‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 107 sur 171 · L, T, B : Girv. — 2. G : fol. 377. — 3. L, T, B : Cintré · texte numérisé non relu

L, T, B : Girv. — 2. G : fol. 377. — 3. L, T, B : Cintré

Et quant à Guichard de Beau jeu, il fut relâché sous l'obligation qu'il passa au dauphin, au mois de février de l'an 1325, de ses châteaux de Perreux, de Thizy et de Lay, pour sûreté de sa rançon ; depuis, il traita de sa délivrance avec le dauphin à Saint- Vallier, le 24 novembre 1327, par l'entremise de Jean, comte de Forez, d'Aimard de Poitiers, fils du comte de Valentinois, et de Guillaume de Beaujeu, son frère, qui ordonnèrent que le seigneur de Beaujeu serait en liberté en remettant au dauphin les seigneuries et château de Meximieux et du bourg Saint-Christophe, en la Valbonne, le fief de la Grande-rue de Villars, de la maison de Loyes et des poypes de Montelier, de Corsieu et de Monthieu, et Parrière-fief de Châtillon, de La Palu et de Gordans, que lui devait le sire de Thoire et de Villars, outre quoi le seigneur de Beaujeu prit en fief du dauphin son château de Mirebel et promit de le servir envers tous et contre tous, à la réserve du roi de France, de l'église de Lyon, du duc de Bourgogne, du comte de Clermont et des abbés de file-Barbe et de Cluny. Les gentilshommes de sa suite, au moyen de ce traité, furent renvoyés sans rançon; depuis, le seigneur de Beaujeu * fut récompensé de cette perte par traité fait à Baugé, le 29 de janvier 1327. Le comte de Savoie lui délaissa en propriété les châtellenies de Coligny-le-Neuf et de Buenc, à la charge du fief, et promit de lui payer 40.000 livres viennoises, à condition que Guichard de Beaujeu lui ferait hommage des villes et châteaux de Lent et de Thoissey, en Dombes. Ce traité se fît par l'entremise de Pierre de Savoie, archevêque de Lyon, et en présence de Guillaume de Beaujeu, d'Arnouid, seigneur d'Urfé, et de Jean, seigneur de Franchelins, de Galois de la Baume, seigneur de Valetin 2, et d'Hugues de Châtelard, chevaliers.

XIII. — Guichard fut maître de l'Hôpital d'outre-mer, comme dit la Chronique de Belleville , et Severt ensuite par ces mots : magnum postea exercuit magisterium hospitalis ultra marini, et, en cette qualité, il eut la conduite du tiers bataillon français à la journée de Mont-Cassel, l'an 1328 3, ce que Duchesne, en son Histoire de Bourgogne, a confondu, disant qu'il avait cette conduite avec le grand maître des Hospitaliers,

1. G : Baugé. — 2. L : Valefin; J : Valetein. — 3. L, T : 13 18.

contre ce qu'a dit Nicolas Gilles, en sa Chronique, par ces mots : « La tierce bataille conduisait le maître de l'Hôpital d'outre-mer et seigneur de Beaujeu », en quoi il faut remarquer qu'il ne dit pas : « et le seigneur de Beaujeu, mais seulement le maître de l'Hôpital d'outre-mer et seigneur de Beaujeu, » pour montrer que ce n'était qu'une même personne, et pour marque qu'il y était bien considéré c'est que le roi de Navarre, le dauphin de Viennois, les ducs de Bretagne, de Bourgogne, de Bourbon, de Lorraine, d'Alençon, le connétable Gaucher de Châtillon, les comtes de Flandres, de Hainaut, d'Artois et de Bar et plusieurs autres seigneurs y étaient.

Il y est mentionné sous le nom de Richard, dans la lettre que les barons de France écrivirent au collège des cardinaux contre Boniface VIII.

XIV. — Enfin ce grand prince, tout couvert de gloire et d'honneur, après avoir servi cinq rois : Philippe le Bel, Louis Hutin, Philippe le Long, Charles le Bel et Philippe de Valois, desquels il avait été chambellan et un des principaux conseillers, paya le tribut à la nature, à Paris, le 18 septembre de Tan 133 1 % et, comme il avait semé, pendant toute sa vie, des lauriers, il recueillit, à sa mort, des palmes, mourant plein d'honneur et de gloire, comme l'un des plus braves chevaliers de son siècle, auquel la valeur acquit, à juste titre, le glorieux surnom de Grand 2. Il fut enterré à Belleville, dans une sépulture neuve qu'il avait fait faire pour soi, le 3e jour d'octobre; les poètes de son temps célèbrent sa mémoire par diverses épitaphes dont en voici quelques-unes :

Epitaphium positum manïbus domini Guichardi magni, domini Bellijoci, qui supremum diem clausit anno supra 3 millesimum trecentesimo tricesimo 4 primo, 4 non. novemb. Exequix istius celebrantur Bellevillx

A milleno cum primo ter quoque deno Princeps Guichardus, leo corde, gigcts, leopardus Bellatorque audax et nobilitatis amator Numquam devictus bello per militis ictus, Vincitur a morte, cœli pateant sibi portx

1. G : Histoire de Chdtilïon, fol. 352. — 2. G : Froissard. — 3. G : suprema. — 4. B. V : Irigesimo.

l66 HISTOIRE DU BEAUJOLAIS

L'an 331 après mille, Guichard Prince, lion de cœur, géant et léopard, Hardy guerrier, aimant noblesse vertueuse, Non vaincu des soldats en guerre furieuse, Est vaincu de la mort, qu'au haut ciel azuré A toujours mais en heur soit son lieu asseuré.

L'an mil trois cent et trois fois dix Un y ajoute, le prince Guichard Lion en cœur, grand et puissant jadis, Noble seigneur, hardy comme un léopard, Chevaleureux, aimant arme, noblesse, Onques vaincu ne fut en prouesse Par coups de lance, arc, ou flesche, Mais Atropos, qui tout opresse, Le vint sommer d'aller aux bas palus.

Fuir ne peut, mais prions que son âme Soit mise en Paradis, là sus Avec Dieu et la glorieuse dame.

XV. — Il épousa trois femmes *, desquelles il procréa divers enfants : la première fut Jeanne de Genève, fille de Rodolphe et sœur d'Aimon II, tous deux comtes de Genève, de laquelle il n'eut qu'une fille, selon Duchesne.

i° Marie de Beaujeu, mariée, l'an 133 1, à Jean l'Archevêque, seigneur de Parthenay, Vouvent et Mervent, fils de Guillaume l'Archevêque et de Jeanne de Montfort. Elle était mariée devant la mort de son père, puisqu'il fait mention d'elle dans son testament disant qu'elle est femme du seigneur de Parthenay, à laquelle il donna 40 livres tournois de légat, avec ce qu'il lui a donné et assigné par son contrat de mariage, en sorte qu'elle ne puisse rien demander davantage pour raison de la dot de sa mère Jeanne ou autrement, sur ses biens, ni autrement, y ayant renoncé par ses lettres de renonciation en son contrat de mariage.

Severtdit encore que ladite dame eut un fils qui mourut en venant

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