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CHAPITRE XXIL

(Ans de J.-€. 641-668.)]

Conqaôte de l'Egypte par le calife Omar.» Incendie de la bibliothèque d'Alexandrie.

— Conquête de l'Italie par les Lombards. — Pablication dn code lombard de Rotharis. — Mort d'Omar. — Règne du calife Othman. — Bataille de Cadéaie. — Bataille nommée la victoire des victoires. — Bataille entre les Romains et les Arabes.

— Édit nommé type de Constant. — Disgrâce, défaite et mort de l'exarqne Olympins. — Association de Constantin à l'empire. — DéToaement d'un soldat napolitain.

— Faite de Constant. — Mort d'Othman. — Guerre entre Ali etMoaTia pour le califat. — Coqspiration de trois musulmans. — Hort d'Ali. — Perfidie de MoaTiaà l'égard d'Hasan, fils d'Ali, — Mort d'Hasan. — Règne de Moavia. — Secte d'Ali et de Moavia. — Conquête de l'EsclaTonie par Constait. — Sea fila HéraicUvs «t Tibère sont nommés césars. — Paix entre Moayia et Constant. — Mort de Théodore» frère

5a6 finpiBB d'obisrt. [a&i-Mq

de CoaiUnt, — Eeaords de CoB»Unt pour ce crioie. ^ CsorpatioBs de GriaoeMem Lombardie. — Sa perildie — Mort de Gondebert. — Fuite de Pertkarit. — Tkleire de Ciriaoald ter les Français. — Projet de conquête de Gonalant. — Som arrme et lea éeheca en Italie. — Sa réaidence à Syracase. <— Ses exactions et sa

Un grand désastre signala la première année du régne de Constant. Amrou, lieutenant du calife Omar, se rendit maître de toute l'Egypte et s'empara d'Alexandrie. 11 trouva dans cette ville des trésors Immenses, quatre mille palais, autant de bains publics, quatre cents cirques et douze mille jardins.

Au milieu de sa nombreuse population, on comptait quarante mille Juifs qui nourrissaient le fisc par de riches tributs. On en exigea un de deux ducats, que paya chaque Israélîte; par ce moyen, ils rachetèrent leur vie, leurs propriétés et Ut liberté de leur culte.

Ces immenses richesses rendirent les conquêtes des musulmans plus rapides; ils ne les dépensaient que pour entretenir leurs armées nombreuses et pour orner leurs mosquées. La religion faisait à chaque musulman un devoir de rester pauvre; le luxe public était le seul qu'ils connussent : tout se prodiguait alors pour la foi, pour la gloire, pour la patrie, et rien pour les individus.

Arorou voulait protéger les lettres et sauver la bibliothèque d'Alexandrie; elle était composée de cinq cent mille volumes. Il consulta le calife ; le farouche Omar répondit : t Si « ces livres ne contiennent que ce qu'on trouve dans l'Ai- « coran, ils sont inutiles ; s'ils renferment des choses qui lui « soient contraires, ils sont dangereux ; ainsi fais-les brûler. > Amrou obéit à regret ; ce trésor des sciences antiques chauffa pendant plusieurs mois les bains d'Alexandrie, et ce fut ainsi que le fanatisme d'un Arabe éteignit les lumières de Tancien monde (an 642).

Amrou fit nettoyer le canal d'Adrien, et le rendit navigable. La perte de l'Egypte, ajoutée à celle de la Syrie et de la Palestine, Jeta Tempire dans une profonde consternation.

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Oonstant implora vainement les conseils 3u sénat. Lors qu'autrefois, décoré par la victoire, Marc-Aurèle rendait à ce corps auguste la liberté des discussions, il inspirait un juste respect; mais un faible despote dépouillé, qui deman< dait tardivement conseil, n'excitait qu'une pitié ressemblant aix mépris.*

D'un autre côté, les Lombards faisaient de continuels progrès; ils s'emparèrent de Gênes, mirent en fuite l'exarque Platon, prirent Savone, et se rendirent maîtres de toute l'Italie jusqu'aux Alpes.

r.eur roi, Rotbaris, fameux par ses exploits, devint encore plus célèbre par l'abolition du droit romain, et par l'établissement du code lombard. Ce code s'étendit dans TOccident; les Normands l'adoptèrent. De nos jours, dans le royaume de Naples, plusieurs de ses dispositions étaient encore en vigueur.

Jusque-là les Lombards n'avaient été régis que par des coutumes et des traditions; Rotbaris publia, en 643, son code, dans le dessein d'imiter Dagobert, qui avait rassemblé pour la France les lois des Allemands, des Francs et des Bavarois. Le droit féodal européen tire son origine du droit lombard. Les nobles, les magistrats, le clergé, discutaient les .lois proposées par le roi, et, si l'on en croit quelques historiens, les députés du peuple étaient alors admis dans les assemblées.

Après la mort d'Ayon, duc de Bénévent, Rodoald, son successeur, étendit les possessions des Lombards. Feu de temps après, Grimoald, son frère, le remplaça ; ce fut lui qui, dans la suite, s'empara du sceptre de Milan, en détrônant Pertharit.

Le héros des musulmans, le conquérant de la S^rie, de la Mésopotamie, de l'Egypte, de la Libye et de la Perse jusqu'à rOxus, le célèbre Omar, périt l'an 644 sous le poignard d'un esclave. Il avait pris, dit Gantemir, trente-six mille villes ou châteaux, détruit quatre mille temples idolâtres ou chrétiens. Il fonda ou rebâtit quatorze cents mosquées. Se-

538 EMPiBE d'obient. L6&i«4mD

Ion les mahométans, le bâton d'Omar était pins redoutable que Tépée de ses successeurs ; il ne voulut pas laisser le trône à ses en&nts : « C'est bien assez pour ma famille, di- « sait-il, .qu'un de ses membres ait un aussi grand compte à i rendre à Dieu. »

Six commissaires, revêtus de ses pouvoirs, choisirent pour calife Otbman, guerrier célèbre, et que Mahomet avait éloigné du troue, parce qu'il préférait les intérêts de sa fiimille à ceux de l'État. Sous son règne , les musulmans achevèrent la conquête de la Perse.

Saad, héros sarrasin, avait gagné, à vingt Ueues de Babylone, la fameuse bataille de Gadésie contre Rustan, général d'Ildesgerde ; Rustan disputa trois jours la victoire. Le roi de Perse, vaincu, s'enfuit dans le Korassan; les Arabes s'emparèrent, à Modin, de Sj^s trésors; Saad poursuivit Tinfortuné Ildesgerde, qui chereha un asile dans le Turkestan.

Cependant le brave Rustan, illustrant son malheur, appelle aux armes tous les Perses, et, à la tête d'une armée innombrable et qu'il avait été impossible d'organiser, tente on dernier effort pour sauver la monarchie. Les deux armées se rencontrent près de Nahavend ; les Arabes nommèrent cette bataflle la victoire des victoires. Au premier choc, les Sarrasins sont d'abord enfoncés ; leur général Nooman est tué ; son lieutenant, Godaïfa, rétablit le combat ; après une longue résistance, l'armée persane fut taillée en pièces.

Ildesgerde resta caché cinq ans dans un désert; un prince turc, nomuié. Turkhan, à la tête de six mille hommes, vient lui offrir de le replacer sur son trône. L'orgueil des rois est plus constant que leur fortune^ ce vice survit souvent à leur pouvoir : Ildesgerde reçut avec hauteur les offres du chef d'une horde barbare. Turkhan, irrité«de ses mépris, se range parmi ses ennemis, se déclare mahométan et lui fait trancher la tête; avec elle tomba l'antique empire des Perses, qui devint une province des califes (an 65^). Pérose, fils d'Ildesgerde, se retira chez les Chinois. L'empereur raccueillit, le nomma capitaine' de ses gardes et lui promit

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dest secours pour reconquérir la Perse; mais il n'osa ou ne put tenir sa promesse. Bientôt la race des rois persans s'étei* gnit par la mort de Pérose et de son flls.

Othman justifia par ses fautes les reproches de Mahomet ; lorsque les généraux arabes avaient remporté des victoires, il les remplaçait par son frère Abdalla, qui venait en recueillir l'honneur et le fruit. Après la fuite d'Ildesgerde, Abdalla vint commander dans la Perse; le calife l'envoya ensuite dans l'Egypte conquise et ne tarda pas à s'en repentir. Manuel, général romain, trompant sa vigilance, rentra dans Alexandrie. L'invincible Amrou répara cet échec et reprit cette capitale ; l'injuste Othman laissa cependant le gouvernement de l'Egypte à Abdalla et se rendit ainsi odieux aux Sarrasins.

Bientôt on sut que, méprisant la faiblesse de l'empereur d'Orient, le patrice Grégoire s'était rendu indépendant en Afrique. Cette défection donna l'espoir au calife de conquérir Carthage ; il y envoya quarante mille Arabes sous lés ordres d' Abdalla ; Grégoire, à la tôte de cent vingt mille Romains, lui livra bataille près de Yacoubée : elle dura tout un Jour sans résultat décisif. La lille de Grégoire, montrant le même courage que fit briller autrefois Cléiie, combattit avec valeur au premier rang des légions. Le faible Abdalla était resté dans sa tente, loin du bruit des armes, parce qu'on lui avait dit que Grégoire promettait seize cent mille francs et la main de sa fille à celui qui lui apporterait la tôte du chef des Arabes. Enfin il prit le parti de mettre aussi la tête de Grégoire à prix. Pendant plusieurs jours, le combat se renouvela avec fureur; mais, dans un dernier choc, Grég(Mre ayant été tué d'un coup de lance, les Africains découragés cédèrent la victoire et prirent la fuite ; la belliqueuse fille du patrice tomba dans les fers de Zobéir, lieutenant d' Abdalla (an 648).

Cette même année, le Sarrasin Moavia fit une descente dans rile de Chypre, en enleva les habitants et les réduisit en esclavage.

540 EMPIRE d'oBIENT. [dAi-6W]

Loin d'être réveillé par ses revers et par la chate de F Afrique, l'empereur Constant ne s'occupait qu'à protéger rhérésie des monothélites ; il publia en leur fiiveur un édît qu'on nomma type de Constant, Le patriarche Pyrrhus se rendit à Home pour abjurer l'hérésie; mais Texarque de Bavenne le força très vite à se rétracter. Le pape Théodore excommunia le patriarche. Martin, parvenu au trône pontî> fical, rassembla dans Rome un synode de cent cinq évéques, qui condamnèrent l'hérésie et l'édit de l'empereur.

Cependant les Sarrasins, qui ne s'amusaient point encore à disputer sur la foi, continuaient à propager leurs dogmes par le glaive. Abdalla se rendit mattre de toute la Nubie ; les Sarrasins firent une descente en Sicile; le patrice d'Arménie conclut une alliance avec les Arabes; le terrible Mo»via s'empara de Rhodes ; et le fameux colosse qui fermait le port de cette île, frappa, dit-on, d'étonnement et de respect le colosse musulman.

L'empereur Constant, plus irrité de la résistance du pape Martin que des victoires des Arabes, chargea l'exarque Olympius de l'assassiner, et, pour le punir d'avoir échoué dans ce dessein, il lui ôta sa place, et l'envoya en Sicile combattre les Sarrasins.

Olympius, vaincu, succomba aux chagrins que lui causaient sa défaite et sa disgrâce; son successeur Calliopas se rendit à Rome, brava les fureurs du peuple, les menaces du clergé, arracha violemment le pape de l'église dans laquelle il s'était réfugié, et l'envoya à Constantinople ; il y fut jugé et condamné par ses ennemis.

On le traîna dans les rues, escorté par deux bourreaux : son cou était enfermé dans un carcan ; il fut jeté dans un cachot. L'empereur voulait l'y faire mourir de faim, le geôlier, plus humain, le nourrit. Le patriarche Paul,. quoique ennemi du pape, obtint qu'on épargnerait ses jours : il fut exilé à Cherson, et mourut en 655 sur cette côte stérile.

Le clergé lui donna pour successeur d'abord Eugène, et ensuite saint Maxime, qui méritèrent aussi la persécution en

combattant Thérésie. Rien ne semblait pouvoir suspendre la chuttftotafe d'un empire attaqué par de si redoutables ennemis, et gouverné par un prince extravagant, qui laissait les califes s'avancer sans obstacles, et ne combattait que les papes.

L'armée des Sarrasins traverse la Syrie et s'approche de Gonstantinople. L'empereur est enfin forcé de défendre sa couronne, sa croyance et sa liberté ; il s'embarque sur sa flotte, et laisse dans la capitale son iils Constantin, associé à Tempire : les deux armées navales se rencontrent sur les côtes de Lycie et s'y livrent bataille ; au premier choc, la victoire se déclare pour les mahométans ; leurs bâtiments entourent le vaisseau impérial et le prennent à l'abordage. Un soldat napolitain, dont le dévouement héroïque aurait dû immortaliser le nom, se couvre des habits et des ornements impériaux; il est pris et massacré par les Arabes, tandis que l'empereur, sous un déguisement obscur, se jette à la nftge et se sauve sur une chafoupe.

L'empire des musulmans semblait devoir s'élever sans rivaux sur les ruines de la Grèce, de Rome et de la Perse. Jusque-là l'union des Sarrasins sous un seul chef, sous une seule loi, avait fait leur force ; leur discorde sauva le monde. Othman justifia, par son égoïsme, les prédictions de Mahomet, et préféra sa famille à l'État. Les principaux émirs qui se trouvaient à Médine, indignés de voir Abdalla, frère du calife, accumulant des trésors, des honneurs, des commandements, jouir seul du fruit de leurs exploit?, se révoltent; ils demandent sa destitution, et veulent qu'on donne le commandement des armées au brave Mahomet, fils d'Abubtecker.

Pour les apaiser, le calife promet de condescendre à leurs vœux; mais une de ses lettres, interceptée^ apprend aux émirs qu'il avait chargé un émissaire de tuer Mahomet. Leur fureur alors ne connaît plus de bornes, ils rassemblent leurs partisans et courent aux armes : bientôt ils reviennent assiéger la ville ; les partisans du calife la défendent un

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