VALENTEflEN III
eux les Goths et lesTandales, la division s'établit parmi eux^ et Ton put espérer un moment que leurs discordes en déliTrèraient la terre. Leurs difFérens chiefstains se livrèrent des com-« bats sanglans.Quelques-uns s'allièrent auxGoths^ d'autres prêtèrent leurs armes aux Romains ; le grand Théodose lui-mènie avait qompté parmi ses généraux un roi des Huns.
Plus tard /les Bavarois et trois autres nations allemandes^ dont leurs dissensions ranimaient le courage^ secouèrent lé joug de ces sauvages conquérans. L'empereur Théodose II fomentait secrètement cette révolte. Rugilas, qui gouvernait alors la plus nombreuse tribu des Huns^ et dont les autres reconnaissaient^ quoiqu'à regret , la prééminence, menaça l'empire d'Orient d'nne invasion. Théo(k>se effrayé envoya des ambassadeurs pour apaiser ce farouche guerrier. Ils trouvèrent Rugilas mort. Attila et Bléda, ses neveux^ lui avaient succédé. Ils r^eçurent les ambassadeurs dans la plaine de, Marges, en Mœsie; et, suivant l'ancienne coutume de ces Barbares , ils restèrent à cheval pendant la conférence ouverte pour la paix.
L'empereur se vit obligé de souscrire aux conditions humiliantes qu'on lui dictait. Il augmenta le tributqu'il devait payer aux Huns, leuifâccorda un port franc sur le Danube, et renoticft sblennellement à toute alliance avec leurs ennemis.
Ce fur à celte époque que les Grecs et les Ro»mains virent pour la première fois le redoutable Attila. Ge prince^ fils de Mondoi^e, offrit & leurs regards l'horrible figure d'un Kalmouck, une tète large , un teint basané , un nez aplati ^ une taille courte et carrée , et un regard à la fois faux et féroce. II s'était déjà fait remarquer par sa cruauté et par sa passion pour la guerre, dans la* qiielle il déployait plutôt les talens d'un général que la valeur d'un soldat. On ne lui reconnaissait qu'une vertu ^ la fidélité à remplir ses engagemens ; il était esclave de sa parole.
Né pour dominer, il s'était habilement servi de l'ignorance superstitieuse de ses sujets, qui le croyaient plus qu'un homine* Un pâtre, s'étant aperçu qu'une de ses génisses s'était blessée au pied, et chêrchaut la causé de cet accident, découvrit une pointe d'épée qui sortait de la terre. Il creusé lé sol, et e» tire un glaive qtfil porte au roi. Attila sut persuader à ses peuples qu'on avait retrouvé l'épée de Mars, et que cette arme divine lui donnait des droits incontestables à Tempire de l'univers. L'épée de Mars dévint l'idole des Huns. Us l'entourèrent d'offrandes , et lui dévouèrent, comme victimes, la centième partie des captifs qui tombaient dans leurs mains.
Ton? QQs guerriers du Nord , qui avaient épouvanté l'Elurope et l'Asie , tremblaient devant Attila; et, convaincus dé sa divinité, ils disaient
460 YALE^TINIBII III,
H que leurs yeux ne pouvatieut soutenir le feu » de ses regards. »
Attila, qui n'eut dé commun avec Romulus qu'un crime ^ commença son règne comme le fondateur de Rome, par l'assassinat de BYédason frère. À]Srës avoir dompté toutes les tribus de sa nation, toutes les hordes de la Scythié, il subjugua .en peu d'années tous les peuples ger^ mains, se rendit maître des contrées belliquea* ses de la Scandinavie, et répandit la terreur dans l'âme des Gaulois et des Bourguignons. On le reconnut enfin comme le monarque de tous les: Barbares. Les limites de scm vaste empire étaient le Volga, le Danube, la mer du Nord, le Rhin et les Âlpes« Il était également redouté comme guerrier et comme magicien.
Ardaric , roi des Gépides , Yalamir, roi des Ostrogoths^ abaissant leur couronne à ses pieds, s'honoraient d'occuper dans son-conseil lès places de ministres. On voyait, rangés en haie, dans son palais rustique , comme gardes de sa personne, et même comme domestiques , une foule de prin« ces et de chefs de tribus, qui avaient rassemblé leurs peuples sous ses drapeaux; et, si l'on en croit les historiens du temps, son armée s'élevait à près de huit cent mille hommes.
Son Une de ses divisions fit une invasion en Perse ;
invasion , i i o •
en Perse, ellc étcudit SCS ravagcs jusque dans la Syne. Lorsque l'empereur d'Orient voulut reconquérir
THÉODOSE lly ETC. 4^1
l'Afrique, que Rome avait perdue, Attila, cédant aux vœuxdeGenséric, menaça de la guerre Théodose II, et, par cette diversion, sauvâtes Vandales.
On ne pouvait conserver long -temps la paix avec un peuple qui n'était qu'une armée. Les Huns prétendirent que le traité de Margus était rompu, et qu'on leur avait volé ,> dans le port franc du Danube , un trésor appartenant à un de leurs chefs : ils exigèrent qu'on leur rendit cet argent, et qu'on leur livrât l'évéque de Mar^ gus. La cour de Byzance refusant de redresser ces griefs, la guerre fut déclarée. Les Mœsiens, craignant la fureur des Barbares , pressaient vivement l'empereur de céder à l'orage; et, pour se mettre eux'-mémes à l'abri des ravages qu'ils redoutaient, ils formèrent le dessein de livrer l'évéque de Margus aux Barbares.
Celui - ci en fut informé , sacrifia ses devoirs et son pays à sa sûreté, traita secrètement avec Attila, lui livra sa ville , et ouvrit ainsi les barrières de l'empire.
Aussitôt les Huns, comme un torrent furieux, se répandent dans la Mœsie, la dévastent, détruisent toutes ses forteresses, livrent aux flammes Syrmich , Neiss , Sardica , M artiandpolis , et changent en déserts toutes les contrées situées depuis le Pont-Euxin jusqu'à l'Adriatique. . Ces calamités ne purent décider le faible Théo- Thëodose.
dode à sortir de son palais , à quitter ses chapelets^ à suspendre ses processions. Incapable de combattre y il chargea des généraux sans talens de rassembler ses armées. Ceux-ci perdirent une bataille près du Danube^ une seconde au pied du mont Hémus} et virent détruire, dans une troisième défaite, les restes de leurs forces, qui devaient défendre la Ghersibnèse de Thrace,
Attila ravagea la Macédoine , brûla soixantedix villes, et s'avança jusqu'aux faubourgs de Constantîni^le. Les murailles de cette ville et edies d' Andrinople l'arrêtèrent; il ne savait que combattjte en plaine, et ignorait l'art des sièges. . Tant de revers jetaient l'Europe et l'Asie dans la consternation. Ce n'étaient point les maux ordinaires que la guerre entraine à âa suite, qui glaçaient alors les esprits de terreur; on était menacé d'une destruction totale. Totit homme en âge de servir tombait sous le fer des Barbares; les vieillards et les femmes se voyaient tous réduits en esclavage ; leur faiblesse même ne les garantissait pas toujours dé la mort ; et lorsque le nombre trop grand de ces captifs embarrassait le vainqueur, ils étaient immolés saaâ pitié.
Cette foule de Romains, dispersés chez les Barbares, ne put les adoucir ni les civiliser. Ces guerriers farouches méprisaient les sciences, et surtout celk des lots. Les artisans leur appri-
rent quelques métiers; les médecins s'attirèrent leur respect ; les prêtres en convertirent plu* sieurs: mais, comme la plupart des pontifes grecs étaient attachés à l'arlanisme, ce fut cette hérésie qui se répandit parmi les conquérans du Nord.
Théodose II, que, suivant la coutume, on Paix entre nommait toujours Auguste, et qui prenait le ti« et Aitiu. tre à^ invincible , li'avak plus d'armée à opposer à ses enuemis. Trop lâche pour tenter de réveiller le courage de ses sujets , il ne sortait de son palais que pour aller à l'église. Incapable de combattre Attila, il implora sa clémence, et signa une paix honteuse. Far ce traité la cour deBysance céda aux Huns un vaste territoire situé au midi du Danube , depuis Belgrade jusqu'à Nova , en Thrace , et s'assujettit à payer un tri-» but annuel de deux mille livres d'or , ainsi que six mille livres pour solder les frais de la guerre. L'épuisement des peuples et les infidé* lités des receveurs de rin]q)ot rendirent le paiement de cette contribution lent et difficile.
Au milieu de ce découragement des armées , de ces terreurs de la cour, de cet opprobre de l'eminre, une petite xiUe de Thrace, Asymus, se montra romaine. Ses habitans, ne voulant pa» reconnaître une paix humiliante , sor ten t de leurs murs , attaquent les Huns , se grossissent d'un grand nombre de déserteurs et de captifs , en for^ ment une armée , livrent bataille aux Barbares^
464 VALEHTIKIEN in^
les défont et les contraignent de Borlir de leur territoire.
Sur les plaintes d'Attila^ Théodose voulut obliger les Asymontains à exécuter le traité. Eu hommes généreux ^ résistant à la cour comme à l'ennemi , ils répondirent que jamais ils ne pourraient regarder le déshonneur comme u^e loi. Attila et Théodose cédèrent à leur fermeté. AmUssade Uu dcs artlclcs de la paix obligeait Tempek Attila, reur a livrer au roi des Huns tous les Allemands^ tous les Goths^ tous les Scythes qui avaient déserté ses drapeaux pour entrer dans les troupes iiiq)é^ riales. Les Romains ne pouvaient se décider à sacrifier, à dévouer à un supplice certain tant d'officiers dont le courage avait brillé dans leurs légions. L'impitoyable Attila pressait l'exécution d'une disposition si dure. Théodose lui envoya une ambassade , dans l'espoir de le fléchir. Il cherchait à gagner Constance , secrétaire d'Attila, qui, pour prix de sa condescendance, exigea qu'on lui donnât en mariage une dame romaiixe , distinguée par sa naissance et par sa beauté; la veuve du général Armatius fut la victime qui se dévoua, dans cette circonstance, au salut d'un si grand nombre de guerriers.
L'historien Priscus etMaximin , ambassadeurs de Théodose, se rendirent près d'Attila. La relation de ce voyage, par Priscus, fait connaître, avec détail, les mœurs de ces farouches conque-
rans. Le tempsn^étai t plus où les envoyés romains dictaient des lois aux monarques, et traçaient autour d'eux, avec leur baguette, un cercle dont ilsne pouvaient sortir avant d'avoir juré d'obéir aux maîtres du monde. Les envoyés de Tempe-reur, reçus avec une fierté dédaigneuse , éprou-< vérent des humiliations qui vengeaientenfin taat de rois, si long-temps abaissés par l'orgueil romaia. On les fit attendre plusieurs jours ., avant de leur permettre d'approcher de la résidence de leur vainqueur. Quel spectacle pour des hommes récemment sortis de Constant inople, de cette cité où presque toutes les maisons étaient des palais, où brillaient tout le luxe de l'Orient et tous les arts de la Grèce !
Les ambassadeurs d'un César, d'un Auguste , arrivent supplians dans le village royal d'AttiU, dont le palais n'était qu'un bâtiment rustique, en bois, entouré de palissades et de quelques tourelles. Ils traversent une foule de gardas, couverts de vétemens magnifiques enlevés aux Grecs et aux Romains , et sont contraints de se courber devant un homme vêtu comme un simple Tartare, sans ornemens, et dont le trône n'était qu'une chaise grossière.
Les envoyés exposèrent avec dignité l'objet de leur miasion , employant ces phrasés orgueilleuses et ce langage pompeux, consacré par d'antiques coutumes ^ mais qui convenait alors
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si peu à un peuple abattu et dégénéré. Attila ne répondit à leurs discours que par des menaces, w Croyez-iN)U8, leur dit*il^ qu'une seule ville » de. votre empire puisse prétendre à subsister^ » lorsqu'il me plaira de la détruire? »^ Cependant, après ce premier mouvement de colère , il s'adoucit pour eux , leur donna quelque espérance, et les vivita à un grand banquet.
Il avait aussi près de lui des envoyés de^ Valentinien. Les ambassadeurs des deux empires furent placés, à ce festin, au-dessous de quelques petits princes barbares. Pendant ce long repas, suivant la coutume du Nord , on força les convives à boire avec excès; et, pour varier leurs plaisirs, on fit jouer devani'eux quelques scènes comiques par des bouffons; on fit combattre, en leur présence, des captifs maures, et des guerriers scy thescélébraient parleurs chants les victoires d'Attila. Les femmes de ces Bar* bares , plus libres que celles de TOrient , étaient admises aux festins, et les épouses d'Attila conversaient familièrement avec les étrangers. Tentative Lc rol dcs HuTi^vait envoyé prés de ThéotL^c^l^ dose un ambassadeur nommé Edécon. Pulchérie conservait alors peu de crédit à la cour d'Orient. L'eunuque Chrysaphius, depuis quelque temps, gouvernait l'empereur. Ce vil ministre, de concert avec uti de ses amis, nommé Vigilius, essaya de corrompre Édécon, pour l'engager à
THéODOSB II y ETC. 4^7
tramer une conspiration contre la vie d'Attila. Édécon feignit d'y consentir. Thëodose , malgré sa piété , approuva ce complot meurtrier. Cependant Édécon informa son maître de cette tr;ihison. Attila, plus généreux que les Romains de ce temps, dédaigna d'exercer une facile, tuais injuste vengeance sur les ambassadeurs qu'il avait entre ses mains.
Cependant Vigilius , qui avait servi d'interprète à ces ambassadeurs , et qui depuis était retourné à Constantinople, revint au camp d'Attila, portant avec lui les trois centa livrés d'or pr(Hnises aux conspirateurs. Attila le fit arrêter, l'obligea de tout avouer, lui laissa la vie; et envoya une nouvelle ambassade à Constantinople. Eslaw et Oreste étaient chargés de cette mission. Lorsqu'ils furent admis à l'audience de l'empereur , £slaw dit à ce priûce : d Voici ce que » mon maître m'a chargé de vous faire savoir. M Tbéodose et Attila descendent tous deux de N noble race. Attila, par ses exploits, a soutenu » la dignité de ses aieux : Théodose, par sa >) faiblesse^ s'est montré indigqe des siens; il » s'est dégradé ainsi que son peuple , en consen-* M tant à payer au vainqueur un tribut honteux. » Far là, il a solennellement consenti à devenir » le serf de celui que la gloire et la fortune ont » placé au-dessus de lui. Il devrait, comme un » sujet fidèle^ lui obéir et le respecter, au lieu
» 3e conspirer, comme un vil esclave, contre
» son maître. »
Le descendant du grand Théodose , assis sur son trône.d'or ,'et qui n'avait jamais entendu que les accens de la flatterie, se. vit forcé d'écouter, avec autant de confusion que de frayeur,, les paroles sévèipes et 4a juste réprimande que, du haut de sa chaise de bois, le sauvage Attila lui adressait. Il rougit, se déconcerta, trembla, ne put répondre, livra aux ambassadeurs son eunuque Chrysaphius, et, pour apaiser Attila, choisissant les plus grands personnages de sa cour*, lui envoya comme ambassadeurs Nommius et Anatolitis, tous' deux consulaires, l'un grandtrésorier, et l'autre maître général désarmées.
Ce qui doit paraître étrange, et ce qu'expliquent cependant les faiblesses de l'amour-propre humain, c*est qu'à cette époque même, où l'empire déchu de sa grandeur se voyait sans défense, livré aux invasions et aux outrages des Barbares, 1% souvenir de la gloire romaine, le titre de consul, la mémoire de tant de puissance et de tant de triomphes inspiraient encore quelque respect. Xé choix des ambassadeurs flatta l'orgueil sauvage du roi des Huns. Radouci par cet hommage, il vint au devant des envoyés de Théodose, lui pardonna, fit grâce même à l'eunuque et à l'interprète, rendit à l'empire plusieurs villes ; mit en liberté un grand nombre
de captifs , cessa d'exiger qu'on lui livrât les déserteurs^ conclut la paix , et reçut ^ pour prix de la tête d'un vil eunuque^ d'énormes tributs 4{ui écrasaient l'empire et qui auraient suffi à l'empereur pour payer une guerre glouieuse, au lieu d'acheter des Barbares une honteuse paix.
Pcpu de temps après la signature de ce traité, tl^^*** Théodose, en» se promenante, fut renversé par son cheval dan» le Lycus,.se bpisa l'épine du dos, et mourut la quarante -troisième année de son régne, et la cinquante-troisième dé son âge '^.
Il fallait, pour relever l'empire, un caractère Avènement Jiéroïque;. les grands,, l'armée^, le sénat et le au'tAne?*' peuple placèrent Pulchérie sur le trône, et la proclamèrent impératrice. Ce fut la première fcis que l'on vit une femme régner sur lea Romains.
Elle commença son régne par un acte de vengeance, qui en eût été un de justice, si elle avait suivi les formes de la loi. L'eunuque Chrysaphius , sans être jugé , fut décapité à. la porte du palais.. Le coupage et les talens de Pulchérie la rendaient digne de régner; mais le gouvernement d'une femme, contraire aux coutumes, pouvait exciter le mécontentement. Cette prin- Mariage <?«
, . , 11 , Pulchérie et
cesse ne voulut point s y exposer : elle épousa de Malien. un sénateur estimé, nommé Marcien, âgé alors de soixante ans^ le revêtit de la pourpre, et
^ An 4^
470 VALENTmiEH III,
l'obligeadé jurer qu'il re^ecterait constamment ^on pouvoir et sa chasteté.
Marine et Arcadie, soeurs de Timpératrice, avai^ity comme elle, fait vœu- de virginité; toutes trois écrivirent ce vœu sur des tablettes enrichies de diamans, qu'acnés portèrent en of^ fraude À l'église de Saintf^phie. Tout hofhme, excepté les prêtres, fut depuis ee temps exclu de leur présence;,leur palfiis devint, un monas^ tére, et leur cour une communauté religieuse.
Marcien justifia le choix de Pulchérie par la fermeté de son caractère, par la sagesse' de sa conduite. Né en Thrace, au sein d'une famille^ pauvre, il avait été dix -neuf an* domestique, et ensuite compagnon d'armes des généraux As* par et ArdabUriûs. Il se distingua sous leurs ordres en Perse et en Afrique. Son mérite lui attira Testime générale; sa modestie le mit à l'abri de l'envie. Monté sur le trône, il réfornia par de sages lois les abus et- les actes d'une tyrannie dont il avait long^temps souffert, et il se montra aussi doux pour ses peuples que fier contre ses ennemis.
Attila lui fit demander avec hauteur le paiement du tribut annuel auquel s'était soumis Théodose. « Le temps n'est plus, répondit Mar- » cien, où l'on offensait impunément la majesté » de l'empire. Je donnerai volontiers des subsi- >) des aux princes alliés qui me servir(mt fidè-
THëOI>OSE Uf ETC. 4?!
» lement; mais je répondrai aux menaces a^ec » des soldats y du courage et dil fer, »
Apollonius , envoyé en ambassade près du roi des Huns, lui tint,le même langage. Le Barbare furîeu^ menaça de tout exterminer et d'effacer du monde jusqu'au nom de Roînain. Il écrivit en ces termes aux deux empereurs : a Attila ^ » ton maître, t'ordonne de fkire préparer ton M palais pour le recevoir j il viendra bientôt t'y n donner ses ordres^ n
Cependant ^ comme ce guerrier était encore plus habile que farouche y dès qu'il fut informé des dis|)ieitions que faisait Marcien pour le com* battre y redoutant cette lutte avec un empereur belliqueux, it le laissa en paix, déclarant qu'iL ajoXirnait la conquête de l'Orient jusqu'au momçnt où il se sepait emparé de las Gaule et de^ l'Italie. Il y marcha; mais le sort y ramenait^ un guerrier que d'abord il avait protégé , et qui bientôt, prenant les armes contre lui, l'empêcha d'exécuter ses vastes* desseins, ©t^ servit de digue à sa fureur.,
Aétius s'était l?etiré"chez les Huus après^la mort Aëtitti de Boniface : maia^, revenant bientôt plus terri- laiaedes.
* Huns-
ble^ à la tête de soixante mille de ces Barbares, il inspira tant de crainte à Placidie, que cette princesse, n'osant le combattre, se livra totalement à cet ambitieux , et plaça son fils Yalen-r tinien sous sa tutelle. Cette prudence^ ou cette
472 VALENTilïIEîr ïiï,
faiblesse ,■ assura son repos. La cour de Ravenne fut délivrée d'un ennemi formidable^ et acquit un salutaire appui.
AétiuS; trois fois consail/ maître général des armées, exerça le pouvoir suprême sous le nom de duc des Romains de l^ Occident. Valentinien n'eut que le titre d'empereur, et jouit en repos de tous lés plaisirs d'une cour corrompue, tandis que son général supportait seul le poids des affaires, et soutenait l'empire sur le boid de sa ruine.
Ce guerrier était Scythe de naissance. Son père, nommé Gaudentius, avait épousé une Romaine. Dans sa jeunesse Aétius fut envoyé comme otage, d'abord prés d'Alaric , et ensuite dans le camp des Huns. H dut sa fortune à sa force , à ses talenSy à sa beauté. On admirait son adrçsse à tous les exercices, sa patience dans les revers, son courage au milieu des périls; on disait de lui qu'il était également difficile de le tromper, de le séduire et de l'intimider^
Heureux dans les combats, habile dans les négociations , il força les Vandales de respecter les frontières de l'Italie, protégea les Bretons contre les peuples du Nord, établit l'autorité de Rome dans une partie de l'Espagne et des Gaules , vainquit les Suisses et les Francs, et les força à combattre, comme auxiliaires, sous les aigles romaines.
Dans le temps de sa disgrâce, cherchant un asile dansie camp d'Attila, il s^tait intimement lié avec ce con<)nérant, et avait même laissé auprès de lui. son fils Carpillo. L'épuisement de l'Italie, lorsqu'il prit les rênes du gouvernement, la faiblesse de l'armée, la détresse du trésor , l'obligèrent d'abord , malgré la fierté de son caractère, à payer un tribut au roi des Huns^, dans le dessein de retarder l'approche de l'orage dont* il voyait l'Occident menacé.
Profitant habilement des divisions qui existaient toujours parmi les Barbares, sous le règne même du terrible Attila, il* trouva moyen de s'attacher un corps nombreux de Huns et d'Alaîns, dont il satisfit la cupidité, en leur cédant des terrains fertiles dans la Gaule, près <le Valence et d'Orléans.
Un autre péril exigeait encore tous les soins Cuerro
1 1 1 i/v ' 1 • ®^ ensuite
de sa prudence , tous les efforts de son ^oura^e. pai^ «ntre La domination des Goths en Aquitaine s'afl^er- Théodoric, missait chaque jour; après le règne glorieux de Vallia, fondateur de ce royaume, Théodoric, fils du grand Alaric, monta sur le trône, et sut régner avec éclat. Loin de se contenter de ses possessions , il voulut s'emparer de la province ' romaine , et investit la ville d'Arles. Aétius le força d'en lever le siège ; mais bientôt les Goths et les Bourguignons, s'étant unis contre Rome, attaquèrent, les uns Narbonne, et les autres h
474 VALEMTINIEN III,
Belgique. Aéilus , à la tête de sa cavalerie plaine et scythe, défit les Bourguignons^ eu tua vingt mille,, et donna à cq^x qui échappèrent de ce combat un territoire en Savoie. Oans le même temps, huit mille Goths, surpris et attaqués , tombèrent sous les coups de son lieutenant, le comte Lictorius , qui , par cette victoire , délivra Narbonne. %
Après de si brillans succès , Aétius retourna en Italie; mais, pendant son absence, Lictorius, avec une troupe de Huns, tenta une entreprise téméraire sur Toulouse ; Théodoric lui livra bataillcj mit S6l troupes en &iite, et le fit prisonnier. Cet échec contraignit Aétiui de revenir datis la Gaule. Ayant rétini^es forces, il marcha c^ontre le roi des Goths. Lorsque leurs armées furent en présence, au lieu de combattre, ils négocièrent et conclurent la paix.
Théodoric, qui voulait civiliser ses peuples, envoya ses fils étudier les belles-lettres dans les écoles les plus renommées de la Gaule, cherchant à faire perdre à ses sujets Fhabitude de la guerre, pour les attacher à l'agrioukure et aux arts de la paix. Il crut assurer sa tranquillité en formant des alliances avec les rois dont il pouvait i:edou ter l'ambition. Sesdeux filles épousèrent, Tune le fils du roi desHuns^ et l'autre celui du roi des Vandales. Le sort trompa ses vœux. L'ainée de ces princesses devint promptement
TtlÉWOSE II, ETC. 4?^
veuve, 6(m mari périt victime d%ine conspiration ; la seconde était réservée à de plus grandes infortunes, •
Son beau-père , Genséric , rdi dés Vandales , Cr"*"!f *'•
* ' ^ ' ^ Genseric.
i)arbaFe et défiant, croyait tout ce qui l'entourait disposé, comme lui, au crime. Universellement craint et hai, il redoutait tous*ceux qu'il faisait trembler. Soupçonnant sa belle -fille de vouloir l'empoisonner, il lui fit couper le nez , les oreilles, et la renvoya, ainsi mutilée, àThéodoric.
Le roi des Gotbs, indigné de cette atrocité, jura de se venger d'un si sanglant outrage, et conclut avec les Romains un; traité dont l'objet ^tait de renversçr du trône cet assassin, et d!enlever l'Afrique aux Vandales.
Genséric évita ce danger par une ^vcrsion.^,^n^»«j«»^ Ce Barbare, qui ne devait renèontrer partout ^^ï^^^*^que des ennemis, trouva un allié digne de luif, il s'unit avec le féroce AftUa. Le roi des Huns,, sans perdre de temps, profifta du prétexte qu£ «'pffrait à son ambition , et, à la tête de sa nombreuse arméç, il envahit la Gaule. Aiiteun obstacle n'arrêta d'abord la course de ce torrent dévastateur.
La justice est si nécessaire aux hommes qu'elle est encore invoquée par ceux qui là respectent le moins, et, en commençant la guerre la plus injuste , les princes les plus ambitieux cherchent
4^6 ViLENTINIEN III ^
par des manifestes à tromper les hommes qu'ils oppriment^ les peuples qu'ils moissonnent^ et à leur persuader qu'ils ne s'armecit que pour soutenir des droits légitimes. Le barbare Attila luimême crut nécessaire , en passant le Rhin ^ de colorer son agression^ en réclamant la main et la dot de la princesse Honoria, fille de Flacidie^ qui s était éprise pour sa gloire sauvage , et en annonçant le dessein de replacer sur le trône des Francs le fils aine de Clodion, qui eu avait été chassé par Mérovée, Depuis près d'un siècle les Francs occupaient la Toxandrie (partie de la Belgique)^ et les contrées situées sur les rives du Bas- Rhin. Ces peuples avaient cédé le droit de les gouverner àrune famille qu'ounomma la famille mérovingienne. Quelques auteurs prétendent que le premier roi de cette race était ce Méraubaudus que nous avons vu servir avec éclat dans les armées des Romains. 11 parait que le trône, héréditaire dans la famille, ne passait point directement à l'ainé. Les Francs élisaient parmi les princes de cette maison celui qu'ils croyaient le plus digne de la couronne. Lorsqu'il était élu, on le proclamait en l'élevant sur un bouclier, cérémonie qui rappelait sans doute à ces princes que leur puissance , fondée par les armes, ne pouvait être soutenue que par elles. Les princes de la famille mérovingienne portaient, pour se distinguer, une longue cheve-
lure. On les appelait reges criniii ( rois chevelus).. Tous les autres Francs se rasaient le derrière de la tête; ils avaient de longues moustaches; on les distinguait des autres Barbares par la hauteur de leur taille, pas la fierté de leurs yeux bleus : ils portaient des habits étroits, et se servaient d'une lourde épée; un immense bouclier les couvrait presque entièrement. Leur course était rapide ; ils traversaient à la aage les flu^ grands fleuves , excellaient à manier la hache, à lancer le javelot, et s'étaient acquis par leurs exploits une grande réputation de bravoure. On croit généralement que la nation des Francs était une confédération formée par des tribus sorties de différens peuples de la Germanie , et qu'ils devaient leur nom à leur* amour pour la liberté.
Une autre confédération, issue de la même, source , avait donné à ceux qui la composaient le nom ^Allemands , probablement pour rap-* peler que c'étaient des hommes sortis de toutes les nations connues dans le Nord.
Le premier des rois chevelus dont on ait cité des conquêtes dans la Gaule était Clodion ; il faisait sa résidence dans une forteresse nommée Dispargum. Ce roi, voyant Rome occupée à lutter en Italie contre les Barbares, et trouvant la seconde Belgique sans défense , s'empara de Cambrai et de Tournai. Il porta ses armes jus-
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qu'aux rives de la Somme. Tandis que , fier d^ ses succès , il célébrait les noces de son fils ^ et que tout son camp se livrait à la débauche, qui, chez les Barbares , était inséparable de pareilles fêtes, il se vit , pendant la nuit , au milieu d'un festin, surpris et attaqué par l'infatigable Âétius. Les Francs, plongés dans l'ivresse , n'eurent ni 4a force ni le temps de prendre leurs armes; les Romaijis renversèrent leurs tables, pillèrent leur camp, s'emparèrent de leurs chariots, etenmie* nèrent captives les princesses et toutes les femmes qui assistaient à ces noces.
Qodion, forcé de fuir, répara cet échec, réunit sa troupe, et combattit si vaillamment Aétiii3> que cet habile général ne put lui enlever ses conquêtes,^dont Trêves et Cologne faisaient partie.
Lorsque Clodion.mourut, ses deux fils se disputèrent le trône; Mérovée, le plus jeune, se rendit à Rome pour implorer la protection de Valentinien. Âétius traita ce prince comme s'il l'avait adopté pour fils, lui promit de puissans secours, et le renvoya dans la Gaule avec de magnifiques présens. Dans le même temps son frère aîné sollicitait l'appui d'Attila , qui , sur sa demande, entra dans la Gaule , promettant de lui rendre le sceptre que les Romains lui enlevaient.
L'autre motif, pour lequel Attila prétendait s'armer, devrait paraître plus romanesque
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qu'histôiMque ; mais les passions rendent vrai Ce qui souvent n'est pas vraisemblable. La princesse Honoria s'était Ikissé séduire par unthambellan nommé Eugène, La sévère Flacidie sa mère la bannit de sa présence et l'envoya à Constantinople. Honoria^ vive et passionnée , ne put supporter la vie austère qu'on menait dans ce pa* lais^ que Pulchérie et Ses sœurs avaient changé en couvent. La renopimée d'Attila séduisit son ardente imagination ; les mœurs sauvages des Huns y l'âpreté du caractère de leur chef, lui semblaient préférables aux rigueurs -monastiques de la cour de Byzance. Au mépris de tous ses devoirs de femme , de princes&e et de Romaine y elle écrivit au Barbare , lui envoya son anneau I lui donna sa foi et le conjura de la réclamer comme son épousé.
Dans les premiers momens , «Attila ne répondit que par un froid mépris à cette démarche extra-* vagante. Dédaignant les liens d'un chaste hymen , il prenait et abandonnai t plusieurs fenunes au gré de ses caprices ; et le palais rustique de ce guerrier sauvage, semblable aux sérails des princes actuels de l'Ofient , était rempli de beautés de différens pays, qui s'y voyaient traitées plus en esclaves qu'en épouses.
Cependant, lorsque le roi des Huns forma le dessein d'envahir la Gaule , inspiré par soi^ ambitieuse politique^ et non par un frivole amour.
48o VALENTIWIEN III,
il demanda aux cours de Ravenne çt de Constantinople qu'on remit Honoria entre ses mains , et qu'on lui donnât pour dot une partie du domaine impérial. C'était renouveler les insolentes prétentions que jadis les Tanjoux, ses ancêtres, ayaientosé former sur les princesses de la Chiné.
Il éprouva le refus qu'il attendait : on lui déclara que la princesse était liée par d'autres nœuds, et que d'ailleurs, suivant les coutumes romaines, les femmes n'avaient aucun droit de succession à l'empire. La famille d'Honoria la força d'épouser un homme obscur, et on l'exila dans une petite bdurgade en Italie , où elle termina, au bout de quelques années^ sa honteuse carrièif.
Dès qu'Attila donna le signal de la guerre, tous les peuples barbares accoururent, à sa voix, descôtes delà mer Baftique, des rives du Woïga, des bords du Danube, et se réunirent au confluent du Rhin et du Necker. Une troupe de Francs, conduits par le fils aine de Clodion, leur servit de guides. La Gaule consternée paraissait frappée de stupeur, et se montrai t. semblable, non à un guerrier qu'on attaque , mais à une victime que l'on sacrifie, à un criminel qui reçoit et va subir son arrêt.
Les historiens du temps ne parlent de cette invasion que comme d'un incendie. Les Barbares massacraient indifféremment les enfans, les fem-
mes^ les vieillards. Un grand nombre de villes périrent dans lea flammes. Metz tout entière fut détruite. La férocité des Huns n'y laissa subsister qu'une petite chapelle. Les écrivains ecclésiastiques de cette époque , en racontant ces désastres, ne citent que les miracles qui, au défaut de soldats , arrêtèrent quelquefois la marche de ces dévastateurs. Selon leur récit, les prières d'une jeune vierge de Nanterre,* sainte Geneviève, sauvèrent Paris, et parvinrent à en éloigner Attila. Le roi des Huns, ayant passé l'Yonne près d'Auxerre, vint camper sous les murs d'Orléans. Ce fut là, pour la première fois, qu'il trouva des portes fermées et des remparts défendus.
Le roi des Alains avait secrètement promis de lui livrer les Ilomains et la ville. Ce complot fut découvert et déjoué. Saint Aignan, évêque d'Orléans, ranima le courage de ses concitoyens. La l^arnison combattit avec opiniâtreté, et donna le temps au brave Aétius de venir à son secours.
Le général romain avait conclu une alliance avec Théodoric, roi des Visigoths; tous deux marchèrent contre les Huns avec une armée nomrbreuse que grossissait un grand nombre de guerriers bourguignons, saxons et ripuaires. On y remarquait surtout une foule intrépide de Francs que commandait Mérovée. Informé de leur approche, le roi des Huns leva le siège et se retira, dans le dessein de se rapprocher des divi-
482 VALENTINIEN Ilf ,
fiions qu'il avait laissées derrière lui. Les Romains^ les Visigoths et les Fmncs le peufsuivirent sans le laisser respirer. Cette retraite ne fut qu'un combat continuel. Enfin les deux armées^ sMtant arrêtées daps les vastes plaines de Chàlons , après quelques heures de repos, se livrèrent bataille '*^. Bataille Cc îour devait décider des destinées de TOcci-
deCliâlons. «^ « .
dent : Attila , dont c^ grand péril augmentait la férocité naturelle, pâtcourtses nombreuses lignes, composées de Barbares de tous les climats. Les rois , les princes , les héros du Nord qui le suivent en foule, semblent plutôt ses esclaves que ses compagnons; et , osant à peine lever les yeux sur lui, ils attendent ses (Hydres dans un respectueux silence : « Vous avez tout à espérer, rîen » à craindre , leur dit-il; je vous commande, et M Mars vous protège : mes exploits passés vous pro- » mettent la victoire ; la lâcheté des Romains est /> le garant de leur défaite. Qui pourrait nous ar- » réter ? seraient-ce ces Francs, divisés entr'eux, 1) «t dont la moitié combat sous nos enseignes? » seraient-ce ces Visigoths, ces Boui^uignons, » qui, depuis tant d'années, fuient devant nous, » et s'arrêtent ici plus par lassitude que par cou- » rage ? Marchez avec une pleine conûance ; rien » n'est au-dessus de vous que le destin, maître » de l'univers. Aucun mortel n'échappe à ses » décrets; il tue l'homme faible dans la fuite, ♦Aii45i.
I) dans le repos, dans la paix , et sauve le brave » au milieu de tous les périls de la guerre. Je ne » vous4is plus que cette seule parole : inspiré D par les dieutc , je lancerai le premier dard et je ji dévouerai les lâches à une mort inévitable* n
Jomandès/ historien des Goths, prétend que dans raniîquité on ne vit jamais des passion» plus féroces, des combattans plus nombreux, une bataille plus sanglante et plus opiniâtre.
L'espérance de pouvoir, après la victoire , piller et ravager à leur gré, sans obstacles, les plu& riches contrées du monde, redoublait le oourage et l'ardeur des guerriers d'Atttta.
Les troupes d^Aélius, de Théodoric , de Mérovée, combattaient avec la fureurdu désespoir; chacun savait qu'il fallait mourir ou vaincre, poup sauver sa liberté, son honneur, sa famille, sa patrie* Si les Huns restaient vainqueurs, TEuropB devenait barbare*
Tant de motifs enflammaient la bravoure , et permettaient peu de penser aux combinaisons de la tactique. Au lieu de manœuvrer, on se précipitait les uns sur les autres, on combattait corps à corps. Cette longue bataille ne fut qu'une affreuse mêlée.
La masse des Huns parvint à enfoncer le cen- Mon <?« tre de leurs ennemis, et à le séparer des deux '^*'*^*»"*^' ailes. Après des prodiges de valeur, Théodoric^ blessé , tombe et meurt^ entouré de ses plus bra-
d*Auila.
484 * VILENTINIEN ITI ,
ves guerriers, qui voulaient lui faire un rempart DéTùie de leur corps. On dit que les aruspices, consultés par Attila, lui avaient prédit qu'il serait vaincu, mai$ que son plus dangereux ennemi périrait. Au mometit où les Huns , poussant leurs arvantages, faisaient retentir l'air Ses chants de victoire, Thorismond, prince des Visigoths, descend d'une colline avec un corps de réserve , enfonce à son tour les Barbares, ranime ses alliés, et change la face du combat* De toutes parts on ^se jette sur les Huns, on en fait unV affreux carnage. Attila, comme un lion rugissant, fait d'injatiles efforts pour ramener ses soldats à la charge ; pour la première fois la terreur les rend sourds à ses ordres ; ils* prennent la fuite et se sauvent dans leur camp, où ils se retranchent, selon leur coutume, derrière leurs nombreux chariots.
Cent cinquante mille cadavres couvraient le champ de bataille, des récits, probablement exagérés, doublaient ce nombre. Les Visigoths, vainqueurs , proclamèrent roi , sur. ces saoglan» trophées, l'intrépide Thorismond. Il conseillait à ses alliés d'assiéger Attila dans son camp ; mais l'habile Aétius, qui ne redoutait plus les Huns, et qui croyait nécessaire, pour maintenir les Goths dans son alliance , de ne pas détruire cornplëteînént Attila, s'opposa à ce dessein. Il se chargea de défendre la Gaule , et décida Thorismond
à partir pqur Toulouse, aEo de s^assurék* ttn trône que pouvaientluidis|xuter quelques rivaux.
Après son départ, Aétius et Mérovée, harcelant sans cesse le roi des Huns que le défaut de vivres et l'affaiblissement de soaaitnée forçaient à la retraite, le battirent encore «en plusieurs rencontres, et le poursuivirent jusqu'en Thuringe. Lès soldait d'Attila |»en traversant le pays des. Francs, commirent d'horrj^bles cruaut'és, massacrèrent les prisonniers, égorgèrent les otages, et firent éearteler déiyc c4l>t8 jeunes fem^ mes par dès chevaux sauvages. Dans la suite , ces^trocités furent le% motifs ou les prétextes de la vengeance que le fiU de Clovis exerça en Thurtnge.
- Attila, vaincu, loin d'être découragé, espéra ^^^^«y^. qu'il se dédommagerait en Italie des revers qu'il 'I'Jj^p*' avait éprouvés dans la Gaule. Ayant pressé de nouveau sans succès les deux cours impériales de lui livrer Honoria, il franchit les Alpes, et investit Aquilée*. On vit pour la première' fois, pendant ce siège, les Huns se servir des machines de guerre, et employer les arts de la civilisation pour détruire lès peuples civilisés.
Les Komains, dégénérés, auraient seuls été incapables de résistance ; inais une troupe de Goths qui était à leur solde, et que commandaient les princes Alario et Antala, releva leur courage.
^ An 452. . ^
486 YALENTUflES III,
L^rési^tance fut imssi vive que l'attaque : après trois mois dWorts inutiles, les Huns deman* daient qu'on levât le siége^ lorsque Attila^ voyant une 4^igogne qui s'envolait du haut d'une tour de la ville^ dît à ses soldats : ce Ce présage nous j» annonce un prompt succès ; cet oiseau domes- » tique ne quitterait pas son asile, s'il ne pré<- » voyait pas ladestruelion du lieu de sa retraite, n Ces paroles remplirent d'^espérance et à'ardeur les Barbares découragés; ils se précipitèrent sur les murailles d'^quilée, la prirent d^assaut, la livrèrent au pillage, la rasèrent et la. réduisis rent en cendres. Après g^tte victoire Attila ne renccHitra plus, au lieu de Romains armés, que des esclaves tremblans, qui sacrifiaient leur honneur pour sauver leur vie • Padoue, Vicence , Vérone, Bergame, Favie,^ Milan n^me se soumi-* rent. Dans cette dernière ville, Attila, ayant vur un tableau qui représentait l'empereur sur son trône , et des princes sey thés prosternés devant lui, le fit brûler et le remplaça par nix autre tableau où lui-*méme était peint.sur son trône, recevant les hommages des deux empereurs qui déposaient leurs trésors à ses pieds.
. Ces hordes de Barbares ne se bornaient pas au pillage; elles dévastaient les champs, abattaient les arbres, brûlaient lés chaumières. Loin de les réprimer, Attila encourageait leurs excès, et disait avec orgueil que « l'herbe ne croîtrait
THÉODOSE- ir, ETC. 4^7
» jamais OÙ son cheval avait passé. » Ce lerrible fléau répandait partout la terreur^ tandis qu'il aurait dû réviâiler les courages. Chacun, loin d'oser défendre sa patrie, ne songeait qu'à l'al)andonner. Kentot la Lombardie et là Vénétie furent désertes; leurs habitans cherchèrent un refuge dans les iles du golfe Adriatique. Un prince de^Goths les comparait à des poules d'eau, qui déposent leurs nids au milieu des vagues. Venise dut sa naissance à ces émigrations. L'inférét commun i^iit tous les exilés; la néce^giité excita leur industrie et les rendit commerçans. La république qu'ils formèrent était composée de douze lies, gouvernées chacune par un tribun. Cet État naissant se consolida sous la protection des princes des Goths, et parvint depuis à une haute prospérité.
Les Francs et les Visigoths , qui s'étaient alliés Hawu avec Aétius, dans le dessein de chasser les Huns «^'Aéaua. de la Gaule, refusèrent de se joindre à lui pour défendre contr'eux l'Italie. Ce grand général prouva que le succès dépend plus de l'habileté du chef que du nombre des soldats, et qu'il était, suivant les circonstances, aussi prudent qu'in* trépide.-
A la tète d'un faible cprps de troupes d'élite , il sut contenir Attila sans se compromettre, le harceler sans cesse, lui couper les vivres, éviter les batailles, et réduire la guerre en aifaires.de
488 tALENTÏNTEM lU,
postes. Ce nouveau Fabius profitait de toutes les chances favbràbles^minait les forces de l'ennemi, mépageait les siennes et gagnait du temps ; ce qui est tout gagner dans les guerres d'invasioiu Lâciietrf Tandis que les talens d'un seul homme lutnicn. taient ainsi contre la destinée , le lâche Valentinien, cédant à ses terreurs, fuyait de Ravenn;p , se relirait à Rome, et voulait abdiqucfr un pou* voir dont le péril, à ses yeux, enlevait tous les charmes. Il proposait bassement au sénat et au peuple d'abandonner avec lui i!Italie. ils ne liii permirent pas de suivre ce pusillanime dessein ; mais, comme on pouvait le décider à tenter le sort des armés pour s'affranchir, on lui conseilla d'essayer la voie des négooiatiofi^ ^^ , Les ambassadeurs qu'il chargea de se rendre à Aiiiia. près d'Attila furent le consulaire Aviénus , Trigétius, préfet du prétoire , et le pape Lé^n , qui dut à sa fermeté, au milieu des malheurs publics, le surnom de Grand.
Ils trouvèrent, par un contraste qui faisait cruellement sentir \q, différence des^emps,. le férofee Attila, cet impitoyable dévastateur du monde , campé sur l'héritage du favori d'Auguste, de l'immortel Virgile.
Pkn eirtre Plusieurs motifs disposaient le roi des Huns à
AUiiactVa- ; ^ '
ie»iimeD. la paix. Aétius, par sa temporisation, avait lassé sa patience. Il était fatigué des^ blessures continuelles que lui faisait cet habile ennemi, aussi
THÉODOSB II, ETC. 4^9
prompt dans la retraite que dans l'attaque; il le . rencontrait partout et ne pommait l'arrêter nulle part.
Ses guerriers sauvages, énefvés par les débauches'^ ne xésistaient plus à la chaleur du cliîmat. ^Une fièvre contagieuse se répandait dans son armée. Attila, quoique impie, était superstitieux; il craignait, d'apréà les prédictSons de ses devins, (réprouver le sort d'Alaric, ef de mourir comme lui s'il entrait dans Rome. Les historiens du temps ajoutent que la gravité, l'éloquence de Léon et la majesté de ses habits pontificaux le frappèrent de respect, enfin^ue les apôtres Pierre et Paul lîii étaiebt apparus, et rayaient, menacé des Vengeance^ du ciel ; s'il persistait à vouloifdéfruire l'empire romain. Le célèbre Raphaël donna depuis à cette fable, par un tableau , le sceau de l'immorlalité. Ce qui est certain , c'est que les ambassadeurs romains furent accueillis favorablement, et en peu de jours conclurent la paix.
Attila promit d'évacuer l'Italie , à condition , qu'on lui livrerait Honorîa avec unç riche dot; , il déclara en même temps que , si la princesse' n'arrivait pas dans ses États à l'époque convenue, il reviendrait avec une plus nombreuse larmée porter le fer et le feu dans l'Italie , et détruire Rome de fond en comble.
Mort
Fidèle à sa parole, il partit promptement et dAiuia.
490 TAtENTINIEN III,
retourna dans son palais rustique , sur les bords du Danube. Quoiqu'il attendit Honoria, insatiable de plaisir comme de conquêtes, il augmenta le nombre<de ses femmes , et contraignit une riche et belle captive nommée Ildico à l'épouser. Cet hymen, formé par la violence, causa sa perte, qX le déseapoir d'une femme délivra la terre c^tin monstre^ que n'avaient pu détruire les|)lus formidables armées. Poifr célébrer «es noces, le roi des Huns avait ^nvployé une journée et la plus grandft partie de la nuit en fêtes et en festins : plongé dans l'ivresse, il se retira enfin ave%sa femme que la haine, au lieu de l'amour, guidait ^rès de lui. Le lendemain matin, ses guerriers } sujpris de ne point le voir paraître, pénétrèrent dans sa tentât, et ^ trouvèrent mort et baigné dans son sang. Les Barbares répandirepC le bruit qu'U avait péri à la suite d'une violente hémorragie; mais les Romains attribuèrent sa mort à la vengeance d'Ildico.
Set Son armée célébra ses funérailles avec la pompe ' des Barbares ; on chanta dès hymnes poup» immortaliser ses exploits ;; les regrefs* donnés à la ■ perte d'un guerrier si vaillant furefil suivis de grands festins où le délire de l'ivresse se joignait biuroement à celui de la douleur. Les escadrons guerriers des Huns Curent retentir bruyamment l'air de leurs armes , autour du corps de leur héros ; suivant leur coutume , ils se frappaient ,
TBÉODOSK U, ETC. 49^
déchiraient cruellement. leur visage, et mêlaient auK éloges qu'ils lui prodiguaient, cette terri* ble vérité : « que l'hommage le plus digne d'un » tel chef était, non des larmes ordinaires, mais » des larmes de sang. » On enferma ses restes dans un magnifique cercueil f et pour qu'ils fussent 9 l'abri de toute insulte , imitant ce qui avait été fait pour Alar]c , on immola les ouvriers qui avaient creusé son tombeau.
L'empire d'Attila, presque aussi étendu q^^t^^*"j.
*celui d'Alexandre, n'eut paSvUne plus longue *»°«"p*"durée , et survécut peu à ses funérailles. Les fils ^ qu'il avait eus de tant de femmes difi^érentes se divisèrent; les cliefs des tribus se firent la guerre. Hellac, fils aihé d'Attila, soutenu par un grand parti, fut attaqué par des chefs qui voulaient se rendre indépendans. Il leur livra bataille en Pannonie , et perdit à la fois la couronne et la vie» 4rdaric, son vainqueur, aprèft lui avoir tué
^trente mille hommes , gouverna une partie de ses États. Orr l'appefe roi des Gépides; il réQnsL dans le palais d'Attila, et sur les contrées qui s'étendaient jusqu'à U mer Noire*. Les Ostrogoths formèrent un royavne séparé, depuis Vieiine ( Autriche ) jusqu'à #yiinium.* Dinginsidi , un autre fils d'Attila, à la tète de quelques tribus, se défendit, en Thrace', quinze ans contre ses rivaux, attaqua l'empire d'Orient, et périt dans un combat. Enfin Sessac^ dernier fils d'Attila^
4g2 TÂLE9TINIEN III,
se retira en Scythie avec les Huns les plgs attachés à la mémoire de son père; mais ils en furent dans la suite chassés par les Avares et par les peuples de Sibérie, qui dispersèrent les derniers débris de ce fléau du monde.
Lorsque Attila et wn empire s'écroulèrent, Placidîe n'existait plus. Cette princesse mérita et conserva une jnste ij^^lébrité. Elle fît tout ce qu'une femme pouvait faire. Son courage personnel n'aurait pu défendre l'empire, sa prudence le sauva; et> sacrifiant ses ressentimens et^ son amour-propre blessé, elle sut^ en rendant sa confiance au brave Aétius, donner à Rome. un appui qui retarda sa ruine. Elle se montra aussi juste qu'habile. Tous les princes devraient avoir constamment sous les yeux ces Celles paroles que l'on trouvait à la tête d'une de ses lois : «La » majesté souveraine , disait-elle, se fait bon- » neur en recorfhaissant q|ti'elle est soumise au^ » lois; la puissance de ces lois est le fondement/ 1) de la nôtre. Il y a plus d& grancfeur véritable » à leur obéir qu'à vouloir commander sans » elles. Par le pVésent édit, nous nous félicitons » de montrer à nos sujets celles sont les bornes » que nous prétendonsmeltre à notre autorité. » Perfidie Valentinien avait atteint l'âgé de trente-cinq ^uî!ien° ans lorsqu'il perdit sa mère. Tant qu'Attîlà lui inspira quelque crainte, il se montra: plutôt lé disciple .d'Aétiua que son souverain; il le com-. .
bla de faveurs, et lui promit de prendre pour gendre son fils Gaudeniius, auquel il destinait Eudoxie sa fille. Mais dès qu'il crut qu'il n'avait plus de dangers à redouter, sa reconnaissance fit place à J'envie, et, ne pouvant supporter la gloire d'un grand homme qui sauvait l'empire, il rësolut de s'en défaire.
Âétius^ indigné de cette ingratitude , prit les sgrmes contre lui, et l'amena bientôt par la peHr à une réconciliation. Trop confiant, comme»tous* .es hommes courageuk, Aétius crut à la sincérité e ce prinœ lâche et perfide , et se rendit «pins gardes dans le palais, pour presser l'empereur de célébrer, comme il en était convenu, les noces de Gaudentius. '
Valentinien, violant tous les droits de. la re- Mort
d^Aélius.
connaissance, de l'humanité , de la justice et de l'hospitalité', l'accabla de reproches dés qu'il le vit, tira son épée et l'enfonça dans le sein du * guerrier qui avait soutenu sa couronne : jusqu'alors l'empereur n'était que méprisé ; depuis ce moment la haine générale succéda au mépris. Vainement il s'efibrça de colorer ce crime et de jxistifier cet assassinat, en déclarant qu'Âétius prétendait au pouvoir suprême. Un^énateur lui répondit : « J'ignore quels peuvent être vos mo- » tifs; mais ce qui est certain , c'est que vous » avez agi comme un insensé qui se servirait de » sa main gauche pour couper sa main^ droite. »
4g4 YALENTIIflEN III, «
On trouvait ce prince si indigne du trône/ que> sortant tout à coup de «a longue servitude , le> sënat parut vouloir reprendre son ancienne indépendance.
«c"?êî Cependant Vàlentinîèn, marchant aur les tra- "enihTi^ ces d^Héliogabale et deCaligula, ne faisait consister la jouissance du pouvoir su|prême que âkn^. la violation des lois et dans le mépris de tous ses devoirs. Abandonné sans frein aux débauches les plut scandaleuses y il dédaignait sa femme et outrageait la pudeur des dibaes romaines les plua distinguées» L'épouse du sénateu» Pétronius Maximus l'enflamma par sa beauté; et, comme il n'espérait pas la séduire /il résolut d'employer l'artifice et la violence pour satisfaire ses coupables désirs. Ay^nt invité Pétronius à venir jouer avec lui y il trouva le moyen ^de lui gagner tout son argent et même son annesfu. Dès que cet imneau fut dans ses mains ^ il chargea maf* franchi de le présenter à la femme dePétroaius, ' et de lui dire que son mari voulait qu'elle vint au palais. E^le y arriva sàrs défiance , y fut en-^ femëç et devint la victime du tyi^an qui ne re^ pecfait aucune vertu. Après l'avoir outrage ^ Valentinien la renvoya audacieusement chez elle;, elle y porta sa honte , sa douleur, et enflamma son époux de la soif d'une juste vengeance.
P^u*mi les gardes de l'empereur, il en restait plusieuips qui regrettaient Aétius, et ne cher-
THÉODOSE II y ETC. H^gS
chaient que roccasion dfi punir son m^urtrier^ Maximus Pétronius les encouragea parades pnésens et par des promesses; iis formèrent une conspiration dont aucun ne trahit le secret; et, un jour, entourant l'empereur au moment '<m il assistait dans le Ghamp-de-Mars aux jeux militaires , ils se jetèrent sur lui et le poignardèrent,» ainsi que son vil favori , l'eunuque Héraclius. ' La vie honteuse et la mort tragique de ce prince, l'incertitude du sénat, la dépvàvation du peuple , l'audace renaissante des Barbares , depuis qu'Âétius n'existait plus, semblaient présager à Rome une destruction prochaine et l'accomplissement de 1^. prédiction faite à Romulus ^ lorsque douze vautours s'offrirent à ses regards. Les devins déclarèrent alors que Rome serait détruite douze siècles après sa fondation. Les Romains consternés se rappelaient avec terijeur cet oracle; un présage plus sur de leur ruine était la perte totale de leur courage et de leurs vertus: On les voyait alors, tremblans, fuir leur patrie, s'enfermer dans les monastères, ou chercher une honteuse sécurité dans les camps des Barbares. La Gaule était ravagée par les Francs, les Goths et les Bourguignons. Les patriciens, dont les provinces n'alimentaient plus les richesses, ne pouvaient plus, comme autrefois, protéger leurs cliens et nourrir la multitude. L'Afrique était perdue sans retour; les Vandales, enrichis par
49^ TALENTUilEN III, ETC.
I le pillage de TEspagne et de la Sicile, fondaient
une nouvelle Cartbage sur les ruines de lancienne , et qui devait bientôt flétrir les lauriers et renverser la patrie des Scipiens. Tel était Tétât déplorable de Tempii^ d'Occident lorsque Yalentinien mourut.
«ARcicif . i{g7