SUR LA DOMBES
SOMMAIRE. — /. Information faite pour prouver comme les seigneurs de Beaujeu, de Baugé et de Fil lar s étaient dépareille dignité et égale puissance.
— //. Autre information sur ce sujet. — III. Le droit de marques et de représailles fait voir V indépendance tf une seigneurie a Vautre. — IV. Assemblée à Mâcon pour terminer quelques différends survenus entre les officiers de lune et l'autre seigneurie. — V . Appointement pris à Lyon pour ce sujet.
— VI. Oui conclut à la parité et égale puissance. — VU. Le titre de vicaire impérial ne donne point de préférence au comte de Savoie sur le seigneur de Bombes. — VIII. Deux lettres des ducs de Savoie autorisent cette indépendance. — IX. Réponse à ce que dit Bodin que les seigneurs de Beaujeu se sont érigés en souverains sous la protection du vicariat de Savoie.
I. — J'ai fait voir ci-dessus qu'au commencement de l'usurpation des provinces du royaume de Bourgogne le comte de Savoie, renfermé dans ses montagnes, songeait plutôt à s'y maintenir et à s'y conserver qu'à entreprendre sur ses voisins; que le sire de Baugé et de Bresse était trop petit compagnon pour exiger quelque hommage des seigneurs de Beaujeu ; que les sires de Villars étaient souverains et indépendants et n'avaient jamais rendu aucun hommage aux seigneurs de Baugé, et que ces trois seigneuries, Baugé, Beaujeu et Villars, étaient en pareilles dignités et égale puissance, comme m'apprend une information faite, l'an 1460 et 1461, pour terminer aimablement les querelles qui naissaient tous les jours entre les officiers de Bresse et de Dombes, pour les limites des lieux contentieux entre ces princes et ladite information faite par-devant les commissaires du roi : M. de Vivier, M. Itier
Voisi, conseiller du roi en sa cour du parlement; Me Laurent Paterin, docteur es lois; noble Jean Paiaix, écuyer, bailli d'Alençon, aussi conseiller du roi, ambassadeurs et commissaires en cette partie, où il est dit que, de très ancien temps, il y a eu trois baronnies circonvoisines, près la rivière de Saône, c'est à savoir de Beaujeu, Villars et Bâgé, et que celle de Beaujeu est tant deçà que delà ladite rivière de Saône, et lesdites baronnies de Bâgé et de Beaujeu étaient pareilles au regard du ressort et souveraineté, et usaient entre elles de parité, en telle manière que l'une baronnie n'avait sur l'autre aucun droit de ressort et souveraineté, et, quand il se mouvait entre les seigneurs desdites baronnies aucuns débats et controverse, ils convenaient ensemble, en certain lieu commun, et s'accordaient amiablement, si faire se pouvait, sinon ils élisaient, par entre eux, aucuns arbitres de leurs amis, comme médiateurs pour les appointer et accorder; et, auparavant que la baronnie de Bagé fût au comte de Savoie et partie de la seigneurie de Villars, les comtes de Savoie n'avaient rien demandé aux seigneurs de Beaujeu, ni auparavant eux les seigneurs de Bagé, et ce n'a été que depuis que les comtes de Savoie se sont agrandis.
Dans d'autres productions est écrit que la sirie de Beaujeu ne partit x onques du fief de Savoie, mais a toujours été une sirie à part et voisine des princes de Dauphiné et de Savoie et autres circonvoisines. Item, quand MM. de Savoie d'ancienneté avaient quelque guerre soit contre MM. les dauphins ou ailleurs, ils requéraient les sires de Beaujeu de leur aider et secourir, comme leurs parents et voisins et non autrement et es traités ou alliances qu'ils faisaient, les nommaient et appelaient leurs frères et coadjuteurs et en rien n'étaient hommes ou vassaux desdits de Savoie.
II. — Dans une information du 22 juillet 1461, vénérable et discrète personne, frère Gaspard de Bonneville, de l'ordre de Saint-Benoît, prieur du prieuré de Saint-Martin-de-Chalamont, et âgé de 60 ans et de bonne mémoire de 50 ans, sauf le plus, témoin examiné de la part de M. de Bourbon, à l'encontre de MM. les ducs 2 de Savoie et princes de Piémont par les commissaires, dit et témoigna par son serment donné aux saints Évangiles de Dieu, comme s'ensuit et premièrement