‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 121 sur 171 · G : fol · texte numérisé non relu

G : fol

La femme d'Edouard survécut à son mari l'espace d'environ huit ans, dans un extrême déplaisir de voir sa maison ainsi abattue.

Au mois de juillet, un peu devant sa mort, il confirma la fondation, que sa mère avait faite, d'une messe perpétuelle, dans l'église des Cordeliers de Charlieu.

Paradin dit que, de son temps, on chantait encore dans la Franche- Comté cette chanson :

Sire roy, sire roy, faites-nous justice,

De ce larron Edouard qui nous prend nos filles.

Edouard, Edouard, laisse-nous nos filles.

XV. — C'est pour apprendre aux grands que si leurs beaux exploits sont gravés en lettres d'or dans le livre de la postérité, leurs vilaines et sales actions sont aussi bien décriées par la vile populace à laquelle ils commettent leur réputation. Je crois que comme il était mal voulu en Bourgogne et en Franche-Comté, au sujet du procès qu'il avait pour l'assassinat de son châtelain de Coligny, les Bourguignons avaient fait cette chanson contre lui pour le décrier et diffamer.

Bref, [en lui] finit la branche des seigneurs de Beaujeu dont il a été le dernier. Le testament de son grand-père, Guichard V, appelait à la succession les enfants de Guillaume de Beaujeu, son oncle, seigneur d'Amplepuis, et même Philibert de Lignières prétendit de le disputer contre Jean II, duc de Bourbon; mais cet héritage était tombé en trop bonnes mains pour en sortir à si bon marché.

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