LIVRE CENT-DOUZIEM
JEAN PALEOLOGUE II.
in. i4a3- Aussitôt son avènement au trône , Jean Paléologue voyades ambassadeurs au sultan Ainurat pour régler finitivement les conditions de la paix. Mais ils le trouvèi dans des dispositions beaucoup moins rassurantes celles où Tavoit laissé Manuel. Il attribuoit à Jean t( les résolutions violentes qui avoient rompu les d^amitié subsistant entre les deux peuples à Tépoquei la mort de Mahomet ; il projetoit de nouveau d'assiéj Constant inople : il résolut auparavant de porter armes dans la Thessalie et la Morée. Cependant Cin( qui avoil donné tant d'occupation à la maison ottomai en bravoit encore une fois le chef. Le sultan diri| donc d'abord toute son attention sur ce rebelle, rad sembla des troupes, et mil à leur têleHalîl, Romaine nation, qui avoit épousé la sœur du visîr de Mahometi lue de la main de Cinéis, et qui étoit en conséqnenq animé du plus violent désir de vengeance. Ce général prit la route de Philadelphie. Cinéis, toujours pleil de la même audace, ayant appris le dessein d'A* murât, s'étoît préparé à la résistance, et s'avançoil fièrement au-devant de l'armée turque, qu'il ne tara pas à rencontrer dans le voisinage de Thyatîre. On en vint bientôt aux mains. Le fils de Cinéis commandoil un corps d'élite ; il engagea le premier le combat. Li choc fut si furieux, qu'Halil , craignant d'être ronjj>i
HISTOIRE DU BAS-ÊMPIRE. So^
lonna anx siens de s'ouvrir pour laisser le passage aux alllans; mais la li^nes^tant à Tinstant refermée, lé i de Cinëis se trouva coupé du corps de l'armée, et fsqne ses troupes voulurent de nouveau pénétrer le otre d'Halil , elles furent reçues avec une telle vigueur, l'elles lâchèrent pied et se sauvèrent. Le fils de Cinéis t pris et envoyé au sultan Amurat chargé de chaînes. 11 moment que Cincis vit cette défaite et le malheur t son fils, il prit immédiatement la fuite, et, après avoir •ré quelque temps dans les montagnes de la Phrygie, Are montré à Sardes et à Laodicée, il revint s'enferker à Hypsèle, petite ville située sur les bords de la her Egée , dans laquelle il avoit établi ses magasins. ^Amurat , pour récompenser Halil de ses services , le Ik gouverneur de toute la contrée usurpée par Cinéis. phlil ne voulut pas laisser sa victoire incomplète ; il se Hit sur les traces de l'ennemi et l'assiégea bientôt dans Itypsèle. Malgré tous les préparatifs de défense qu'avoit pkts Ginéis, celui-ci fut bientôt convaincn qu'il devoit Kcessairement tomber au pouvoir d'Halil. Aussi étroipbnent bloqué par mer qu'exactement investi par terre, ■'fit proposer au général turc de lui ouvrir les portes , lia seule condition qu'il auroit la vie sauve ; ce qui lui (ht promis. Mais dans k^ camp des assiégcans se troulôit ce frère du visir Bajazet qui l'avoit vu périr sous ks yeux. Quoique Cinéis l'eût alors épargné , le sentiment de la vengeance l'emporta, et il résolut de l'imnoler enfin aux mânes de son frère. Cinéis avoit été fenduit dans une tente où il étoit gardé , et peut-être Ipe le général turc fut resté fidèle à la parole qu'il lui Ivoit donnée ; mais le frère de Bajazet introduisit dans la tent^ de Cinéis quatre bourreaux qui l'assommèrent ^fendant qu'il dormoît. Sa tête fut envoyée à Amurat, qui se réjouit d'être enfin débarrassé de ce Protée fchappé tant de fois au juste ressentiment des sultans* Toute sa famille fut qxtermin^, et il ne resta dans la
5lO HISTOIRE BV BAS-EMPIEB»
Lydie que le souvenir de sa tyrannie. Les princesi r Asie mineure envoyèrent des ambassadeurs au sull Amurat pour le féliciter de sa victoire et renouveler a! lui leurs alliances.
Jean, voyant combien étoit menaçant Torage qui toit fondre sur lui , résolut de le détourner à tout pi L^étendne de ses concessions fut telle, qu'Amurat en rut satisfait. Il accorda enfin aux Grecs une paix citée avec de si humbles instances. La dignité impérij qui depuis si long-temps déjà n'étoit guère qu'une bre, ne fut plus qu'un vain mot, et le descendant Constantin se résigna à n'être qu'un vassal du Turc, cédoit au sultan tontes tes villes et toutes les places tuées sur le Pont-Euxin ; il s'obligeoit à payer cl année une somme assez considérable à titre de tril il prenoit d'ailleurs l'engagement de ne donner ai secours aux ennemis de ta Porte. Si plusieurs de prédécesseurs avoient siibi déjà ce joug honteux , il ét( facile de voir que celui qui se Timposoît en qoeh sorte de lui-même ne s'en afiFranchiroit plus désorniaîi quoique les princes de sa maison fissent alors quelqudi acquisitions assez importantes. Constantin, celui des4 frères que Jean afTectionnoit le plus, s'étoit rendu daai le Péloponèse pour succéder k Théodore, despote d| Lacédémone, qui avoit déclaré vouloir abdiquer um autorité et se retirer à l'ombre d'un cloître. Jean avoil accompagné le prince pour confirmer son investitures mais, lorsqu'ils furent arrivés sur les lieux, Théodore avoit changé d'avis, et déclaré vouloir garder son gonvernement. Constantin, qui déjà jouissoit en idée dl cette principauté, fut très-mortifié et très-métontent dl la versatilité du despote , et Jean eut beaucoup de peino à reconcilier les deux princes.Constantin, protestant qu'il ne seroit pas dit qu'il étoit venu pour rien ôter à Théodore, moins propre que son frère à soutenir une pareille querelle, se décida à lui céder plqsiçurs villes j il f
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 3l5
Mat les côtes de l'Âchaïe ; qu^au snrplus , ayant fort à 'cœar de rester en bonne intelligence avec Âmurat , il alloit de suite retirer sa petite armée.
Cependant il ne la licencia pas. Les dispositions des liabitans de la ville loi laissoient Tespérance que dans peu il s'en rendroit maître. En effet, moins d'une année après, s'étant rapproché de ses murs, le peuple (ayant à sa tête les principaux magistrats) vint en grande pompe au-devant de lui. Ce fut une véritable enirée triomphale : les maisons et oient ornées de feuillages et de banderoles , et des fenêtres on faisoit tomber sur le cortège une pluie de fleurs et d'essences les plus précieuses. Constantin fut proclamé souverain de Patras au milieu de la joie universelle. C'étoit l'effet de l'aversion que les habitans avoient conçue pour le gouvernement papal. L'inipéritie des délégués du saint-siége , les dés-' ordres auxquels elle donnoit lieu , et l'impossibilité de faire redresser les griefs en raison de la distance et du peu de facilité des communications depuis l'accroissement de la puissance turque, avoient rendu cette dépendance insupportable. On préféroit , non sans quelque ;raison,. la domination immédiate d'un prince qui feroit sa résidence dans la ville, ou n'en vivroit pas éloigné. Mais les soldats de la citadelle, que Constantin a voit une première fois vainement essayé de réduire , ne partagèrent pas l'enthousiasme des citoyens de Patras. Ils avoient, du haut de leurs remparts, troublé, par une grêle de traits , la marche du iils de Manuel , et ils continuèrent à incommoder considérablement la ville, qu'ils dominoient avec beaucoup d'avantage. Mais enfin la famine vint triompher de leur résolution , et l'on convint d'une capitulation par laquelle la forteresse se rendroit au nouveau prince de Patras^ si elle n'étoit pas secourue dans un temps limité. Ce secours n'arriva pas. Le pape avoit bien envoyé un renfort pour mettre la place en'état de résister aux Turcs , et les troupes ayoient
5l3 HISTOIRE DU BAS-SMPIRS»
et par b perte de son sang , il tomba entre les des soldats latins, qui en usèrent avec lui très4nhai nement. Il eut néanmoins le bonheur de survivre adi traiteniens barbares qu'on lui fit éprouver, et d^obtt sa liberté moyennant une forte rançon «.
Constantin avoit rallié ses troupes, et se trow même pins en état de reprendre l'offensive que lors son premier échec. Mais, lorsqu'il se disposoit à rei sur Patras , il vit arriver des officiers d'Âmurat , qui déclarèrent au nom du sultan que cette ville étoittril taire de la maison ottomane, et qu'il n'enténdoit qu'aucun des princes grecs songeât à s'en emparer; si Constantin persistoii dans son entreprise, il de^ s'atlendre à voir une armée turque marcher contre Il étoit en effet de la politique de la Porte , après a^ abaissé au point où lious l'avons vu le chef de Fi pire grec, de ne pas souffrir que les autres membres < celte maison reprissent quelque importance au préjuc des Latins, dont les possessions dans lePéloponèse voient tôt ou tard tomber au pouvoir desmusulmai Constantin , qui n'avoit pas dessein de se brouiller ai la couV d'AndrinopIe, répondit qu'il n'avoit songé à rendre maître de Patras que parce qu'il avoit été formé que des Catalans se proposoient de la prendi et qu'il étoit dans l'intérêt même d'Amurat que étrangers turbulens , et en état d'inimitié ouverte auU avec les Turcs qu'avec les Grecs , ne s'établissent pJi^
^ Phranlzès nous apprend lui- sur lui comme sur une proie > eo bu
môme que la prison où il fut enfermé pour lui un lieu de supplice. Ion* ,
avoit précédemment servi de maga- qu'il rejoignit Constantin , cepiii»*
sin à grains. Il y fut altacbé à un ne put retenir ses larmes en tojsbI^
poteau ; et , pendant les quarante dans un ctat si mist^rable celui doBt
jours que dura sa captivité , ses Tintrëpidité et le dévouement Ii»
plaies restèrent sans être pansées, avoient sauvé la vie. Il le combii"*
La prodigieuse quantité de rats , de présens et de nouvelles mu^.
souris et de fourmis que recéloit d'honneur, aetle demeure, et qui se jetoicnt
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 3l5
. côtes de TÂchaïe ; qu'an snrplns , ayant fort à de rester en bonne intelligence avec Âmurat , il de suite retirer sa petite armée.
)endant il ne la licencia pas. Les dispositions des Fins de ia ville lui laissoient l'espérance que dans il s'en rendroit maître. En effet, moins d'une ! après, s'étant rapproché de ses murs, le peuple t à sa fête les principaux magistrats) vint en grande \e au-devant de lui. Ce fut une véritable entrée iphale : les maisons et oient ornées de feuillages et nderoles , et des fenêtres on faisoit tomber sur le ge une pluie de fleurs et d'essences les plus prées. Constantin fut proclamé souverain de Patras au Il de la joie universelle. C'étoit l'effet de l'aversion es habitans avoient conçue pour le gouvernement I. L'impéritie des délégués du saint-siége , les dés- ;s auxquels elle donnoit lieu , et l'impossibilité de redresser les griefs en raison de la distance et du Je facilité des communications depuis l'accroisse- :de ia puissance turque, avoient rendu cette déance insupportable. On préféroit , non sans quelque n^ la domination immédiate d'un prince qui feroit sidence dans la ville, ou n'en vivroit pas éloigné, i les soldats de la citadelle , que Constantin avoit première fois vainement essayé de réduire , ne parlent pas l'enthousiasme des citoyens de Patras. Ils mt, du haut de leurs remparts, troublé, par une de traits , la marche du iils de Manuel , et ils contrent à incommoder considérablement ia ville, qu'ils inoient avec beaucoup d'avantage. Mais enfin la ne vint triompher de leur résolution , et l'on cond'une capitulation par laquelle ia forteresse se rentau nouveau prince de Patras^ si elle n'étoit pas Qrue dans un temps limité. Ce secours n'arriva pas. pape avoit bien envoyé un renfort poar mettre la c eir état de résister aux Turcs , et les troupes ayoirat
3l6 HISTOIRE DU 9AS-EMPIEB.
la seigneurie ; et le projet éloit de purger la ville en de ses anciens habitans, lorsque Amurat vint faire terrible diversion qui mit les Vénitiens dans la née de se défendre , et combla la mesure des infortunes Thessaionicicns. Venise, menacée dans sa nouvelle session par un aussi formidable ennemi,. fit tous efforts pour déterminer l'empereur Jean Paléologoej s'interposer auprès du sultan. Dans les termes où trouvoient les deux empires, une pareille médiation] pouvoit être bien fructueuse , et la maison ottomane n' étoit plus aux ménagemens avec les princes de Con tinople. Amurat répondit , avec une sorte d'ironie, q auroit égard aux représentations de Jean , s'il s'a d'intérêts qui lui fussent personnels ; mais il ne va; pas en quoi pouvoient le toucher les plaintes des Vé tiens , ces avides étrangers qui convoitoient toute' Morée , et que les Grecs a voient autant de raison les Turcs eux-mêmes d'écarter de leur voisinage ; qu'e la prise de possession de Patras, contre le gré et V position même de la Porte, ôtoît à la famille des Paie logues toute espèce de droit de contrôler ce que fai à leur exemple le sultan. Les Vénitiens se préparer donc à soutenir le siège qu'Amza étolt chargé Amurat de diriger, et dont il poursuivit les opératl avec ardeur. Ils essayèrent en même temps de surpren la flotte ottomane qui étoit à Tancre dans le port Gallipoli, et dont la prise ou la destruction aiiroi ôté aux Turcs leurs principaux moyens d'attaque. U| galères qu'ils équipèrent à cet effet furent mises sons If commandement d'André Mocénigo , qui auroit jiistiSj la confiance qu'inspiroient son courage et son expérience s'il eût été secondé par les officiers qu'il avoit sous se ordres. Comptant être suivi par les siens , il fit entrent galère à force de rames dans le port , et engagea le comba avec les Turcs, que l'apparition subite des Vénitien ^voit frappés de consternation et d'effroi. Mais Moci
HISTOIRE DU BAS-EMPIEE. 5l'J
(O ne tarda pas à s^apercevoir qu'il n'étoit pas appnyé , |u^ilcoinbattoitseiil contretous. En effet, lesautres gaies ayant considéré comme une témérité l'action hardie idécisive de leur chef, avoient viré de bord et pris le lf;e. Le commandant vénitien , quoique accablé par le knbre, continua de se battre en héros, et ne se décida la retraite que lorsque sa galère fut près de couler bas. Turcs, pensant peut-être que la flotte vénitienne Al restée en observation au-dehors, n'osèrent pas pourlivre le vaillant amiral. Le bruit de cet événement ne rda pas à parvenir à Thessalonique, dont il remplit assiégeans de joie , et les habitans de douleur et de espoir.
[Amza n'en pressa le siège qu'avec plus de vigueur, le sultan Amurat vint bientôt au camp pour juger lui-même du progrès des travaux , qu'il ne trouva avancés au gré de son impatience. Ne voulant vaincre 'en barbare, il fit à ses soldats la promesse de leur mdouner non-seulement les richesses que renfermoit ville, mais même tous ses habitans sans distinction: miplc qu'il avoit déjà donné, mais sans fruit, sous murs de Constantinople , et qui hâtera un jour la kiie de cette capitale. De ce momeht les soldats turcs connurent plus de danger , et, malgré les proJiges'de Neur que firent les Vénitiens et les infortunés habites, les assiégeans escaladèrent en foule les murailles, t se précipitèrent dans la ville comme un essaim in- Ombrable dans une ruche. La garnison, voyant que ^Xïi étoit perdu , s'ctoit embarquée dans le plus grand désordre , en repoussant tous les malheureux qui cheruoient leur salut sur sept galères. Aucun pinceau ne l^uroit retracer cette scène de désolation. Après avoir pillé les maisons , dépouillé et profané les temples et assouvi taries femmes leur brutalité, les soldats s'anachoient ws captifs en séparant le fils du père, l'époux de l'épouse ; 3s les traînèrent enchaînés à leur suite, et les veudU
$iS fitSTOIHfi DU HAS^ËMJPIEI.
jrent à l'encan , comme des troupeaux, pcmr être dans les domaines du vainqueur. Il ne resta à Th< Ionique qu'un très'-petit nombre de citoyens qui ti vèrent moyen de se racheter. Elle se repeupla de Ti »u pouvoir desquels elle est restée depuis ce temps-l Les Vénitiens , inquiets une seconde fois sur le sort^ TËubée , firent de nouvelles démarches pour ^bti la paix d'Âmurat, qui , satisfait sans doute de sa con< ne se refusa pas à suspendre les hostilités sur les ai contrées soumises à la domination de la républ mais qu'il comptoit bien soumettre tôt ou tard à obéissance.
La prise et le sac de Thessalonique furent pour Grecs du plus funeste présage. Ils voyoient chaque se resserrer l'espace où il leur étoit permis d'exil encore libres du joug affreux des Turcs. Les expédil lointaines qu'entreprit alors Amurat ne les laissoû respirer quelques instans que pour le ramener puissant et plus redoutable. Ce ne fut pas d'ailh à Thessalonique que se borna dans la Grèce la C( quête du sultan. Le comte de Céphalonie, dont n( avons vu que la cousine avoit épousé Constantii étoit mort sans héritier légitime de la fille du d'Athènes; mais il laissoit trois enfans naturels, n^veu , Léonard de Tours, crut que la circonstance favorable pour s'emparer de la principauté de son onc Il s'établit en conséquence dans plusieurs places l'Acarnanie et dans l'Epire , que les comtes de GépI lonie, profitant des désastres des Grecs, avoient pr< demment envahies sur eux. Mais les bâtards du corot( réclamant la succession de leur père, implorèrent Tapi d'Amurat, qui prit possession de Janina (l'anciei
« Les églises y furent changées sacrifie un bélier sur le maltre-«»
en mosquées, excepté celle de saint en action de grâces de sa victoire»^
Démétrius le martyr, qu'Amurat La ville porte aujourd'hui te DOO^
laissa aux chrétiens, quoiqu'il eût Salonifjuc*
aiSTOIRE DU BAS-fiM^IES. 619'
opë ), d'Aii^locastre , et d'Arte , capitale de I^Am* e. Charles ne put arrêter les progrès des généraux iltan qu'en consentant à lui laisser Janina à perte , en lui payant un tribut , et en faisant un âge convenable à ses trois frères.
!t arrangement conclu, Amurat porta ses armes dans An. hsi. ir;amantey voulant se venger d'Ibrahim-Beg, son '^'^^' -frère , qu'une bien légère cause venoit de brouiller lui. Amurat avoit fait demander à Ibrahim un nifique cheval, auquel celui-ci étoit singulièrement hé. Cette demande étoit un ordre, et Ibrahim eut la iesse de s'y refuser , et de dire ironiquement à l'en-
qu'il le faisoit par égard pour son maitre, qui ni probablement pas assez bon écuyer pour monter oursier aussi fougueux. Aifturat avoit dissimulé son ntîment jusqu'au moment où il pourroit le satis-
sans être distrait par d'autres soins. Ibrahim , qui
loin de croire qu'une guerre pât naître entre deux x-frères pour un aussi mince sujet, n'étoit nuUet sur ses gardes quand les troupes ottomanes paru*
sur ses frontières et envahirent son territoire. !iim , hors d'état de faire tête à une attaque aussi évue, ne balança pas à satisfaire le sultan sur la :ipale cause de la querelle. Il fit couvrir d'un •be harnois le cheval qu'il avoit d'abord imprudemt refusé, et le fit présenter à son beau-frère par des ers chargés de l'assurer de l'attachement de leur re; mais Amurat, suivant la méthode qu'il avoit •tée de faire servir toutes les circonstances à son ndissement , ne consentit à retirer ses troupes qu'auqu'ibrahim lui céderoit deux places fortes; il exien outre l'abandon , au profit de son trésor , de deux les de cuivre, extrêmement productives, cpii s'exploiint dans les états d'Ibrahim , et que celui-ci lui payât î grosse somme d'argent, et lui envoyât son fils en ge pour résider à sa cour. La nécossité contraignit le
3aO HlStOI&E BU BAS*-SHPIA«.
prince à souscrire à toutes ces conditions ^ dont X\ lion immédiate augmenta notablement la pi d'Amurat , qui tourna w% vues vers d'autres points. Georges Brankowitz , neveu d'Etienne » despt Servie, s'étoit mis en possession de cette piindi après la mort de son oncle ^ décédé sans postérité. vestiture lui en a voit été conférée sans difficulté par! nuel, qui avoit confirmé dans sa personne le til despote. Âmurat , enivré de ses prospérités, neini plus de bornes à son ambition; il déclara ses tentions à la Servie , comme descendant de Lazan!^ réponse de Bajazet i, son aïeuK Ce droit pouvoit^ contesté au tribunal des souverains ; mais Âmurat prêt de Tappuyer de deux cent mille hommes, Geoi ma mieux entrer en accommodement avec un concai si formidable. La princesse Marie , sa sœur, étoit d^ beauté parfaite ; il l'offrit en mariage à Âmurat , plusieurs <jistricts de ses états pour dot ; ce que le sali accepta. Âmurat envoya en Servie Saretze, un de A visirs, pour faire les fiançailles en son nom, et Fi rivée de la nouvelle épouse à Âudrinople fut célélir^ par des réjouissances publiques qui durèrent près dhl mois. Marie plut tellement à son époux , qu'elle nV pas de peine à le maintenir d'abord en bonne inti gence avec son frère ; elle obtint même pour lui la culte de bâtir un fort sur le Danube, et, qui fut ap| Sindérovie, ou de Saint-André; précaution qui teodd à mettre Georges plus en état de repousser une noi velle agression, si le caprice d'Âiiiurat venoit à Ten m\ nacer. Ce moment ne tarda pas d'arriver : l'harmon entre les deux princes cessa avec la faveur de Mari Trois ans s'étoient à peine écoulés, qu'Âmurat , renda son caractère , demanda à Georges le double du territoii que celui-ci ne s'étoit oblige d'en livrer, et 1^ cession d fort Saint-André , qui à peine étoit achevé. Georges i sentit incapable d'accéder à d'aussi e^^orbitantes pM
ons^ et se prépara à repousser un ennemi dont la ditjé ne connoissoit plus de frein. Il chargea son fils de défepdre Sindérovic de concert avec Thomas ;tacnEène , son oncle maternel , et il rai»sembla toutes troupes pour disputer le terrain en rase campagne. victoire, qui ne se range pas toujours du côté du ^ droit , fot infidèle aux drapeaux de Georges. Rep$é de province en province, il vit envahir tous ses |)aiines par les armées du sultan, et fut obligé de ^ her un refuge dans les,. contrées voisines. Sindéavoit vu le lyran à ses portes dès les premiers ens des hostilités, et la défense la pUis héroïque ne pécha pas de tomber, après trois mois d'une ré-' ce désespérée , entre les mains du Turc, qui enle fils de Georges à Aiidrinople, où l'un de ses étoit retenu en otage. Enfin Amurat acheva de onorersa victoire en faisant inhumainement crever ijeux à ces deux infortunés, sous le prétexte d'une lative d'évaàion qui , si elle eût été vraie , ne pouvoit ître un crime qu'au plus barbare des vainqueurs.
nrat , parvenu à ce degré de puissance , se conra comme l'arbitre des destinées de tous les princes voisins. Danus, qui régnoit en Valachie, avoit péri e des embûches de Dragul , qui s'étoit emparé de souveraineté. Le sultan , prenant prétexte de cette pation , dirigeoit vers cette contrée son armée , anipar ses précédens succès. Dragul accourut au-devant monarque, chercha à justifier sa conduite , et réussit faire écouter. C'étoit l'un des hommes de ce temps plus habile en intrigues ; il parvint à s'insinuer dans confiance du sultan, dont il flatta la passion en lui isant considérer comme possible , et facile même, la quête de la Hongrie. Ce seroil , disoit-il, une proie fien plus digne d'un descendant de Bajazet , que les l^rêtset les plaines incultes de la Valachie. Aces insinua- ^ns adroites il joignoit l'offre de la coopération' de ses
HIST. DU BAS-EMP. TOM. XII. 2 i
52)3 HISTOIEi: DU BÀS-EMPIRK.
troupes, et l'assurance de le conduire dans les pa les moins connus. Il lui ouvrit , en idée , Tentrée Germanie et de Fempire des Moscovites. Amural duit et entraîné, ne songea plus qu'à mettre ce p exécution , et se confia ainsi sané réserve à la foi usurpateur et d'un aventurier. Le rendez*vous h à Nicopoli, d'où le sultan Âmurat et son guide,) rigeant vers les frontières de Hongrie, se trouvèrent ; tôt dans un pays couvert et sans aucun chemin prs ble. Ce pays, très-fbiblement peuplé, étoit devenu ( rement désert par la fuite des habitans, qui , empo tout ce qu'ils avoient pu , s'étoient entendus pour dét le reste. Les soldats , exténués de fatigue , péri» en outre de faim. On avoit à peine mis le pied la contrée, dont la conquête avoit été présun facile, que l'armée d'Âmurat étoit hors d'état de entreprendre. Dans cette situation l'armée otto eut , à peu de chose près , le sort des légions ron en Germanie sous Varus. Attaquée à Timproviste p corps considérable rangé en bataille dans les cm d'Hermanstadt , elle fut taillée en pièces. Âmiin toutes les peines du monde à regagner le Danube, ditant la plus terrible vengeance contre DraguI, accusoit de l'avoir à dessein égaré dans ces coi pour le livrer à ses ennemis. L'ayant fait arrêt l'envoya chargé de chaînes à Gallipoli^ où il fu dans une prison , dont il sembloit qu'il ne devoi sortir vivant. Mais DraguI fit plaider sa cause ave de succès auprès d'Âmurat, que les désastres épi en Hongrie furent mis sur le compte de la fortune Il obtint sa liberté peu de temps après , rentra en g et reprit possession de ses états.
Les armées ottomanes avoient précédemment ép pareil échec en Albanie, dans une incursion fait le sultan y quoique les tentatives de ses prédéce n'eussent point eu de résultat avantageux. Outre <
■ ISTOIEE DU BAS-KHFimB. 523
f%j hëriâsé de tag ti c eert de forêts, se âé-
idoit ea queli; m - ne , les habitans s*y
lient coBstamnieni moairés r sa tonte espèce de
Êf. Ils avoient repoussé avec > cette première
raâoo , sans qn' Amurat se : léc( :é ce défaut fticcèi. Il étoit bientôt rentré < cam g avec des ces pins imposantes; et 2 rès oir livré plusieurs libats oà les Âlbaniens épr< i ^nt de très -«grandes *les , Jean Castriot , roi d'Âl e, pour éviter à son iple de plus grands malheurs, consentit à se reconllre tributaire du grand -seigneur. Le sultan exigea outre que le roi envoyât à sa cour ses quatre fils en ige. C'est le plus jeune de ces princes qui , ayant issi à s'échapper des mains du tyran, se rendit depuis Célèbre sous le nom de Scanderberg, en vengeant sa trie et sa famille de rabaissement où le Turc les titent réduits.*
La paix conclue à des termes non moins humilians kre Temperénr de Constantinople et le sultan n'étoit llnae espèce de trêve dont celui-ci ne se faisoit aucun ^pule de se jouer toutes les fois qu'il se fiattoit de uvoir arriver par la ruse au but où il ne doutoit pas le ses armes , partout heureuses et triomphantes , ne issent un jour Tamener. Au milieu de Tespèce de se* rite dont jouissoit le peuple de Constantinople , il in fallut peu que la ville ne tombât, sans coup férir, .pouvoir de son redoutable ennemi.
Les émissaires. d'Amurat étoient parvenus à séduire I certain nombre de pêcheurs grecs qui dévoient, à ix d'argent , guider et introduire dans le port un mbre de troupes suf6sant pour se rendre maîtres de ville au milieu du désordre et de l'effroi qu'y occa^ Mineroit leur entrée inattendue. Une flotte de cinlante galères, équipée à cet effet , s'approcha du port I jour convenu ; mais les traîtres, sur lesquels lesTnrcs tnptoient pour le succès de cette entreprise , avotent
été découverts et punis du dernier supplice. Après répéta plusieurs fois les signaux convenus , l'amiral ne voyant rien paroitre, et craignant que ce strat; ne tournât contre ses auteurs , s'éloigna. Le cou quel Constantinople venoit d'échapper retomfc le peuple des côtes, qui furent saccagées par les ti turques .; un grand nombre de captifs furent eut sur leurs galères. On ignore si le sultan avoit des i pour justifier sa conduite , mais Jean étoit dans ui tuation à ne pas même oser s'en plaindre.
Cependant, en portant sa vue dans l'avenir, Terni cherchoit à Tétat , penchant vers sa ruine , desappi pables de prévenir ou d'éloigner du moins la.catast dont il étoit menacé. Privé d'héritiers directs, 1 dore étoit celui! de ses frères qui , comme puîné ii diat , avoit la perspective de lui succéder. Mais reconnoissant dans Constantin des talens bien * rieurs , songeait à ménager à celui-ci l'accès du g< nail pour le temps où le vaisseau alloit être batt plus violentes tempêtes. Il l'avoit fait en conséq venir à la cour , l'admettant dans ses conseils , et tiant dans les secrets du gouvernement. Théodo put long-temps ignorer les desseins qui se forn contre lui , et quittant brusquement le Péloponè se rendit à Constantinople ;, où il annonça vouloii der , quelques représentations que pût lui faire Vi reur. Constantin eut alors recours au moyen U décisif et le plus extraordinaire en même temps : de quitter secrètement la ville impériale avec TF son frère, et d'aller prendre possession du territo LacédéQ)one les armes à la main. A cette nou qui réveilloît ses anciens ressent îmens , Théodo hâte de retourner dans sa principauté, où il rassc toutes ses forces ; et bientôt les deux frères vont n les scènes sanglantes de la Thébaïde. C'étoit poi ennemis de la maison de Paléologue un spectacle
IflSTpIUE DU BAS-EMPIRE. 5^5
Itisfaisant .que celui des enfans de Manuel cherchant toi imprudent agrandissement dans la ruine les uns des
Ires , lorsqu'à peine leurs forces réunies et serrées ivoient faire tête aux orages du dehors. On ne peut
iter que l'impatient Âmurat n'eût employé tous ses is à aigrir ces haines et fomenter ces d iscordes. Mais
(.sages négociateurs que Jean s'empressa d'envoyer ir faire cesser ce. scandale n'interposèrent pas sans
lit leur médiation. Non-seulement ils leur firent tomles armes des mains, mais ils réussirent à les rap- :her. Théodore resta paisiblement à Lacédémone,
^ne prit aucun ombrage en voyant Constantin retourauprès de son frère , et continuer de partager en
ilque sorte avec lui l'autorité souveraine.
Un événement qui eut lieu à cette époque atteste le iépris que les chrétiens mêmes d'Occident avoient
iça pour Tempire de Constantinople, et de quoi H^pendant et oient capables ces mêmes Grecs quand ils. loient conduits par des gens de tête et de cœur. Les vénois, possesseurs du bourg de Galata, suivoient de l'œil I rapide décadence de la puissance byzantine, complot ajouter tôt ou tard à la leur quelques-uns de ses nobles lébris. Mais, tandis qu'ils se préparoient à saisir cette iroie^ ils étoient eux-mêmes misérablement dépouil- Ss d'un de leurs comptoirs les plus importans. CafFa toit pour eux l'entrepôt du commerce qu'ils faisoient Dr lescôtesde la mer Noire, et dans lequel la situation Extrêmement favorable de ce port les affranchissoit en pelque sorte de toute concurrence. Mais cette place ^it, du côté de la terre, entourée de hordes de Tartai;es ou Tatares, qui considéroient d'un. air cupide les richesses qu'elle reiifermoit. Le bon état des fortifications et le peu d'habileté de ces peuplades dans la guerre des déges avoient jusque là défendu Gaffa de toute entreprise sérieuse. Mais la puissance du nombre étant soutenue de l'ardeur du pillage, les Tatares, après une invasion
3â6 HISTOIRE OU BAS-KltffRE.
faite da territoire de Caffa, attaquèrent la place, réussirent à s'eo emparer. La perte de cette ville, traînant celle du commerce de la mer Noire, fiit trémement sensible aux Génois, qui songèrent moyens de la reprendre. Comptant sur la coopéra! de leurs compatriotes de Galata , ils armèrent l'empereur de Constantinople , et cet armement pour prétexte les diflpérends qui subsistoient déjà long-temps entre les Génois et les Grecs relativei au commerce des. mers de Grèce et de TAsie minei Le sénat de Gènes équipa une flotte sur laquelle rent embarqués dix mille hommes environ, qui osèi se présenter devant le port de Constantinople et commencer le siège. On ne sauroit croire que les Gén< se fussent flattés sérieusement avec de pareilles foreei, toutes considérables qu^elles étoient pour la républii de s^emparer d'une ville que les armées entières d'Ai rat n'avoient pu soumettre ; mais les assaillans pensoi( sans doute que Tempereur, déjà assez occupé du sohi de se défeudre contre les desseins et les attaques del Turcs , composeroit avec ces nouveaux ennemis et ac« corderoit aux Génois des avantages commerciaux qui compenseroient la perte de ceux quils avoient éprouvés par la prise et le sac de Caffa. Cette espérance fal étrangement déçue. Les Grecs se préparèrent à repousser une oppression aussi injuste quHmpolitiqne, et lean efforts furent suivis d'un plein succès. Les troupes génoises débarquées sous les murailles furent elles-méme attaquées par la garnison , qui effectua une sortie dan le meilleur ordre, tailla en pièces tout ce qui résista et poursuivit les fuyans jusque sur leurs galères. Dan le même instant , la flotte génoise fut abordée par le galères impériales sous le commandement de Jear Léontaire , généralissime^ qui coula une partie de vaisseaux ennemis, en prit un plus grand nombre, e rentra en triomphe dans le port. A peine quelques ç^
Ipres, échappées du désastre et assaillies par la tempête, pnrent-elles gagiicf Gênes dans le plus grand délabrejÉpuent. Ainsi les Latins de Galata qui avoient suscité cet pnneinentet Tavoient secondé de tout leur pouvoir, deétirèrent exposés sans défense au juste ressentiment de 'lemperenr. Us entrevirent tout ce qu^ll pourroit avoir de este à. leur commerce , qu'il dépendoit même du Itre de Constantînople d'anéantir en quelque sorte ces parages. En effet, Léontaire, prenant imméiatement l'offensive , investit Galata , s'empara de Utous les vaisseaux qui tentèrent d'en sortir ou d'y faire rter des secours, et réduisit bientôt les habitans aux rreurs de la famine. Ceux-ci , n'ayant aucun espoir être secourus, se mirent à la discrétion du vainqueur, qui, en reprenant dans le traité tous les avantages comrciaox dont les Génois étoient si fiers, leur fit en tre payer les frais de la guerre, et de plus exigea 'ils réparassent tous les dommages que leur canon !^oit faits à la ville.
Nous sommes obligés do revenir à la procession du Air. 1437 Saini-Esprii ^ non au dogme en lui-même, qui n'est ^s de notre ressort, mais à Thistoire des maux qu'il occasionna , et dont la chute de l'empire grec n'e^t pas M moindre ^. Pour faire cesser le schisme, il falloit décider la question. L'une des^eux églises prétcndolt à la saprématie , l'autre à l'indépendance. Toutes deux énoDçoient un motif commun , c'était le zèle ; mais le ..motif réel de la seconde était le besoin de secours. Il est bien évident que , si les Grecs avoient pu se passer de ces secours ; si , gouvernés par des princes braves et pru*
* lift chute de l'empire, le lac deux ëglises; des guerres sanglantes;
ée CoDstaDtÎDopIe , la domination des millions de victimes; tous les
des Turcs , la division en deux par- fléaux enfin qui affligent , tourmen-
tu de tous les chrétiens qui se par- tent et détruisent les grandes socié-
tigèrent entre Téglûe grecque et tes , furent les résultats ou les suites
l'église romaine , se disputèrent et de la proposition d'admettre ces
se condamnèrent mutuellement ; la deux mots Jiliotfue dans le symbole.
dirisioii qaî se mit dans chacune des Ce fat une. désastreuse ÎDspirttton.
SuS HISTOI&E DU BÀS-EHPIRS.
dens, ils s'ëroit^nt roaintenus, ils ne se seroientpo adressés aux papes. On voit, depuis Ji'origine du schia jusqu'à la prise de Constantinople, deux périodes : d la première , les avances sont faites par Tune des d< églises, et par Tautre dans la seconde. Les circonstai expliquent cette différence. Dans les derniers siècles la durée de l'empire , on peut calculer sa dissolution •le nombre des démarches que tirent les princes -aui; des papes. Ce seroit , si Ton étoit privé de tout ai document historique , autant de données certaines sur les progrès de la décadence des Grecs, et sur ceui la puissance des Turcs. Pour arrêter ce double progi il falloit à la tête de l'empire un chef doué de gra talons, sachant tirer parti des ressources qui restoi encore , et par de sages institutions civiles et militai ranimât la valeur grecque, fît revivre l'aniour d< patrie, ou, si cet amour n'existoit plus, l'orgueil souvenirs glorieux qu'il laissoit à ces Romains dég( rés, et qui pouvoit encore leur faire entreprendre grandes choses. Mais il étott plus facile d'envoyer ambassades, ou de se rendre soi-même auprès des pa que d'établir de sages institutions; et les princes g commirent en cela une double erreur. La prem étoit qu'eci supposant le résultat qu'ils attendoic c'est-à-dire, l'envoi des secours , ils'se mettoient c la dépendance de ceux qui les leur donnoient , et c roient le risque de devenir-leurs tri)|utaires; là secoc de croire aux papes le pouvoir et le droit de disp( des princes catholiques , tandis qu'ils avoient pe l'un et l'autre. En voyant deux pontifes se disputei chair de saint Pierre, ne devoient-ils pas présui qu'aucun des deux ne pouvoit leur être utile , quand i auroit eu la volonté ?
Ayant l'intention de rassembler tout ce qui fut de part et d'autre à Tépoque où nous sommes , pou: réunion des deux églises , il est nécessaire de remoi
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 53l
ment de rancîenne discipline de TEglise. Il ne Faut pas oublier de dire que, pour démontrer la légalité de rassemblée, on hit 1.** un décret du concile de Constance qoi prescrivoit de tenir un conseil général cinq ans ^près celui de Constance , sept ans après ce dernier, et <le dix ans en dix ans à l'avenir ; 2.** le décret qui assifnoit la ville de Baie ; et 3.*» la bulle de Martin v à ce Mijet* Dans Tintervalle de la première à la seconde sestoon. Ton s'occupa des moyens d'empêcher le pape Eugène de dissoudre le concile comme il avoît résolu de le fiiire. Les évéques de France s'assemblèrent à Bourges , d'après l'autorisation de Charles vu, et firent un acte pour exposer que le conseil de Baie éloit légal ; qu'il ne devoit point être transféré, et pour prier le roi d'enwyer des ambassadeurs au pape afin de l'engager à ne pmnt interrompre la tenue du concile. Les mêmes évêqnes invitèrent l'empereur , les ducs de Savoie et de Milan , à rendre les chemins libres. Enfin ils prièrent le prince de leur permettre de s'y fendre et de députer au fiape l'archevêque de Lyon ; ce qui leur fut accordç. Ilans le même temps les pères du concile écrivoient aux fidèles pour les prévenir contre toute insinuation dont ie but seroit de faire croire à la possibilité de leur translation. Us ordonnoient aux évoques de s^y rendre sous les peines de droit. Ces mesures prises, ils tinrent, le i5 février i43'2, la seconde session. Leur premier soin fut de proclamer, pour assurer leur existence, deux décrets rendus par le concile précédent. Le premier, que tout synode qui compose le concile général a son pou- Yoir immédiat de Jésus-Christ , et que toute personne , quel que soit son rang , même le pape , est obligée de loi 6b&T ; par le second , le concile déclara que le saintp^ qui refuseroit de reconnoitre les ordonnances ou déuets de ce concile seroit puni : en conséquence de denx actes promulgués de nouveau , l'assemblée déqu'elle ne pouvoit être tranférée et prorogée par
35o HISTOIRE DD BAS-XMPIAS.
transférer dans une ville d'Italie. Julien répondit Bâie ëtoit préférable, parce qu'on y seroit pins à pocti réformer les mœurs des Allemands, et d'y combattre principes d'hérésie qui commençoient à se répandre; AIlemagne.il prioit donc le souverain pontife de faire i nouvelle convocation d'évéques, attendu qu'il n'y en* encore qu'un très-petit nombre. Le pape reçut fort cette réponse. Le cardinal , investi de pouvoirs illimil donnés par Martin v, confirmés par Eugène , maitrei séquemmént de passer outre , tint, le 7 décembre i4« une congrégation générale , dans laquelle il indiqua^ première session du concile au vendredi suivant , i4 même mois. Il paroit que ce fut l'arrivée des évî des.abbés et des ambassadeurs des dififérens princes le détermina principalement à presser l'ouverture. Il instruisit l'empereur Sigismond, qui étoit alors à Mil Sigismond répondit en approuvant son zèle et sa. duite , et mên[\e en l'exhortant à retrancher de Taj blée tous ceux qui seroient d'avis de retarder 00 de di% soudre le concile. Cet empereur écrivoit dans le méav sens au pape pour l'inviter à renoncer au projet éH transférer l'assemblée. La première session eut donc lia le i4 décembre dans les formes accoutumées. On renoO' vêla les décrets du concile de Constance contre ceux q« tenteroient de troubler celui de Baie , soit par des intri gués secrètes ou par violence ouverte, soit en se retiran sans raison valable. On rendit dans cette première session un décret portant que le saint concile de BâL éioii légitimement assemblé y et que tous les évêques dei'^oient s'y rendre.Ondoit remarquer qu'au lieu des dew motifs de la convocation on en proclama six; i.® l'extir pation des hérésies ; 2.^ la réunion de tous les peuple chrétiens à l'église romaine; 3.® des instructions sur le vérités de la foiT4*^ 1^ pacification des princes chrâiea qui.se faisoient la guerre ; 5.*» la réforme de l'église, tan dans son chef que dans ses membres ; 6.<* le rétablisse
HISTOIRE DU BAS-£BfPIRE. 33l
de Tancienne discipline de TEglîse. Il ne Faut pas er de dire que, pour démontrer la légalité de Paslée, on lut i.^ un décret du concile de Constance )rescrivoit de tenir un conseil général cinq ans ; celui de Constance , sept ans après ce dernier, et X ans en dix ans à Tavenir : 2.° le décret qui assit la ville de Bâie ; et 3.^ la bulle de Martin v à ce . Dans rintervalle de la première à la seconde sesf l'on s'occupa des moyens d*empécher le pape Eude dissoudre le concile comme il avoit résolu de le . Les évêques de France s<assemblèrent à Bourges , rès l'autorisation de Charles vu, et firent un acte ' exposer que le conseil de Bâle étoit légal ; qu'il ne it point être transféré, et pour prier le roi d'enr des ambassadeurs au pape afin de l'engager à lie t interrf>mpre la tenue du concile. Les itiémcs éyê* invitèrent l'empereur , les ducs de Savoie et de in , à rendre les chemins libres. Enfin ils prièrent le ce de leur permettre de s'y fendre et de députer au I l'archevêque de Lyon ; ce qui leur fut accord^, s le même temps les pères du concile écrivoient aux es pour les prévenir contre toute insinuation dont it seroit de faire croire à la possibilité de leur transin. Ils ordonnoîent aux évêques de s'y tendre sous leinesde droit. Ces mesures prises, ils tinrent, le i5 ier 1432, la seconde session. Leur premier soin fut )roclamer, pour assurer leur existence, deux dés rendus par le concile précédent. Le premier, que synode qui compose le concile général a son pouimmédiat de Jésus-Christ , et que toute personne , l que soit son rang , même le pape , est obligée de obéir ; par le second , le concile déclara que le saînte qui refuseroit de reconnoître les ordonnances ou rets de ce concile seroit puni : «n conséquence de deux actes promulgués de nouveau , l'assemblée déra qu'elle ne pouvoît être Iranféréc et prorogée par
539 HISTOIRE DU BàS-ENPIRE»
qui que ce soit , même par le pape, sans qu'elle dgnné son consentement par une délibération préc sa part ; que tout ce que le souverain pontife feroit donner atteinte à la tenue du concile seroit nul ; il fut défendu aux membres de ce concile d'en si sans son consentement , pour quelque cause que c< et d'obéir à tout ordre contraire, frappant de n tonte censure, interdiction qui seroit prononcée à ce Le motif de ces dispositions étoit la certitude < venoit d'acquérir d'un décret rendu par Eugène p< dissolution du concile. Ce pontife envoya l'arche de Tarente et Tévêque de Colosse au cardinal J pour s'entendre avec lui sur les moyens de rorop de suspendre rassemblée. Il donnoit pour raison cessité d'admettre le& évéques grecs au concile, le qu'il leur falloit pour se rendre à Baie , et*rimpc lité d'y traiter de la réunion dans l'absence de ces p Il désignoit Bologne comme plus convenable , so ce motif,, soit parce qu'il désiroit présider lui-i l'assemblée. Le cardinal Julien écrivit au pape po faire sentir les inconvéniens de cette mesure. C' i.^ la <^on vocation des hérétiques de la Bohème qi trouvant plus le concile à Bâie , où ils avoient co de se rendre , diroient qu'on n'a pas osé discute eux; "i.^ le scandale que produiront cette suppositio seroit admise par beaucoup de chrétiens ; 3.° les c< riétés qu'éprouveroient les princes chrétiens , pa lièrement les rois de France et d'Angleterre, de vouloit apaiser les différends, et qui avoient, effet, envoyé leurs ambassadeurs ; 4*° 1^ crainte schisme, auquel cette translation donneroit lieu. Le
HISTOIRE DU BàS-EHPIRE. 355
^le sous sa protection spéciale , le concile à son tour âéclara que tout ce qu'Eugène feroit contre l'empereur Beroit de nul effet. Le duc de Bavière et le roi de France , mA tons les protecteurs de l'assemblée, furent l'objet d'une seniblable déclaration. Le pape envoya des légats au concile pour y présider en son nom ; on refusa de les reconnoitre le 19 février. Les soixante jours accordés au saint-père étant expirés, on demanda qu'il fût déclaré contnniace. Quarante -six évéqnés et cinq cardinaux Ploient dans cette session. On nomma une commission pour juger la question de contumace. Sigismond se disputait avec le pape : le premier, s'appuyant sur la né^ cessité de faire cesser le schisme des Bohémiens , «t le second , celui des Grecs. Chacun prétendant que celui pour lequel il s'intcressoit étoit plus pressé que l'autre, l'empereur finit par dire qu'il* défendroit le concile de toute son autocité. Eugène répondit à Sigismond qu'il se méloit de ce qui ne le regardoh: pas. Le duc de Bour-* gogne et celui de Savoie envoyèrent des ambassadeurs à Bâle. lisse disputèrent surla préséance ;ceux du duc de Savoie étant arrivés les premiers, dévoient être placés les premiers^ parce que leurs princes étoient égaux en dignité. Mais le duc de Bourgogne avoitun droit de préséance dansla ville de Bâle. On disputa. Le concile s'en mêla. It fallut une congrégation pour terminer la querelle. Un autre différend s'éleva entre les mêmes et les électeurs d'Allemagne sur le même objet ; ensuite entre les ducs de Bretagne et de Bourgogne , puis entré les Anglais et les Castillans. Les pères furent obligés de s'occuper du soin de remettre la paix ; car toutes leurs opérations étoient suspendues jusqu'à ce qu'il fut décidé si tel ambassadeur seroi| à la droite du patriarche d'Antioche , ou bien à la gauche de celui d'Alexandrie. Pendant qu'on traitoit ces matières importantes, Sigismond se réconcilioit avec Eugène, qui le couronna solennellement ; et , le proclamant empereur Au^^uste , lui fit
Oà4 HISTOIRE BU* BAS-EMPIRE.
Févêque de Tarente, l'un d'eax, qui prëfendlt saint-père avoit droit de dissoudre l'assembléç , qu'elle eût fait graver un sceau sur l'un des côU quel étoient gravés le Saint-Esprit sous la forme colombe , et ces mots sur l'autre , U saint et concile général de Baie. L'assemblée nomma le g< neur de la ville d'Avignon et du comtat venaissin marche est remarquable : une fois qu'elle se fut é de sa route , elle ne s'arrêta plus. Eugène n'ayi révoqué la bulle de dissolution , ni comparu en pei ou par procureur , les promoteurs du concile d( dèrent qu'il fût déclaré contumace, après qu'il e cité par trois fois à la porte de l'église. On ne réj à cette demande que dans la session suivante , o convint qu'on devoit procéder juridiquement coi pape pour le déclarer contumace, et le frappe peines canoniques. Il lui fut accordé un dernier di deux mois. Ensuite on décréta que toute convo pour former lin autre concile seroit nulle, l'assc qui en seroit le résultat, schismatiquc, etquequic s'yrendroit encour/oit l'excommunication ipso^ et la perte de ses bénéfices. Ce fut dans ces circons qu'arrivèrent à Baie, le 4 j<^uvier i433, les dépu Bohémiens. Ils venoient pour se réunir à une égl prêchoit Tunion ^ convoqués par le pape et par 1 cile, ils arrivoieiit au moment où le concile ëtoît d'opinion et le pape menacé d'une déposition. L dinal Julien les ittrangua. Roquesane, orateur mien, répondit. On^'iëiscula pendant cinquante quatre articles qui faisoient le sujet de la contes Au bout de ces cinquante conférences, on se trou
Il - -'. *! 1 - «11 f I X,
HISTOIRE DU BàS-EHPIRE. 335
US sa protection spéciale , le concile à son tour a que tout ce qu'Eugène feroit contre l'empereur de nul effet. Le duc de Bavière et le roi de France , . les protecteurs de l'assemblée, furent l'objet d'une able déclaration. Le pape envoya des légats au e pour y présider en son nom ; on refusa de les noître le 19 février. Les soixante jours accordés au père étant expirés, on demanda qu'il ffrt déclaré mace. Quarante - six évéqnés et cinq cardinaux it dans cette session. On nomma une commission juger la question de contumace. Sigismond se disl avec le pape : le premier, s'appuyant sur la né^ i de faire cesser le schisme des Bohémiens , «t le :i , celui des Grecs. Chacun prétendant que celui lequel il s'intéressoit étoit plus pressé que l'autre, ereur finit par dire qu'il- défendroit le concile de son autocité. Eugène répondit à Sigismond qu'il se t de ce qui ne le regardoh: pas. Le duc de Bouret celui de Savoie envoyèrent des ambassadeurs à Us se disputèrent surla préséance ; ceux du duc de e étant arrivés les premiers, dévoient être placés les >r5, parce que leurs princes étoient égaux en dignité, is le duc de Bourgogne avoit un droit de préséance a ville de Baie. On disputa. Le concile s'en mêla. It nne congrégation pour terminer la querelle. Un différend s'éleva entre les mêmes et les électeurs ^nriagne sur le même objet ; ensuite entre les ducs ^etagne et de Bourgogne , puis entré les Anglais et astillans. Les pères furent obligés de s'occuper du de remettre la paix ; car tontes leurs opérations it suspendues jusqu'à ce qu'il fût décidé si tel amdeur seroij à la droite du patriarche d'Antioche , ien à la gauche de celui d'Alexandrie. Pendant i traitoit ces matières importantes, Sigisn>ond se icîlioit avec Eugène, qui le couronna solennellet ; et , le proclamant empereur Au|;u$t€^ , lui fit
prêter serment de défendre les droits et privilèges de glLse romaine. Dans la douzième session » on se plai publiquement de la mauvaise foi du saint -père voulut prononcer contre lui un arrêt définitif dé damnation., A la prière de l'empereur , on lai doDi un*nouveau délai , mais en termes injurieux , le t tant d'incorrigible et d'homme scandaleux. Eugène irrité , cassa par une bulle tous les décrets du con Sigismond le calma. Cet empereur se rendit à B pour assister au concile. On proposa des moyens conciliation. Plusieurs ambassadeurs, entre autres 4e France, furent députés au saint-père. Celui-ci loit qu'on annulât tout ce qu'on avoit fait contre l s'engageant à révoquer de son côté les bulles qu'il a données. Cette demande paroissoit juste, mais les pèi prétendoient que le pape étoit obligé de se soumettre parce qu'il devoit reconnoitre la supériorité du con Sur ces entrefaites , Sigismond reçut dans tégUsi H 'Bâle les ambassadeurs d'Âmurat )i , qui venoient de faC part de leur maître pour conclure la paix avec cet em-? pqreur. Ils furent suivis de ceux que Jean Paléologœ: envoyoit au concile ^. Voyons quel sujet les amenoit, ^ le motif pour lequel ils venoient à Bâle au lieu de se rendre auprès du pape. '*
Les pères du concile ayant appris que le pape Eugène' avoit fait offrir aux Grecs d'envoyer un légat à Coih stantinople pour y traiter de la réunion des deux égliseSi-, youlurent prévenir le saint -père et rompre toutes sci' mesures. Eu conséquence , ils députèrent à Jean Paléo* logue pour l'inviter, ainsi que le patriarche, à ne corres^ pondre qu'avec eux , parce qu'ils représentoient toute l'église occidentale , ce que ne pouvoient pas faire dei
« Ils parurent à la diz-neuTièrne sur le fait. Les détails dans lesqoeb
session» le 7 septembre 1434* sui- nous entrons sur ce concile étoirot
"vant Thistoire des conciles et le con- nécessaires , parce qu'ils Kcrrriit i
tinuateur de Fleury. D'autres don- faire voir sur quoi s'appuyoifot Ici
lient une autre datç , mais s'accordent préjugés des Grecs contre les Utioi.
HISTOIRE DU BÀSrEMPIRE. 357
Les ambassadeurs cln concile étoient chargés de es instructions confidentielles. Us dévoient insije plusieurs princes , et particulièrement Tempeigisrnond, les favorisoient , et que les Grecs en it attendre plus de secours que du pape, qui étoit al dans ses affaires. Ce motif étoit plus propre it autre à persuader Paléologue, dont le véritable it d'obtenir (les secours. Il crui donc devoir choisir bassadeurs distingués par leur rang, leur nom, r mérite : ce furent Démétrius Paléologue , son , grand maître de la garde-robe, le seigneur Jean, ate^, l'un des officiers du palais, et Isidore, e Saint - Démétrius. Cette ambassade fut bien On disputa longtemps sur le Himi que Ton choipour tenir le concile des deux églises, les Grecs nt sur Constant inople , et les pèros sur Bàle» chaque pari se relâcha de ses prétentirins, et Ton t des articles suivans : i.^ que le concile se tien- ?n Occident , les ambassadeurs promettant sur irole dVngager l'en^pereur à consentir que ce fût , où l'église occidentale se trouvoit déjà rasseraît si cela ne se pouvoit, qu'on choisiroii Ancàne, le, Milan , ou toute autre ville située e^'(\^^iï des , parce que les Grecs ne voidoient point passer jntagnes ; 2.° que les pères du concile scroient s de se rendre au lieu désigné, un mois après luroit éié choisi : 3.** que l'empereur y viendroit »s patriarches, les métropolitains ^t les évéques : î le concile «léfraieroit le prince , les pn^lats , et lite jusqu'au nombre de sept cenis personnes, pénis le grand nombre des di- fait d'inutiles recherches sur ce mot, le Terapire grec non déli- nous n'auronit point la turaéritc de celle de dish) baie ou ^/â/tT-- rien ajouter à c* qu'il a dit. Qum -•cuutiuuateur dcFlcury pré- Jucrit dignUus di»bypali /ïo« ineue celui qui avoit éu* deux mini uic let^isse, ( Glos»ar. verb. »»ul porloil le îitrc de dishy- diskjrpaLus. ) lais le savant Du Cangc ayant
533 MISTOIRt B9 HAS-ÏMl^lftE.
dant le voyage, leséjonr et jasqn'à lear retour k Comstan tiople : 5.<> qu^il donneroit huit mille ducats ptiurfon aux frais de rassemblée du clergé grec qu'on devoit nir pour Télection des députés ; et dix mille da avec trois cents hommes et des galères pour ta défei de la ville en Tabsence de Paléologue : 6.^ qu'on droit partout à Tempereur , ainsi gri'aux patriarcbéi| aux évéques grecs , tous les honneurs qu'on a voit accoa<^ tun>é de leur.rendre avant le schisnré , sauf néanmoi les droits et privilèges du pape et de Téglise ronlaine, de l'empereur d'Occident «. Ce traité fut solenttei ment approuvé et confirmé dans la dix - neuvième sion y dans laquelle les envoyés de Paléologue furent avec de grands honneurs. Ils y présentèrent la lettre ce prince , qui s'engageoit à tenir tout ce dont on c viendroit de part et d'autre ; et celle d» patriarche seph , qui témoignoit aux pères du concile la joie lui causoit le projet de réunion. Les Grecs demande que le pape confirmât les articles. On députa vers S gène un chanoine d'Orléans nommé Simon Frejroti poiir prier le saint -père de ratifier le traité. Le sooW^ rain pontïfe parut surpris, non sans raison^ qu'on e tout réglé sans le consulter. Cependant il ne laissa de confirmer l'acte , quoiqu'il persistât à croîre qu tétoit plus commode d'envoyer des légats k ConstaDtH nopie , suivant son premier avis.
Les ambassadeurs revinrent accompagnés de l'évéqnef de Coronée, envoyé par le pape. Il ne fit point ub mystère de la division qui régnoit entre ce pontife et If
' A Tcpoque du schisme , vers Rome n'étoit poiot reconoue, arct
86H , Tempire d'Occident étoit nou- une réserve d'après laquelle oo pro*
-vellement établi, puisqu'il date de cédoit comme si elle PaToit ^'
800. En revenant aux honneurs ac- Jusqu'au onzième siècle tous ^
coutumes que recevoit l'empereur patriarches, et même les ëfê^r ,
H^ec avant 8G8 , on sembioit les rc- éloient appelés papes ; ce fat 0f^^
connoitre; mais on les détruisoit par groire m qui fit affecter exdiuJvo* -
l'exception. Ainsi Ton »e plaçoit, à ment ce nom à l'érèqtiedcAMi^ l'époque où la primauté du siège de
VIBTOIRÊ DU BAS-EMPIRB. 359
, oo plat6t ne fit^qne confirmer toot ce que les > rëpandoîent à ce sujet ; car ils avoient eu le temps asîon de sMnstruire de ce qui s*étoit passé au coii- 'aléolog\ie continua de vouloir traiter avec les s du concile qui ëtoient à Constantinople ; il iha de la répugnance du patriarche, qui préféroit e. On nomma des commissaires, et le concile fit ret qu'il envoya en Orient ; mais il se trouva ; décret une expression qui choqua les Grecs et I rompre les négociations : on traitoit leur opinion r/>. Les pères furent obligés de promettre un autre
Les Grecs demandèrent que le pape assistât en ne au concile , qn'bn leur donnât un sauf-conduit me forme, et qu'on s'engageât par écrit à les ra- ' aux frais du concile. Un député fut envoyé de mlinople à Bâie pour communiquer ces propO'- ;. Pendant son voyage, Eugène envoyoît à l'em- *, Christophe Garéton» son secrétaire. Les Grecs it changé d'avis, et vouloient qu'on tint le concile UJL : après beaucoup de difficultés, on convint dé« eraent qu'il s'assembleroit dans une ville d^Italie* qnestion du lieu fut débattue par les pères, qui irent à une grande majorité que Bâle seroit choi-* n envoyé de Temperenr fit des réclamations à ce
on s>n occupa dans la vingt -cinquième session « mai 14^7 f très- remarquable par les armes qu'on aire les mains des Grecs. On lut d*abord un acte quel le lieu où se tiendroit le concile seroit Bâle^ ton, on une ville de Savoie. Un parti de rassemblée^ anx légats du pape , fit lire à son tour un ilécret m désigooit Florence. Il fallort, pour donner de la ir à l'nn de ces deux actes , qu'il fât bulli et scellé: (Ere qui contenoit les sceaux étoit fermé d^nne ser-* à qoatre clefs; tous les mois le concile confioîf ce% ! à quatre pères des quatre principales nations' I^s ^ dépositaires consenloient à sceller les décrets da
54o HISTOIRE DU BÀS-EMPIRB*
concile; maïs le cofîre étoît cl\ez le cardinal Juliei vpuloit qu'on scellai celui des légats. Celte contes dura pendant quelques jours ; enfin on remit cette < à la décision de trois commissaires : ils scellèrent crel du concile, mais refusèrent de sceller le décr partisans d'Eugène, malgré les instances qu'on le On gagna Barthélémy Berliferris, secrétaire du ( nal Julien , président , ainsi qu'on autre de ses d( tiques; par leur moyA, on arracha pendant la la serrure du cofiFre , et l'on scella le second d( ainsi que des lettres et d'autres actes. Quatre jours « ce fait ayant été découvert, le concile voulut qu'oi formât et qu'on fît le procès aux auteurs du délit vêque Jean , l'un des légats du pape , fut dénoncé co l'un des complices. Le décret frauduleux étant revêl toutes les formalités exigées, pouvoit être sancti dans une jurisprudence où ces formalités sont toul pape le confirma donc sur-le-champ, et rendil bulle qui transféroil le concile à Ferrare. Aif. j458. Sentant qu'il falloît prévenir de vitesse les pèn concile, Eugène fit équiper des galères à Venise, e ambassadeurs de Paléologue, qui s'élaient mis du du saint-père, partirent avec trois légats : c'éloien vcque de Digne, ambassadeur de Charles vu au co de Baie ; Christophe , évêque de Coronée , ville du 1 ponèse; et l'évêque de Porto, député du roi de Porl Les trois plus célèbres 'docteurs de ce temps se jo rent aux légats. Les galères, bien équipées, éloiei nombre de neuf. Le pape nomma général Antoine dolmer, son neveu. Cette légation arriva dans la cap de l'empire grec au mois de septembre 14^7, accoi gnée de trois cents arbalétriers enrôlés à Candie, ilépens d'Eugène, et qu'on destinoit à protéger Conî tiriop^e pendant l'absence de iVmptMeur. Ces «lep donnèrent de nouveaux détails sur la division qui gnoit dans le concile, sur les différends entre ce cou
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 5f^l
pe , enfin sur Tînconvenance des actes de cette lée. Paléologne, le patriarche et les prëlats, faiss préparatifs de leur départ ^ lorsqu'ils apprirent e de quatre galères envoyées par les pères du
de Bâie pour chercher les Grecs. Le général mer alloit canonner cette flotte, lorsque lenipele lui défendit. L'évéque de Lausanne étoit à la cette députation ; il n'oublia rien de ce qui étoit à faire changer Palé<ilogue : il montra les saufs de l'empereur des Romains, du roi de France,
d'Aragon, ce qui détruisoit l'assertion des amurs d'Eugène, qui prétendoient que le concile émis au pape le soin de transporter les Grecs. Il le plus que les bulles et lettres qu'on avoit remises ice comme venant du concile étoient des pièces les et scellées furtivement; enfin, il raconta la e frauduleuse dont le parti de la minorité s'étoit : pour que les pièces fussent revêtues des formalités
L'effraction du coffre aux sceaux devint le sujet versations de la cour et de la ville. Si l'on faitat-
à l'effet que dévoient produire ces détails sur un
spirituel qu'on accusoit de mauvaise foi , d'erqu'on vouloit persuader de l'infaillibilité des à qui l'on proposoit pour modèle (en Tinvitant à
) une église divisée et sous- divisée , dont le chef L guerre avec un concile général , qui lui-même »entoit point d'ensemble, on conviendra que les ^s des Grecs contre les Latins ne ponvoient que r une nouvelle force de toutes ces circonstances, ivoit bien ne pas comprendre le dogme , sujet de ae querelle, mais on comprenoit qu'il ne falloit îser nuitamment un coffre.
lituation de Paléologue étoit critique; il ne savoit mt préférer le pape au concile, ou le concile au Si sa démarche eût été Teffet d'un zèle ardent on piété véritable, il eût également repoussé ce«
34a HI8T0IRK DU BÀS-EMPIRE.
avances , étonné que des nciinistres de paix vinsseoti prêcher l'nnion en se lançant des anathèmes; maïs ilj falloit des troupes et de l'argent, et conséquemn» devoit examiner lequel du concile ou du p9pe poai mettre à sa disposition de Targent et des troupes, examen étoit embarrassant. A juger par le nombre ambassadeurs qui assistoient au concile de Bàle, des princes partisans de cette assemblée, on croire en quelque sorte TEurope partagée. Le rôle de( ciliateur eût rendu Paléologue célèbre, et pouvoitai pour sa défense cette Europe divisée; mais il fall<Mt< talens et des qualités que l'empereur n'a voit pointi
Il crut qu'une discussion publique l'éclaireroit,et lut que les députés de Baie fussent entendus devanti assemblée qu'il convoqua dans cette intention. Ceroo] ii'étoit propre qu'à ravaler aux yeux des Grecs l'égl romaine et son chef , en faisant connoitre beaucodpi particularités que la prudence et l'intérêt de la reli) prescrivoient d'ensevelir dans l'oubli. En effet , les pûtes ne ménagèrent point le pape et parlèrent àt pontife avec aigreur et mépris. Ils terminèrent l'énui ration de leurs griefs par la lecture de la sentence concile, qui déclaroit Eugène excommunié, déchu di toute puissance temporelle et spirituelle; enfin dépQiéj s'il résistoit pliis long - temps à l'assemblée. Par I même acte , tout traité fait entre ce pape et les Gno étoit frappé de nullité. Les députés terminèrent teU séance par assurer que tous les princes d'Occident qti reconnoissoient le concile se ligueroient contre les Tuic pour défendre les Grecs, si ceux-ci donnoient leur ad hésion aux actes de cette assemblée; tandis que non* seulement ils les abandonneroient , mais même leurd^ clareroient la guerre , s'ils embrassoient la cause di saint- père. Cette scène scandaleuse ne fit qu'augmente! les impressions défavorables qu'on a voit depuis lon^ temps à Gonstantinople contre les Latins, Le pape bà
BISTOiai DU BA8-EMPIR1. 343
Ibqaemment déCendu par l'évéque de Digne , Tua de ambassadeurs. Sur oes entrefaites « Palëologne reçut courrier de Sigisraond qui Tengageoit à ne pas tire le voyage. Malgré tant de raisons « pour ne pas prèle pape au concile , Tenipercur se détermina pour premier ; choix qui ne peut s'expliquer que par la lllwignance que devoit naturellement éprouver le chef k l'empire à reconnoitre au-dessus du chef du gouvcr* lement théocratique une assemblée délibérante : car on le doit pas oublier que Téglise grecque disputoit au tape la souveraine autorité ^ aiusi que le faisoit un conile qui tranchoit hardiment la question en déposant ce Kintife, et se mettoit bien au-dessus de lui. Les Grecs ^«iroient donc dû, suivant toutes les probabilités, se "^nir aux pères de Bâle ; mais leurs préventions contre ts Latins étoient trop enracinées , et ce qui se passoit l'étoit pas propre à les en faire revenir. Paléologue , décidé y fixa son départ pour le 24 novembre i437-
Pendaqt son voyage, le concile continuoit ses pour- BDites contre le pape. Furieux de la préférence que lui lonnoit Tempereur des Grecs, il cita le saint-père à M)i|iparoitre dans le terme de soixante jours pour répendre, devant les pères assemblés , sur les faits dont il ftoit accusé. Eugène répondit par une bulle de dissolulion contre l'assemblée de Bâle, qui ne devoit plus traiter qu'avec les ambassadeurs de Bohème, les seuls qui KBtassent dans cette ville. Par une seconde bulle, le pape eonvoquoit un concile à Fcrrare. Tous les évêques, ibbés, généraux et chefs d'ordre étoient priés de s'y trouver. Charles vu , roi de France, blâma cette convocation , et défendit aux évéques de son royaume d'obéir au saint-père. Le concile cassa la bulle et la déclara^ de nul effet, (icpendant beaucoup d'ecclésiastiques se ren- ^ient à Ferrare , et l'assemblée se trouva bientôt être ^^siez nombreuse pour qu'elle fut constituée. Le cardinal = de Sainte-Croix, délégué d'Eugène, eu fit l'anverturo
le io janvier i438. La translation fol proclamée légil canonique, et le concile dûment réuni pour trav: à l'union des églises grecque et latine ; celui de I dissous. Les attributions de ce dernier furent restre aux affaires des Bohémiens, encore devoit-îl soum ses décisions à P»f>probation des pères de Ferrare releva ceux de Baie de leur serment. Ces derniers, leur trente-deuxième session , tenue le 24 mars, cass le concile de Ferrare , comme indigne de porter le de concile , et annuilèrent tout ce qui s'y éloit fait, sant de côté le concile de Baie , qui ne doit plus noi cuper , nous dirons qu'il finit ( quoiqu'une grande f de ses membres eussent déserté, et qu'il fût réd trente - neuf évêques et trois cents ecclésiastiques d cond ordre) par prononcer contre Eugène une sen de déposition , et par élire pour pape Amédée de S< qui prit le nom de Félix, Celte double opératio blâmée parles rois de France, d'Angleterre et «i'Ec qui continuèrent de reconnottre Eugène et le conc Baie, quoique ce concile excommuniât tous ceu: reconnoissoient Eugène <*.
Paléologue, qui s'étoit embarqué, comme nou: vons dit, le 24 novembre i4^7 » eut une tra\ longue et pénible; il n'arriva que le 8 février à Venise. Il étoit accompagné du despote Démet l'un de ses frères, du patriarche de Constantin de métropolitains, d'évêques, d'abbés, et de loi
« Ce concile De unit qu'au mois de mai i44^ » après douze ans de durée et quuianle-cinq scissions; II n'est reconnu généra! et œcuménique que jusqu'à la vingt- sixième s»es9ion ( 5o juiJIet i /pj ) , jiaro.i que ce fut dans celle-là que Ton commençu à délibérer de la déjosilion du pape E.j^ene. Dans le» dernières années , cette assemblée n*éloit plus c^u'une ombre de concile par la ré-
duction de ses membres. L'I de celle i'ameuse asseuiblée n' dî'nuée d'intcrOt , par le s|' qu'elle ])résenle , les contrat:
successives dans lesquelles te à son occasion les puissance:
tcuoient des ambassadeurs , de parti qui a dirigé les divers la variation duns ces récils, par la marche qu'on y suivit.
les le^ plus verses dans la connoîssance des livres s. Parmi ceux qui furent choisis pour porter la le au nom des Grecs étoit Bessarion de Nicée. niani fait monter à sept cents le nombre de ceux iiena Paléologue; mais il paroît moins énoncer iveraent cette quantité que conclure qu'elle devoit îr d'après le traité qui portoit à sept cents le nombre ux qui seroient défrayés par .l'église de Rome. La blique de Venise se distingua par la réception qu'elle * ce cortège, et l'entrée des Grecs fut un véritable iphe. Le doge et le sénat allèrent à sa rencontre, meux Bucentaure fut embelli de tous les ornemens étoit susceptible de recevoir, et l'on épuisa toutes )mbinâisons que po^^voient prescrire ou permettre ût du siècle et les circonstances ; mais la vue des umens enlevés par les Latins en i2o4 troubla lisir que cette réception pouvoit causer à Tempegrec. Il passa vingt jours dans des fêtes conties. Le 28 février, il remonta le Pô jusqu'à Franco- huu tecL I demi-lieue de Ferrare. Le marquis d'Est l'y reçut ; fgsl*^" ' ^* les cardinaux et beaucoup d'évéques sortirent de ire pour aller au-devant du prince. Le 4 mars, il n entrée sous un dais magnifique , porté par les is des principales familles. Il ne descendit de cheval la porte de la salle qui précédoit Tappartement du . Dès qu'on eut averti le pontife, il se leça^ etme^ si bien ses pas en s'avançant vers l'empereur, 5 se trouvèrent en présence l'un de l'autre au îu de la salle. Eugène l'embrassa affectueusement, asseoir à ses côtés pour recevoir les hommages des ris , et le conduire ensuite dans le palais qu'on lui préparé, et dans lequel il fut traité avec beaucoup agnificence. Trois jours après , le patriarche arriva enise, mettant ce délai pour donner le temps de r le cérémonial de sa réception. La dignité de ce t étoit la première de l'église d'Orient, où Ton ne
346 HISTOIHE DU 9A8-SlfPiaB.
couvenolt point de la primauté et de la «apériorité i|f pape, puisque c'étoit un de$ articles qu'on devoit cuter dans le concile. Il prëlendoit traiter d'égal i avec le pape, sans que l'on mît entre eux d'autre dil rence que celle dé l'âge. Il étoit surtout attaché à points : le premier , de vouloir qu'on envoyât des dinaux au-devant de lui , ce qu'on n'avoit pas fait ; second , de ne pas souffrir qu'on lui parlât de baiser pieds du pape, selon la coutume de l'église occident Comme il insistoit sur ces deux articles avec beau( de fermeté , le pape fut obligé , pour le bien de la de les lui accorder. Néanmoins il ne voulut pas qui fit porter sa crosse ni qu'il donnâ| sa bénédiction la ville de Ferrare.
Quatre cardinaux, accompagnés de vingt-cinq évtqael et d'autres personnes de qualité, allèrent recevoir il patriarche à la descente du vaisseau, et lui présentèrent) ainsi qu'à ceux de sa suite , les chevaux qu'on leur av(à amenés, et sur lesquels ils montèrent. Deux cardinaux dont l'un étoit Prosper Colonne , neveu du deroie pape , se placèrent aux deux côtés du patriarche. Oi marcha dans cet ordre jAsqu'à la porte du palais, oui pontife grec mit pied à terre. De là il fut conduit , travers les salles et les antichambres, jusqu'à la porte d la chambre secrète , où le pape , qui ne vouloit pi que l'audience fût publique , l'attendoit sur un tr6a très-élevé, ayant à sa droite les cardinaux sur des siégi assez bas^. A l'arrivée du patriarche , on ouvrit la porte on le fit entrer accompagné seulement de six des sieni qui furent les métropolitains de Trébizonde , d'Ephès< de Cyzique , de Sardes , de Nicée , et de Nicomédi
^ Toute cette dcscrîptioù se trouve quelquefois sur l'importance do o
dans les actes du concile de Flo' rémonial des Grecs, une omùào
rence y et dans Thistoire ecclésiasti- pouvoit avoir à leurs yeux des coc
que de FIcury , dont elle est presque séquences graves. Ils donnoieot 1
textuellement extraite. D'après ce titre d'oeci/z/zém^f/t? au patriarche d
que nous avons eu l'occasion de dire Gonstaotinoplç ; titre que toiu k
ILepape, le voyant approcher, se leva de son trône IpoiiT le recevoir. Ils s'embrassèrent et se donnèrent le {baiser de paix ; ensuit/e le pape s'ëtant remis sur son ftrône , on fit asseoir à sa gauche le patriarche sur nn nëge semblable à celui des cardinaux. Les six métropolitains , pareillement admis au baiser, se mirent ensuite •a la gauche du patriarche , mais debout, comme firent jensuite les autres Grecs de sa suite , qu'on fit entrer ies uns après les autres six à six. Ces détails , qui peu* ji^ent paroître puérils , ont cependant une grande im.jXM'tance par celle qu'on attachoit à la question. Il »#'agissoit de décider si les deux pontifes étoient égaax, j^^m si le pape étoit au-dessus du patriarche; car celui-ci ne prétendoit point à la suprématie , mais vouloit ^jtraiter d'égal à égal avec Tévêque de Rome, ne voulant ; admettre d'autre différence que celle de Tâge. Si le pape« ^ ilisoit-il , est plus âgé que moi , je le révérerai comme I imoti père ; si nous sommes du même âge, comme mon Irère , et s'il est le pins jeune , je le regarderai comme mon fils. Sachant que ce pontife avoit une grande in- , fluence sur son clergé , le saint-père vouloit éviter tout ^.ce qui pou voit le blesser, mais en même temps ne faire aucune concession qui pût compromettre sa dignité. I, Xlependant il fut obligé de dispenser de la prostration f Je clergé grec , dont tous les membres avoient déclaré I <qae rien au monde ne leur feroit prendre devant un l^;iuortel la posture qu'ils né prenoient pas devant Dieu. >. Tenir le patriarche à quelque distance, afin qu'on ne . pât pas dire qu'il marchoit sur la même ligne que le souverain pontife , e^ l'y tenir sans qu'il s'en aperçût, tel fut le principe d'après lequel on régla le cérémonial.
patrbrchei de leur église ont pri« trouvoit à Ferrare devant un pontife
'eotuite , et qu'ils conservent encore ; qui avoit bien d'autres droitt» à Vœcu-
mais ils restreignent à leur patriar- ménicitè , et vouloit sounaettre et
chat respectif ceUe juridiction uni- son patriarchat et toute TéglUe grçO'*
perselle. Celui de Gonstantinople que à sa juridiciioQ« A'e»t que primas inter pares, 11 1«
Il paroît que Ton trouva une solution satisfajsantc important problème , puisque , dans leur récit historiens grecs font ressortir toutes les nuance prouvoient Tégalité parfaite entre les deux pontii les historiens latins «toutes celles qui démontroî< suprématie du leur.
Aussitôt après la cérémonie , Eugène entretint
pereur et le patriarche du sujet de leur voyage. 1
logue étoit très-contrarié de trouver si peu de r
au concile, et surtout de n'y point voir de rois. I
cru que la plupart des princes de l'Europe s';
droient, et formé le projet de traiter directem
son affaire avec ces têtes couronnées. Il insistoit
avec raison pour que tous les princes assistasse
concile, soit en personne, soit par leurs ambasss
On convint alors que le 9 avril se tiendroît la pn
session' dès Latins avec les Grecs. Dans une séanc
paratoire, on déclara que le concile œcuméniqu
ouvert à Ferrare. Le pape écrivit aux princes p<
inviter à s'y rendre, afin de concourir à la n
des deux églises. Au fond , ni leur présence , n
de leurs ambassadeurs n'étoient nécessaires pc
objet. Mais il falloit l'une ou l'autre pour trai
intérêts de Paléologue , qui réclamoit rinter>
des souverains avec instance. On décida qu'ei
première et la seconde session , on laisseroit un
valle de quatre mois, afin de donner le temps d'
aux personnes convoquées , et que pendant ces
mois on tiendroit des congrégations particuliè
trente-deux savans, dont seize choisis parmi les
et seize parmi les Grecs, proposeroient , dans des
renct's réglées, leurs argumens pour ou contre 1
articles qu'on devoit examiner dans le concile. C
clés et oient , 1." la procession du Saint-Esprit ; 2
dh'ion filioque qu'on avoit faite au symbole; 3.°
gatoire et l'état des âmes avant le jugement; 4-*'
les azymes; S.» enfin Tautorité du saint-sîëge et la tariraauté dn pape. On choisit pour l'ouverture du conlale la cathédrale de Saint-George. Le cëri^monial prit n temps et donna lieu à beaucoup de contest;ttions, à iîanse des places que dévoient occuper renipercur, le Mpeet le patriarche. Eu$»ène vouloit que san trône fût nis au haut de Tëglise, dans le milieu , entre les deux rangs, parce que, présidant le concile, il devoit être comme le centre des deux partis. Paléologuo réclama ■rîvement cette place, parce que cVtoil celle de Con- ■tantin au concile de Nirée. Il ouhlioit que Constantin ■voit toujours fait la loi bien loin de la recevoir, et ne ifétoit jamais vu réduit à la triste nécessité d aller men- !îdier des secours à quatre cents lieues de sa capitale. pEugène convint que le pape n'avoil pas eu cette place la milieu dans ce concile , mais que c'éloit parce qu'il le s*y étoit pas trï)uvé en personne. Comme Tempereup le parut pas disposé à cérler, on fut obligé de proposer ivèrs âccommodemens. Entin Ton crni devoir s'arrêter celui-ci: la place d'honneur, principal objet de la intestat ion, fut occupée par le livre des Evangiles; isuite on sépara les Grecs des Latins. Du côté droit m plaça le trône du pape, qu'on fit plus élevé que tous -les autres.  très peu de dislance au-dessous, un trône •vacant pour l'empereur des Laiiiis, enfin au-dessous, les l'fCardinaux , les archevêques et les évéques d'Occident. ^Ba côté gauche, mais parallèlement àftelui de l'empe- Irenr desLalîns, et non à la chaire du pape, éloît le trône [^e Paléologue, à côté de qui l'on fit asseoir son frère •émétrius; plus bas le trône du patriarche, au-dessous auquel se plarèreiil les différens ordres du clergé grec. La chaire du pape étoit couverte d'un dais et de divers, [Ornemens; celle du patriarche de Constantinople, sans iais', éloît simplement couverte d'un tapis de velours Cramoisi. Ainsi la question relative à la suprématie des âeux pontifes étoit décidée d'avance. Dans cett^ séance
55o UIStOl&E BU BA8-E]fPIEX«
do g avril i438 , on comptoit environ , panni lesLatinij cent soixante , tant cardinanx qu'archevêques et iv outre un nombre considérable d'abbés , de docteur» d'ecGlésiastif|ncs. Après la messe du Saint- Esprit , laquelle assistèrent seulement tes Grecs , Feroperea grec parut suivi de son clergé. Toute rassemblée se 1 pour leur faire honneur. Cette réunion n'ayant lieu q pour Couverture de l'assemblée^, on lut la bulle pape qui annonçoit dans les termes convenus que , consêntemeni expris di t empereur et du patriarche Canstantinople et de tous les pères qurse trouvoient Ferrare , le concile œcuménique pour la réunion deux églises étoit ouvert , et qu'on accordoit à toi ceux qui dévoient y assister quatre mois pour i rendre. On lut ensuite la lettre du patriarche de Coi stantinople,.qui, étant malade, déclaroit approuver I convocation. On différa la seconde session pendant si mois , parce que les rois de France , de Castille , de Por tugal et de Navatre , le duc de Milan , et les prin d'Allemagne, tâchoient d'accorder les pères du concilfj de Bâle avec le pape Eugène, qu'ils vouloient tonjoiirr reconnoître comme le vrai pape et le concile comme! légitime; ce qui paroissoit difficile à concilier, le prenaiei' ayant dissous le second, qui Te jngeoit par contumace et le déposoit. L'empereur, pendant ces six mois , demeura dans un couvent à deux milles de Ferrare, et se livit sans relâche à l'exercice de la chasse, qu'il aimoit passionnément.
Le pape, potir ne pas perdre le temps, pressoit Ie| Grecs d'entrer en conférence avec les Latins sur les articles qui divisoienl les deux églises. Les Grecs von*' loîent attendre que le concile fût assemblé. Après beaucoup d'înstancofi , ils consentirent à se réunir trois fois J par semaine dans le monastère de Saint-André, pouf ^ conférer sur les matières contestées. Marc d'Ephèsccl ^ Bassarion étoient chargés de porter la parole ; on dé*
niStOIRt DU B10-»1MPI&S. ^5t
bdit de toucher les principales questions, qu^il falloit betver au concile. Le cardinal Julien vonloit toujours ^mener f mais les Grecs éludèrent. Enfin , du consenpient de Tempcreur, ils offrirent de traiter l'article H purgatoire et de la suprématie des papes. Le cardinal If^fsit le premier. On s'en occupa dans plusieurs confë^ b^Ces , sans pouvoir tomber entièrement d'accord , ni tj|>fndant différer par des goints essentiels. De part et kntre on argumenta subtilement; le résultat de ces huties fut de brouiller ensemble Marc d'Ephèse et jtesarion, qui prétendoient , l'un que les saints ne pou- {dent être heureux sans leurs corps, et l'autre qu'ils Mutoient s'en passer. Ces deux orateurs grecs cessèrent filtre en bonne intelligence et d'agir de concert. L'époque marquée pour reprendre le concile appro- Ht, et personne n'arrivoit. Les Grecs en témoignèrent mécontentement. Eugène tâcha de leur persuader la présence du pape , de l'empereur, des patriarches, légats et des cardinaux suffisoit pour l'œcuménicité concile. On finit par convenir qu'on examineroit »rd s'il étoit permis d'ajouter quelque chose au ibole, et si l'on devoit consei'ver l'addition ^/lo^u^* ^mme Eugène avoit une attaque de goutte, on s'as-* khobla dans son palais le 8 octobre i438. Bessarion fit fe long discoiirs sur la nécessité de concltH*e la paix ; il H un des plus ardens promoteurs de l'union , ce qui lui Mra la haine de ses compatriotes, et l'obligea de rester I Italie, où son sèle lui valut le chapeau de cardinal. pt^s tous les complimens préliminaires et les exhortions réciproques pour ne pas faire attention aux ex-« P^^ssions vives qui pourroient échapper dans la chaleur i la discussion , on aborda la question relative au Saint- Kfirit. Mais comme si ce devoit être toujours un sujet ^ discorde , on passa trois séances à s'adresser des re- ^Oches avant d'entamer cette question. Les Grecs décrètent qu'ils n'écouteroient ni ne répondroient riea
352 HISTOIRE BU BÀS-EMPI&E.
tant qu^on ne leur Hroit pas le$ définitions des $i pères et du symbole. On se vit dans Tobligation < satisfaire. Comme on interrompoit les orateurs, i prolongeoit la discussion , Bessarion prit la parole démontrer qu'il étoit nécessaire de laisser dire à qui parle tout ce qu'il veut dire, parce que c'est à qui écoute à récapituler , approuver ou reprendre c l'autre a dit , à le réfuter, enfin à prouver que ses pr ne sont pas concluantes. La cinquième session fut sacrée à la lecture des actes du concile de Nicée symbole, à celle des actes du concile d'Ephèse, qu fendoit de rien ajouter à ce symbole ( mais plus siècle après l'addition faite par le concile de Ni Les Grecs firent valoir cette défense pour proscrii mois filioque , qui divisoient les deux églises.
Les Latins répondirent que ce n'étoit p^s une i
iion proprement dite, mais une simple explication
développement d'une vérité préexistante et cont
dans le symbole. Bessarion, dans sa réplique, coi
qu'il n'étoit pas défendu d'expliquer la foi, mais <
sérer aucune explication dans le symbole , puisqu'il
défendu d'y rien ajouter , soit explication ou dévelc
ment, soit à plus forte raison article de dogme. O
marqua que personne n'osa répondre à cet orateur,
sa dialectique avoît paru pressante. La tre^ième sej
fut troublée par l'entrée de quatre ambassadeurs du
de Bourgogne, qui , après avoir salué le pape, se pi
rent, sans vouloir faire aucune attention à l'empei
Paléologue , piqué de cette grossièreté , déclara c
romproit le concile , si ces envoyés refusoient de
rendre l'honneur qui lui étoit dû. Le pape et le pati
che de Constantinople, choisis pour niéiliateurs, ob
rent la promesse de faire le salut «rusage. Lorsquil
remplirent, ce fut avec des manières qui prouvoi
leur répugnance. On arriva à la quinzième coutiére
sans avoir rien décidé sur le Saint-Esprit, et toojo
mSTOinE DtP*»AS-EMPIRE. 333
n tournant dans le même cercle. Les Grecs vonloicnt ne Ton commençât par retrancher le Ji/iof/ue avant ;*examiner le fond de la question , c'est-à-dire si le iaint-Elsprlt procédoit du père par le fils, on du père et la fils « ; et les Latins exigeoient qu'on ff t cet examen In laissant Taddition. On n'ëtoit pas plus avancé que le premier jour.
• Sur ces entrefaites, le pape fit à Paldolo^rfe , ainsi ]^*au patriarche, la proposition de transférer le concile k Florence. La peste commcnçoit à faire des ravages dans les environs de Ferrare : ce fut le motif qu'Eugène mit ien aivant. Quelques historiens en donnent un autre , et
Î retendent que, ne pouvant suffire aux dépenses' du oncile , le pape avoit pris avec les Florentins des arlangemcn&qui Ini'en donnoient les moyens et lui renvoient cette charge moins onéreuse. Quoi cjû'il eh soît , \f$ Grecs u'approuvoicnt pas ce déplacement , et décla^ %Ment qu'ils répéteroient à Florence ce qu'î Is a voient dît à ferrare; que, déterminés à rejeter VadôUion du Ji/iàqut '^mme les Latins Tétoicnt à ne pas le retrafYichef -, il ^oit inutile d'aller plus loin. Ils cédèrent cependant^ !3)ans la sehièmè session , tenue le lo janvier 14^9, ou rlut la bulle de translation, motivée sur la peste ! on pilonna dedx mille quatre cent douze flomn$ atix Grecs
pour quatre mois, et Ton en fit passer dix -neuf mille Gonstantlnt>ple. Le iG janvier, Eugène partit de
ferrare avec un cortège somptueux, suivant quelques.
listoriens , et comme un fugitif ^^ d'après d'autres. 11 .^«avrit le concile à Florence le 26 février. Cette séance
« f^qjr, tome 10 de cette histoire , actes du concile, il est au cootrairo
JUtte 4ii 9 Qotc ^* reprcscnté sortant en pompe de
* L'opposition est remarqtiable.* Fcrrare. Nous «vous laissé de TOtô
^ot Antonin» qui étoii dû concile, ces deux récits pour nous en tenir
«t Scyropulus, auteur de rhi^loire au fait^ c'est-à-dire à l'arrivée du
,^U concile de Florence, prétendent «ainl-père dansij ville de Florence t
^u'Kugène se déguisa pour éviter les. que personne n'a pu contCKlcr. embûches de ses ennemis. Dans les
HIST. DU BAS-EMP. TOM. XII. â5
004 HISTOIRE BVHÀS-EMPllll.
se passa dans une discussion assez animée entre PaléiK^ logue et le cardinal Julien , qui fut étonné de tron? dans Tempereur un adversaire digne de lui. Tous 1< historiens partagent sa surprise, et représentent ce prince comme savanf. On conclut que de part et d'autre oa chercheroit des moyens de rapprochement. On laissa^ les Grecs maîtres de le proposer. Ils se rassemblèreni chez le patriarche ; mais tous déclarèrent qu'ils n'a voient rien trouvé ; que seulement ils étoient toujours prl^ts à' répondre aux Latins. Ils désignèrent sept d'entre eoi I)our soutenir la discussion contre les Latins dans d conférences particulières. Le pape s'y refusa, prétendant qu'il falloit qu'elles fussent publiques , pour éviter toutj reproche, afin « qu'on ne pût pas dire qu'on s'y seroiti (c laissé surprendre par quelque artifice, ou qu'on auroit^ « trahi la causée ^. » Voyant que les Grecs ne voutoienl, que disputer. sans proposer d'expédient, il indiquait, seconde session pour le 2 mars , et l'on y recommença la dispute sur la procession du Saint-Esprit. Marc d'E-, phcse, et Jew t théologien, occupèrent toute la séancr; le premier «V lâcher de faire sentir la différence qu'il trouvoit entre la production du Saint-Esprit et celle, du Fils qu'on appelle génération , et le second à faire , disparoîtrc cette différence. Dans la session 'suivante, j 'L t. Jean prouva si clairement que le Saint-Esprit procède et j P' 5i3. f^çQÎi sQfi ^if^ Jn pif g gi Jii jlls ^ comrhe dun siul
principe et par une seule production , et répondit si nettement à Marc , çu'il le rendit muet , quoiqu'il fiU un des plus grands parleurs. Nous ne savons si ce mira- ] de , rapporté par le P. Cossart, est confirmé par lei J historiens grecs. Une discussion très-vive s'éleva bientôt 1 à lioccasion des ouvrages de saint Basile , dans quel" ques exemplaires desquels le mot ^Is étoit omis, , tandis qu'il se trouvoit dans d'autres. Les Grecs étoient ^
^ Gonc. gt'ûtr. , t. i5 , par le père Cossart, continaatcur da (èit
{.abbe%
onci
HISTOIRE BtJ BÀS-*feM?tRE. 555
isës ile ravoir ôté : on crut les convaincre en produides exemplaires qu'on avoit fait venir de Constanple. L*eniperenr prit la parole , et dit qu'il y en t <rautres où ce mot ne se trouvoit pas. Le cardinal en fît un reproche au prince de ce que , se mêlant ombat , il n'avoit point apporte les armes les plus néaires au moment décisif. Saint Basile étant Tune des icipalei autorites que chaque parti faisoit valoir, istence du fils ctoit un article essentiel à constater^ ce qu'autrement le Saint-Esprit n'auroît procédé du père. L'absence de ce mot fif taxer les Grecs de nvaise foi : l'omission, en la supposant volontaire ^ ivoit n'être connue que de ceux qui Tavoient faitCé fait de religion , un secret^ de cette espèce ne se transt point; Tauteur d'une pareille altération n'avoue ire son imposture : ainsi les pères grecs du concile avoient être de bonne foi. Quand on songe aux rétats d'une omissioh involontaire, ou faite à dessein ^ qui pou voit n'être qu'une erreur de copiste, on en l effrayé.
les sessions suivantes firent encore employées aux iCQssions sur le même objet. Paléologue voulut qu'on tss&t parler Jean, provincial des dominicains, et qu'enîte on allât aux suffrages. Jean parla donc; il regret*» t que son adversaire Marc d'Ephèse , contre lequel il >ît lutté plus d'une fois précédemment, n'aslsistât nt à cette séance, et conclut qtle cette absence étoit aveu tacite de sa défaite. L'empereur l'intefrompit ir lui dire que les Grecs ne s'étoient assemblés que ir écouter les Latins , sans avoir l'intention de leur ondre; que c'étoit le motif pour lequel Marc n'étoît venu. Jerfn finît son discours, qoî dura huit heures, lonna par écrit le précis de sa doctrine, afin que les CCS l'examinassent dans leur assemblée partiailière: furent partagés dans leur opinion. Les uns rejetoîent lion ; les autres la désiroient , et chercboiebt' leia
556 HISTOIRE DU bàs-empirb.
moyens de la faire réussir. Paléologue soutenoît niers, et vouloit rétablir la concorde à quel* q\ie ce fûL II fit donc décider que, les discussio inutiles, on devoit chercKer quelque antre voie, voya dire au pape. Eugène répondit qu'il falloi Grecs convinssent que les Latins açoiênt hith que h Saint-Esprit procède du fils, ou qu'ils aj sent des témoignages de TEcriture fornielleme traires; sinon qu'on s'assembleroit pour jurer vangile de dire la vérité ; qu'après le serment exprimeroit librement son avis, et qu'on, embi le sentiment qui réuni roit le plus grand nor voix. L'empereur répondit que ce n'étoit pas là le de réunir les deux partis ; qu'on feroit naître \ velles disputes; qu'on seroit obligé d'en venir < |;ement, ce qu'il falioit éviter. Il prioit le saintchercher quelque autre voie. \
Toutes ces négociations durèrent plus de deu
pendant lesquels on examina l'écrit de Marc à
reprises. Marc d'Ephèse traitoit d'hérésie l'opin
Latins; Bessarion prétendoit que c'étoit celle de
part des anciens pères de l'église grecque. George
larius, que nous verrons par la suite jouer ui
rôle, partagea l'avis de Bessarion. Il fit un d
dans lequel il prouva qu'il n'y a voit point de 1
changer de sentiment et de parti quand on a d
velles lumières qui font découvrir la vérité; en;
démontra la nécessité de l'union , et proposa hs r
de lever les obstacles qui s'opposoient à cette unio
sarion parla dans le même sens ; fit voir que , si le
^toient excusables sur lepr séparation de l'égli
maine avant le concile général, ils n'avoient n
nant plus d'excuse ^ et ne pouvoient continuel
crime, de se séparer. Résumant avec beaucoup!
cision et de clarté tout ce qui s'étoit dit dans les se
jil concilia les diverses opinions^ faisant disp
HISTOIRE DU BÀ8-EMPIEE. 35^
lliscaritë des ânes par Texplicatlon que prësentoient kaotres; montra la conformité des pères de l'église fOrient avec ceux de Téglise^d'Occident ; réfuta les ob<- |lioDs , et finit par exhorter ses compatriotes à Tu*
(L'empereur, voulant terminer cette grande affaire , lit chez le patriarche une assemblée à laquelle assista rdinal Julien , qui voulut xju'on reprît les conféces; mais Paléologue s'y opposa. Ce prince alla ver le pape , et convint avec lui que , de part et tre, on nommeroit dix personnes qui proposeroient moyens de réunion. Chaque commission fit sa proiou de foi sur le Saint-Esprit; suivant les Latins, cédait du père et du fils ^ comme dun seul principe , par une seule production ; et, d'après les Grecs , Hproit substantiellement-dès deux, savoir du père par fds. Cette profession de foi, lue dans l'assemblée des s, fut approuvée des uns et rejetée des autres. Cédant elle passa à la pluralité des voix, et fut envoyée pape, qui demanda plusieurs explications. Il y eut, suite de cette demande, de nouvelles assemblées de vives contestations. Elles s'apaisèrent ^adnelle- ^ Qt ; et , parmi les évéques grecs opposans , le nombre Pf trouva réduit à deux. Démétrius • frère de Tempe- "BUT, ne voulut point donner son avis, parce qull wit contraire à l'union. Enfin , on dressa une profe^ion 'ç foi commune aux Latins et aux Grecs, dans laquelle il convint que le Saint-Esprit procédait du pire et b fils comme d'un seul principe , et par une seule ^^f>oductian qu'on appelle spiration.
. Paléologue voulut, avant de signer cet écrit, traiter Air. lip^' 'Vec le p^pe des secours dont il avoît besoin. Il lui *^** klressa Tarchevéque de Russie pour entrer en négociaira. Eugène le renvoya au prince avec trois cardinaux tui loi promirent de sa part, i.^ que le saint- père four* ^oU aux Grecs tout ce gui seroit nécessaire pour la
358 HISTOI&K DV.BAS-EHPIRE.
dépense de leur retour ; 2.® qu'il entretiendrolt toos ans trois cents soldats et deux galères pour la dëfc de Constantinople; 3.^ que , lorsque Tempereur ai besoin de vingt galères pour six mois, ou de dix nn an, le pape s'obligeroit à les fournir; 4**^ 9"^t^V! avoît besoin de troupes de terre, sa sainteté lessoilijd4a teroit des princes de l'Occident , et ne négligeroit ai moyen de les obtenir. Ce traité conclu , rempcreor assembler les Grecs le 3 juin i438, chez le patriai On y tomba d'accord. Le seul Marc d'Ephèse contini de nier que le Saint-Esprit procédât du père et du fil et refusa de se soumettre. Le 8 juin la profession fiitlf publiquement , et les Grecs et les Latins s'embcassèi et se donnèrent le baiser.de paix avec de grandes nionstrations de joie. Le lendemain on s'occupa Tordre dans lequel seroient traitées les autres questions la principale étant terminée. Le patriarche vouloitqo' célébrât sur-le-champ la dernière session , pour fer et publier le décret d'union, afin d'avoir avant sa m la consolation de voir l'accomplissement de ce grand ouvrage. Le vénérable pontife avoit plus de quatre-vingts ans, et sa santé s'altéroit de jour en jour. On lui repré* senta qu'il falioit convenir des autres points contestés, en lui promettant d'abréger les discussions, tout le travail préparatoire étant fait. Mais il n'eut pas la satisfac* tion,qu'il désiroit, étant mort subitement le lendemain du jour où il avoit fait cette prière. Il avoit été élu patriarche en i4ï^' Le bruit de cette mort s'étant promp* tement répandu dans la ville, tous les évéques grecs se rendirent aussitôt chez leur pontife. Ils trouvèrent Tacta suivant, que le patriarche avoit écrit quelques instaos avant de mourir. « Joseph , par la miséricorde de Dieu, « archevêque de Constantinople , la nouvelle Rome, ef « patriarche œcuménique; puisque me voici arrive à la « fin de ma vie, tout prêt à payer la dette commune à | « tous les homn)es, j'écris par la grâce de Dieu trèi*
HISTOIRE BU BAS-lMl^IRC. Z5q
h clairement, et souscris mon dernier sentiment , que je
ikfiiis s^ivoir k tons mes chers enfans. Je déclare donc
ki que tout ce que croit et enseigne la sainte église catho-
Pk lique et apostolique de notre Sl^igneur Jësus-Ghrist ,
k celle de Tancienne Rome , je le crois aussi, et que
m l'embrasse tous les articles de cette créance. Je confesse
% que le pape de Tanclenne Rome est le bienheureux père
% des pères, le très- grand pontife et le vicaire de Jésus-
^ Christ , pour rendre certaine la foi des chrétiens. Je
^^ crois aussi le purgatoire des âmes. En foi de tout ce
que dessus, j*ai signécetécrit, le neuvième juin 1439. »
gène lui fit faire de magnifiques funéraille»dans Téglise
monastère des domitiicains. Les prélats grecs y firent
office suivant leur rite , en présence de l'empereur , de
s les cardinaux et des évéques latins.
Quand on eut rendu les derniers devoirs au pa-
iarche,* on s'assembla pour s'occuper des quatre ar-
cies qui restoient à traiter, en commençant par celui
pain azyme, qui, pour être de peu d'importance, n'en
pas moins l'objet d'un débat très-animé. Une cir-
Iduce très -remarquable, c'est que les Grecs con-
Venoient qu'on poovoit indifféremment se servir de
!.^n levé ou non fermenté , quoique l'usage de ce der-
trier eût toujours été l'un des graves reproches qu'ils
Vvoient faits aux Latins , et la dénomination d'azymiies,
l'une des plus sanglantes injures. Malgré cet accord , il
Ikllut trois séances pour s'entendre tout«à-fait. Quant
Iki pnrgatpire , on convint qu'entre les âmes des saints
1A celles des pécheurs il y avoit un lieu où se purifioient
Vautres âmes; mais qu'il n'étoit pas nécessaire d'expli-
^er le genre de souffrances ni de déterminer si c'est
|Mir le feu , les ténèbres ou la tempête : décision qui au-
toit pn en effet entraîner quelques longueurs.
Lia primauté du pape ne passa peint avec autant de fiKÎlité que le purgatoire. Paléologue;v'ouIoit bieri qu'on reconnût cet article en général , mais non pas en parti-
36q histoire bv bàs-empirc
culier; expliquant sa pensée en disant qu'on
appeler des définitions et des jugemens des au.
iriarches au souverain pontife , et qu'il avoit le
de célébrer les conciles généraux sans l'emperei
patriarches y dont il demandait que les privilégia
gardée en toutes -choses. Ce prince assembla le^
qui examinèrent les prérogatives du pape , et
prouvèrent toutes, en y mettant deux restricti
première , que le saint-père ne pouvoît convc
concile œcuménique sans Tempereur et les patr
la seconde, qu'en cas d'appel du jugement despati
le pape ne pourroit pas évoquer la cause à Ron
qu'il enverroit des juges sur les lieux. Eugène
point voulu consentir à ces deux clauses, Paléol
au moment de rompre la négociation. Les prél
trouvèrent cependant un tempérament qui
toutes les prétentions. Ce fut d'avouer par é
le pape était souverain pontife, vicaire de Jésu.
le pasteur et le docteur de tous les chrétiens , qui (
r église de Dieu, sauf les privilèges et les droiU
iriarches d'Orient; savoir , de celui de Constat
qui est le second après le pape , ensuite de celui d
drie , de celui d'Antioche , enfin de celui de Je
Ce projet ayant reçu la sanction du saint-pè
cardinaux, on convint de travailler, dès le len
au décret d'union.
Mais toutes les chicanes de Tamour-propre pas épuisées. On commença par se demander 2 mettre en tête du décret le nom du pape ou l'empereur. Les Latins vouloient le premier, et
HISTOIRE DU BAS-KMPIEE. 36l
on devoit dire qu'il jouir oii de ces priçiUgei selon il est déterminé dans les Écritures et dans les écrits saints. Cette proposition ne plut point à l'empereur, disoit que , si quelque saint avoit fait des complimens saint-père, on n'en devoit faire ni un droit ni un vilége. Il lui envoya dire de changer la phrase ou de ccupcr des moyens de le renvoyer à Constantinople ; {m causa beaucoup d'inquiétude au pape , qui témoia sa surprise du langage que tenoit l'empereur. Il fit mander à ce prince si , pour établir sa suprématie , il avoit de meilleures autorités que les saints. Patéologne pondit que les termes n'étoient point exacts, et qu'il lloit les remplacer par ceux-ci : selon qu'il est porté bR5 les canons. Le pape y consentit enfin, mais avec ttucoup de peine. Ainsi la réunion courut beaucQup ks de risques dans la discussion relative à la préséance A suprématie que dans celle concernant le Saint-Es« ^ ou le purgatoire.
On eut à s'occuper du projet de décret et de la bulle, ^dant huit jours on tint des conférences malin et'soir. tites les^ar(^es du décret furent pesées, examinées : on i^ît au net en grec , en latin , oif le lut et le relut , et Convint de le proclamer dans la dixième et dernière On du concile^ qui eut lieu le 6 de juillet 14^91 ^ l'ordre qu'on avoit observé à Ferrare , excepté que "âne du" pape fut mis au milieu près de l'autel. La ^lion étoit décidée. Les magistr^s de la république trcuvèrènt en corps à cette cérémonie. Les évêques ^s firent la révérence au saint-père et lui baisèrent "^aîn ; ce qui n'avoil pas eu lieu pour l'ouverture. ^ fit aux Grecs l'honneur de chanter le veni, Creator ^^ leurs langues. Eugène célébra la messe e% latin , '^ alla s'asseoir sur son trône, auprès de Tautel à ^"^- L'empereur s'assit sur le sien à.gauche. Le c^- '^' Julien et Bessarion lurent , le premier ert latin , ^ second en grec , le décret d'union dans lequel U
36s HISTOIRE BU BAS-SMPIRS«
serviteur des serçiteurs de Dieu , du consentement c cher fils en J.^-C. , Jean Paléologuey illustre emp des Grecs > déclaroit que le pontife romain açoil / mauti sur toute la terre, qu'il était le véritable v deJ. C. , le chef de toute l'Eglise, le pire et le doctt tous les chrétiens. Cet acte est daté de Florence juillet 14399 la neuvième année du pontificat < gène *. Le pape signa le premier ; ensuite les L< savoir^ huit cardinaux , deux patriarches , deux év ambassadeurs du duc de Bourgogne /huit archev el quarante-sept évéques. Les Grecs signèrent en c'est-à-dire Paléologue , les vicaires des patriarcl les évêques. Quand les uns et les autres eurent sigi s^embrassèrent en signe d'union et d'une parfaite ligence entre les deux églises. Ensuite on se sépa: lendemain l'empereur fit prier le pape de permett Grecs de célébrer le sacrifice dans la même égl présence des Latins. Eugène répondit qu'il v auparavant faire examiner leur liturgie. Paléc n'insifsta plus ; mais le saint-père fit ensuite une titude de questions assez oiseuses , telle% que cel Pourquoi ils faisoieift une inclination de tête av consécration? pourquoi ilsmettoient de l'eau tiède \fi calice? pourquoi ils oignoient les morts avant ensevelir, etc.? On répondit aux unes, on gai silence sur les autres.
Eugène demanda que Marc d'Ephèse fût puni s^être séparé du Concile. Le saint-père représenta à pereur que c'étoit un attentat qu'on -n'avoit jamais fert dans aucun synode œcuménique ; qu'on ne (
* Four Texaclitude bistoriqne, il ces accQsalioDS ne sont ni as»
est néce^snre de dire que plusieurs vées pour entrer dans le r
actes de ce concile ont été argués de assez dénuées de fondemei
faux , c«tre autres récrit da patriar- être entièrement omise». Le
che de Gonstantinople , d'après le- de Thislonea étoit de les i
quel les Grecs se décidèrent à re- en passant. connoître 1» ptimautô du pape. Mais
||)iût ffermettre qu'il insultât à la majesté an concile, évéques grecs se rassemblèrent pour citer Marc, in qu^il rendît compte du refus opiniâtre qu'il faisoit souscrire aux actes du concile. Marc , effraye , vint mver Tempgreur , et le supplia de ne pas dësthonorer vieillesse en le forçant à se rétracter devant les Latins, fâli^ologue se laissa fléchir , et pria les évéques de lui irgner cette honte, prenant sur lui de forcer Marc à ;ner dès qu'ils seroient de retour à Constantinople. igène prêssoit les Grecs d'élire un patriarche pour (placer celui qui venoit de mourir. Son but étoit ^exercer de suite son privilège et confirmer l'élection. Grecs répondirent que celte ^élection devoit être 4te dans la capitale. On expédia des brefs aux princes l'Enrope, en leur envoyant copie du décret d'union. Paléologue et ses évéques demandoient leur retour rec instance, et le paiement de ce qui leur ^toit dû ; ce leur fut accordé. Ils prirettt congé du saint-père, j^empereur , reconduit par des cardinaux et des évé* , partit avec sa suite, le 26 août, pour Venise. ?ès avoir demeuré quelque temps dans cette ville, il ibarqua le 1 1 octobre sur les galères qu'on lui avoit tarées.
Le concile de Florence continua, mais cessa d'être iménique après le départ des Grecs. Une partie des ffâinces fut employée à répondre aux actes du concile w Bâie qui déposoit Eugène , élisoit un autre pape , et isoit ainsi dans TEglise un nouveau schisme. Les Grecs laissoient donc les Latins divisés, ayant deux l^pes^ entre lesquels se partageoient les divers princes de TEurope. C'est avec de pareilles armes qu'arrivoit à CoRstantinople Marc d'Ephèse. On verra l'usage qu'il Knfil.
De Venise , les Grecs allèrent en Béotie ,snr les galènes de la république; et de la Béotie dans la capitale, tlf furent transportés sur une flotte formée ea partie
364 HISTOIRE DU bas-empibê:
de vaisseaux vénitiens et de navires grecs. Pendant! absence, Timpëratrice Marie, femme de Vem Jean, et celle de son frère Démëtrius, avoient cessé vivre. Parmi le clergé grec, il manquoit quatre lats : c^étoient Joseph, patriarche, et Denys, inéti politain de Sardes, morts tous deux à Florence; B rion et Isidore. Ceux-ci restèrent auprès d'Eugène, les fit cardinaux bientôt après.
En terminant Thistoire de la réunion des deux Egl ses , que les résultats ont fait nommer la fausse unu nons devons rendre compte et de plusieurs circon ces qui prouvent qu^on s'abusoit de tous les côtés, des intentions ou des espérances de chaque parti, i^ L' pereur grec , qui avoit plus de chemin à faire que autres rois de l'Europe , croyoit qu'ils se rendroi à Ferrare , et qu'il concluroit avec eux des traités av tageux pour sa cause. Â son arrivée , il ne trouva aoci prince, et pendant son séjour aucun ne vint letr ver. 2<* Eugène le flaltoit du double espoir de termini par sa présence le schisme grec et celui des Latins : cet] espoir ne fut point réalisé. 3° Il paroît que Paléologi», étoit dupe d'une illusion bien plus grande ; c'étoit d'étrej désigné par Sigismond pour son successeur. Un seol, historien parle de cetjp espérance étrange « ; mais cet, historien étoit du voyage; et si Ton songe au soin avee. lequel ce prince devoit cacher un. pareil projet , on ne s'étonnera pas de n'avoir qu'un témoignage. 4"* 1-*^ patriarche de Constantinople , à qui la vieillesse et des infirmités donnoient une juste répugnance, céda cepen*. dant à l'espoir d'être considéré comme le pape de l'O-
» Sylvestre Soyropulus , grand ec- la nouvelle de la mort de son oïïu,
clësiarque , l'un des dignitaires de et que , s'il en eût été instruit ploi
^ Sainte-Sophie qui accompagnèrent tôt , il ne 8eroit point parti de Coo-'
Faléologue à Ferrare. Témoin de stantinople. Sigismond moarat le
tput ce qui se passa dans le concile , S décembre i337 , et l'empereur
il en rapporte toutes les particuta- grec étoit parti le 24 novembre pré^
niés dans l'histoire qu'il en a ëcrile. cèdent. L'histoire de Sryropulo* est»
^Jdît que Faléologue apprit â Gorfou suivant Gibbon 9 curieuse et siDoèrc*
niSTOIRE DU BA8-feHPIB!t. 36^
ieilles robes. Bessarion avoit gagné quarante florins l'or en enseignant les lettres pendant vingt-un ans ; Dais , obligé d'en dépenser vingt - huit dans son 'oyage du Féioponèse, et douze à Constantinople , I éfoit réduit aux secours donnés par le pape. » On plaçoit donc entre le devoir et le besoin ; maladresse xplicable de la part de la cour de Rome « si le duc de lan, les Colonnes, le concile de Bâle, lecomte de Sforce, oi d'Aragon , avec qui le pape fut toujours en guerre^ rendoient Eugène excusable par le triste état dans nel ils entretenoient ses finances. Quand on voit Pa*« ogue recevoir par mois trente-quatre florins, on ne t douter de la pénurie des Grecs ; et dès -lors Isidore iessarion , restant avec le pape, dont ils acceptent le peau de cardinal , ne paroissent plus avoir qu'une voon douteuse , et ne point faire de sacrifice , tandis que êque d'Ëphèse ne pouvoit être soupçonné d'intérêt is sa résistance.
!)n voit donc que le mécontentement des Grec^étoit dé, et, pour peu que le remords se joignît au dépit/ conduite qu'ils tinrent en entrant à Constanlinople plus rien qui doive surprendre. Ecoutons mainteil Tun des historiens grecs qui vivoient à cette épo-^ ! « : « Lorsque les prélats descendirent de <lessus les lalères, les babitans de Constantinople vinrent les alner , et leur demandèrent : En quel état sont nos Aiires? comment le concile s'esl-il passé? quel fniit fn avons -«nous reçu? Ils répondirent : Nous nous y lommes fait une fqi ; nous avons changé la piété avec i'impiété; nous avons trahi le pur sacrifice, et nous iQmmes devenus azymites. C'étoient ceux - là même i|ui avoient signé l'union qui faisoient des réponses aussi honteuses; c'étoit Antoine, évêque d'Héraclée, «t les autres. Quand on leur demandoit pourquoi ils
M&. Dacas, chap. 3i , trad. de Cousid.
« avoient donc signé Tunion, ils répliquoient que « toit qu'ils avoient appréhendé les Italiens. Quant « leur demandoit si les Italiens leur avoient ap| «( quelque violence ^ s'ils les avoient mis en prison, «c répondoient que non , et n' avoient rien à dire, sii « que leur main qui avoit signé Tunion méritoit d'( « coupée; que leur langue qui en étoit demeurée d'ac « méritoit d'être arrachée. Il y eut des archevéquesi <c en signant le décret, dirent : Nous ne signerons « vous ne nous comptez l'argent que vous vons « obligés de nous fournir; et à Theure même qa'c « leur avoit compté, ils mettoient la main à la ph M On fit des dépenses immenses pour leur nourriti « et, outre ces dépenses, on donna de Targent à cl « prélat. Cependant , lorsqu'ils se sont repentis d'at « signé, ils n'ont point reporté l'argent qu'ils at <( reçu : en quoi il est visible que, par leur propre ^ « connoissance, ils avoient vendu leur foi ; et ils ëtoii « plus coupables que Judas qui reporta aux Jui& i< prix de sa trahison. » Ducas, dans sa sainte indij tion, a supposé que les Grecs avoient mis leur foi à haut prix , tandis que la nécessité les força de la sacril aux besoins les plus urgens. Du reste, en pareille nM tière , la foi de celui qui achète et de celui qui vendal|| intrinsèquement la même valeur. ^ «i
Les Grecs furent donc accueillis à Constantinoplepd un murmure général , auquel avoient dû les préparer M| reproches que leur firent les h^bitans de la l^lorée, lon^ qu'ils ralâchèrent dans ce pays en revenant dans Icoi capitale. Le mécontentement fit place à la fureur quad on les vit arriver sans ce qu'ils étoient allés chercher ,da troupes et des subsides. Soit crainte, soît remords, $A dépit de se voir trompés, les évêques confessèretit humblement leur foiblesse, exprimant tout haut leurrepen* tir; et pour qu'on ne doutât point de leur sincérité )ili
retirèrent du monde, ne virent plus personne, pas ême l*empereur « . Lorsque le prince fit sacrer Motrolane, qnî venoît d'être élu patriarche de Coiistanlî- >ple (au refus des archevêques d'Hëraclée et de Trébîode), IVglise de Sainte- Sophie resta vide; le peuple fn dëtournoit comme d'un temple souillé. On lança ntre lui les foudres de TEglise, il les brava. Bientôt, se ppeiaut la résistance de Marc d'Ephèse, il eut recours :et évêque, le combla d'éloges, le choisit pour apôrre , suivit aveuglément I impulsion de son zèle. An moent de sa mort, cet évéque demanda qu'on éloignât î son convoi les adhérens de Té^^lise de Rome, dont il poussoit les prières. Les patriarches d Alexandrie, Ântioche et de Jérusalem assemblèrent un concile, désavouèrent ceux qui les avoient n'préseufés, soit à errare , soit à Florence; condamnèrent ce qui s'y étoit issé : le dogme de la procession du Saint-Esprit, le irgatoire, Tusage du pain azyme, et surtout la suprélatie du pape. Ce zèle ardent franchit lesdistance^ avec i rapidité de Téclair; et lorsque le pape envoya le carinal Isidore a Moscou, ce prélat fut enfermé dans un Hiveut, d'où il ne s'échappa qu'avec beaucoup de peine, es Russes arrêtèrent les missioimaires qu'Eugèue en- )yoit pour convertir les païens, prétendant que Tidotrie étuit moins contiamnabie que le schisme de Latins, e clergé grec, qui n'avoit point jusqu'alors tâché de ire des proséJyies, en chercha : il envoya solliciter les ohéniiens de faire cause commune avec lui. La haine l'ils avoient contre le pape étoit le motif de cette range démarche. Ce fut ainsi que 1 indignation des recs devint un fanatisme intolérant ; Tinditférence fut Q crime, et la croyance à la réunion des deux églises
' c L'empereur s'en retourna à c promis et juré en Italie, Fecou»
Goostantinople , où il ne fut pas c rurcnt à leurs première.-* opiqions,
plus tôt arrivé, que les Grecs, lais- • sans se plus soucier d'adhérer aux
sant U tout à plat ce qui avoit été c Latins. > Cbaicocoadyle , liv. 5.
HïST. DU BAS-EMe. TOM. XII. ^4
5^0 filSTOIRE DU BAS-EHPIRX.
un attentat. Si les Turcs , an lieu des Latins, eussent Tobjet de cette ardeur, c^en étoit fait de leurs conquête et Tempire étoit sauvé. Ce zèle fit de tels progrès, qa^a peu de temps le nombre des partisans du pape fut cil conscrit dans Tcnceinte du palais, et même ils en dis| rurent bientôt. Paléologue ne tarda pas à concevoir sérieuses alarmes. Son frère, le prince Démétrius^i qui n'avoit pris aucune part à Tunion , qui par son sence et sa froideur pendant la tenue du concile sembb la désapprouver indirectement , et bientôt , en refw de signer Tacte qui la constatoit, la blâma d^une nièreplus positive; Démélriuss'étoit, par cette conduit concilié les Grecs. Tous les regards se tournoient versi prince, qui, fixant les siens sur le trône de son frère^ auroit avec empressement saisi Toccasion de faire de base à ses projets ambitieux la religion natioBi Paléologue sentit le danger, et se garda bien dedéfendi la réunion ; c'eût été donner le signal de la guerre civilci ou plutôt exposer son trône à une chute certaine.
Le clergé de la capitale n'admit point et ne permit] pas qu'on reçût dans les églises ceux qui avoient signé.i II y eut bientôt contre eux une conspiration générale» on les chargea d'injures; dès qu'ils paroissoient dansle|J rues, on les appeloit apostats, traîtres, azymites. Ponr éviter ces traitemens, il falloit se rétracter; c'est ce firent l'archevêque d'Héraclée et celui de Trébisondey 4 qui donnèrent l'exemple. Bientôt parut un grand nombre d'écrits qui circulèrent rapidement dans tout Tempire. Voici comment s'exprime à ce sujet un historien ^ coddu j par son exactitude : « Les uns assuroient ( dans ces écrits) « qu'on avoit corrompu le Grecs, et surtout le patriarche « Joseph par présens, et qu'on avoit acheté leurs suf-
^ Nous avons oublié de dire que gue , il sortit de Florence poir
ceprii^ce ne voulut point signer l'acte aller l'attendre à Venise, d'union, et qu'aiin d'éviter toute ^ Hist. ecclésiast. liv. ie8,p.34>» importunité de la part de Faléolo-
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 5'] l
\ges à prix d'argent; les autres, qu^on les faisoit lourir de faim pour les obliger à signer; ceux-ci, |ae les Latins avoient falsifié tous les exemplaires ^'ils prodnisoient ; ceux-là, que tous n^avoient pas ligne, et que ceux qui Tavoient fait s'étoient rétracté, kvouant qu'ils avoient été séduits; et tous enfin qu'on ivoit renversé tous les fondemens de la foi. » ^aléologue avoit voulu dans les jcommencemens sou- Br son ouvrage. Sachant qu'on chassoit des églises les lataires , il prit des mesures pour qu'ils y fussent re- S; mais dès qu'on les vit parpître, la foule sortit et les Isa seuls : une autre fois le service fut interrompu , et reprit qu'après leur disparition. Croyant qu'un pa-> Irche feroit cesser ces troubles, il convoqua une asdblée pour en élire un. Il vouloit choisir un homme i. eut du zèle, de la fermeté, et qui lui filt dévoué, archevêque d'Héraclée sembloit réunir ces conditionss lis ce prélat déclara qu'il se repentoit d'avoir signé jaion. Les archevêques de Trébisonde et de Cyzique rent , avec George Scholarins , le plus de suffrages, empereur, ayant fait sonder le métropolitain de Trélonde, qui témoigna les mêmes regrets que celui Bëraclée , il fixa définitivement son choix sur Métroiane. On ignore le motif qui l'empêcha de choisir Iholarius, à qui nous verrons bientôt jouer un râle beste pour l'empire « , et que peut-être il n'eût pas
> ixeorge Scholarius , ou Grcnna- pouvoit être un sacrifice coûteux. Il
M, étoit peut-être celui qui , dans est plus facile d'admettre une opi-
concile , avoit parlé le plus élo- nion nouvelle que de renoncer à
içinment pour la réunion. Il avoit celle dont on est persuadé depuis
>p de sens et d'instruction pour ne long-temp^. Scholarius pouvoit donc
B sentir le peu d'importance des être de bonne foi en prêchant l'ad-
tidles qui faisoicnt le sujet de la mission d'articles qui lui paroissoient
tntestation^ et pour lesquels l'é- indiiférens. S'il eût été choisi par
lise grecque étoit séparée de l'église Paléologue , il est probable qu'il
>maine. Il falloit que la première n'eût pas tenu la conduite que nous
dmît ce que professoit la seconde, lui verrons tenir la veille de la chute
'«que celle-ci rejetât ce qu'elle en- de l'empire, et qui n'eut pas une
^SQoit depuis long- temps ; ce qui médiocre influence.
37^ HISTOIRE DU BAS-EMPiaS.
)oiië, siPaléoIogue Tavoit choisi. Mëtrophane avoitfij le sixième au concile de Florence , et .s^ëtoit enga| plus, par écrit, à maintenir Tunion : il fut installéL ]4 août i44o. Fidèle à ses promesses, il agit avec» prudence, et ne sut pas voir que, dans les querellesi gieusesy la persécution est un moyen qui presque jours éloigne du but , et produit des résultats opp( ceux qu'on en attendoit : il parcourut la Grèce en sionnaire; et trouvant partout des évéques opposés i] réunion, il en déposa plusieurs, et choisit pour les placer des prêtres dévoués aux Latins. L'archevêque] Césarée se plaignit des troubles et des scandales lyjétrophane étoit cause. Sur ces plaintes, Philotl patriarche d'Alexandrie, Dorothée, patriarche d*i tioche, et Joachim , patriarche de Jérusalem , formèi un synode , et publièrent une lettre par laquelle prononcèrent une sentence de déposition contre ceux que Métrophane avoit ordonnés , et d'exconimi cation, si , malgré cette défense, ils continuoient d'( cer leurs fonctions. L'archevêque de Césarée fut chai de faire exécuter les mesures prescrites par cette letti Les mêmes prélats en écrivirent une autre .en mi temps à Tempereur Jean Faléologue, et dans laqi ils le menacèrent des foudres de TËglise s'il continoi
d'accorder sa protection au patriarche de Constanl
nople, et d'adhérer aux Latins. Le nom de ce prince effacé des diptyques , et les pontifes ne le prononcèi plus dans les prières publiques. La démarche de cestr patriarches eut d'autant plus d'éclat , qu'ils étoient la domination des Turcs : elle plut au prudent Amurai| que l'union entre Rome et Constantinople avoit ié* quiété. 11 facilita aux Grecs les moyens de se rendre av synode : tous les patriarches s'y trouvèrent , excepta celui de la capitale, qui fut traité d'usurpateor el d'excommunié. Tout l'Orient adopta les mesures prisci dans ce synode. Métrophane mourut dans ces circon-
HISTOIEE DU BA8-EMPIRB. 375
hices, et fut remplacé par Grégoire, protosyncèle. uTels furent les résultais de cette fameuse réunion des
IX églises, qu'on auroit probablement obtenue avec d'adresse et dans d'autres circonstances ; car on
il convenir que le moment étoit mal choisi. Que de- Sent en effet penser et dire les Grecs en voyant que lie église qui leur préchoit de se réunir à elle étoit kidaleusement divisée ; que le saint-père, qu'on leur Pposoit de reconnoître comme au-dessus des autres iitifes , étoit déposé par un concile qui élisoit un Ire pape ^; que les princes chrétiens se partageoient k-niémes entre ces deux papes ; enfin qu'en se pla- |lt , et qu'en les plaçant eux-mêmes dans une situation
itradictoire relativement au saint-père , on leur don-
il le droit de demander que l'église romaine leur iontrât l'exemple de l'union ?
^iNous aurons l'occasion, ou pIutAt l'obligation de reinir sur ce schisme. Nous verrons des scènes qui , mce à des souvenirs récens , nous pai^ttront renonvefes de nos jours, et recevront de cette circonstance un irlain degré d'intérêt ^. Achevons le règne de Jean Uéologue, que son père avoit bien jugé.
Eugène n'oublia point les promesses qu'il avoit faites An. i443l'empereur d'Orient, quoique ce pontife eût à lutter '^*^* botrcT des princes d'Italie et contre un concile qui le llposoit en le déclarant perturbateur de la paix , de union de l'Eglise , simoniaque , parjure , incorrigible , phismatique et hérétique ; car c'est ainsi que les revends pères du concile de Bâle ont qualifié l'un des lapes les plus distingués de ce siècle. Ce pontife, ju- ^nt bien les événemens, ne tarda point à voir que les
^ Amédée de Savoie fut élu le de Bipaille, et la vie qu'il y mcnoit,
\ BOf embre iSSg ; conséquemment expliquent «on acceptalioo. pendant que lei Grecs » embarqués * ^ojr, ci- après le chapitre sur U
k 11 octobre à Venise, reveooient disposition des esprits i Tépoi^ue dt
ihei eux. Il prit le nom de Félix, la prise de GonftaniÎDople. W rôlcf qa'U a joués , l'ermitage
circonstances favorisoient les progrès d^une pi qui devenoit colossale et menaçoit de toot en Les moyens de Tarrêter entroient donc dans les naisons d'une politique éclairée : Constantinop voit sauver TËurope , il falloit donc sauver Coi nople. Jamais croisade ne fut peut-être ni plu saire ni mieux motivée ; mais les causes qui i roient devoir être irrésistibles dans les événem< rarement celles qui les déterminent. Les cr effet de l'enthousiasme et d'un zèle aveugle, ave faites sans réflexion. Lorsque les motifs les plu rieux auroient non-seulement justifié une pareil prise , mais même fait un devoir de la tenter , 1 sition en fut presque unanimement rejetée. devoit engager à l'accepter servit de prétexte repousser. Les princes de l'Europe étoient en ils avoient^ à craindre que les Turcs ne vin mettre d'accord ; ils dévoient les prévenir. Auci le danger, quoiqu'il fût réel. Les Hongrois et noîs prirent les armes, il est vrai ; mais c'étoît autant pour se venger, et par suite de débii' nels avec les Turcs , que pour répondre à l'aï" gène IV, qui, dans une lettre touchante, in les souverains de l'Europe à se réunir conh commun. Paléologne , pour ne pas lui lais sa promesse, a voit soin de la lui rappeler d temps. Son frère Théodore, despote de L;: imploroit pareillement les secours du pon intervention pour en obtenir. Sa foi promi ment de sa propre conservation, animoient k et rendirent sa démarche pressante.
Si la tiédeur des princes d'Occident m 'proches, la conduite des princes grecs et' absoudre. La veille de leur destruction il guerre. Démétrius, que nous avons vu sr pas imiter son frère au concile de Florci.
fadhérer à rtinion , Démétrius, qui prëtendoit au FÔne impérial, achevoit de se brouiller avec l'empeenr. II vouloit épouser la fille dePaiil-Asan Gatélusîo» eigneur de Lesbos, qu'il aimolt passionnément. Mais fean Paléologne, son frère Constantin et Timpératrice toaairière, s'opposèrent à ce mariage. Les princes de ïette famille ne dévoient songer , dans la position à la- |iaelle ils étoient réduits, qu'à contracter des alliances avantageuses. Tel fut le motif raisonnable du refus des ^rens du jeune prince , en lui déclarant qu'ils ne pou- N)ient accorder leur consentement à cette union. Défeiélrius s'en passa. Jaloux de Constantin, que Paléologne Umoit mieux que lui, il déclama contre tout ce qui s'éloît passé au concile de Florence, et devint le chef des ichîsmatiques. Constantin au contraire, qui ne voyoit J'autre chance pour le salut de l'empire que dans le setouTs des chrétiens qu'on ne pouvoit obtenir sarts l'uûon , correspondoit avec le pape. Eugène , remarquant la foiblesse de l'empereur, qui n'osoit faire exécuter dans les états le décret d'union, en gémissoît , et sembloit nieux en apprécier la conduite de Constantin. Il lui idressa une bulle conçue dans les termes les plus flatteurs ; elle est datée du i" avril i44i- '-«^ saint -père reîommandoit à ce prince l'exécution du décret , lui pronettoit que , lorsqu'il seroit monté sur le trône il lui lonneroit tous les secoura qu'on avoit promis de fournir I son frère contre les Turcs, Tassuroil enfin qu'il poufoit compter sur ceux du saint-siége, qui ne leur man- ]ueroient jamais.
Ainsi les princes grecs étoient divisés entre eux au moment où leur intérêt exîgeoît qu'ils se réunissent. On remarquoit même une nuance entre Paléologne et Constantin, liés d'une étroite amitié. Le premier n'osoit prendre aucune mesure pour faire exécuter les conventions passées au concile de Florence ; le second, pour lequel elles étoient moins obligatoires , paroissoit au
contraire disposé à presser l'exécution des articles cortS^nv venus. Quant à Démétrîus, après s^étre prononcé contai^ ^^^ ce décret , il ne se contenta pas d'éloigner les Grecf Latins, il leva Tétendard de la révolte, et déclara guerre à l'empereur ^. Rassemblant he^ vassaux, faii un appel à tous les mécontens» il obtint des tronj d'Âmurat, qui, bien loin de les lui refuser, les lui ai offertes. A la tête de cette armée, il marche sur tantinople, qui lui ferme ses portes. Il comptoit Tappui d'Asan, qui jouissoil d'une grande autorité la ville ; mais, soit que celui-ci fut surveillé, soit qui 'n'eût pas autant d'influence qu'on lui en supposoit,3^^* se trouva dans rimpossibilité de seconder les des de Démétiius, qui, ne pouvant ni faire subsister troupes ni les payer, renvoya les Turcs an sultan, retourna chez lui. Les démêlés qu'il eut ensuite aveoi son frère Thomas , despote et gouverneur comme \w d'une partie de la Morée, prouvent que Démétrius étoill d'un caractère inquiet et d'un esprit ambitieux.
Malgré tant de circonstances favorables pour Amurat, malgré cette divisitm qui d une famille ( trop foible déjà pour résister au sultan, quand l'union auroit régné parmi ses membres ) en faii^oi' plusieurs partis, et conséquem* ment une proie facile à saisir , les Turcs furent nonseulement sur le point d'être arrêtés dans leurs progrès, mais peut-être encore d'être forcés d'abandonner l'Europe et de retourner dans l'Asie, d'où les fautes des Grecs lesavoient laissés sortir. Il ne falloit qu'un homme de tête; il s'en trouva deux : l'un ennemi d' Amurat et
<• Phranza, successivement atta- se préparant à la guerre con Ire rcm-
ché à Mahucl, à Jean, à Cooslan- pcn-ur , et s'en rerint sans atoir
tin, honoré de ramitié parli<''lièrc rien fjit. Ad despotam Denutrium
du premier et du dernier de ces salvus perverti ^ qui se se ad beUum
princes , négligé par le second , char- Conslanlinopolis , vmperalorique êc
gé plusieurs fois du soin de recon- fralvi suo instruebat. Qud de causa
cilier les frèrcA , gii>8e t>ur leurs torts, me infeclo negotio dimisit, Lib* Ht
l^moyé vers Démétrius , il le trouva cb. 17.
nu pour tel ; Tautre, le devenant tout à coup, déles drapeaux de ce prince qui lui accordoit sa con- ; tous deux braves, déterminés, doués de ces \ qui ont sur les hommes une grande influence, ne leur histoire est , dans quelques parties, inti- ?nt liée au sort de Tempire , ils ne sont rien s qu'étrangers à celle-ci , et nous devons les faire jître. Le premier , appelé George ( fils de Jean iot, qui prenoit le titre de roi d'Albanie, quoiqu'il i souverain que d'un district de cette province ), est re sous le nom de Scanderberg ^ que lui donnèrent lires parce qu'ils le comparoient à Alexandre. Son vaincu par Amurat, n'obtint la paix qu'aux plus conditions. Celle de donner en otage ses quatre en* )our garans de sa fidélité ne fut pas la moins humi- ^ Ils furent élevés dans la religion de Mahomet, listorîens prétendent que les trois aînés périrent e poison , et que George seul fut épargné par le 1 ^. Il dut sa vie à sa bonne mine ainsi qu'à son 1. Ayant fait preuve de vigueur et d'intrépidité trois combats contre un Tartare et deux Peitens , ut des Turcs le nom de seigneur Alexandre ( Scan- ;rg ). Son père étant mort en i432, il ne vit pro- :ment pas sans dépit Amurat s'emparer de ses
bbon doute de ce fait; mais Ghalcocondjle un passage qui rend m sur laquelle il s'appuie est le fait moins invraisemblable. Voici tible d'être contestée. Il pré> ce passade : « Scanderberg ( c'est-à* uc , lorsque Ton considère les « dire Alexandre ) âvoit en sa jeut l'attenlion avec lesquels on c ncsse été nourri à la Porte, et, xeorge , on doit convenir qu'il « dit -on, qu'Amurat môme en avoît as probable que ses trois frères c abusé ; dont indigné de cet outé sacrifies. Le motif le plus • trage , il trouva moyen de s'évaablable pour douter du fait, « der. » ( Hist. des Turcs, liv. 7, que ces enfans ne dévoient trad. de Vigenèrc. ) Si ce fait est ►r aucune crainte au sultan , vrai , il peut servir à expliquer l'ëléauroit pas commis un crime valion de George , la faveur d'Amu- ; et , dans ce cas, son instinct rat , et même n'ôlre pas étranger i t bien mal servi, puisqu'il la mort de Reposio , Stonize et Couva celui qui dcvoit uo jour lui stantin 9 les trois frères de Scanderr. Mais on trouve dans Laonice bcrg.
378 HTSTOIRC BIT BÀS-CMPIRK.
bien3, quoique pour le dédommager le snltan^Ie ci sangiac , lui donnât le commandement de cinq in chevaux, et lui laissât entrevoir dans un avenir proch la possession des premières dignités. Mais il n'étoit; cune compensation à la perte de la liberté et de la 8( veraineté ; la petite principauté de TÂIbanie va mieux que la première dignité de Pempire pour a qui aimoit Tindépendance. Il concentra ses projets promit de profiter de la première occasion , servit z distinction, et continua de plaire au sultan. Cette 0( sion se présenta , Scanderberg la saisit.
Avant d'aller plus loin , il est nécessaire d'exaroi cette action , que quelques historiens louent , que Gili blâme, et qui peut-être ne mérite ni blâme ni lona Les Turcs le traitent de traître et d'apostat; les cl tiens , supposant qu'un pieux zèle Tanimoit , le re dent comme un défensetir de la foi ; c'est un in| suivant Gibbon. Comme Topinion de ce critique d'un grand poids, nous devons la rapporter, lais de côté celles des Turcs et des chrétiens, parce ( n'y, a* eu certainement dans la conduite de Scander ni zèle ni apostasie. « Ses motifs ( dit l'historien « glais) paroîtroient moins suspects d'intérêt et de « geance ^ , s'il eût rompu sa chaîne dès qu'il en s « le poids ; mais un si long oubli de ses droits les i « sans doute diminués, et chaque année de soumis « et de récompense cîmentoit les liens mutuels du si « et de son sujet. Si Scanderberg , converti à 1; « chrétienne , médita long - temps le dessein de s< « volter contre son bienfaiteur , toute âme droite « damnera cette lâche dissimulation , qui servoit « trahir, et qui promettoît pour se parjurer. Louei « nous sa correspondance secrète avec Huniade, U « qu'il commandoit l'avant-garde de l'armée ottora
" Quant à la Tengeance, k lecteur est prié de se rappeler la dente note.
HISTOiaS DU BA&-E1CFIE^ .'^79
ccu8eron«-nous d'avoir déserté ses étendards et arra- \ par sa trahison la victoire à son protecteur ? ^ » ; ne le louerons ni ne le blâmerons. Scanderberg ressaisi de l'exercice d'un droit naturel qui lui avoit nievé. Si nous mettons en parallèle la dissimulaet la trahison ou désertion dont on Taccuse avec aduite du vainqueur envers trois enfans qui , étant s , ne doivent pas plus être circoncis que mis à , parce qu'un otage n'est à la disposition de celui on le con6e qu'autant qu'on a violé le traité; avec afiscation des états, que je ne suppose pas être nn le de ce traité ; enfin avec l'outrage fait par rat à Scanderberg , on conviendra facilement qu'il it posséder au suprême degré la vertu qui recomle le pardon des injures pour en oublier de si \s. Nous ne voyons dans l'action du fils de Jean lot que le désir de la vengeance, et nous en troupeu dans rhistoire qui soit aussi motivée K )ccasion que saisit Scanderberg va nous faire eone l'autre guerrier, et nous ramener an récit des ïmens dont elle fait partie. Les invitations on les es du pape Eugène pénétrèrent dans les diètes de ;ne , et loin d'y être reponssées , augmentèrent lousiasme dont elles étoient animées. La guerre fut des Folonois et des Hongrois , parce que le Turc , dans son invasion , reculé les bornes de son em-
bboD , liv. 5 , ch. 6j, oublier quand up outrage periennel
y a des îd jures pour l'oubli en ravive le souvenir. J'avoue que
lies il faut, dans toute son le titre de hienfaium* donne par
, la religion qui en prescrit Gibbon me parolt fort étrange.
on. George, e^nt de neuf C'est un singulier bienfaiteur que
tage qu'en cetw qualité on celui qui tue Vos frères , confisque
respecter , et qu'on a l'indi- votre bien , etc. 11 est des sitoatîoDS»
e faire circoncire, étoit élevé beureu»emcnt très -rares, où le droit
islamisme , avec des Turcs de se faire justice soi m6m<; ( droit
)ublient ni ne pardonnent, auquel chacun renonce) vont c»t
>îsonnement de trois frères , rendu : et les souveraio» ne perdent
iation d'un père , la confisca- jamais ce droit. 8out tous lea rap«
ses états > sont difficiles à porti , Scanderberg potfvoic en mer»
3Ô0 HISTOIRE DU BAS-EMPJREi
pire jnsqu^anx frontières de leur pays, qui seryoït de barrière à l'Europe. L'intérêt général étoit donc de' ne pas laisser entamer cette frontière par les conque; rans sortis de l'Asie. Les Hongrois avoient élu pour leur roi le fils du roi de Pologne , Ladislas , qui réunit à la mort de son père les deux couronnes sur sa tête, et trouva , pour défendre cette réunion contestée , ua soutien dans le brave Huniade : c'est là le nom du héros que nous avons annoncé. Jean Gorvin Huniade, vaivode de Transylvanie , général des armées de Ladislas, avoit déjà gagné plusieurs batailles importantes contre Amurat. Jean étoit la terreur des Turcâ , qui Tappeloient Janeuslain ( Jean le scélérat ). De grands talens militaires , la i^union si rare de la prudence à l'intrépidité , en faisoient l'un des premiers hommes du siècle; et la manière dont il s'acquitta des fonctions de régent de Hongrie pendant douze années le place à la tête des administrateurs. Tel éloit celui qui, bien secondé^ pouvoit faire changer la face des affaires et rejeter les Turcs en Asie. Il battît plusieurs fois Amurat; il vainquit le fameux Mahomet , qui , lors de sa mort, dit avec dépit, je ne pourrai donc pas me venger du seul chrétien qui puisse se vanter de m'avoir battu !
Dans celte diète , la guerre fut résolue , ou plutôt on adopta un plan qui devoit en assurer le succès. Le cardinal Julien , légat du pape , fit des exhortations moins efficaces que le sentiment du danger dont on étoit menacé ; mais il excita cependant beaucoup de guerriers allemands et françois qui s'enrôlèrent sous les drapeaux de Ladislas. Le despote de Servie , le sultan de Caramanie , ennemis d'^murat , Ifransmettoient des renseignemens sur sa position et ses projets. C'est d'après ces renseignemens que l'on combina le plan de campagne. Paléologue se chargeoit de garder étroitement le Bosphore, pour fermer le passage aux Turcs, et s'engageoit même , s'il étoit nécessaire , à sortir de
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. 38l
Constantinoplè à la tête de sa garde et de sa milice. Les Bottes de Gènes et de Venise pouvoient dans le même Icmps occuper le détroit de THellespont. L'armée de terre , commandée par Ladislas , d'un courage bouillant , et par le brave Huniade , dévoit prendre une vnarche calculée sur ces opérations; et si l'arrivée des flottes y la sortie de Tempereur eussent coïncidé dans cette entreprise , la monarchie ottomane se trouvoit di- "visée, et dès- lors facile à détruire en Europe. Les débuts de cette campagne, sagement conçue , répondirent à Tespoir qu'elle avoit inspiré. Les confédérés s'avancèrent jusqu'à Sophie, capitale des Bulgares, et remportèrent deux victoires complètes. A la première , Huniade surprit le camp des Turcs , n'ayant avec lui que dix mille hommes ; à la seconde , il battit et prit celui des généraux d'Amurat qui passoit pour avoir le plus de talent. Le vaivode, dont les troupes étoient inférieures à celle des ennemis , suppléoit au nombre par la prudence. Faisant retirer dans les villes les habitans de la campagne , il ravageoit le pays, et , se tenant dans des postes avantageux, il évitoit avec soin le combat, quand le résultat ne lui paroissoil pas assuré. Les Turcs ne tardèrent pas à manquer de vivres dans un pays ravagé , et furent obligés de se retirer. C'est dans cette retraite qn'Huniade les battit et qu'il fit prisonnier le bâcha de Macédoine. Les historiens font monter à trente mille le nombre des musulmans qui furent tués ; mais le cardinal Julien réduit ce nombre à deux mille. L'approche de rhivcr, et les obstacles qui rendoient le passagedumont Hsemus difficile et dangereux empêchèrent le vainqueur de poursuivre le cours de ses succès. Cependant, en six jours de marche, il auroit pu franchir l'intervalle qui sépare cette montagne de la ville d'Andrinople , alors capitale de la Turquie d'Europe, où l'on étoit dans une profonde séci^rité, fondée sur l'inertie des Grecs et sur une armée qu'on ne savoit pas battue.
58â HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.
Mais, pour cette expédition décisive, il falFoit le concoai de rcnipereur Paléologiie , qui , content d'exciter Id autres à sa défense, n'y prenoit aucune part, ne faisoil point garder le Bosphore , ne sortoit pas , ne se dispe^] soit point à sortir , et ne tenoit aucun des engagemeni qu'il avoit pris.
Ce fut à la dernière affaire, livrée près de Sophie ef la plus importante , que Scanderberg déserta les drapeaux du sultan. II s'étoit concerté avec Huniade , pendant] qu'il conimandoit l'avant-garde de l'armée ottomane.] Au moment de l'action il plia , et le désordre se mit parmi les Turcs. Scanderberg en profita. Suivant dam la déroule le reîs-effendi, ou secrétaire d'état , et nelej perdant pas de vue, il s'en saisit, et, le poignard sur li^ gorge, le force de dresser un (irman ou commission de gouverneur d'Albanie et de commandant de la ville de Croie, capitale de cette province. Parce firman, scellé du sceau d'Amurat, il étoit enjoint au gouverneur de remettre la place au porteur de cet ordre. Muni de cet ordre, Scanderberg, dans la crainte qu'une prompte découverte n'empêchât l'exécution de ses projets, et pour être mieux maître de son secret, fit égorger le secré taire. Accompagné de ses complices , il part la nuit, il se rend précipitamment dans les montagnes; se fait,aa moyen du firman, ouvrir les porles de Croie, abjure publiquement l'islamisme, rentre dans la religion de ses pères, et s'annonce comme le vengeur de sa famille et de son pays. A la vue d'un prince renommé par sa bravoure, unique héritier de leurs rois, les Albanois, impatiens du joug humiliant des Turcs, proclament Scanderberg leur souverain, et jurent, dads leur enthousîa5nje, de mourir pour sa défense. La révolte fut générale et spontanée: tous, animés du même esprit, courent aux aimes, et les garnisons musulmanes n'eurent à choisir qu'enire le baptême ou la mort, Scanderberg, adoré de ses compatriotes, leur inspira la haine
BS Turcs, les disciplina, les rendit en peu de temps ftbiles aux manœuvres militaires, et bientôt redoutâmes aux Ottomans. C'est ainsi qu'Amurat eut un ennemi ^ plus. Ce n'étoit pas le moins à craindre, parce que pÂlbanois, considérés comme des rebelles et n'attenpont aucun quartier, étoient déterminés à vendre cher l^r vie, et le prouvèrent en toutes les occasions. Une province de moins, dont les habitans, de sujets l(ils étoient, devenoient ennemis mortels, deux batailles rdues, une retraite, la prise de treize pachas , de neuf |rapeaux , de quatre mille hommes , prouvoient aux «tiens qu'Âmurat n'étoit pas invincible. C'éloît le lent d'agir de concert et l'occasion de chasser les rcs de l'Europe. On parut le sçntir, et le pape, les fibitiens, les Génois, le duc de Bour(|;ogne engagèrent tdislas à consommer une entreprise commencée sous si favorables auspices. Il ne falloit que poursuivre la torche tracée. Paléogue renouveloit ses insignifiantes *t)nfiesses; mais la défaite des Turcs pouvoit les rendre N>ins vaines, non en lui inspirant quelque énergie, ^is en diminuant ses terreurs. Le prince de Çaramanie loit occuper les Turcs en Asie, pendant que Scander- •rg attaquolt de son côté. Toutes les personnes inté- ^ées vouloient la guerre. Les Polonois, craignant les ^cursions des Tartares , désiroient le retour de leur roi ; ^ais ce prince ne paroissoit pas vouloir se rendre aux ^irs de son peuple. L'on équipa une flotte de soixanteijL galères commandées par le cardinal de Condolmer, ^vea du pape. Elle mit à la voile, se dirigeant vers Bellespont, pour s'emparer des ports et intercepter le assage des convois.
Amurat, qui voyoit le danger, cherchoit les moyens e le prévenir. Ne se sentant point en état de résister à tant e princes ligués contre lui , il songea sérieusement à la aix. Il fit à la fois des démarches secrètes et publiques* achant que son beau-père George , desposte de Servie, ;
584 HISTOIRE DU BAS-XMPiaK. ,
avoit de Tinfluence sar les alliés, il résolut de s'adr à lui. Il avoit pris à ce prince ses états et ses en&i promit de lui restituer les uns et les autres, si, pa négociations , il lui faisoit obtenir la paix. George doit par une promesse dont le résultat étoit de lui re ce qu'il réclamoit, consulta Jean Huniade, qui c dit-on, à la promesse de cinquante mille écus d'or, qu'à l'abandon qu'on lui feroit de plusieurs placi Hongrie. Huniade disposa Ladislas , déjà ébranlé ps sollicitations de ses grands , qui vouloient retourner leurs foyers.
Tout en préparant ainsi les esprits, le sultan, qi négligeoit rien de ce qui pouvoit le faire parvenir à but , appuya ses intrigues, plus probables que proa^ d'une démarche publique. Ce fut une députatioi divan, chargée de solliciter la paix, de racheter les sonniers, et d'opérer l'évacuation de la Servie ainsi de la frontière de Hongrie. Elle fut solennellemeni mise à la diète de Ségédin. C'étoit une preuve qi Turc , qui n'accordoit jamais la paix quand il vainqueur, bien loin de la demander, avouoit s< faite et connoissoit le danger de sa situation. Avant débattre les conditions, il falloit décider en princi l'on devoit la conclure. Jamais occasion plus propi s'étoit présentée pour se délivrer des musuiniau plan habilement conçu l'année précédente étoit de d'une plus facile exécution par les succès qu on obtenus. L'armée pouvoit aisément réparer les p que lui coûtoit la victoire ; les flottes combinées n'i point encore agi, conservoient tons leurs moyens; î derberg et son peuple valoient une armée; les c< dérés auroient trouvé de nouveaux alliés, puibc étoient victorieux ; jusqu'alors les Turcs n'avoient ja fait la paix que pour se mettre en mesure de re( mencer promptement la guerre. Telles étoient les | santés considérations qui dévoient empêcher de dé|
» amies; îl paroit qu'elles ne furtnt senties qne par eliiî que ses fonctions habituelles dévoient en éloigner, 'est-à-ilîre par un ministre «le paix, le cardinalJulien Uésarini, dont nous avons parlé. Ce légat ne dissinnila ^DÎnt la répugnance qu il éprouvoit en voyant que la lemande des ambassadeurs du bullan n'étoit point relussée. Bientôt même le monarque et le peu|)le exrimèrent le désir de la leur accorder, et le cardinal ,trop lible pour lutter seul, fut obligé d écouter en silence discussion sur les articles tJu traité, et de dévorer son ifcpil. A son grand regret on conclut une trêve pour dix ^ns. Ladislas, le despote de Servie et Jean Huniade ttlinrenl des andia^sadeurs tous les avantages publics ^ particuliers quils pouvaient raisonnablement dé- •Per. Amurat s'enjragfoit a rendre à George ses enfans M ses états, à ne pas troubler Scanderberg dans la pos- ^ssion «les siens, a faire évacuer la Servie et les fronhères de la Hongrie, enlin à restituer ce qu'il avoit pris Dans le pays des Bidgares à ceux «piî le possédai eut *vant la guerre. Les prisonniers dévoient être rendus de Part et d'autre.
Lies précautions que les envoyés turcs voulurent ^reiîilre pour assurer la solidité de ces convetitious dé- [tiontrent le prix (pi ils y mtMtoient et riniention de les :>bserver. Ils otïrireiit l«* serment et l'exigèrent. Ils vouioieiit (pie chacun )nrat sur ce qui lui paroissoil le plus iacré. D'après l«*s iurormations (]u'ils prirent sur une religion ([u'ils ne counoissoient point, ils dt'maudèrent liu^on jurai sur l'hoslie consacrée, a cause de la présence réelle (lu ilieu (\es cailioiitpies; c'éloil à leurs yeux i.ubstitiier Dieu même a l'Evangile, *pii n'est que la parole de Dieu. Mai^ les chrétiens refusèrent. Les Turcs furent obligés de se contenter du serment sur l'Evangile, en écliduge du leur qu'ils firent sur l Alcoraii.
Pendant cette Irausaciion , les alliée , qui ignoroîent qu'elle se passât , suivoieiit la marche qui leur éloit
HIST. DU BAS-EMP. TOM. XII. a5
IK
tracëe diaprés le plan qu'on avoit adopte ; le sdl faisuit ses dispositions contre le prince de Cararoaiile{ qne, dans tou( dtat de cause, il vouloit traiter en nenii. Le cardinal Coridolmiéri , qui commaudoit flotte, occnpoit THellespont et dépêchoit à la diète courrier chargé de lettres dans lesquelles il faisoitvoirj qu'on avoil la plus belle occasion de recouvrer toul les conquêtes des Turcs en Europe , parce que le sullant* venoit de faire repasser ses troupes en Asie; il rappeloit p' au roi ses engagemens, le prévcnoit que les alliés avoient rempli les leurs; et comme ils envoyoient leurs soldats, le conjuroit de faire arriver les siens et de remettre en route son armée. Paléologue même, qui savoil mieux écrire qu'agir , mandoil qu'il avoit refusé dcl* traiter avec Amurat ; qu'il ne falloit pas se fier à lap parole de ses ambassadeurs , que les Turcs se jouoient defc. leurs sermens, qu'ils reprendroîent les armes dès qu'ils !t croiroient pouvoir le faire avantageusement; enfin que s'arrêter après le succès qu'on avoit obtenu, ce seroit se rendre coupable d'une indifférence criminelle pour les intérêts de la religion.
Ces nouvelles et ces remontrances produisirent unes! vive impression sur l'esprit des princes qui avoient signé la trêve, qu'ils se repentirent de l'avoir fait; ils crurent qu'on les accuseroit de perfidie ou de lâcheté, quand on les verroit déposer les armes et laisser les Grecs en péril; ils craignirent de devenir un objet de risée après ce qu'ils avoient promis au pape Eugène, à l'empereur d'Orient , aux Grecs, aux Latins même, qui avoient préparé les secours convenus ; et celte crainte agit sur eux au point de les disposer à rompre la paix. Ils aimoient mieux être parjures que ridicules.
Cesarini, qui, pendant les discussions, setoit fait remarquer par un silence désapprobateur , voyant les esprits dans l'irrésolution et flottant entre Tobservation de la trêve et la continuation de la guerre, prit la pa-
irolé pour les engager à choisir le dernier parti. « Vous «avez, leur dit -il, agi dans celle circonslance avec « une condamnable prëcîpitalion. Vous ne pouviez rien « faire sans le corisenlernenl de vos alliés. Considé- « rez la situation dans laquelle vous vous placez ! Vous « traitez avec une nation infidèle ; pour un léger inlë- « r^t , renonçant à de grands avantages, à des avantages «décisifs, vous violez la foi jun»c au sainl-père, à « renipereur, au duc de Bourgogne, aux républiques « de Gênes et de Venise. Votre Irève blessé Thonneur « et la religion; par votre faute, vous ne pouvez plus « rien faire sans être parjures Vos secondes obligations «sont illusoires; les premières les rendent nulles de « plein droit. Qu'aurez- vous à répondre à Tempereur « grec qui attend votre armée?an pape, qui , diaprés vos « eiigagemens, en a contracté qu'il observe avec scru- « pille? aux Vénitiens, aux Génois, dont les flottes sont « prêtes? an duc de Bourgogne, qui, dans celle cause, « n'a d'autre intérêt que le xAîre et son zèle, et dont les « vaisseaux, battus une fois par la tempête, croisent H sur rHellespont ? Ne m'objectez pas nja présence, et ne « prétendez pas qu'elle a sanctionné votre imprudente « conduite. Il n'est personne d'entre vous qui ne sache « combien je la blâmois, combien je désapprouvois Tac- « cueil que vous faisiez aux ambassadeurs des infidè- « les; qui n'ait remarqué mon éloîgnement et ma juste « répugnance. J'ai dû we taire par respect pour la sa- « gesse et l'autorité d'Huniade, par égard pour le a prince George , dont la situation me touchoil , en « qui je voyois une victime, et qui malheureusement « le sera toujoiirs d'un gendre spoliateur pour qui les « liens du sang n'ont rien de sacré. Hâtez-vous donc de « continuer une guerre que vous devez regarder comme « sainte et glorieuse. »»
Quelque elTet que produisit ce discours, on n'étoit qu'ébranlé ; l'on hésitoit , retenu par le serment qu'on
venoit de faire sur TEvangile. Le cardinal , qui s^en a çiit, fil Ions ses cffi)rls pour battre en ruine ce dernier obstacle. « Il est quelquefois permis, dit-il , lorsqui « est question du bien public, de ne point tenir la pa« « rôle qu'on a donnée, quand cette parole est contraire « au bien public. Alors non -seulement on peut y nian- « quer, mais on le doit. Tout serment qui nuit aux in- « térêts même privés est censé nul , |)arce que cV&t ua « sernu'Ut insensé qui déplaît à Dieu ; on est coupable « en Tobservant. L'alliance faite avec le [lape et les « princes de votre religion est sacrée. C'est la violer ! «c que d'accorder la paix aux Turcs; et vous serez puni» j « de ce crime. Quand cette alliance n'cxisleroit pas, il i « seroit encore de voire devoir de retirer de la dure et '■ « cruelle serv itude des infidèles tant de provinces usurpées ' « par eux, et dont les habitans, chrétiens comme vous, « sont avilis, dégradés, tourmentés et réduits en escla- « vage. Celle conduite seroil plus louable tjue l'obser- « vation d'un Irailé que vous n'avez pas dû, que vous « ne pouvez pas conclure , parce que c'est aider les « Turcs à ruin; r vos frères, à persécuter votre propre «c religion. Je déclare donc vos serniens nids ; si, dans « votre erreur, vous les croyez obligatoires, je vous en « relève. C'est au nom du saint- père que je vous absous « du parjure. S'il vous reste le njoindre scrupule, re- « jetez sur moi le crime et le c lia liment. Je provoque « la vengeance céleste ; je l'appelle sur ma léle et la dé « tourne de la vôtre, persuadé que je suis de la sainteté «« de notre cause. » |
Ce n'éloil pas sans y être autorisé que le cardinal mettoit le ï)apc en avant. Eugène, instruit de la trêve, en avoil conçu un violent dc[)il. Au ()remier avis qu'il en eut, il écrivit à son légat pour lui prescrire de déclarer que celle trêve éloit nulle, et tl t>r<lonner à Ladislas de la rom|U'e, en lui donnant Tabsolution ne son ferment , si ce prince croyoit en avoir besoin. Le pape
HISTOIRE BU BAS-EMPIRE. 38r)
exhortoit le cardinal à réunir tous les moyens qui déppndroient de lui pour renouveler la guerre, suit par ses prières, soit par ses menaces.
L'éloquence de Césarîni ne fut pas sans efFof : à peine avoit-il achevé son discours, qu'on entendit dans toute l'assendilée des a|)prol)alii>ns non é(]uivoqn(*s. L\*nthousiasnie du lé<;al s.' cotniniini<|ua rapidcnuMit. Tous s'écrièrent qu'il valuit niieux mourir en coinUattant pour la religion que de manquer à ceux avec qui ron s'otoit nui pour elle. Le «lespote de Servie, ainsi qu'Huniade, ne firent aucune ol)j(M:tion, et partap;èrent les sentimens de la dièle; le premier croyoit à la victoire , et consé(]nenunent à sa rentrée <l«ius rhérit^i^çe de ses pères; et le second à rexécutiim de la promesse qu'on lui faisoit de lui <lonner la Bulgarie quand on en auroit chassé les Turcs.
Pour calmer les scrupules, il falloit détruire Tacte passé avec les musulmans par un acte nouveau. Le prêtre qui préchoit la guerre et le parjure rendit donc une décision dans laquelle il proclama les principes suivans , qui lui servoient de base.
i*» Il est permis de violer la parole qu'on a donnée,si rengagement qu'elle fait contracter est contraire au bien public ;
2° Un serment juste oblige; mais un serment nuisible est nul;
i^ Dieu désapprouve toute promesse insensée , et par conséquent en délie.
D'après cette décision , le traité fut déclaré nul , Tabsolnt on donnée à Ladislas, aux niembres de la diète, à l'armée , et Ton résolut la guerre dans le lieu mcmis où Ton venoit de jurer la paix.
La vii.toire auroit , sinon légitimé, du moins excusé cette conduite; mais on n'étoit plus au point où Ton se trouvoit avant la conclusion de la trêve; au premier bruit de paix , les volontaires allemands et Crauçuis s'é*.
SgO HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.
toient retiras , en ne dissimulant pas leur indignation la pins grande partie des Palatins , las des expédîtionr^ lointaines, avoicnt repris la ronte de lenrs châteaux/ les Polonoîs , fatigués, devancèrent pareillement la conclusion de la trêve, et rentrèrent chez eux dès qu1l ci fut question. Le plus grand nombre deValaques avoîenf imité cet exemple. Ainsi Tarmée de Ladislas se tronvoîl donc considérablement réduite , et le seul motif my pût, en politique, pallier la faute et l'infraction do traité, n'existoit plus, c'est-à-dire, la supériorité de Tarmée du roi de Hongrie. Voilà ce que ce Césarinî de-f voit examiner , et , puisque sa doctrine consistoit à prétendre qu'en politique.ce qui est utile est permis, voir si le parjure auquel il exhortoit éloît utile.
Un des motifs <]u'on avoit le plus fait valoir dans là discussion , étoit le délai qu'on prétendoit mis parÂrourat au renvoi des prisonniers, ainsi qu'à la reddition des places. Si ce reproche eût été fondé , cétoit le sultan qui violoit sa parole. Comnje ce motif faisoit beaucoup d'imprCvSsion , le cardinal Julien en tiroit habilement parti. La mobilité des grandes assen)blées fîvorisoit le dessein de ce prélat. On ne demanda point si Tépoque où le sultan devoil exécuter les conditions étoit passée, et l'on oublia d'en faire la réflexion. A peine eut-on presque aussitôt violé que conclu cette trêve, qu'on informa la diète de Tcxactitude d'Amurat à remplir ses engagemens. Il venoit de renvoyer au despote de Servie ses deux enfans, et de rendre à ce prince les places qu'il lui avoil enlevées, ainsi que les prisonniers. Quoique celte nouvelle déconcertât un peu Ladislas, elle ne lui fit pas changer de résolulion. 11 aimoit la gloire et les occasions d'en acquérir; il persista donc dans un projet qui lui devoit être funeste. Comme le légal le pressoit , il n'eut pas le temps de rappeler ceux qui, sur les bruits de paix, étoient retournés dans leurs foyers. D'ailleurs, dans la situation où l'on se plaçoit, le suc-
niSTOIRE BU BÀS-EHPIRE. Sgi
es dépendoit de la promptitude de Tattaque. II partit onc avec vingt mille hommes, ddbris de son armée, t se mît en route le 21 septembre i444- " passa le Dalube prés d'Orsane, entra dans la Bulgarie, sanss*arrêer à faire aucun siège, parre qu'il ne vouloit point »erdre de temps, et qu'il desiroil de rejoindre Tarmée kavale de THellespout , avec laquelle il devoit concer- &r ses mouvemens. Il attaqua seulement Nicopolis, api taie de la Bulgarie , parce qu'on supposoit que toues les richesses du pays s'y Irouvoient renfermées; mais a résistance qu^on lui fit le força d'abandonner son enreprise.
Ce fut près de cette ville qu'un chef des Valaques vînt s rejoindre. Etonné du peu de troupes «pie Ladîslas Qenoit avec lui, il crut qu'îl étoil de son devoir de le lélourner de son projet ; il le conjura même de retourler sur ses pas, osant lui dire que, lorsque le sultan aU oit à la chasse , il trainoit à sa suite plus d'esclaves que le oi a'avoit de soldats. Il lui représenta les obstacles que a mauvaise saison qui s'avançoit multiplieroit bientôt iiitour de lui, la difficulté des chemins et celle qu'il iprouveroit pour procurer des subsistances à sa troupe, ^uand ce prince vit que tons ses efforts étoient inutiles, .1 lui donna deux chevaux renommés pour leur légèreté, lUÎ faisant voir par ce singulier présent ce qu'il augnroit de son entreprise. Il lui laissa cependant quatre mille hommes , et se retira.
L'on doit avouer cependant que l'opération étoît bien combinée, et que, si chaque parti de la confédération eût pu ou voulu s'acquitter de son rôle, le succès n'eût pas été douteux. Le papeavoit équipé huit galères, dont il donna le commandement à son neveu. Le duc de Bourgogne avoit fait passer à M. Duvair, son ambassadeur à Venise, trente-cinq mille ducats pour y être employés à l'armement de quatre autres galères. Tous ces bâtimens étoient indépendans des navires génois et
Zg2 HISTOIRE DU BA.S-EMPIRE.
vénitiens. La flotte étoit sous les ordres de Louis Loi dan, amiral connu par son expérienre et sa val Comme Venise n'éloit point en guerre avec le suUan, pavillon n'éloit arboré sur aucun navire. On devoilfai voileà renibouchnre <le l'Hellespont et disputer auxTurï^:^ le passage du détroit de Gallipoli.Pourseconcerterav les confédérés, Ladislas avoil dû convenir et de la ro qu'il prendroit et d'un rendez-vous général. Deux rou différentes se presentoient.au passage du Danube et c duisoient également soit à Constantinople, soit à TH lespont. L'une directe, conséquennnent plus courte mais escarpée et difficile, traversoit le mont Haemns; l'autre, plus longue , mais plus commode et plus sure conduisoit par des plaines et le long de la mer. G' avec raison que cette dernière fut préférée. Pour suppléer à Tinsuffisance de Tarmée de terre , qui , même réunie à celle de mer,n'auroît pu résister aux TnrcSi Scanderberg devoit amener trente mille hommes, et le craie de Servie envoyer des troupes, ou peut-êti]^ Ici conduire lui-même. Mais ce dernier, à peine rentré dans ses états, venoit de recevoir les deux fils quAmarat, conformément aux conventiims, lui a voit fait passer. Ces circonstances, en «léplaçant son intérêt, le mettoient d;ins Tembarras, et lui faisoient également craindre Scanderbeg et L;niislas. Il refusa le passage aux troupes du premier. De ces deux alliés aucun ne rejoignit le roi de Hongrie, Tun par impuissance, et l'autre par mauvaise volonté. Le rendez-vous général étoit à Warna,. ville située sur les bords de la mer noire, au foufl d'un golfe. Après s'en être emparé, le prince y prit quelques jours de repos.
De son côté, le sultan se ftiisoit informer de tout ce qui ise passoil, et le despote de Bulgarie lui rendoit un compte exact. A la nouvelle de Tinfraction du traité il 3e hâte de rassend)ler toutes ses troupes, fait de grands préparatifs, et se met en marche, indigné ou plutôt
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE. SqS
de la rupture de la trêve. Le point capital pour e étoît de passer THellespont et de venir attaquer s. La promptitude et la facilité avec laquelle
etTectua ce passage malgré la flotte combinée , t autorisé <les soupçons sur les confédérés , quand Is auroient pris toutes les mesures les plus propres ir leur trahison d'un voile épais. Mais l'histoire a s assez de ténioignges positifs pour dissiper tous tes. L'amiral, neveu du pape, accusé de s être )rrompre pour livrer le passage, n'a pu se laver [)roche, qu'on adressa pareillement à Paléologue, usant sur sa timidité. Suivant un contemporain )ar l'exactitude de ses récits ^, lesTurcs firent avec ois un marché d'après lequel on leur payoit un
soldat. EnéasSylvius ^ détruit moins qu'il ne >e cette odieuse accusation. Le cardinal , qui comt la flotte, écrivit à Ladislas qu'Âmurat, ayant
ou corrompu par argent ceux qui gardoient ce
avoil fait passer en Europe toutes ses troupes^ eut très- nombreuses, et qu'elles s'étoient jointes qu'on a voit déjà assemblées près de l'isthme de la
Inc fiooCni , né vn ii\2y ^ arrlic d'Aucôoc. Sa grande 1 le fit appeler à la cour de ar Malhias Corviu , qui lui titre de gouverneur de la le chargea de l'aire l'fiis- Hongrie y pour laquelle il tout» les matériaux nécesinfiiii l'écrivit en latin , et it jusqu'en i^ijS, Tous les s'accordent bur la véracité torien et l'élégance de son seul reproche qu'on lui elativerueut à l'ordre qu'il i fait des Génois est dans le décade , édit. de Uûlc fol.
Q i4o5, et coDséqucmcmporain de révénemeot*
iEnéas-Sylvius Ficcolomini illustra la cliair pontificale» sur laquelle il monta en i45H. Quoiqu'il eût prie le nom de Pie ii , il n'a contervé dans ses nombreux ouvrages, et on ne lui donne en le citant que les noms d*jEnéas Syls^ius, C'est dans la lettre quatre-vingt-unième du recueil , et qui est adressée à rév6que de Pavie, qu'il parle des Génois, et dit que, « quoiqu'on pu- « bliât que le grand -turc a voit fait « passer ses troupes sur les vaisseaux « des Génois , il ne le vouloit pas « cependant assurer, ni se persuader « qu'une si indigne avarice les eût « portés à vendre ainsi le lang deè « chrétiens , à moins que |ç démon « ne Ici eût posi4dé«. «
Chersonèse de Thrace «. Quoiqu'il en soît du i et des conditions , il est certain qu'Amurat passa p tement sans difficulté, conséqueniment qu'il y eut son. Dès qu'il fut de l'autre côté , il dépécha l'un gens à t empereur de Consiantinople pour lui j ai tendre comme iléioii au-deça sain et sauve , et s' hit trouver ses ennemis, afin qu'il ne fît faute venir joindre h lui *.
Ainsi Ladislas étoit indignement trahi par ses qui , loin de s'opposer au passage des Turcs , se fai payer pour l'effectuer. Toujours dans l'illusion, tendoit de leurs nouvelles. Scanderberg , sans d'être fidèle, ne pouvoit arriver, parce que les Se s'opposoienf au passage de ses troupes. Le roi donc obligé de tenir tête à une armée de cent hommes qui s'avançoit d'Andrinople à marches f( et de se battre avec vingt mille. Dès qu'Huniad cardinal Julien eurent reconnu les forces d'Amur furent d'avis d'éviter le comt>at. Le premier pr( de faire la retraite, et le second de se retrancher c
* Clînlcocondyle suppose qu'au « ils ne purent l'émouvoir
moment du passage la flotte eom- « la partie : il n*y voulut
binée avoit été dispersée par une « tendre , alléguant cire cl
tempête. Il oublie que celte tem- « déleslable de fausser ain;
pétc ne dcvoit pas phis respecter « messes jurées de part et <
les Turcs que les chréliens. Si Ton ( Liv. 6, p. \^o,) Ce piic
songe que les premiers n'avoient voit son relus de se joindre
point encore de marine , que le pas- las. Mais comment excuseï
sage ne pouvoit se faire à l'insu et reur qui mandoit , suivant
sans ragrémenl des seconds, qui croi- hîslorien, au roi de Honj
soient près du lieu mèaie, on sera le sullan ne pourroil passer
forcé de Convenir qu'il y a eu tra- et qui le prcsscil d'arrivei
hison. rant (juAniitrat , que
^ Cbalcocondyle, liv.6, af/^/ie/M. qull sût /aire ^ et dùli
Ce passage est remarquable. Le jusqiCàladevincrt pierre ^
même historien , en parlant des dé- roil point deçà la mer, ( ]
marches que Ton avoit faites auprès Comment éviter le reprocl:
du crâle de Servie, récemment ré- fidie en rapprochant de
tabli par Amurat, pour Tengager à Vatlention d*Amurat envc
faire partie de la confédération , s*ex- logue, en lui envoyant dire
prime ainsi : « Au regard du crûle «ain et sauf ?
HISTOIRE DU BÀS-EMPIRE. 5g5
bntagne. Ladislas, quoique malade ^ , vouloit absolull^nt combattre. Il se fâcha contre Huniade, qui, la ftUe j prétendolt que les Turcs exagéroient toujours nr nombre, afin de répandre la terreur. Le général ^pondit qu'ayant été reconnoître les ennemis , il s'étoit bnré de leur multitude , et que le meilleur conseil qu'il &t .donner au prince, étoit de se retirer, et de ne i^int hasarder la bataille. Ladislas répliqua qu'il étoit ^op tard, qu'il valoit mieux courir glorieusement au ™nbat que de prendre honteusement la fuite. Il donna ikr-Ie-champ l'ordre de prendre les armes et de se tenir teêt , déclarant qu'il étoit résolu de vaincre ou de mou- Ifer. S'il eût su modérer son impétuosité, sa valeur eût TO, comme on va le voir, couronnée de la victoire.
Huniade range l'armée en bataille; elle n'étoit que de Kx-huit à vingt mille hommes. Sagredo fait monter Pirmée des Turcs à cent mille Asiatiques, auxquels le kiltan joignit ses troupes européennes, qui étoieni plus Wraçes et plus aguerries, « Amurat (dit cet historien * ) i^ mît ses soldats dans la campagne de Warna,et comme « il étoit un excellent capitaine, il voulut aller en per- « sonne examiner les forces des chrétiens : il fit reposer « s^s troupes quatre jours avant que d'en venir aux « mains; il distribua sa cavalerie en deux grands corps , « donna la conduite de l'un à Caraz, et celle de l'autre « à Biraxi , ses généraux ; il réserva pour lui le corps de «bataille, où il étoit environné d'un nombre prodi- « gieux de janissaires. En cet état , il se prépara au com- ■« bat. Huniade rangea l'armée chrétienne avec toutes les « dispositions qu'on pou voit attendre d'un général cor- « sommé dans la guerre : il se mit une montagne à dos , « la rivière d'un côté, et de l'autre un retranchement
* Nauclérus , historien contem- sur cette célèbre bataille* Voy, ita
poraia, dit que ce prince souffroit chronique, édit. de i564.
beaucoup d'un abcès à la cuisse. 11 ^ Hist. de Tempirc ottoman, ivn
donne plus de détails que les autres i , p. 1 19.
5q6 histoire bu bàs-empire.
« de chariots étroitement liés ensemble, afin de ce <t battre seulement de front et de n'être point envelo] « par le grand nombre des musulmans. Ensuite, il c( « seiila au roi de ne quitter son poste, avec le gros qui V « vironnoit,que lorsqu'il feruit dire qu'il le pou voit Ta « Il chargea avec beaucoup de vigueur Cavaz, beglierl « de l'A^e, et le tua. Celte mort mit un tel déson «t dans l'aile gauche, que les Asiatiques prirent la fui « Amurat commençoit à perdre Tespoir. Les évêqiies « Strigonie et de Varadin , avec les principaux s «( gneurs de Hongrie et de Pologne, tous jaloux de « gloire dHuniade, ne voulurent point qu'il eût se « rhonneur de cette victoire , aimant mieux périr p. « leur caprice que de vaincre sous les ordres de ce j « néral. Ils pressèrent leur Jeune roi, qui brûloît d'in « patience d'acquérir <le la gloire, de sortir de cepoî « avantageux et couvert, et d'attaquer l'aile droite d «Européens, qu'Auuirat comniandoit en personn « soutenu par la valeur et par le nombre de ses jan « saires. Ladislas éioit environné d'une grosse trou « de seigneurs hongrois et polouois qui ne vivoi( *' pas en trop bonne inlelligenre : il les euconra] « en peu de mots à suivre sou exemple, et à rélal « par une fameuse victoire le bonheur de la chrétie « qu'ils alloîent délivrer <le Toppresbion. I-«es effets s « virent les paroles; il mit Tépée à la main, et co « nïeiiça à se mêler parmi les infidèles avec beauroii(] « valeur. » Nous rapportons le récit <le Sc»greilo, pa qu'il (liiîère dans quelques circonstances de trelui autres historiens, en ce qu'il nu)tive la sortie de Ladis du re>le il est d'accord avec eux sur les autres tlétail 1 iysue du combat. Il paroîtroit que dès la preuii cbarge les ailes de Tarmée tiuque furent rompues; qui causa la ruine (\es chrétiens, parce que, dans h ardeur, ils dépassèrent les ennenûs, et , se séparant ai de leurs camarades, s'affoiblirent réciproquement.
A la vne de ses escadrons en fuite y Amnrat perd Tespiret veut fuir hii-niême; mais les janissaires rarrr!tent» |., pour se rendre niaîlres <le sa personne , se saisissent fela bride de son cheval ^ et le furccnl à rester. C etoit [forcer à se hattre. Anun*al frémit en sentant qu il »ît un pouvoir snpériein* au bien; fnaid , sartianl distiller à propos, il prend son parti; et tirant de soa rifl le traité d'alliance qu'il avuit fait avec lescliréliens, Iciève vers le ciel , et s'écrie : Jrsus ! voici le tiaité be tes chrétiens ont signé: Situ es Dieu, v.^nge ton fjure et là ntienne , et punis leur parjure. Il lit ensuite loser à tons les regarda ce traité, connue un luonu- Itent de la perfidie, et comme un arrêt où ceux qui bvoient coinmise ilevoient lire leur condamnation. j^e fut alors cpie Ladislas s'élan(;a dans la mêlée, soit |i>*il l«* fit de son pro()re mousenunt , soit qu'il céilât à Atnpid^ion i\^^ deux évêcpie^ qtii ne vouloient que con- ("«trier les dis[)osit ions d Himiade. Phrauza [)rétend qu'il ''^oit exprimé l'envie de pénétrer jusrprà la tente d'A- ^tirat afni de s'illustrer par la mort de ccsidtan, et de -rniiner ainsi la querelle. Mais son général^ qui n'étoit ds moins [)rudent que brave , voidut le détourner <]e ce rojet, dont il demandoit que rexécution lui fût confiée. Si je succombe ( lui dit-il ) , vos alfaires ne seront pas désespérées; mais la mort de votre majesté entraine nécessairement la nôtre, et la cause est à jamais perdue. Imitons la prudence du serpent qui couvre sa tête de son. corps, parce qu'il sait que, si sa tête est fiappée, c'en est fait de sa vie. De même, si votre auguste [)ersoime étoit atteinte , la ruine de votre armée seroit certaine. Que Dieu nous préserve de ce malheur ^ ! » Ladislas , traitant de timidité la
• Le» c'Xprc-tsion» (le Pliranza sont titer ile/ènsantes. Il ne faul pa;* ou-
lus énergique»» : Fui^vre voiens , biicr (]iic c'est du lutin de l'onlunu:».
,il-ft, à jaiiÎLzaris itroUibiLus est: Liv. 11, cli. 18,
tijun minus fJosselJu:;ere, caXvntiS * y4sl lyiicus, ma^ister militiœ ^
^uo ÎDJecttrujit, suLuiein ejutjor» ut virprudens et ùello exf/enus,„.
OQS lIISTOinE DU BAS-EHPIRS.
sagesse de ce conseil , n'en tient aucun compte, jette au milieu de la mêlée, frappant à droite, à gai tout ce qui s'opposoit à son passage. Dans Tardeur courage honîllant et digne d'un meilleur sort, il jusqu'à la phalange impénétrable des janissaires. Il au moment de voir ses vœux exaucés et près de fr Amurat . lorsque son cheval tombe blessé mortelle de plusieurs coups de lances. Témoins d^ cette c les gardes du sultan , que le bras de Ladislas écarte pressent sur le malheureux prince et le tuent. Ch? zas ^, un des janissaires, lui coupa la tête, et la t en l'air, le bras tendu , s'écrie d'une voix forte , grois ^ voilà votre roi ! A cet affreux spectacle chrétiens, saisis d'horreur, n'ont de force que pou: Huniade à ce moment ramenoit sa troupe de la suite de l'ennemi : il apprend le coup fatal qui y d'être porté à l'armée. Il fait d'inutiles efforts poi gager le corps du roi. Bientôt la funeste nouvelle mort de Ladislas, répandue parmi les Turcs , leur le courage; ils retournent au combat. Huniade, ( de songer à sa propre sûreté , s'occupe du soin de s sa cavalerie valaque.
Si mihi fortuna Javerit , inquit , que Pontanu? a traduit par
glona Dei, Victoria majeslatis titœ Candidum, La manie de l.iiii
est eritque. Sin occumbam ^ nihil de travestir les noms étoit c
tdcirco vos remorabitur. Intuemi- écrivains de ce siècle, et les
ni serpentis prudenliam , ut semper méconnoist";ibles. Il n'ist pas
caputtegenstotum corpus consevifat. découvrir , sans l'élude des)
Sin caput percussuni sit , corpus sans un cominrnlaire, le mol
omneperil, lancus est l'un des noms nous ceux de Blanc ou de (Ittiu
que les historiens du temps donné- ou d' lancus ou de (Chômai
rent au courageux Huniade. Voici mauvais goût de ce temps \
les autres noms, d'après le commcn- troit de chercher une opr
tatcur de Phranza : lancus est Joan- entre les deux premiers et
nés Huniades quem et Chonialen, table nom d*Hunia<ie. etCoruinumetCandidumscriptores * En étant d'accord sur I
noniitutnt. Philippe de Commine en les historiens varient sur le
fait un brillant éloge, et rappelle, les uns a}>p<'llent ce janissair
on ne sait pourquoi, le chevalier ter ou Cheser, et les aulresTfc
Blanc, C'est sans doute ce surnom ?Jous suivons Phranza.
HISTOIRE DU BÀS-EMPIEK. 399
Ainsi përit après des prodiges de valeur, à la flenr de Ige, Ladislas , qui peut-êfre , avec un peu plus de pruilice, en écoutant les avis d'Hiiniade, eût conservé i« vie précieuse à son pays, et sauvé l'empire grec, 'est du jour de cette désastreuse bataille de\Yarna, irrée le 10 novembre i444i ^^^^ '^ lutte contre les ores fut décidée , et qu'on peut dater leur établisse- «nt définitif en Europe. Le gain de cette bataille leur 1 assuroit la possession. Amurat n'a voit plus pour le «ment d'ennemis redoutables. Il savoit qu'on pouvoit fcttre les chrétiens , mais il îguoroit qu'on pûl les cortompre ; les confédérés le lui prouvèrent en lui faisant asser l'Hellespont. Il eut dès-lors à sa disposition une rme de plus, et sur laquelle il n'avoit pas compté.
Il est bon de faire remarquer les variations des histo- Lens, non dans le résultat , sur lequel tous sont d'accord, sais dans quelques circonstances qui ont eu cependant koe influence décisive sur ce résultat. Le témoignage IciTurcs comme des chrétiens sur la terreur d' Amurat •t unanime, et le janissaire qui eut l'idée ^enchaîner «achevai pour Tempecher de fuir lui conserva l'honleur et l'empire ; mais la cause de cette terreur est ittribuée par les uns au premier choc des Hongrois conduits par Huniade, qui, en ppursuivanl les Turcs, manqua dans ce moment à ses principes de prudence ; H par les autres, à l'audace de Ladislas, qui cherchoit f< sultan pour le combattre et lui passer son épée au ii^vers du corps. Ce projet , connu dès la veille , fit Sembler Amurat quand il aperçut le jeune roi au mi- «eii d'un groupe de jeunes cavaliers se dirigeant vers sa ^nte en culbutant tout ce qui s'opposoit à son passage.
hranza dit positivement que cette action de Ladislas '^t la cause du trouble du sultan ^. Alors le moment
• Rex usque ad Àmurœ tentorium bat enim malè , fei^em tam animosè ^aen accessit. Ainut^sfugere vo- dimicanlem aspiciens. Rex aUundè ^àjanitzarisproliibiiuseu : lime- viriliter pugnans, etc. Liv. 11.
de la penr n'auroit point été, au premier choc, ci nous Tavons rapporté d'après le pins' grand nomi témoignages, mais à la vue du hér<>s.qni cherchoit rival ; et la faiblesse du Turc est mieux motivée. Bist. eçcl. Le continuateur de Fleury suppose très-gratuiteni4 ^"^* qu^Huniade refusa de suivre Ladislas , et part de ce fail qu^avec un peu de réflexion il n'auroit point avand pour imputer à ce vaillant général le désastre de cett journée ,- prétendant que, s'il eût imité la valeur d prince, Amurat aurait peut-être perdu la vie et tem pire A. Huniade n'étoit point auprès du roi lorsque celo ci se jeta dans la mêlée; commettant la faute dont nvoit voulu garantir Ladislas, il s'étoit élancé sur 1 Turcs avec ses Valaques, avoît ouvert leurs rangs, e les voyant fuir, les poursuivoit imprudemment. Sil fût arrêté pour revenir auprès du roi, Tempire élo sauvé. La faute d'Huniade est donc un excès , et non i manque de bravoure.
""antemire, D'après une tradition admise chez les Turcs, et ra] st. oiiom. portée par Cantemire, Âmurat anroit tiré un grai parti du traité violé par les chrétiens ^ « Il assemble (i K rhistorien ) un conseil général avant la bataille , et
^ Cet historien, qui manque en il ne pouvoit avertir un roi qui n'ei
générai d<* critique, ajoute que «dès toil plus. Il tâche ensuite dVïcus
a qu'IIuniadc vit le^ enscigues des le général en disant i\\\c peut-élit
« chrétiens plier , il se relira de la grande expérience t^uil ui'on k
« mêlée avec dix mille hommes, tant a^ir ainsi pour sauver raniii'c.
« Hongrois que Valaques , et qu'il venoil de dire qu'il éloit conytui
m prit la iuite sans en avertir le roi, que fjenl'élic Amurat eût ptnlu
«dans le temps ou la victoire ne vie, si le piince vaiatiue uvoit i
«s*tloit pas encore tout- à -fait dé- comU Ladislas. Sa granue i'X|m
« clarée en faveur des Turcs. » En rience h* Irorapoit doix- ? 1^ jci
comparant les divers témoignages, le Fahre n'est pas plus hcun'iix qiuo
père Fabre auroit vu que, jusqu'à la il détend que quan<l il accuse. 1
mort de Ludislas , la victoire éloit meilleure excuse pour Uuuidde e
déclarée pour les chrétiens, et que dans la fausseté du É'ail. jusqu'à cet instant leurs enseit^nes b Cette harangue csi rniiense. 0
ne poiwoient plier. Gonséquemment y voit que le sultan , pour rcudrt-
Huniade ne pnt point lafaileiw^ni parjuie plus sensible et lescliretici
ce moment fatal; et s'il la prit après, plus coupables , fait ressortir le pli
r HISTOIRE DU BAS-ElIPIRE. 4^'
m parle en ces termes : Nous croyons que ( hazir et isa )
m le sacre Jâus est en effet Tesprît de Dieu , né cî'une
« vierge mère, prophète grandement aimé de Dieu et
m encore vivant , ayant été préservé 'de la malice et de la ^
4B rage des Juifs, et enlevé au troisième ciel, où il de-
« meure, afin de venir condamner un jour cette nation
• m pour sa perfidie. li en usera de même à l'égard des
« chrétiens pour avoir osé corrompre son évangile. Nous
« le reconnoissons pour un très-grand prophète , mais '
« cependant mortel, et devant mourir trois jours avant
« la fin du monde : au lieu que les chrétiens Tont qua-
• lifié de fils de Dieu , et engendré de toute éternité , lui
« attribuant la même majesté et le même pouvoir qu'au
« créateur du monde. De plus, ils croient fermement,
« entre autres superstitions, quelques points particuliers
« qu'ils appellent mystères. L'un de ces mystères est
« que Jésus , leur messie , a conféré à ses prêtres la puis-
« sance de changer, aussi souvent qu'ils en auront envie,
é le pain et le vin en son vrai corps. C'est sur ce mys-
I « tèrc et aussi sur TEvangile qu'ils ont depuis peu juré
« la paix avec moi. Ainsi, il n'y a plus à douter que
« Dieu ne les punisse, puisqu'ils ont donné le démenti
« à son évangile et ont foulé aux pieds ses mystères. On
« ajoute à ce récit qu'Âmurat , au plus fort de l'enga-
« gement, ordonna que l'écrit que lui avoit fait délivrer
< le roi de Hongrie en confirmation de la paix fût
« attaché au haut d'une lance et porté par tous les rangs
(( par une personne sans armes, avec ordre de crier à
« haute voix ces mots : Que les infidèles avancent contre
« leur Dieu et leurs sacremens; et, s'ils croient vérita-
« blement à ces choses , à Dieu juste! qui fais lever ton
« soleil sur les méchans comme sur les bons , qu'ils se
qu'il peut la religion de Ceux que moins retenue par le seriûcnt en luile» Turcs appcloicnl infidèles de leur même que par le» accessoires, c'csttdtc. Il croyoit, ainsi que beaucoup à-dire les formules dont on se lervoil d'autres, que la conscience éloit . pour le garantir.
IIIST. DU UAS-EMP. TOM. XII. u6
4oa UISTOIRE Dû BAS-EMPIRC.
« dëclarent résolus à tirer vengeance. dViML-mêmes , « à punir leur propre ignominie. »
on. Ch^' Chalcocondyle diffère essentiellement des antres ëcri^] ^' ^ vains dans les détails qui précèdent la bataille de Wama; Nous devons avouer qn'il est impossible de concilier sop récit , non-seulement avec le leur , mais même avec la vraisemblance. Après avoir raconté le passage da Danube par les Hongrois , il en fait avertir Amorat pendant qu'il est en Asie ; ce qui dérermine ce sultan à revenir en Europe. Tandis qu'il cherche les moyens de traverser THellespont, Ladislas a le temps d'arriver à Warna. Le laissant dans cette ville , où l'on suppose qo'il entre par capitulation, Laonice annonce qu'Araural marche à la rencontre des Hongrois. Ecoutons-le main-* tenant par l'intermédiaire de son traducteur. « Il les «c suivoit en queue, de logis en logis, et se campoît ton-' « jours au même lieu où il avoit logé le jour précédent. <c Que si d'aventure les autres ne faisoient traite entière, « il s'arrêtoit semblablement à mi-chemin, et ainsi « continua durant quatre jours tout exprès , pour fecon- « noître quel nombre ils étoient ; comme c'est qu'ils « voudroîent procéder en cette guerre : si , se trouvant « étonnés de sa soudaine survenue, ils rebronsseroient « point tout court en arrière : si les choses alloient en « leur camp par bon ordre, et toutes telles autres par- « ticularités d'importance, les suivant continuellement « à la trace «.Laonice fait ensuite livrer bataille à Warna, où, dans le livre précédent , il avoit conduit les Hongrois, et donne les détails de l'action , semblables à ceux que nous avons rapportés. Ce sont ceux qui le précèdent qu'on ne sauroit expliquer. Comment Amurat ponvoit-il se trouver derrière les Hongrois , et suivre de gîte en gîte une armée arrivée à Warna, quand il éloit encore près d'Andrinople, et qui reste dans cette ville ou dans les environs jusqu'au moment du combat? JNcus n'entreprendrons point d'expliquer ces contradic*
lions, nous contentant de rappeler que Laonice coupe K)iivant son récit par des digressions très-longues , qui font oublier ou perdre cK vue la partie qu'il laisse en ^ arrière. Peut-être ont-elles quelquefois produit le môme effet sur l'auteur. Retournons au champ de bataille.
On estime à dix nulle la perte des chrétiens; celle des Turcs fut plus grande. Le sultan avoua qu'une seconde victoire aussi coûteuse que celle-là causeroit la destruction du vainqueur. Récompensant généreusement le janissaire qui n'avoit pas redouté sa colère en Tempêchant de fuir, ainsi que celui qui lui avoit présenté la tête de Ladislas, il s'arma de s^ivérité contre ceux qui avoient commis la faute qu'il se pardonnoit à luimême. Les officiers qui dès le commencement de l'action avoient tourné le dos furent condamnés à niort , et les autres à être promenés dans le camp en habits de femme. Cependant il se laissa fléchir par les prières de l'armée qui demanda leur grâce* Peut-être un retour sor lui-même le disposa-t-il à l'indulgence. Sachons de Sagredo la conduite que tint le sultan le lendemain du combat. « Âmurat , après cette victoire , se promena dans Saqredo « le champ de bataille , où il prit plaisir à fouler aux ^'^cmp^otu « pieds les corps de ses ennemis avec une fierté dédai- »»"/', ^. *• « gneuse. L'on remarqua qu'une si cruelle l^oucherie
* lui donna une extrême joie, et qu'il auroit souhaité « de voir encore plus de sang répandu. Il se tourna vers « Asab-Bey, et lui fit considérer que parmi un si prodi- «p'eux nombre de morts on voyoit peu de gens d'un âge
* avancé «. Asab lui répondit que, s'il n'y eu avoit pas ^ eu beaucoup de jeunes, ils ne seroienf point sortis de
* leurs retranchemens , et n'auroient pas précipité l'ac-
* tion lorsqu'ils tenoient la victoire dans leurs mains.
* Ce barbare con)manda qu'on mit la tête de Ladislas
« Cette circonstance a quelque rat i*' • qui trouva la mort eo cxa- ^ksemblance avec celle que nous minant le cUaoïp de balaille d« ^v^ioa rapportée à b mort d'Amu- Ga^sovic*
f|o4 nisToias du bàs-emi^ikjb.
<c ail bout d'une pique , afin qu'un spectacle si fi « répandit autant de terreur dans l'esprit des chr ] w qu'il donneroit de plaisir aux infidèles. Après ave « ainsi exposée aux yeux des vainqueurs et des p « nîers, on la renferma dans une peau de bouc p « pour la conserver fraîche jusqu'à Pruse : elle « envoyée. On la fit voir à ces peuples comme ui « phée de la victoire pour laquelle ils firent des ré « sauces publiques qui durèrent trois jours. Penda «« trois jours la léte fut promenée en triomphe par « la ville ». Amurat fit élever à l'endroit où LadisI « tué une colonne sur laquelle on mit, d'apri « ordres, une inscription que les uns prétendent deste et les autres fastueuse '*. Il fit rendre les dei devoirs aux restes de Ladislas après lui avoir tou fait couper la main qui avoit signé la trêve.
Lesévêques que Ladislas avoit avec lui périrent celte bataille. Ils avoient pris part à raclîon. L' militante combaltoit ^lors plus qu'elle ne l'a fait d( t\ rcconnoissoit d'autres ennemis que les passions tentations du diable. Dans le siècle suivant on vit e quelquefois des cardinaux à la tête des armées; cet usage s'est insensiblement perdu, et le niousqn l'épée n'ont plus été tolérés dans le costume. Da
*» Il est assez singulier que la vé- tous calés le bruit de sa v
rilé soildiflicile à découvrir au point GibboQ ne doute point que l'i
de ne pouvoir s'ussurer de la nature tion ne lût modesie, el qu
d'une inscription qui devoit ôîre ne cite point l'autorité sur 1;
exposée aux yeux de tout le monde, il s'appuie , son opininion es
Suivant Sngrcdo « l# sultan , pour grand poids. Cei)endant cet
•[flatter sa vanité, fit élever une promenée, ce triomphe, cett
a colonne avec des inscriptions, pour coupée, semblent blesser la i
« faire passer ù la postérité la mé- tie autant que le respect d
«moire de cette victoire.» Laonice morts* cl dont Amurat aurc
ne dit rien de la colonne, mais il preuve envers Ladislas. NVst
parle des /wo/ïtrc^ el parades de la contradictoire de mutiler un ra
tête de Ladislas. Le sultan envoya et de le faire ensevelir avec
vingt- cinq euirasses au Soudan d'£- coup dlioimcur?
gypte , voulant Jàire retentir de
BISTO'iRE DU BAS-EMl'inK. ^oi
campagne de Warna , outre plusieurs ovî^pies ilont « Ic^
nombre n'est pas connu iKune nianiore prtvisr« il v
avoit deux cardinaux : Conduhniôrt, ucvou d'Kugt^ui*,
flétri par rhisloireroinu)e traître, cl Julien Ca'.sarini .
qui mérite un souvenir. On a vu le tloulde rîUe (|ue co
prélat avoit joué, cinq années avant la guerre contre
Aniurat, au concile de liàle. Après a\oir provoque dei
mesures vigoureuses contre l'autorilé ponlitii.de, et
même contre la pcrsoiuie d'Ku{;ene, «pii TaNoit nonuue
président de rassemblée, il cpiitta lirusquenient le parti
populaire du concile ()Our >e rendre auprès de ce uu^nui
pnpe , dont il devint le conndent et le lé^at. Ou ne hait
point lemotiTde ce chan{j;enient, on pourroit &uppos^r
que ce fut Tinléret, si Topinion (généralement adoptée
sur la manière dont il mourut étoit pins prouvée qu'elle
ne Test. On prétend (pi'il i'ut ou assassiné par un liate -
lier qui le tran.^portoit d'une rive à l'autre «lu Oauulie,
et qui fut tenté par la vue de Tor dont sou \i:iiis:^y;t*v étoit
chargé; ou noyé dans ce Jleuve // couse ilu i^nth de cet
or, ou tué enfui par des Ilongroii qui le d('|)ouillèrent,
La circonstance sur larpiell<! ou ne varii? point dan^ if»
divers récils n*est point a ravauta(;<; de ^^és;iiiiil. Klle
est cependant moins constatée que \it paijuM^ dont il
prêcha la doctrine: â la di(;te d<; ]N;Io;(n<' , qui p<'idiL
LatJjïIas, fit tant de vicîini<;^^, et consolida la pui^s^auri'
ù^h Turcs en Europe. L évéa<'ment a I>(-;itj('oiip îidioé
sur la gravî'é du rf-protli': fait a <^t i ar^iina!. \m \i«.Ioiie
l'auroit ^hyioî. S-ar-s faire de t^ \ \\\/^:V m,^t» i«r(.Lti« îi»-i
dans les artiii.f::; iJe ia fii;/!o«*<.ti«-, cfi liouv«-i^ l/^ati-
cor.p dti \\c.\\''\ pLii vaiidtt q»j#? '«:!.;! dof*î îi «-tt qti«-t
lion ::.6':'^:.tî:,'::d %i^.-':i. il ^.iX <<-îîain q«j«î t^uï Ut
ii'v j.icitlc:pt:- :.♦. y/.: ■ ' ' ! jv»:vj^*i*-f.* : < ♦l^'t-rit U-j^ij;** le duc ôel>,"^ri" ;".:i»: . ^/^'' -i *t \>:f.ii-î'. L». i«» -! loit dr Jt:!)**ri •Si - c^'.Ji r* '.i *•:! '.i"y;'i!:i*; '.n l<.I( in ; «/.fui/juii
4o6 niSTOIBE DU BÀS-EUPIRS.
liiencer. Mais ce qui, certes, est plus criminel, et^smii tous les rapports inexcusable , c'est l'odieuse et vile trahi* son des alliés de Ladislas. L'infraction du traité pouvoit donner des résultats avantageux; et puisqu'on sedëterniinoit à la faire, il falloît au moins ne rien négliger pour les obtenir. On a vu des traîtres courir des dangers, et ces dangers sembloient rendre leurs rôles moioi odieux; on a vu des hommes qui ne trahissoicnt que par vengeance ou pour se faire justice, et rentrer dam les droits dont on les àvoit injustement dépouillés; mais ici rien n'atténue les torts des confédérés. Qu'on se figure Iç cardinal Condolmiéii (que nous pouvons désigner, puisque étant nommément accusé, il ne se justifia point); "^ qu'on se le figure passant d'Asie en Europe l'armée d'Amurat, que son devoir est de combattre, et recevant par soldat un écu ! Gondoimiéri , l'un de ceux qui avoient contribue puissamment ;i la rupture de la trêve, parce que tout étoit disposé par lui pour empêcher le retour du sultan,' forçant par ce motif Ladislas à violer le |1 traité, favorise ensuite cet ennemi de son pays, et l'en- j: voie tuer Ladislas ! ''
Voyons les événemens probables dans l'hypothèse où '< les confédérés fidèles à l'honneur rerapllroîent leurs i* engagemens. Amurat , sur la foi des traités, avoît quitté -j l'Europe pour aller pacifier l'Asie. Ses troupes l'accom- ^ pagnoient. Il ne laissoit dans les provinces conquises que i quelques garnisons composées de soldats levés dans ces f; provinces. C'étoîent , après les jauissaircs, les meilleurs, v il est vrai; mais ils étoient en petit nombre, disséminés : sur plusieurs points; d'un dévouement équivoque, et d'iuie fidélité douteuse en l'absence d'Amurat. Ladislas et Huniade arrivoient dans la plaine de Warna quand ou avertissoit le sultan qu'ils venoient de passer le Danube : ils n'avoient plus que soixante lieues à faire pour ce rendre à Constantinople. Paléologue , dont le coulage étoit en raison inverse du danger , n'ayant plus
HISTOIRE DU BAS-EMPJRB. /^OJ
fienr des l^urcs « obligé de prendre parti contre eux ^ ^rce qu'il auroit craint que les allîcs ne se conduisissent comme les croisés de i2o4 1 et qu'Huniade Sie fût un second Baudouin , Paléologue se seroit vu forcé d'agir franchement , et de réunir, comme il Tavoit promis, ses moyens à ceux de Ladislas. L'actif et vigilant Amurat se hâtoit d'accorder la paix au prince de Garamanie , et de ramener son armée sur les rives du Bosphore. Un double obstacle se présentoit à lui. Au lieu de bâtimens de transport pour embarquer ses troupes , et de vaisseaux armés pour protéger Tembarqoenient , il apercevoit une flotte ennemie qui survcilloit la côte, et Tempéchoit d'approcher; et de l'autre c&té une armée disposée à le bien recevoir. Jusqu'ici rien n'est donné au hasard : le plan adopté , la marche tracée, conduisoîent nécessairement à ces résultats. Ces détails, qui ne sont que des suppositions, ne devroient être que le récit des événemens , tant on avoit tout prévu ^ tout préparé ^. Les Grecs, conquis, secouoient un joug odieux , et , s'armant pour défendre leur liberté , se idettoient dans la nécessité de vaincre pour éviter les ehatimens terribles qu'^murat iofligeoit aux révoltés. Aucune de ces probabilités ne peut être ni contesté^ ni tnéme révoquée en cloute.
Les alliés, ainsi quîl arrive toujours après l'événe* ment , ou quand il est glorieux chacun veut en avoir le mérite, et s'il ne l'est pas, en rejette la faqte ^ur un autre, les alliés s'adressèrent mutuellement des reproches. Tous accusèrent d'abord le cràle de Servie ^. Ce prince
• Maïs on n'avoît pns songe que toutes les perfidies il se concerta
ceux qui parloieat tant d'honneur ek avec U sultan , ayant même la ban*
de pairie vendroicnt la patrie et se^sc de lui prçstûuer Milizza sa
Tbonneur pour un écu par tile de plie. A celte époque Âmurat étoit
masulman, et que les confédurés déjà gendre de ce prince, que les
dcvicnUroient les bateliers des Turcs! autres historiens nomment George»
^ 33gi'cdo nomme ce priaçc yaC' 11 est probable que cet ccrivaln con*»
covichio , et l'inculpe gravement en fond les époques. disant que, par la plus noire de
l|08 BISTOIRS DU BAS-EHPIRE.
avoit fait garder les. défilés par où Scanderberg deteiAr passer. Il répondoit qu'il n'avoit voulu être pai^areid^c trahir sa conscience ; qu'ayant contracté des obliga envers Amurat par le traité qu'il avoit signé, ils'ét cru forcé de les remplir. Les Polonois, plus maltraitéi que les Hongrois , s'en prenoient à ceux-ci , qui répondoient en incriminant les autres, prétendant , non raison , que leur imprudente valeur avoit été cause qtt les chrétiens p déjà vainqueurs , furent vaincus. Enfii l'on accusa le cardinal - amiral , contre lequel tous l6i|it reproches se dirigèrent. Gondolmieri ne se donna mène pas la peine de répondre et de rendre , comme l'a faito historien ' , les vents responsables de sa conduite.
La terreur qu'éprouva le sultan Amurat à la bataille de Warna est constatée par un concert unanime de té-, moignages grecs et latins ^ , et ne peut être robjclt d'aucun doute. Mais un des contemporains ajoute à sot récit une circonstance qui proqve combien cette terreur fut grande. Laonice Chalcocondyle prétend qu'il fit voea de se retirer du monde , si la victoire se dcclaroit en sa faveur, et que la peur fut cause de son abdication. L'oovrage de cet écrivain faisant partie de la Byzantine, et |^^ conséquemment étant une des sources originales dans lesquelles ont dû puiser tous les historiens modernes, il importe d'autant plus de rapporter son témoignage « qu'il présente cette retraite, si louée par Voltaire, som %alcocon- de tout autres couleurs. <c Or ( dit Laonice dans le lan- ^^^ '• 7« « gage de Vigénire ) en la bataille qu'il eut à Wama « contre les Hongrois et les Polaques , s'étant trouvé <i en un tel péril et danger que Ton sait ( car ses gens «< étoient en route presque tous ) , tellement qu'il se vit « sur le point d'être perdu , n'eût été la mésaventure
0 Chalcocondyle, dont nous avons toutes les preuves,
dans une note précédente rapporté ^ Phranza, Ghalcocondjle, ffiti-
Ic témoignage. On sent bien qu'en clérus, BonSni , Gallimaque, Sa-
se rendant coupable d'une trahison grcdo, tiennent tous le même Ito-^
^ussi odieuse , on en fait disparoitre gage sur la frayeur du sultan^
HISTOIRE BU BAS-EMPIRE. f^Og
la roi Ladislas, il avoit fait vœu qne, s'il ëchappoit le cette journée , son honnenr et bagues sauves , il enonceroit au monde, remettant la couronne entre es mains dé son (ils, et se retireroit en quelque molastère de TAsie pour achever le reste de ses jours n saintes dévotions , à servir Dieu et le prophète, lyant doncques obtenu une si mémorable victoire et lis à mort ce jeune roi , qui étoit pour lui donner eaucoup d'affaires , s'il eut vécu plus longuement , )ut aussitôt qu'il fgt de retour , il manda son jeune Is Mahomet , en la présence des bassas et autres ofciers de la Porte ^, se démit de Tempire entre ses lains , ensemble toutes les forces et armées espandues ar les provinces d'icelul : puis se retira à Pruse , siège ncien des seigneurs turcs en TAsie. Là , il se renïrma avec les zichides , qui sont leurs moines et reigieux , et les sectides , gens de savoir , ayant la barge d'interpréter la loi et les écritures ; et ainsi assa quelques jours en leur compagnie à en conférer t à des dévotions telles quelles. Mais lui , qui étoit omme mondain , actif , remuant , ambitieux ^et ui ne pouvoit demeurer en repos , se dégoûta bien- Si de cette vie solitaire et oisive. Il commença à our penser à part soi les moyens de rentrer en son tat , sans aucune effusion de sang , craignant que , si >n fils découvroît cette sienne intention ^il ne fût con< raint à guerre civile.- » Le moyen qu'il employa , ^ant l'auteur , fut de se concerter avec le bâcha Chas y qui lui étoit dévoué. L'on attira le jeune Mahomet ne partie de chasse qui devoit durer plusieurs jours, idant qu'il y étoit , « Chatites introduit Amurat ans le sérail , où d'arrivée il voulut assister lui- Suivant le comte de Bonneval , grande salle d'audiences , porte ia* i loDg- temps été au service du finiinent respectée , où Von nentrç i. seigneur , la cour ottomane a qu après bien des cérémonies. J^ojr% le nom de porte de celle de la Mém. du comte de Boqnevah
4lO HISTOIRE DU BAS-IMPIRE*
« même en personne au divan ( qui est l'audience « blique qu'on donne quatre jours la semaine ' ) « se renouveler et faire voir aux magistrats et aupea| « Là , sans contradiction aucune , lui fut déféti « même honneur et obéissance que Ton soiiloit. «< un chacun avoit encore devant les yeux la m< « toute récente d'un si valeureux et redouté monarqofc^ Les autres historiens ne sont point entrés dans ces^pn tails , et se contentent d'envoyer Amurat dans sa traite sans donner le motff dont parle Laonice , ni poser de repentir. Quoique nous paroissions avoir ai leur opinion , lorsque nous parlons de Tabdit d' Amurat , il étoit de notre devoir de rapporter de Chalcocondylc ^.
iJK, i4i5. La désastreuse journée de \Yarna enleva jusqu'à T pérance à l'empereur. Une soumission absolue étoiti seule ressource. Elle lui coûtoit moins qu'à d'autrei. devoit craindre qu'Amnrat ne sût qu'il avoit été nombre de ceux qui firent violer le traité. Le sultan pouvoit d'ailleurs ignorer les démarches que Paléologoit rem)Uveloit de temps en temps pour obtenir des secoQO'
« Quoiqu'on donne en Turquie le personnage asRez marquant pov
nom de divan aux tribunaux, et qu'on s'informe de son sortaproii
môme aux chambres de commerce, bataille de Wama. Chalcocondylc II
ce nom est plus particulièrement fuit prendre par Dracul, selgneardi>
afleclc par les Européens au conseil Moldavie , son mortel ennemi ;!'*•
du grand -seigneur. tcur de Thisloire ottomane, p*
* Kourtjdevons, à propos de cette Amurat, qui !«' relâche généituit'
contradiction, dire un mot de la me/2t : les autres historiens le rcpié-
dîfficulté de bien établir la certitude sentent se retirant du champ de bi*
historique. Peu d'époques réunissent taille avec ses Valaquts, travenatt
autant d^historicns contemporains le Danube et se sauvant : versioft
que celle de celte malheureuse expé- adoptée comme plus probable, puif-
dition. 11 sembleroit, d'après ce fait, que Iluniadc reparoît sur 2a tcène*
qu'on auroit plus de moyens de dé- £n recherchant scrapuleasemcnt U
couvrir et de constater la vérité, vérité , l'on fcroit moins un récit
Mais il en est autrement du moment qu'une dissertation historique , ft
où ces historiens ne sont point d'ac- nous craindrions d'avoir quelquefois
cord ; ce qui arrive plus d'une fois , mérité ce reproche , si nous n'aviont
et quelquefois môme sur des faits eu l'espoir de trouver une excoM
împortans. Nous citerons Uuniadc, dans rimporlancc dcb faits.
lia part des princes chrétiens. Jean s'abandonna donc
[discrétion da vainqneur, dont il implora la clémence.
rreusement pour Tempereur, Amurat songeoit au lyen de se venger à\\n ennemi plus redoutable. Il la probablement le méditer dans sa retraite. Après elques mois de séjour, il en sortit, soit par repentir, mnrie vient de le raconter Laonice, soit à la demande ( janissaires, et se mit à la tête d'une armée consirable pour châtier Scanderberg. Mais celui-ci se teit sur ses gardes , sachant bien quel sort lui réservoit à ennemi, s'il avoit jamais le malheur de tomber entre
mains. Bien loin de rester dans une sécurité trom- E3se/il étoit, ainsi que les siens, toujours sous les mes. Quoiqu'il n'eût que huit mille cavaliers et sept llle hommes d'infanterie , il entreprit de résister à la nmbreuse armée d'Amural. Il s'empara d'un poste Sntageux situé près de Dibra , se saisit d'un bois , y ît trois mille chevaux en embuscade, avec ordre d'atquer les Turcs par-derrière lorsque l'action seroît cngée. Il avoit à son service plusieurs vaillans capîrnes ; car peu de temps après qu'il eut fait secouer le Qg des musulmans à l'Albanie ainsi qu'à l'Ëpire , les Ds braves aventuriers de France et d'Allemagne étoîent nas s'enrôler sous ses drapeaux. Mais il donna plus rliculièrement sa confiance à deux guerriers de sa lion qui s'appeloîenl , l'un Moïse, et l'autre le comte Jrana. Quand il eut rangé sa petite armée en balle, les Turcs surpris comptèrent sur une victoire île. Au premier choc des Epîrotes l'avant-garde des ieraands fut renversée , et pendant qu'ils les serroîent près , la cavalerie albanoise sortit du bois et les char« i par le flanc. Scanderberg éloit présent partout, et parrt donnoit l'exemple. Les Turcs, plus nombreux, mais >îns braves, cédèrent et prirent la fuite. Dans cette îmière victoire les Turcs perdirent plus de vingt lie hommes et vingt-quatre drapeaux. Le combat
4l9 HISTOIRE DU BAS-EtfPIEE.
dura quatre heures ; les bagages, les armes, les teol demeurèrent au pouvoir des Albanois. Ali-Bassa, mandant ce corps d'armée de quarante mille m mans, ne dut son salut qu^à la vitesse de son cheval Après cette victoire , Scanderberg entra sur le pays nemi, qu'il ravagea. Se retirant ensuite avec beau de butin , il fît toutes les dispositions que lui dictoi la prudence et l'intérêt de sa sûreté pour résister toutes les occasions au sultan, qu'il connoissoit trop pour ne pas savoir qu'il ne goûteroit de repos qu'il n< goûté les plaisirs de la vengeance. Ces dispositions trent son intelligence, sa bravoure et ses talens. D'a{ ses conseils , les Ëpirotes et les Albanois envoyèrent femmes et leurs enfans sur les terres des Yéni Sachant qu'on fait mieux et avec ardeur ce qu'on de bonne volonté, il laissoit ses compatriotes li Connoissant leur haine contre les Turcs, haine l'invasion de ces barbares n'avoit fait qu'accroître, il tretenoit leurs sentimens et leur courage. Bientôt t la nation fut armée spontanément ; elle se distribaoi dans des postes inaccessibles. Des torches allumées nonçoient le danger ; elle accouroit aussitôt au seo des troupes permanentes que Scanderberg ne quiltoi jamais. Ses chevaux, petits et nerveux, gravissoienl ta montagnes; ses guerriers, actifs et robustes, résistoienti toutes les fatigues, et bravoient impunément l'intcmpérie des saisons. Leur chef, habile et valeureux, jûgeoil des obstacles que présentoit aux Turcs son payi montueux et boisé , obstacles qui devenoient pour la^ des ressources, et dont il savoit tirer parti. C'étoitun terrain fortifié par la nature, et qu'il ne s'agissoitqw de défendre et de rendre imprenable.
Amurat , qu'une première défaite animoit davantage, honteux de voir ses troupes battues par un rebelle (car c'est ainsi qu'il traitoit le héros de l'Albanie ) , Amoral résolut de faire une seconde tentative. Il ordonna à Too
niSTOlRE DU BAS-EMPIRE. ^l5
ses gënëraux les plus renommés d'assembler secrè-* Dent des'troupes d'élite, d'entrer brusquement dans Ipîre , d'y surprendre Scanderberg, de le combattre de le vaincre, promettant les récompenses les plus ignifiques. Ces ordres étoient plus faciles à donner 'à suivre. Le général obéit et se met en marche pennt la nuit. Mais Scanderberg n'éloit pas homme à se sser surprendre. Il avoit des espions vigilans et fidèles ^ i l'avertirent de l'entrée des Turcs. En un instant les rches furent allumées, les troupes réunies dans un ste avantageux, d'où bientôt ellesattaquèrentrennemif harcelant sans cesse , ne hii donnant aucun moment de pos, et ne lui permettant même pas de camper. Quand terrain et l'occasion sont favorables , les Epirotes en snnent sérieusement aux mains. Scanderberg cherche ms la mêlée le général turc, et le tue. Les Ottomans ient de toutes parts, laissant armes et bagages. Tout t également distribué entre les soldats victorieux, d'à- •es l'intention de leur chef.
Pour plaire au sultan , Mustapha bâcha, comptant r sa fortune, veut encore faire une tentative. Il choisit > hommes les plus déterminés. 11 en réunit seisœ mille, s'avance dans l'Albanie , mais il tombe dans une emiscadc, est battu complètement et fait prisonnier. Le inqueur voulut que sa troupe se partageât tout le itin , et même la rançon du général , qui monloit à une mme considérable. Scanderberg sortit ensuite de l'Ere, ravagea les provinces voisines, dont les habitans retirèrent , et brava les musulmans , qui n'osèrent se esurer avec lui.
Outré de dépit, Araurat accusant ses généraux de :helé, résolut de se mettre à la tête d'une armée consirable. On rassemble soixante mille hommes de cava- •ie et quarante nulle janissaires. Un plus grand nombre ïuroit pu tenir dans les états de Scanderberg. Le sultan it le siège devant Sfé!igrade , ville Irès-médiocre, mais
4l4 HISTOI&E D0 BÀS-£MPIRft.
protégée par une bonne forteresse. La garnison longue résistance. Mais enfin elle se rendit , corrc suivant les uns , par Tor d'Âmurat , et suivant les victimes d'une puérile superstition. I^es habîtans , ces derniers, n'ayant pas voulu boire de Teau d'u dans lequel on avoit jeté un chien , parce que c'é animal immonde , furent réduits aux dernières mités et forcés de capituler. Quelle que soit la v^ cause , il y eut une convention d'après laquelle < accordoit la vie. Malgré ce traité , le jeune M< demandoit à son père qu'on passât la garnison a l'épée. Mais Âmurat ne voulut pas y consentir, qu'il falloit observer sa parole, et rappelant c chrétiens avoient été punis à Warna pour avoi le leur <».
Avec sa petite armée, Scanderberg harceloît c( vainqueur, qui toujours étoit forcé d'être sur la sive. Les détachemens qu'on en voyoit au fourrage ( pris ; tous ceux qui s'écartoient un peu du corp murât tomboient entre les mains des Âlbano promptitude de leurs manœuvres et la vitesse d chevaux les déroboient à la fureur du sultan. I toujours à combattre une troupe invisible. Inquié sa marche, il arriva ainsi devant Croya , capit états de Scanderberg. Ce héros, qui prévoyoit long-temps que cette ville étoit le but de i'enti d' Amurat, avoit fait un appel à ses compatriote clarant qu'il ne vouloit contraindre personne à i fermer dans cette place. Il croyoit avec raison seroit mieux défendue par des f^ens de bonne v< II ne se trompa point. 11 fit entrer des vivres en
* Sagredo donne un autre niolif « pîc si d.mgc^renx n'obligeai
ou refus d'Amurat, qui , d'après cet « tiens h se délVndre avec
iii.storien, répondit à son fils a qu'il « piniâlrctc. » C<j calcul ùti
«étoit [)lus à propos du traiter avec mérite qu'on trouve à la
« cette rip;ueur la dernière place que d'Amurat dans celle circoi • la première, de peur qu'un cxcm-
HI8TOIR£ DU BÀS-EMPIRE. 4^^
iice. La garnison se composa de quatre mille hommes flite , dont il donna le commandement au comte d^U- Da f auquel il confia la défense de cette ville. LesVënims luUirent passer de l'argent et quelques soldats. Les arcs trouvèrent tant de difficultés à transporter letlrs nons A, à cause de l'inégalité du terrain , qu'ils furent tligés de faire venir des ouvriers et d'établir une fonrie sur les lieux. Scanderberg ruina tout le pays pour sr aux musulmans les moyens d'y subsister. Le sultan se t contraint de demander une multitude de vivandiers. Lclèieà son système, le défenseur de l'Albanie se campoit «c ses troupes sur les montagnes, d'où il tenoiten quelle sorte les Turcs assiégés dans leur camp; tout déta- Nement qui en sortoit étoit pris. Quand Âmurat en- >yoit un corps nombreux, on ne trouvoit personne, ft Àlbanois avoient disparu. Les Turcs firent tous leurs ibrts pour corrompre le comte d'Urana : argent, digni- B, honneurs, tout ce qui peut tenter ou séduire fut inulement offert. On dressa deux batteries de dix pièces de mon pour foudroyer la ville de deux côtés. L'intrépide ^nderbergy du haut de ses montagnes, s'en tendoit ^ec les assiégés au moyen de fanaux allumés pendant L nuit , pour faire coïncider leurs sorties avec ses atta- Kies. Pendant que la garnison fondoit sur les assiégeans, venoit les attaquer jusque dans leurs retranchemens, tir prenoitdu monde, leur enlevoit leurs drapeaux, et ■sforçoit de suspendre le siège. Les Turcs donnèrent un isaut général. Scanderberg descendit aussitôt de ses lontagnes , pénétra dans leurs quartiers le sabre à la lain, y causa beaucoup de trouble et de désordre, et f battit avec tant d'ardeur , accompagné d'un petit nomre de braves, qu'il fut sur le point d'être pris. Amurat 3nna l'ordre à son fils d'aller avec le plus expérimenté
* Nous réserrons les observations devoitôtre , et nous les soumettront dispensableii sur railillerie des au lecteur lorsqu'il sera ([uebtion du irca , et sur C9 qu'elle pouvoit ou lamcux canon de Mahomet.
4l6 BISTOI&E DtJ BÀS-EMJ^lltK.
de ses gënëranx défendre les retranchemens. Là l*! avoient déjà perdu vingl mille hommes aa pied remparts de Croya , sans'en être plus avancés. Il étaij las et se rebutoient. Pendant qulls espéroient poai se^remettre de leiirs fatigues , Scanderberg, qui ne noit du repos que le jour , pour n^en point laisser pi à ses ennemis pendant la nuit , tomboit à Timproi sur le camp. Un jour il iît mettre à ses soldats unei pèce de réseau sur leur tête , afin de se reconnottre, choisit une nuit obscure pour attaquer à la fois de sieurs côtés , et tua beaucoup de monde, fit un nombre de prisonniers, enleva desarmes, des chei et plusieurs convois de vivres , qu'on envoyoit poorj subsistance des troupes. Furieux d'être assiégé luiau milieu de son camp, et d'abandonner Tattaque se défendre contre un ennemi qui ne lui donnoit poiotl relâche, Âmurat fit construire des/OUvrages qu*il de petites pièces de campagne. Mais Scanderberg doit toutes ces précautions sans effet , parce qu'il ail quoit sur un autre point , et toujours pendant la nuitj de manière que les Turs étoient dans une alerte coat nuelle. Un soir , ayant formé trois détachemeus de troupe , il combine une triple attaque qu il dirige ai tant de bonheur, qu'il répandit la terreur dans toul l'armée ennemie. Ajirès avoir tué du monde et fait riche butin ^ il se retira en lieu de sûreté. Le sultaa, désespoir , tenta encore un second assaut général; ses troupes furent repoussées avec un grand carnage, totalcj^ient découragées.
Amurat fit venir dans sa tente les principaux cbel de son armée; il se plaignit de leur peu de courage el de l'injustice du sort qui lui faisoit , après tant d'erploits et de conquêtes , ternir sa gloire contre un rebdlf indigne de se mesurer avec lui , et compromettre M forces de l'empire ottoman sous les murs d'une plao obscure, et qui ne seroît pas connue sans son enlrepri
tCraîgnoit d'être obligé de lever honlensement le siëge [de retourner dans ses états, humilié dHine expédition \i ils'étoit promis beaucoup d'avantages. Cette crainte retenoit, lorsqu'un courrier, envoyé par le crâle de ïrvie , vint metire fin à ses irrésolutions , et le déterpiner à laisser Scanderberg tranquille pendant quelque emps pour aller au - devant d'un autre ennemi noa Qoins redoutable '.
Avant de suivre Amurat, il doit nous être permis L'achever Thistoire du guerrier qui sut , avec une poiinée d'hommes , arrêter et tenir en échec ce sultan, if'ayant qu'environ dix-huit mille soldats, il ne pou- ^oit attaquer seul Tempire ottoman , couvert d'armées nnombrables. C étoit beaucoup que de lui résister, que le lutter contre deux conquérans tels qu'Amurat et le àmeux Mahomet ; que d'échapper à leur puissance : il & plus , il les battit. Doué comme eux du talent des enquêtes, sans en avoir la manie, il n'eut ni leurs ttéfauts ni leurs vices. Son ambition , louable, se bor- Itoit à maintenir l'indépendance de sa patrie. S'il eut été secondé ou souverain d'un pays plus vaste , plus poissant , ayant plus de ressources, il eût peut-être af- Eranchi l'Europe de la domination des Turcs. Si l'on considère le peu de moyens qu'il eut à ^a disposition , retendue et la population de son petit royaume , comparées à celles d'Anuirat et de Mahomet, ou conviendra qo'il a fait des prodiges. Avec une si grande inégalité , Scanderberg résista pendant vingt-trois années à la puissance £olos$<|(e des Ottomans, et fit échouer tous les
• « Plusieurg hUtoriens latins font laat point se retirer sans avoir eu la
mourir A murât de chagrin ^ous les ville, 'il i»r déterminoît à la tenir
mars de Cniya : mais les Grecs , tels étroitement bloquée pour lu prendre
«jne Chalcoeondyie et Pbranza , sont p';ir famine, maÎH que le courriir du
-d'accord, ain.«i que le.n Turcs, sur crâle lui Jil bien cnrrit^er son play
Vépoque et les circonstances où ce doyer, car soudain il troussa ha'
lultan cessa de vivre, et nous sui- fy^S^^ eise mit enchemin. (ChaAco-
trons leur récit. Laonice prétend condyle , liv. 7 , traduction citée. )
qu'après je dernier assaut , ne vou-
4^0 HfSTOIRE DU BAS-EMPIRE.
annëe <'. II se pliiignit îivèc amertiime d'être éch? tant de dangers, et de ne pas mourir sur le chai Sagredoy bataille. « Scanderberg ëtoil heureux , sage, enti Mon, c. « nant. Il ne refusa- jamais d'en venir aux main « ses ennemis, mais aussi il ne négligea rien des •< tages qu'il pouvoit prendre, et sut admirabiem « prévaloir de la situation des lieux , du temps « Toccasion. Il savoit parfaitement la langue, lest « et la manière de combattre des Turcs. Aflfobh « ses manières , et sévère dans sa discipline*, il fa <c soit de son camp tous les vices inutiles, et mair « son autorité en donnant Texemple. Sous sa con ^ les Albanbis se crurent invincibles et le pai «c L^enthousrasmea placé son nom entre ceux d*Âle) « et de Pyrrhus , qui ne rougiroient pas sans do « leur intrépide compatriote; mais la foiblessc N puissance et de ses états le place à une grand « tance des héros qui ont triomphé de TOrieut
' En 1467* ^ous ne pouvons nous lieu. Quant à sa mort , Gibl
dispenser de rappeler les diverses qu'elle arriva lorsqu'il étoil à
IradiiionH sur le coraple de Scander- sur le terrlloire de Vt nîse. 1
bKrg. "Nous n'avi.ns dû rapporter passage de Phranza , su(»c<'p
que ses exploit^ coulre les Turcs, diiscu»sion, parce que le \és\
parce qu'en les baMani il étuit con- tanus n'e»t pas toujours c
sidéré comme un défenseur de l'em- Gibbon n*a pu cousulter qu
pire dont no^is offnms l'Iiistoire , et duction, Touvrage grec n'é
que son exemple prouvoit qu'on primé que depuis vingt ans
pouvoit cliasser les musulmans de nus s'exprime .'linsi : JHah
TEutope, Sa résistance est attestée /llbaniam irrumpens , iS
par les Turcs et les chrélien*», quoi- nitm i/tsius dotninum afflixii
que le» premiers soiept li-ès-Iaconi- oiuniti vastax'it. Si Mahom
ques ( ce que leurs défaites et Je me- pris Scanderb' rg, il ne Taur
pris *qn*il>r exprîoKMMrt pf)ur le /«- laissé aller mourir à Lvssi»
ùellt èxpliqi/ent suffisamment ) : les probable que le jésuiie a vo
seconds ne le sout pas assez, parce- que le huhan s'empara de W
qu'ils mêlent le faux et le vrai, ajou- Il seroit ])lus utile de savoir
tant â des Actions déj.i extraordi- dit Pbranza : du reste son
naires des. faits incroyables, et les gna^e est le seul. Dans la n
éloges les plus exagérés. Il est donc vante on verra celui de LaoD
nécessaire d'observer lin juste mi*
S romaines. » Quand les Turcs devinrent mairres ays / ils violèrent sou tumbeau, et les janissaires des bracelets de ses os , rendant ainsi, sans le
hommage à leur ennemi, soit qu'ils voulussent
de ses dépouilles , soit que la supers^tilion les envisager comme un talisman propre à trai:ia valeur. Nous l'avons justifié du reproche de
Il ne trompa qu'un ennemi , et cet ennemi Mrdné son père, empoisonné ses frères, confis- 5tats : il Tavoit enfin outragé lui-même ^. : but, en rappelant sommairement les actions éros , en les réunissant toutes sans égard au
a principalement été de faire voir qu'après le de \Yarna ,-et même au moment de la gloire i toute- puissance de Mahomet , il étoit pos-
résister à ce conquérant. Il ne falloit que de ir , un chef habile , une armée : l'armée étoit ile à trouver que le chef. Pendant vingt ans dire depuis l'évasion de Scanderberg jusqu'à sa m pouvoit avoir l'un et l'autre. Le prince d'Aï-
prouva. Nous allons faire voir qu'il y en a voit e , en retournant auprès d'Âmurat , que l'arri-
Cfî que <Iit le rontÎQuateur • mulation (qu'il lenoît pour la plot Ghalcoeondyle à l'occ i- « noble de ses vertus ) lui eût pu I mort de Scanderberg. « donner de retenue eu toute autre igréable nouvelle que Ma- « occurrence ; ne pouvant même su it pu entendre , celle qui • retenir de sauteler , et faire des le pro;^rès de ses armes, 'i gestes indif^ues et messéans ; et 1 mort du généreus Cas- « de dire : Qui peut donc empêcher Scanderberg, cet incom- « maintenant Mahomet de se rendre guerrier, boulevard de la « maître de l'Europe, puisqu'elle a :é. Le monarque ottoman « perdu son épee et «on bouclier T • Constantinople quand il L'historien raconte ensuite qu'il ene qu'il avoit tant désiré ; voyn ravager l'Albanie pour se ven* fut avec un tel transport ger. Àin«i ce témoignage est eo conque son âme, toute aus tradiction avec celui de Fhrania, lillons de la joie ^ rompit qui, du vivant de Scanderberg, es de toute cette sévère rend le sultan maître de l'Albanie. rt de tout ce que la disii*
/idO III'KTOIRK ntJ BAS-KMPine.
mDuévi ", Il 5c |)liiiKfiil ftvrc Amrrtiimf créfrc i^chflppëa iMfit <lt* (lar)f(orfl, f*l de iic pm mourir sur le champ de Sagf^dot |>Hlaill(*. w ScHiiilfrhrrg c^loil hnireiix , sage, entrepre* Oiïhon, c. ** HMiit. Il lie* rrfiHA |amais dVn venir aux maini avec ^^' M srs ofinomiA, mais aiibfti il ne nc^gligra rien des avaii-
M lagcAi|iril pcMivoiff prendra, el sut admirablement le « prc^valoir di^ la ftiination des lieux , du temps et de « rcirraMon. Il navoil parfaitement la langue, les mœiiri m H ta rnaniôre de combattre dei Ttirci. Affiible dans *t 8(*5 n)ani^reA, et %é.\{\To. dans «a diicipline', il bannii- « suit de son ramp tous les vires inutileii, et niainlenoit « son autoril^ en donnant Texemple. Sous sa conduite, f les Albanois se crurent invincibles et h* parurent. n LVnlhousramiea placi^son nomenire ceux d'Alexandre « et de Pyrrhus , qui ne rougiroient pas sans doute de « leur intri^pide conipalriote; mais la foibleisc de M M puissance et de ses citais le place à une grande dii- « tance des héros fjoi ont triomphé de TOrient cl dei
' Kn ^^f*7' l^oiit ni* poiivorm nom lieu* Qu*nt A fa morf , (Sililmn croit
clinpcriMT (11* rM|i|»i'l(T h'n (incricM (|ii'«ll(' urrivulorKin'il 4!;(oil A Ly.4u<,
IrHiliiiont *\\r \v rornpic de Hrondi r- «iir l<' leiriloin de Vi iiî-c. Il riicub
b('r((. ISoiiN rt'iiVi ni i\(\ nipporlcr pumiap^i' tle IMir^iiy» , niiicrpiiblif d«
qu4' Mf» fifiloiM foiiire If» Turin, dincii-.Nion, puMn* (|ii«' ji* jÂnuile Pan-
imm* <|ii'<-ii N'it lioiiuiil 11 ('imt roii' tiinim ri'riit poM loujoiirit cluir « el
•iiJi^K^ fofiifric un tU'.U-u^^wr i\v IVtii iiiiilioti n'a pu coiinullrr qui* I4 (n-
pirt* doni rid !• ollVorm riduloiit' « cl dii(Mi<ini i'oiivr.iiii* ffrrc nViturii Im*
i|U(^ KOI) <'fti'ni|.lc pfouufil i|u'(Hi priiiir (pic depuis virigt tinn. Ponla-
poiivoit rliUHMcr lc« iiiimuliiiiinii de iiut ii'rxpriiiic iiin>«i : Mahomet in
rKiiropc. Hm rcrtifttiincc cul (iiicnli'c /Hbtiniuin iirunift^nt « Sfanlrri-
pur II*» Turc* « I le» clir/'iicn*, ipioî» //////i //'*///# ilnminiun /(j^i>//,c(vpil,
que IcH picinicfii m/i'iiI ii^* locdiii* OiMiitt l'u.itavil, Mi Maltornct Mvoit
qucN ( ce (pie IctirM dc-l'.iiicM ej U* nt^*- p''** Hcuiidcrb' r^, il ne l'aiiroil point
prin f|ti'iU cx|>riijiaM*iit ptftir /t it- lii)>t>'if «tHcr mourir k Lyfmw, Il rtt
/w/Zi* itp1t(|U(.Mit MunirtUfiiuicnl ) : )cn piubidiic «pie li* ji'iiiiiic m %outu dirr
Hccdiid» iir le KDiit p(iM nMtiCii, pHice q> c le ^nll*iu n'cinp.iiM de l'Albiiniif.
qn'iln n\Ci\vn\ le i'nnx et le vrui, u|<mi 11 «eroii iiIuh ufîle de Mioir ce qu'a
luiil A dcM nciioiiN deji etlruurdi- dil TlirHUAN : du rente Min léinoi-
nîiircN dc4 IhiU if)croy..ldcH , et Iin f{l.a^c «ni le i>cul. UAriit la notciui-
i'^Im^cm le* plim ckii^('i/)K, Il c»! donc vaiiluou verra celui do Laonioe.
néroMairo d'ob»i'rver un junK; lui-
UISTOIIE DU BAS-EMtIRE. 4^3
*^ les Turcs cédoient finrilemenl au premier choc : il ^yoit que la vicloirc n'anroit pas été douteuse sans 'Dprudence de Ladislas. Faisant son calcul sur celte >tïnëe., il ne désespdroît pas de sa cause, malgré l'aimJon du craie. Maître de prendre toutes les disposions qui lui paroîtroient les plus utiles, n'ayant aucun 'ince qui le contrariât dans ses o[>érati(His , il disposa n armée en bataille, plein de confiance et d'espoir;
envoya des courriers à Scanderberg pour le prier dti nir joindre ses troupes aux siennes.
La leçon qu'avoil reçue Ânuirat dans la plaine de ^arna n'éloit pas perdue. Il avoil fait la même rearque qu'Huniade, et se proposoit de préparer un nede au mat. Ce fut de mettre en réserve une partie
son armée dont Tobjel seroit de contenir Taulre, de mpêcher de se débander et de la remplacer dans le s où cette précaution seroit insuffisante. Il sépara donc 1 Européens des Asiatiques, et rangea les premiers en faille, les exposant au choc d'Huniade. Comme sou mée et oit de |)rès de deux cent mille hommes, chaque irisiofi étoit plus nombreuse que L'armée d Huniade. 1 plaçant les Européens, il leur dit qu'il leur confioit Lonneur de la journée. Ce mot produisit son eiTet. Le ;Qal se donne ; on en vient aux mains. Les Hongrois reut d^abord l'avantage , parce qu'ils étoicnt couverts
cuirasses à l'abri de l'épée; ce qui détermina le sultan Eaire retirer %ei troupes pour leur ordonner de laisser srs armes légères et de frapper avec des massues et des itons ferrés. Les alliés plient à leur tour , mais Huade rétablit l'équilibre. Dans cette première journée, icun des deux partis n'eut un avantage marqué. Penint la nuit, on ouvrit l'avis dans l€ camp des Hongrois ! profiter de l'obscurité pour pénétrer jusqu'à la tente Amurat , atin d'enlever ce sultan , parce que de lui ipendeit le courage de ses troupes. Cet avis fut adopté.
4a2 HISTOrRE DU BAS-ËMPtRÊ.
vée d'an courrier du cràle avoît déterniiné à lever le ù de Croya.
n. i446- Le prince de Servie faisoit avertir son gendre qrfB niade, après avoir rassemble des soldats hongrois, Ir syl vains et valaqnes , se préparoit à passer le Dannli pour entrer sur les terres du sultan. La bravoure et talehs militaires d'Huniade ëtoient connus. Amtt Sentit qu'il falloit dès Torigine l'arrêter et s'opposer ses progrès. Il résolut donc de marcher en persoi contre un ennemi digne de lui. Telle étoit la canâedf Son brusque départ. Il envoya de tous les côtés des soldats pour faire réunir des troupes. On répondit*de touftf parts à ce! appel , et bientôt le sultan se vit à lalMtf d'une nombreuse artiiéé. Il prit la route de Servie. Péri* dant sa marche , Huniade passoit le t)antibe avec qoP rante mille" fantiissins, sept thille hommes de cavaleriéi it deux mille chariots armés et chargés d'àrqnebdsesél de plusieurs armes à feu, nouvellement învelitées. GA troupes, dit Laonice, pouvoîent en imposer à ifaélqàâ moyenne puissance , mais elles étoient insuffisantes contre celles d'Amurat. Huniade comptoît stir l'assistance du craie ; tnaîs quand celui-ci eut bien connu seë r forces, il déclara qu'il vouloil rester neutre, bien cer- t
m. Chai- tain que les forces du sultan étoient irrésistibles. Leshis^ ji • 7- toriens supposent qu'il en eut du regret, parce qu'il je auroit voulu se venger de son gendre, qui lui avoit bien !rendu ses enfans , mais après les avoir privés de la vue. - Huniade, qui n'avoit pas mis en doute le secours des Serviens , ressentit contre leur prince un violent dépit qu'il eut beaucoup de peine à dissimuler. Lui ayant fait de vifs reproches , il continua sa marche jusque dans fa plaine de Cassovie, où le sultan Amurat i^' avoit été tué par un Scrvîen après une victoire, ainsi quenoos / l'avons raconté. Huniade joiguoil Tobservalion à l'activité. Dans la bataille de Warna , il avoît remarqué
UISTOIIE DV BAS-EMtIRE, ^25
*^ les Turcs cédoient facilement au preRiier choc : il '^yoit que la vicloirc n'anroit pas été douteuse sans ^VDprndence de Ladisl^s. Faisant son calcul sur celte >tïnée., il ne désespéroit pas de sa cause, malgré l'a- ^odon du craie. Maître de prendre toutes les disposions qui lui paroitroient les plus utiles, n'ayant aucun '^Ince qui le contrariât dans ses o[>érati(His , il disposa m armée en bataille, plein de confiance et d'espoir; envoya des courriers à Scanderberg pour le prier da rnir joindre ses troupes aux siennes.
La leçon qu^avoil reçue Âuuirat dans la plaine de k^arna n'éloit pas perdue. Il avoil fait la même rearque qu'Huniade, et se proposoit de préparer un mèi/e au mat. Ce fut de mettre en réserve une partie ! son armée dont Tobjel seroil de contenir Taulre, de impêcher de se débander et de la remplacer dans le s où cette précaution seroit insuffisante. Il sépara donc I Européens des Asiatiques, et rangea les premiers en iTaille, les exposant au choc d Huniade. Comme sou mée étoit de |)rès de deux cent mille hommes, chaque visiofi étoit plus nombreuse que L'armée d Huniade. fi plaçant les Européens, il leur dit qu'il leur confioit loniieur de la journée. Ce mot produisit son effet. Le $nal se donne ; on en vient aux mains. Les Hongrois ireut d^abord l'avantage , parce qu'ils étoicnt couverts \ cuirasses à l'abri de l'épée ; ce qui détermina le sultan Caire retirer ^eh troupes pour leur ordonner de laisser urs armes légères et de frapper avec des massues et des itons ferrés. Les alliés plient à leur tour , mais Huiade rétablit l'équilibre. Dans cette première journée, icun des deux partis n'eut un avantage marqué. Penmt la nuit, on ouvrit l'avis dans l€ camp des Hongrois 5 profiter de l'obscurité pour pénétrer jusqu'à la tente 'Amurat , afin d'enlever ce sultan , parce que de lui épendeit le courage de ses troupes. Cet avis fut adopté.
Oo 'disposa les cbariob armés, et l'cm partit a
pour exécuter ce projet, lie bruit , la surprise , I
é*une'«tlacplt dont lAi Turcs de devinoient n
si té noioliff' mirent d*abord du désordre dans
dèi fanisMÛMS qui environnoient le suit an. Ms
s«ssorèrent bientôt; et,'ae^rvant de^^canons pi
vanVsa tiente , ils enlevèrent les attelages des al
point' do )our^ les deux grandes ailes de Tarai
aurat t. jusqu'alors imtnobiles à cause de Toi
a*ébranlèrent à la vue de Tennemi , qui se reti
m eoinbat sanglant « et se réfugia dans son can
dant trois jours le prince soutint les efforts des
nrasulmanes, quatre fois plus nombreuses que les
et f d^apvè^ son principe , qu'il n'y avoit pas (
ibfuir quand la cause et oit désespérée « il se retin
délacbenieot tfélite. La variation des récits d<
historiens nous«mpéche de le suivre dans sa fi
les uns abrègent tandis que les autres le rende
nesque par la description des dangers et des
qu'ils racontent. La même différence existe
nombre des morts, qui dut être de dix-sept mil
les chrétiens, d'après les calculs de Laonice «.
de .lauriers et chargé de butin , Araurat prit
d'Andrinople^dont les habitans le reçurent en t
Paléoiogue respiroit pendant qu'on occupoit !
«Iles ennemis de l'un peuvent être considéré
les alliés et les soutiens de l'autre. Son frère ,
Constantin , despote du Péloponèse , plus hardi
^ Cet bîslorîen rapporte que le « autres ; pour ce que le
prince de Servie fil faire un relevé, «circoncis et tout rase
voulant connoitre combien de chrë- • toupet de cheveux qi
tienit étoient restés sur le champ de « au haut de la tète , et <
|>alaille. • 11 y eut dix -sept mille « de poil vers les tempe
«tant Hongres queValaques, et des « Hongres nourrissent j
«Turcs quatre mille : étant fort aise « sèment leurs faerruqu
,% 4ç diftccropr Ici. un» 4'itvec les « ^ue^ et bien te^tim/fi^
^it mis à profit Tabsence d'Âmnrat pour lui enlever niques places importantes , telles que Thèbes , et même '^'étoit emparé de la Béotie ainsi que de 4a montagne Kfe Pinde , que les anciens ont immortalisée. Elle étoit ^pée de vallons très-peuplés, et Constaiitin, après iN>ir armé tous les habitans , les excitôit à soumettre la lèessalie; il éloit enfin parvenu à séduire quelques vasiax da sultan; mais il ne suffisoit pas de prendre avec n prince comme Anuirat , il falloit conserver ses conjoétes. Le despote agissoit de concert avec son frère le rince Thomas. Tous deux se saisirent de THexamilion, cite muraille qui s'étendoit sur Tisthme dans un espace ^environ six millls. Ils la firent reconstruire et lui douèrent cinq coudées d'épaisseur. Cinq forteresses, dispibuées à des distances calculées d'après les besoins , la rotégeoient dans son développement. Elle étoit garantie ar un fossé dans lequel on pouvoit introduire à vomté Teau , soit de la mer Egée , soit de la mer dlonie. i le fossé eût été plus large et plus profond , Tisthme ht été coupé ; Ton auroit fait une île. Mais pendant ces "avaux, Tart militaire |pisoit des progrès et Ayoit sair des modifications que Tintroduction des arnRià feu i des canons rendoit indispensables. Quand les deux rinces seroient restés possesseurs de ces constructions , Iles n'auroient été pour eux que d'une médiocre utilité, 'après le nouveau système d'attaque auquel il falloit técessairement en opposer un de défense qujr fût en apport avec ce système ^.
Amurat, qui se faisoit rendre un compte exact de la onduite de ses ennemis ou des princes aux dépens desquels il vouloit s'agrandir , n^oublioit ni Constantin ,
* A l'attaque de Tisthme , les tèrent tout là , se renversant et cul-
recs, en enteDdant le canon , fa- autant les uns sur Us autres. Cboil*
Mit stupéfaits comme si on leur eût cocondyle , Ut. 7. ié le Jugement et la vue, et ijuit" ^
4^6 HISTOIRE DU BAS-EMPIRi:.
ni Thomas. Il se proposoit de détruire ces travan: files, et de punit* ceux qui les avoient entrepris que Tinstant désigné par lui pour la vengeance fi rétëy le sultan marcha vers l'Hexamilion à la tête • armëe considérable , trainan^ après lui une mnlt de chariots chargés d'armes , d'attirails milîlairei bouches à feu. Il dispose son artillerie, et la point la muraille : bientôt elle s' écroule, ainsi que Icsf resses qui la défendoient. Il fait mettre à-sec etcon le fossé. A mesure que les brèches devenoient pratica les Turcs y moritoîent et passoîrnt an fil de Tépée qu'ils trouvoient derrière ce foibic retranchement.! qiVil fut emporté de vive force, AmUrat reprit lai d'Andrinople , laissant à Turacan , Tuu de ses génér le soin d'achever cette expédition. Alors les musulrn qui nVtoient contenus que par la présence de leursn et qui cherchoient toujours l'occasion du pillage débandent, inondf>nt la Moréc , y mettent tout àf à sang ^ vt se gorgent de butin ; ils étaient accablé< le poids de Tor, de Targent , de brocards et d'effets cienx^Mfirent un si grand uoq|bre de prisonniers, < fureinT)b liges de les vendre an plus vil prix , et ces< dégénérés qui , d'après les détails transmis par les I riens , dévoient être plus nombreux que leurs vainqi se laissaient vendre !
Le j)rince n'ayant plus de ressources , mais \ vaincu que soumis, envoya pour ambassadeur ai tan , Chalcocondyle ^ , père de l'historien. 11 étoit c de réclamer la restitution de Tisthme, et même
^ Turacaa fit ma^Kacrer les pri- « quît un grand crédit et fai
sonincrs, « et de leurs tèlt-s arran- « pifs de son maître.» Laon
« £;c(s les unes sur les autr(*8 dresser tracl. de Vigenùre. Le tra(
« un trophée en forme d'une petite étuit digne d'ôlre rbistorîcn
« pyrumido, pour remcmbrance de racan.
« sa \ictoirc. Il fit encore tout plern * Cibbon dît, dans une de
• d'autres hclîM choses dont il s'ac- de ^on ouvrage, que l'oi^ a';
rviftéë cônqfrise pat Parmëe d'Amurat^ qnî, fort imé éjti'an lien de soumissions auxqneHes îl s'alfen-* it, on lui fît une pareille demande, ordonna qne Fam-^ todeur seroit conduit pieds et« poings liés en prison à Mfès.
3)épourvii de moyens, Constantin se résigna tristetot à son sort. Son frère fut vivement affecté des suc-» Ssd'Amurat. Il ne pouvoit compter ni sur le secours ?s princes chrétiens, ni sur son peuple, qui ne lui par- ^noit pas les démarches qu'il avoit faites auprès du ►pe pour opérer la réunion des deux églises. Désabusé • toutes ses illusions, il ne flotta. plus entre Tespérance 'a crainte ; mais, dominé par ce dernier sentiment aïi ini d'en avoir sa santé altérée , îl parut vouloir remîr les devoirs qui lui étoient imposés, et résolut de ccuper de Tadministralion des affaires publiques, ^nstantin ne les avoit jâiiiais perdues de vue. Il >it seconde dans son gouvernement par Phranza , qui Qs a conservé les instructions 1]ue lui donnoit ce !nce , en le faisant préfet de Lacédémone. On voit os ces'instructions Taffection du prince pour Phranza ,
i mérita ce sentiment par sa fidélité et son dévoue-
nt, et le prouva en lui restant attaché, comme nous 'errons , à une époque et dans des circonstances où il vait plus rien à attendre de son souverain. Tean avoit bien pris le meilleur pytî pour se distraire la terreur que lui inspiroit Âmnrat ; c'étoit de s'ocler du bonheur de son peuple. Mais il étoit trop tard, travail ne fit qu'augmenter les infirmités causées par dérèglemens de sa jeunesse; il fut atteint d'une maie aigiie qui Tenleva en peu de jours. Il mourut le 3 1
renseignemens sur la famille de et qu'il dit être Vun des principaux ilcocoudyle , qui a toujours la et mieux James citojrens d'Athènes, iesiie de s'oublier. Cet historien A chaque fois le sultan le fît mettre le cependant deux fois Je son* en prison, ^tjy. Uv. 6 et 7. c , deux fois député Tcrs Amurat,
428 HISTOIRE DU BÀS-EMPIB.E.
octobre 144^9 âgé de cifiquante-sept ans et dix n après im règne de vingt-trois ans. Sa dépouille mor fut déposée au monastère du Pantocrator.
Ce prince ne fit rien de remarquable. Le voyag clergé grec en Italie est le seul événement de son n auquel il ait pris une part active; encore auroit-il ni fait de rester à Gonstantinople.
HISTOIRE DIT BÀS-£HPIR£. 4^9
w<»WA^^A>»%%^^>\^%\^y\^^/v<fc»»^v\A^^^vv%w/v^»^<»»»v»^»^^^»%^w^^%^^^A>^»»<^»^^%^t>%»v%^»»mr
IVRE CENTTREIZIEME.