‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 22 sur 52 · M76] LÉON · texte numérisé non relu

M76] LÉON

jfnrer Je succès de la guerre d'Afrique. L'ambition de Genfliric avait trop prouvé qu'il fallait encore que Kome ou fbrthage fût détruite.

I^MarceUin battit les Vandales et les chassa de Sardaigne.

Méraclius remporta une victoire sur les troupes de Genséric,

pès de Tripoli ; enfin, Basiliscus ayant conduit sur les côtes

pf Afrique la flotte de Tempereur d'Orient, composée de

cents vaisseaux, les deux années impériales réunies li-

nt bataille aux Vandales et les mirent en fuite.

Si les généraux, plus habiles, avaient su profiter de ce suc-

, Garthage, consternée , serait encore tombée sous leurs

ps; mais ils perdirent du temps et accordèrent à Genséric

trêve de cinq jours. Ce prince artificieux , qui savait

i bien se servir de Tor que du fer, achète encore des

très qui lui livrent la flotte; elle est attaquée, surprise,

ndièe ; Basiliscus prend la fuite ; Héraclius et Marceilin

retirent ; Genséric recouvre l'empire des mers, s'empare

'le la Sicile, et rejette en Italie la terreur que ce grand ar-

ftement des deux empereurs avait répandue en Afrique.

j Aumilien de ces revers, Anthème montra du courage.

I Je suis le seul homme de l'empire , disait-il , pour qui je

* n'appréhende rien ; je ne crains que pour le salut de l'État;

< c'est le seul genre de crainte permis à un souverain. »

Un des plus grands malheurs qui suivent souvent les re^ vcfs, c'est la division qu'ils jettent dans les États; ils rom- V^X presque toujours l'union, dont ils devraient faire sentir i& nécessité. Anthème et Kiccimer se brouillèrent dès que la feïtune se déclara contre eux. Le général, las d'obéir, leva ^ûs Milan l'étendard de la révolte, se déclara indépendant, tfompa l'empereur par une fausse réconciliation, rassembla tontes ses forces et marcha contre Rome.

Anthème, digne de régner, puisqu'il sut combattre et i^nrir, se défendit pendant trois mois à la tète d'un peuple ^ont son exemple pouvait difficilement soutenir le courage. Rieelmer, qui commandait des hommes plus aguerris, fran- (^bit enfin 1^ remparts de la capitale, fit massacrer son beau-

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père, livra la ville à la cupidité de ses soldats, et plaça le trône Olybrius, de la famille Anitienne, et qui avait époi Placidie, la dernière fille de Yalentinien. Ce fantôme prince, dont la nom est devenu un titre de mépris, ne et ne vécut que sept mois sur le trône.

Borne fut bientôt délivrée de Riccimer; peu de temps aj sa victoire et son crime, il périt, laissant le renom d'un capitaine, mais d'un politique perfide. Il avait donné et pris qaatre fols l'empire d'Occident, qu'il défendit en brai soldat et gouverna en tyran.

Dans le même temps, l'impératrice d'Orient, Vérine, cida son époux Léon à donner l'empire d'Occident à son veu Julius Népos, qui gouvernait la Dalmatie. Népos eut combattre un concurrent, Glycérius, nommé par ks Boi guignons; car alors tout le monde, excepté Rome, dis] de l'empire Romain. Népos demeura vainqueur, fut reconi en Italie ainsi que par le peuple des villes de la Ganie, qui obéissaient encore à l'ombre de l'autorité romaine. Sonr^Bè"! fat coui*t, et fit regretter aux Romains qu'il n'eût pas duré ' plus longtemps , car ce prince était Juste et brave.

Cependant, pour trouver un appui contre les Vandates^ Népos céda l'Auvergne aux Yisigoths. Il faisait sa résidence dans Ravenne. Oreste, patricien, qui commandait à Rome les Goths auxiliaires, se révolta contrel'empereur et conduisit ses troupes aux portes de Ravenne. Népos, attaqué par ceux qui devaient le défendre, se vit obligé de fuir en Dalmatie. Cinq ans après il y périt, assassiné par l'évéque de Salone, qui obtint pour prix de ce crime le siège épiscopal de Milan.

Oreste, autrefois secrétaire d'Attila, ambassadeur de ce roi des Huns à Gonstantinople, et parvenu au grade de général par la faveur de ce même Népos qu'il détrôna, refusa de porter la couronne qu'il venait d'arracher, et la donna à son fils Augustule. Les Barbares, qui favorisaient cette usurpation, exigèrent pour récompense le tiers des terres de l'Italie. Oreste crut pouvoir pcgrler en maître; il reâm d'accé"

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der à leur demande, et ne tarda pas à éprouver combien un crime nous rend dépendants de nos complices. Il avait trahi son bienfaiteur, son chef, et, à son tour, il invoqua vainement la fidélité de ceux que son exemple avait séduits.

Un autre secrétaire d'Attila, né parmi les Huns, Odoacre, iilsd'Ëdécon, souleva contre Oreste tous les Barbares qui se • trouvaient en Italie. Illeur prouva facilement que c'était désormais à eux à posséder les terres que tant de fois leurs armes avaient conquises et défendues. Ils accoururent tous à sa voix, assiégèrent Oreste dans Favîe, le prirent et le massacrèrent.

Odoacre résolut d'abolir le tRre d'empereur d'Occident. Cette grande révolution se fit sans résistance, sans coq^bats; et ce colosse romain, qui avait si longtemps fatigué la terre de son poids, miné par le temps, abattu parle malheur, détruit par la corruption, sembla tomber en poudre h la voix d' Odoacre, comme les corps frappés par la foudre (an 476). Le Barbare ne daigna pas, pour renverser le trône romain, tirer son glaive; il ordonna au faible Augustule d'abdiquer, et, ménageant lescoutumes d'un peuple dont il anéantissait l'existence, il employa les formes ée l'antique constitution pour la détruire. Le sénat, convoqué, et paraissant délibérer pour la dernière fois, reconnut l'Inutilité de la division des deux couronnes, transféra le siège de l'empire à Gonstantlnople, renonça formellement à tout droit de gouvernement et d'élection, et écrivit à Tempereur d'Orient, successeur de Léon, pour lui recommander Odoacre, et pour l'inviter à revêtir ce guerrier de l'autorité suprême en Ralie, sous le nom de patrice. Tel fut le dernier décret du dernier sénat de Rome.

Zenon le reçut avec indignation, et répondit aux sénateurs: « Vous aviez deux empereurs, Anthème et Népos ; 4' un a « péri victime de votre lâcheté, vous avez éhassé l'autre;' « tant que celui-ci vivra, il sera votre souverain, et je n'en « veux point reconnaître d'autre. »

L'empereur d'Orient, après avoir cédé à ce premier mou-

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veraent; ne tarda pas à changer de langage ; et, soit qa'il n^ lai fût pas possible de vaincre les Goths, et de relever RoMÉ de sa chute, soit qae son orgueil fût flatté de se voir sd|| revêtu du titre S empereur romain^ il négocia avec OdoacrtÇ et, se contentant d'une suprématie illusoire, le laissa, comme il le voulait, fnaître de Tltalie. \

Augustùle, remarquable par sa beauté, n'avait reçu deto nature et de Téducation aucune vertu. L'apparition de et* prince sur le trône fut si courte, que son nom serait depuis longtemps oublié, s'il ne rappelait pas la chute de l'empir* d'pccident.

'Odoacre méprisait trop ee monarque dégradé pour lecntiadre; lui laissant la vie, il l'exila de Kome avec sa fim9ifle*j Plus éclairé que les autres Barbares, Odoacre respecta led institutions de cette Rome dont il détruisait l'indépendance; régnant sur son tombeau, il parut encore révérer son ombre. Sept ans après la ruine de l'empire, il rétablit le consulat, fit exécuter en Italie les lois des empereurs, et, pour trtmiper par quelques glorieux «puvenirs ce peuple humilié, il lai donna le spectacle d'un triomphe. Les Romains avilis en jouirent, oubliant^ue ce n'était plus pour eux la solennité . de la victoire, mais ^elle de la servitude.

Le dernier empereur romain, Augustùle, termina ses jours en Gampanie, dans la maison de LucuUus. Ainsi, ce palids dont le luxe avait autrefois signalé la première époque deli • décadence des mœurs, servit d'asile au prince qui, par sa faiblesse et par sa lâcheté, laissa s'écrouler sous lui le premier trône du monde ; et ce monument de la corruption romaitie sembla doublement alors rappeler aux hommes cette vérité : « que les empires comme les républiques tombent, « lorsque la vertu eesse de les soutenir. 9

Augustùle avait reçu de son grand-père maternel le surnom de Romulus; la fortune de son père lui fit décerner celui d'itffuste : ainsi, par un sort étrange, le monarque soi» lequel la capitale du monde périt rappelait à sa mémoire les nomf glorieux de son premier roi et de son premier empereur.

^a-àWi ZENON. d34

I^^^pire d'Ôeeideot avctit subsisté cinq cent six ans, si jy^esâ pour époque de son eommencement la bataille «iom^ douze cent vingt-neuf ans depuis la fondation de

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