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eiale; et Tûrtérét même fait sentir le besoin de l'ordre, delà Justice et ée» lois.
£a même tiwps ce prince clairvoyant, loin de s'endormir : <iM9 une jEBittisse sécurité au milieu d'une nation indignée de ■' porter un joug étranger, évita également de laisser les Romains reprendre l'habitude des armes, et de souffrir que les ' Clotfas s'amollissent dans la prospérité.
Les terres accordées à ces guerriers ne furent que des ces-
• sfons conditionnelles de la puissance royale, des bénéfices révocables ; il fallait mériter, par un service actif, par une
. obéissance constante, la conservation de ces biens qu'on avait obtenus par le courage : par là il assurait la défense
• de ses conquêtes contre les ennemis du dehors et du dedans, el &isatt .des Goths un peuple heureux et soumis, sans le lendi'e moins vaillant.
Il les rassemblait fréquemment, et entretenait leur force et . leur ardeur par des exercices militaires.
Gouvernant par d'autres principes les peuples de l'Italie, il leur laissait leurs lois, leur luxe, leui*s coutumes, leurs fêtes, leurs assemblées, les occupait de plaisirs, les éloignait des armes, laissait les villes élïre leurs magistrats, régler leurs intérêts, permettait aux différentes sectes de professer leur culte, et aux évéques de tenir leurs synodes.
Sa cour ressemblait à celle des empereurs : on y voyait des préfets, des patrices , des questeurs, des consuls ; tous ces dehors cachaientle barbare aux yeux des Romains.
Sur la frontière et dans les camps, Théodoric, reprenant son armure, se montrait aux regards des enfants du Nord sous d'autres formes.
^ tWfrétlt^ et même des saints, tels que Fulgence et Épiphane , célébraient sa vertu ; le sénat et le peuple romain vantaient sa justice, ils le regardaient comme leur libérateur; et les Goths, en brandissant leurs lances , chantaient ses exploits et l'honoraient presque comme un dieu.
Ce prince, ftoUant d'adresse avec les Grecs, méprisait leur faftiesse et flattait leur nanité. Sta correspondance avez Zé-
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non et Anastase son successeur était rédigée ea twnes aussi équivoques que ceux des édits de ces princes. Quand ceuxci lui écrivaient comme à un vassal, il leur répondait comme un allié, parlait beaucoup d'union, jamais de dépendaneei leur laissait confirmer les consuls qu'il nommait, ne s'offensait point de la souveraineté qu'ils affectaient, et ne les corsolait de son indépendance que par les démonstrations va* gués d'un vain respect.
Marceilin et plusieurs auteurs latins prétendent que le roi des Goths devait toute son habileté à son génie et rien à l'éducation, que même il ne savait pas signer son nom. Il est difficile de croire que ce prince , élevé à Gonstantin<qtoy ait pu conserver son ignorance grossière : ce qui est certaint c'est que, s'il ne cultiva pas les lettres, il les distingua et les protégea toujours.
Il prit pour ministre le savant Cassiodore Libérlns, dont les talents lui firent oublier qu'il avait été l'ami d'Odoacre; enfin il éleva aux plus hautes dignités Boèce, le dernier des orateurs romains qui mérita d'occuper la tribune deClcéron; Boèce était aussi fameux par l'étendue de ses connaissances que par ses vertus et par ses malheurs.
Les empereurs d'Orient étaient moins à redouter pour le nouveau souverain de l'Italie que les reis du Nord et que les monarques de l'Occident. Tous ces vieux ennemis de l'empire romain, les Francs, les Bourguignons, left Allemands, et toutes ces peuplades belliqueuses qui couvraient les rivages de la Scandinavie, les champs de la Gaule, les forêts de la Geritianie et les bords du Danube, ne voyaient pas sans envie le roi des Goths assis tranquillement sur le trône d'Auguste, de Trajan et de Constantin* Théodoric s'Unit étwîtement avec le roi des Yisigoths, qui occupait le midi de la Gaule : il s'unit à Clovis, roi des Francs, en épousant sa sœur Audeflède, et deux cent mille guerriers, toujours prêts à combattre, continrent ou réprimèrent l'ambition de ses autres rivaux.
Lorsque Clovis , après a¥oir réuni toutes les tsSbm im
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Francs SOUS son pouvoir, ayant vaincu Syagrius, battu les Allemands et détruit la puissance des Bourguignons, déclara la guerre au roi des Yisigoths, Théodoric embrassa la cause de son allié, de son parent Alaric ; et, s'il ne put sauver ni ce prince ni rAquitaine, il fit au moins échouer les efforts des Francs devant Arles; le conquérant de F Italie fut ainsi la seule digne qui put arrêter le cours des exploits de l'heureux vainqueur de la Gaule.
L'admiration due à un homme de génie si supérieur à son fliècle ne peut faire excuser les fautes, les erreurs et même tes crimes qui ternirent la vieillesse de ce grand roi; mais il leralt injuste de ne pas en attribuer une grande part à sa position, aux mœurs de son temps, à la corruption des patriciens de Kome, à la férocité des officiers barbares qui composaient sa cour.
D suffira, pour justifier nos éloges, de le comparer à tous . les autres conquérants , qui , disait-il lui-même dans une de ses lettres, « pillent ou détruisent les villes, les pro- • vlnces conquises; » il ajoutait: «Pour nous, nous vou- « Ions faire regretter aux vaincus de ne l'avoir pas été plus I tôt. »
Pendant trente ans , cette maxime régla presque toutes ses actions ; il recommandait à ses guerriers de joindre l'humanité romaine à la vaillance gothique ; et, au mépris de la coutume des Barbares habitués à ne reconnaître de juges que leur épée, il leur défendit le duel.
Bans le cours de son règue, Symmaque et Laurent se disputèrent par les armes le pontificat. Théodoric fit juger cette contestation par un concile, et n'employa son autorité que pour faire exécuter le jugement rendu en faveur de Symmaque. Ce pape, abusant peut-être de sa tolérance ou de son indifférence pour les querelles religieuses , fit déclarer par un autre concile que le saint-siège rend impeccables ceux qui l'occupent, ou plutôt que Dieu ne permet d'y monter qu'à ceux qu'il a prédestinés à être saints. Si la raison ne suffisait pas pour montrer la folle de cette
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orgueilleuse prétention, Thistoire de trop de papes indignes l du sacerdoce en prouverait la fausseté.
Tandis que l'Italie, successivement avilie et ravagée par les Vandales et par les Hérules, sortait de ses raines et semblait renaître plus heureuse et plus florissante, l'empire d'Orient continuait à gémir sous le joug honteux da lâche Zé-^ non. Celui qui craint tout croit tout : l'empereur, tremblait] toujours pour son trône et pour sa vie, consultait les astro-' logues et ajoutait foi à leurs prédictions. Malgré son zèle pour sa secte, le désir de connaître l'avenir le portait à entretenir souvent Proclus, Marin, Damasius et d'autres philosophes païens; les prêtres les accusèrent d'avoir formé un complot pour contraindre Zenon à rétablir le culte des idoles. Un de leurs complices, Sévérien , les trahit et prit h fuite ; les conspirateurs furent livrés à la mort.
Un autre astrologue , le comte Maurien , prédît à l'empereur que l'un des silentiaires du palais s'emparerait de h couronne. Une telle prédiction n'exigeait pas une grande pénétration. Toute la cour connaissait l'amour de l'impérstrice Ariane pour le silentiaire Anastase ; Zenon seul Tigiio^ rait. Ses soupçons tombèrent sur Pelage, collègue d' Anastase; il l'exila en Servie où il fut égorgé.
Ariane , avertie par ce meurtre du sort qui la menaçait, prévint ce danger par un crime atroce. L'empereur tomba malade. L'impératrice, profitant du moment où il s'était évanoui, le fit enterrer vivant : ses cris percèrent la voûte; la garde, qui les entendait, ne voulut point ou n'osa pas le secourir. Peu de temps après, on ouvrit son tombeau , et l'on vit qu'il s'était déchiré les bras. Cet horrible forfait inspira peu d'horreur, soit qu'on en voulût douter, soit qu'on crût qu'un si vil tyran méritait une telle femme et une telle fin. Zenon mourut en 491, âgé de soixante-cinq ans, après seize ans de règne.
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