‹ Histoire du Bas Empire (volume 2)Chapitre 17 sur 29 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

YâLENS, cv Oftisiw4 <!GRÂTIE!!Î, ¥ÂLENTiNIEN IT;

( An 3:5. )

AfTreax tremblement de terre. — Invasion des Huns. — Portrait de ces satiTages. -^ Lears succès en Chine.— Leur défaite. — Xeor TÎcloive sur Jes.Alaius ft sur les G^tbs. ^ R^ii|(e dfs Goths et des Visigoths en Orient. -— Leur révolte. — Guerre entre les*Roroains et les Barbares. — Invasion des Germains dans h GttiJle.— État deTOectdefft sousKSratien.— Victoire de Gm- .:tieii sur les .Allemavdau — IM£lite de yiJeDB.-^ Exploits de la j*eine Mavia. — Proscription occasîonee par une pre'diction. — "Marche de Valens contre les Barbares. — Victoire des Golhs

' «ur les fionain«. •— (Hort-de Valens. «^ Si^ ^^Andrinople par ies .Gaths.«-^ Dévouement ^4eX>omiiiicii , venve de Valens. ««- Vengeance du comte Jules. — Ravjige des Barbares. — Arrivée dètSratien à ConëtanfinoiAe. — ^"Rappel du jeune ducThéodose. •— Ses exploits. — Son association. à â?cmpire. <^^ Ses nouvelles Victoire^, -r Premiers. e«ploiUd^A1aric.« — Victoire de Gr^itien et de Théodose. — Pacification établie .par eux. — Guerre déclarée aux païens. -^'Démolition de Tautélde la Victoire.â Rome. — PrédiûtioB en Kaftear ;de JMawm. -^^ISqB :portF8it. ^ Som jisni[patinn. -*- Alort'de GrAtien.

itMATifiN était À Tf éves Jo^qs^'il (eonfirma Téleo jâon de i8o& finère YailiQaliiiîen II. Comme régpent ^<]0OQ[kme 'QOipmew*^ il ordonna à Justine et à ^on fils de BiétabjUr^à Milaa. Un prince plus ha^ iiile ^e y<ftk»B ^raraii parvenu sans doute à

5o6 VA.LENS, 6RATIEN

maintenir ses neveux dans sa dépendance; mais l'empereur d'Orient, peu capable de défendre et de gouverner ses propres États, n'exerça aucune influencé dans l'Occident.

Affreux Les élémens semblaient alors se joindre aux

tremble- -^- , i»i^n»

ment de Barbarcs pour accélérer la rume de lempire. Toutes les côtes furent bouleversées par uii affreux tremblement de terre; la mer, fuyant le rivage, découvrit aux regards surpris ses profonds abîmes; et, après avoir laissé les vaisseaux à sec et une foule innombrable de poissons mourans sur le sable, l'onde en furie, par une réaction terrible, franchissant les rocs escarpés et les barrières qui arrêtaient ordinairement sa course, ruina plusieurs villes, et inonda de vastes contrées* Alexandrie perdit cent cinquante mille citoyens : les prêtres orthodoxes attribuaient ces malheurs au courroux de Dieu contre les hérétiques.

Invasion Lcs fléaux dc la nature sont contenus ou ardas Huns. . . 11 1

retés par une main toute-puissante ; elle leur a posé des bornes éternelles : mais ceux qu'étendent sur la terre les passions déréglées des hommes n'ont point de limites. Dans ces temps déplorables, le monde se vit ravagé par l'invasion d'un peuple sauvage, sorti des glaces du Nord. Les Huns, plus redoutés pai* les Barbares de la Scythie et de la Germanie que ceux-ci ne l'étaient par les Grecs et par les Romains, se pré^

ET VALENTmiKN II. .Soy

cipitèrent de TOrient sur l'Occident > dévastant , détruisant^ dépeuplant tout sur leur passage , et la terreur qu'inspiraient ces guerriers féroces xefoula sur l'empire romain les nations entières des Sarmates, des Alains^ des Goths^ des Ostrogoths^ des Quades et des Visigoths. La peur, qui les chassait ^ les rlsndit plus redoutables que leur audace ; on avait repoussé leur ambi-* tion, on fut écrasé par leur fuite; et, en émigrant pour chercher leur salut dans d^autres contrées, ils consommèrent la ruine des Romains.

Ces Romains, maîtres du monde tant qu'ils furent libres et vertueux , n'avaient conservé de leur ancienne grandeur qu'un luxe colossal. Les .empereurs, les consuls , les patrices, les ministres, les préfets, les courtisans, les généraux, les patriciens, dépeuplaient les champs et les camps pour remplir leurs maisons de milliers d'esclaves, de domestiques, d'eunuques et d'affranchis.

Une autre partie de la. population, quittant la terre pour le ciel, habitait les églises, les palais épiscopaux, les séminaires, le^rmitages, les rao- .nastères.Lepeu de citoyens qui restaient encore dans les légions se dégoûtaient chaque jour du .travail, de la discipline et du poids des armés. Enfin, au moment où l'empire se voyait de tou^e^ parts envahi ,pu men.^çé par les Barbares , c'était à ces mêmes Barbares qu'on livrait: souvent la défense des frontières, •'.là; conduite des armées.

ZoS tALENS , GRATIEN

4a garde dn prince, le co'iwlulàtjles pWffecftire^ «l léà plus haiitèi dignUés dé l'Éfat.

Portrait Lcs Htihs , ïiés dàiis les vâsteà ptàfees de la Si^

decessaa- «,.,. . •« ... ••

vagM. iiérie, etatéiit josqu a cette époque pre^cjue inconnus. Proc'opè lés confond avec les Scytîies et lel^ Massagètes. Jornandès, historien desGôths, at-^ tribuanl la diflbrmité de ceis sauvages à une bri- ^gine infernale , lés crbyàil produits piar l\inioA des déinons et des sorcières; les os de ieui*s jouéfe ^étaient protutéraris , lêlir chevelure cWpùé ^ leurs yeux petits et enfoncés, leurs iméinbri* "courts elt feins pi'oportîon ; on les côiihpàrail à ces idoles que les peuple^ barbai'efs se forraèiii aveè ^des morceaux de l)bi& grossièrement taiftés. îls lQ*habifaîent que des teritéft,'déCestaïentîei8 cî-*- *tés', qu'ils appelaient des prîsonè àe pierre bti des sépulcres. *

Les tribus etrjintes et pastorales Mutent tonjours plus conquérantes qtie les agricoles : rien Varrête là -mfeVche de ceis peuplés Vagabonds ; leurs fogemehs , leurs meubles , leurs ^iches^è^ liont portés èu'r iMrë chariots ; îeti^s troupeaux , '(|ui màrthént ^aVéc eux , aSssttïéht îeirr snb^is^, HUriëe; tcftfjôttrs tustsenihlës dans un camp, lèfut •vie est nh Aàt de *gùei*re continuelle. (lomiaiè îfe quittent un pâf iiragè épuisé pour en chëtchër d'autres , ils n'ont point de foyers dont'lëè èhar»- %ic[s*les rétiennent. Hs àinjlèfrt leur nattiôto et noii leur patrie; l^habitùdé de' lâ chassé les forihe -à

ET VALEUTlHiETf If. SpQ

ta gu<erre; leur nourriture augmente leur crui^i^ té ; ils n'oQt d'autres mets que de^ viaijidescrues^ et qu'ils n'échauffent qu'en 1^9 piprlifiant sqvif l| s^le 4e^ leui^ ichev%i]x. '

T«ls, étaient ees, peqples nomades q^i , q)çè^ ^««v» a^Yç^r répandu penAnt plusieurs siècles l'^ffl^QÎ ^^'''** d^W Iq Yj|sj^ empire de lia Chine , ^p^Mv^tai^t en^uiie p^ir leurt Cireurs TA^ie et VE^urope en-r tièr^. Chaque famtt^ d^^ Duci^y ^n se qoiuUh pli^tUt^ avait {çkpoi^é qqe tritxu^ dont 1? chef^ QOiWi^ rmrza, était juge pepdaivt la pai^^, gé-t lierai pf^d^t U guerre. Il la govive^nait avec r^l^tnrît^ d'un p^re de (an^^le; les çt^ePs de^ t^ib^ élii^i^pt eçtr^vtx u^ princç appe)é i^ri^ La diipp d^ tous Ifpf tt*ovp^ux formait sojh re-r y^mki sioq poi^yoÎT élait borné par celui d^diè-r tes^ ou 9^9eiPikhléef Oiation^les, qui délih^raien^ mf U f^^^f P^r li^ guerre 9, el rejetaient o,u ap** IMTouvaiept \^ lois proposées par le prince,

l^ Chino^, pour r^i^ter s^ leurs inya^opsA copstruisirent cette grande muralUç qyi excite encore FétOAneiuent 4^ voyageur. I^fs Huns ,, (;oni\u$ sous 1^ nqm. de Tanjoi^x^ c'est- à- dire JUsdu ç^y^pArcQMiiai^nt le^ v^e^pl^iusCf qu'arro^ le fleijYp AmpHr ji^^qu'À \^ Carée. Leurs cpurses^'éten^J^iept fiu nord> dç^ sçturoe^^ de l'Irtifeti À 1^ m^rftlftçi^Jej lef p^qples-qQÎ bahi-n taiept les rivages dp lac BaïJ^al fure|it subjugua» par q«s, Ënb»rdls pftr (eur^ m^f iU

5lO VA.LENS, GRATIEN

franchirent la grande muraille , battirent le$ Chinois , et enveloppèrent l'empereur Kaoti^ qui se vit forcé de capituler et de leur payer le plus honteux des tributs. Ces Barbares exigeaient qu'on leur livrât annuellement les plus belles filles des familles les plus dminguées.Les Orientaux nous ont conservé la complainte d'une princesse chinoise 9 qui déplora dans une touchante élégie tous les malheurs qu'elle éprouva dans sa captivité, au milieu d'un camp de sauvages ^ loin de sa patrie, de sa famille et de ses dieux. Une cruelle révolution releva la Chiné de cet abaissement; d'autres tribus nomades et guerrières, célèbres dans l'Orient sous le nom dé TartareSf conquirent ce vaste empire, et, adoptant ses lois, joignirent à la force de leurs hordes belliqueuses la sagesse d'une nation civilisée. m^ie ^^^ Huns , arrêtés bientôt dans leurs progrès^ par ces nouveaux ennemis, qui opposaient à leur bravoure l'avantage de la discipline , éprouvèrent de nombreux revers. Indignés de cette résistance inaccoutumée, toutes leurs tribus se rasôemblént; leur khan livre une grande bataille aux Chinois et aux Tartares réunis, commandés par l'empereur Vouti. La fortune se déclare contre les Huns; ils sont enfoncés, cernés, défaits, taillés en pièces; le khan se sauve avec peu dés siens. Vouti les poUrsuit, affranchit les peuples qu'ils avaient rendus tributaires, et finît

ET VALKNTlïimN ÏI. 3li

par soumettre à sa dominatiofn tpates les tribus qui restèrent dans les plaines du sud; celles du Àdrd conservèrent quelque temps leur indépèn- ~ cktnce : mais enfin ^ dans l'avant -dernier siècle qui précéda l'ère chrétienne^ les Chinois parvin* rent à détruire la puissance des Tanjoux ; elle comptait alors^ dit^on^ treize cents atis de durées Quelques tribus, plus belliqueuses que les au« très, et qui formaient un corps de cent mille' guerriers, échappant à la servitude par la fuite, marchèi'ent vers l'Occident/Les unes s'établirent sur les rives de TOxus, et portèrent souvent leurs armes dans la Perse ; les autres posèrent leurs tentes sur les bords du Volga; on les y voyait eneoaro dans le dix-huitième siècle; ils portaient le nom de Kalmouks- noirs. -^n 1771, ïie pouvant supporter le joug de la dépendance russe et le poids des impôts, ils s'échappèrent au noml^re dé cent cinquante mille familles, retournèrent dans rOrient, et, après deux ^ns de ma:rehe, parurent à rimproviste sur les frontières dé là Chine: Elles demandèrent et obtinrent un asile et des. terres. L'empereur, qui les accueillit, fitélevet uu'monnmentpour apprendre à la postérité cette nouvelle conquête, préférable, selon lui, à celle des armes. « Notre gouvernement, dit- il dans i) l'inscription gravée sur la colonne, est si jiisté » et si paternel, que des nations entières. tra- » versent l'Europe et l'Asie, et parcourut dieux

3ia yjLhsm, giutiek

» ittiHe lieties pour demAnder k vîirrv^ s<mt qm

T^arTîc- Les^HuB». Qii'aocun obêlacle n^arrètait^ qui

iir Ici * *

foire sur les Alain»et!tui l«s Gollis.

i^ia.n»et«ur eouchaieDtariiiés^qtti délibéraie»! ^ ebevaldaiiis

leUr» assemblées ^ qm ipaversaienif à là daigje lea rivières et Icfs torrens ^ qui portaient des fièchee pour blesser de loin Tenneiai ^ ua sabre pour le frapper de près^ im filet pour reovekipper et le terrasser^ trouyérent sur le Vc^gfa les Alairo f peuple aussi féroce c{u>ux« Un cimietetre éiatt leur idole; il» ornaient lènff» Urnes et les har^ nais de leurs ciieyaux avec le^ossemens de leurs ennemis* La luUe entre ces Baiteres fut k>i^ue> horrible et sanglante. Lea Alains, on fils des montagnes^ fnrent vaincus; une pJEu*tie eberdia un asile sur l^s rocher» duCancase^ qu'elle ac« ciipe encore ; l'autre se joignit aux vainqueurs^ et grossit cette fonle de Barbares qui envahi-** rent lempire romain»

Jornandès raconte que Ids Huna, paursuivanl une biche ^ traversèrent le Don au lieci où il se jette dans lesPalus-Mëolides^ regardés par %Qt^ jusqoe-là, comme les bornes du monde. Tropde fables semblaUes ternissent les ouvragies de cet historien^ Ce qui est avéré, c'est que les Huns , franchissant les plaines de la Seyehie^ attaqué-rent Hermanrick^ ce fameux roi desGotbs , dont l'einpire et la gloire s'étendaient de la mer Baltique au Font-£uxin.

ET TMEKTIBiœN lî. 5l5

La nature semble avoir imifxriiiié uQe marque dwlînctive qui sépare en d«ox classes Tespèee bu»aine : toifs les peuples é'Oceûient oi»t la fi« gnne ovale,, les- feux granda, le» joues> unies, le ■«z plut ou moÛM élevé ; toul^ la race des> Tan^ tares d'Orient, aor contraire, a la tète aplatie; le Aez épaté, les yeux petits et prolongés par les angles* La première fois que lesi Eurqoëena vi<* rent œs peuples sauvages, kw difformité les glaça de terreur; cqiendant ki nation des Goiks, fiére, libre, iafatigablevbeOiepuenae, aurait sans doufe pu repoinaer ces ikordea vagabondes, si die était resiée unie; mais tout peuple divisé devient pour Tennemi iiue proâe facile. Les Golba devaieni leurs com}iiéte& a leur naioik, la discorde les perdit.

Un prince des Roxolans avait quitté les étendards; d'Hermahrickpour se joindre aux Huns; le roi , violent et cruel ^ exerçant une basse et affreuse vengeance ^ avait &it écarteler la fem-* me du fugitif. Excitée par les plaintes^ et par les cris desf réres de cette femme infortunée, Tarmée se révolte : Hermianrick, suivi de quelques amis, veut GOOQttbattre les rebelles^ est blessé par eux^ et, voyant sa gloire Jernie et son autorité méprisée, se tue de désespoir. Yitkner lui succède, mais ne peut le remplacer; bai par un partie mal soutenu par Tautre , il livre bataille aux Uun$, qui lui enlèvent la victoire^ la couronne

3l4 \ALEHS^ GRÂ.T1EV

et la vie. JL.es Goths^ privés de chefd^ fiiient en désordre ; une partie fut massacrée y l'autre captive : le reste des Ostrogoths^ sous les ordres de leur roi Vithéric, rejoignit, près du Dniester, Âthanaric, prince des Visigoths; bientôt les Huns, portant contr'eux leurs armes victorieuses j les forcent d'abandonner la Yalachie. Athanaric, qui avait fait serment, en signant un traité, de ne plus entrer dans Jes terres <ie l'empire romain , se retire avec une troupe fidèle dans les forêts de la Transylvanie.

Befugedes L'immeusc population des Gotbs et des Yisivisigothsen goths, effrayée de 1 approche des Huns, s avance sur le Danube , conduite par Fritigcrne et Alàvivus, implore la protection de l'empereur d'Orient, et lui demande un asile.

Valens était depuis quelque temps à Antîoche, occupé à repousser les attaques des Perses, des Isaures, des Sarrasins , et plus encore à faire triompher l'arianisme. Ce fut dans cette ville qu'il reçut la première nouvelle de l'irruption des Huns en Europe. Bientôt après il y apprit que de nombreuses nations, inondant les plaines du Danube , lui demandaient des terres en Thrace, et se chargeaient, comme sujets fidèles, de la défense de cette province , si on voulait les y établir.

Une demande si imprévue jeta le faible prince dans une grande incertitude; il lui paraissait

ET VALENTlNIEIt II. 3l5

également dangereux de refuser ou d'accueillir un million d'hôtes belliqueux ^- s'opposer à leurs vœux , c'était provoquer une guerre de désespoir; mais recevoir dans ses États des nations entières 9 c'était accepter l'invasion.

Les généraux, les grands de l'empire, les gouverneurs de province ne virent , dans ce grand événement, qu'une augmentation de sujets pour l'empereur, une exemption de travaux militaires pour les citoyens, une occasion favorable de s'enrichir pour les hommes puissans. La cour d'Orient fit ce que fera -toujours la faiblesse dans les circonstances graves et difficiles; elle n'eut pas le courage de refuser ; elle traita sans bonne foi, et prit ainsi, de tous les partis, le plus dangereux.

On accorda auxVisigoths le passage du fleuve et les terres qu'ils demandaient en Thrace ; mais, avant de leur laisser traverser le Danube, on exigea qu'ils déposassent leurs armes, et qu'ils livrassent leurs enfans, qui devaient être dispersés dans les villes d'Asie pour servir d'otages. Cette défiance impolitique traitait en ennemis les mêmes hommes qu'on recevait comme sujets; et l'empereur^ par ce moyen, inspirait la haine à ses nouveaux peuples, et s'enlevait tout droit à leur reconnaissance.

Tandis qu'on négociait encore, quelques Goths impatiens passèrent, tout arihés, le fleuve; le»

3l6 YALEKSy GBATlfiK

oificiers ronaaiua repoussèrent avec perte le^ agresseurs 9 et le timide Valens , au Heu de ré-r compenser leur zèle, les destitua^ Enfin le tfaitt; fut coRclii; un million de Barbares entra dans Tempire; mais ik prodiguèrent leur br^ leur^ bijouic, et même leurs filles., pour corrompre Les inspecteurs rom^in,s, qui Içur laissèrent leura iMrmes.

Bientôt iw camp menaçant couvrit les, plaines^ cU la fertile M^sie, et répandit la terreur dana la cour de Valens^ iics Ostrogaths,^ commandés^ par Saphrax et par Âlathée y, fuyaiei^t alojrs \t^^ ijerribles Hunâ, dérobant leur jeune roi à la fur reur de ces Barbares; ila demandèrent asile aui^ B^mainSy comme le^ Vi^igoth^ ^ et subircpt Taf-^ front d'un refus.

Leur Yalens avait promis d'apurer pendant les premiers temps lasubsi&taxice du million de AOUn veaux sujets que venait de lijii donner ^a con-*, descendance • Cette pro^^ci^ift^ fut vi^ée ou élu-r dée« Maxime ^ I^upicin, gouveraeurs de la Thraeiç et de la MœsiCf ae livrant à des s|>^cu-< lations bontenses^ taxèrent arbitrairement les^ GothSy et leur vendirent à haut pri^ ^e^ farines corrompues. La patience des Sarbare^ se lassa; ils 8(e révoltèrent; Ma?(inie et ^Ij^pi^in, aus^ lâches que perfides^ prirent la f^ite à leur appro^ che. Les Oslrogoths, profitant de ces troubles , passèrcjnt sans permission le Danube ^ et entré-»

Et VALEl^TINTEW it. Sty

(•ént dan« l'empire. Tous ces peuples rëums élu*rent pour chef Frttigerîie.

Lupicin , n'osant lés cdmprmi«r pat la force , Voulût les vaincre parla trahison : il invita leur général à une fêle dans son palais , situé hors de la ville de Martia - Napolis , capitale de la Ba^se-Moèsie; Tescorte des Goths, campée aux portes du palais pendant la fêté , é^t tre ponvanï entrer dans la ville, fu4; à dessein privée èe vitrés, exhala d'aboï'd sacdère en plaintes, et se porta bientôt à quelques violences. Lnpicrn, qtti l'avait prévu, ordonna dé les inassacrér, espë^ Tant pouvoir ^é défaire des jgénëraux quanid îeu r garde serait détruite . Mais, au premier bruit ià^e ce tumulte, le brave Tritigeme se lève et s'écrie : « Une querellé éclate entre lès deux ^1 petipîei»^^ ttia pt*é8enc^e snfiita pour Tapaiser; » j'y cotii*s. j) A 'ces mots^ il tire son épée'; ses intrépides cfompag^nons l'im^ent, le suivent, percent la fouïe intiihidée , disparaissent et rejoignent leur camp. Aussitôt la guerre est réso*lue; Tétehdkrd national est déployé ; les Goths Inarchént colntre Lupicin , enïbncent ses légions^ et les torcfetit a prendre la fuite.

' ï>e ce moment les Goths ne se regardèren t plus ouerw cdmmé suléts de l'empîré, comme des fugitifs mains **!«

1, 1 . A j V Barbare*.

dépendans, mais comme maîtres des provmces t)orhées pat* lé'Datiubef i^8 livrèrent la Thrace à tl'affrettx ravages. Que^ties autres tribcrs de leur

3l8 VALENS, GRATIEN

nation^ plus anciennement soumises ^ étaient alors au service de Valens , et campaient sous Ândrinople. Comme on craignait qu'ils ne se joignissent à leurs compatriotes j on leur ordonna de traverser l'Hellespont pour se rendre en Asie. Vainement ils demandent un délai de deux jours, on leur répond par des menaces : la populace les insulte; ils prennent les armes, s'ouvrent un passage, s'éloignent, et, conduits par CoUias et Suéride, vont se ranger sous les drapeaux de Fritigerne, qui revint avec eux attaquer Ândrinople. Les habitans se défendirent avec vigueur; les Barbares, redoutables en plaine, manquaient de patience pour bloquer les villes, et de machines pour les forcer. Fritigerne se vit contraint de lever le siège.

Valens pouvait encore évijer la guerre , et apaiser les Visigoths par le châtiment de Lupicin; mais ce prince, jusqu'alors si craintif , se montrant mal à propos téméraire, préféra la force aux négociations, dégarnit les frontières de l'Arménie , qu'il livra aux Perses , rassembla prés d'Antioche toutes les légions d'Asie qu'il voulait conduire à Constantinople , et chargea, en les attendant, les généraux Trajan et Profuturus d'attaquer les Visigoths avec les troupes de Thrace.

Fritigerne, instruit (Jp leur approche, rappelle tpus ses détacheiçens , et réunit dans un

ET VA-LENTINIEN H. 3l 9

camp toutes lei^ troupes de ses alliés, près des embouchures du Danube.

Ces difFérens peuples barbares s'unjssent par de redoutables sermens , et s'animent au combat par des chants <)ui rappellent l^s exploits de leurs aïeux. Les Romains paraissent, en poussant leur cri de guerre accoutumé : d'un côté une vieille haine, des injures récentes^ l'espoir de se venger , de l'autre la nécesisité de vaincre pour' sauver l'empire , rendirent cette bataille de Salice longue et acharnée. Les succès furent balancés; les Goths rompirent d'abord l'aile gauche des Romains ; mais , après un combat opiniâtre, les Barbares furent repoussés jusque dans leur camp, où ils restèrent sept jours renfermés.

Trajan, profitant de ce succès, avait ordonné à Saturnien, maître de la cavalerie, d'occuper tous les passages des montagnes ; il voulait envelopper l'ennemi par des retranchemens et le détruire par la famine; mais de nouveaux es--* saims de Barbares, franchissant le Danube , divisèrent les forces romaines, et délivrèrent feis Visigoths, qui étendirent leurs ravages des bords de ce fleuve jusqu'au rivage de l'Hellespont. Fritigei*ne, joignant l'adresse à la force, trouva le moyen de se concilier l'amitié et l'alliance de quelques hordes de Huns , d'Alàins et de Sarmates : sa puissance s'accroissait chaque jour;

5aO T^ALBNSy GRiXIE»

il semblait qtie lou« les peuples barbares '€«« bliaient alors leurs res^Bnlifioens et leurs que«* relies poinr réumr leurs armes contre les vieux 4yrans du monde.

^GeViLTinr Dans ce pressant danger, Valens a^ait im-

cruie. ^oré les secours de soii neveu , l'empei^^iir d'Oc* cident. Gralîen, prompt à soutenir la cause commune y rassemblait ses légions poiir mar** d»er en Orient ; un <des offîders de sa garde , wé en Allemagne, le trahit. Les Germaiftôi, instruits par cet ofii(»er du d^arl prochain de Taitnée romaiiMy firent, au nombre de quarante mille, une Mvasion dans la Gaule , et forcèrenl; ainsi l'empereur de suspendre sa .marche ^ etdeiioui»ner ses armes cootr'eux*

Éiatdc Jusqu'à cette ëpoque, Gratîen régnait 4i^i9ec sous Gra- j|{loire : ^l'Occident tétait heureux sous ses Jois ;

tien. ... .

«a ^onté faisait aimer sa puissafice^ la crainte qiae répandait la dévërité de Yalentinien avait ^^paru du ^ais à Ja voix du jeune empereur* La dék^ion «'^tait oachée., la cei^cmce «vait «eparu :.les proscrite étaient Dentnés dans Jbuis biens; le peuple, écrasé rd'impots^ se voyâiit Affranchi des tributs arjîéfiés; :les ^pen* tesfde^ pri* êom élateat auMeUtes,

Gi?artrîen,'ék>vé>pa{r A^usoifô^ jp^otégeait >etonltîvait lies lettres., aillait à la tribune par son ëloquenoe, méritait reslime:âesphilosQphBS|iar son chaste amour poor sa iemmè Constancie^

KT YALESTliflEN jt. 52!

fille de Constance ^ par «la sobriëié , par sa frugalité y par sa clémence. Les chrétiens vantaient sa piété ^ et les idolâtres eux-yêmes ne pouvaient haïr un prince religieux sans fanatisme. Le peuple admirait la décence de son maintien y la modestie de ses vêtemens y sa prudence dans ses décrets, sa promptitude dans ses entreprises.

Père et compagnon de ses soldats , personne ne le surpassait à la course , à ta lutte et dans les exercices militaires. Il soignait les blessés , leur prétait ses propres chevaux; on le voyait toujours accessible aux plaintes, toujours prêt à entendre la yérité* *

Mais un grand défaut ternit tant de bélle8^qu&* lités, abrégea son règne et causa sa perler Sa justice était sans fermeté , sa politique sans pré-^ voyance, sa bonté sans force, et des deux de-* voirs d'un souverain, celui de punir et celui de récompenser > il n'aima et ne sut remplir que le dernier^

On blâme ausfsî son excessfif amour pour la chasse : aucun plaisir ne doit occuper une trop grande place dans les jours d^un homme ehaï^gé des affaires d'un peuple «

Le caractère d'un monarque se fait connaître par le choix de ses amis; le vertueux saint Ambroise devint celui de Gratien. Le commencement du règne de ce prince fut souillé par une grande injustice. Maximin, ministre redou-

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