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CHAPITRE X

VÀLENTINIEN IIIbtPLACIDIE ra Hkais, bn Occident; THÉODOSE II ET PULGHËRIE sk scbitr^MARCIEIS, EN Orient. AÉTIUS , GENSÉRIC , ATXÏLA, THÉO-

DORIC y GÉNÉRAUX BARBARES.

(An4îi5.)

Usarpation et mort de Jean, secrétaire d'Honorine. — Valcntinien III est reconnu empereur. — Conduite de Thëodose II à regard de Vâlentioien.— Mariage deValentinien et d^Eudoxie, fille de Tb^odose. — Artifice d*Aëtiu3 contre Boniface. — Portrait et exploits de Gensëric. — Défaites et mort de Boniface.

— Disgrâce et fuite d'Aëtius. — Histoire des sept dormans. — Apparition d'Attila.*— Son invasion en Perse. — Échecs de Thëodose. — Paix eqtre Thëodose et Attila. — Ambassade de Thëodose à Attila. — Tentative de conspiration contre Attila.

— Mort de Tbéodose. — Avènement de Pulcbërie au trône.

— Mariage . de Pulcbërie «t de Marcien. — Aëtius reparaît à la tête des Huns. — Guerre et ensuite paix entre Aétius e^ Thëodoric, fils d'Alaric. — Cruauté de Genséric. — Invasion d'Attila dans la Gaule. — Bataille de Cbâions. — Mort de Tbéodoric. — Défaite d'Attila. — Siège et prise d'Aquilée par Attila. — Habile tactique d'Aétius. — Lâcbeté de Valentinien.

— Son ambassade à Attila. — Paix entre Attila et Valei^itinien.

— Mort d'Attila. — Ses funérailles. — Démembrement de son empire. — Perfidie de Valentinien. — Mort d'Aétius. — :Hoateux excès et mort de Valentinien.

Dès qu'on sut à Constantinople la mort d'Ho- Usurpation

et mort de

norius. l'empereur d'Orient, ou plutôt Pulché- Jean,secrëne , envoya en D almatie des troupes chargées ^onm.

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de conduire en Italie Placidie et son fils Valentinien. Âspar, qui s'était distingué dans la guerre de Perse , les escortait et commandait l'armée de terre. Son père, Ârdaburius, dirigeait la flotte. Ils apprirent dans leur route que Jean , l'un des favoris et des secrétaires d'Honorius, s'était emparé du trône d'Occident; les vaisseaux grecs furent dispersés par une tempête. Le grand-amiral Ârdahuriu$ tomba dans les fers de l'usurpateur; mais, loin de se laisser abattre par ce revers, du fond de sa prison il souleva en sa faveur le^s troupes italiennes qui eompo-^ saient la garnison d'Âquilée. Jean , abandonné et livré par elles, fut exposé sur un âne aux buées de la populace, et décapité sur la place pubUniïn^înês ^"^' Valehtinien III fut reconnu, sans opposireconnu iJon , empcrcur d'Occident, l'an 425,

empereur. 'M, ' . » . .

Gooduitede TbéodosG, informédes.succèsde.9esgéAéi'aux, à l'égard de Ics Célébra par un triomphe bien différent des nien. aucienues soleunités. Marchant à pied ^ à la tête du peuple , depuis l'hippodrome jusqu'à la cathédrale, il chanta des psaumes, et se montra ainsi plus digne de la chaire que du trône. Il aurait pu disputer l'empire d'Occident à l'e^^ faut de Placidie; mais il préféra la paix , dans un État borné, aux risques d'une guerre civile; et, soit par une mit» de son indolence naturelle^ soit par soumission au^ pacifiques conseils de. Pulehérie , le patricien Hélion se rendit en soû

nom à Rome, salua, en présence du sénat romain, Yàlentinien III Auguste, et le revêtit dé la pourpre.

Par un traité conclu, on arrêta le tnarîâge du ^un»^e de jeune empereur avec Eudoxie , fille de Théodose et d"Eu-° et d'Athénaïs. L'Illyrie fut cédée à Fetùpereur dc^irUo-* d'Orient : par ce même acte, l'unité du monde romain cessa totalement d'exister. Un édit solennel déclara que les lois d'un empire li's^uraient plus de force dans l'autre.

L'Orient et l'Occident se trouvèrent ainsi gouvernés par deux femmes; mais^PIâcidre, plus ftfnbiiiéas^ que Pulchérie, livra son fils aux vohipiés pour l'éfoignef des affaires , et conserva le' poutoir éilprème pendant trente-cinq ans. Deu3^ Anificc généraux habite» commandaient ses arméesf, contres^- Aétius et Bonifaee. Le demie!» soumit l'Afrique , et défendit Marseille ; Aétius se rendit c^lèbf e par la défaite d'Attila. Leurs grandes actions jetèrent encore quelques rayons de gloif e âur l'es Romains. Si leur union avait duré, elle aurait probablement sauvé l'empire ; leur discoi'de en prépara la chute.

Aétius , jaloux de son collègue , le rendit suspect à Placidie, et détermina cette princesse à le rappeler d'Afrique. En même temps, par un' condamnable artifice, il le fit avertir secrètement que le supplice l'attendait, s'il obéissa:it, et il persuada à l'impératrice que fe désobéis-

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sance de ce général prouvait sa révolte. Boni^ face, se croyant perdu, flétrit sa gloire , trahit sa patrie, appela les Vandales à son secours, et conclut une alliance avec leur roi Gondéric. Ce roi mourut et fut remplacé par le terrible Genséric son frère.

Portraiiet Cc Drincc, quclc ravage du monde rendit

exploits de ■*• ai» a*i <• •

Genséric. célèbrc , comme Alaric et Attila , renfermait , dans un corps petit et contrefait , une vaste ambition qu'aucun scrupule n'arrêtait, qu'aucune proie ne rassasiait. Dissimulé, sanguinaire^ intrépide, ennemi du luxe, la vengeance était le premier de ses plaisirs : fécond en ruses , audacieux dans ses plans , prompt à les exécuter, il savait également répandre la terreur par ses armes et la discorde par ses intrigues.

Avant d'entreprendre la conquête qu'il méditai t., .il battit les Suèves eu Espagne, les poursuivi tjusqu'à Merida, et fit périr dans un fleuve leur armée et leur chef.

Après <teUe victoire il s'embarqua et descendit en Afrique. L'armée vandale, grossie par • des Alains , par des Goths , par des transfuges romains , ne s'élevait cependant qu'à cinquante . mille hommes; mais Genséric augmenta ses foi^ ces, en s'alliant avec les Maures, et en protégeant les donatistes persécutés. Saint Augustin dut regretter alors de ne pas s'être montré pour eux moins intolérant.

Boniface n'avait demandé que des secours ; Gensérîc parlait en maître. Le général romain se repentit de sa révolte et se réconcilia avec Placidie, qui venait de découvrir la perfidie d'Aétius. Le général , revêtu die nouveau du commandement des troupes romaines, marche sur Carthage, s'en empare et propose la paix à Genséric , qui refuse de traiter. Bientôt les deux Détàue» et armées se livrèrent une sanglante bataille ; Bo- niface. niface fut vaincu et perdit ses plus braves soldats. Toute l'Afrique devint la proie de l'avidité des Vandales et de la férocité des Maures : cette vaste et fertile contrée , qu'on regardait alors comme le grenier du monde, vit ses champs ravagés, ses arts et ses monumens détruits, ses villes incendiées, ses citoyens livrés à l'esclavage et aux tortures. Carthage et Hyppone restaient seules debout au milieu de ce beau pays changé en désert.

Boniface, assiégé dans Hyppone, est encouragé dans sa résistance par les conseils fermes et les consolations pieuses de saint Augustin. Ce saint prélat meurt en pleurant les malheurs de sa patrie. Le siège dure quatorze mois; enfin les Vandales , vaincus par l'opiniâtreté des assiégés, s*éloignent.

Aspar amène de Constantinople des vaisseaux et des troupes; Boniface, de nouveau à la tête d'une grande armée, tenté encore le sort des

Disgr&ce et Tuile d^Aétius.

454 VALEMTINIEN IIl,

armes; maU la formne trahit «op courage; il est battu; Hyppone est prise, et VAfrique egt perdue sans retour.

Cç géoéral, yaiuGu, revint à Raveone. Plaçidie ne voulut punir ni sa faute ni ses malheurs , ne se souvint que de ses services, et lui rendit sa confiance, Aétiqs, jaloux de son cWdit, et résQÏu de le repverser, quitta la G^aule et des* cendit en ItjaUe à la tête d'un^ armée de Barbares : Bonifaçe courut; à s^ rencontre, l'atta* qua^ le défit, mais revint mortellement blessé 4e la main du rival qu'il av?iit vaincu.

Placidie, pour venger sa roort, déclara Aétiu» ennemi de l'État. Après avoir tepté vaineaient de se défendre dans quelques forteresses de ses domaines, il se sauva chez les Huns. Ce fut ainsi que Rome perdît deux généraux habiles, ses derniers soutiens,

Carthage, abandonnée, ne succomba cependant qu'^après huit ans de résistance. Enfin Gienséric conclut la paix , en laissant à Valentimen rillusoire souveraineté des trois Mauritanies.

Le roi vandale était le fruit d'une union illégitime. Redoutai^t les prétentions des fils de Gondéric son frère, il les fit noyer avec leur mère*.Ce fut après ce meurtre qu'il s'empai^a de Cartlwge, l'an 459 , ciuq cent quatree^YÎngt-cinq ans après 1^ victoire de ^eipion^ On ncmiuiait

cette cité la Rome d^jfricfvue. Elle 'se montrait régale de celle de l'Italie^ en grandeur^ en magnificence, en richesse, en commerce. On y jouissait de toutes les douceurs d'une longue ci'^ yilisation. Un bois épais, situé au centre de la tille , offrait à ses habitans un frais ombrage , pour lesgarantir de l'ardeur d'un climat brûlant. • Les Vandales livrèrent cette riche cité au pillage, et contraignirent tous les citoyens qu'ils épargnèrent, à leur céder leurs terres, à leur Hvrer leurs trésors. L'Italie et l'Orient se trouvèrent peuplés de sénateiirs fugitifs , de patriciens naguère opulens comme des souverains , et qui se voyaient réduits à demander raumône.

Ce fut dans ce temps de destruction , de cala- Histoire mités, que quelques écrivains ecclésiastiques, dormons. qui substituaient des fables nouvelles aux an-^ eiennes , racontèrent ainsi l'histoire merveilleuse des sept dormans.

ic Sous l'empire deDécius, disaient -ils^ sept » jeunes nobles d'Éphèse , chrétiens et persécuf » tés, se cachèrent dans une caverne pour évi«* » ter la mort : le tyran la fit murer- Dieu^.pro- » tégeant ces jeunes martyrs ^ les plongea dans D un profond sommeil qui dura cent quatrew vingt'^ept ans , et qui finit lorsque Pulchérie * » et Théodose II occupaient le trône d'Orient. » A cette époque, Adolius, propriétaire de la » montagne où se trouvait cette caverne, en fait

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» extraire des pierres pour construire un bâti- ») ment« Le jour pénètre dans le souterrain. Les » sept dormeurs s'éveillent, croyant ne s'être » reposés que quelques heures. Jamblius, l'un h d'eux , se charge d'aller à la ville pour y cher- » cher du pain. Il ne reconnaît plus ni l'aspect » de la contrée ni les traits de ses habitans ; il » approche d'Éphèse et voit, avec autant de » joie que de surprise, la croix briller sur le » faite des temples. Entrant che^ un boulanger^ » il étale pour le payer plusieurs pièces de mon-» » naie frappées au coin de Décius. Le boulant i) ger s'en étonne , les voisins accourent, la muU » titude s'attroupe : on le traîne devant le juge, » croyant qu'il a découvert un trésor. Son ré- » cit paraît une imposture; cependant on envoie » chercher ses compagnons. La candeur de leurs » réponses, les détails de l'histoire qu'ils raconm » tent et l'accord qui règne dans leurs discours, » persuadent les plus incrédules ; enfin le peuple, » les magistrats, l'évêque et Tempercur Théo^ » dose lui-même, convaincus que ces hommes » saints sommeillaient en effet depuis près de » deux siècles, s'humilient devant la puissance » de Dieu, et se prosternent aux pieds des sept » martyrs, qui expirent tous ensemble, après » avoir donné leur bénédiction aux spectateurs » de cet inconcevable prodige. »

Jean de Sarugues écrivit, deux ans après la

mort de Théodose , l'histoire des sept dormans. Grégoire de Tours la traduisit. On trouve leurs noms dans les calendriers romains^ grecs et abyssiniens; et» comme les contes trompent et plaisent dans tous les lieux, dans tous les temps, et semé* lent à tous les cultes , Mahomet , trouvant cette fable ingénieuse , l'adopta dans son Koran.

Ce qui malheureusement, loin d*étre fabu- Appariiion leux, ne fut que trop réel , c est la puissance colossale du barbare Attila, qui ravagea le monde, et se glorifia d'être appelé le fléau de Dieu. Cet orage effroyable, qui, sans le courage des Francs, la valeur de Mérovée et l'habileté d'Aétius, aurait soumis le globe à un joug plus absurde et plus humiliant que celui qui pèse de nos jours sur les peuples africains^ dura près d'un siècle^ depuis 376 jusqu'à 465. Aucune irruption de Barbares né laissa sur son passage plus de ruines. Les Huns faisaient consister leur gloire à détruire ^ et , changeant en de vastes solitudes les contrées conquises par eux , ils voulaient signaler leur nom et affermir leur puissance* Les gémissemens de ceux qu'ils opprimaient étaient à leurs yeux d'insolens murmures, dont leur orgueil féroce s'offensait : le bruit des chaînes de leurs captifs et le silence des tombeaux pouvaient seuls satisfaire leur soif de dominer.

Lorsque, se précipitant des extrémités de l'Ou rient vers l'Oecident^ ils eurent chassé devant

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