L, T, B, J : du 2e sac
mièrement, un jugement donné par le duc de Bourgogne, le 23 octobre 1376, qui ordonna que, outre son douaire, elle aurait la seigneurie de Belleville contre ledit Edouard de Beaujeu ; une autre sentence dudit duc, au profit de ladite dame de Chalon, donnée à Rouvre, au mois de septembre 1377, pour l'exécution dudit jugement. Arrêt donné au parlement de Paris, au mois de janvier 1383; autre arrêt du mois de septembre 1384 x. Arrêt des mois de juin, août et 2 septembre 1385, portant restitution de 1.000 livres et 10.000 florins. Déclaration faite, par M. de Beaujeu, au commissaire exécuteur du susdit arrêt de remettre le tout au jugement de MM. les ducs de Bourgogne et de Bourbon, en date du 2 mai 1388; obligation passée par ledit seigneur Edouard, au profit de ladite Béatrix de Chalon, du 7 juin 2, audit an et en juillet 1388. Procuration respectivement passée, le 21 avril 1401, par messire Jean de Chalon, prince d'Orange, au nom et comme curateur des corps et biens de ladite dame, sa tante, pour recevoir de M. le duc de Bourbonnais les deniers adjugés par ledit arrêt et transiger sur l'exécution desdites sentences et arrêts concernant ce fait, et même la quittance passée par Jean de Chalon, prince d'Orange, au nom de ladite Béatrix de Chalon, sa tante, au profit de M. Louis de Bourbon, successeur dudit Edouard en ladite baronnie, le 9 mars 1402, de 200 francs 3 d'or, du 7 juillet 1403, et une autre de deux autres 100 francs d'or, du 27 février de la même année, toutes lesquelles sommes furent reçues de M. de Bourbon par les mains du trésorier général.
Pendant que durait ce procès, il termina une autre affaire avec sa mère, Marguerite de Poitiers, par une déclaration du mardi avant la Saint-Jean-Baptiste 1380, par laquelle il voulut et ordonna qu'en récompense de la somme de 20.000 livres, par lui reçue de Louis de Poitiers, à cause du transport des droits appartenant à madame sa mère, elle fut payée de ladite somme sur ses autres biens, ensuite de quoi, le même jour et an, il lui remit le château d'Arcinge et la seigneurie de Perreux. La même année, ladite dame fonda une messe perpétuelle dans l'église de Saint-Antoine de Charlieu, de l'ordre de Saint-François, où elle est enterrée avec sa fille.
1. G : cote n° xv. — 2. L, T : mai. — 3. L, T : livres; B : florins.
VI. — Edouard s'étant démêlé de ses affaires domestiques se trouva embourbé en de plus grandes au dehors de sa maison, d'autant que, Tan 1379, étant allé visiter à Bourg le prince Amé VII, à qui le comte Vert, son père, avait remis la Bresse et la Valbonne, et l'ayant prié de vouloir être l'arbitre des différends qu'il avait avec le sire de Villars, il se trouva bien éloigné de son compte, car, croyant d'avoir ce prince pour ami, par la déférence qu'il lui faisait de le choisir pour arbitre et médiateur de ses affaires, il s'en fit un ennemi, parce que étantpressédelui rendre hommage pour les villes de Lent, Thoissey et Chalamont, Montmerle et Villeneuve, et Beauregarden Dombes, et pour les châteaux de Coligny et de Buenc, en Bresse, refusa de le faire, quoiqu'il y fût obligé, dit Guichenon l, par les traités du 5 juillet 1337 et du 10 février 1377. Amé, avant que de se résoudre sur ce refus, envoya Etienne de la Baume, seigneur de Fromentes, au comte Vert, son père, pour lui en demander avis; le comte, indigné de ce que le sire de Beaujeu n'observait pas ce qu'il avait promis, écrivit au seigneur de Bresse qu'il employât ses armes pour le mettre à la raison; ce jeune prince assembla ses troupes et, suivi de Pierre, comte de Genève, d'Hugues de Chalon, seigneur d'Arlay, de Jean et de Philippe, enfants du comte de Montbéliard, de Gauthier de Vienne, seigneur de Sainte-Croix, et d'autres grands seigneurs, entra à main armée en Dombes, prit le château de Beauregard-sur-Saône par assaut, et Lent par composition; de la, il alla mettre le siège devant Thoissey. Cependant le sire de Beaujeu, qui n'était pas en état de résister à ce jeune conquérant, implora l'aide et l'entremise de Philippe le Hardi, duc et comte de Bourgogne, et de Louis, IIe du nom, duc de Bourbon, qui moyenna une trêve d'un an, laquelle fut arrêtée a Morge, le 5 décembre 1380, et, comme la trêve était prête a finir, le duc de Bourgogne envoya en Bresse Bertrand de Saint-Patour 2 et Renaud, seigneur de Montconnis, chevalier, ses ambassadeurs, pour en obtenir la continuation pendant une autre année.
Pendant laquelle, Amé, seigneur de Bresse, alla accompagner le roi Charles VI en Flandres, où il se trouva à la mémorable bataille de Rosbecque, le 27 novembre 1382, au retour de laquelle il s'en revint
1. G : Guichenon, Hist. de Savoie, fol. 431. — 2. L, T, B, J : Pastour.
en Bresse pour recommencer la guerre au sire de Beaujeu, avec qui la trêve était finie. Il ne fut pas plutôt arrivé à Bourg qu'ayant joint les troupes qu'il avait ramenées de Flandres avec celles qu'il leva sur les lieux, il entra en Dombes et y prit d'abord les villes et châteaux de Thoissey, de Montmerle et de Chalamont ; mais cet heureux succès fut troublé par la mort du comte Vert, qui obligea Amé d'aller à Chambéry prendre possession de ses états ; pendant son séjour à Chambéry, où il attendait l'investiture qu'il avait envoyé demander à l'empereur Venceslas, les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le sire de Coucy lui envoyèrent leurs ambassadeurs, pour moyenner une paix durable avec le sire de BeaujeuJ; le duc de Bourbon même et le sire de Coucy allèrent en personne à Chambéry où le traité fut conclu, le dernier jour de mai 1383. Les articles furent que le comte de Savoie, pour l'amour du roi et des ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et du sire de Coucy, relâcherait au sire de Beaujeu toutes les places qu'il avait prises sur lui en Dombes, à la réserve seulement du château de Beauregard-sur-Saône, dont le comte jouirait sa vie durant l, et à la charge qu'Edouard de Beaujeu, outre les villes et châteaux de Lent et de Thoissey, en Dombes, de Coligny et de Buenc, en Bresse, reconnaîtrait encore de tenir en fief, du comte de Savoie, la seigneurie de Montmerle. L'assistance que Louis, duc de Bourbon, rendit au sire de Beaujeu en cette guerre fut la principale cause de la donation qu'Edouard lui fit bde tous ses biens, le 23 juin 1400, par le moyen de laquelle les seigneuries de Beaujeu et de Dombes entrèrent en la maison de Bourbon.
VIL — L'an 1380, Marguerite de Poitiers, mère d'Edouard, fonda une messe à chacun jour, à soleil levant, en l'église et couvent de Saint-Antoine de Charlieu, où elle voulait être inhumée, et une grand' messe, chacun an, à pareil jour qu'elle serait décédée, pour à quoi satisfaire elle donna, à ladite église ou couvent, douze ânées de seigle et 12 livres tournois, pour chacun an, à prendre sur la rente de Cours et de Sevelinges, en date du 7 août 1380, ce qui fut confirmé par Edouard, seigneur de Beaujeu, son fils, le 13 juin 1385 2.
1. G : Ce délaissement est au trésor, n° xvn du Ier coffre, au sac coté C. — 2. G : au trésor, n° xvi du sac 2 du Ier coffre.
VIII. — Marguerite de Beaujeu, sa cousine, lui renouvela encore le procès de son ancienne prétention, comme il appert des lettres du roi, au mois d'octobre de ladite année 1383, que ledit Edouard avait obtenu pour faire surseoir toutes les poursuites qui se pouvaient faire contre lui jusqu'à ce qu'il fût de retour de la guerre de Flandres, où il était employé pour le service de Sa Majesté.
IX. — Il eut une mauvaise affaire contre le duc de Bourgogne qui ne fut pas à son avantage, ayant affaire avec un oncle du roi, prince du sang, premier pair de France et comte de Flandres, d'Artois, de la comté de Bourgogne et autres, dans les Pays-Bas. Le sujet vint de ce que j'ai dit, ci-devant au traité de Coligny-le-Neuf l, que Bérard de Chadrion, seigneur de Ronchivol, qu'il y avait mis capitaine, ayant été assassiné pour ce qu'il recherchait les droits égarés et en poursuivait les reconnaissances, le seigneur de Beaujeu, averti de cet affront et injure faite à son châtelain, envoyamaître GuillaumeGalle etHumbertde Franchelins pour informer de cet assassinat, ce qu'ils firent et poursuivirent les assassins dans la comté de Bourgogne, les attrapèrent et constituèrent prisonniers à Chalamont où ils furent maltraités et géhennes. Madame la duchesse de Bourgogne, en l'absence de son mari, avertie de la distraction desdits prisonniers, fait informer par la cour du parlement de Dole, contre le sieur de Beaujeu, La Galle et Franchelins, ses gentilshommes; le seigneur de Beaujeu envoya à Dijon son bailli, avec les informations et procédures pour faire ses excuses envers ladite duchesse, laquelle ne les voulut pas recevoir, disant qu'elle voulait avoir les prisonniers avant toute œuvre; le seigneur de Beaujeu les lui envoya, mais il sont enlevés en chemin par le bailli de Chalon, et les procédures contre le seigneur de Beaujeu continuées, la duchesse étant implacable là-dessus. Le seigneur de Beaujeu s'achemine par-devant le duc à Saint-Denis, lui fait ses excuses sur lesquelles il y eut surséance accordée par commission au comte de Nevers, fils du duc, et cependant par provision le duc ordonne que le château de Coligny sera remis entre ses mains ou à celui qu'il nommera, ce qui fut effectué par le seigneur de Beaujeu ; depuis, il en pour-