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t queur, puisque depuis si longtemps ils payent de hou- « teux tributs à vingt peuples barbares. »
Les ambassadeurs promirent un tribut de cinquante mille écttsd'or; Justinîen ne ratifia pas le traité. Gosroès excita r indignation des chrétiens en relevant dans Séleucie le culte du soleil; il revint ensuite près d'Antioche sacrifier aux nymphes dans le bois de Daphné. Mais sur la nouvelle d'une irruption des Huns dans la Lazique, que les Romains laissaient sans défense, il se porta avec T élite de ses troupes sur les rives de la mer Caspienne.
Telle était la situation brillante du roi de Perse et Tétat déplorable de l'empire, lorsque Bélisaire revint à Constantinople triompher de Vitigès et de l'Italie. L'empereur le nomme général de l'Orient. Son nom seul paraît créer une armée : il la rassemble, la discipline, et, loin de se borner à une faible défensive qui augmente toujours la crainte, il se décide à l'attaque qui réveille le courage.
Ayant chargé son lieutenant Pierre de contenir avec quelques troupes le général persan* Nabadès, que Cosroès avait laissé à la tête d'une armée .près de Nislbe, il s'avance sur la frontière de Perse. Pierre avait ordre de ne point combattre; il désobéit, et attaque les Perses, qui le forcent de fuir. Bélisaire vole à son secours, défait complètement les ennemis, entre en Perse, s'empare de la ville de Sisauranum, et donne l'ordre au roi des Arabes, Aréthèse, de parcourir et de piller la Syrie.
Gosroès apprend avec surprise que ses conquêtes so4l perdues, que ses propres États sont envahis et qu'un seul homme a changé son destin. Il revient en Perse avec toutes ses troupes.
Cependant Bélisaire luttait vainement avec son génie contre la fortune. Aréthèse, avide de^butin, et voulant garder les richesses conquises par ja tribu en Assyrie, se sépare de l'armée romaine qu'il devait couvrir ; il la laisse sans secours et sans nouvelles. La défection et, l'envie toujours attachée à la gloire excitent une sédition dans l' armée; elle accuse
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8oa lauYeor d^ la perdre, enfin elle deiaande à grands erii qa*on la ramène dans T empire.
Bélisaire, vainqueur du courage des ennemis, est forcé de c^der à 1^ lâcheté des siezis. Il ordonne à r^çt la retraifee; l^ calomnie lui en fait uq crime ; il est rappelé, et une ècla* fimte disgrâce devient la récompense dont Justiaien paye 49 li glorieux travaux.
Co^roés ne trouve plus d'enneqiisà con|l)attre ; il s'avanos en Palestine, dans le dessein de livrer Jérusalem au pillage» La peur rentre dans le palais de Justinien, et y ramène ta^ divement la justice, Bélisaire est de nouveau renvoyé en Oriept; mais il n'y trouve plus ni trésors ni soldats : bf troupes s'étaient débandées, Targent avait été dilapidé, k$ géftérauic avaient fui,
J^e conquérant de l'Italie arrivQ seul dans Hiéropolis, qas déiSsndait encore une faible garnison. Il la réunit; mais «a lieu des acclamations accoutumées, il n'entend pllis que des gémissements. Les plus timides conseillent la fuite, les plus braves la retraite. « Compagnons, leur dit-il, lorsque l'enne- « mi attaque, npn les frontières, mais le cœur de l'empire « la prudence n'est plus de saison ; la mort vaut mieux quo « la honte. Ne vous cache? plus à l'abri de vos remparts; « sortez intrépidement d'Hiéropolis; suives-mm. NousdoQ^ « nerons aux Perses plus d'occupations et de crainte qu'ib « ne le pensent. »
Dès qu'on voit dans les plaines de Syrie l'étendard et la tinte de Bélisaire, la renommée, qui grossit tout, lui prête une armée. Gosroès, trompé par 4^e grand nom, lui envoie aa ambassadeur chargé de se plaindre de la msavaise foi de I Justinien, qui avait refusé de confirmer le traité coneln i i Antioche,
L'habile général avait dispersé sur une vaste étendue de | terrain boisé les tentes de la faible garnison qui le suivait; en aurait eru au premie|r coup d'œil, à l'éloignement, à It j multiplicité des feux, que, de nombreuses légions couvraient I le pays. L'ambassadeur trouve Bélisaire dans une cabane, <
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tntouipé de soldats désarmés, vêtus de lin : les uns portaient des fouets, d'autres des arcs ; et, si près de rimmense armée des Perses, les Romains, comme leur général, livrés à un calme profond a^ec une entière sécurité, paraissaient plus occupés de la ekasse que de la guerre.
Béiisaire reçut l'envoyé du roi avec une hauteur dédaigneuse, Je chargeant pour toute réponse de lui dire qu'il devait, s'il voulait la paix, foire des propositions plus con« venables, ou s^attendre à de sanglants eombats avant de pénétrer Jusqu'à son camp.
Cet artifice réussit complètement. Gosroès, voyant Bélisafre sans crainte, lui supposa de grandes forces. Il conclut la paix et apprit ensuite, avec autant de regret que d'étonnement, qu'il n'aurait eu à combattre qu'un général arrivé en poste de la capitale, et qui'n'était suivi que d'une faible escojte.
Ce traité fut d'autant plus heureux pour l'empire, que, dans ce même temps, d'autres généraux de Justinien, sortant d'Arménie, s'étaient fait battre sur les frontières de Perse. La paix fut ainsi rétablie entre les deux empires. Les rois des Sarrasins, Aréthèse et Alamandar, qui avaient servi, l'un les Romains, l'autre les Perses, continuèrent seuls à se faire .la guerre.
Justinien, tardivement éclairé par les malheurs qu'avait aecuqiuiés sur l'empire sa funeste imprévoyance, répara les ▼illes que les Huns venaient d'incendier, construisit des re? tranchements le long du Danube, et fortifia le pas des Thermopyles, mieux défendu autrefois parie courage que par l'art.
Ces travaux utiles, mais chers, ne lui firent pas discontinuer les monuments dispendieux sur lesquels sa vanité croyaitvfonder sa gloire. L'église de Sainte-Sophie, enrichie dW et embellie par un nombre infini de colonnes du marbre le plus précieux, fut achevée ; elle surpassait, dit-on, en richesse, tout ce qu'on avait raconté du temple de Jérusalem; et l'empereur, enivré d'orgueil en admirant ce superbe édifiée, s'écria : t Enfin, Salomon, Je t'ai vaincu I »
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La prudence, fa gloire et la fortune semblaient être sortiet d'Italie avec Bélisaire ; ses lieutenants, par leur faiblesse, laissèrent la discipline se relâcher ; leur mauvaise 'foi irrita les Gotha; leur cupidité opprima les peuples : lé surinteii' dant des finances, ou logothète, se rendit également odieux aux Romains et aux Barbares par ses concussions; TaYariee de cet homme, nommé Alexandre, le porta à rogner les monnaies, ce qui le fit appeler par le peuple le cisoir.
Dès qu'une autorité ne sait ni se faire respecter par la Justice ni se faire craindre par la force, on ne tarde pas à se* couer son joug. Ildibaderassembleunfaible corps de Goths, lève ^étendard de la révolte, attaque près de Trévise tes Romains commandés par Vital, et les met en fuite (an 540). Le prince des Goths ne jouit pas longtemps de ce succès; sa femme jalouse deTépouse d'un chef de cette nation, nommé Wrayas, le fit as£assiDer. La vengeance suivit le meurtre; Ildibade fut tué dans un festin. On choisit pour le remplacer, Éraric, Ruge de nation; il régna peu de jours. AprèMa mort, les Goths offrirent la couronne à Baduella, que ses exploits avaient fait surnommer Tolila, c'est-à-dire XimmorteL
Il avait reçu de la nature les qualités qui font les héros. Bélisaire avait tellement moissonné ce peuple, que ses guerriers, qui sous Yitigès s'étaicmt élevés au nombre de deux cent mille honmies, ne reprirent les armes qu'au nombre de mille, et ne purent réunir que cinq mille combattants, lorsque Totila se mit à leur tète pour reconquérir l'Italie.
Vérone fut prise par les Romains et reprise par les Goths. Artabaze, lieutenant de l'empereur, livra bataille près de Faënza. Il combattit comme un vaillant soldat, il tua de sa main un Goth dont la taille gigantesque répandait partout l'effroi ; mais les armées ont plus besoin de la tète d'un chef que de son bras. Artabaze, général malhabile, se laissa tourner par ses ennemis, quile défirent et lui enlevèrent tous ses étendards.
Les lieutenants de Totila, Biéda, Rodéric et Uliaxis, se rendaient aussi redoutables par leur vaUlaoce que par Isor