‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 48 sur 52 · C«A1-66S] CONSTANT II · texte numérisé non relu

C«A1-66S] CONSTANT II

vémordfi, croyait- sans cesse voir Tombre de son frèïe Théodore qui lui montrait nue coupe ' pleine de sang, et qui lui , crlsiH; : « Perfide frère, bofs donc ce sang dont tu étais si '7% altéré 1 » Il espère que les agitations de la guerre pourront mmenerla paix dans son cœur; il veut, en s' éloignant, fuir ^îè remorc^s et le fa»tôme ; il arme ses vaisseaux, et annonce son départ en déclarant qu'il veut reconquérir lltalie, et rétablir dans Rome le siège de Tempire. « Byzance, ijoutait- « il, doit sa naissance à Rome; il faut respecter la mère plus « que la fille, et lui rendre son ancienne splendeur. »

L'idée de Constant était grande ; mais pour exécuter de tels desseins, il fallait un autre homme. Constantin, vainqueur et couvert de gloire, put changer le siège de l'empire; mais un empereur faible et vaincu, entreprenant une semblable révolution^ ne pouvait inspirer que haine et mépris.

n veut s'embarquer (en l'an 662) ; le peuple de Constantînople se révolte, menace ses jours, et retient prisonniers ses trois fils, aipsi que sa femme. La garde sauve l'empereur des fureurs de la multitude ; il monte sur ses vaisseaux, et eu partant il prodigue à sa ville natale les imprécations les plus injurieuses.

Constant passe l'hiver à Athènes, et débarque en Italie dans les premiers jours du printemps de l'année 663. Depuis longtemps on n'avait point vu dans cette contrée d'empereur romain à la tête de ses armées : son arrivée y répand d'abord la terreur; il prend d'assaut Lucérie, et vient camper à la vue de Bénévent.

Romuald y commandait ; ce prince avertit son père Grlmoald du péril qui le menace, et, en attendant les secours qu'il demande , il se défend avec tant de courage et fait de si heureuses sorties, que Constant se voit forcé de lever le siège.

L'empereur marche sur Naples ; un corps de son armée est battu par le comte de Capoue. Une autre division romaine, forte de vingt mille hommes et commandée par Suburrus,

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général fomain, reçut Tordre de contenir Romuald; mais le prince lombard lui livra bataille, et le défit cemplè* tement. Depuis cet échecj Constant perdit teiit espoir de vaincre les Lombasds. Il entra dans Boiue, et ne pouvant j paraître en triomphe, i! y affecta une pieuse humilité.

Cependant, comme la conquête de ri|;alie était deveftM impossible, après avoir satisfit sa vanité par de Mvole» eérémonies dans Tancienne capitale du monde, il s'empafade l'argent de toutes les églises, s'embarqua à Reggio, chaîné des fruits de ce honteux pillage, passa en Sicile, et fixa sa résidence à Syracuse.

Il ne pouvait plus revoir aucune de ses deux capitatef, étant méprisé dans Tune et détesté dans l'autre • Ainsi cette entreprise mal conçue, dont le but avait été de relever l'em* pire, accéléra sa diécadence.

Sa faiblesse affermit la puissance des Lombards. Romnalâ s'empara de Tarente, de Brindes, et conquit ta Calabre; il ne resta dans le midi aux empereurs que Gaète, Naples et 'quelques villes de la côte. Pendant la courte durée de cette guerre, le duc de Frioul s'était révolté ; GrÈioald le combattit, le contraignit À se soumettre, embrassa le catholicisme, et s'allia avec ujw horde de Bulgares, dont les tecursions s'étendirent jusqu'aux portes de Gonstantinople.

La gloire et la fortune du roi des Lombards déterminé^ rent Ghildéric H, roi des Francs, à conclure un traité avtc lui. Pertharit consterné craignit de se voir livré à son ennemi; il songeait déjà à se réfugier en Angleterre, lorsqu'ilapprit la mort de Grimoald. Cet heureux usurpateur laissa là Lombardie à Garibald, son fils légitime, et Bénévent à Bomuald, son fils naturel.

Gependant Const&nt, qui ne sut jamais se servir de son sceptre et de son épée que pour augmenter le malheur de ses peuples et la gloire de ses ennemis^ livrait la Sie&e au pfflage, et faisait gémir l'Afrique sous te poids de ses exactjÎNis.

Garthage, qu'il menaçait de sa présence, redoutait plos son approche que celle des Sarrasins. Uf^àge, gouverneur de

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la province, se révolta avec une partie de ses troupes, et se rangea du côté des musulmans.

Moavia, général arabe et parent du calife, profita d'une circonstance si favorable, entra en Afrique, et défit trente mille hommes que Constant avait envoyés contre lui.

Mais l'armée sarrasine était trop peu nombreuse ; elle ne poussa pas plus loin, cette année, le cours de ses conquêtes. Lies querelles ecclésiastiques, les discordes civiles continuaient à déchirer Tempire, attaqué par tant d'ennemis extérieurs ; le péril commun ne pouvait ramener l'union sous un prince incapable de gouverner et de combattre. Sapor, officier perse, excita un soulèvement en Arménie. Le jeune césar Constantin chargea le patrice Nicéphore de marcher (x>ntre lui, et d'attaquer Andrinople, qui se déclarait en sa faveur; mais une chute de cheval termina la révolte et la vie du Perse.

L'empereur Constant vivait depuis six ans à Syracuse en tyran, déshonorant le trône et ruinant TËtat. La haine qu'il inspirait était devenue \uiiverselle. Enfin, un jour, au moment où il était dans le bain, un ofQcier qui se trouvait seul avec lui saisit un vase d'airain, lui f^idit la tète et prit la fuite : quelques instants après, ses serviteurs entrèrent et le trouvèrenj; noyé dans l'eau et dans son sang (an 6G8). Ainsi périt ce tyran; son ombre alla rejoinidre celles des Agathocle et des Denys, dont il avait reproduit les vices et non les talents. Ce règne désastreux dura vingt-sept ans : Constant mourut dans sa trente-huitième année.

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