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CHAPITRE IX

HONORÎUS; STILÎCON, ïonistre; ALARIC, ATTALE, ATAULPHB, BH OcciDEffï ; ARCADIUS; RUFIN, kinistbé bn Oribht.

(Ans de J.-C. 395-495)

Éttt de Tempire romain. -^ Stilicon est ministre en Occident. — Enfin est ministre es Orient. «^ Honorioa et Arcadias sont proclamés aagnstes. — Partaf e de Fcayic» enlre eux. — Crimes de Rafin. — Union d'Arcadius et d'Endoxie. — Inimitié entre Stilicon et RaQn. — Mort de Rnfîn. — Eotrope est ministre en Orient. — Rigo^nr dn sénat de Constantinople à l'égard de Stilioon.*- BéTolte en Afriqne, causée par Gildo. — Son jugement par le sénat. — Défection de Tannée de Gâii% causée par une méprise. — Mort de Gildo. — Union d'Honorins et de Marie, Slit de Stilicon. -^ Exploits et éléyation d'Alaric— • Ses projets d'intaslon et de eoftquéte. — Sa marche contre Rome. — Alarme dana cette Tille* -^ Préparalifa 4t défense de Stilicon. — Fuite d'fionorius.-— Arrivée de Stilicon à la tête d^nne armée. — Défaite d'Alaric— Retour d'Honorius à Borne. — Mort du moine Tâéma que dans le cirque .-^ Abolition des combats de gladiateurs. — Ravenne defienC le séjour de la cour d'Occident. — Invasion de Radagaise. -* Sa défaite et m aorL

— Révolte en Rretagne. — Constantin prend la pourpre. — Ses conquêtes dans lei Gaules.— Intrigues d^Olympius contre Stilicon. — Mort de Stilicon. — Tyrannie d'Honorins.— Marche d'Alaric contre Rome. — Tableau de Rome. — - Sn eeplbalation.~ Départ d'Alaric. — Mort de J'eunuque Eusèbe. — Marche d^AIaric contre Rome. — Soumission du sénat. — Élévation et disgrâce d'Attalë. -^ Prise de Rome par Alaric. — Mort d'Aiario.-^ Son sépulcre est crénsé dans nn flenve. — Atnnl^, beau-ft-ère d'Alaric, lui succède.-» Union d'Ataulphe et de Placidie, sœur d'Honorius. — Révolte d'Héraclien en Afrique. — Marche de Constance contre lui. — D^ faite, fuite et mort d'Héraolien.— Révolte de Gérontins eontre Constantin. — Truft de courage et mort de ce général. — Mort de Constantin et de aon fils iolien.— Mutilation et exil d'Attale. — Mort d'Ataulphe^ par la perfidie d'un ami de Sauras.

— Usurpation et cruautés de Singerie— Captivité et délivrance de Placidie. — Mort de Singerie. — Avëuement de Vallia au trône des Gotha. -^ Sea ex^IoiCa. — Honteux triomphe d'Honorius à Rome. — État de l'empire d'Orient. •— Révolte en Phrygie. — Régence d'Eudoxie en Orient. — Persécution exercée contre Chrysostome. — Mort de cet évéque. — Théodose IV ^^Is d'Eudoxie, est nommé césar et auguste — Mort d'Eudoxie.— Mort d'Arcadius. — Régence d'Anthéme en Orient.

— Régence de Pulchérie, sœur de Théodose II. — Portrait de Théodose II. — > Union de Théodo&e et d'Atbénaïs, surnommée Endoxie. — DisgrAce et mort d'Eadoxie. —Mariage de Placidie et de Constance. —Jf on de Conttanot.— Mort d'Honorius.

Lorsque les fils de Théodose montèrent sur le trône de leur père, Tempire romain, releTé par ce grand prince, nV

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yait encore perdu aucune de ses possessions. Ses limites étaient les mêmes que du temps de Constantin. Ce colosse, imposant par sa grandeur, éblouissant par sa richesse, vivait encore sur son antique renommée, et les rois des peuples barbares qui devaient bientôt le renverser, contenus par les victoires de Théodose, semblaient s'humilier devant la majesté romaine. Ils en augmentaient même légèrement Téclat, en courbant leurs fronts belliqueux au pied du trône impérial, et en sollicitant T honneur étrange d'ajouter à leur titre de prince ceux de consul, de patrice, de préfet ou de général fomain.

Mais il fallait une main bien forte pour se servir de sou* tiens si dangereux : la splendeur de T État était illusoire; % corruption des mœurs avait miné sa force ; les Barbares seuls le défendaient contre les Barbares; ils le dominaient avant de l'avoir conquis.

Rome, sans vertu, sans esprit public, sans courage, n'était ^as qu'une ombre majestueuse. Le peuple n'offrait aux regards attristés qu'une foule d'étrangers, de pauvres, d'esclaves et d'affranchis. Les grands, qui peu à peu avaient concentré ^ans leurs mains avides les fortunes des citoyens et les richesses de l'univers, fuyaient les camps, s'éloignaient des affaires, redoutaient également le poids du travail et celui des armes. Livrés avec .fureur aux voluptés, ils semblaient se hâter de consumer en festins, en spectacles et en plaisirs, leurs immenses trésors qui devaient l»entôt devenir la proie des JSarbares.

La décadence des moeurs entraîne toujours celle de l'esprit. En lisant les ouvrages des écrivains de cette époque,' on ne voit que pauvreté dans les pensées, exagération dans les éloges, servilité dans les sentiments, enflure dans les expressions et luxe dans les images.

Un empire si vaste produisait cependant encore quelques hommes remarquables par leur caractère, par leurs talents, par leur amour pour la patrie; mais les courtisans, les eunu^ quesy les affranchis, les écartaient avec soin. Les viees de la

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cour paraissaient craindre la contagion de la vertu » ef^ comme le dit un auteur du temps, c ce n'étaient point les « hommes de mérite qui manquaient aux places, c'était fl les places qui leur manquaient. »

La seule habileté que T intrigue respectât encore, c'était rhabileté militaire ; car la tyrannie a toujours besoin des armes, puisque la force lui tient lieu de droit, et que sa main de Justice n'est qu'une main de fer. Aussi l'empire, depuis Théodose, ne fut j)resque plus gouverné que par des généraux ; et comme la bravoure se trouvait alors chez les Barbares et non chez les Romains, nous verrons, jusqu'à la chute de Rome, des guerriers barbares régner sous le nom. des successeurs de Théodose.

Ce prince lui-iKïéme avait élevé aux plus grands honneurs le Vandale Stilicon, et lui avait donné pour femme sa nièce Sérène. Effrayé des dangers qui menaçaient la faiblesse do Jeone Honorius, il dit à Stiiicon dans ses derniers moments : ff Je vous lègue mon pouvoir et je vous conjure d'hériter de « mes sentiments ; chargez-vous de porter pour mon fils le « fardeau de l'empire : en vous le confiant, je meurs sans « inquiétude. Honorius peut régner tant qu'il sera soutenu i par le courage de Stilicon et guidé par sa prudence. •

£n déplorant cette triste nécessité, on doit convenir qoe le guerrier barbare justifia le choix de l'empereur. Malgré son humeur violente, sa cupidité insatiable et son ambition, Stilicon, grand capitaine, politique habile, administrateur éclairé, défendit avec succès ledépôt qui lui était confié, contint les factieux, fit trembler les intrigants, vainquit les ennemis de l'empire et jeta sur Rome un dernier rayon de gloire. ' La postérité reproche avec raison à Tfaéodose un autre choix, celui de RufiU; qui gouverna l'Orient sous Arcadius. Rufin n'eut d'autres qualités que l'adresse et l'audace : tous les vices infectaient son âme et n'y laissaient placeàaucuae vertu. Il persécuta les grands talents, proscrivit le courage, favorisa le fanatisme, opprima le peuple, ouvrit les frontières aux Barbares, fit haïr Théodose, mépriser Arcadiiis>

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