MM] CONSTANTIN II, CONSTANGB, CONSTANT
d'aatres princes que ses enfants ; Tarmée se révolta contre ses frères : on respecte rarement la vie de ceux auxquels on arrache une couronne, les trois frères de Constantin et cinq de ses neveux furent égorgés; on n'épargna que les deux fils de Jules : Gallus échappa aux assassins; une maladie grave fit croire que la nature allait terminer ses jours ; son jeune frère Julien était âgé de six ans ; Warc, évéque d'Aréthuse, sauva cet ennemi futur des chrétiens, et, en le cachant sous Tautel, le déroba aux poignards de ses ennemis.
L'opinion publique attribua ces meurtres à Tambition de Constance; saint Grégoire de Nazianze n'en accuse que la rage des soldats; mais si Ton en croit plusieurs autres historiens, Constance, sur la fin de sa vie, se repentant de ses égarements, considéra ses défaites et la stérilité de ses femmes comme une juste punition de ses crimes.
Les princes ne peuvent faire régner la justice que lorsqu'ils sont eux-mêmes soumis à la loi et protégés par elle. Ceux qui n'appuient leur autorité que sur la force se voient contraints de lui obéir. Un souverain, chef d'une faction, est forcé de céder à toutes les passions de son parti; les soldats, excités d'abord au crime, ne purent plus être arrêtés dans leur furie; ils égorgèrent plusieurs courtisans de Constantin; la haute dignité du patrice Optatus ne garantit point sa vie. Ablavius. préfet du prétoire, et qu'on regardait comme tuteur de Constance, semblait devoir inspirer plus de respect aux factieux; ils lui tendirent un piège pour le perdre.
Dans tous les temps, les mêmes passions produisent les mêmes effets : on vit et l'on verra toujours l'esprit de parti créer des conspirations pour se donner le droit et le mérite de les punir. Quelques officiers, à la tête d'une troupe de soldats, font croire au malheureux Ablavius que le sénat Ycot le décorer du titre d'Auguste, et que l'empereur sera forcé d'y consentir. Pressé par ses amis, l'infortuné se rend aux vœux de ces perfides; ils le décorent de la pourpre, et ceux qui l'ont séduit, changeant de langage et le déclarant rebelle, le massacrent sans pitié.
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Ils voulaient immoler sa fille Olympias, elle trouva un asile dans la cour de l'empereur Constant; il projetait même de lui faire partager son trône ; mais le sort ayant tranché ses jours, comme on le verra bientôt, Olympias épousa Arsace, roi d'Arménie.
Jjc chef de tous ces factieux, Tàme de tous ces complots, l'auteur de tous ces meurtres, était le grand chambellan Eusèbe, eunuque et privé de vertus comme de sexe. Ce vil et ambitieux courtisan, sans mérite et sans principes, déshonoré par ses vices et par sa cupidité, sacrifiant sa conscience à la fortune, n'ayant d'autre habileté que celle de se toiu*ner du côté du soleil levant, et ne connaissant de dieu que son intérêt, paraissait tellement alors le maître de l'empire, qu'on disait ironiquement dans le palais que l'empereur jouissait d'un assez grand crédit près de son chambellan. Tel était alors le sort de Rome : elle avait perdu ses héros, et la maîtresse du monde était livrée aux spéculations d'un courtisan sans foi et soumise aux caprices d'un eunuque.
Les trois fils du grand Constantin, s'étant réunis à Gonstantinople, y délibérèrent sur leurs intérêts communs : s'étant rassemblés encore en Pannonie, ils arrêtèrent le partage définitif de l'empire. Constance eut l'Asie entière, l'Egypte, Constantinople et la Thrace; Constant posséda l'Italie ayec l'IUyrie et l'Afrique ; Constantin réunit aux Gaules l'Espagne et la Bretagne; mais ce prince conserva sur la Mauritanie des prétentions qui ne tardèrent pas à rompre entre ces trois frères les liens de la paix et de l'amitié.
Constance et les ariens qu'il protégeait continuaient à persécuter Athanase, qui vivait relégué dans la Gaule. Constantin, loin de partager leur acharnement, prit son parti et le renvoya en Egypte ; son retour, ranimant l'espérance et le courage de ses amis, donna une nouvelle force aux dissensions qui désolaient Alexandrie.
La présence de l'empereur ne contenait pas avec plus de succès l'esprit turbulent des sectes dans Constantinople. Peu de temps avant la fin du règne de Constantin, Alexandre,
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évêque de cette ville, était mort. Avant d'expirer, il dît à son clergé : « Si votre dessein est de choisir i'évêque le plus ver- I tueux, élisez Paul; si vous voulez vous assurer le crédit I du plus habile courtisan, donnez vos suffrages à Macédo- • nius. 9
Celui-ci fut élu par les ariens ; les catholiques donnèrent leurs voix à Paul, qui obtint la majorité des votes: mais, sur les accusations d'Eusèbe, il fut exilé dans le Pont.
Constance, en montant sur le trône, le rappela. Une guerre étrangère fit quelque temps trêve à ces troubles civils. Saper, roi de Perse, assiégea Nisibe, aujourd'hui Nézib, dans le Diarbek. Cette place importante était la clef de la fron» tière ; les habitants, montrant quelque trace de Tancien courage romalB, -se défendirent avec vigueur. Après soixantetrois jours d'efforts inutiles, le roi leva le siège. Le peuple de Nisibe, comptant plus sur les secours du ciel que sur ses ar* met, attribua sa délivrance aux prières de Jacques, son évéque.
L'empereur Constance, voulant profiter de ce succès, marcha contre les Perses ; mais comme il ne savait pas commander, les légions ne voulurent pas obéir.
Ce prince, formé par son père aux exercices militaires, y montrait assez d'habileté ; mais il négligeait la discipline, seule base de la force des armées. Le désordre produit par sa faiblesse aurait entraîné de grands revers , si les Goths et les Sarraâdns ne lui eussent alors fourni d'utiles secours.
L'Orient se vit ainsi défendu plus par ces Barbares que par les Romains. Constance, soutenu par eux, pacifia l'Arménie et lui rendit son roi, que les Perses avaient chassé. Sapor rentra dans ses états ; l'ènàpereur ne le poursuivit point ; perdant l'occasion et manquant à sa fortune, il préféra la- capitale au camp, les intrigues aux combats, et abandonna les affaires de l'empire pour celles de l'Église.
Dominé par les ariens, il convoqua un concile à Constantinople ; Paul y fut déposé et chercha un asile dans les Gaules, où Constantin l' accueillit favorablement. L'ambitieux Eusèbe
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se vit alors au comble de ses voeux; le clergé de Constantlnople le choisit pour évéque.
Lés ariens d' Alexaadrie élurent en même temps un nommé Piste pour Fopposer à Athanase. Ëusèbe de Gésarée ne jouit pas longtemps de son élévation ; il mourut et on lui donna pour successeur son disciple Acacius, plus courtisan que pieux, et qui se montra successivement arien et catholique, selon que la fortune favorisait l'une ou l'autre secte.
Cependant, à cette époque où l'intrigue était en faveur et le mérite oublié, on vit élever au consulat Acyndine et Proculus, tous deux distingues par leurs vertus et par leurs services. Proculus prétendait descendre de Yalérius Publicola, et ne se montrait pas indigne de ce nom.
Les trois empereurs s'accordèrent pour faire des lois assez sages : ils maintinrent et mirent en vigueur les institutions municipales, publièrent desédits sévères contre les délateurs et mirent un frein aux désordres produits par la fréquence des mariages incestueux.
Un décret, moins juste et moins politique, défendit aux juifs d'épouser des femmes chrétiennes.
L'empire ne pouvait espérer ni une longue paix ni un bonheur solide sous le règne de trois princes maîtrisés par leurs passions; celui qidi montrait le plus d'habileté était Constantin; on respectait sa justice, on admirait son courage, on aimait sa bonté, mais ces qualités se trouvaient ternies par une impétuosité téméraire qui le perdit.
Constance, faible et présomptueux, ne pouvait ni faire le bien ni empêcher le mal. Constant, livré aux voluptés, faisait mépriser ses vices, accablait le peuple d'impôts, et inspirait à la fois le désir et l'espoir de le détrôner,
Constantin, n'ayant pu lui persuader d'accueillir ses réclamations relativement à ta Mauritanie, voulut se faire justice par les armes. Rapide dans sa marche, il franchit les Alpes; les généraux de Constant, qui connaissaient sa bouillante ardeur, feignirent à son approche de prendre la fuite .^ Constantin les poursuivit sans prudence, tomba dans une