulgares pins domptés que soumis, hors d'état de ravager les terres de Tenipirej d'ailleurs appartenoient au sultan. Il ^egrettoit le ips où ces barbares étoient ses ennemis les plus redon^ ; il attendoit son sort, lorsqu'un événement le rem-* [Id'un espoir trompeur, qui ne servi! qu'à rendre sa tinée plus cruelle.

* Le bruit des conquêtes d'Amurat avoit pénétré d'une Ittfémité de l'Europe à l'autre , et porté partout la ter- Knr de son nom. Le pape Urbain v voyoit la religion ftenacée d'une ruine totale dans les provinces envahies te les Turcs. Jean ii , roi de France, s'étoit rendu près Ifc'Ce pontife , dont Avignon étoit la résidence. WaU hemar m se trouvoit dans cette ville pour mettre sous t protection du saint* père le trône de Daneroiyrck. Pierre de Lusignan, roi de Chypre, fuyant les armes iMenaçantes du sultan, s'étoit .embarqué pour engager is rois de l'Europe à se liguer contre les raahométans k la Palestine. Il paroit dans Avignon au milieu de ces •overains, intéresse le pape à sa cause, et l'engage à broposer au roi de France une croisade contre les in* Mêles. Il existoit un motif politique qui pouvoit le plus ^terminer ce prince : cVtoient l'embarras et les inquié*iBlies que lui causoient les compagnies , et la nécessite ieies occuper, ne pouvant leur faire la loi. Elles venoient kse former sous son rëgne. Composées de gens sans kveo, qui n'a voient rien à perdre, elles s'assemblèrent sous iKiférens chefs, et se rendirent fameuses par leurs brigandages. II ne falloit que leur montrer une proie , et la lear faire voir dans les Turcs chargés de butin et de riàesses. A ce motif on en jdignoit un autre plus puismit aux yeux d'un prince aussij*eligieux que Tétoit^e

nai Jean ; c'étoit l'obligation dns laquelle il se^trou-

ssi^c dns

l4o HISTOIRE BU BÀS-£IIPiR£.

voit d'acquitter le vœu que son père Philippe de Ta! avoit fait de conduire une armée dans la Terre saii vœu resté sans exécution. Ces motifs ébranloient le Le saint-père acheva de le déterminer par un discoi onctueux, prononcé le Jeudi saint, snr les persécutic qu'éprouvoi^t les chrétiens dans la Palestine , et stir^ profanations des saints lieux. Le roi de France, émi],i cria qu'il prenoit la croix , et la reçut «n effet des niaij du pape. Son émotion se communiqua rapidement cojrnles d'Eu, de Dammartin , de Tancarville , aux réchaux d' Andrehan et de Boucicaut , aux cheval enfin qui avoient accompagné Jean; tous se croîsèi Les rois de Danemarck et de Chypre imitèrent cet e] pie. C!éloit pour ce dernier une indispensable m que d'être armé contre les Turcs. Urbain , pour rei rengagement irrévocable, bénit ces preux gnerri( nomme Jean chef de la croisade, et fait partir des sioiyiaires pour la publier et la prêcher de tons côtés.

Cet importante résolution , prise dans un monii d'enthousiasme , les rois de France et de Chypre tirent d'Avignon; le premier pour visiter leLanguedc et le second pour se rendre dans les diverses cours l'Europe, en commençant par celle de l'empereur d*i lemagne. Il devoit engager ces princes à faire partie la croisade, mais les deux grands mobiles de ogis ex| ditions u'existoient plus , et l'expérience les avoit créditées. Le zèle avoit changé d'objet ; et rEuro|NL après des guerres sanglantes et désastreuses, étoit épuia^ plutôf qu'elle n'offroit un excès de population. Lusigoaj trouva des cœurs tièdes , qui ne partageoient pas U^ senlîmens dont le sien éloit animé. L'empereur déclins la proposition : le roi d'Angleterre répondit qu'il étoi trop vieux <> ; qu'il avoit besoin de repos , qu'il falloit4 la jeunesse pour de pareilles entreprises. Il exprima )

' ' ^- Cbroniq. de ^roissard ,^hap. ai 8.

HISTOIRE BU BAS-EHPIRK. ll^i

p'et d*ètTe chargé de tant d'années, parce qnc, sans t obstacle, il auroit pris la croix. Quoique Lusignan i doutât point de la sincérité de ce regret, an moins en î-ménie , il insistoit , lorsqu'un incident le força d'aller r-le-cbamp exercer son zèle , et faire ailleurs un nou-* 1 essai de son talent de négociateur. Le roi de Navarre moit, contrelafoi des traités, de recommencerses courses iT les terres de France , sous prétexte qu'il avoit des pré- Dtions à faire valoir sur le duché de Bourgogne et le îmté de Champagne. Il étoit à craindreque cet acted'hostité n'obligeât le chef de la croisade à défendre son pays, ! même ne le mit dans la nécessité de conserver toutes h troupes. Lusignan part sans délai , se rend à CheriMirg pour tâkher de réconcilier le roi de Navarre avec nui de France : mais il ne put rien obtenir. Jean , ns esclave de sa parole qu'il n'étoit prudent, persista kns sa résolution , et promit , malgré l'avis de son iNiseil , qu'au mois de mars lyGS il seroit prêt à se Ikttre en route. Lusignan se rendit en Guyenne pour ^lliciter le prince de Galles , qui s'engagea d'autant facilement , qu'il n'avoit pas Tintention de tenir sa »messe. Le pape , pour seconder le roi de Chypre, jhçoit des excommunications contre tous ceux qui Iroient détourner les princes croisés de cette entreprise. Cette précaution comminatoire étoit motivée par crainte qu'avoit Urbain qu'on ne réussit à faire mger Jean de résolution. Mais ce prince déconcerta les projets en allant, contre l'avis de tous les inds de son royaume et contre l'Intérêt de l'état, se ifincr à Loffdres comme otage, pour y remplacer le d'Anjou , qui, moins scrupuleux, s'étoit évade de prison ^.

* Cette aclioo si peu icnsée, mal- d'autres motifii. On a mis l'amour

iWi belles paroles de Jean »ur sa en )«"• Le cooùnuatcur de la chro-

foi, parut tellement déraî- nique de lïangis, contemporain,

ikk daM les circonstances où donne pour motif causa joci. Peut-

Ktiouvoit l'étal, qu'on a cherché êlic le regret de «'être enga^^c dans

l^% HISTOIRE BU BAS-EMPiaC.

Le pape, en invitant tous les princes de la chrélitn à prendre part k la nouvelle croisade , oublia celui ^ tons qui avoit à cette expédition un intérêt direct <l personnel, c'est-à-dire Tenipereur Paléologae. AlanI de cet injurieux oubli , ce prince n'en soupçonna pad la véritable cause , q^û n'étoit autre que le peu de coi sidération qu'avoient pour lui les têtes couronnées. ^ rappelant la croisade de i2o4, si funeste pourCônsli tinople, il dépêcha vers le saint-père des anibassat pour demander des explications à ce pontife. UrI lui répondit par des cornplimens et des exhortati< bien accueillir les croisés, comme s'ils avoient été à partir. Paléologue promit de concourir de tout'i pouvoir à la conquête de la Terre sainte^ on aoroit trop heureux de pouvoir empêcher celle de Constat nople; mais il paroit qu'on ne songeoit véritablei qu'à combattre le Soudan d'Egypte. Le pape n'ai point omis la république de Venise , qui ne donnoît ((I des réponsescvasives, lorsque l'infatigable Lusignanptffl avec le légat du saint-père , et parvint à déterminer II faveur du projet ces graves sénateurs. Le roi de Gh^ pre , orateur de la croisade , leur démontroit qu'il Pi lîsoit, pour le succès de l'expédition, de s'empaori d'Alexandrie, dont la possession devoit rendre niattreli l'Egypte entière. Il s'attacha déplus à faire voir combii la prise de celte place étoît facile. Quoique les Vénîtte n'eussent rien à gagner dans cette entreprise, puiscj le Soudan d'Egypte ne conlrarioit pas leur commère ils se laissèrent entraîner, oubliant pour cette fois le î-nterêt et leurs calculs. Dans l'instant n)ême où commettoîent cette distraction , ils entamoient a^ Paléologue une négociation qui leur éloit dictée p

UPC croîoadc cnlra-1-il pour quelque qui n'étoU pas le ticD , manquoi

cho»e dans l'étrange démarche du celui qu'il avoit contracté. 11 mon

prince, qui, dans l'excès de ses avant que l'époque où ce dcn

kcrnpules pour tenir un engageinent devoit être rempli fût «rri?éc.

JBISTOIRE DU DÀS-KlIFiai. ll^j

îtade de la prudence. Prévoyant Tinfinence qn'aa* ient sor leur commerce les progrès de la puissance Tores , ils examinèrent quel seroit le moyen le pins re à diminuer celte influence ; et la possession de énéclos leur parut la plus propre à les faire parvenir à bot. La position de cette Ile , voisine à la fois et des de r Asie mineure et du détroit des Dardanelles, mettoit à même, pourvu qn^l eussent soin d y en- IMetenir en nombre suffisant des troupes bien aguer- ^y de résister d'une part aux Turcs ' et de l'autre de pfotéger leur commerce dans les deux mers. Ténédos ftppartenoità Paléologué : le bnyle de Venise fut chargé |l*eo négocier la cession auprès de ce prince. Peut-être pproit-il pu tirer avantageusement parti de la circontUnce^ et se servir des Vénitiens pour se défendre; mais il ne voulut prêter Toreille h aucune proposiion, s'ohstinant à garder une île à laquelle il. lui étoit impossible de donner , et dont il ne pouvoit recevoir IQCun secours dans Télat critique de ses affaires. Peuimi qu'elle négocioit infructueusement pour acquérir ine^e, la république de Venise étoit sur le point d'en perdre une -autre non moins importante que eelle-là. C'éloit Cajidie y mécontente du refus que lui faisoit conjtaanment le sénat d^admettre ses principales famille m emplois de la magistrature : refus d'autant plus iMxplicable que ces familles étoient originairement firties de Venise. Indignés du mépris qu'on faisoit feux , les Candiotes saisirent Toccasion que leur préleotoit rétablissement d'nu nouvel impôt pour la réparation de leur port. Us s'emparent du gouverneur et de fes conseillers, les jettent en prison , et se donnent pour dief Marc Gradenigo. Pour apporter à toute réconciliation un obstable insurmontable, ils embrassent le fchisme des Grecs , ot , ce qui étoit aux yeux des Vénitiens une injure bien plus grave, ils substituent saint Tile à saint Marc , prenant le premier pour patron,

l44 HISTOIRE DU BAS-EMMRt.

et ne voulant point avoir celui que la rëpul avoit reconnu de tout temps. Des mesures v reuses coïncidoient avec ces démonstrations. On oi les prisons aux détenus pour en faire des soldat; égorgeoit sans pitié ceux qui se permettoient les n dres observations. Venise envoie trois personnages partenant aux principales familles, l^e refus de les voir, accompagné de menaces violentes , les oblig revenir sur-le-champ à la métropole. Une second putation rempfaça la première : elle étoit form cinq ambassadeurs. On leur fit un accueil plus outra que ne Tavoit été le refus. On les admit à Taud du gouverneur. Du point de débarquement à Vei où se tenoit cette audience, on les conduisit à ti une populace et des soldats qui leur adressoient d jures. Plus ces ambassadeurs montroient une inipa gravité , plus ces injures augmentoient de vio Jamais la république n'avoit montré tant de foil Elle écrivit aux puissances dltaiie , de France et pagn£ , pour les prier de ne point accorder de prott aux rebelles. Elle solda des aventuriers , des bri de tous les pays , les réunit au nombre de six r qu'elle embarqua sur trente -trois galères. Lu liai Yenice les mène droit à la capitale , Tatt brûle un faubourg, étonne par cette audace , et vi Candiotes à ses pieds. Sa troupe , malgré ses efforts donne au pillage. Des échafauds furent dressés; le^ y payèrent de leur tête leur révolte : en trois jour fut soumise. Mars une nouvelle sédition ne tarda p paroître*, organisée par trois frères nommés C< Us fortifièrent les positions les plus avantagcus pays, s'emparèrent des châteaux, des forteresses, < voulant plus d'une capitale dont la prise entrai leur perte, multiplièrent sur la- surface de Tî I oints de résistance, de manière que, pour les soun cette fois il falloit disputer le terrain , faire une {

HISTOIRE DU BAS-EMPIHE. l/fS

de chicane , longue , incertciine et dangereuse. Le gon* vemenr fiit obligé rie suivre cette maiciit*. 11 Fit venir une armée qu'il divisa en plusieurs cor|)S , dont les uns :Wo<|nèrpnt, les autres attaquèrent de vive furce les in- 'mrgés. Leur sang coula a grands flots, soit dans les commis, soit sur les places publiques. On extermina la famille des Calenges,«ilont les eur«ins en bas â^e ne turent pas tliémc épargnés. Los villes de Lasilhe et d'Anapolis» les forts , les châteaux furent rases : tlvs exécutions truelles et nombreuses , des exemples terribles , Tenlè- ^cment de toute la population d'un canton pour la lorter dans un autre, autour duquel on laissa un CApace nculte , en y mettant un cordon de soltlats qui avoient irdre de tuer ceux qui voudroient pénétrer dans cette letraite , ou tenter d'en sortir: telles sont les mesures |ae prit la république pour se venger. Mais elles lui *oftftTent des sacrifices; et ce fut dans le même temps que Liisignan Tentrainoit dans une démarche imprudente^ îont elle devoît se repentir.

Urbain , que ce prince tenoit au courant de sa négo- Dation, faisoit d'inutiles efforts pour le .seconder d'une ftianière plus eriîcace que par les excornnuuiications hncées contre les contradicteurs et les indulgences accordées aux partisans de !a croisade. Aucune des puisiûices engagées ne tenoit .ses promesses. Le &aint-pére, ■ians son end>arras , \ou!ut enrôler ces compaj^nies ihnches dont nous avons parlé. Elles parurent ^e pré- •fà s^s vues; mais, au nioment décisif, ces brigands féclarèrent qu'ils n'abandonneroifMit pas la chambre

E s'embarquer. Cfit ainsi qu ils appeloiimt le sol ;aîs qu'ils ravagcoient, !«• regardant cornrri»' îine rîélé dont ils ponvoîent disposer à leur gré. Comme »fc comtat n'étoît pas distinct :\ leurs yeux de ce sol au ^vSlieii duquel il se trouvoit, ils y fai^oieiit tles excur** ■ fcns qui, en donnant au pape Urbain un intérêt direct

BIST. Dt* BAS-EMP. TOM. XII. 10

l46 IIISTOIES SU BA8-£MPIE£.,

à leur départ, augn)entoieDt la chaleur de son zèle.éloquence fut sans effet ; il falloit s'embarquer, et les c pagniês blanches avoient pour la mer une répugna ïilvîncible. Le saiot-pèrè né put détacher que queh Anglais y qu'il envoya rejoindre Lusignan. Celui-ci i au moment de mettre à la voile , toujours réduit secours que lui donhoit l'état de TEurop^ qui de nioins qu'un autre lui eu accorder, parce qu'il calci mieux qu'un autre; La fl9tte portoit une armée de mille hpiiimes d'infanterie et de.quatorze cents, chevj en y comprenant le contingent du roi de Chypre e détachement que le grand-mattre de Rhodes mit disposition de ce prince. On ne connoissoit pas le réel de cet armement/ et même on étpit loin di soupçonner , parce que, dans les conjectures auxqui il dbnnoit lieu , l'on cberchoit un but raisonnabh plausible. Conséquemment on croyoit qu'on avoit 1 tehtîon d'affrancHiïi lés mers de la ÏGrrèee de la pirat des Turcs. Ce ne fut qu'au moment du départ Luvgnan déclara que la conquête, de l'Egypte é l'objet de l'expédition, c'est-à-dire qu'il comptoit , s dix mille hommes, tenter une entreprise dans laqu avôiènt jusqu'alors échoué à huit ^ reprises différei les fbrces de toutes les puissances réunies de l'Eun

La traversée se fit rapidement et sans obstacle, e 2 octobre 1 365 la flotte parut devant Alexandrie, i vue les habitans et les troupes du soudàn , qui n'éfpi en guerre avec aucune puissance, accoururent su rî^âge , sans«ucun soupçon , et cédant à un monven de curiosité. En voyant les croisés débarquer et se r geren ordre de bataille, ils reculent bientôt, et renti

« IiA hoîtièine et. dernière croi- Mcrifices sans nombre » poav^

fade ésé la seconde de saint Louis » suppléer aux résultats y Lusignai

entreprise en ia68. Si l'ardeur d'an roit droit de se plaindre ^e Thist

sèle infatigable, des déaiarcbesaïul- et de réclamer la neoTième ]

tipUées, def fatigues inftoîfïi, des pour sa petite ttnu^vc*

is la vHIe. Lusiguan ordonnoit un assaut lorsqu'il )rit que la population s'étolt réfugiëe derrière ua ge canal et dans une position inexpugnable. Vlaltre d'Alexandrie, il rassemble les principaux offirs pour les consulter sur les opérations ultérieures de campagne et sur la marche que Ton devoit tenir; lis il voit avec douleur que personne ne partage son loir. Tout le conseil fut d'avis, à Tunanimité, de se nbarquer. Il et oit impossible de conserver la ville, nt la possession sans celle du pays ne seroit d'ailleurs locune utilité : on ne pouvoit , sans extravagance, iventurer en si petit nombre dans une contrée popuose, ennemie, où, dans un instant, le sultan auroit ne armée redoutable. En conséquence il falloit piller léxandrie et mettre à la voile. Telle fut l'opinion du Miseil. Lusiguan, qui voyoit dans un horizon rappro* bêla conquête de la Palestine, la délivrance des lieux lints, que la piété, l'espérance et l'amour de la gloire cndoient possible, et pcut-âtre même facile à ses yeux^ Iprouva la plus vive indignation , et ne la dissimula ^nt. Ne ménageant pas ses expressions, il leur adressa iei reproches sanglans, les traitant de lâches, les accu- KDt d'être indifiFérens pour la religion autant qu'insenpiUes à l'honAeur. Mais 'ses efiForts furent inutiles; (Pdithousiasme qu'il avoit inspiré s'étoit évanoui; les RFtoitiens voyoient les choses comme elles étoient; leur ■nidence accoutumée reprenoit le dessus, et la réflexion

«r montrant que cette entreprise alloit les brouiller

icc le Soudan , l'habitude du calcul leur fit conclure ->iQll falloit au moins tirer de cette faute tout le parti JQUible. Il n'y en avoit point d'autre que le pillage

^Alexandrie. Toute léloquence d'un preux chevalier I^M causa pas la moindre émotion, et trouva dans Tinté* wi un écueil contre lequel elle se brisa. Après avoir 1 |iDé la ville pendant quatre jours , les croisés se rem-

'- Wqoèrenl, retournant les uns à Venise et les autres

l48 HlSTOlllE DU BAS-EMPIRE,

Rhodes, jet tous chargés de butin. LVistoîrç/ garde sur/ le sort de Lusîgnan un injuste silence , et nous verrons. • qu'elle ne doit le rompre que lorsqu'il eût mieux valUfi'. pour la mémoire de ce roi, qu'elle le condamnât à Toubli. Il est probable que, lorsque les croisés abandon- . nèrent Alexandrie, il revint dcins ses états. Examinons'maintenant les suites qu'eut cette entreprise téméraire .. pour Paléologue et Tempire grec, dont Texistenee ou la , ruine dépendent à l'avenir de TafFoiblissement ou des ^ ptogrès de la puissance ottomane. ;^

i"7o- Cette hostilité gratuite et mal combinée mit le Soudan ^j d'Egypte en colère contre les Vénitiens. Il fit confisquer ^. tontes leurs marchandises, et jeter dans les fers tous les| marchands. La république fut obligée de lui envoyer «' des ambassadeurs pour lui faire des excuses, et, cex[aij|{ parvenoît mieux au but, lui offrir de riches présens. ^ Amur^t eut Téveil; mais, quand il connut et les efforts' j^ faits par le pape et ie3 résultats, il poursuivit sans inqoié-.^ tudes l'exécution de ses projets. La foiblesse des Grecs, | trahie par cette croisade, rendit les généraux turcs plus :^ hardis. Ils envahirent l'Albanie , qu'ils dépeuplèrent,,^ enlevant les femmes pour les sérails, les jeunes gens pour ^ le recrutement des janissaires, les hommes pour en faire:| des esclaves ou les vendre. La cour de Constantinoplr, :m appréciant à leur valeur les secours qu'elle attendoit da;| roi de Chypre et des Vénitiens, quoiqu'elle if eût rien*^ fait pour les seconder, n'avoit plus à perdre que l'espé- rance. L'empereur cherchoit de tous côtés des alliés; ^ lî'essuyoit que des refus, mendioit des secours, et ne ^ trouvoit que le mépris ou la pitié. Il se préparoit de . nouveaux affronts. L'invasion croissant rapidement, cl rla capitale étant sur le point d'être isolée, Paléologue adressa au pape les phis instantes prières. Urbain étoit lui-même dans une situation critique. Le sultan d'Egypte, qu'on venoit de faire sortir avec tant d'impru* derice de son inaction , menaçoit à la fois et le rovaume

ITÏSTOIÏIE DU lîAS-r.MnnE. k'iJ)

sîgnan et Tile de Rhodes. Le roi de Chypre imt le saint- père, qui, n'ayant qne des conseils à sa îtîôn, Inî donna celui de se réconcilier avec le . Il défentlit en même temps aux Génois, aux iens, aux Aragonois de faire le commerce avec les 5Îns; défense qui, si elle eiV été ol.s(Mvé*», eût fait rde tort à ceux-ci qu'aux autres, et ne pouvait ire aucun avantage à Lusignan. Quant à Paléoy le pape lui répondit par des reproches sur ce qu'il t point consommé la réunion des doux églises; il ésenta cette circonstance comme la seule cause du 'intérêt que les rois chrétiens prenolent à son sort, t par lui déclarer que la d^irée de cette indilVérence

en raison de celle de sa séparation de TEglise. t depuis longtemps un protocole hanal entre les reurs de Constantinople et les papes. Quand les ers demandoient des secours aux seconds, ceux-ci înl dépendre ces secours de leur réunion; ceux-là eltoîent tout, dans l'intention de ne rien tenir; n s'engageoit sans pouvoir rem[)lir son engage- ; car le pape ne disposoit pas plus des rois de )pe qne Tempereur n'entraînoît avec lui l'église ue dans tes démarches qu'il auroit faites. Paléoalla plus loin que ses prédécesseurs, et ne reçut, ie on le verra, que des humiliations pour prix de crifices. On est étonné de voir dans le nombre de qui avoîenl de l'influence sur le saint-père, et se ent de lui donner des Conseils, et de parler théoavec le souverain pontife, Tamant de^aure , le •e Pétrarque. Urbain étoit l'objet de ses reproches,

qu'il •préféroit le séjour d'Avignon à celui de &. Pétrarque avoit passé sa jeunesse dans la pre- ; de ces deux villes : c'est là qu'il éprouva cette )n qui fit le malheur de sa vie. Vaucluse avoit lui des charmes irrésistibles. Il s'en éloignoit pour enir, et ce ne fut que par un effet extraordinaire de

l5o filSTOtaX DU BIS-EHPIKE»

sa raison qu'il abandonna ce pays : peut-être même v!] revint-il plus que parce que l'insensible Laure avm cessé d'exister. Il trouvoit mauvais qu'Urbaitt habita Avignon , et le pressoit de revenir dans la capitale di monde, chrétien. Il lui reprochoit encore sa condail envers les Grecs, prétendant qu'il devoit les contraindv par la force des armes à se réunir à Téglise roidaine s'ils refusoient de le faire de bonne grâce , on les subia guer comme des infidèles. Son opinion étoit que If Grecs avoient les Latins en horreur. Il citoit plusieu traits qui le prouvoient en effet.

Sur ces entrefaites, la fortune, qui semhloit se joue

de Paiéologue, rendit Tespérance à ce prince par un d

ces événeniens inattendbs, dont il ne Sut pas profit;

pour le rétablissement de ses affaires. Âmédée , comted|

Savoie , son parent , auquel il ne songeoit pas , et dflf

il n'avoit pas, dans sa détresse, imploré TassistanciB

attaque Gallipoli , la prend de vive force , en chasse k

Turcs, et la remet à Paléologue. Âmurat, qui savoi

que ce prince étoit dans l'impossibilité de s*en emp

rer , et qu'elle ne pouvoit être possédée que par \n

Grecs ou les Ottomans» n'ayant rien à craindre if

premiers, ne prit point de précautions contre les antq

puissances. La sécurité dans laquelle il étoit , la cerf

tude qu'il croyoit avoir sur la possession de cette vil

Tavoient déterminé à en faire un entrepôt ou raagaq

général où venoient se rendre toutes les dépouilles o

levées aux ennemis : de manière que la prise de GaP

poli pouvoit avoir les résultats les plus avantageux pou

l'empereut, s'il savoit en profiter. Il rentroit sans coi

férir dans un port commode et sûr , qui ftcilitoit 91

Turcs leur passage eu Europe. Les richesses qu'il

trouvoit pou voient lui donner le moyen d'armer conl

celui qui menaçoit d'engloutir l'empire. Mais la dei^

née de Paléologue étoit d'aimer mieux vivre d'aumAç

que de travail. Il n'avoit aucune confiance en K

iiSTOIHB DU BÀS-EMPIEl. l5l

nèmè j^ et ne songeoit uniquement qu'à demander âé$ feebars aïki Àûlret. On doit, sur cet article « lui rendre b' îiiiitiM de convenir qu*il ne négligea rien pour en dl^tèifiir; et sHl s^éloit donné, pour s*en passer, autant le ' peine , il auroit beaucoup mieux fait , puisque de kÙit de démardies 11 ne retira que de Tignominie, et j^i^pita plutAt quUl ne retarda la chute du trône.

Nous arrivons à Tépoque où ce prince sortit de sa |M|^itàle ipôbr aller d'une cour à Tautre implorer une ikërile pitié. Louis » roi des Hongrois, a voit conqub en '^rtie le rdjaume des Bulgares, et tenoit en sa puis- ^Éilce Strasiismire leur chef. Amurat s'étant précédem- IttlMt emparé des autres places , les deux cooquërâns it voisina, ayant chacun, avec la moitié du pays, iVie d'àToir le tout. Les princes chrétiens pouvoient parti de cettie situation en agissant de concert avec ilogde. Le piJjpe, qui ne voyoit dans Taccroissement Ttircs que les atteintes portées à la religion , avoit fiiilërét|>lùs direct ^ne les rois de l'Europe. Ce pdç- \\ fdgeàht l'occasion favorable, propose an roi dé i'||rie dé déclarer la gderre aux musulmans , et , pour Énék* ce printb, fui offre lé titre de chef de la croisade comptôit fàrÂér entre ces barbares, afiii de les reùtrier dsins leurs anciennes limites : proiet fort >Iè en soi*xnéibe, mais de difficile exécution. Louis, té & rhbnneûr c^uè lui ftisoit le saînt-père, et iliUI lui l'é'ibôiîgnér sa reconnoissànce, répbndqû'il i iluiis a condition que l'empereur de Constan* ran^èneroit ses ki)ets dans la communion roy

iif Wi lèbr dô'Anànt l'ëxeiÉiple, déclarant qu'il nç if^ ribihf ilë battre ^ôiir dés schisihatiques. Dèi qiiê uSj^cl (oit k^JMi de ce qui se passé , il part dé Çm^ IHbdple iVéc ^^élqùêt^ séignëûn de sa cbnr, dânt l^të^tidfa d'âllèi^ trôiîver le rôi de JSongrie , qui réuclpit : Bddï| àl(iitâlé dé ses états. II arrive âjprès une marche IttiUë et fiitigàùtë , et se présente aussitôt devant ce

X^ HISTOI&B BIT BÀS-<>IILPI&E.

Axtée entre Aodrinoplé et la capitale de rëmpilhi) près de celte dei'nière* Ses jirdin»^ ipsîgniBcrats Tal fait choisir par les ^pereurs grecs pofar fieu àt sance. Paléoi^ie , plus sensible à cette perte tqn^ d'uoe proviaee , sort prëdpitafnment de GtmstaBl et se rend à Roine pour s'y mettre à la disposil pape , en attendant qu'il reconnût Amorat pour de ses destinées ^ si le saint*père ne pouvoit rètrt»1 bain le reçut avec toutes les dëmonslrations de la* la plus vive, et le combla d'honneurs. Pobr Bte laisser de doutes sur la sincérité de sa conversion , léologne provoqua de lul*méme l'indication du il feroit publiquement sa profession .de foi ; nolais' prouva par là que la duré extrémité à laquelle U réduit. Le pjape fixa le jour de la cérémonie au fobre 1369, et donna des ordres pour qu'elle avec p<MEupe. L'empereur, assisté de quatre cbi et de son beau-frère Gatéluzio, prince de Lemnos; dara dans l'église du Saint « Esprit qu'il croyèit troisième personne de la sainte Trinité père et du fils ; que l'église romaine est an - âeasaij^ autres églises du monde chrétien ; qu'elle avôit lel de décider dé toutes les questions concernant là qu'on devoit en appeler à son autorité quand il s* de$ discussions sur les 'matières ecclésiastiques, logue alloit bien au - delà de ce qu'on avoit àlténdi Iqi : il consacroit ainsi les prétentions de la cour 4 Rome, contestées par l'église gallicane. Il remît au saint-père sa décllràtion signée de sa ihaib 'û\ Tencre Violette i et scellée d'un siceau d'oir. Il irefdl* échange de la part des cardinaux le baiiêt diè paii ^ W traité comme un enfant rentré daiis le telh de IV cathtiliqde. Mais cela né sufiBsdit point , et Pklt devoit Bvale^ le calice jusqu'à la lié; i^

Rome , depnii long * teitaps , ne toydit pldé d'tffdîV

HISTOIRE DU BA8-EMPIRK. l5â

venir baisser devant son évéqne on front hami- Le pape , voulant profiter de l'occasion pour se irer dans toute sa plénitude la jouissance de co icle, *et le donner aux autres , exigea do prince econde représentation trois jours après la première , 'enant toutes les mesures pour qu'elle se f tt avec la solennité possible. A l'entrée de l'église de Sainte on plaça sur le haut des degrés un trône sur lele pontife devoit s'asseoir. Le sacré collège et tous réques furent convoqués. Urbain marche à leur revêtu de ses habits pontificaux : le cortège s'avance ssîonnelleroent vers la basilique. Quand le soovepontife est placé, l'empereur paroit, s'agenouille fois , se prosterne aux pieds du saint-père, et répète :laration à haute et intelligible voix. Pour le rélier une seconde fois avec f Eglise , il lui donne isivement à baiser ses pieds , sa roaîn et sa joue , ève et l'introduit dans le temple où la messe et le fwn terminèrent cette cérémonie, à la suite de lie Urbain traita son prosélyte dans un banquet lifique ^.

saint - père tâcha , mais en vain , de ranimer le es princes chrétiens. II n'éprouva que des refus ou éponses évasives de la part de leurs ambassadeurs, réduit à permettre qu'on entamât une négociaivec un brigand anglais nommé Hawk^ood , chef

idcs IV , empereur d'Aile- privilège de ofaanttr révengUe tm

étoîtvenadeuxfouàRome; qualité de diacre, qiû fut refusée

lîère eo i354 9 ious le ponti- Palëologue. L'auteur de la vie d'Ur-

Innocent vi , et la 'seconde bain dit , en parbnt de ce prince 9

ni d'Urbain 9 «^ peu de temps qu'il fat reçu pauid mùtùê quàm m

^aléologue. Le même pape Juistet imperatorBamanorum, qwÀ-

nsi dans la même année Us qu'on lui rendit son titre d'empe-

ntômes (Temperêun qui r»- reur des Grecs, que depuis long-

lient la mmjesté de Constanr temps les latins rcfusoient mu fM-

ce/ls de Charlemmgne, Les venins d&tCoaaAitinDple.

ns QOt remarqué quXrbain ^ C'est OIB qui fit dire que l'em-

quelque piélièrtoce à l'em- percur n'avoît retiid dtt lut dlui*

d'Occidciit. ^ar exemple 9 le miliation qu'un iHM€r%

l5fi HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.

d'une des bandes des conipagiiîes blanches , qui passé en Italie, vendôît ses services et dévastoit !( ritoire du saint-père, mal défendu par des excon nicatiohs. La négociation ëchoua : ravenlurier pr ritalie à la Grèce, et fit bien, puisqne, 9près vingtvictoires , il fut fait général des Florentins «. Malj prix qu'attachoit Paléologue à l'enrôlement de ce gloîs , il se vît contraint d'y renoncer et, de prenc route de Constantinoplé. De plus grandes humilis lui étoient réservées. En se rendant à Rome , il passé par Venise^ occupée alors du soin de faire re dans le devoir les habitans de Trieste , qui a\ secoué le joug de la république. Les Vénitiens, en que ce prince n'alloit point trouver le pape sans la certitude de recevoir de puissans secours des r l'Europe , lui firent une fastueuse réception ; et , persuadés que c'étoit placer son argent à gros in que de le prêter à un empereur pour lequel TE ne pou voit se dispenser de prendre fait et caus crurent pouvoir sans risque lui avancer les sommes il avoit besoin. Comblé d'honneurs en partant d( nîse, il fut reçu froidement au retour. On savoi le pape ne lui donnoît aucun secoius, (juc les souvc éiudoient les demandes du souverain pontife ; que i des brigands, qui n'avoient en perspective qu'un plice ignominieux , refusoîent de suivre ce prince sa cause paroissoit désespérée : c'en étoit beaucoup qu'il De falloit pour inspirer à des usuriers avidi inquiétudes fondées sur la sûreté de leurs créanc s'adressèrent à leur gouvernement ; et comme le: étoient positives , les dispositions pénales claire énoncées , aucune exception n'étant faite pour le pereurs , emM*untant eux - mêmes , les autorités 2 fièrent à Pa^ologlle qu'il ne pouvoit sortir de la

• Lc8 Italiens ^'appeloicnt Acuto, U mourut en iSg.^. f^ciy, Mi Annal, tome la.

HISTOIRE DU BAS-EMPiKE. iG^

ant de s'être acquitté: L'on vit le spectacle tout nonau d'un empereur consigné pour dettes. Il pressa son s Andronic d'épuiser toutes les ressources pour le déirrer. Il Iuiilonii<*it Tordre de prendre sur les biens clésiastiques les sommes nécessaires, si les coflTres de Etat n*en coutenoient pas de suffisantes. Andronic , qui renoit gofît à Tautorité souveraine que son père lui voit con&ée à son départ, et qui ne désiroit nullement ||D retour, se réjouissoit de la captivité de Paléologue. l éluda sa demande, et ne réoondit rien de satisfaisant. « trésor étoit vide , et n'oiTroit aucune ressource ; le kfgé , mécontent , murmuroit au lieu de faire des Icrifices. Telles étoiciit les réponses d'Androiiic.^Iafpel, son frère, indigné de sa conduite, lui en fit des IgiFOches amers, vendit ce qu'il a voit, engagea les pro-

rites dont la vente auroit exigé trop de délai, partit , hâte pour Venise, et vint apporter lui-même les RPiues qu'il avoit recueillies pour ^délivrance de son pre et s^oifrir pour rester en otage à sa place, si les ^rfmciers Texigeoient. Par ce trait de piété filiale , au %Erite duquel ajoutoit rindiiTérencc d'Andronic , Ma- ^1 gagna la tendresse du Paléologue, qui conserva ||iir son fils aîné un juste ressentiment. libre de sortir de Venise, l'empereur revint à Rome de nouvelles tentatives auprès du pape , qui lui ia le dém^ment dans lequel il se trouvoit lui-même 'le délabrement du patrimoine de saint Pierre, causé le scbisme d'Avignon. Il lui fit voir qu'il avoit anré à tous les souverains de l'Europe sa convelsion, ^leur recommandant de le considérer conuno nu prince Kholique, et de le secourir contre les infidèles. Paléo- ^e ne recueillit d'autre fruit de tant d'humiliations, 6 contrariétés, et d'un voyage lung , coûteux et fatiganr, ^lâ bénédiction du saint-père, et une petite chapelle, ^t Urbain lui fit présent, à condition que la messe ne

l5S^ HISTOIRE BV BâS'^EMPIRE.

serait jamais célébrée qne parnn prêtre latiù «.T^ furent les ressources avec lesquelles il rentra da&s Cm sfantinople jponr combattre Arourat , réduit , saiv^ Tënergique eipressibn de Gibbon , à la misérable eÉj^ ronce dt iCitre que le dernier décoré par ce saÉtpî^ Pour comble de tnalheor , ce prince , abandonné p| les rois do continent européen , trahi indignement son fils , miné par son voyage , humilié tant de*i perdit le seul prince sur lequel il put compter , à de la conformité de leurs situations.. C^étoit Pierr» Losignan , qfit ne sut point.^iitter avec honncnr j la fin^contre sa destinée. llîngratitode de son ministre, qui, pour reconnottre les bienfaits dont l'avoit comblé , séduisit Eléonore d'Aragon , reina Chypre , affecta trop vivement l'époux de cette pi cesse* H intenta un procès criminel à ce ministre, celui-ci corrompit les juges , et fit proclamer jnridi ment son innocen||k Lusignan ne sut point cont sa fureur. Il s'abandonna même aux transports les frénétiques, insultant publiquement les femmes et mettant mille excès , auxquels ou n'a trouvé^ d' qu'en Supposant- une aliénation mentale. Devenu i à coup un tyran injuste, cruel, capricieux, con naiit à mort sans raison , il imposa un joug telle pdièux, qu'on eut recours au meurtre pour s*en a cbir. Lusiçnan fut assassiné dans une émeute , suii les uns, et, selon d'autres , par son oncle, le p de Galilée. Sans la dernière année de sa vie, qui tenf l'éclat des précédentes , il auroit été cité comme

« An llc^ dfaae diipelie , le iMipe, pour cet effet , qu'iU appdlleBt <

iaivant Duciuige, dOBiui tealement mUuion, Telle est rezpUcirtioa

le privilège 4'aVdk un aatel portatif^ donne le continaateor de

et fin 1» date de ce privilé^ an i5 (Hkt. ecclës. t. ao.) Si b

février- 1^70^ Lm Greoi, pour dire la ae trouve rédoile an prinUfo

messe» ne ae teripeatc point dé pierre Toir nne pierre, il faut avouer À|

d'autel, maîi d'un cuir , d'un linge , le pape ne se ruina pas en pi^tcw ou d'un xcerceau d'étoflle eonfacié y

HISTOIRE DU BAS-EHPI&S. iSg

de loyauté , de bravoure , et de tontes les vertus resques. Sa mort fit avorter un projet qui auroit re été de quelque utilité pour Paléologue , et , les circonstances, pouvoit recevoir un dévêtent Y une importance telle, que le salut de 'e en eût été le résultat. De tous les princes chréles seuls qui ressentissent immédiatement les es progrès des Turcs étoient Paléologue et Ln- » parce que leur couronnne étoit compromise , et ^ne menacé d'une chute prompte et presque iné- . Les autres rois n'éprouvoient de Tinvasion des uans qu'une influence indirecte, qui pouvoit Ltre , il est vrai , et devenir menaçante, mai^ n avenir plus ou moins éloigné : conséquemment ni moins sentie, moins prévue , tandis que Temgrec et le roi de Chypre n'avoient pas un moment re. Aucun des deux ne pouvoit lutter contre U ; tons deux subissoieiit le joug de la nécessité tte différence que Tun auroit pu le prévoir, et pentprévenir , tandis qu'il n'avoit pas dépendu de de Téviter parle peu d'étendue qu'a voit le royaume irpre. Réduits tous les deux à chercher des alliés iecours , ils tinrent une conduite d'après laquelle t les juger. Lusignan , tirant parti de ses ressources, para avant de se rendre dans les cours de TEu- [l fit tout ce qu'il lui étoit possible de faire , tout lui dictoient le courage et la prudence. Paléoen qui ces deux qualités manquoient essentiellene paroîtpas même avoir eu l'idée de faire usage ressources , quoiqu'il en eût encore trouvé dans intinople et ce qui restoit de l'empire lorsqu'il plus de concurrent au trône. Il auroit fallu Ten*. asme et l'énergie de Lusignan pour ranimer les . Etranger à ces sentimens, qu'il ne pouvoit con* ornent inspirer à son peuple , l'empereur ne I qu'à recourir aux autres , et ne prit conseil que

l6p lIISTOtfaE UU BAS-EMPIRÏ.

de la peur, qui ne calcule pas. De là ce voyage teux, cette abjuration , que le motif rendoît humil et qui. lui attira le mépris des Grecs. Affligé de Vi férence des rois ne TËurope jfet du peu de succès dé tervention du pape, mais ne se livrant point audéses Lnsignan , de retour en Chypre , examina sa po5 et calcula ce qui lui restoft à faire. Il avoit à sa coi ambassadeurs de deux puissances maritimes, pn toujours en guerre Tune contre Tautre. Une fois entre elles et réunies contre un ennemi commun, devenoient maîtresses des mers de la Grèce, en i soient les Turcs, anéantissoient sa marine , sépar ses possessions d'Asie de celles de l'Europe , inquiet sans cesse les unes et les autres sur une immense due de côtes, et Constantinople pouvoit être sa Lusignan s'attacha donc à réconcilier Gênes et V pour le» faire concourir à ce but. Il y parvenoit , loi sa mort fit avorter ce projet important dont il rame , et qui demandoit beaucoup d^adresse , une lance et des soins continuels pour ménager deux i hliques également ombrageuses , faire taire leurs tentions respectives, et donner à l'intérêt de chacui objet commun.

Le couronnement du successeur de Lusignan entre les deux états, une cause de discorde qui reno les anciennes haines en les envenimant, rendit la impossible entre les deux républiques, et mit pei long-temps le trouble dans le royaume de Chypre effets, graves» furent produits par une petite cau5 droit de préséance entre le consul de Venise et cel Gênes, chacun des deux prétendant au premier et passer avant l'autre. Le sang coula : les Cyprio réunirent aux Vénitiens contre les Génois : ceux-ci ; le roi prisonnier, et l'obligèrent à leur donner po rançon la ville la plus commerçante de l'ile, doi jouirent pendant long -temps. Cet événement déli

HISTOIRE DC BAS-EMPIRE. iGl

Dtièreraeot l'espoir que Paléologne conservoit encore e voir ( parce que Lusignan le lui avoit inspiré ) les enx républiques s'armer pour sa défense. Incapable i*ane détermination généreuse, se voyant abandunnc des nrinces chrétiens, piqué d'avoir fait inutilement tant de acrifices, n'ayant rien à perdre en considération , vouant conserver Constantinople à tout prix . il conclut iv€C Amurat un traité honteux par lequel , se mettant Isa discrétion, il se reconnut son vassal, à condition |ne le soltan le laisseroit jouir en paix de la capitale. À cette non velle, Urbain, navré de douleur, indii^ni* contre les rois de TCurope , qui laissoient tlétrir ainsi \k couronne d'un prince chrétien , fît auprès d'enx de nouveaux efforts; mais la mort le surprit dans ses négociations à la fin de iSyo. Son successeur, Grégoire xi , ^entant de ses intentions et de ses projets, montra le piéme zèle, sans être plus heuri'ux. Urbain avoit senti l^ne, pour obtenir des résultats contre les Turcs, il falt établir entre les rois de France et d'Angleterre une îx solide , parce que ces deux puissances ne pou voient faire la guerre sans entraîner nécessairement toutes autres dans leurs querelles. En conséquence, ses dé* marches, lorsqu'il mourut, tendoient à cette réconciialion, et il méditoit un voyage pour visiter ces deux b. Grégoire , à son tour , continua Touvrage comcé par son prédécesseur, espérant engager les deux lions rivales à se réunir contre les intîdèles. Ceux-ci lient la Sicile. S'ils Teussent envahie, Tltalie au- '.lùit conrn des risques. Le pape fit valoir <le son mieux, liais en vain , ces considérations. Il ne put rien obtenir. hu Génois, à qui la proximité du danger insniroit des Inquiétudes fondées , équipèrent une flotte nombreuse «t bien armée , capable de repousser les Turcs , mais non de prendre contre eux ToiTensive, à moins d*étre Mcondce. Grégoire, n'éprouvant que des refus, eut retonrs iiu grand-maitre de Rhodes. Il avoit sur cf^t ordre

l6l^ HISTOIRE BU BAS-EMPIRE.

militaire et religieux une influence directe. A sa recoin mandation , Smyrne , pripcipal rempart des chrétien du càtë de l'Asie , fut mise en état de résister aux musnl roans. Le saint-père se donna beaucoup de mouvemeo pour arrêter les progrès de ces conquérans ; il indiqo même un congrès. Son %hle méritoit d'être mieux ré compensé; mais il vivoit dans un temps où le zèle n suffisoit plus, parce que les papes commençoient à perdr de leur autorité. Tous les princes chrétiens furent in vîtes à envoyer an congrès leurs ambassadeurs pour i concerter avec les légats du saint - père sur les moyen d'arrêter la marche victorieuse des Turcs.

Paléologue ne fut point oublié dans cette convocation le pape lui prêcha la patience, et lui fit une exhorta tion qui, d'après la situation de cet empereur , ajpi presque Taif d'une insulte. C'étoit de tenir Amnrat o échec. Celui-ci , fort tranquille sur les moyens de soi vassal, voulut punir le roi de Hongrie des intention hostiles qu'il avoit précédemment fait paroitre contr lui. Ce royaume étoit à sa convenance. Il en projet rinvasion. Dans ce dessein , il conclut un traité d*ai Uance avec les Tartares pour combiner une double at taque contre les Hongrois. L'une devoit avoir lieu pa la Moldavie , tandis que le sultan cntreroit par le câl opposé. Louis, alarmé, sollicita du secours. Le pape le permit de faire prêcher une croisade : permission don usoit pour son compte et sans résultat le sooveraii pontife. Grégoire ajoutoit à celte faveur des instruction pour le plan de campagne et la marche des croisa comme si l'armée eût été prête. Il fit en même temp un appel aux princes de l'Europe pour les engager à fair passer des troupes au roi de Hongrie. Il insista plus pal ticulièremeut auprès de Charles vi, qui s'étoit montf docile aux deux derniers papes ; niais il n'avoit pas bc soin de celui-ci. Ce prince répondit qu'il ne vouloi point hasarder sa couronne pour sauver celle de Paléc

HISTOIRE nu DAS.-£lfPIEl|. l65

>gue ; que deux empirer étQÎent inutiles ; qu'il falloit éunir celui des Grecs à Tempire des Latins; enfin que, es croisades ayant toujours été funestes à l'Europe dans les temps où l'ennemi qu'on avoit à combattre étoit moins redoutable , c'étoit une folle témérité que d'en essayer çncore. De son côté Paléologfue envoyoit dans les différentes cours de l'Europe des ambassades solenlielles composées des personnages les plus recommandables. Dans le nombre étoit Jean Lascaris, de la même jbmille qœ les princes de ce nom. Il se présenta devant £harles v , trop sage pour dégarnir son toyaume de iroupes. Les ambassadeurs n'oublièrent pas dans leur Jpnmée Philippe de Tarente, qui portoît le titre, d'em^ îreur de Constantidople t et qui , s'il avoit eu les paoyens d'ajouter la possession au titre ^ ne les auroit [nrobablement pas employés pour d'autres que pour lui« ambassadeurs n'obtinrent que des promesses , des rgrets , de la pitié. L'histoire ne parle plus du projet 'Âmurat , et Ton ignore ce qui le lui fit abandonner* vassal, dont la conduite devoit le surprendre, crai"tnt de l'avoir mécontenté ^ lui fit les plus belles souliasions , renouvela l'engagement de le reconnoître pour suzerain , lui fit passer comme otage t^n de ses enfans ir gage de sa fidélité, s'obligea volontairement à faire iprès du sultan le service militaire ; se conduisant isi avec le Turc comme avec le pape,, allant au-delà ce qu'on auroit exigé, ioit qu'il craignit que ce traité Meu% n'indisposât le saint-père, et q^i'il espérât endes secours de ce côté , soit qu'il eût l'intention de f^ire des reproches, il lui dépécha l'un de ses ofti^** pour se justifier, en rejetant sur l'abandon, dans lelel on le laissbit la nécessité dont il subissoit la rigou^ (nse loi. Grégoire répliqua par d'autres reproches sur '^%tqae Paléologue ne garantissoit pas des persécutions ^**'*flnx qui s'étoient réunis à l'église romaine , comme si If prince étoit maître chez lui.

l64 HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.

Ah. i374- jj venoit de s'associer Manuel , son second consentement des Grecs et malgré les droits d'Ac li crut devoir lui former une cour ( quoique ( Constantînople pesât déjà trop sur l'état ), et lu Thessalonique. Toutes les places qui environnoie ville étoient possédées par les Turcs. Manuel vo enS:hasser. Phères, Tune des plus importantes, toit plus que les autres. Il y entretint des intel ei touchoît au moment d'y entrer, lorsque Anu couvrit le complot. Furieux contre Manuel', le ordonne à Karîtine, le plus habile de ses génér. faire le siège de Thessalonîque , et de lui amen< ou vif le jeune prince. Celui-ci vouloit d'abor( fendre; mais, ayant appris que les habitans rintention de se rendre, il abandonna ce proje comble de malheur , Paléologue lui adressa un pleine de reproches, et lui signifia de ne point | à Gonstantinople , parce qu'il n'y seroit pas re< imel n'eut rien de mieux à faire qujà s'écha Thessalonique en trompant la vigilance des Tui parvint, et se réfugia chez son oncle, le prince luzio. Mais, comme on savoit qu'Amurat étoit cable dans ses vengeances, on força Manuel à s Lesbos. Le prince , désespéré , prend le part mettre à la discrétion du sultan : il part pour nople et paroît en sa présence. Flatté de la ce qu'il lui ténioignoit , Amurat , dont cette dé provoquoit la générosité , voulant justifier 1' que le prince avoit de lui , l'embrasse et lui pa Mais il ne lui rendit plus Thessalonique, que 1 ilence de Manuel mit ainsi dans ses mains sai férir. Forcé de passer en Asie pour y apaiser ( velles révoltes , Amurat donna l'ordre à son v, l'y accompagner avec un détachement de ses troupes, et d'amener avec lui Manuel, son fils et lègue. Paléologue obéit. 11 fut obligé de laisser i

HISTOI&E 1)0 BA8-SUPIRE« l65

fLodronicIegoavernement de Tempire. Ce prince n^avoît pas vn sans jalousie la prëfëreoce que son përe accordoit a l^lannelf ni sans un vif ressentiment Tëlëvation de çeloi-cl sur le trône au mépris de ses droits , quoiqu'il fût inérifë cette rig4pr- Il attendoit Toccasion de se venger. Il crut la trouver dans Tabsence de Palëologue. Amnrat avoit pareillement confié toute sou autorilë sur Jes provinces conquises à son fils Contuze, le second de :'aes enfans. Il étoit de Tâge d^Andronic , et tous deux envoient le désir égal de jouir- du pouvoir ^. Ils se devi- Vent mutu(*llement 9 s'entendirent, et résolurent de ftrôner leurs pères. Ils se jurèrent de ne jamais s'abaumner, et de ne déposer les armes que lorsipie le succès iroit couronné leur entreprise. Un pareil complot

• Quoique d«Df le récit de celle ipimtioo natif fui v ions Chaicolyle et George Pliranza, nous root prëfenter, les circon»lances Jipportéefl par Michel Ducas , qui II, ainsi que les deui autres, le même temps. Aucun drs m ne fut contemporain de Paléo- > Ducas est plus estimé , et pour être plus vëridique que ndjrle. 11 suppose Andronic (t Gontuie liés dès Vephnv.c, Vuiri récit : • Amurat et Paléologuc mrtiil chacnn trois fils. Les princes [«grecs s'appcloient Andronic, Ma- «Doel et Théodore; et le.-* enfans du loltaB , lacup, Contuze et Vajazrt.

Aodfonic et Contuze éloient du •Bème âge , et Ton dit que , ne (li- •▼ertissant un jour ensemble, iU < conspirèrent rbacuo contre leur l^pcfc, et te promirent réciproque- *ntDt une fidélité inviolable lors- ' ^ l'un seroit «mpcreur , et l'autre «ioltao. Amoral ajantSté irèK-exactcment informé de la irérilé de «cette conjuration , fit crever Ich 7(111 à son fils Contuze , écrivîr à 'ftiDpercur Xcan le sujet pour U-

« quel il avoit usé d'une si étrange « séférité ; que son fils Andronic

• éioit coupable du même crime , « et que, s'il ne le r(»ndamnoit au «même supplice, il lui dcclartroit « la i^iierre. L'empereur Jean, soit « par timidité nalurille , Sfût par « une ftiiblcsse d'euprit qui le ren- « doit inc^ipable de faire autre chose « que de carenser les plus bcHes per-

• sonnes de sa cour pour en corrom- « pre quelqu'une * ne se contenta « f ns de faire crever les yeux à son

• fils Androuic, mais les fit encore «crever à son petit-fils, bien que ce « ne fût qu'un enfant qui ne savoit « pas encore parler, et fit eouronncr

• Maooel, son second fils, et dé- « clara Théodore despote de Lacé-

• démone. • Hist. de Michel Ducas, cfaap. 19. D'autres historiens, eniru autres le Vénitien Sagredu, donnent au fils d'Amurat le nom de Sauler au lieu de celui de Cviituze. Nou* préférons toujours le témoignage des Grecs , comme plus rapprochés de l'époque , et'nous indiquons les diffé* rcuces.

1^8 ttlSTOtRE l>t BAS-EMPIRfc

éiige ddfis Texëcution de5 mesures difficiles à ce

ciller a vice le secret, sans lequel il est découveft. Là I:

reur qu'inspiroit Artiofàt lé servit mieux que là fidél

L'on savoit qn^il ne pardonn^ jamais. Epouvav

iFunè éDtrepri^ aussi tëraërairjpiës confidens de C

tuze le trahirent, et contèrent tout au sultan , ni^

te qui coneernoit Ândrohic. Âmurat en instruisit 1

lëologiie avec dureté , lui disant qu'il ir'y avoit qti

Grec qui pût concevoir uû projet aussi coupable ; i\\

ëtoit certain qu*Ândronic avoit corrompu Contuze; qu

n^toit pas éloigné de le croire oomplice de son fils,

de penser que c'étoit pour écarter tout soupçon qu'i||

roissoit devoir être une des victimes de là conspiratic

Il termine par déclarer à l'empereur que le seul nio;

de se justifier étoit de condamner son fils au suppi

qui sèroit infligé à Contuze, et qu'il falloit que ces dt

princes subissent le même sort. Ces menaces n'étoi

pas nécessaires poqr déterminer Paléologue à faire

sacrifice d'un fils qu'il n'aimoit pas. Il apaisa le sul

par la soumission ta plus servile , et le pria de désig

le châtiment d'Andronic. Ils traversèrent ensembl

Bosphore avec leurs troupes , et marchèrent contre

deux princeSt Ceux-ci s'étoient retranchés dans un ci

palissade d^UQ côté, et qui , de Tautfe, s'appnyoit

la rivière , à peu de distance de Constantinople. Amu

aussi bon politique qu'habile guerrier , voulut , a^

d'en venir aux mains avec ses propres soldats , sor

leurs dispositions. En faisant pendant la nuit une

connoissance, il rencontre près du fleuve une patroi

ennemie. Il n'hésite point à s'en faire connoître , et

adresse des reproches. Il leur demande comment , a

avoir combattu tant de fois sous ses drapeaux, ils t(

noient contre lui leurs armes ; quel! sujets de plai

il leur a donnés ; quelle est la cause d'un si grand cli

gement ; il les exhorte à la lui confier, s'engageai

leur rendre justice ; enfin il leur fait voir l'énon

■ IfTOI&E DU BAS-XMMftB. «6^

Q crime dont ils se rendoient coupables en sôattnaol n fils révolté ccmtre son père , et leur offre le oârdon condition qn'ik reotreroot dans le devoir tous Ai bref !i«i , passé lequel , ils dévoient s'attendre aux plus {otirenx traitemens. De retour au camp , lea Turcs )ia?oient rencontré le «uitan communiquèrent à leurs niarades ses reproches et 8e$ menaces. Ils produisirent ircffet. Dans les vingt-quatre heures presque tous les dats abandonnèrent Contuie et passèrent dans le camp foi^ père. Le fils rebelle , an Iteu de recourir a sa mence , prend le parti d'aller se renfermer dans la 'e de Didymotique» ^ de s'y défendre jnsqu^à la der- % extrémité, accompagné d'Andronic et d'un petit ibre de personnes fidèles. Amurat les suivit avee telle rapidité, qu'il parut au moment où Ton fer* t les portes sur les deux fugitifs. Les hàbitans de Di* lotique se défendirent avec ardeur, et soutinrent iant quelques jours les assauts de Tarmée du sultan. s, comme ils n'étoient point approvisionnés, on arda pas à manquer de vivres. Pour éviter les hor- « de la famine, qui commençoit à se faire sentir, ^vrent les portes au vainqueur , et , comptant se i un mérite d'une soumission forcée, ils livrent les c princes , ne doutant point que le sultan ne se conàt de les avoir en sa possession» Mais ils étoient dans 'eur. Le farouche Amurat commença par faire crever feux à son fils : ensuite il fit noyer la garnison en* s , et condamna les rebelles à mort , en ordonnant la sentence seroit exécutée par leurs pères. Ceux refusèrent d'être les bourreaux de leurs enfans furent rgés après les avoir vu massacrer sous leurs yeux, exemple terrible de la férocité d' Amurat contint les !â dans le devoir. Il renvoya Andronic à son père , , sans doute pour donner une preuve de son zèle et m lâche soumission , fit non - seulement crever les X de ce prince , mais condamna son fils , à peine

l68 niSTOI&E DU BAS-EMPIRE.

âgé de cinq ans, au niéme supplice. Plus hurnâin qtiei Paléologne, le bourreau fit Topération dé manière à céj que c^ deux victimes ne fussent pas entièrement pri-^ vées de la vue. Celle de Tenfant fut affoiblie : le père iH en ne perdant qu'un œil , conserva l'espoir et la possi-^ bilité de se venger. Paléologue le fit enfermer dans lx\ tour d'Anémas . avec sa femme et son fils. Grâces aui^ Génois de Galala , nous les verrons bientôt sortir. « ^ Les cruelles exécutions ordonnées par le sultan eon^ tribuoiênt à TétablisSement de sa puissance dans les payil qu'il envahissoitï^ et secondoient la victoire en la faisaoM précéder et suivre de la terreur. Elles dévoient donnée réveil aux princes de l'Europe , dont l'intérêt éloît des* réunir pour éviter le sort de Paléologue, et mettre un* barrière insurmontable entre eux et des barbares donl

les mœurs et la religion ofifroient avec les leurs un coo-^ traste aussi choquant. Mais il n'en fut rien, le danger étant dans un avenir et dans un espace éloignés. Let Génois de Galata, qu'il nienaçoit plus directement, parce qu'ils suivoîent nécessairement le sort de Constantiuople, firent des réflexions, eurent des inquiétudes, et les communiquèrent au sénat de leur république , qui résolut d'équiper une flotte asssez nombreuse pour garantie la colonie de l'attaque des Turcs. Celte mesure pouvoîl suffire jusqu'à ce que la capitale eût cessé d'être au'pouvoîf des Grecs. Grégoire xi écrivit à l'archevêque de Gênel j)Our le féliciter du projet formé par la république, et mit vingt-cinq mille écus d'or à sa disposition pour contribuer à l'armement de la flotte. Ce pontife , qui ne perdoit pas de vue la réunion , et ne songeoit pas que, si

* Nous adoptons ici la version de ble. Il dcvoit craindre Âmurat qui »

Michel Ducas* D'autres historiens l'ayant fait sortir de prison daof

prétendent que ce fut Amurat qui cette hypothèse , auroit considéré

donna l'ordre à Paléologue de mettre comme une insulte personnelle Vf

son fils en liberté. Mais l'usage que bus que fit Ândronic de sa liberté*

fit Andronic de cette liberté rend De plus la conduite des Génois étoi*

l'opinion de .Ducas plus vraiscmbla* motivée. .

HifTOI&E Bt BAS-EMPIRE. 169

%• Lalios comroençoient par aider les Grecs à repousser k Tnrcs, elle seroit plus facile , et surtout plus sincère , CNiloU la faire passer avant tout. Palëologue, en fai- |hit tont ce quMl pouvoit et plus qu'il ne devoit, avoit prdu tonte influence et tout crédit sur Tesprit de son iQQple. G*etoit une déplorable maladresse que d'entrepnir dans ce peuple f metiacé par des conquérans, des 'mes de division quand il avoit besoin de la plus* ide union pour résister, et de toute son énergie. C'est idant la conduite que tint le pape; et ce n'est pas étonnement qu'on le vit à cette époque, et quand Turcs avançoient comme un torrent dévastateur, rer en Arménie des frères prêcheurs pour discuter , )re moins sur le dogme de la procession du Saintritque sur la prééminence des papes. Ils s'arrêtèrent le tempsà Constantinople, et disputèrent vivement les Grecs. Ils eurent une conférence avec Josaphat ristodule , qui se trouva dans cette capitale à leur pas- ^ Dans la discussion, ^Cantacuzène leur dit « qu'il »yoit que l'église romaine avoit la primauté sur toutes les églises du monde , et qu'il exposeroit sa vie , iVilétoit besoin , pour la défense de cette vérité » **, Le Grégoire, instruit de ce fait, écrivit à Cantacuzèue lettre qui a été conservée, et qui est en date du 28 îer 1375. Après l'avoir félicité sur ce qu'il étoit dans iboos principes, le saint-père s'exprime ainsi : « C'est ^U refus de reconnaître cette primauté qui a causé la iimion entre les Latins et les Grecs, et entretenu le tchisme. Vous avez une grande réputation de prudence, de gravité dans vos mœurs et de science, outre l'éclat qui vous reste de là dignité impériale; c'est pourquoi nous vou^ prions instamment de travailler de toutes vos forces à l'union des églises, dont vous pouvez être le principal promoteur ; et nous aurions im grand

^Hist ccclcf. t. 20, liv. 97, p. »77.

170 sisTOimm Dv 9àt-EiffMmtp

« plaisir^ votis voir et de traiter cSette affaire avec vil « si vous pouviez venir à Rome , où noua avons rén « d'aller l'automne prochain ». Cette discdssion , esl marche lente , méthodique et paisible , au milteo de Gi cendie, pour arriver à la suprématie d'un évéqneU Tautre à la veille de la -destruction évidente de l'ua 4 deux , forment un Irait remarquable, digne d*obii ^vation. *(

Amurat négocioit de son c6té, mais pour un ohj plus important, et son empire ne recevoit pasro^j d'éclat de sa politique que de sa valeur. Sachant qiiel souverains de TÂsie mineure l'avoient toujours regàn avec des yeux d'envie et de haine , il résolut de lesaM cher à sa cause a6n d'achever l'exécution de ses grai projets , et de n'être pas dans l'obligation de repan aans cesse d'Europe en Asie et d'Asie en Europe. Le pi puissant de ces souverains étoit German-Ogli , pria de la haute Phrygie. Le sultan lui demande sa fiUe i mariage pour Bajazet , et reçj^it en dot les trois villes! plus considérables du pays avec plusieurs fortereaai Amurat visite ensuite Amid-Ogli , roi d'Amide, le ê resse, et parvintà faire de ce prince le plusfidèleetlepl zélédesesalliés.L'influenced'Amide sur ses voisins, moi puissans que lui, les engage à suivre son exemple. Toi se reconnoissent comme vassaux d' Amurat. Aprèsavi ainsi pris toutes ses mesures pour mettre en sûreté I provinces qu'il possédait dans l'Asie mineure » en i faisant protéger par ceux-mêmes dont il craignoit l-l gression , il repasse en Europe avec une armée nofl breuse , et vient mettre le siège devant Bolina , châttf regardé comme imprenable tant l'art et la nature V voient également fortifié. La défense en étoit confiée une garnison aguerrie. Le sultan désespéroit du sucd c'étoit le premier échec qu'il éprouvoit. Ici les anna turques le représentent implorant le secours du ciel |

1^ ferventes pi iè li forent exaucées. La nuit mime , qu'on du, i nd pan de muraille fui renversé ^* mahofnétJins, voyant cette brèche miraculeuse , s'é- \i fbrieox et passent la gamiipn au fil de l'épée. Si le Itao avoit moins de mérite en faisant combattre pour |ile dieu de Mahomet, il passoit aux yeux des Turcs être le favori de ce dieu, et ce qn*il piirdoit d'un lé il le gagnoit de Tautre. Bientôt la Macédoine et mie reconn'oissent sa loi, et sa bannière flotte sur tours de Darme , de Cavalla, de Ménastyr et de Gara-

ie.

fAfidronic languissoit depuis près de deux années dans Ah.^ 1^7^*

i^toor d*Anémas. Il trouva le moyen d'avoir des inteU

icesdvec les Génois de Galata. Ceux-ci n'avoient

vu sans dépit la préférence que Paléologue donnoit

tammeut aux Vénitiens : préférence que Taffront

l'il en reçu tétant retenu par eux pour dettes n'a voit point

K Elle leur eût même causé des inquiétudes sans la

loissance que bientôt ils acquirent de sa nullité , et

ine leur inspira pour lui qu'une dédaigneuse indif^

ice. La conduite d'Andronic avoit fixé leur atten-

!• Un prince qui se révolte contre son père et lutte

itre Amurat devoit avoir du caractère , et sa protec*

être plus efficace que celle d'un empereur qui ne

combattre son ennemi qu'en cherchant des alliés ,

le désarmer par de basses soumissions. Tel est le rai-

loement que firent les Génois. La délivrance d'An-

mic, son élévation sur le trône impérial à la place de

Falëologue , en étoient les conséquences. Ils se concer-

itdonc avec lui, et conclurent au mois d'août 1^7 6

itraitéd'^liance par lequel il s'engageoità leur donner

file de Ténédos pour prix de sa liberté. Comme cette

édition ne pouvoit être rempliequ'eu supposant qu'An*

lie jouissoit de l'autorité souveraine , les Génois s'oc«

'il

, ' Vcjr, Cantemire , Hut. oUo- remarquable. 11 dc vent ni affurcr *iiti Ut. 4 , n* S. La tourave est le fiât » ni le nin.

JK<^9 HISTOIRE HV ^lAS-^EMiPTllS.

çopèrient dies moyens de la remettre entre sesœaiQsV^ de je faire passer de la prison sur Iq trône. Ils intrigujl rent en sa faveur avec habileté, calculant avec raiso) qu4l falloit qu'en recG^pvrant sa liberté, le prince se i^ immédiatement à la tête d'un parti considérable , 4| qu'il fût en état d'agir sans délai. La conspiration fil conduite sÊ^ec tant de secret et de bonheur, que Paléii logue et ses deux fils, Manuel et Théodore, n'en euroG^ connoissance qu'au moment où ces prifices en devinra^ les victimes. Attaqués dans le palais^ au jrnîlieii de.| nuit, ils furent'saisis et menés à la tour d'Anémas,||j peut-être ils apprirent qu'Ândronic en étoit sortie qu'ils venoient l'y remplacer, tant les conjurés avoii mis de mystère et d'activité dans leur complot. An< nie futaussitôt proclamé empereur. La multitude, qui Je succès justifie toutes les entreprises, applaudi! cette révolution. L'inaction honteuse de Paléolof qui, pour se distraire d'Âmurat, se plongeoit daas' débauche, devoit le rendre méprisable aux yeux Grecs. Dans le fait, Andronic n'étoit point allé, coi son père, mendier des secours et recevoir des affront se prosterner au pied du pape et baiser ses pieds, enf trouver un barbare pour se mettre à sa disposition, •reconnoître son vassal, se rendre à ses ordres, et ser à son triomphe. Andronic et Paléologue restèrent d( ans, le premier sur le trône et le second en prison, ne sait point quel usage il fit de son autorité : le silend -de l'histoire autorise à supposer qu'il n'a rien fait à mémorable. Quoi qu'il en soit , il dut être dans une i* quiétude continuelle, ayant d'un côté les Génois qni« lui laissoient point oublier qu'il leur devoîi le trône, ci de l'autre Araurat qui convoitoit ce trône.

La conduite de ce sultan ne peut s'expliquer que p« des conjectures, puisque l'époque où nous sommes a!i point eu d'historiens conleniporaîns, et que ceux^ en écrivirent les événemens long-temps après ( et.surdli

faditions douteuses ^ ) ne rapportent point que le Turc ft^t mêlé en rien de la querelle entre le fils et le père. Sette querelle, loin de déranger les projets d*Amurat, ti facîlitoit Texécution. Tout ce qui contribuoit à hiioiblissenient de Tempiregrec convenoit à cette exélition, et la guerre eîvile secondoit ses vues. Il ne voulA de Constantinople qu'en étant sûr de pouvoir conter cette ville, et n'acquéroit cette certitude qu'après nr mis ses ennemis dans Timpossibilité de lui nuire, l-loiétoit donc indifférent jusque là que le^rône impéil fnt occupé par Andronicou Paléoiogue; il aimoit kieux les voir se le disputer, étant toujours à même de niner la querelle quand il le voudroit , et quand le lent seroit arrivé. Telle est Texplication la plus lisemblable de rindifférencc apparente d'Amurat , ii, ne perdait point de vue Constantinople , et, pour river dans cette capitale , prenoit le chemin le plus Iren prenant le plus long. Il conquéroit la Caramanie Nndant que son vassal Paléoiogue se laissoit enfermer lins la tour d'Anémas. Quant aux Génois, ils profit toient, sans aucune perte de temps comme sa n^ scrupule, l'un état de choses dont ils dévoient prévoir le peu de

• JI0118 «voas déjà fait remarquer quel prit le nom de Gaudier) ; et

p^' existoit UDC lacune qui com- Léon Glavius ( ou Lcunclavius ) les

kcnce à l'époque où Grégoras et traduisit en latin. Ce dernier, pen<

lintacuzène finisitent kur histoire, dantson séjour en Turquie , recueil'

t que Fl>ninza, Ducas et Gbalco- lit des matériaux pour l'histoire

oodyle n'écrivirent qu'après *la ottomane. Bajle et De Thbu font

JTise de Constantinople. Gibbon , un grand éloge de Loewenklau. Mais

Balgcé les recherches les plus soi- il n*a pu ajouter à l'aulhenticité des

loeuses, et telles qu'il savoir les a/i/î«/ej turques, qui ne sont en effet

sire, n'a pu trouver qu'une maif^re qu'une maigre chronique. Les histo-

;ftron/^c/e m(fY<i^ Annales turcici , riens de cotte nation, eà faisant

t traduite par Jean Gaudier, 11 souvent intervenir dans le récit de:»

ic donne aucun éclaircissement sur événecïiens , soit leur grand pro*

»i annales. Elles furent rapportées phète, soit quelque ange ou le diable,

n i55i de'Coustantinople , par Je- jt^ttcot du doute sur ce qu'on est

toiede Bèrk, ambassadeur de Fer* ' dis^posé à croire d'après les règles

finand , qui les fît traduire du turc de la Tràisembldoct. io Aliemaad, par Juan Spirgcl -( iu> ~ .. »

1^4 HISTOIRE hV BAS-ÉifPIRB.

durée. Ils envoyèrent à Tënédos deux galères prendre possession de cette île; mais le gouverneur rel de leur en faire la remise. Sans s'expliquer sur le d gement qui venoit d'avoir lieu^ il répondit qts-il;)! connoissoit point la signature d'Ândronic dans 1\ qu'on lui signifioit, et qu'il conservoit Tlle }iiaqii*è. qu'il ne lui fût plus permis de conserver des dit Ainsi les Génois n'eurent pas le prix de leur trahi) Pendant qu'ils dominoient à la cour de Gonstanijno| et qu'ils s'abandonnoient à cette sécurité si souvc trompeuse qu'inspire la bonne fortune , leurs rîvau étonnés du coup imprévu , avoient précipité du trdoe prison Paléologue leur protecteur, se contentoient iYëA spectateurs de cette révolution. C'étoit cependant ij les Vénitiens que l'empereur comptoit pour sa àm vrance. Naturellement circonspects, et craignant d'avdj sur les bras à la fois et les Génois et la population Constantinople, qui paroissoit favoriser Ândronic,'i ne s'occupoîent point des moyens de rendre la lil au père de ce dernier, lorsqu'une tentative romani faite par im des leurs, patricien, et de l'une des premii familles de Venise, fit cesser leur indifférence ou lei craintes. Cette aventure mérite d'être rapportée «.

Paléologue, en prison , trouva dans la femme du c( cierge de la tour d' Anemas une de ses anciennes favoriti En apprenant d'elle les circonstances sur les entrer d'Andronic et des Génois pepdant le séjour du jeiii prince dans cette prison, il eut l'idée de s'adresser ai Vénitiens , et d'obtenir d'eux un service pareil I

« Lai/^iVr en présente tous les dé- de Carlozéno. Eo6n M. le coof

taiis dans »on Histoù'e de la l'épu- Daru , dans son Histoire de VeM|(

bliijfue dû Denise ( Paris , 1769 , la ( t. 1 , p. 627 ) « et M. le comte 4

vol. in-i a} , dont Texactiiude est re- Scgur , dans son Abrégé derhisloW

connue, cl en quelque sorte constatée universelle ( t. aS , p. Ci ), OAti

par les Vénitiens , qui l'ont traduite en la rapportant eux-mêmes, A)

dans leur langue et réimprimée plu- voir qu'ils ne doutoient point deip

jsieurs fois. Cette anecdote est en- authcntiifilé. D'après de pareils ^

core raconUe par l'auteur de la vie moignaget , nous ne pouvioof h

HISTOIHE DU BAS-EMPIAB. 175

li que les autres a voient rendu à son fils. Pëtronille, t le noni de la geôlière, s'intëressoit d^autant pins à nperenr qu'ils avoient eu des liaisons, et que, si par soins il remontoit sur son trône , elle devoit s'atin a recevoir le^prix de $e$ peines. Le souvenir du lë 9 l'espoir de Tavenir, la dévouèrent au prince^ léologue se rappeloit d*un seigneur de Venise qui avoit été présenté peu de temps avant son malheur, devoit encore être à Constantinople ; elle fut chargée le chercher. Ce patricien s'appeloit Carie 2^no. Il Mt gendre de Tamiral Giustiniani. Son père ayant été édes premiers à Tattaqne de Smyrne en commandant imée vénitienne, Carie seul, dans Tâge où les pas* ' exercent tout leur empire, ne passa point sa jeusans leur payer son tribut , mais ne subit point joug au point de ne pouvoir s*en affranchir. La igère de Paléologue fit nattre celle qui succède aux ou leur survit. Dès qu'elle eut parlé, l'ambition lit entendre : une couronne à rendre S son légitime jIMsenr; un père à venger, une patrie à servir, une lone à faire! quel être pourroit résister à de pareilles hictions? et ne seroit-ce pas une lâcheté que d'en Mipher? La grandeur des obstacles ne faisoil qu'ac-* Itre le désir de les vaincre et qu'irriter l'amour^ ipre. U n'y avoit entre le projet et les moyens d'exé-^ ion aucun rapport ; il devoit parottre d'nne folle nérité. La prudence l'auroit fait abandonner , mab rie n'ëtoit pas dans l'âge où l'on écoute les conseils la prudence, et l'on va voir que, contre toute pro-^-

mt tous silence. Mai» nous devons omisjsîon . Ce dernier , dont l'ouvrage

b qm'sucun des trois historiens est estimé, met l'évasion de Paléo*

m ( Ghalcocondyle , Michel Du> logue plus tard » et lorsque  murât

f et Pbraoxa) n'en fait meolion; avoit ce«fté de régner. Itous suivrons

• le prince Gantemir , dans son son exemple, parce qu'il s'appuie

iMoïrc de l'empire ottoman , n'en sur llaulorité des trois historiens

rit pas; enfin que le doge Sa* grecs, dont le témoignage doit être

No, dans ses Memorie historiche préféré , d'après les motifs que iK>us

^Vmnarchi ottomani fait la même avons exposés*

17& aiSTOIRE DIT BA8-lM9m,

taire ses remords, il se détermina bieatôt à dëpuler Fi tronille an généreux Vénitien. Afin de ne lui laiifl aiicnn donèe et de commencer à lui donner nne prem desa reconnoîssance, ii lui envoyoit un diplôme sipj de sa main, par lequel il cédoit à la république de Vi r.ise celte tie de Ténédos, objet de Tenvie des Géoo ^t des Vénitiens, dont AndroAic avoit fait aux premic un inutile abandon, grâce à la désobéissance on ai fidélité du gouverneur, et que les seconds avoient yoÊ qu^alors inutilefnent sollicitée de Paléologue. Ce pria^ avoit toujours repoussé leurs ofiFres, quelqne avantageai qu'elle fussent, sans qu'on puisse expliquer son refu puisqu'on le verra bientôt démembrer l'empire ctj vendre pièce à pièce. Carie éprouva sans doute quelq^ surprise en voyant arriver la messagère impëruijji Quelque déterminé qu'il fût à ne plus se mêler des/ii|| faires d'un prince qui détruisoit ce qu'on faisoit pa| sa délivrance , il ne put résister à l'appât qu'on Ini tej sentoit , et Ton doit avouer que Paléologue àvoit ilj Tadre&se d'offrir la tentation la plus délicate. L'idée donner à sa patrie ce qu'elle n'avoit point obtenu des négociations et des sacrifices devoit flatter le Yi tien , qui débutoit ainsi dans sa carrière par actions ménxorables, dont une seule auroit suffi l'immortaliser. Il alloit d'un seul coup rendre à son un service important, et replacer un roi sur son Il saisit donc, cette seconde occasion ; mais Pal avoit laissé échapper la première , et Ui^punition l'avoir perdue étoit et devoit être de ne plus la retroui Carie répond à la lettre pressante de l'empereur, remet à la disposition du prince, suppose que cette sa résolution est irrévocable , s'exprime en conséi indique le moment précis, et prescrit la plus gri ponctualité, feignant des dangers qu'on ne poi éviter que par la plus grande activité. Zéno qu'avec Paléologue il falloit brusquer l'événement |d

SISTOIAE DU BÀS-EXPIEE. 179

nner le temps de la réflexion. De secrets pressent \ firent prendre un excèb de précautions qui les . Pétronille cacha la lettre dans Tune de ses Lires, et la perdit en chemin. Un des gardiens dt on la trouva, la remit au jeune AndrooiCf qui, lécouvrir lêcomplot , fit appliquer la geâlière à la >. Quand il sut le nom du coupable, il donna Ires les plus sévères pour qu'on s'emparât de sa ine , annonçant qu'il lui destinoit les plus cruels ces. Il fit venir le bayle de Venise , et le somma rendre raison de cet attentat. Le bayle n'eut riea eux à faire qu'à partager la colère du prince. Il mna hautement la conduite de Carlt , et promit livrer mort ou vif. Ce dernier s'étoit mis en sûreté m de ses soldats. En s'y tenant étroitement rèni il échappe aux recherches, attendant l'occasion iir de Constantinople. L'arrivée d'une flotte cornée par Marc Gîustiniani, son beau -père, la lui ata. Cet amiral revenoit des bords du Tanaïs , ant avec dix vaisseaux de guerre une flotte marie vénitienne. Il croisoit devant la capitale. Le soldat, qui donnoit un asile à Zéno, prépare une le, et pendant la nuit transporte Carie sur le au de l'amiral, qui ne vit pas sans étonnement tre à ses yeux son gendre fuyant comme un cri^ l. Il eut une surprise plus agréable lorsqu'il lut le nie par lec^l Paléologue faisoit à la république sion de l^^Ble Ténédos. En homme habile, qui de commSKe faute capitale la perte d'un instant, iniani faiiappareiller aussitôt , part sans délai , e vers Ténédos, montre le diplôme au gouverneur Qe , qui la lui remet sans aucune difficulté. Après r établi une forte garnison, Giustiniani met à la • pour se rendre à Venise.

I cession de Ténédos pouvoit être contestée, parce l'empereur n'étoit pas libre; celle qu'avoit faite

1^2 HISTOnX BU BÀS-EMFIRt.

le-champ des troupes et des munitions à Tënëdot que la défense en seroit confiée à Carie, à qui ! donna pour collègue Antoine Yenier.

Dès que les Génois de Galata connurent cet év< ment, ils poussèrent des cris de rage contre les \\ tiens , qu'ils accusèrent de violer le droit des gens. sentoient plus que d'autres Tétendue des avantages procuroit à leurs ennemis cette acquisition , puisqt étoient les mêmes que ceux qu'ils en auroient relîi Ténédos possédée par les Grecs maintenott l'équilil entre les deux républiques; celle des deux qui parvea à s'en rendre maître faisoit pencher la balance^) faveur , et pouvoit dominer sur l'autre. La divisioa d avantages n'existoit plus ; Tune avoit tout ; l'autre pf doit doublement en faisant entrer dans ses çalcali I gains auxquais elle seroit obligée de renoncer. Pe pb par la silliation de Tile on pouvoit, avec une bon marine et de la surveillance, empêcher toute conaiii nication entre Gênes et Galata; séparer ainsi lescolsn de la métropole, et porter au commerce génois t atteinte mortelle. Gênes , furieuse , ne respire que vengeance, et veut faire partager au jeune Andra son ressentiment. Elle lui fait représenter combien conduite des Vf^nitiens est outrageante pour sa persoq devenant insultante elle-même en répétant an prince insultes qu'elle lui suppose faites par sa rivale , i semble, par son ton, ajouter les menaces aux plainl et lui fait voir sa couronne dans la dépendance du se de Venise. Andronic n'avoit pas besoin d'être exe D'après ses ordres , tous les Vénitiens qui se trouvai sur le territoire de l'empire furent arrêtés, leurs bi et leurs effets séquestrés. Gênes prépara vingt-deux 1ères, sur le&queHes on répartit les troupes grecques, a quelles la république joignit quelques soldats, et l\ pereur, se mettant lui-même à la tête de cette expédit vint au mois de novembre 1377 débarquer avec

■iSTOimK BU bàb-sxfirk. lès

a Ténëdos , dans l'intention de refyrendre cette i*ea chasser les Vénitiens. •

e Zëno s'ëtoit renfermé dans la^ place avec son e, qu'il chargea de la défense de la citadelle penl'il garantiroit les ouvrages extérieurs de l'attaque 'ecs. Ceux-ci , loin de croire que ces mesures le résultat du calcul et de la prudence, les prir >ur un aveu de la foiblesse. Pleins de confiance, incèrent vers le faubourg de Ténédos, ne doutant |a'à leur approche on ne se hâtât d'en sortir. I de trouver des fortifications nouvellement ites, ils revinrent bientôt de leur erreur; et, ant que ces travaux n'étoient point fails pour ssitôt abandonnés qu'attaqués, ils se retirèrent iirs navires pour y prendre quelque repos et se r au combat. Ils revinrent le lendemain au point S dans rintention d'emporter le faubourg de ce. Carie, devinant cette intention, mit en em« , dans des maisons qui paroissoient abandonnées, lié de ses soldats, avec ordre de ne parottre qu'an 9nt il convint. Cette disposition prise, il marche tt à la tête d'un détachement, qui n'étoit iK)int ombreux pour faire croire qu'il eût d'autre objet ^ de faire une reconnoissance militaire. Il se 1 effet à la vue des ennemis, et quand il est cern être aperçu. Dupes de cette tactique, les alliés nt. Carie presse le pas, et lorsqu'il les vit s'enans le faubourg, il donne le signal ; les soldats

de tous côtés , tombent sur les Grecs, et les sut en leur tuant beaucoup de monde. Carie, d'une flèche à la cuisse , resta sur le champ de

jusqu'à la fin du combat. Cet accident ne Teni- )oint de prendre des dispositions pour recevoir ts , s'ils étoient tentés de se présenter encore. Le ivant ils reviennent à la charge avec une nourie, et des troupes fraîches qoi ne s*étoient point

^S4 mSTOI&S BIT BÀ8-KM]piaX.

J)attnes la veille. Carie soutint leur effort avec înti

d^. Le combat fut long et sanglant , et la victoire di

lée. Ce qui paroissoit devoir Ta^sprer aux Grecs la

arracha. Zéno reçoit deux nouvelles blessures et te

Jsaigné dans son sang. Au lieu d'être découragés pi

malheur, les Vénitiens, qui croient leur générs

nombre des morts, s'élancent avec rage sur Tenni

le culbutent , en font un carnage horrible , et foi

ceux qui leur échappent à fuir précipitamment

leurs vaisseaux. Andronic étoit du nombre. Il fit ra

aussitôt à la voile^ et, dévorant Taffront qu'il venc

recevoir, alla dans son palais cacher sa honte. Zén<

jouir de son triomphe; ses blessures n'étoient pas

telles : dès qu'elles furent guéries il se rendit à Ve

.où le sénat lui prodigua ces honneurs auxquels on

tant de prix dans une république , parce qu'ils y

l'expression d'un sentiment général.

'• *^79* Les Génois, bien moins nombreux que les (

dans les deux combats de Ténédos, a voient peu sou

Un de leurs négocians reçut à la même époque un af

xlont il se vengea cruellement. C'étoit à Trébisonâ

chef du peuple de ce canton, qui portoit le titre

tueux d^empire , et n'avoit pas l'étendue de la

petite province, étoit du moins assez sage pour se

oublier. Sa foiblesse prolongea sa durée^ et les Tur

songèrent que lorsqu^il ne leur resta plus rien à pr

sur le continent. Les Génois établis à Caffa faij

avec les Trébisontins lui commerce , exclusif , et

rapports étoient fréquens et journaliers. Mégallo Le

l'un des principaux de la colonie génoise, passoit à

bisonde des mois entiers, moins «pour ses alTair

commerce que pour ses plaisirs , parce que la ce

Comnène lui en offroit plus que le comptoir de '

L'empereur, goûtant son esprit et ses manières, 1

admis dans son intimité; faveur qui fit de Méj

pour les courtisans de Trébisoode, un objet de

HISTOIRE DU BÀ8*EHPIHK. l85

d'envie; iU ne laissoient iamais échapper Toccasion le mortifier; ce. qui prouveroit que Comnène n*in- >it pas beaacopp de respect, si le fait suivant ne dëitroift qu'nn sentiment contraire remplaçoit celui-là. illo JQuoit un jour aux ëchecs avec un jeune homme dpassoit pour être le/açorida prince, en ne mettant me restriction à ce mot; les deux joueurs prirent îlle; le jenne Grec reçut un démenti pour lequel il kdit. un soufflet. Les courtisans donnèrent tort au Iknois, et l'empereur gain de cause à son favori. Ne Ibavant obtenir de réparation, Mégallo jura de se ven- |ir.^ Il arme en course deux galères. G'étoit assez pour mire .trembler l'empire -de Trëbispnde. Il se met en Iroisière, attaque les bâtimens qui sort oient du port, iVn empare, fait coupera tous ceux qui les montoient bnez et les oreilles, dévaste ensuite les cales, et les ttialheureux qui tombent entre ses mains subissoient hn même opération. En faisant de grands sacrifices, Ikmpereur parvint à équiper quatre galères, mais le jfeénçis . le^ brava , continuant le cours de ms mutila^ Ibpis. Deux jeunes gens pris avec leur père ëloient Hondamnés, lorsque le vieillard se jette aux genoux de pf^allo, le supplie d'épargner ses enfans et de le condamner à la mort. Touché de ses larmes , le Génois leur accorde leur grâce, à condition qu'ils iront porter I^Teropereur, de sa part, un baril plein de nez et d'okeilles qu'il avoit fait saler, et lui déclarer qu'il ne Hrettroit un terme à sa vengeance que lorsqu'il auroit §n sa possession le courtisan qui l'avoil outragé. Après «voir exigé du vieillard le serment, il l'envoie à Tré- Usonde . pour s'acquitter de sa commission. On peut juger de la puissance et de la majesté de Teropereur de Trébisonde par les mesures qu'il prit pour réprimer l'insolence du coupeur d'oreilles. Il fit venir son favori, lui mit une corde au cou , et, s'embarquant avec lui , le mena lui même à Métallo. Cette démarche , doublement

itô HIStOIES DU BÀS-EXPIllf.

honrilianle 9 prouvait rattachement dn prince posir II htrori ; car il comptoit bien le ramener sala et «àa| Celui-ci, en présence de l'empereari se prosterne é$ vant le Génois, lui fait amende honorable et se melÉ sa discrétion. Mégallo, posant le pied sur son vu lui dit : * Sors, malheureux, félicite- toi des nêœun • Génois. Ils n'ont point Thabitude de maltraiter tt femmes. » Cette apostrophe , plus cruelle pour témoin qoe pour le favori, qu'on ne poovoit plus hoi lier, fut suivie d'im traUi de paix entre le négociant i Gènes et Tempereur de Trébisonde. Le premier , jouoit le rôle du second, refusa dédaignensement présens de celui-ci, lui rendit même toutes les'i qu'il avoit faites sur ses sujets, parce qu^l n'àvoit que se venger, et non s'enrichir. Mais il exigea que i majesté établît à Trébisonde un comptoir à l'usage Génois, avec un privilège qui mettoit dans leur dépérit dance les autres nations. Enfin ce négociant, rema^ quable en ce qu'il avoit plus d'orgueil que de cnpMîlQ voulut que l'empereur élevât à ses frais un monuftMi public, pour éterniser la mémoire de cet événemcoli et l'empereur Comnène souscrivit à ses conditions. ^ C'étoit dans le mén>e temps que se passoit la révolo^ tion de Chypre, que nous n'avons fait qu'indiquer. Iifr^ médiatement après la capitulation de l'empereur 11 Trébisonde , une flotte génoise se présenta devant lé poU de Famagouste , pour demander réparation de rinsoHi faite par les Vénitiens au consul de la république"!! jour où le successeur de Lusignan avoit été reconnu. Li nouveau roi, pris an dépourvu , n'ayant point d'ailleof) une marine en état de repousser une flotte de qnaraati galères , prit la voie des négociations , crut apaiser kl Génois , demanda l'oubli du passé , et l'obtint. Les Génot promirent sans hésiter ce qu'ils n'avoient pas envie d tenir. Il signèrent même un traité pour 6ter tout moti de méfiance. Pendant que les Cypriotes , étrangers à I

, ëtoioAt dans la plus grande séeuritë , ainsi tfot les tiens f ks Génois , armés , se répandirent dans la , la mirent au pillage , et, $*emparant des Yénitienst tèrent dans des cachots. Le toi même fut obligé de ponr se mettre en sûreté. Trois insoiaires qni nS^ le jour de la querelle, pris parti pour ie consul enise , furent impitoyablement livrés au bourreau, fit embarquer pour Gênes plusieurs membres de mille royale , avec soixante otages pris dans les ipales familles du pays. Enfin le roi , qui s'ëtoit ié dans un coin de 4M>n île , fut obligé, pour la rver, ainsi qu'un titre qui ne faisoit qu'ajouter à son lliation , de payer annuellement quarante mille is à la république. Ce roi , réduit à Tespérance , à signation , ii'avoit de chances favorables que dans lerres entre Gênes et Venise. Allié naturel de cette ère , il n'attendoit son salut que d'elle. On voit , is le récit de ces événemens,*que , par une déplo* fatalité , les puissances chrétiennes les plus immémént placées sons Tinfluence des Turcs , les plus tement menacées par ces barbares , et conséqnem* ; les plus intéressées à se réunir contre eux , faisoient erre entre elles. Une autre circonstance concouroit re puissamment au progrès de ces barbares , en ant entre les princes de la chrétienté une funeste ion. C'étoit le grand schisme d'Occident , qui com- ^ eu i3y8 , par la double élection faite à «cinq ; d/ç distance Tune de l'autre , la première à Rome, iCQnde à Fondi « des deux papes Urbain vi el Clé* t vn. Pendant le schisme, qui dura quarante ans 1 378 à i4i8 ) , et finit au concile de Constance , les [TCîS se partagjfrent entre les deux papes , et même à vit plusieurs passer de Tobédience de l'un à celle sutre. Urbain , pour êtrç celui dont l'élection pouêtre la plus contestée, n'en étoit; pas. moins le plus îrieux et le plus arrogant. Il s'aliéna par son carac-

l88 HISTOIftK BA bàs-sxpirk. \

tère et ses crnaotës plusieurs des souverains qui ravéiéÉ d*abord reconnu, et le partide son compétiteur futbientjl supérieur au sien. On ne devoit pas s'attendre à Voîr;dajl de tels embarras, Tun des deux papes qui se traitoiehtin4 tuellement de schismatiques se mêler du schisnôé d( Grecs , et prêcher la réunion , parce que la prudence bloit prescrire un silence absolu. Mais il enfui autreroi avec un pontife comme Urbain. Clément sentit touti que pouvoit répondre Téglise grecque à celle de Roi qui avoit deux papes ; et combien la prétention à' F faillibilité devoit paroitre dérisoire de la part de pontifes qui se disputoient la chaire de saint Pierre. se tut donc : mais son concurrent n'imita pas cet exeni| il continua ce que ses prédécesseurs avoient comra< prescrivant même des mesures, et donnant des on dans la Grèce. Apprenant qu'il y avoit dans la M< un chef de parti , nommé Pierre Lebourd , qui fori le projet de chasser de cette province les Turcs, il vorfl lut leur assimiler les schismatiques grecs , et les banoM comme les infidèles. En conséquence il prescrivit 1 Tarchevèque de Patras de négocier avec Pierre Leboml pour l'engager à chasser les schismatiques comme M Ottomans. Disposant à son gré du bien des premiers é des conquêtes faites par les seconds, il autorisa le prélri à concéder les unes et les autres au partisan , à condt tion que celui-ci reconnoitroit le pape comme son souverain,et lui paieroit un cens annuel. Cet ordre insensé B plus d'effet sur les Grecs, dont il augmenta la* haiw pourries papes, que sur les Turcs, qui n'en avoiefli aucune connoissance , et ne s'en seroient nullement ininquiétés* ■388 Amurat ponrsuivoit le cours de son invasion , san examiner si les terres dont il s'emparoit apparteiioienti d'autres qu'à ceux qui les possédoient ; et, fidèle obscr vateur de la jurisprudence des conquérans , il fondoi son droit sur la force. Le grand-maitre de l'ordre d

lint-Jean de Jérusalem venoit de tomber entre ae» lins. Il se fit céder pour sa délivrance cette ville de tras ^ et mit ainsi son archevêque dans Timpossibilité remplir les intentions du pape. Il acheva de prendre »pn du pays qui sépare Andrinople de la capitale, de celui qui s'étend depuis la première ville jusqu'à ilonique. La place de Sophia le tentoit , parce située sur les confins de la Bulgarie, elle est tme la clef de ce royaume , qu'elle garantissoit par fortifications. De plus , elle protégeoit toute enlre- |vise sur la mer Adriatique , circonstance qui la rendoit IHui plus grand prix pour Amurat. Tous les avantages ppoie prësentoit cette place au sultan étoient , jusqu'à ce fil eu fAt maître, autant d'obstacles : il parvint cepen- \t à les vaincre. Il songeoit aux moyens de faire )r en son poQvoir Tile (k Gorfou , qui venoit de se inér aux Vénitiens , plus en état de la défendre que Grecs , lorsqu'il en fut détourné par un événement ^iQqoel il. ne pouvoit s'attendre , et qui fixa toute son at-

rtion : c'étoit la révolte de son gendre Aladin , sultan Caramanie , dans l'Asie mineure. Après avoir pris à fit solde V en vertu d'un double traité , les Tartares et les SCorcomanSfCe prince, se mettant à la tête d'une armée flormidable, commence les hostilités, et déclare la guerre d^sqn beau-père. Amurat rassemble ses troupes, et dé* =||iche vers son grand-visir Chaïradin pour lui donner Tordre d'amener les siennes. Le visir, étant mort dans la ^Date, fut remplacé par son fils Ali-Bacha , qui, sa- ^«faant qu'il étoit dangereux de faire attendre le sultan , SB rend sans délai près de lui. Les deux armées sont bientôt en présence, commandées par deux chefs animés d'une égale ardeur. L'un , à qui la victoire avoit toujours été fidèle , pouvoit à peine se contenir, tant il étoit fiirieax de l'ingratitude de son gendre ; et l'indigna* tbn ajoutoit encore à son courage. En se révoltant «Notre le terrible Amurat » l'autre, résolu de vaincre ou

1^ «t»tôl&E i^tr liA8-<t]Mil<i

de péi'ir , fte voyoit dorant Idi que le trôné da la Le premier ne i^eipiroit qife la vengeance ; nne tieme cupidité feudit agir le second. C'est dans de Milles dtBpositionft qn-iU se livrent bataille; Anrarat place au «entre avec Tëlite de ses troupes ; il doni Bajatet, son fils aîné, Parle gauche , composée dfe viens que Laaàre , leur prince , avoit envoyés au sohl et confie à Yacub , son second fils , le coçimandt de la droite , fi>rmée d'alliés , au nonibre desquels avoit de petifs princes grecs , vassaux du sultam , vonioit ainsi faire concourir par la suite les Gredl leur propre destruction. De son cAté, le prince/de ramanie observoit le même ordre de bataille , occu] le centre avec ses meilleures troupes. On donne signal. Bajazet , que son impétuosité fit sum< t éclair (gilderun) , fond sur l'ennemi avec la ra| de la foudre : il enfonce l'aile' opposée, il ren^ lout ce qui lui résiste, et sème autour de lui l'épou^ et la mort. Moins ptompt , mais aussi terrible » Atili s'avance , engage un combat sanglant , et remporte victoire complète. Âladin se sauve , va trouve^ la fil d'Amurat , l'envoie vers le vainqueur » dont apaise le ressentiment , et qui pardonne à son gen< L'année suivante , les Serviens parurent vouloir noncer à l'alliance du sultan : ils exprimoienC leur ni^ contentement : bientôt d'alliés il devinrent entiemlK Schahin , l'un des généraux turcs les plus expérimentes^ s'avance à la tête de son armée sur les frontières de Bf Servie , ' afin d'en contenir les habitans. En guerrier aussi prudent que brave, il vouloit se contenter dl couvrir les conquêtes , et ne pas attaquer . Mais ses oft* cters murmurèrent , ainsi que les soldats , qui , Ion' qu'ils étoient en campagne , ne songeoient qu'au pillagd Ih traitait de timidité la circonspection de leur géuérîlt Vaincu par letirs instances, autant que piqué de leiM reproches , il livre bataille , et la perd. Amuràt frénolN

MfSTOIES 9V BÀS-SMVIEI. I9I

Site noavdl e. Hi lax josqa'à i il dam t ttt sci reprises , o i t favor le ^ cm

ironné per la Tictwi. e , il < rpris et far i ctl lec. A la fin d'une longa et oriease can >, il ae foit robjct des railleries < chrétiens » it il avoit il de fois abattu la paisss ce. Cette i troublait a ropoi ; la vengeance ne lui laisioit de « imeil que qoe la fatigue rëclamoit impérienseni< . Il vouloit le cette vengeance fftt éclatante ; il s'en occupe sans ne , et fait pendant une année des préparatifs de guerre rtraordinaires. Son visir assembla d'après ses ordres nies, les forces de Tempire. Bajazet , snltan de la Ga*^ liie , son frère Yacub , gouverneur de la province de Sirasie , le bé^ierbey Schahin , et tous les vassaux de K. CQaronne , reçoivent Tordre d'amener toutes leurs Pliopes. Lazare , crâle de Servie , voit avec effroi cet Ingt prêt à fondre sur lui. Ne pouvant l'éviter, il fait ■pue lé braver un appel à ses voisins , et parvient à IMner ane ligne puissante. Les Bulgares, commandés le prince Marc , les Va laques, les Hongrois, les DaU 9 les Triballiens , ceux des Albanois qui n'avoient |m fnoore été subjugués , viennent en foule se ranger laos ses drapeaux. L'ouverture de la campagne fut tant à l'avantage des Turcs. Caratemnr*Tasi , succès^ Mnr de Schahin , qui venoit de mourir , et le grand* binv Ali-Bacha , assiègent et prennent plusieurs villes Ae la Servie. Lazare , en voyant approcher le jour |ù son sort devoit être décidé , concentroit toutes ses inrces* Il promettoit à ses soldats les récompenses les j&is propres à exciter en eux l'émulation et le courage. ftl^4ogagea par serment à donner sa fille , avec une dot ^ dix cités en propriété , à celui qui prendroit Arau- ^~^' et le lui livreroit. Les deux armées se rencontrent lesplainesde Cassovie : elles en viennent aux mains tfec mie égale ardeur. Celle des confédérés , plus vive , iuis moins soutenu^ , produisoit plus d'isffet , et las

19a HISTOIRE SU BAS-'EMPIB.X.

Turcs commençoient à plier , lorsque Bajazet , p: prodiges de vahear / rétablit Téquilibre, et bien pencheria balance en sa faveur. Toujours en avan' massue à la main , il étoit toujours accompagn Turcs, qui ne pouvoient sans opprobre abandonné général. Rien ne résiste à ses efforts: tout tomi fuit devant le prince, et son père est vengé. Lazai fait prisonnier : Marc , prince des Bulgares , se s Un grand nombre de nobles confédérés périt: rimr plaine de Cassovie étoit jonchée de morts.

Après le combat , une fatale curiosité conduisit l rat sur le champ de bataille. Il goûtoit un plaisir à contempler ces nouvelles victimes de son ambi Remarquant qu*it n^y avoit que des adoléscens , témoigne sa surprise à son grand-visir , qui lui rép< en vrai courtisan que cette circonstance n'avoit d'extrordinaire. « Elle prouve seulement (lui dit-i « terreur que vous inspirez. Cette jeunesse audac « et sans'expérience , n'écoutant que sa bouillant «( deur, part sans réflexion , et, tombant à vos pi <« vient expier sa folle témérité , tandis que la prud « arrête ceux qui sont plus expérimentés , parce c M savent que la force de vos armes est irrésistible, sultan avoua qu'il n'avoit pas vu sans inquiétude < mencer le combat, parce qu'il avoit été, la nuit pi dente, agité par un rêve dans lequel il se croyoit fr. par un assassin.^. Comme il achevoil ces mots, un s(

' Ce? détails ttont rapportés parle neDt les bras. Mais le fait , tel

prince Gantemir ( liv. 1 , Amurat , est rapporté par Chalcocoodyle

1108). Les historiens s'accordent à nous suivons, par Gantemir <

fairepoignarder Amurat su rie champ gredo (mémoires cités, \vr.

de bataille ,' à l'exceplion d'Orbinus pu suffire pour l'adoption d

de Raguse, qui prétend que ce usage. Le soldat qui venge

prince lut assassiné dans sa tante par prince et son pays s'appeloit

Lazare, crûle de Servie ; et que c'est vant les mêmes historiens ) il

depuis cette époque qu'aucun élran- Cabiloviiz. Il étoit parliculièn

ger ne peut paroîlre devant le grand- attaché au service de Lazare. <

seigneur sans être accompagné de rair croit que Bajazet fit déc

deux chambellans turcs qui lui tien- le crâliv

ballîen , caché parmi les morts , s'ëlancesur Âmurat , lui enfonce un poignard dans le bas-ventre. Percé .«même aossitôt de mille coups , il expire avant sa rtime, qui vécut encore deux heures. Non content celte vengeance , les - Otton^^ se rassemblent , «ssent sur le champ de bataille la tente d'Amurat , Vy lacent , reprennent leurs ran^s , et font massacrer à % pieds le crâle et les autres chefs faits prisonniers de nerre. Après cette cruelle et sanglante hécatombe, on lot d'un consentement unanime Ilderîn Bnjazet pour pmpiacer Amurat. Le premier acte^d'autorité de ce |fian fut de faire étrangler sou frère Yacub Chélébi avec ■ne corde d'arc ; genre de mort regardé comme le plus korable , et réservé pour les grands. Bajazet ne fit que uvre Tcxemple de son père et de ses aïeux , qui tons »ient commencé leur règ^e par ordonner le supplice de trs frères. Ainsi mourut Amurat, après une victoirequi iaissoit sans rivaux. Il avoit gagné trente-neuf baôlles. En ne le considérant que sous un certain point vue , comme politique et chef d'un grand empire ; faisant sa part du tribut que les princes paient aux urs de leur pays et de leurs peuples, on conviendra mérite de ce sultan. Il fut juste, sévère, et ne laissa lis le crime impuni. Ennemi du faste , il ne portoft que des habits d'une étoffe de laine , appelée A, renonçant à la soie, que les sultans et les lambellansseulsavoient le droit de porter; d'une grande kriélé, d'une retenue rare parmi les Turcs, il aimoit lecture et la conversation des gens instruits. Ses sujets ivoient surnommé Clodovendtkar , c'est-à-dire l'oude Ditu.

t ' CeUe ëtoffc, de la plus grande porte un habit de 9oph a le nom de

■eue » étoU plus particulièrement soplii. Les ancien:» rois de Periie s'ap*

•ctée aux prêtres mahomélans , à peloient sophis, Vo8«iuâ prétend que

iu loi défend de porter de la «oie. c'est parce qu'lsmaëi se voiioit la

tti, dit Canlcmire, quiçpnque Icte d'un Jo/^/i rouge.

Ipi HI8T0IBS DU B19-1&1IPII.1.

i^« Peu de temps après la mort d'Amurat ^, Paléôh et ses deux fils, Manuel et Théodore, parvinrent à s< chapper de leur prison. On est loin de s'accorder êuri manière dont cette évasion eut lien. Michel Ducas que ce fut par t adresse if un. fripon nommé Lan(i;e, qu'on surnommoit W Diable; elle se fit avec tant mystère, qu'il n'est pas loin d'y voir du sortilège. D'i très assureut que ce fut par le secours d'un moine de magie , tant il conduisit l'intrigue avec habileté, concilier ces divers témoignages, il faut supposer Tagent principal^mployé par les Vénitiens s'ap| Biablange, et qifil corrompit la garde allemande gée de surveiller les trois princes. On les conduisit à tari ville de la Natolié, située vis à-vis Constantin Ils recoururent à Bajazet pour se faire rendre le tri mais Bajazet protégeoit Âi^ronic, qui lui avoit h établir dans sa capitale un juge ottoman, et lui ps] im tribut. Il falloit donc que Jean Paléologue enci sur son fils et donnât plus d'avantage au sultan. Un de plus dans la carrière honteuse qu'il parcouroitoe coûtoil rien ; ils'étoit couvert trop de fois d'opprobre hésiter. Il est curieux de voir en quoi consîstoit ce meux empire romain que sedisputoieut le fils et le pèi il ne restoit qu'un coin de la Thrace entre la Pro| tideet la mer Noire, dont on estime l'étendue de vii lieues en longueur sur douze environ de largeur.

« GhalcoGondyle et Phraoza pla- révénement, tandis que le j^tniN

cent , cpmme nou» l'avons dit, réTa- est venu plus de deux siàcler »pf4

sion de Paléologue sous le règne de Sagredo place sous Bajazet non-i^

Bajaeet. Le savant Kéri, jésuite hoD- lemeut Tévasion de PaléuIogiM

flKÀê{ Jmperatores orientis, etc. )i mai» encore celle d'Andronic. I

la met plus tôt, et sous celui d'Amu- faudroît, pour admettre cette «d

rat. Ducas la raconte sans dési|?ner sion , supposer que Paléologue réfi

aucune circonstance ( chap. la) qui beaucoup plus long -temps, et qi

puisse aider à fixer une date. Kous les deux révolutions eurent lien te

t préférons le témoignage des deux Teftpace d'uue année. Ainsi la cbn

historiens grecs , parce qu'ils vi- uoiogie force à rejeter Topinioii d

voi(-nt trente ou quarante ans après doge de Venise.

HISTOIRE ^U SAS-EMPIH^. JqS

CocstantÎDople , qui présentoit encore la richesse et la ppuiation de la capitale d'un grand royaume , l*empire éioit comparable à la plus petite province d'ÂUejMgoe ou de France. Il falloit ou partager ce fragment , n le frapper d^une forte contribution. Palëologue ofiprit iB tribut annuel de trente mille ducats, prit l'engagement Tenlreteiiir un corps de douze mille hommes pi^êt à oarcher aai ordres de Pa)azet , enfin de le mettre en MMaession de Philadelphie, la seule ville de Lydie qui , pgv la bonté de ses fortifications et la fidélité de ses habi- }/g^ , avoit résisté jusqu'alors aux armes victorieuses des Fwcs. Le sultau accepta ces propositions, et donna Sôrdre à Tempereur Andronic de rendre le trône à son prre. Andronic obéît avec humilité. Comme dans cette Ipoille on renunçoit difficilement à commander d'un É^, quoique de l'autre on se soumit avec facilité, le j^nce vint se jeter aux pieds de son père pour en ob« lîenir un canton sur lequel il pût exercer son amour du pouvoir. Paléologue lui pardonna, lui donna Sélembrie, ||ida Rodoste au fils d'Andronic , qui avoit le même goût gue son père , et se réserva Constantinople pour Ma- ||Del et lui. Comme Andronic et son fils gouvernèrent fehinm exclusivement, tout ce qui n'étoit pas renfermé giaos l'enceinte de la capitale, on peut dire que pendant |Belqoe temps les Grecs eurent quatre empereurs et point Ifcmpire.

I Jean Paléologue avoit encore de nouveaux outrages à

■évorer. A peine étoit-il remonté sur le trône que Ba-

HpEci le somma de remplir ses engagemens, et de lui îi-

IjBrer Philadelphie. L'empereur envoya Tordre de rendre

i^te place au gouverneur, qui, n'écoutant qu'une justç

iadij;nitinn , refusa d^obéir , et ferma les portes à la gar-

|UK0o turque lorsqu'elle se présenta. Celle de la ville,

ainsi que les habilans, parlageoient les nobles sentimens

4i gouverneur, et déclarèrent quils se défendroient.

Hiiladelphie, étant située dans un p^y s entièrement con*

la confiant à une forte garnison. Il arrive au ^int

jour, se fait reconnottre, et donne ordre qu'on m on^

les portes. Sa mère, avertie f affligée et surprise à laf«(

de voir son fils dans la postnre d\m fugitif, se renderij

hâte sur le rempart , apostrophe Etienne , et lui refiiM|

l'entrée en lui disant : » Malheureux ! devois-)e m'atfendfl

» à voir mon fils se retirer du combat sans être vîcïd^

« rieux ! C'est la prenûère fois que i\ï trompes mon

« poîr. As-tu donc oublié qti'on t'appéloit le plus brai

« Fuis loin de ma vue , et ne reviens jamais qu'accoi

« pagné de la victoire. J'aime mieux que tu périsses i

^ la main de Tennemi que de te savoir vaincu , et

« tout que de te voir sauvé par une femme. Je prëftl

« la mort à rinfamié ». Navré des reproches de sa nièi

Etientïe part comme un trait, rencontre un trompetM

fait sonner le rappel. En un instant douze niille M(

daves se réunissent à ses c6tés. Le prince , Toeil ai

de cotère, communique son émotion et son dépit à 4

soldats, les entraîne avec lui , tombe sur lesTurcsépi*

dans la campagne et se gorgeant de butin , les batsiÉi

leur donner le temps de se reconnoître, les pontsflfi

jusqu'à Vachiuy , à vingt milles du champ dé bataîlll|

renverse tout ce qui ose lui tenir tête, s'empare del

tente de Bajazet , qui se sauve lui - même , et jouit S

plaisir de chasser devant lui celui qui faisoit trembW

cette partie du monde, et qui fut trop heureux de pWl

voir se retirer à Andrinople avec un très-petit nombre c

soldats. Etienne fit hommage de la tente du sultan hi

mère , qui l'embrassa , palpitant de joie d'avoir m 9

digne d'elle , et qui lui devoit la victoire.

Pour se distraire, le sultan part pour l'Asie, da^ l'intention de s'emparer des états de plusieurs peti princes , qui , dès qu'il étoit absent , se révoltoient. Avi^ son départ, il exigea de Paléologue, à titre de trilni^ une somme considérable , et voulut que rempërè^ Manuel le suivit en qualité de vassal avec cent homni

MSTOIHE DIT AÀS^BMFIâl. igg

mpes 9olàés par le trésor impérial poar servir de dliooneur au sultan. Les deux empereurs obéirent ; lonna la somme demandée, Tantre paya de sa per* f. Bajazel , gendre de Zierman-Ogii , prince de la t Phrygîe, n'épargna pas son beau*père, qui, pen^ qo'il étoit en Moldavie , avoit pris les armes contre ^efnian fut châtié de sa ténoérité. Sa fille n'obtint du féroce sultan le pardon que celle d'Aladia obtenu du sévère Âmurat. Il fut impitoyablement lillé de ses états. Caraman-Ogli, beau-frère da 9, JFyant appris la victoire des Moldaves, croyant let retenu pour long-temps en Europe* se jeta sur ats. Il porta le fer et la flamme jusqu'au sein de ^re^^et forma le siège de Kutahia, ville impor- , dont la possessiou l'auroit rendu redoutable, me il se flattoit d'humilier la puissance ottomane, prend que Bajazet, qu'on croyoit en Europe, étoit de lui , commandant une armée nombreuse. A cette ion , les historiens turcs font remarquer avec quelle lité ce prince se transportoità de grandes distances , idant de tous côtés la terreur par des armé^^om* les, dont la marche étoit inconnue, et qui parois^ t au moment où l'on étoit à peine instruit de leur eiice. Ce fut la cause du surnom de VÉelair qu'ils tonnèrent. Le prince Cantemir dit qu'on lui en it un autre pour sa grande réserve, car il ne comiquoit jamais ses projets, et, dans les affaires les difficiles, son ami le plus intime ignoreit son secret, issoit par lui-même et ne consultoit personne. Gain ne fut donc averti du départ de Bajazet de tipe qu'en apprenant qu'il falloit se battre contre ^ cette nouvelle inattendue , la terreur s'empare de >idats. Lui-même , en se voyant abandonné , tâche agner son royaume; mais il est arrêté dans sa , ainsi que ses deux enfans. Bajaiet lui fait trancher le , et condamne les jeuneii princes à une prison

dOO HISTOIRE DU BÀS-£MPIR'K.

perpétuelle. Il s'empare ensuite de la Caramanie. Api en avoir pris possession, il repasse en Europe. Pend» que Manuel, suivi de cent jeunes 'Grecs des plus noU familles de Tempire , accompagnoit le sultan, Paléi logue eut la lâcheté de lui enlever une jeune princeii de Trébisonde, dont il fit sa femme, et qui devoitéti sa belle-fille. A son retour Bajazet le traita avec ui hauteur inquiétante, qui lui fit craindre que lesuita ne voulût lui enlever sa capitale. Il projeta d'en aii( menter les fortifications; précaution inutile quand ceb qui la prend manque de cœur. Nous verrons le prinl qui devoit expier les fautes des Paléologues, et venger io honneur, le dernier et le plus grand des Constantins,^ réter Mahomet , quoiqu'il eût trois cent mille i|iimine et Tarréter pendant près de deux mois, avec moins i dix hiille hommes. Mais il étuit déterminé à sei sevelir sous les ruines de sa capitale, tandis que Jei étoit incapable de défendre la sienne.

Croyant donc se mettre à Tabri d'un coup de raaî derrière un rempart, il voulut en construire un; mai il s'é^t imposé un devoir honteux, celui de rendr compte de ses actions à Bajazet, à qui il ne poiivoj faire la confidence de son dessein; il étoit difficile dl fortifier Constantinople sans qu'il s'en aperçut. Dafll rintenlion de donner le change, il commença par an noncer qu'il alloit embellir la capitale, faire dëbiayci les églises ruinées , les édifices renversés , et les remplaeei par d'autres. Pour faire croire à la réalité de ce projelij il fit transporter à la Porte dorée, la principale deCoQî stantinople, des blocs de marbre blanc. Il s'en servîl pour relever les deux tours entre lesquelles étoit cdt! porte, et qu'il avoit fait abattre lorsqu'elles lui fureï remises par Cantacuzène. Des artistes connus pour < travailler qu'aux ouvrages de goût dirigèrent les tf' vaux. Mais Bajazet étoit trop ombrageux pour et dupe de subterfuges aussi misérables. Il laissa consIriA

BISTOTRE DIT BAS-EHPIRK. ao5

t d'cxlëniinlimi où dlott tombé le colosse impë- I piiissiince et IVnorgie (ies barbares qui s'en ieiit les ilerniers lambeaux , Inissoleiit le fantôme renr expnsë à tous les caprices de la forliine. ndant Théodore , son fière , despote de Laccdé- »voil , par sa vigueur et son adresse , reconquis à e un territoire important. An moment où Mathieu izène, qui s'étoit concilié rattachement de ces peiiiiil lui disputer le ilruitde les gouverner, la mort débarrassé d'nn si redoutable adversaire, et les is de ces contrées lui avoîent reporté les sermens voient prêlésà Malhieti. Il ramena l'abondance, inierce et la paix dans le Péloponèse> La re- 'e de sa sagesse et de sa îusiice s'étendît au loin. )it alors si pou d'états où les princes s'occupassent Ile comme avec ïuccès du bonheur de leurs suue Théodore vit accourir <le toutes parts des qui fiiyoîent les exactions des gouverneurs on férocité des Turcs. Des cités depuis long-temps nnëes se repeuplèrent d'habitans ; les champs I se couvrirent de moissons ; enfin l'aspect de e et de la prospérité brilla là où régnoient aupala misère et la solitude.

]i nous est sauvent offert comme le fruit il'une ilîoti riante "* réalisa pour Théodore Paléodes peuplades entières, quittant l'illyrie, ëmi- Bvec leort femmes , leurs enfans, leurs Irou" et , s'arrêlant aux frontières du Péloponèse , lèrent à s'y établir. C'est un Irait bien saillant tisinire de ces temps que la | 'rosilé et la contée lesquelles Théodore aci iillit , malgré ^Is de ses coUrlisous , i firésageoient les

-4 les ptus funestes I I abandon. La

e de pins de o auDuel vertu

fiiut l'attribuer. Il avott demandé au priftee Akl Comnène, empereur de Trébisonde, i fille ËudiM pour Mauuel. Cette jeune princesse arriva pendu Vabsenee dé son futur époux, quicommaadoit en Aij la garde d'honneur du sultan. Paléologue , ne pm^nà résister à ses cbarmes, se l'appropria , et la ht saceéin à l'impératrice Hélène, qu'il avoit perdue depuis qod ques années. Si l'on songe qu'il avoit soixante*on airi et que Manuel étoit sonJUs bien- aimé , l'on conviendl sans peine que l'amitié de ce prince ou sa haine devoill être indifférentes, puisque Tune n'étoit pas plus util que l'autre n'étoit redoutable, et qu'il n'a voit droit hii àiéme à aucun de ces deux sent imens, dont l'un suppôt toujours l'estime, et l'autre ne l'exclut pas toujours» | mourut en iSyt, à soixante-un ans. H en avoit rrfpi dnquante. C'est ici l'occasion d'exprimer des âiOlj relativement ao surnom de Calojean , que la plnpH <les historiens modernes croient avoir été donné à JiBU Paléologue. On a vu dans cette histoire <> que ce A Jean Comnène qui le reçut, et mérita en effet d'Al( appelé Bon. Cinnamès , l'un des meilleurs historiensdl la Byzantine , et Nicélas, appelent Comnène Calojeani le premier vécut du temps de ce prince, et le secoiJ immédiatement après lui. Aucun écrivain grec m donne ce surnom à Paléologue, qui le reçut pour II première fois de Cantemir, plus de trois siècles après 4 mort. Encore celui-ci, dont l'erreur a été fidèlenicnl

^ iTom. 9 de cette édition , liv. revu par le savant Danse de Tiibî*

36^ pag. 5. Kalos signifie aussi bon^ son , il est dit que ce nom fut dooil

et ce n'est qu'en assimilant la beauté aux moines grecs , et qu'il sigD>M

à la bonté que M. Le Beau a pu faire bon vieillard. C'est cette acceptioi

rihlerprdlation qu'il donne (ibid). que l'on doit donner au surnom M

C'est comme si l'on appeloit le fils Jean Comnène. Si Paléologue dÊ

de Philippe de Valois Jean le Beau , reçu le même , ce seroit dans l'auM

au lieu de^e^i/i /e Z^on, turnom que sens , à moins que la foîblesset*

l'histoire lui a donne. Jean Comnène nullité de moyens, et la lâcheté,!*

n'étoit rien moins que beau* Au mot soient synonymes de bonté. f^Kf^

calojrer<t dans le dictionnaire éty- logue n'auroit pu être appelé Cflto*

mologique des mots dérivés du grec, j'ean que dans sa jeunesse.

osmise jusqu'à nous, se trompe-t-il évidemment, UqnMl fait deux personnages de Jean Paléologue et Calojean , qu'il place Tun à côté de l'autre dans le kSeau des priiices coiitempofaiins d'Orchan ^. D'après récit des événeroens du règne de Jean Paléb|ogne , on ^t qu'il n'étoit digne d'aucun surnom honorable. Ses homenades en Europe pour mendier des secours et voir des affronts, sa soumission servile aux caprices deux sultans , son manque de courage , ne peuvent rër que le mépris ou la pitié, et l'on n'a point e choix.

Vpy.hiêt. de l'empire ottoman, emploi ; mais il auroit dû faire por-

.1 s règne d'Orchao , n» i3. Je ne ter la suppression «ur le mY>( Calo-

\tà c'est M. de Joncqnières , tnr- Jean, et non sar celui de Paiéoiogue.

I, ou le père Desmoletz, édi« Cette erreur a été répétée depuis , et

•lie cette traduction , qui en a deux écrivains de mérite viennent

il fable. C'est à l'article Jean de la consacrer de nouYeaa , le pre-

^ue qu'il exprime le doute mier dans son histoire de f^enis^

liequelU est en disant qu'il croit (tom. i, pag. 6a3), et le second

faut remplacer Paléologue par dans V Abrégé de l'histoire univers

^ne. Il remarqooit que le te//e,tom« ftS, p. 5i«

Caatemir faisoit un double

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