CHAPITRE VIL
VALENS, EN Orient; GRATIEN, VALENTtNIEN II; THÉODOSÈ, ASSOCIÉ A l*bhpirb; MAXISilËf usurpateur, en Occident.
(Ans de J.-C. 375-383.)
Affrem tremblement de terre. — Invasion des Huns. — Portrait de ces sauvages. — Leurs succès en Chine. — Leur défaire. — Leur victoire sur les Alains et sur les Golhs. — Refuge des CkHhs et des Visigoths en Orient. — Leur révolte. — Guerre entre les Romains et les Barbares. — Invasion des Germains dans la Gaule. — État de l'Occident sons Gratien. — Victoire de Gratien sur les Germains. — Défaite de Valens. — Exploits de la reine Havîa. — Proscription occasionnée par une prédiction— Marche de Valens contre les Barbares. — Victoires des Goths sur les Romains. — Mort de Valens. — Siège d'Andrinople par les Goths. — Dévonement de Dominica, veuve de Valens. — Vengeance du comte Jules. — Ravages desBariNires. — Arrivée de Gratien à Constantinople. — Rappel du jeune duc Tbéodose. — S^ exploits. — Son association à l'empire. — Ses nouvelles victoires. — Premier» exploits d'Alaric, — Victoire de Gratien et de Théodose. —^Pacification établie par
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eu. ^Cnerra déclarée «ex païens. —Démolition de l'antel de laTictoire à Rose. | — Prédieiton en faTear de Maxime. — Son portrait. ^ Son uarpation. — Mort é» Graiien.
Gratien était à Trêves lorsqu'il confirma rélection de soaj frère YalentinieD II. Comme régent et conmie empereur, il ' ordonna à Justine et à son fils de s'établir à Milan. Un prince plus habile que Yalens serait parvenu sans doute à maintenir ses neveux dans sa dépendance ; mais l'empereur d'Orient, peu capable de défendre et de gouverner ses propres étals, n'exerça aucune infiuence dans l'Occident.
Les éléments semblaient alors se joindre aux Barbares pour accélérer la ruine de l'empire. Toutes les côtes Carent bouleversées par un affreux tremblement de terre ; la mer, fuyant le rivage, découvrit aux regards surpris ses profonds abîmes; et, après avoir laissé les vaisseaux à sec et une foule innombrable de poissons mourants sur le sable, l'onde en furie, par une réaction terrible, franchissant les rocs escarpés et les barrières qui arrêtaient ordinairement sa course, ' ruina plusieurs villes et inonda de vastes contrées. Alexandrie perdit cent cinquante mille citoyens. Les prêtres orthodoxes attribuaient ces malheurs au courroux de Dieu contre les hérétiques.
Les fléaux de la nature sont contenus ou arrêtés par une main toute-puissante ; elle leur a posé des bornes éternelles : mais ceux qu'étendent sur la terre les passions déréglées des hommes n'ont point de limites. Dans ces temps déploiables, le monde se vit ravagé par l'invasion d'un peuple sauvagt sorti des glaces du Nord. Les Huns, plus redoutés par les Barbares de la Scythie et de la Germanie que ceux-ci ne l'étaient par les Grecs et pai- les Romains, se précipitèrent de l'Orient sur l'Occident, dévastant , détruisant, dépeuplant tout sur leur passage, et la terreur qu'inspiraient ces guerriers féroces refoula sur l'empire romain les nations entières desSarmatcs, des Alains, desGoths, desOstrogoths, des Quades et des Yisigoths. La peur qui les chassait les rendit plus redoutables que leur audace ; on avait repoussé leur arabi-
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tion, on fat écrasé par leur faite ; et, en émigrant ponr chercher leur salut dans d'autres contrées, ils consommèrent la ruine des Romains.
Ces Romains, maîtres du monde tant qu'ils furent libres et Yertueoz, n'avaient conservé de leur ancienne grandeur qu'un luxe colossal. Les empereurs, les consuls, les patrices, les ministres, les préfets, les courtisans, les généraux, les patriciens, dépeuplaient les champs et les camps pour remplir leurs maisons de milliers d'esclaves, de domestiques, d'eunuques et d'affranchis.
Une autre partie de la population, quittant la terre pour le ciel, habitait les églises, les palais épiscopaux, les séminaires, les ermitages, les monastères. Le peu de citoyens qui restait encore dans les légions se dégoûtait chaque jour du travail, de la discipline et du poidsdes armes. Enfin, au moment où l'empire se voyait de toutes parts envahi ou menacé par les Barbares, c'était à ces mêmes Barbares qu'on livrait souvent la défense des frontières, la conduite des armées, la garde du prince , le consulat , les préfectures et les plus hautes dignités de l'état.
Les Huns, nés dans les vastes plaines de la Sibérie, étaient Jusqu'à cette époque presque inconnus. Procope les confond avec les Scythes et les Massagètes. Jornandès, historien des Goths, attribuant la difformité de ces sauvages à une origine infernale, les croyait produits par l'union des démons et des sorcières; les os de leurs joues étaient protubérants, leur chevelure crépue, leurs yeux petits et enfoncés, leurs membres courts et sans proportion; on les comparait à ces idoles que les peuples barbares se forment avec des morceaux de b«is grossièrement taillés. Ils n'habitaient que des tentes, détestaient les cités, qu'ils appelaient des prisons de pierre ou des sépulcres.
Les tribus errantes et pastorales furent toiyours plus conquérantes que les agricoles : rien n'arrête la marche de ces peuples vagabonds ; leurs logements, leurs meubles, leurs riehesses sont portés sur leurs chariots ; leurs troupeaux, qui
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marchent avec eux, assurent leur subsistance ; toujours rassemblés dans un camp, leur Tie est un état de guerre continuelle. Comme ils quittent un pâturage épuisé pour en chercher d'autres, ils n*ont point de foyers dont les charmes les retiennent. Ils aiment leur nation et non leur patrie; rhabi-" tude de la chasse les forme à la guerre; leur nourriture augmente leur cruauté : ils n'ont d'autres mets que des viandtfl crues, et qu'ils n'échauffent qu'en les mortifiant sous laselte de leurs chevaux.
Tels étaient ces peuples nomades qui, après avoir répandu pendant plusieurs siècles l'effroi dans le vaste empire de la Chine, épouvantaient ensuite par leur fureur l'Asie et l'Europe entière. Chaque famille des Huns, en se multipliant, avait formé une tribu, dont le chef, nommé mirza, était juge pendant la paix, général pendant la guerre. 11 la gouvernait avec l'autorité d'un père dé famille; les chefs des tribus éli--*^ saient entre eux un prince appelé khan. La dîme de tous M troupeaux formait son revenu ; son pouvoir était borné par celui des diètes, ou assemblées nationales, qui délibéraient sur la paix, sur la guerre, et rejetaient ou approuvaient les lois proposées par le prince.
Les Chinois, pour résister à leurs invasions, constrijdsîrent cette grande muraille qui excite encore l'étonnement du voyageur. Les Huns, connus sous le nom de Tanjoax, c'està-dire fils du ciel, parcouraient les vastes plaines qu'arrose le fleuve Amour jusqu'à la Corée. Leurs courses s'étendaient au nord, des Sources de l'Irtisch à la mer Glaciale; les peuples qui habitaient les rivages du lacBaïkal furent subjugués par eux. Enhardis par leurs succès, ils franchirent la grande muraille, battirent les Chinois, et enveloppèrent l'empereur Kaott, qui Se vit forcé de capituler et de leur payer le plus honteux des tributs. Ces Barbares exigeaient qu'on leur livrât annuellement les plus belles filles des familles les plus distinguées. Les Orientaux nous ont conservé ïa complainte d'une princesse chinoise, qui déplora dans une touchante élégie toos les malheurs qu'elle éprouva dans sa captivité, au milieu .
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d'un camp de sauvages, loin de sa patrie, de sa famille et de ses dieux.
, Une cruelle révolution releva la Chine de cet abaissement ; d'autres tribus, nomades et guerrières, célèbres dans l'Orient «ras le nom de Tartares, conquirent ce vaste empire, et, adoptant ses lois, joignirent à la force de leurs hordes belliqueuses Ma sagesse d'une nation civilisée.
Les Huns, arrêtés bientôt dans leurs progrès par ces nouveaux ennemis, qui opposaient à leur bravoure l'avantage de Ja discipline, éprouvèrent de nombreux revers. Indignés de cette résistance inaccoutumée, toutes leurs tribus se rassemblent; leur khan livre une grande bataille aux Chinois et aux Tartares réunis, commandés par l'empereur Vouti. La fortune se déclare contre les Huns ; ils sont enfoncés, cernés, défaits, illés en pièces; le khan se sauve avec peu des siens. VoutI poursuit, affranchit les peuples qu'ils avaient rendus trintaires, et finit par soumettre à sa domination toutes les s qui restèrent dans les plaines du sud ; celles du nord » coosearvèrent quelque temps leur indépendance : mais enfin, \ ^ans l'avant-dernier siècle qui précéda l'ère chrétienne, les I Chinois parvinrent à détruire la puissance des Tanjoux ; elle ! .comptait alors, dit-on, treize cents ans de durée. I Quelques tribus, plus belliqueuses que les autres, et qui donnaient un corps de cent mille guerriers, échappant à la I servitude par la fuite, marchèrent vers l'Occident. Les unes ^ s établirent sur les les rives de l'Oxus, et portèrent souvent } l^iirs armes dans la Perse ; les autres posèrent leurs tentes . snr les bords du Volga; on les y voyait encore dans le dix- : liuitième siècle; ils^portaient le nom de Kalmouks noirs. En I ^771, ne pouvant supporter le joug de la dépendance russe et le poids des impôts, ils s'échappèrent au nombre de cent cinqu^te mille familles, retournèrent dans l'Orient, et, après ôeux ans de marche, parurent à l' improviste sur les frontières delà Chine. Elles demandèrent et obtinrent un asîle et des f ^ems. L'empereur, qui les accueillit, fit élever un monu- Dientpour apprendre à la postérité cette nouvelle conquête,
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préférable, selon lui, à celle des armes. « Notre gouverne- « ment, dit-il dans Tinscription gravée sur la colonne, est si « juste et si paternel, que des nations entières traversent f l'Europe et l'Asie, et parcourent deux mille lieues pow dc- « mander à vivre sous nos lois. »
Les Huns, qu'aucun obstacle n'arrêtait, qui coucha armés, qui délibéraient à cheval dans leurs assemblées, traversaient à la nage les rivières et les torrents, qui poi des flèches pour blesser de loin l'ennen^î^* un sabre poi frapper de près, un filet pour l'envelopper et le ten trouvèrent sur le Volga les Alains, peuple aussi féroce qu'< Un cimeterre était leur idole ; ils ornaient leurs armes et'l» harnais de leurs chevaux avec les ossements de leurs ennemis. La lutte entre ces Barbares futlosgue, horrible et sanglante. Les Alains, ou fils des montagnes, furent vaincus; une partie chercha un asile sur les rochers du Caucase, 9^^^ j occupe encore ; l'autre se joignit aux vainqueurs, et sit cette foule de Barbares qui envahirent l'empire roi
Jornandès raconte que les Huns, poursuivant une biche, traversèrent le Don au lieu où il se jette dans les Palus-Méo- • tides, regardés par eux, Jusque-ià, comme les bornes du monde. Trop de fables semblables ternissent les ouvrages de | cet historien. Ce qui est avéré, c'est que les Huns, ^^^*^* sant les plaines de la Scythie, attaquèrent HermaOTM|^ce fameux roi des Goths, dont l'empire et la gloire s'éten^ffireirt de la mer Baltique au Pont-Euxin. ' .
La nature semble avoir imprimé une marque distinctîve qui sépare en deux classes l'espèce humaine : tous les peuples d'Occident ont la figure ovale, les yeux grands, les joues unies, le nez plus ou moins élevé; toute la jace des Tartares '^d'Orient, au contraire, a la tête aplatie, le nez épaté, les yeux petits et prolongés par les angles. La première fois que les Européens virent ces peuples sauvages^ tenr difformité les glaça, de terreur; cependant la nation des Goths, fière, libre, infatigable, belliqueuse, auraUsans doute pu repousser ces hordes vagabondes, si elle était restée
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^- unie; mais tout peuple divisé devient pour l'ennemi une proie facile. Les Goths devaient leurs conquêtes à leur union, la discorde les perdit.
Un chef des Roxolans avait quitté les étendards d'Her- [jnanric pour se joindre aux Huns; le roi, violent et cruel, ^oerçant une basse et affreuse vengeance, avait fait écarteler femme du fugitif. Excitée par les plaintes et par les cria [des frères de cette femme infortunée, Tannée se révolte : [ermanric, suivi de quelques amis, veut combattre les rellieiles, est blessé par eux, et, voyant sa gloire ternie et son aatorité méprisée, se tue de désespoir. Yithimir lui succède, mais ne peut le remplacer; haï par un parti, mal soutenu par l'autre, il livre bataille aux Huns, qui lui enlèvent la vicktoire, la couronne et la vie. Les Goths, privés de chefe, Iftdent en désordre; une partie fut massacrée, l'autre captwc : le reste des Ostrogoths, sous les ordres de leur roi Vijthéric, rejoignit, près du Dniester, Athanaric, roi des Yislgoths ; bientôt les Huns, portant contre eux leurs armes victorieuses, les forcent d'abandonner la Valachie. Athana- Yic, qui avait fait serment, en signant un traité, de ne plus entrer dans les terres de l'empire romain, se retire avec une troape fidèle dans les forêts de la Transylvanie.
L'immense population des Goths et des Yisigothsf effrayée de l'approche des Huns, s'avance sur le Danube, conduite parFridigerne et Alavivus, implore la protection deTempewnr d'Orient et lui demande un asile.
Valens était depuis quelque temps à Antioche, occupé à «pousser les attaques des Perses, des Isaures, des Sarrasins, et plus encore à faire triompher l'arianisme. Ce fut dans cette ville qu'il reçut la première nouvelle de l'irruption des Huns en Europe. Bientôt après il y apprit que de nombreuses nations, inondant les plaines du Danube, lui demanàaient des terres en Thrace, et se chargeaient, comme sujets fidèles, de la défense de cette province, si on voulait les y fctaWir.
Une demande si imprévue jeta le faible prince dans une
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grande incertitude ; il lui paraissait également dangereux de refuser ou d'accueillir un million d'hôtes belliqueux : s'opposer à leurs vœux, c'était provoquer une guerre de désespoir ; mais recevoir dans ses états des nations entières, c'ét^t accepter l'invasion.
Les généraux, les grands de l'empire, les gouverneurs de province ne virent, dans ce grand événement, qu'une augmentation de sujets pour l'empereur, une exemption de travaux militaires pour les citoyens, une occasion favorable de s'enrichir pour les hommes puissants. La cour d'Orient fit ce que fera toujours la faiblesse dans les circonstances graves et difficiles ; elle n'eut pas le courage de refuser ; elle traita sans bonne foi, et prit ainsi de tous les partis le plus dangereux.
On accorda aux Visigoths le passage du fleuve et les terres qu'ils demandaient en Thrace ; mais, avant de leur laisser traverser le Danube, on exigea qu'ils déposassent leurs armes, et qu'ils livrassent leurs enfants, qui devaient être dispersés dans les villes d'Asie pour servir d'otages. Cette défiance impolitiqpe traitait en ennemis les mêmes hommes qu'on recevait comme sujets ; et l'empereur, par ce moyen, inspirait la haine à ses nouveaux peuples, et s'enlevait tout droit à leur reconnaissance.
Tandis qu'on négociait encore, quelques Goths impatients passèrent, tout armés, le fleuve; les officiers romains repoussèrent avec perte les agresseurs, et le timide Valens, au lieu de récompenser leur zèle, les destitua. Enfin le traité fut conclu ; un million de Barbares entra dans l'empire; mais ils prodiguèrent' leur or, leurs bijoux, et même leurs filles, pour corrompre les inspecteurs romains, qui leur laissèrent leurs armes.
Bientôt un camp menaçant couvrit les plaines de la fertile Mésie, et répandit la terreur dans la cour de Valens. Les Ostrogoths, commandés par Saphrax et par Alathée, fuyaient alors les terribles Huns, dérobant leur jeune roi à la fureur de ces Barbares; ils demandèrent asile aux Bomains, comme les Visigoths, çt subirent Taffront d'un refus.
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Tatens avait promis d'assurer pendant les premiers temps
subsistance du million de nouveaux sujets que venait de luidaaner sa condescendance. Cette promesse fut violée ou éludée. Maxime et La)^icin, goaverneurs 4e la Thrace et de la Mésie, se livrant à des spéculations honteuses, taxèrent arbitrairement les Goths, et leur vendirent à haut prix des urines corrompues. La patience des Barbares se la«sa ; ils se révoltèrent; Maxime et Lupicin, aussi lâches qu» perfides, prirent la fuite à leur approche. Les Ostrogoths, profitant de qejs troubles, passèrent sans permission le Danube, et entrèrent dans r empire. Tous ces peuples réunis élurent pour chef Frldigerne.
Lupicin, n'osant les comprimer par la force, voulut les vaincre par la trahison : il invita leur général à une fête dans âon palais, situé hors de la ville de Marcianopolis, ca^ pitale de la Basse-Mésie; l'escorte des Geths, campée aux portes du palais pendant la fête, et ne pouvant entrer dans la ville, fut à dessein privée de vivres, exhala d'abord sa colère en plaintes, et se porta bientôt à quelques violences. Lapicin, qui l'avait prévu, ordonna de lés massacrer, espérant pouvoir se défaire des généraux quand leur garde serait détruite. Mais, au premier bruit de ce tumulte, le brave Fridigerne se lève et s'écrie : a Une querelle éclate entre les «deux peuples; ma présence suffira pour l'apaiser, j'y • cours. » A ces mots, il tire son épée, ses intrépides compagnons l'imitent, le suivent, percent la foule intimidée, disparaissent et rejoignent leur camp. Aussitôt la guerre est résolue; l'étendard national est déployé ; les Goths marchent contre Lupicin, enfoncent ses légions et les forcent à prendre la fuite.
De ce moment les Goths ne se regardèrent plus comme sujets de l'empire, comme des fugitifs dépendants, mais comme maîtres des provinces bornées par le Danube ; ils livrèrent la Thrace à d'afTreux ravages. Quelques autres tribus de leur nation, plus anciennement soumises, étaient alors au service de Valens, et campaient sous Andrinople.