C5S7-565] ^ JUSTINIEN
Sa faite enhardit les rebelles ;};iQ soldat intrépide, nommé Stozas, est élu général par eux ; h la tête de huit mille hommes, il menace Garthage. Théodore,- qui y était resté, veut en vain se défendre, la garnison le force ^ capituler.
Le lendemain, la vi]|e devait ouvrir ses portes ;'les rebelles ie croyaient certains de leur triomphe : tout à coup ils apprennent que Tintrépide Bélisaire, sur un seul vaisseau, est entré dans le^ort, et que, suivi seulement de cent soldats, ÎI3 se montre dans Garthage : l'effroi de son nom produit sur eux l'effet d'une armée; ils lèvent précipitamment le siège. Bélisaii^ avec ses braves, et à la tête de la garnison, qui ne se composai|; que de deux mille hommes, les poursuit et les atteint prj^ du fftibve de Bagradas; et, attaquant la hauteur sur liK|ueTte Stozas s'était retranché, il crie à ses soldats : t Ce ne sont point des MtoyesiiS, mais des brigands souillés « de crimes, que vous comlftttez; leur nombre ne doit point « vous épouvanter : ils sont déjà vaîn<|9s par leur conscience ; « les traîtres sont toujours lâches. »
Be son côté, Stozas rappelait aux siens qu'ils n'avaient de choix qu'entre la victoire et le supplice. On combat avec acharnement. Soudain un vent violent s'élève et enveloppe les rebelles d'un nuage'de ^^able. Ils veulent change^de position, ce mouvement se fait en désordre ; Bélisaire en profite, pénètre dans leurs rangs, en tue un grand nombre et met le reste en fuite. Après cette victoire, il retourne promptement en Sicile, où son absence avait fait éclater une autre révolte.
Lorsqu'il fut parti, Narcet et Gyrille poursuivirent les rebelles dans leur retraite, et les atteignirent près de Gonstantine. Les arcs étaient tendus, les glaives tirés, quand Stozas, s'élancant audacieusement entre les deux armées, adresse ainsi la parole aux troupes qui l'attaquaient : « Pourquoi ve- « nez-vous combattre des citoyens, des compagnons qui veu- « lent vous délivrer d'une pesante tyrannie, pour vous faire « recouvrer la part du butin dont on vous a privés, et la solde « qui vous était due? Je me livre à vous : si vous me trouvez « coupable, épargnez le sang de vos compatriotes et percez-
« moi de ïftîlle trafts; mais, si faia cause esV juste, joigw « vos armes aux mieuiies. i^
Emue par cès paroles hardies, la plus grande partie dH troupes impériales passe sous les drapeaux du rebelle ; le fuit avec les généraux : Stozas les pouftuit et les massacre,
^ustinien, informé de cette insurrection, envoya en que son neveu,- le patrice Gerteain, avec deux sénatei Symmaque et t)ominique. Us n'y trouvèrent qwe peu de dats fidèles; mais (Grermaiti était habile, et possédait le att de gouverner les hommes, art dont tout le secret consî dans un heureux mélange de modération et de sévéHtê.
Il donnait sans céder, pardonnait sans fritidrê^ puni sans humilier : ^ette conduite ramena beaUcotiq^j^'espril égarés, et produisit bientôt une grande défëctiofi dails parti de Stozas, -r^
Cependant celui-ci crut gu'^marchânt râpidëmtot Carthage, il triomphèrtiit facilemeiit de l'armée ira] qui commençait à peine à s'organiser. Son espoir fut if&épè une partie de ses soldats déserta, et il se vit forcé à la re-traite. Germain le poursuivit, l'attaqua vivement, le fît tourner par Théodore, le défit complétenjent, et s'empara de son camp. Stozas, suivi seulement de quelques Vandales, se sauva en Mauritanie, où il épousa la flllé d'un prince de cette contrée.
Germain, vainqueur, retourna â Constantînople, et Salomon revint en Afrique : il la gouverna avec prudence pendant quatre années. Sous son administration, la prospérité commençait à renaître, et les Maures firent de vaines tentatîves pour la troubler; mais lorsque Sergius et Cyrus luifiirént adjoints, leurs fautes ramenèrent les troubles dans cette province orageuse. Après avoir repoussé les Maures qui attaquaient Leptis, ils ne maintinrent point dans leurs troupes la discipline de Bélîsaire; et, tandis qu'elles se livraient an pillage, elles furent surpriseà et mises en déroute par te Barbares.
Salomon vint à leur secours, livra bataille, fut vaincu et prit la fuite. Les Maures le poursuivirent et le tuèrent.