‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 23 sur 52 · ZENON · texte numérisé non relu

ZENON

,, (Ans de J.-G. 47M91.}

Chite de Penpife d*OccideQt. •— Tabletn des éTénemeott entérienrt à eette chote. —Prétention d'Aspar aa pquToir. — Élection de Léon par le sénat. — Élération f Anthème an trône. -— Zenon est consol. — Canie de sa haine contre les catholi- •!*<*• ^ ÉTénemento dans la Gaale. ^ Eérolte parmi le peuple. » Conspiralion L d'ispar contre Léon. — Eruption du Yétare. — Mort d'Anthème. •- Ses sncoesr Min Olyirias, Glycérins, Jalins Népos. — Léon II est nommé aagnste. — Mort de [ ^B !«■.... aégence de Xénon. — Son éléyation au trône. -*- Mort de son fils. — : IflOM abauloftnétt par Zén»a* — Èlération d'Odoaore «n Italie. ^ InTasion des Wbares. — Ambassade de Sétère. — Conspiration de Vérine contre Zenon, en ^tnr de Basiliscns. — Faite de Zenon. — Basilisovs est empereur. — Rérolte fOBtre loi. •«- Lâcheté de témon, -~ Mort de BasUiseas. •» Traité de paix entre ZiaSnet les deus Tbéodork. — Conspiration de Marcien contre Zenon. -—Moi t de Théodorio le Lonche. — Théodor|c TAmale.— • Êdit appelé Vhénotique. ^ Èdit de Térine. -^ Tieloires de Théodoric. — Marche de Théodoric contre Zenon. — ^ ^ , ifiv «atreyae. ^ Cession de PlMiie à Théodoric. — Gnerre entre Odoacre et ftéodoric. ~ Victoire de Théodoric. — Ifonyelle attaque d'Odoaore. — Sa défaite «t H fuite. -* Mort d'Odoaore par It' perfidie de Théodoric. ^ Théodoric est roi .ffi fHtlie. ..gos gourert^Ment. -^ Son entrée trioaphale dans Rome. -—Sa ^ ^ttdiiite politique. — Cr^ de Ilmpératrice Ariane. -* Mort de Zenon.

Vmatkjgre d'Occident, après une résistance plus prolongée Vx sa renomniée ^pp par sa force, venait de tomber sous les ^^ps des Barbares. Us se partageaient ses dépouilles, fonteenft imr SCS débris les royaumes de la nouveUe Europe, et, ^rès avoir abattu les empereurs romains, dédaignaient de prendre ce titre, trop avili par les derniers princes qui Taraient porté.

Ia chute de Home est la grande époque qui sépare This- ^ M^ienne de Thistoire moderne. Gëlle-ci commence au %ie ffbdoacre en Italie et de Zenon en Orient (an 476). Un QoiiYeaa moade, de nouilles puissances, des mœurs nou-

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Telles vont s'offrir à nos regards : les antiques instftai ont péri; une autre religicfn règne sur les esprits; partoul disparu Tamour et jusqu'au souvenir de la liberté : ne nous donne plus nulle part des vertus civiques àconi pkeç; les peuples n'ont plus de droits, l'État se concentre îfteour; Pautorité des princes n'est limitée que par cdie grands et par l'ambition des prêtres; les nations tombent la servitude, on ne leur, recommande d'autre ¥ertu que béissance; et, pendant plusieurs siècles, ces peuples veaux, plongés dans l'ignorance, courbés sous le despo ne brilleront dans nos récUs que par l'éclat des armes.

La tyrannie éloigne du sénat, du palais, de la tribune, lumières, l'éloquence ; et l'on aurait vu disparaître to ment dans cette nuit profonde les sciences et m^e Vh neur, si les unes ne s'étaient pas réfugiées dans les clo de quelques studieux solitaires, et l'autre sous les tentes d guecriers. .

Pour M'aconter avec quelque ordre les événements méiao» xabtes de cette nouvelle époque, ayant écrit Jusqu'à l'histoire des successeurs du grand Constantin, nous n' intertomprons pas le cours ; et nous allons les suivre l'Orient, où nous les verrons, conservant avec une fidNe' puissance de hautes prétentions, garder longtemps I^^MA d'empereurs romains, que peu soutinrent par un caractère et des actions dignes d'un tel titre.

Nous continuerons le récit de leur 4lécadMee jusqo'ct moment où Mahomet II renversa leur, trône, Vempara àt Constantinople, abattit la croix, fit triompher le croissant, et soumit tout l'Orient aux erreuis et au despotisme barbare de l'Alcoran,

Nous reviendrons ensuite porter dans l'Occident nos regards sur la France, qui, la première, sortant des ténèbres et de la barbarie^ s'éleva .glweusement sur les débris de Bome, et fonda par le génie de Charlemagne le nouvel empire d'Occident.

Avant de commencer le règne de Zenon, premier aiifcreiur

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Orient de cette nouvelle époque, nous rappellerons en peu

mots les événements qui avaient précédé son élévation ;

nements dont les grandes révolutions qui changèrent la

de ritalie nous avaient forcé d'interrompre la suite.

Après la mort de l'empereur Marcien, Thomme le plus

ant dans les camps, dans les conseils et à la cour, était

ar, né parmi les Âlains. Parvenu aux plus grands hon-

par son courage, il aspirait à l'empire et s'en croyait

ne; mais comme il professait Tarianisme, craignant l'op-

ition du peuple et d'une grande partie du sénat zélé

pour l'orthodoxie, il espéra gouverner l'État sans porter la

uronne, et ût élire empereur l'intendant de ses domaines,

n. Ce domestique couronné lui promit une fidèle obéis-

ce, et s'engagea à décerner le titre de césar à l'un de ses

fils.

Léoiiy proclamé parle sénat, voulu donner à son élection imprévue une sanction sacrée : le patriarche Anatole le couronna, et ce fut la première fois qu'on vit un évéque dispo« r en quelque sorte du diadème.

Dès que Léon fut sur le trône, il se rendit indépendant 'Aspar, qui s'aperçut trop tard qu'il s'était donné un maître. Léon, versé dans les lettres, avait la finesse d'un Grec, la - prudence d'un courtisan. Le désordre des finances, qu'il voup lut réparer, le fit taxer d'avarice. Sa position et les mœurs du temps le rendirent quelquefois cruel : pendant tout son .lègue, il se soutint plus par l'intrigue que par la force, et maintint la sûreté de l'empire plutôt en divisant ses ennemis qu'en les combattant.

Sa femme Vérine, tant qu'il vécut, joua la vertu par ambition, et se livra à la débauche dès qu'elle devint veuve.

La première fois que ses armées combattirent, la fortune couronna leurs efiTorts, et ses légions remportèrent une grande victoire sur les Huns, qui avaient envahi le Pont.

Les hérésies troublaient toujours le repos de l'Egypte et de l'Asie. On demandait à grands cris dans ces provinces un nouveau concile : l'empereur, d'accord avec le pape et les

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métropolitains, déclara qu'on devait se soumettre aux dé<»^ sions du concile de Ghalcédoine.

Les Ostrogoths renouvelaient la guerre en Illyrie : Anthème, gendre de Marcien, les défit et les obligea de conclure la paix. Cependant Léon, malgré cette victoire, se soumit par le traité à payer un tribut annuel de 300 livres d'or.

Les princes faibles oublient qu'acheter la paix, c'est 6B* courager la guerre.

Les Ostrogoths lui donnèrent en otage le Jeune prince Théodoric, âgé alors de huit ans. Cet enfant devint un grand honmie : sa captivité ne fut peut-être pas une des moindres causes de sa fortune; et probablement il acquit, dans les écoles de Byzance et dans les camps romains, les lumières qui le firent dans la suite briller avec tant d'éclat, et qui le rendirent vainqueur d'Odoacre et de l'Italie.

Dans ce même temps Gonstantinople revit dans ses murs la veuve de Valentinien et sa fille Placidie, que Genséric, roi des Vandales, lui renvoya. Ge roi barbare avait retenu dans ses États une autre princesse, Eudoxie, soeur de Placidie : fi l'avait forcée à épouser son filsHunéric: mais cette reine, qui détestait i'arianisme, secoua son joug, descendit du trône, et, préférant le cloître au palais, prit la fuite et vint finir ses Jours à Jérusalem.

Un zèle aveugle pour la religion, dont on défendait avee chaleur les dogmes et dont on violait avec audace les préceptes, s'était alors emparé de tous les esprits; dans l'Orient les camps seraient devenus déserts, si on ne les eût remplis de Barbares soldés. Les couvents se multipliaient, se peuplaient d'oisifs et de mystiques; et, lorsque l'empereur ne pouvait lever une armée capable de reconquérir l'Afriqae, l'Espagne, la Gaule et l'Italie, il voyait se former et s'enrickir des communautés religieuses, ^ont quelques-unes étalent composées de quarante mille moines. Avec un tel esprit, le chef de l'empire pouvait plutôt prier que régner, et négocier que combattre.

Dans l'intention de sauver Rome, au lieu de faire marcher

^(hmi ztiNOir. 335

l^fiémoïc, U env(^a des ambassadeurs à Gensérlc, et ne fhda Biccimer que par de faibles mesures. Une fois seuenty réunissant toutes les forces de Tempire, il tenta un d effort poui* chasser d'Afrique les Vandales; mais, au de choisir pour une telle expédition le plus habile des ux^ cédant aux instances de sa femme, il confia à son B-frère Basiilscus la flotte et Tannée.

Les aigles romaines reyoient les côtes de Garthage. Le sou* v^nlr de l'antique gloire réveille les légions ; elles battent et mettent en fuit^ les Barbares. Au lieu de profiter de la terreur répandue parce succès, Basiliscus, qui préférait Targent à f honneur, accorde imprudemment une trêve. Genséric le trompe, séduit ses officiers, disperse les Bomains, détruit leur flotte et force Basiliscus à chercher son salut dans la fuite.

U osa reparaître àConstantinople. Le peuple demandait sa lûort; pour le sauver, Vérine et Aspar le firent condamner à l'exil.

Uae autre armée impériale fut battue, en voulant défendre '^ Squires contre les Goths. Le fils d'Attila, fondant son espoir sur la faiblesse de Tempire, marcha eontre Constant!i^ople; mais les Bomains, soutenus alors par Valamire, roi des Goths, enveloppèrent les Huns et les exterminèrent. Va- ^ire pérît dans le combat. Les Goths vengèrent sa mort ^ Bn affreux carnage, et choisirent pour lui sttecéder son frère Théodoric.

Anthème avait puissamment contribué à cette victoire ptr son courage. On lui devait le retour de la discipline dans tes camps : l'empire d'Occident fut, comme nous l'avons dit,

sft récompense.

Constantinople, aussi corrompue, aussi mal gouvernée que

Home, ne semblait pas alors plus éloignée de sa chute que

J'aneienne capitale du monde ; la division de ses ennemis la

sauva.

la Perse était déchirée par UBie guerre civile. Hormisdas ^tPéiose se disputaient la couronne; Péroie-enfin l'emporta. ^ bientôt il se vit attaqué par les Huns ; et, après pbi-

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sieurs combats, trop faible pourries vaincre, ilvoidut tromper, et obtint la paix en promettant la main de sa à Concba, leur roi. Une esclave richement parée fut envoyé à ce roi barbare au lieu de la princesse; elle avait Juré ne point trahir ce secret : Famour la fit manquer à ce ment, elle avoua tout; comme elle était jeune et belle, It lui pardonna; mais, résolu de se venger de Pérose, il le pi de lui envoyer, pour le seconder dans une expédition qu'i projetait, trois cents de ses meilleurs officiers. Lorsqu'i arrivèrent, une partie fut massacrée, et Ton renvoya le» autres à leur maître avec les deux mains coupées.

La guerre recommença des deux côtés avec fureur, de sorte que les Perses, loin de pouvoir troubler le repos de l'empire, ne s'occupèrent qu'à gagner l'amitié de Léon; ils sollicitèrent son appui et n'en reçurent que d'illasofres promesses.

Basiliscus, faible à la guerre, audacieux à la cour, Mb d'être abattu par ses défaites et par son exil, remuait par ses intrigues tous les hommes corrompus de l'empire. L'impératrice Vérine et l'orgueilleux Aspar le soutena^nt. Ce patrice, ne pouvant s'accoutumer à la domination de son ancien intendant, reprochait à Léon son manque de foi comme une bassesse qui le rendait indigne du trône. « S'il est pea « convenable à un prince, répondit Léon, de paraître ingrat, « Il le serait encore moins pour un empereur de se soumettre « en esclave à un ambitieux. »

L'empereur, inquiet de tous ces complots, cherchait un appui contre eux, il voulut s'attacher le peuple le plus remuant et le plus belliqueux de l'empire, les Isaures, qui, depuis Pompée, sortant fréquemment de leurs retraites inexpugnables et du fond de la Gilicie, avaient sans cesse porté sur toutes les côtes et dans toutes les provinces la terreur de leurs armes.

Il existait alors dans ce pays un prince nommé Tarasiscodicée, puissant pari' ancienneté et par le crédit de sa famille. Quoiqu'il fût contrefait de corps, médiocre d'esprit, et sans

[àlô-ÂHJ ZENON. 337

urage ni élévatioD d'âme, Tempereur lui donna en mariage,

ûUe Ariane, lecréapatrice, lui fit porter le nom de Zenon,

omma consul et lui confiai le commandement des armées

ient.

.LasGoths venaient de faire une incursion en Thrace : le

iDQVieau patrice marcha contre eux. Aspar et Basiliscus,

ieux de son élévation, gagnèrent dans son armée un grand

JKombre d'offîeiers et de soldats qui promirent de Tassas-

Maer.

f ^-ïénon, informé de ce complot, ne put s'y soustraire que ■piar la fuite : il se sauva d'abord à Sardique, et de là à An- ^lioche (an 469). 11 s'y laissa séduire par un moine nommé \ Pierre le foulon, chassé de son monastère pour ses débauches. l'Asie était alors en proie aux querelles religieuses et à l'esprit de parti ; toute la subtilité des Grecs était occupée à soihiitiquer sur les mystères : les ariens niaient la divinité du Terbe; les nestoi^ens reconnaissaient deux personnes dans Jésus-Christ, les eutychéens ne lui accordaient qu'une seule Bature ; toutes les familles se divisaient pour ces énigmes ; le sang coulait pour ces absurdités. Zenon, subjugué par le Moine qui professait ardemment ces hérésies, chassa d'Antioche Martyrius, évéque orthodoxe. Léon prit le parti de i'èyêque, exila le moine, défendit les catholiques, et interdit sévèrement, dans l'étendue de l'empire, tout travail, tout commerce, tout spectacle, les dimanches et les jours de fêtes. De là naquit cette haine implacable de Zenon contre les catholiques, qu'il persécuta tout le temps de son rxègne.

Tandis que l'etopire romain, courbé en Italie sous le joug des Barbares^ était déchiré en Orient par les discordes religieuses, il perdait dans la Gaule les faibles débris de sa puissance. Ghildéric, roi des Francs, étendait chaque jour ses conquêtes; bientôt les Bourguignons portèrent leurs armes depuis Dijon jusqu'aux rives de l'iser. Gondebaud, chassé par ses frères , se sauva en Italie , épousa la fille de Riccimer, revint avec une forte armée dans les Gaules, reconquit son trône, massacra les princes qui l'avaient forcé de fuir, et

338 EMPiBE d'oaient. U7ê-Ml

n'épargna que les deux ûliei de Chilpérie. L'one d'elles prit le voile; la deuxième, élevée à la cour de son oncle, fat li célèbre Clotilde, qui épousa Glovis et convertit ton époui et la France*

Le ftdble Léon apprenaitavec indifférence ces événements, dont il ne pouvait rompre ni retarder le cours ; entouré de complots et dHntrigues, il se soutenait à peine sur un tiéne I chancelant. Importuné sans cesse par Aspar, il céda à ses Instances, à ses menaces , et nomma ^sar Tun de ses Mê^ qui s'appelait Patricius. Son choix ne puttomber surraloi, Artabure, parce qu'il était arien. Gomme on croyait tout» cette famille livrée à Thérésie, le peuple, excité par les prè^ | très, se révolte , s'arme , et veut massacrer le nouveau Cé^* | sar, que Tempereur enferme dans son palais. i

Aspar, afin d'échapper à la fureur de la multitude, s'é-.H tait reflué dans une église. L'empereur ne put apaiser celte sédition qu'en faisant déclarer solennellement au peuple, par le patriarche, que Patricius avait réellement embrassé Ift foi catholique.

La reconnaissance est un sentiment étranger aa cœur des ambitieux. Aspar et ses fils , pressés de régner , conspirent contre l'empereur. Léon en est informé, dissimule son ressentiment, les invite à venir dans son palais et les feitégorger. Patricius seul trouva moyen de s'échapper. L'emperear confisqua les biens de cette famille puissante, dont la niifi^ fonda la fortune de Zenon.

Aspar, comme chef de la milice, avait un ^and part! dam les troupes. Ostrya, commandant les Goths auxiliaires, voiilut le venger, attaqua le palais hnpérial et fut repoussé p^ les gardes.

La multitude, qui déteste les grands en faveur, s'intéresse à eux dès qu'ils sont disgraciés. Elle applaudit box efforts d' Ostrya et plaignit Aspar, qui, disait-elle, environné de tant d'amis dans les jours de sa puissance, n'en avait conservé qu'un après sa mort.

Théodoric le Louche, roi des Ostrogoths, avait épousé

(A7MM] ZBHON. SI9

«ne nièce d'Aspar : il prit le parti d'Ostiya, dédara la guerre, I ravagea pendant deux ans la Thrace et porta ses armes Jusqu'au pied des murs de Gonstantinople.

Léon, craignant alors que Théodémir^ roi des Goths, établi I en Pannonîe^ et qui venait de vaincre les Suèves, ne se jol- L gnft aux Ostrogoths, sollicita son amitié, lui fit offrir des { présents magnifiques et lui renvoya son fils, le Jeune Théojr A)ric, alors âgé de dix-huit ans, et qui depuis dix années ^ était resté en otage à Gonstantinople. f. Tous les grands caractères sont généreux : Théodorie, [ pour prouver sa reconnaissance à Léon, lève à Tinsu de son i :|ère six nulle volontaires, attaque Babay, roi des Sarmates, (Qi s'était emparé de la haute Mésie, le défait, le tue et veut Tendre cette province à Fempire. Mais Théodémir, en louant ■ses exploits, garda sa conquête, et Tempereur la lui céda

Jpoinr conserver Tailiance d'un voisin si formidable. Ce fut à cette époque (47^ ) qu'on vit à Naples une si forte i^ éruption du Vésuve, que les cendres lancées par ce volcan '' fofent portées jusqu'à Gonstantinopie. i L'Italie échappait alors à l'influence de l'empire d'Orient. 1 iiccimer, craignant le sort d'Aspar, avait tué l'empereur de

lome, Anthème. Olybrius lui avait succédé, et Glyeérius , venait de remplacer celui-ci en bravant le courroux de Léon,

V^ avait donné Tempire de Rome à Julius Népos, son

neveu,

La faiblesse d'un monarque excite la défiance de ses su- , i^ts, l'audace de ses ennemis, le mépris de ses alliés. Théo* démir, sans ménagement pour un empereur qui ne lui était ^ttaclié que parcrainte^attaquariUyrie, s'empara de Neisse, parcourut la Thrace, pilla Héraclée et Larisse. Léon, qui bayait point de forces à lui opposer, implore le secours de *es anciens ennemis, Thèodoric le Louche et Ostrya, supporte leurs dédains, leurs railleries outrageantes sur le titre de fllg qu'il avait donné au jeune Thèodoric ; et, pour obte- ^ leur protection, il leur paye un tribut et les revêt de la %^té de maitres de la milice.

340 SMPiBB d'obisht. [&76-&9tl

C'était se soumettre au joug que les Barbares imposaient alors aux empereurs d'Occident. La position était pareille, et le hasard seul sauva Gonstantinople d'une chute aussi honteuse que celle de Rome et que les mêmes causes auraient dû produire.

Léon, dont la politique incertaine n'avait jamais pour baie la force ni la justice, au mépris du traité conclu avec le roi de Perse, forma une alliance avec un chef de Sarrasins qm ravageait alors les provinces méridionales de ce royaume, aussi faible au dedans qu'au dehors. Dominé par ceux qui l'entouraient comme par ses ennemis, il céda aux vœux de sa fille Ariane, et voulut couronner Zenon son gendre. Mais la résistance du peuple, qui détestait à la fois les Isaures, la difformité de Zenon et la méchanceté de son caractère, l'obligèrent de renoncer à ce dessein : il donna le titre d'auguste à Léon, fils d'Ariane et de Zenon, âgé de quatorze ans, et le nomma consul. Ce fut le dernier acte de son autorité ; il mourut de la dyssenterie à l'âge de soixante-treize ans; il en avait régné dix-sept (an 474).

Les Grecs, dont il avilit et ruina l'empire, lui donnèrent le titre de Grand, parce qu*il était orthodoxe; on a conserré de lui le souvenir d'une belle parole : < La majesté soiiTe- « raine, disait-il, consiste dans la justice ; les princes ne âoi- « vent se croire permis que ce qui l'est aux particuliers. > Cette noble pensée aurait suffi à son éloge si elle avait régM sa conduite ; mais dans ces temps de corruption et de décadence, le vice était en action et la vertu en maximes.

Ce n'était point assez pour Zenon de gouverner l'État, comme régent, sous le nom de son fils Léoa ; il aspirait an trône avec une ardeur d'autant plus vive qu'il était moins digne de l'occuper. Sa femme Ariane et sa belle«mère Vcrlne lui conseillèrent de s'en emparer par un crime horrible : il le commit.

Les deux impératrices s'assurent par leurs intrigues de» suffrages d'une partie du sénat et de l'armée; elles convoquent lepeuple, qui se rassemble sur la place de l'hippo-

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