CHAPITRE VI
VÂLENTINIEN, GRATIEN, Césae; VALENTINIENII, ES Occident; VALENS, PROCOPE, usurpateur, EN Orient.
( An 36Î. )
Portrait de Valentinien. -» Sa fermeté à IVgard des soldats. — Association de Valens à Pempire. — Partage de Tempire entre Valentinien et Valens. — Usurpation de Procope. — LâcbeU de Valens. — Magnanimité d'Arbétion. — Fuite et mort de Procope.— Cruauté' de Valentinien. — Ses institutions. — Mort d'Atiianase. — Dissensions ecclésiastiques à Rome. --* Victoires de Valentinien. — Son intrépidité dans un danger. — Son traita avec Macrien , roi des Allemands. — > Victoires de Théodose en Bretagne, devenue province ^«/e/tiw. — Tyrannie de Roma-^ nus en Afrique. ^-Révolte et mort de Firmus. — Mort de Théo* dose. — Gratien, fils de Valentinien, est nommé Auguste.— Exactions et mort de Sapor. -—Tableau de la nation des Goths. — Exploits d^Hermanrick et d'Alaric. — Paix entre Valens et les Goths. — Rupture de cette paix par la perfidie de Mareelli-* nus. — Mort de Valentinien. — Valentinien II est proclamé empereur. — Magnanimité de Gratien*
Valentinieiï, porté au trône par l'armée, de- JPortmt
• !• i^'iii aeValen-
vait le jour au comte Gratien, soldat heureuip *««»«>• dont la force et U bravoure avaient fait la for*^ tune. Op admirait la beauté du nouve^einpereur , sa haute stature et le feu de ses regards : jeune ^ il s'était fait remarquer par sa temptir-
276 VAI.ENTJJSIEN, valens
rance et par sa chasteté autant que par sa force et par son courage. Doué d*irn esprit naturel, vif et pénétrant, il avait la repartie prompte, le jugement sain ; mais , nourri dans les ca,mps , il n'avait étudié ni les sciences , ni la philosophie, ni même la langue grecque, que parlait la moitié de l'empire. Il ne connaissait que les lois militaires. Observateur sévère de la discipline , il poussa souvent la rigueur jusqu'à la cruauté. Ayant embrassé la foi chrétienne, il méprisait les fables du paganisme; et, tandis que presque tous les grands pliaient sous l'autorité de Julien et revenaient, pour lui plaire^ au culte des idoles, le fier Valentinien bravait la puissance de ce prince, et préférait son* estime à sa faveur. Il osa même , en sa présence , frapper un prêtre païen qui voulait, malgré lui, le purifier en versant sur sa tête l'eau lustrale.
Ses talens lui firent pardonner sa résistance, et les suffrages unanimes de l'armée, noble prix de sa fermeté, l'élevèrent, à l'âge de quarantetrois ans, au pouvoir suprême. Parvenu au trône sans intrigues, il l'occupa sans crainte. Sa fermeté Sa première démarche prouva aux soldats soldats/* qu'ils s'étaient donné un maître capable dé reconnaître leurs services sans se soumettre à leur joqg. Les ayant rassemblés suivant l'usage, à peine a-t-il commencé sa harangue , qu'il se voit interrompu par le murmure général des