EMPIBB BOBIBNT
Bappelant aux siens la promptitude avec laquelle les Vandales avaient autrefois chassé lés Romains de l'Afrique, il attribua sa première défaite aux caprices du sort ; Thrazon leur montrait av^e orgueil les trophées conquis récemment enSardaigne.
Un ruisseau séparait les deux camps. Martin, Valérîen, Cyprien, Marcel, chefs renommés, commandaient l'aile gauche, composée de la cavalerie romaine; Pappus et Barbatus, à 1» téte^des Massagétes, dirigeaient la droite ; Bélis^ire se trouvait aurentre ; Jean commandait sa garde et portait son éten^ dard. Les Huns étaient placés hors de la ligne ; les légions restaient en réserve..
Le s^nal est donné : la garde de Bélîsaire traverse la pr , vière, charge les Vandales, est deux fois repoussée, se rallie, retoufim.|iu combat et pénètre dans les rangs ennemis; Thrazon, après une vive résistance, est tué y^s Barbares se retirent ; les légions arrivent et changent leur retraite en déroute. Enfin les Huns et les Massagètes, qui peut-être seraient tombés sur les Romains s'ils avaient été vaincus, changent les Vandales dans leift' 'fuite et en f(uit un gradH carnage. # Gélimer, troublé par la crainte et par l^ésespoir, ne donne plus aucun ordre; il se sauve, suivi d^ quelque;^ domestiques. L'armée vandale, consternée de son départ, se dis- •perse, laisse son camp sans défense : BélîsafS*e s'en empare, et y trouve les immenses richesses accumulées depuis un siècle en Afi'ique par le saccagement de Rome et par la dévastation de rïtalie.
Après cette victoire, il ne fut plus possible au général romain de réprimer l'avidité de ses soldats : la vue de ces prodigieux trésors les enivre; ils se livrent avec fureur au pillage et à la débauche, et, dans cet instant, quelques escadrons vandales réunis auraient pu facilement exterminer les vainqueurs : enfin Bélisaire, en mêlant habilement la douceur à la fermeté, parvint à rétablir Tordre dans l'armée.
Cependant Jean, avec une partie de la garde, poursuiv-ait sans relâche Gélimer, et l'aurait peut-être atteint; mais un
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\^ ses aK;h«fs, qui était irre, Yotilant tuer un oiseau de proie
it au dessus de' lui, perça de sa flèche la tète de ce ^Aéral. Tout Tenspire regretta son eourage, ses talents et ses
S» trtmfë eoBStemée s'arrêta, laissa Géiimer se sauver dans Afédène, et porta tristement le eorps de son chef aux pieds yisaËre ; il Farrosa de larmes et lui érigea un tombeau. BéusHiirft ftt ensuite le siège d'Hippone, s'en rendit maître, y tffDiffa des richesses «o^dérables. Il chargea Pharas, éml béruk^ d'investir la montagne escarpée de Médène, laqpelle 6éiiraer s- était retiré..
GmviM^h» armées vandales étaient détruites, Bèlisaire en- Êffojek nne partît de ses tfoupes à Liiybèe; mais les Goths lui ^^^•ref usèrent l'accès. Amalasonte écrivit au général romain la Sicile iui appartenait par droit de concfuète, Lilyhée laU^uee avec les Vandales, mais qu'il fallait négocier et à.ecffliliattra, qI qu'elle prendrait Justinien lui-même pour de ses prétentions.
[«rasvoqJut d'abord pren^^e Médène d'assaut; lesYanplm amollis que tes Romains par le luxe de Carthage, ^ luf^qiWrajent opposé peu de résistance; mais une troupe de Maures, qui était venue au secours du roi, repoussa ses attaques; il se borna depuis à cerner et à bloquer strictement la montagne. Lorsqu'il sut l'ennemi épuisé par le défaut de vivres, ii écrivit en ces termes au roi des Vandales : « Vous f vous obstinez à une défense inutile. Est-ce la crainte de la • servitude? Mais vous êtes aujourd'hui l'esclave des Maui res. Puisqu'il faut perdre votre indépendance, préférez un « servage plus doux : Justinien vous placera dans le sénat, « vous nommera patrice, vous cédera des terres d'une vaste i étendue, et Bèlisaire sera garant de ma promesse. Puisse « le malheur ne pas vous fermer assez les yeux pour vous i empêcher de saisir la seule voie de salut qui vous soit oui verte I »
Géiimer répondit : « Je suis trop irrité pour renoncer à « l'espoir et à la veugeance. Bèlisaire est venu sans motif,
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« des extrémités de TOrient, pour mè précipiter dtl tpôoe « dans un abîme de misère».: je sois homme et prince; qu'il « craigne la vengeance de l'un et le désespoir de l'autre.
« L'excès de ma douleur me laisse à peine la âicultèd'é- « crire. Recevez mes adieux, mon cher Pharas, et envoyex- j « moi une lyre, un pain et une éponge. » ' * 1
Fharas ayant voulu savoir les motifs d'une si étrangslle- ^ mande, Tenvoyé du roi lui dit que ce prince n'avait poiot mangé de pain depuis plusieurs mois, que l'éponge lai était nécessaire pour bassiner ses yeux fatigués par les larmes qu'il*^ avait répandues, et qu'il désirait une lyre pour s'accompagner en chantant une élégie sur ses malheurs, espérant trouver dans cette triste harmonie quelque consolattonjponr son infortune.
Le lieutenant de Bélisaire, touché de la misère d'un monarque naguère si riche et si puissant, lui envoya ee qaH souhaitait, mais sans cesser de remplir sog devoir et de le bloquer avec rigueur.
Après trois mois de souffrance et d'opiniâtreté, les Vandales, exténués de faim et couverts d'ulcères, forcèrent le roi à J capituler. Gélimer accepta les conditions proposées parvha- 1 ras, se rendit prisonnier, et fut conduit à Carthage devant ; Bélisaire.
Le général romain lui exprima sa surprise de le voir rire dans un moment si funeste pour lui : « Général , lui dit le i « roi, après avoir éprouvé successivement toutes les faveurs « et toutes les rigueurs de la fortune , après avoir porté le I sceptre d'abord, ensuite les fers, j'ai reconnu que les biens il et les maux de ce monde sont plus dignes de risée et de ' « mépris que d'attachement et de regrets. »
Bélisaire apprit à l'empereur que l'Afrique était vaincue, Carthage conquise, et le roi des Vandales dans ses chaînes. La gloire du conquérant de Carthage réveilla l'envie; quelques lâches officiers, jaloux de leur général , écrivirent à Justinien que Bélisaire aspirait au pouvoir suprême , et voulait se rendre indépendant en Afrique.
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L'empereur ne crut point , ou feignit de ne pas croire à cette calomnie. Salomon fut député par lui à Garthage ; on le chargea de donner à Bélisaire le choix de rester en Afrique, et d'^envoyer ses captifs en Orient, ou de les conduire luimême à Gonstantinople.
Bélisaire, ayant intercepté la correspondance des traîtres qui l'accusaient, crut que son retour dans la capitale serait le moyen le plus éclatant de réfuter la calomnie; il laissa le comniandement de la province à Salomon, s'embarqua et entra dans Gonstantinople au bruit des acclamations du peupie. On lui décerna le triomphe , et il reçut tous les honneurs qui, depuis Tabolition du gouvernement républicain , n'avaient été accordés qu'aux empereurs.
Gependant on ne le vît point monté isur un char : il marcha à pied depuis l'hippodrome jusqu'au palais impérial , précédé par une foule de prisonniers et de chariots, par un grand nombre de trônes d'or, par uhe immense quantité de meubles précieux, enfin par tous les trésors des rois d'Afrique.
Le plus illustre ornement de ce triomphe était le roi Gélimer ; couvert d'un manteau de pouirpre, il était entouré des piAices de sa famille et des grands de sa cour : le monarque captif, arrivé au pied dutirône élevé de l'empereur, qu'en-' virimnait un peuple immense, ne proféra pas de plaintes, ne versa point de larmes; on n'entendit sortir de sa bouche que ► ces paroles tirées des livçps saints : « Vanité des vanités I « tout^n'est que vanité 1 »
On le dépouilla de son manteau royal ; et le vainqueur comme le vaincu se prosternèrent tous deux devant Justinien.
Le roi des Vandales reçut de l'empereur, pour lui et pour sa famille, de grandes terres en Galatie ; mais on ne le fit ni sénateur ni patrice, parce qu'il refusa de renoncer à l'arianisme.
Suivant Tancienne coutume , le lendemain , Bélisaire , comme consul, parcourut de nouveau la ville en triomphe;
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ift eludre «vide étaH perlée par des eaptft vandidcs, et il diftiibue au peuple une partie des dépouilles eonqcdses en Afrique.
Après eet éelatast succès, JusIinieB , ambitieux de tous les genres de gloire , forma deux vastes desseins : il résolut de donner à Tenpire use législation stable, et de loi rendre ritilie Bvee toutes les provinces conquises par les Barbares.
Trébonien, par ses ordres, rassembla dans tin eodC; et en abrégé, le nonbre immense des lois publiées sous les Avers gonyernemeats de fieme pendant treize siéetes.
La loi des Doiae Tables n'avait pas suffi longtemps nxm besoins d« peuple-roi. A mesm*e que ses richesses s'accrurent, que ses possessions s'étendirent, que ses mœurs s'altérèfent, sa législation se compliqua ; chaque consul , chaque préteur fit des règlements suivant les circonstances : les intérêts opposés des factions, la politique du sénat, l'ambition dés tribus, le despotisme des empereurs, les^ caprices de leurs ifovoris, dictèrent au sénat et lAi peuple une fbule d'édfts, de plébiscites, de leis, lie décrets et d'arrêts interj^rétatifs quC fermaient un dédale où la Justice s'égara sans cesse sur les f9» d' une Jurisprudenee incertaine.
Rien n'était à la fbis plus nécessaire et %tuS difficile qînr *' de porter la lumière et Tordre dans cachaos; Srébonieii eut , la gloire d'y réussir;: et son travail justement célèbre, aurait ; été plus parfait, si sa vertu eût égalé sa science.
Patricien vicieux, courtisan flatteur, ministre cupide, cet habile jurisconsulte sacrifia souvent sa conscience aupbuvoir et la justice à sa fortune.
Il tronqua plusieurs Ic^is, en altéra d'autres, en corrompit en quelques points l'esprit et presque partout le style.
En 528, il avait déjà réuni en un volume les trois codes de Grégoire, d'Hermogénien et de Théodose, dont il avait supprimé les préambules, les répétitions, et fait disparaître les contradictions.
Un autre ouvrage plus important et plus étendu, que son activité infatigable fit bientôt paraître, fut le recueiT complet
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te3 monumente de randeime législatiqn ; pn le nomma Di- , feste, parce qu'il était composé par ordre de matières, et Pcmdectes, copame renfermant toute F ancienne Jurisprudence.
Deux mille volumes, qui contenaient cette massé informe ^'arrêts, d^ décisions, de déi^^ts de toute^les époques, feireat dépouillés par Tréboniè'n, et jéduits h la viûgtièwç ipartie. Ce Digeste fut envoyé en 533 au sénat çt à toutes les Hutorités de l'empire par Justinien, à la fin de son troisième |S>nsulat, déjà illustré par la paix avec la|»erse et p^r la conquête de l'Afrique. ** ^
Chargés d'un autrçi travail^ Trébonien et deux commissaires qui lui étaient adjoints, avaient précédemment extrait 4e toutes les anciennes lois les jâpemiers éléments d« la jurisprudence^ doni ils compflSp;reHt quatre Uvreu appelés ^ tes Jnstitutes de Justinien : ils servirent dans la suite d'inoduction ^ études ; et CQtte partie du travail impe^se de Trébonien fut toujours considérée comme la plus parfaite d& tpQt Le corps d» droiL j*
TOe quelques lote noceuses que les peuples se trouvent (îb^rgé^fipuxa^i les régissSfft 5^eulent toujours en faire de nouvelles ; il leur paraît sans dbUte plus facile de multiplier et de compliquer Les remèdes que de prévenir et ^e diminuer les maux.
Depuis la publication du Code et du Digeste, l'empereur s'était réservé le. droit d'interpréter les lois : un grand nombre d'ordonnances ayant été rendues par ce prince, on les comprit dans une seconde édition du Code qui parut en 534, et qu'on appela les Novelles : ce fut alors qu'on accusa Trébonien d'avoir arbitrairement étendu, limité ou détruit plusieurs dispositions du Code par une complaisance servile pour les volontés et pour les caprices de Théodora. L'usage de la langue des Romains se perdait peu à peu, comme leur gloire; oaoubliait dans l'Orient le langage de Cicéron. Quarante ans après la mort de Justinien, son Code fut traduit en grec : les lois de ce prince régnèrent en Italie aussi peu
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de temps ((tie ses armes; et celles des Lombards les rempl cèrent si complétem^pt, que Gharlemagne, dans le neuYièi siècle, ne put y trouver un seul exemplaire du Gode de Ji tinien. Ce ne fut que dans le douzième qu'on en découi un à Amidfl.
Qmlques défauts que Ton ait reprochés au travail de bonien, le monument qu'il tftélevé est cependant plus di rable et plus gloritrox que les trophées des plus illustres coi quérants. Ses Codes sont encore regardés comme le corps droit le plus complet que la science et la sagesse humaiii| aient jamais produit; etcNpst là que, jusqu'à ce jour, les législateurs des peuples modernes |pnt venus chercher] - j^ncipes et les lumières qui pouvaient éclairer leur marc! et dissiper les ténèbres de la barbarie.
Les événements qui se passaient alors en Italie étaient «.vorablesà i'amlii|^on,de Justinien, et devaient, en enflanmu ses désirs de conquêtes, augmenter ses espéri^ices. Pendi plusieurs années Amalasontef reine des Goths, régnant soi I0 Qpm de son fils Athalaric, contint l'ilumeur indocile d< Barbares, réforma ieurs mœurs, nunit \e^ crimes, fit la justice, protégea les lettres^ e^rouva^ par se^grandes qualités, qu'elle était digne. oe porter le sceptres au grand Théodoric, son fève.
Gomme lui, quoique arienne, elle fut tolérante, traita les catholiques avec douceur, respecta les papes et les obligea en même temps à se renfermer dans les limites de leur autorité spirituelle.
Honorant la gloire antique de Borne, elle rendit quelque lustre aux anciennes familles qu'on voyait encore dans cette ville, et nomma consul Paulin, qui descendait de rillostre maison des Décius. Gependant une peine profonde troublait son âme, et l'empêchait de jouir du bonheur qu'elle donnait à ses peuples.
Son fils Athalaric» sorti de l'enfance, méprisa ses leçons et s'abandonna avec excès à la débauche : les chefs des Goths, qui entouraient et corrompaient sa jeunesse, rendirent vains
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tous les efforts de la reine pour arrêter ce prince sur la pente entraînante du vice.
Ces féroces gaerriers, ennemis du repos, des lois, de Tordre et de la civilisation, souffrant impatiemment le joug que Théodoric leur avait imposé, regrettaient leurs forêts sauvages, leurs coutumes grossières, leurs orgies bruyantes, leur vie errante et belliqueuse.
Us opposaient aux sages avis de la reine d'insolents murmures : « Les lettres et la philosophie, disaient-ils, ne font i qu'amollir le prince des Goths; au lieu de Tenvironner de • pédants qui glacent son courage, on aurait dû ne lui don- « ner que des écuyers pour lui apprendre à dompter des « chevaux, et des maîtres de lutte, de pugilat et d'escrime, i Ces factieux, s'enhardissant par la faveur d' Athalaric, formèrent une conspiration contre la reine.
Amalasonte, incertaine du succès des mesures qu'elle devait prendre, s'assura un asile dans la cour de Justinien, et, ferme autant que prudente, elle déploya son autorité contre les rebelles, déjoua leurs projets, arrêta leurs chefs, et les envoya au supplice.
Un autre danger la menaçait. Théodat, son neveu, prince lâche, cupide, ambitieux et perfide, l'avait quelque temps trompée, en affectant un grand amour pour les lettres et pour la philosophie de Platon : elle lui avait donné le gouvernement de Toscane; il s'y enrichit par d'infâmes concussions, et la reine découvrit qu'il négociait secrètement avec l'empereur pour lui vendre et pour lui livrer cette province. La reine le destitua et Tenferma dans une prisi.on.
Quelque temps après, Athalaric, épuisé par ses excès, mourat; il avait occupé le trône huit ans, sous la tutelle de sa mère.
L'erreur des âmes généreuses est de croire à la reconnaissance ! Amalasonte espéra qu'elle conserverait son autorité en pardonnant à Théodat et en disposant du trône en sa faveur : par ses soins, les suffrages des Goths lui donnèrent la couronne.
i4^ BMPiu d'ausivt* [5ti<sêq
Ce frinw pervers diMlmula lei aeire desieitti, hd jurait
gouverner par ses conseils, et parut se conduire «veo efli, 4ftn8 les premiers moments, comme un âis tendre et obéissaut; mais en même temps il s'entourait de ces âmes basset, prêtes à servir tous ies crimes du pouvoir.
Assuré du dévouement servile de ses eompliees, aamiiist ^ des ombres de la nuit, il poignarde les plus Mêles «enriteioi de la peine, et &it enfermer cette malheureuse princesse dans une forteresse.
Feu de temps auparavant, il s'était élevé qudqae mésiiitelligence entre Amalasonte et Audefléde, sa mère, sœur de devis et veuve du grand Tbéodoric. Audefléde était morts, après avoir reçu dans l'église une hostie empoisonnée; Théodat acousa l'infortunée Amalasonte du crime que luimême avait commis.
On prétend que Tbéodora, jalouse de la ^cnre d' Amalasonte^ avait excité eontre elle la fureur de Théodat. Le vulgaire, toujours prompt à croire la ealomnie «t à briser ses idoles, crut la reine coupable, et accabla d'imprécations cette illustre princesse dont il avait si longtemps admiré le eottiage et béni la vertu.
Justinien, saisissant ce moment favorable pour affaiblirles fiotha en les divisant, prit la défense d' Amalasonte. Ilenvojs un ambassadeur pour réclamer sa liberté ; mais il n'était plus temps : les vils favoris de Théodat avaient étran^ eette reine dans son bain (an 535).
On aurait cru que sa mémoire serait défendue par Caffiiodore, cb^de ses conseils, ancien B^nistre de son pére:jQ^ que^là ce magistrat philosophe, pendant unii longue carrière, s'était montré ausn vertueux qu'habile ; mais Catsiodore » déshonora comme Sénèque, en publiant l'apologie de i'wu^ m de sa bienfaitrice.
Justinien déclara la guerre à Théodat, et invitales rois âe France à joindre leurs armes aux siennes eontre les Gcrths. Cesprinees lui promirent d'abord de venger Amatosonte; ta justice et les liens du sang leur en faisaient un devoir; 9^
C6|7-5ô5] JusïmiWt 443
Théodat les désarma en leur céiM^t; les terres qu^il possédait encorç dans la Ganle, et eii leur payant un tribut de deux mille livres d'or.
Mondon fut envoyé par Justinien, à la tête d'une armée, en Dalmatie. Bélisaire reçut Tordre d'en conduire une autrp en Sicile; ses troupes étaient peu nombreuses; mais braves. Jamais général ne fit de plus grandes actions avec de plus faibles moyens : il ne voulait combattre qu'à la tête d'hon^mes éprouvés, et il fonda toujours l'espérance du succès, non sur le nombre, mais sur le choix de ses soldats.
Ce guerrier, si redoutable pour les rois, se montrait humain pour les peuple vaincus ; il épargnait les villes et pro tégeait les chaumière»-: les nations conquises se, croyaient délivrées par lui ; so4|. exemple forçait ses officiers h se fair^ respecter par leur justice et par leur modération, autant que par leur courage,
On admirait également l'ordre, la tempérance, l'activité infatigable, la régularité sévère qui régnaient dans son armée : sous ses tentes, on se croyait à la fois dans le camp de la gloire et da^s le temple de la vertu.
La présence seule de la voluptueuse Antonina et de son amant Théodore ^souillait ce camp; on déplorait l'aveuglement de l'époux trahi; mais il n'est p^ de lumière sans om bre, ni de grand bomnle sans faiblesse.
Les Goths firent d'inutiles efforts pour arrêter et même, pour retarder sa marche. Les vœux des habitants favorisé* rent ses armes; i| s'empara de Catane; Syracuse lui ouvrit ses portes : en peu de joui^s toute la SicUe fat conquise.
La nouvelle d'une révolte m Afrique y rappela de nouveau m présence. Après son départ de Garthage, les Maures, re^ prenant'les armes, avaient massacré plusieurs garnisons ro*> maines. Salomon, secondé par ses lieutenants Aigan et Buf* fin, battit d'abord ces Barbares; mais, après la victoire, oes deux généraux s'étant endormis datus une funeste sécurité, les Maures les surprirent et taillèrent leurs troupes en pièces; Aigan périt sur le champ de bataille, et BiÉin^ pciPQnAiejr,
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itit conduit an général ënnen(^ qui lui fit couper la tè
Salomon menaça les Maures d'une éclatante ven « Je porterai, leur dit-il, le fer et le feu dans vos fam « épargnez à vos enfants les malheurs que votre obstinai « attirerait sur eux. » La réponse des Maures fut singoli « Les Romains, dirent-ils, peuvent trembler pour leurs « fants : ils en ont peu ; car, suivant leurs lois, chacun d* « ne doit épouser qu'une femme. Pour nous, qui pouvons « prendre cinquante, nous ne craignons jamais de màn • de postérité. »
Salomon, ayant réuni toutes ses forces, marcha contre et les vit en bataille, couverts par douze rangs de chameai dont les cris et Todeur épouvantèréht les chevaux des mains ; le général fit mettre pied à terie à ça cavalerie, c gea les Barbares, les enfonça et s'empara de leur camp il trouva leurs femmes, leurs enfants et un immense bn^
Dans une seconde bataille, il les défit encore plus corn tement ; et comme un de ses détachements leur avait la retraite, cinquante mille Maures périrent dans cette j' née. Chaque soldat romain emmena avec lui tant d'esciave^^ qu'on vendait une femme et un enfant pour un agneaa
La superstition augmenta le découragement de ces sauTâp ges Africains : on leur avait anciennement prédit qu'ils se» raient détruits par un homme sans barbe^ et ils se crurent .perdus sans ressources, lorsqu'ils se virent vaincus par Salomon, qui était eunuque.
Dès qu'on n'eut plus d'ennemis à combattre, les trovitiei civils renaquirent et divisèrent les vainqueurs. Les Romaiiis ayant partagé les terres des Vandales et épousé leurs ûïïeSj l'esprit de secte et de révolte ne tarda pas à éclater : un grftnd nombre de Romains professaient l'arianisme que SalomoB persécutait; ils conspirèrent contre lui, et voulurent l'assassiner pendant la messe. Le complot découvert échoua; in«^ la rébellion se propagea d^ns les villes, dans les camps, et Salomon, qui ne put l'apaiser, s'embarqua avec Procope, et courut à Syracuse implorer l'appui 4e Bélisaire.