‹ Histoire du BasEmpireChapitre 3 sur 26 · qu'elle se vit de nouveau embrasée par les fureurs du · texte numérisé non relu

qu'elle se vit de nouveau embrasée par les fureurs du

5^34^7?' fanatisme. Zénon étoit passionné pour les jeux du Cirque. Ce prince , aussi frivole que lâche et voluptueux , prenant parti dans les courses de chars, s'étoit déclaré pour la faction verte; et cette faction , devenue insolente par la faveur , s'emportoit souvent aux excès dont sont capables des esprits brutaux lorsqu'ils se flattent de l'impunité. Dans la ville d'Antioche, les cochers de cette livrée et leurs partisans s'étant attroupés, firent main basse sur les Juifs; pas un ne fut épargné. Zénon l'ayant appris , se contenta de rappeler Théodore , comte d'Orient, et de le dépouiller de sa charge. Mais, loin de faire un exemple des meurtriers, comme on lui

disoît qu'après avoir égorgé les Juifs, on avoit brûlé leurs cadavres E: t pourquoi, repartit-il, ne les avoir pas brûlés vifs 9 ainsi qu'ils Vaur oient mérité? Une parole si inhumaine et si indigne d'un prince qui doit être le père de tous ses sujets mit les Juifs au désespoir. Les Samaritains, toujours entêtés des superstitions judaïques, se révoltèrent : ils prirent pour roi un chef de brigands nommé Justusa, et, s'étant assemblés en armes sur le mont Garisim, ils descendirent dans la ville de Néapolis, aujourd'hui Naplouse, et anciennement Sichem, située au pied de cette montagne. C'était le jour de la Pentecôte : ils massacrèrent dans l'église ce qu'ils y trouvèrent de chrétiens; se jetèrent sur l'évêque Tèrébinthe , qui célébroit le sacrifice , lui portèrent plusieurs coups d'épée, lui coupèrent les doigts, et profanèrent les saints mystères. De là ils coururent à Césarée, capitale de la Palestine, où ils égorgèrent un grand nombre de chrétiens, et brûlèrent l'église de Saint-Procope. Justusa, ceint du diadème, fit célébrer devant lui les jeux du Cirque en signe de triomphe. Mais il n'avoit pas assez de forces pour soutenir sa révolte. Asclépiade, commandant des troupes de Palestine, et Rhége, dont la fonction étoit de poursuivre les brigands, vinrent fondre sur lai à la tête des cohortes nommées arcadiennes. Il fut défait et pris dans le combat. On lui coupa la tête, qui fut envoyée à Zénon avec son diadème. L'évêque Tèrébinthe, couvert de blessures, alla en même temps se présenter à Fempereur , qui confisqua les biens des principaux Samaritains, mit une forte garnison dans leur ville, et flétrit la nation entière en déclarant tout Samaritain incapable de porter les armes. L'église de Saint-Procope fut rebâtie. On changea la synagogue du mont Garisim en une église de la sainte Vierge, toujours gardée par dix soldats. Une autre garde fermoit aux habitaus l'accès de la montagne.

Ces précautions retinrent les Samaritains tant que

Zenon vécut. Mais, sous l'empire d'Ànastase, il s'éleva une nouvelle émeute, dont les suites furent moins funestes. Une troupe d'habitans, animés et conduits par une femme, monta sur le mont Garisim par des endroits escarpés , pour éviter les soldais qui défendoient le chemin. Ils massacrèrent la garde de l'église , dont ils s'emparèrent. Ils appelèrent ensuite à grands cris leurs concitoyens; mais ceux-ci ne jugèrent pas à propos de se joindre à eux, et demeurèrent tranquilles. Cette sédition fut bientôt étouffée par la prudence et le courage de Procope d'Edesse, gouverneur de la province, qui, s'étant saisi des rebelles, les punit du dernier supplice. Justinien, quelques années après, ayant engagé la plupart des Samaritains à embrasser la religion chrétienne, rétablit les églises qu'ils avoient détruites , et ajouta des fortifications à celle du mont Garisim, qu'il mit hors d'insulte. Il vouloit détruire la secte samaritaine; mais elle s'est consèrvée , et elle subsiste encore aujourd'hui.

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