‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 18 sur 52 · L.e pape Innocent fut accusé, sans doute à tort, d'avoir · texte numérisé non relu

L.e pape Innocent fut accusé, sans doute à tort, d'avoir

toléré ces pratiques superstitieuses ; la miyoritè chrétienne

du sénat s'y opposa, et chargea Basiiiuset Jean de se rendre

dans le camp du roi des Yisigoths pour lui demander la paix.

Ces députés, s' exprimant avec une hauteur très-déplacée

q[uand les armes ne la soutiennent pas, proposent au roi de

conclure un traité, ou plutôt une capitulation honorable, et

lui déclarent en même temps que, s'il refuse d'y souscrire,

il doit se préparer à combattre cinq cent mille guerriers

exercés aux armes et animés par le désespoir.

« Plus l'herbe est serrée, et plus la faux y mord. » Telle fut la réponse d'Alaric.

Il exigea, pour la rançon de Rome, la délivrance de tous les captifs, Barbares de naissance ou d'origine, tout l'or et tout l'argent de l'État et des particuliers, et tojas les meubles

268 EMPIRE d'oBIENT. C3d5-&S5l

de prix qui décoraient les palais de la capitale. « Que laîs- « serez-vous donc aux Romains ? » répondirent les envoyés. « — La vie, » répliqua le vainqueur.

On convint d'une suspension d'armes, Alaric se radoucit et consentit à lever le siège moyennant cinq mille livres d'or, trente mille d'argent, quatre mille robes de soie, trois mille pièces de drap écarlate, trois mille livres de poivre, très-rare alors ; enfin il exigea la liberté de quarante mille captifs. On souscrivit à tout.

Alaric exécuta loyalement le traité ; maintenant une discipline rigoureuse dans ses troupes, il punit sévèrement quelques Goths qui avalent insulté des citoyens.

Bès qu'il eut reçu ce qui lui avait été promis, il s'éloigna de Kome et se retira en Toscane, où il trouva un renfort considérable de Goths et de Huns. Ainsi se termina cette campagne qui fit évanouir les antiques prestiges dont le nom de la capitale du monde était encore entouré. On peut dire que, dès qu'elle eut capitulé, Rome n'exista plus.

Les Romains ne s'étaient vus délivrés que par une trêve; il fallait conclure la paix définitive. Alaric demandait la dignité de maître-général des armées d'Occident, un subside annuel, et, de plus, exigeait qu'on igoutât à son royaume des Yisigoths, la Dalmatie, la Norique et la Vénétie.

Le sénat envoya des députés à Ravenne, chargés d'appuyer les propositions du roi; mais le ministre Olympius, qui n'avait fait aucun effprt pour soutenir Rome, rejeta les demandes d' Alaric, et renvoya les députés du sénat avec une escorte de six mille Dalmatiens qui formaient aloi*s l'élite des légions. C'était trop pour un cortège, trop peu pour un secours.

Ils furent attaqués en route par une division des Goths qui les tailla en pièces. Le général Valens, qui les commandait, ne put sauver avec lui que cent soldats. Cet échec renversa le crédit d'Olympius; il fut exilé, se releva dans la suite de cette chute, retomba de nouveau dans la disgrâce, et périt frappé de verges.

Page 1