‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 122 sur 171 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DES SEIGNEURS d'aMPLEPUIS ET DE LIGNIÈRES PORTANT LE NOM DE BEAUJEU

SOMMAIRE. — I. Guillaume de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis. — //. Edouard de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis. — ///. François de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis. — IV. Jacques de Beaujeu, seigneur d' Amplepuis et de Lignières. — V. Philibert de Beaujeu, dernier seigneur a" Amplepuis et de Lignières.

I. — Auparavant que de continuer la suite des seigneurs de Beaujolais de la maison de Bourbon, il reste à parler de la postérité de Guillaume de Beaujeu, fils puîné de Guichard le Grand et de Jeanne de Châteauvilain, sa troisième femme; il eut pour partage, comme j'ai dit ci-dessus, les terres d' Amplepuis, de Chavagny et de Chamelet, et fut, comme son père, marié trois fois : l'une avec la dame de Villedieu, l'autre avec Agnès de Saint-Germain, dame en partie de L'Estours, l'autre moitié appartenant à Jeanne de Saint-Germain, femme de Jean de Laye, seigneur de Saint Lagier, et la troisième, avec Marguerite de la Gorze. Des deux premières femmes, il n'eut point d'enfants, mais la dernière lui en procréa deux : Edouard de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis, et Guichard, trépassé en jeunesse, au dire de Severt ; ce qui ne peut pas être, car si le père est mort en 1355, et que ces deux frères aient eu procès en 141 5, contre Mme Marie de Berry, ce Guichard ne pourrait pas être mort en jeunesse, ce qui apparaît par une enquête et procédure entre lesdits deux frères, Edouard et Guichard de Beaujeu, frères, seigneurs d'Amplepuis, demandeurs en complainte d'une part, et Mme Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais, et baronne de Beaujolais, défenderesse, d'autre, par-devant le bailli de Mâcon.

Le sujet de ce procès était que ladite dame soutenait qu'entre les prérogatives à elle appartenant, tant à cause de la baronnie de Beaujolais que par les privilèges octroyés par les rois de France aux prédécesseurs barons de Beaujolais, elle avait droit de justice haute, moyenne et basse au grand chemin tendant du pont d'Amalix jusqu'à la porte des faubourgs de la ville de Lyon, appelée de Vaise, ainsi que le chemin qui conduit dudit pont, tendant de Marcigny à Charlieu, et de Charlieu à Thizy, et de Thizy au lieu appelé de Reversechape, et dudit lieu de Reversechape à Saint-Clément, et de là à L'Arbresle et de L'Arbresle à ladite porte de Vaise, et encore ledit grand chemin tendant dudit lieu de Thizy à Saint-Jean-de-la-Bussière, et d'illec à Amplepuis, et d'Amplepuis à Tarare, et de Tarare à ladite porte de Vaise , comme il se voit dans ledit procès d'enquête, par-devant ledit bailli de Mâcon, de Tan 141 5.

Guillaume, leur père, mourut à la bataille de Poitiers, en 1356 ' ; son corps fut apporté à Belleville, où on lui fît des obsèques et un enterrement honorables, le 12 décembre 1357 2. Severt dit que ce fut lui qui fonda la chapelle Saint-Denis, audit lieu de Belleville.

IL — Edouard de Beaujeu, fils et héritier universel de Guillaume de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis, et de Marguerite de la Gorse, épousa Jacqueline de Lignières, fille unique de Philippe de Lignières et de Jacqueline de Chambely, sa parente en tiers degré, d'autant que, comme j'ai dit ci-dessus, en Blanche de Beaujeu, cette princesse avait épousé Jean, seigneur de Lignières, et, par conséquent, Edouard pouvait être parent de Jacqueline.

Edouard eut de ladite Jacqueline trois enfants, qui suivent :

i° François, seigneur d'Amplepuis ;

2° Jacques, seigneur d'Amplepuis, après son frère, mort sans enfants ;

30 Anne de Beaujeu fut mariée trois fois : la première, avec Philippe de Culant, maréchal de France, par contrat de l'an 144 1 ; la seconde, avec Jean, seigneur de Baudricourt, chambellan du roi, bailli de Chaumont, puis maréchal de France, avec lequel elle vivait l'an 1477 ; la troisième, avec Louis, seigneur de Beauvau, de Champignv et de La Roche-sur- Yon, sénéchal d'Anjou et de Provence.

III. — François de Beaujeu, seigneur d'Amplepuis, fut marié avec Françoise de Maillé, dame de Châteauroux, de La Châtre et deDun-le- Paleteau, mais il n'en eut point d'enfants, et elle, étant veuve, se remaria, l'an 1480, avec Jean, seigneur d' Au mont, chambellan du roi, gouverneur et maréchal de Bourgogne.

IV. — Jacques de Beaujeu fut seigneur d'Amplepuis, après la mort de son frère François, décédé sans enfants, et de Lignières, après le trépas de sa mère, quoiqu'il lui eût été donné pour partage de ses prétentions ; il eut encore les terres de Chavagny et de Chamelet. Il épousa Jacqueline Jouvenel des Ursins l, fille de Guillaume Jouvenel des Ursins, baron de Trainel, chancelier de France, et d'elle il eut :

V. — Philibert de Beaujeu, son successeur aux terres d'Amplepuis, Lignières, Meillant, Chaumont et autres terres, chevalier, conseiller et chambellan du roi François Ier, lequel épousa Catherine d'Amboise, fille de Charles d'Amboise, seigneur de Chaumont, et de Catherine de Chauvigny, veuve en premières noces d'un seigneur de Tournon, Philibert, n'en eut point d'enfants, et la fit son héritière en tous ses biens; ils vivaient encore en l'an 1540. Catherine d'Amboise épousa puis après, en troisièmes noces, Louis de Clèves, comte d'Auxerre, de la maison de Nevers, et le fit son héritier en toute la succession qui lui appartenait. Après leur mort, les héritiers des uns et des autres intentèrent procès aux parlements de Paris, Rouen et Grenoble, et, après plusieurs contestations vidées par divers arrêts desdits parlements, toutes les terres d'Amplepuis, de Ranchat, Thel et Chavagny-le-Lombard, furent adjugées, par le dernier arrêt donné au parlement de Grenoble, le 4 juin 1573, à Charles-Ludovic de Gonzague, duc de Nevers (qui, par contrat du 10 mars 1578, vendit toutes lesdites terres à niessire Claude de Rébé, au prix de six vingt mille livres), mari d'Henriette de Clèves, fille aînée de François de Clèves, duc de Nevers, qui succéda à son frère Louis, mort sans enfants, tous deux fils d'Engilbert de Clèves et de Charlotte de Bourbon de Vendôme, et ledit Engilbert, encore puîné de Jean, duc de Clèves, comte de la Marche et d'Elisabeth de Nevers, de Bourgogne, fille de Jean, fils de Charles, fils de

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