CHAPITRE IX
FRANÇOIS Ier, HENRI II ET FRANÇOIS II, ROIS DE FRANCE, SEIGNEURS DE BEAUJOLAIS ET DE DOMBES
François Ier ayant succédé, par le décès de sa mère, aux provinces de Beaujolais et de Dombes, érigea, l'an 1532, le bailliage de Beaujolais en siège royal, par ses lettres patentes, données à Châteaubriant, au mois de mai l, et l'an 1 5 3 3 , à Lyon, au mois de décembre, il confirma les privilèges de Villefranche, ce qui fut registre en la chambre des comptes dudit lieu, le 12 2 janvier 1534.
Sous ce prince et Henri II, son successeur, le Beaujolais souffrait une rude secousse par l'aliénation de tout le domaine qui avait appartenu aux seigneurs de Beaujeu, comme Ton a pu voir dans le dénombrement des paroisses ; et il a fallu qu'après la remise du pays à M. Louis de Bourbon, duc de Montpensier, par la transaction de l'an 1560, S. A. ait racheté le tout à ses propres coûts et dépens.
L'an 1542, le roi adressa ses lettres patentes, données à Paris, le 7 février, à M. le bailli de Beaujolais ou à monsieur son lieutenant, par lesquelles Sa Majesté lui mandait de faire le département de l'impôt de la somme de 720 livres, par elle ordonnées être levées sur les villes closes de ce bailliage pour la solde de trente hommes, gens de guerre à pied, durant quatre mois 3. Autres lettres du même roi, de l'an 1543, par lesquelles Sa Majesté mandait audit sieur bailli ou à son lieutenant de faire le département de l'impôt de 720 livres sur les villes closes et faubourgs d'icelui bailliage, laquelle somme, nonobstant opposition et appellation des habitants du Beaujolais, de la part de Dombes, fut départie ainsi, savoir, que les habitants des villes closes du Beaujolais, du côté du royaume, en payeraient les deux tiers, et les habitants des villes closes du Beaujolais, du côté de Dombes, en payeraient le tiers, en date du 10 avril 1543, avant Pâques. Signé Laye.
1. G : 5e vol. du coffre 7, cote 9 du trésor. — 2. L, T, B. V : 21. — 3. G : coffre 5, cote H.
Autres lettres du 5 mars 155 1, données au faubourg Saint-Honorélès-Paris, adressantes à M. le bailli de Beaujolais ou à son lieutenant général à Villefranche, de la subvention générale que Sa Majesté voulait être levée sur toutes les villes closes, bourgs et bourgades de ce royaume, auxquelles lettres est attaché le contre-scel des villes et bourgs du bailliage de Beaujolais, qui devaient contribuer à la subvention générale de ce qui était dû aux reîtres et aux Suisses, et étaient marquées : Villefranche, 3.000 livres1; Beaujeu, 2.000 livres; Belleville, 1.000 livres ; les autres bons bourgs et villes du bailliage, 2.000 livres 2.
L'an 1530, et le 17 mai 3, le roi étant à Angoulême, inclinant, à la prière de l'empereur, qui lui avait envoyé Jacques de Trouillière 4, gentilhomme de sa chambre, et Lyonnard de Guyres, officiai de Besançon, ses ambassadeurs, pour contenter la princesse de La Roche-sur- Yon et Louis de Bourbon, son fils, des biens et successions du feu connétable, et ensuivant les traités de Madrid et de Cambrai, le roi, par ses lettres, leur remet, par manière de provision, pendant le procès qui était à Paris, en sa cour de parlement, entre madame sa mère et feu Charles, connétable, pour en jouir par elle et sondit fils, leurs hoirs et successeurs, sans aucun détourbier ou empêchement, jusqu'à la sentence définitive, les comtés de Forez et Beaujolais, leurs appartenances et dépendances, ainsi que les prédécesseurs de la maison de Bourbon en avaient joui et usé avec le pays de Dombes, le duché de Châtellerault, ses appartenances et dépendances, etc., avec le consentement de madame Louise, sa mère, donné le même jour et an, et jussion aux officiers, sénéchaux de Poitiers, Lyon et bailli de Montferrand de les mettre en possession desdites terres, le 23 mai audit an. Mais toutes ces lettres furent révoquées à Cognac, le 7 août de la même année, sous prétexte qu'ils demandaient des choses déraisonnables et remises au procès pendant en parlement.
L'an 1559, et le 17 janvier, le roi François II, étant à Blois, donne à la reine Catherine, sa mère, pour son douaire, valant 72.000 livres de rente, les comtés de Forez et de Beaujolais, pour en jouir sa vie durant, etc.
1. L, T : 2.000, et les mots Beaujeu 2.000 manquent. — 2. L, T, V : 1500. — 3. G : fol. 62 du vol V. — 4. L, T : Tremollière.