G, J : Guichenon, Hist. de Suivie, fol
mont, et le comte de Genève le devaient à la couronne de Savoie, à la réserve faite par le sire de Beaujeu de la fidélité à laquelle il était tenu envers le roi de France, les ducs de Bourgogne et de Bourbonnais, l'archevêque de Lyon et les abbés de Cluny et de nie-Barbe ; le sire de Beaujeu, de son côté, se départit, en faveur du duc de Savoie, du droit qu'il avait sur les châteaux du bourg Saint-Christophe et de Beauregard-sur-Saône et sur le fief de Villars (desquels il avait été convenu, l'an 1334, que le pape en serait l'arbitre), se réservant le fief du château de Gordans, et, pour la sûreté des 40.000 livres que le sire de Beaujeu devait toucher, le comte de Savoie donna pour caution Amé, comte de Genève, etc. L'hommage fut prêté par le seigneur de Beaujeu, entre les mains du comte : immissis dicti domini Bellijoci manibus infra manus dicti domini comitis, osculo fœderis interveniente, cum expressione verborumfidelitatis et bommagii necnon aiiis solemnitatibus in talibus consuetis. Ce fut le 26 juin 1343, à Hautecombe, devant la petite chapelle de l'abbé, en présence de Guigues de Syon, d'Ancelin de Maurienne, de Jean de Grenoble, d'Alleman de Genève et de Jacques de Belley, tous évêques, où, après avoir contesté que les châteaux de Lent et de Thoissey, erant allodiala et libéra ab omni onere servitutis, il se constitua homme et vassal dudit comte de Savoie pour certains châteaux qu'il dit tenir de lui en fief, lesquels il ne spécifie pas.
Notre Edouard aida au comte Vert, Amé VI de Savoie, à châtier les Valaisans qui s'étaient rebellés, à l'occasion de Guichard Tavel, évêque de Sion ï ; lesquels s'étant rangés à leur devoir, il y eut paix entre eux.
Duchesne dit qu'il soutint le siège de La Mortagne, l'an 1340, contre le comte de Hainaut 2 et renversa même une fois, de ses propres mains, dix ou douze des ennemis dans les fossés. En 1345, il servit le duc de Normandie en Guyenne contre les Anglais et prit plusieurs places qu'ils occupaient ; il accompagna le roi Philippe VI tant en la bataille de Crécy, en 1346, qu'à la retraite d'icelle 5. Il suivit le roi au siège de Calais, et finalement il combattit une armée d'Anglais auprès d'Ardres, où il prodigua sa vie et son sang pour la défense du royaume, car il y
1. G : Guichenon, Hist. de Sa.oie, fol, 405. — 2. G : Froissard, ch. XLV et LX. — 3. G:id.,c. CXIX.
mourut joignant son enseigne, le 3e jour de mai 135 1, âgé de 35 ans seulement *, et fut porté en l'abbaye de Belleville, au tombeau de ses prédécesseurs.
V. — La chronique de Belleville dit qu'il livra la bataille aux Anglais, près d'Ardres, plus hardi qu'un lion, et tellement se porta qu'il mettait déjà lesdits Anglais en fuite ; toutefois, ainsi que Dieu permit, y fut occis en ladite bataille, parce que les Lorrains se rallièrent ensemble, en si grande puissance, qu'ils vinrent courir sur l'enseigne dudit prince abattue; messire Guichard de Beaujeu, son frère, seigneur de Perreux, lequel était en un autre quartier de ladite bataille, sut les nouvelles dont il fut dolent; toutefois, il reprit et releva ladite enseigne et rallia tout ce qu'il put de ses gens, lesquels se portèrent si vaillamment, nonobstant la mort de leur chef, par la prouesse et chevalerie dudit Guichard, qu'ils gagnèrent la bataille et leur demeura victoire es champ auquel furent tués Anglais et Lorrains en grand nombre, plusieurs blessés, et prit beaucoup de prisonniers, et tout le demeurant fut mis en fuite. Ledit messire Guichard commanda que le corps de son frère fût levé et porté à Saint-Omer, ce qui fut fait incontinent; mais ce ne fut sans grande douleur qui fut faite sur le corps du maréchal, car il mourut à l'âge de 35 ans, l'an 13 51 2; son corps fut apporté dudit lieu de Saint-Omer à Belleville, où il fut enseveli, le dernier juin, au tombeau de son père. Froissard fait ample mention de lui, l'appelant, en plusieurs endroits de son Histoire, pieux et hardi chevalier.
VI. — Il fit son testament en 1346, le 27 mai, par lequel il dit qu'il veut être enterré à Belleville, et donne à chaque prêtre qui sera présent à sa sépulture 3 gros tournois d'argent, monnaie de France, avec pleine réfection, aumônes et offrandes, lesquels diront chacun trois messes dans les huit premiers jours après sa mort. Il donne aux églises et monastères de Beaujeu, de Belleville et de Joug-Dieu, à chacune, 100 sous de rente, à perpétuité, à la charge de dire, chaque semaine, une messe basse des morts et un anniversaire au jour de son décès; sa veuve, Marie du Thil, et son fils accordèrent depuis avec le