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CHAPITRE XL

MAXIMDS, AVITUS, MAJORIEN, SÉVÈItE, ANTHÈME, OtYBBIUS» GLYCÉRIUS, JULIUS-NÉP09, AUGUSTULE, m Ocgidbict; MAR- CIEN, LÉON, ZÊNOîV, en Orient; GëNSÉRIC, RICCIMER, ORESTE

ODOACRE, GÉNÉBACX BARBABBS.

(Ans de J.-C. 455-476.)

Éléyation de Haxinms. — Mariage de M aiimus et d'Eudoxie. — Mort de l|aximu8. ~> Prise de Rome par Genséric. — Captivité d*Ettdoxie. — Élection d'Àvitus. — Exploits de Riccimer. — BépoaitioD «t mort d'ÂTitna. — Majorien est nommé empereur. — Son sage gouvernement. — Incendie de la flotte romaine. — Mort de Majorien. — Élévation de Sévère en Occident. — Élection de Léon en Orient.

— Anthème est nommé empereur. — Révolte de Riccimer. — Mort d*Anthème.

— Élération d'Olybrias. — Mort de Riccimer. — Gljcérius et Julioa-Népos se disputent le trûne d'Occident. — Règne de Népos. — Révolte d^Oreste. — Mort de Népos. -^ Règne d'Augustole. — Révolte d*Odoacre. — Abolition da titre d'empereur d'Oécident. — Chute de l'empire romain. — Dernier décret du dernier sénat romain. — Soumission d'AugnstuIe à Odoacre. — Règne d'Odoaere.

— Mort d'Avgastule»

Pétronîus Maximus, personnage consulaire, fut élu pour succéder à Valentinien ; sa grande fortune, son caractère, son amour pour la philosophie, lui concilièrent tous les suffrages. Avant de parvenir au pouvoir suprême, il en parut digne et désira le sceptre ; mais dés qu'il le posséda, il n'en sentit plus que le poids. Effrayé de tous les périls qui le me* naçaient, il dit en soupirant à Fulgentius, Tun de ses amis : « Ahl que j'envie le sort de ce Syracusain, de ce Daraoclès, « dont un seul festin vit commencer et finir le règne. »

La femme de Pétronius, nouvelle Lucrèce, n'avait pu survivre à son déshonneur : Maximus, dont la mort du tyran n'avait pas assouvi la vengeance, força la veuve de Valentinien, l'impératrice Eudoxie, de l'épouser. Lorsqu'on eut célébré ses noces, l'empereur commit l'imprudence d'avouer à sa nouvelle épouse que c'était lui qui avait dirigé contre Valen-

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tinien le poignard de ses meurtriers. L'impératrice, indignée de se voir dans les bras de l'assassin de son époox,. écri' secrètement, si l'on en croit quelques historiens, à Genséric, roi des Vandales, le conjura de venir la venger, et Tassi que le désordre qui régnait dans l'empire ne devait lui faM craindre aucun obstacle qui pût l'arrêter. Tout à coup apprit que Genséric, à la tête d'une flotte nombreuse, av] paru à l'embouchure du Tibre.

L'approche d'un ennemi excitait autrefois la fureur dai Rome, alors elle n'y répandit que la terreur,

Maximus, loin de songer à réveiller les courages, propoi lâchement au sénat de fuir avec lui. Le peuple, informé qa% veut l'abandonner, s'irrite, s'ameute. Maximus se présente à lui pour le calmer; un soldat le frappe, et la multitude fuH rieuse déchire fet traîne son corps dans les rues.

Trois jours après, Genséric et les Africains parurent aux portes de Rome. Le pape Léon, qui seul alors montrait qud-^ que fermeté, alla trouver le roi des Vandales dans son camp, et obtint de lui que Rome serait préservée de l'incendie, du pillage, et les citoyens désarmés, de la mort.

Les Africains ne respectèrent pas la parole de leur roi; ils traitèrent la ville comme s'ils l'avaient prise d'assaut. La nouvelle Carthage vengea l'ancienne, et, pendant quatorae jours et quatorze nuils, Rome livrée au pillage vit ses monuments détruits, ses maisons livrées aux flammes, ses citoyens égorgés, et fut exposée à tous les outrages que peut commettre une fureur qui se croit justifiée par tant de siècles d'humi- , liation.

On transporta dans* la patrie d'Annibal les dépouilles de sa rivale, et entre autres les trésors du temple de Salomon

(an îoo).

Eudoxie, qui avait attiré la foudre sur Rome, n'en fut pas épargnée. Regardée avec horreur par les Romains, traitée avec mépris par les vainqueurs, ils la punirent eux-mêmes de sa trahison, lui enlevèrent ses richesses et l'emmenèrent en servitude.

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Les sénateurs, les patriciens, séparés de leurs femmes, tombèrent dans les fers des Barbares, et l'on ne rendit la liberté qu*à ceux qui trouvèrent dans leurs vastes domaines le moyen de payer leur rançon.

Quoique Bome fût tombée sous les coups deGensérie, l'on pouvait dater la chute de l'empire de la mort d'Aétius. Dès que ce grand homme cessa de la soutenir par son courage et son activité, les Francs s'étendirent jusqu'aux rives de la Seine, Les Goths envahirent le centre de la Gaule. Les Saxons en infestèrent les côtes ; il ne restait aux Romains dans ces contrées que les provinces appelées aujourd'hui la Provence, le Lyonnais, l'Auvergne et le Berry.

Avitus, Gaulois, né en Auvergne et nommé au commandement des armées par Maximus, défendit quelque temps avec bravoure ces faibles restes de la grandeur romaine. Théodoric, roi des Visigoths, s'allia avec lui, le fit élire empereur par les légions, et ût confirmer son élection par Marcien, empereur d'Orient.

Genséric, après avoir saccagé Rome, dédaigna d'y régner, et retourna en Afrique, chargé de butin. Les ombres du senat et du peuple romain se soumirent, en murmurant, au nouvel empereur que Théodoric venait de leur donner; et ce choix leur semblaitun surcroît d'affront. Ils n'échappaient au joug d'un Vandale que pour voir régner sur eux un Gaulois.

Théodoric, frère et successeur de Thorismond, soutint fidèlement son allié Avitus, qu'il avait couronné; il combattit les Suèves, qui voulaient s'emparer de l'Espagne, et les détruisit presque entièrement près d'Astorga.

Avitus, fort de son appui, après avoir pacifié la Gaule, se rendit à Rome. Son gendre, le. célèbre poëte Sidonius Apol- Unaris, prononça son panégyrique en six cents vers. La puissance d«s empereurs était tombée, mais non l'habitude de la flatterie^ et ces idoles, presque renversées, recevaient encore de l'encens.

Avitus, par sa conduite, dissipa bientôt l'espoir que ses premières actions avaient fait naître. Il se livra aux volup-

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tés, et se rendît par ses excès aussi méprisable q[ue Valent nien. Un gaerrier vaillant, nommé Riccimer, commaBC alors les Goths auxiliaires, qui composaient en Italie la force réelle des Romains. Ce général, ayant attaqué et bat les Vandales, qui voulaient encore descendre en Italie, vint bientôt , par l'estime publique , le maître de f empi Dans les temps de faiblesse et de calamité, tout se rallie tour du point qui montre encore quelque force. Ric( eonnaissantle mépris qu'inspirait Avitus, marcha contre! le vainquit dans un combat près de Plaisance, le fit pris nier, le déposa et lui laissa la vie; mais pour l'empêcher reprendre le sceptre, il le força d'entrer dans les ordres crés, et d'accepter Tévêché de Plaisance.

Peu de jours après, Avitus, instruit que le sénat voulait! faire mourir, prit la fuite pour se retirer en Auvergne, périt en route.

En traçant le triste tableau de la décadence de Fempi nous sommes arrivés au moment où les événements ne m offrent plus que l'histoire de quelques illustres Barbares, lieu de celle des Romains. Les consuls n'ont point d'aal rite, les empereurs ne sont que des fantômes, le sénat fu'i vieux monument détruit; les légions ne présentent plus nos regards que des soldats étrangers , et le peuple-roi enfin si avili, que les conquérants qui le foulent aux pic dédaignent de le gouverner.

Rlccimer, né parmi les Suèves , gendre du fameux ValB| et compagnon d'armes d'Aétius, ordonna au sénat roroali d'élire pour empereur Majorien. Ce choix était tel qu'on de» vait l'attendre d'un guerrier si respecté. Le célèbre Aétirtf avait récompensé son mérite et ses brillantes actions paf^ avancement rapide. Revêtu de la pourpre, il répondît para Justice et son courage à l'attente publique. Procope et même Sidonius ApoUinaris font en peu de mots un grand éloge de ce prince : « Il fut , disent-ils , chéri par les Romains et re- « dotité par leurs ennemis. 9 Il écrivit en ces termes au sénat : « Je ne désirais point

I. une élévation qui me place au milieu de tant de périls ; Imais c'est précisément lorsque le trône devient un poste si

Eingereux que j'aurais cru, en le refusant, montrer une cheté indigne dhin Eomain. Loin d'oublier au faite du l^uvoir suprême que j'étais votre collègue , je regarderai ^toujours comme un honneur de faire partie de cet Illustre ftorps. Je vous invite tous à m'assister dans la plus noble

Entreprise: nK)n but est de rendre au peuple romain sa foire et sa prospérité ; et, pour y parvenir, je dois, avec h votre appui, réformer les mœurs, redonner à la justice non ancienne vigueur , et faire en sorte que la vertu, defpuis si longtemps opprimée , non*seulement cesse d'être à suspecte, mais redevienne au contraire le seul moyen d'ob*

E tenir notre faveur et les hautes dignités de l'État. » Tous ses actes prouvèrent la sagesse de son caractère : il PQinua les impôts , réprima le luxe , remplit les trésors par f\ économies, répara les édifices publics, et s'opposa par s édits sévères à leur dégradation. ' On ne doit point croire que la fureur des Barbares eût it tout ce que Eome avait perdu; les Romains euxes, devenus pauvres et indifférents pour leur gloire pase, démolissaient ces nobles édifices pour bâtir à moins de s leurs maisons. Ainsi Rome, qui s'était elle-même moraent perdue par sa dépravation , se détruisit matérielle- 'ment de ses propres mains.

f Majorien, loin d'imiter l'indolence de ses prédécesseurs ,

te,bita peu le palais de Ravenne. On revit enfin un empereur

-isns les camps; il y ramena la discipline; son exemple y fit

I lenaitre le courage. A la tête de ses légions, il attaqua, près

w Lyris, les troupes du ^oi des Vandales, les battit, et tqa

I k beau-firèrede Genséric. Il voulait, après cette victoire,

porter ses armes en Afrique ; mais aucun Romain n'osa sui^

*re ce nouveau Scipion. Les Barbares seuls restèrent sous

«^ enseignes.

Cependant une nouvelle guerre exerça son activité. Théodoric, roi des Visigoths, voulait venger son protégé AvitUf.

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Il marcha contre les Romains dans la Gaule, et, malgré les vaillants efforts d'iEgidius , lieutenant de Majorîen , qui le repoussa plusieurs fois; il forma le siège de Lyon. L'empereur traversa les Alpes, et, après quelques succès qui rappelèrent aux Visigoths que Rome existait encore , il conclut la paix avec Théodoric, et revint en Italie.

Une volonté ferme crée des ressources, lorsque la faiblesse ies croit toutes épuisées. M ajorien trouva moyen, en peu de temps, de construire un grand nombre de vaisseaux , et de rassembler une forte armée.

Sa flotte était réunie dans le port de Carthagène; l'empereur y conduisait des troupes , et se préparait à descendre en Afrique. Genséric, alarmé de ces dispositions, voulut traiter avec lui ; mais les excès commis dans Rome par les Vandales avaient rendu Majorien inflexible. Il prit le langage des anciens consuls, et refusa tout accommodement. Le roi des Vandales, ne pouvant détourner cet orage par la négociation, et craignant le sort des armes dans une pareille lutte centime un guerrier si habile et jusque-là si heureux, employa Tartifice pour le vaincre; il trouva des traîtres qui livrèrent aux flammes la flotte romaine, et détruisirent en une nuit l'ouvrage de trois années. Après ce succès dû à la perfidie , il renouvela ses offres de paix, et la nécessité contraignit Majorien de les accepter.

A son retour en Italie, il trouva d'autres péi41s, qu'aucun courage ne pouvait éviter. Tous les hommes corrompus haïssaient la sévérité d'un prince qui voulait réformer les mœui*s. Les soldats, accoutumés à la licence, supportaient impatiemment le joug de la discipline; enfin on prétend que Riccimier lui-même voyait avec peine qu'au lieu de couronner un de ses lieutenants, il avait donné aux Romains un véritable empereur, qui savait être reconnaissant, et non dépendant. Lorsque Majorien revint dans son camp à Tortone, tous ces mécontents y excitèrent une sédition, au milieu de laqueHe l'empereur périt assassiné» On répandit le bruit qu'il était mort d'une dyssenteriç.

â^iin ANTHÂMB. )25

Les homme» vertacnx le regrettèrent, et lui élevèrent un ibeau dont la simplicité contrastait avec la magnificence monuments <pie la flatterie et la servitude avaient érigés ir tant de méprisables tyrans (an 464). Les uns et les autres ont cédé au temps ; les annales de ire, monuments plus durables, conservèrent avec houle nom du dernier prince qui ait porté avec gloire la tronne d'un empereur et le glaive d'un général romain. LiTius Sévère fut proclamé auguste par les ordres de Ricir, qui régna sous son nom; mais, en le décorant du diale, son protecteur ne put le tirer de Tobscurité. I^ Alpes devinrent les bornes de l'empire; cependant rceilin défendait encore la Dalmatie, mais pour se rendre iépendant. Dans les Gaules, le brave JËgidius, qui avait è une révolte en Armorique , soutenait encore le nom . ^gidius, dévoué à Majorien, se déclara l'ennemi »rtel de ses meurtriers. Les Francs, qui regardaient tours la valeur comme le plus noble des titres et la première vertus, déposaât leur prince, offrirent leur couronne à héros, qui les avait souvent vaincus. iEgidius l'accepta ; bientôt, las de gouverner ce peuple impétueux et mo- ) U rendit le sceptre à la famille de Mérovée, et mourut de temps après. On soupçonna Riccimer de l'avoir fait ipoisonner.

Les Vandales, délivrés de la crainte que Majorien leur %it iaspirée, dévastaient les côtes de l'Italie, et menaçaient ome d'une nouvelle invasion. Genséric, ayant forcé Fimlêratrice Eudoxie , sa captive , d'épouser son fils Hunéric , ivit l'exemple d'Attila, et voulut que le peuple romain lui ^dàt un vaste territoire, comme dot de cette princesse. J'iccimer, réduit aux seules forces de l'Italie, ne pouvait rester à un ennemi si formidable, s'il n'était secouru par l'empereur d'Orient, et pour obtenir cet appui, il fallait céder i 'a cour de Constantinople le vain honneur de nommer un empereur d'Occident.

Marcien était mort, ainsi que Pulchérie. Aspar, le plus

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puissant des dignitaires de T empire, aurait, pour hi! sueeè» der, réuni tous les suffrages s'il n'eût pas été arien. Mali, prévoyant que cet obstaclo ne lui permettrait point de rè» gner paisiblement , il fit élire par le sénat son intendant Léon, espérant que, par ce choix, il conserverait la réaBti j de la puissance , et ne laisserait à sa créature qu'un tsM titre. !

Léon trompa son attente. Dès qu'il se vit sur le trône, s' étant ménagé l'appui d'un corps d'Isauriens, ses compa* triotes, il secoua le Joug de son protecteur, et acquit ^ par cette heureuse audace, le surnom de Grand» Au reste, il dtff moins ce titre à ses actions , qui eurent peu d'éclat, qu'A la reconnaissance du clergé catholique , dont il favorisa cou» ' stamment la puissance. Sous son règne, les prêtres eurent' un grand crédit; l'habit ecclésiastique fut préféré à ThaMI militaire, à celui de cour, et l'on vit même, contre la coutume, plusieurs illustres personnages, et entre autres le grand* chambellan , prendre le vêtement monastique sans quitter leurs charges.

Léon répondit favorablement aux vœux du sénat et du peuple romain, qui lui demandaient un empereur ; il donna la pourpre à Anthème, gendre de Marcien, et promit d'unir ses forces à celles de Kiceimer , pour enlever l'Afrique aox Vandales.

Anthème vint à Rome ; le sénat, le peuple , et les vrais maîtres de l'empire, les Barbares, confirmèrent son élection.

Le nouvel empereur donna sa fille à Riccimer. Sidonios ApolUnaris, dont la muse était accoutumée à louer tour à tour tous les césars qui paraissaient et disparaissaient si promptement sur le trône , obtint d'abord la préfecture de Rome, et la quitta ensmte pour l'évêché de Ciermont en Auvergne.

Anthème était pieux, mais tolérant, et son indulgence poar les païens, qui lui mérita les éloges de l'histoire, lui attira les reproches du pape Libère, successeur de Léon.

Les deux empereurs firent de prodigieux efforts pour w-

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