‹ Histoire du Bas Empire (volume 2)Chapitre 20 sur 29 · VALENS, GRATIEN · texte numérisé non relu

VALENS, GRATIEN

Barbares excitaient dans l'armée , aigrit liàbile-» ment le ressentiment des légions , promit de redresser leurs griefs ,*se fit proclamer Auguste , et conduisit rapidement ses troupes dans la Gaule ^ dont il se concilia tous les suflFrages, en faisant croire aux Gaulois qu'il agissait de con-^ cert avec Théodose.

Dés que Gratien apprit cette nouvelle, il réuni t promptement son armée et marcha contre celle de Maxime, qu'il rencontra près de Paris. Mellobaude , consul, et le comte Vallion, commandaient sous ses ordres.

L'empereur , dans ses premières campagnes , avait du ses victoires à la rapidité de ses opérations; il commit alors la faute de rester campé cinq jours en présence de l'ennemi sans le combattre. Son trésor était épuisé par ses libéralités; Maxime avait rempli le sien par son avarice. Prodiguant alors ses richesses amassées , il corrompit led troupes de l'empereur ; la cavalerie africaine donna l'exemple de la défection ; les autres corps le suivirent'et se rangèrent sous les drapeaux du rebelle.

Mort Gratien , obligé de fuir , ne se vit bientôt «le Gratien. ^ccompagné quc de trois cents cavaliers , qui , peu de jours après, l'abandonnèrent.

Dès qu'on le sut trahi par la fortune , toutes les villes lui fermèrent leurs portes. La crainte regarde le malheur comme contagieux. Ne trou-

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vant nulle part de secours ni d'abri ^ il périt bientôt victime de la cruauté de son ennemi et de la lâche ingratitude d'un peuple qu'il avait y pendant quelques années , couvert de gloire et comblé de bienfaits.

On raconte diversement sa mort; le récit qui parait le plus vraisemblable est celui de saint Ambroise , digne de foi par Taustérité de son caractère et par son amitié pour l'empereur. Il dit que ce prince y errant dans les environs de Lyon , fut reconnu par un homme dont il avait autrefois fait la fortune , et qui lui offrit un asile dans ga maison et un festin au milieu de sa famille. Gratien ^ après quelques momens d'hésitation , rassuré par un serment que le per-p fide prête «ur l'Évangile, se laisse conduire dans la ville, entre chez son hôte, y est reçu avec honneur , se voit forcé de reprendre les habits impériaux, et, victime ainsi parée, tombe percé de coups, en invoquant, dans ses derniers momens, le nom et les secours d' Ambroise ''.

Saint Jérôme dit que de son temps on voyait encore avec horreur, dans la ville de Lyon , sur les murailles de cette maison funesjte, les traces du sang de ce prince infortuné. Son règne avait duré huit ans et sa vie vingt^cinq. Après la mort de Constancie, il s'était remarié àLseta, dontTbéo* ddse protégea l'infortune et adoucit les douleurs»

* An 383.

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